Une nouvelle molécule capable de freiner les cellules cancéreuses ?….

C’est le début d’une approche prometteuse. Des chercheurs de l’Institut génétique et développement de Rennes ont trouvé une molécule qui pourrait freiner la prolifération des cellules, notamment cancéreuses.

Des tests probants ont été réalisés sur des animaux.

Christelle Benaud, chercheuse dans l’équipe UMR6290-IGDR Cytosquelette et prolifération Cellulaire de l’université Rennes 1.

 

Ce n’est que le début, mais nos premiers résultats sont concluants, explique Christelle Benaud, chercheuse à l’Institut génétique et développement de Rennes. Nous avons réussi à développer une molécule capable de freiner la division cellulaire. Une avancée majeure qui a fait l’objet d’une publication, le 6 avril, dans la revue de référence internationale Journal of Cell Science .

Pour se diviser, une cellule doit réorganiser son cytosquelette, composé de microtubules, précise la chercheuse. Ça lui permet de dupliquer son matériel génétique à l’identique. Un phénomène aujourd’hui bien connu et qui est à la base de la vie. Or, en collaboration avec des chercheurs italiens, nous avons identifié une molécule dérivée des benzodiazépines, capable d’agir sur un régulateur des microtubules et de freiner cette duplication.

Cibler les cellules cancéreuses

Une découverte qui intéresse la recherche contre le cancer, qui a financé une partie des travaux. Aujourd’hui, le principe de la chimiothérapie est d’injecter des médicaments qui vont empêcher la division des cellules cancéreuses, mais aussi de toutes les autres cellules du corps. Ce qui entraîne notamment les effets secondaires, poursuit Christelle Benaud. Notre découverte pourrait permettre de ne cibler que les cellules cancéreuses.

Christelle Benaud a mené des expériences concluantes sur des mouches drosophiles. « On a pu constater, grâce à un système d’imagerie, un très fort ralentissement de la division cellulaire. Une potentielle nouvelle approche thérapeutique, qui pourrait offrir de nouvelles solutions sur des cancers très difficiles comme le glioblastome du cerveau.

“On a touché le fond à l’hôpital, on ne peut pas revenir au monde d’avant” : une pédiatre décide de parler…

Manque de lits, pression sur les personnels, concurrence entre les services, cette situation n’est pas nouvelle pour les hospitaliers.

Mais alors que s’ouvrent des négociations en haut lieu, le “Ségur de la Santé”, certains médecins sortent de leur silence.

Rencontre avec une pédiatre très déterminée.

Une autre organisation est-elle possible à l'hôpital avec davantage de soins, davantage de lits, de personnels, et moins de concurrence entre les spécialités ?

Elle affiche un large sourire que l’on aperçoit derrière son masque bleu et blanc, mais son inquiétude, sa colère, surgissent rapidement lorsque l’on parle des conditions de soin et de travail. Le docteur Véronique Hentgen, pédiatre dans un hôpital d’Île-de-France, a décidé de s’exprimer pour que les choses changent. Elle nous permet de visiter son service. Dans le couloir des adolescents, certains dessinent. Les règles de distanciations sont respectées, autant que possible. Un peu plus loin, le babyfoot a été désinfecté. Tout est calme, serein. Mais l’hiver dernier, cet hôpital a tellement manqué de lits de réanimation que des bébés ont dû être transférés dans d’autres hôpitaux, loin de leur région.

Là, on a touché le fond“, se confie-t-elle, “le choc a été immense pour les pédiatres“. Ce que les adultes ont vécu lors de cette crise du Covid-19, les bébés l’ont déjà éprouvé en pédiatrie cet hiver”, se révolte-t-elle. Parce que les hôpitaux d’Île-de-France manquaient de lits, des bébés qui avaient besoin de soins de réanimation ont dû en effet parcourir des centaines de kilomètres. “C’est quoi la prochaine étape ?”, se demande-t-elle. “Si les autres hôpitaux sont pleins, on ne pourra plus les transférer ? Et on devrait les laisser mourir ? Cela n’est pas possible !”

Face à cette situation dramatique, cette pédiatre, entièrement vouée à l’hôpital public et non syndiquée, s’est engagée au sein du “Collectif Inter Hôpitaux“, et elle “ose parler”, comme elle dit, car sinon “elle aurait honte de laisser faire”.

L’espoir de pouvoir se recentrer sur le soin

Depuis cet hiver, elle se bat, mais aujourd’hui, elle se dit que des leçons peuvent être tirées de la crise du Covid-19. Durant ces longues semaines, les soignants se sont en effet concentrés sur leur métier, leur vocation : le soin de tous les malades, et ils ont laissé de côté les préoccupations financières et la pression de rentabilité qui minent leur quotidien selon eux. “Jusqu’à présent, on raisonnait en terme de coût et de budget, là on a retrouvé le sens de notre métier.” Une autre organisation est-elle alors possible ? Avec davantage de soins, davantage de lits, de personnels, et moins de concurrence entre les spécialités ?

Quand elle pense à l’avenir, le ton monte. Il y a des solutions, or l’épidémie a montré qu’on ne peut pas revenir au système d’avant, car il est pervers, on ne doit pas retourner dans une logique comptable”, s’insurge-t-elle.

Véronique Hentgen se prend à rêver d’un hôpital “plus fort“, qui accueillerait davantage de patients et qui “permettrait aux médecins de mener leurs travaux de recherche à d’autres heures que la nuit ou pendant leurs congés“. Pour cela, selon elle, il faut rompre avec la logique de “tarification à l’acte et à l’activité” qui pousse à multiplier les actes pour être rentable. Et pour elle, “considérer que certains actes rapportent et d’autres non, c’est une hérésie” en médecine.

Et le soutien du grand public ?

Concernant les salaires, comme beaucoup de médecins, elle estime que l’urgence est surtout de revaloriser les infirmières et les aides-soignantes”. Mais pour elle, c’est le mode de financement des hôpitaux qu’il faut revoir et “investir dans la santé rapportera à l’économie car une population en bonne santé, c’est positif pour toute la société“, insiste cette pédiatre, également infectiologue. En d’autres termes, si ce Ségur de la Santé ne va pas au-delà de mesures salariales, l’occasion sera ratée “pour sauver l’hôpital public”. Voilà son inquiétude.

Cette pédiatre espère enfin que le grand public saura soutenir les soignants à l’avenir, comme aujourd’hui. Quitte à engager un débat de société et à accepter, peut-être, de payer un peu plus chacun pour la santé…

Source FRANCE INTER.

Des soignants atteints du Covid 19 ont bien développé une immunité temporaire…

Les malades atteints d’une forme légère du Covid-19 sont-ils protégés contre une nouvelle infection ?

Une équipe de l’institut Pasteur ainsi que le CHU de Strasbourg ont pratiqué des tests sur des personnels soignants de deux hôpitaux de Strasbourg atteints par le Covid-19.

La réponse est positive, ils sont immunisés.

Des soignants atteints du Covid 19 ont bien développé une immunité temporaire. 160 soignants de 2 hôpitaux de Strasbourg atteints par le coronavirus ont été testés. 159 ont développé des anticorps

160 soignants de deux hôpitaux de Strasbourg qui avaient été atteints par le coronavirus, ont été testés. Ils avaient développé des formes légères, sans aucune hospitalisation.

Un mois après la maladie, la présence des anticorps était incontestable : “On a retrouvé des anticorps chez la quasi-totalité d’entre eux : 159 sur 160” explique le Pr Arnaud Fontanet de l’Institut Pasteur qui a conduit cette étude. “Et, plus intéressant, on recherchait les anticorps neutralisants dont on sait qu’ils sont protecteurs contre, par exemple, une réinfection. Et là, à partir d’un mois, on en trouve chez 98% des personnes qui avaient été infectées par le SARS-CoV-2. Des résultats qui sont effectivement une bonne nouvelle.

On ne savait pas, jusqu’ici, quelle était la proportion d’individus qui développent des anticorps et si ces anticorps étaient protecteurs. Mais le chercheur précise :

“Le fait d’avoir des anticorps protecteurs un mois après le début des signes, laisse entendre que, très vraisemblablement, ils sont protégés contre une réinfection s’ils étaient à nouveau exposés au coronavirus”

Il n’y a pas de doute sur la capacité de protection de ces anticorps, qui a été testée en laboratoire. Combien de temps va durer cette protection pour les personnes qui ont développé une forme légère ? “De quelques semaines à quelques mois”, disent les chercheurs, il faudra ensuite re-tester.

C’est une bonne réponse même si elle ne s’applique qu’à peu de personnes puisqu’on estime à 10% le taux de contamination dans les zones rouges : Grand Est, Île de France et seulement 2% dans l’ouest.

Source FRANCE INTER.

Déconfinement et maladies cardiovasculaires : une cardiologue lilloise craint “une bombe à retardement”…

Le cri d’alarme d’une cardiologue lilloise. Claire Mounier-Vehier, cheffe de service au CHU de Lille, voit arriver, depuis le début du déconfinement, de nombreuses patientes qui n’ont pas consulté jusqu’ici, de peur d’attraper le coronavirus.

Aujourd’hui, les conséquences sont terribles.

Claire Mounier-Vehier, professeure de cardiologie au CHU de Lille, voit arriver des patientes avec des complications. Pour elle, c'est une conséquence directe de la crise du coronavirus.

Et si les dégâts collatéraux de l’épidémie de Covid-19 étaient plus graves que le virus en lui-même ? La cheffe de service de l’Institut cœur poumon du CHU de Lille, la professeure de cardiologie Claire Mounier-Vehier, lance aujourd’hui un appel aux femmes : ne négligez pas vos symptômes.

Les maladies cardiovasculaires tuent 200 femmes par jour en France. Pendant le confinement, les consultations en cardiologie ont chuté, car les patientes préféraient ignorer leurs symptômes plutôt que de se rendre à l’hôpital, par peur du coronavirus. “Les gens ne venaient que quand vraiment, ils avaient l’impression qu’ils allaient mourir“, résume Claire Mounier-Vehier.

“On a l’impression de revenir à la préhistoire de la cardio”

Aujourd’hui, les médecins voient arriver des femmes dans des états critiques. “Si un infarctus n’est pas pris en charge dans les trois heures, le muscle cardiaque est mort. Les infarctus catastrophiques, qu’on voyait dans le temps où on ne soignait pas la cardiologie, on en reçoit un à deux par semaine en ce moment. Donc en fait, c’est une bombe à retardement. On a l’impression de revenir à la préhistoire de la cardio“.

La cardiologue veut donc inciter les patients à consulter : “il faut que les gens comprennent qu’à l’hôpital, c’est hyper sécurisé. On a divisé par deux les consultations présentielles, pour nettoyer les salles entre chaque patient“. Avant le déconfinement, la moitié des lits de cardiologie seulement étaient occupés.

“C’est un véritable cocktail pour provoquer des accidents cardiaques”

La période de confinement, puis de déconfinement, est “ultra critique” pour les femmes selon le Professeur Mounier-Vehier. “Les femmes sont plus sensibles que les hommes aux facteurs de risques classiques. Pendant le confinement, elles ont vécu la sédentarité, elles ont moins bien mangé, probablement plus fumé pour les fumeuses. Il y a eu un stress lié au télétravail ou à la précarité. Il faut aussi faire l’école à la maison pour les enfants, et s’occuper de la maison. C’est un véritable cocktail pour provoquer des accidents cardiaques“.

Certains symptômes, souvent associés entre eux, doivent alerter les femmes, ils sont différents de ceux des hommes, et méconnus :

  • un essoufflement pour des efforts de la vie quotidienne
  • des palpitations
  • une sensation de douleur thoracique
  • des difficultés à digérer, impression d’indigestion
  • un sentiment d’angoisse

Ce seront les dégâts collatéraux du Covid

Si on ressent tout ou partie de ces symptômes, un seul réflexe : appeler le 15. “Il vaut mieux le faire pour rien, que de ne pas appeler“, recommande Claire Mounier-Vehier, “car on risque de payer très cher le non dépistage, ou le soin pris avec retard. Ce seront les dégâts collatéraux du Covid“.

Claire Mounier-Vehier vient de lancer la fondation Agir pour le cœur des femmes, pour sensibiliser à ce risque cardiovasculaire, et informer. Une information basée sur la règle des 3A : Alerter, Anticiper, Agir.

Pour en savoir plus : la Fédération française de cardiologie Nord-Pas-de-Calais.

Source FRANCE BLEU

Coronavirus : des symptômes de stress post-traumatique chez 30% des internes selon une étude…

Selon une étude publié ce vendredi par l’Insi (Intersyndicale nationale des internes), un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus. “L’épidémie a été très anxiogène pour les internes”, souligne l’Intersyndicale.

Un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus, selon une étude publiée par l'Intersyndicale nationale des internes (photo d'illustration).

Cauchemars, impression de ne pas arriver à faire face, ne pas pouvoir en parler, irritabilité, colère, anxiété, tristesse… Cette étude montre que ces symptômes sont très présents”, souligne l’Intersyndicale nationale des internes (Insi), inquiète de l’impact de l’épidémie “sur la santé mentale des internes“.

Un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus, selon une étude publiée vendredi par l’Intersyndicale. “L’épidémie a été très anxiogène pour les internes“, souligne l’Isni dans cette enquête, réalisée entre le 20 mars et le 11 mai auprès de 892 médecins en formation, via un questionnaire basé sur des outils utilisés dans les études de psychiatrie.

“Le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection ont accru le stress de ces jeunes professionnels – Insi”

“L’arrivée d’un virus inconnu, la réalisation de nouvelles prise en charge de patients dans des états graves, la surcharge de travail, le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection ont accru le stress de ces jeunes professionnels”, ajoute l’Isni.

Au total, 47,1% des personnes interrogées présentaient à la mi-mai des symptômes d’anxiété, soit 15 points de plus qu’en 2017. 29,8% montraient des symptômes de stress post-traumatique, et 18,4% des symptômes dépressifs.

Les internes en médecine, futurs médecins employés à l’hôpital dans le cadre de stages de fin de cursus, se sont retrouvés en première ligne ces dernières semaines face au coronavirus dans de nombreux établissements. D’après l’Isni, ils représentent actuellement 44% des médecins hospitaliers.

Source FRANCE BLEU.

Les autorités commencent à recenser les professionnels de santé contaminés et décédés, en toute discrétion…

Le Gouvernement a longtemps affirmé qu’il ne souhaitait pas établir un décompte jugé “macabre” des professionnels de santé contaminés et décédés des suites d’un infection au Covid-19.

Pourtant, un recensement, encore très partiel, est discrètement tenu à jour sur le site de Santé Publique France.

Jawad, infirmier en réanimation, est au front de l'épidémie depuis plusieurs semaines à l'Infirmerie protestante de Lyon.

Combien de professionnels de santé ont été victimes du Covid 19 ? Les autorités ont été longtemps rétives à comptabiliser le nombre des morts et des cas de contamination chez les personnels soignants. Elles commencent à donner quelques chiffres, sans toutefois les mentionner dans les points quotidiens de la Direction Générale de la Santé.

Des premières données ont fait leur apparition dans les points épidémiologiques hebdomadaires de Santé Publique France, le jeudi 7 mai 2020. On ne connait pas encore le nombre total de professionnels de santé contaminés, puisque le recensement n’a, pour l’instant, été réalisé que dans un peu plus d’un tiers des établissements de santé du pays, et n’intègre pas les soignants en ville. Sur les 3 065 établissements de santé de France, 1 091 établissements ont été recensés, depuis le 1er mars 2020. Mais parmi les établissements qui manquent à l’appel, certains n’ont pas accueilli de patients atteints de l’infection.

Il ne s’agit que du “début du recensement”, reconnaît Anne Berger-Carbonne, responsable de l’Unité Infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques, à la Direction maladies infectieuses de Santé Publique France. Néanmoins, “maintenant que nous avons dépassé les 1 000 établissements recensés, cela commence à vouloir dire quelque chose”, assure l’experte en charge de communiquer sur ce recensement.

En France, un contaminé sur cinq travaille dans la santé

Alors, que nous disent ces chiffres partiels ? À ce stade, le recensement fait état de 13 morts et 25 337 cas de contamination de professionnels (soignants ou non) dans ces 1 091 établissements de santé. Les 25 000 cas représentent environ 18% du total des cas de contamination détectés en France au 14 mai 2020. Donc, en France, un contaminé sur cinq travaille dans un établissement de santé.

Les treize morts sont quatre médecins, trois aide-soignants, un professionnel de santé “autre” et cinq professionnels non-soignants. Les personnels contaminés sont, pour 85% d’entre eux, des soignants et 10% des professionnels non-soignants. Pour 5% des cas, la catégorie professionnelle n’était pas renseignée. Les plus touchés ont été les infirmiers (28%), les aide-soignants (26%) et les médecins (10%).

Lorsqu’on établit une moyenne de contamination par établissement recensé, on s’aperçoit, sans surprise, que les professionnels les plus touchés travaillent en Île-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand-Est.

La surveillance, accessible sur le site de Santé Publique depuis le 7 mars 2020, regroupe les cas confirmés par tests PCR et les cas reconnus comme ayant été infectés sur une base symptomatique ou en raison d’un historique de contact.

Des informations, obtenues grâce aux équipes opérationnelles d’hygiène des hôpitaux et les médecins du travail des établissements, puis actualisées avec les remontées d’une personne référente au sein de l’établissement, missionnée par le directeur pour remplir un questionnaire chaque semaine, comme nous l’expliquions dans cet article.

Des données partielles

Le nombre de contamination et de décès comptabilisés devrait évoluer au fil des semaines, avec les nouvelles remontées des établissements qui ne se sont pas encore signalés. Le décompte va donc évoluer. Par exemple, quatre décès de médecins ont été signalés à Santé Publique France. Or, la presse a évoqué la mort d’au moins cinq médecins hospitaliers.

Par ailleurs, les décès et contamination de professionnels libéraux ne font pas encore l’objet d’un recensement. Les données disponibles à ce jour sont celles de la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (Carmf), qui dénombre 4 500 demandes d’indemnisations d’arrêts de travail en rapport avec le virus et 29 praticiens libéraux décédés des suites d’une infection au Covid-19, au 30 avril 2020.

Le changement de position du Ministère de la Santé

Le recensement mené par Santé Publique France n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle. Fin mars, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, se disait “mal à l’aise” avec l’idée d’établir un décompte, jugé “un peu macabre, du nombre d’infirmières, d’aide-soignants et de médecins, qui sont infectés. Et ce d’autant que d’autres professionnels pourraient dire, qu’eux aussi, sont concernés car ils participent de la chaîne de la prise en charge”, répondait-il au Généraliste. Le 10 avril 2020, auprès du Quotidien du Médecin, il justifiait le refus d’établir un décompte des professionnels contaminés par le “secret médical”.

Courant avril 2020, le Ministère de la Santé semble donc avoir changé d’avis. “Les directions d’établissements et les Agences régionales de la Santé ont été informées de ce recensement par un message de la Direction générale de la Santé les 21 et 24 avril”, relate Anne Berger-Carbonne, qui précise que le recensement proposé par Santé Publique France “a tout de suite été accepté”. Les données sont bien sûr _”anonymisées”, e_lles permettront notamment de comparer le taux de contamination des professionnels de santé avec celui de la population générale.

Source FRANCE INTER.

Les internes en médecine déplorent des conditions de travail insupportables…

La situation difficile que vivent de nombreux internes en médecine est taboue.

Mais des associations souhaitent briser le silence.

Les internes en médecine déplorent des conditions de travail insupportables...

Les internes se rebiffent. Après les étudiants infirmiers, c’est leur tour de se mobiliser afin d’obtenir de meilleures conditions de travail. Il s’agit de futurs médecins qui travaillent à l’hôpital dans le cadre de stages, afin de finaliser leur cursus. Durant la pandémie, ils ont été particulièrement mobilisés, mais le problème ne date pas d’hier. Entre un temps de travail parfois insensé, une pression permanente de la part des supérieurs et des cas de harcèlement, ces étudiants tirent la sonnette d’alarme.

Des internes surexploités et peu reconnus

Selon une enquête publiée par le Conseil national de l’ordre des médecins en 2016, 14% des étudiants et jeunes médecins ont déjà eu des idées suicidaires. Un chiffre trois fois supérieur à la moyenne nationale. Selon l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine), «depuis novembre 2016, 5 internes se sont donné la mort». C’est le cas d’Élise, une jeune interne de 24 ans, qui a mis fin à ses jours le 2 mai 2019 à Lyon. Afin de mettre en lumière la situation des internes, son père a créé le 2 mai dernier la Ligue pour la santé des étudiants ou internes en médecine (LIPSEIM). À travers cette association, cette famille veut rassembler toutes les personnes qui souhaitent améliorer les conditions de formation, de travail, d’exercice et de vie des étudiants et internes en médecine.

«Ils font des heures de folie»

«Ce que vivent les internes, c’est un chemin de croix. Ils ont des conditions de travail désastreuses, personne ne les respecte, ils font des heures de folie mais ils ne sont pas préparés à ça. Il existe des textes de lois limitant le temps de travail mais ils ne sont pas respectés, il n’y a pas d’inspection du travail. Ma fille travaillait jusqu’à 80 heures par semaine», déplore le père d’Élise. Concernant le temps de travail, le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon a publié une enquête datant de mai 2019, dans laquelle elle révèle que 83% des internes dépassent le plafond légal des 48 heures de travail par semaine, et que 30% d’entre eux déclarent travailler plus de 60 heures par semaine.

» LIRE AUSSI – Paces: l’inquiétude des étudiants en médecine face aux nouvelles modalités des épreuves

Le père d’Élise ne veut pas rester les bras croisés. «Personne ne réagit. Nous voulons mobiliser l’opinion publique et mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités. Les internes eux-mêmes sont culpabilisés quand ils disent leur souffrance, et n’ont plus la force de se révolter. C’est honteux, et c’est pour cela que notre objectif est de briser le silence, briser cette omerta, il faut libérer la parole». L’association, via son adresse mail (lipseimcontact@gmail.com), propose d’aider ces internes moralement, mais également de «tendre la main aux familles qui ont perdu un proche».

Un temps de travail peu respecté

Les syndicats d’internes tels que l’Intersyndicale nationale des Internes (ISNI) luttent pour faire évoluer la situation. «Depuis 2015, un interne ne doit pas travailler au-delà de 48 heures, mais ce n’est jamais respecté. C’est pour ça que nous demandons un décompte horaire du temps de travail. Sans ça, nous ne pourrons pas mettre en lumière cette situation très difficile», nous explique la première vice-présidente de l’ISNI, Nawale Hadouiri, qui demande aussi «l’obligation du respect de repos de sécurité» après une garde ou une astreinte. En effet, dans son rapport d’enquête datant de mai 2019, le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon a indiqué que 80% des internes effectuant des astreintes ne bénéficient pas d’un repos de sécurité après leur travail de nuit. Enfin, l’ISNI demande également la prévention et la prise en charge des risques psychosociaux.

Des chefs de service intouchables

«Nous avons presque tous eu des problèmes avec des membres du personnel soignant. Le souci est qu’on ne peut jamais répondre parce qu’on sait que cela va forcément nous retomber dessus», déplore Léa*, interne en chirurgie. Comme de nombreux autres internes dans son cas, elle n’ose pas forcément en parler, par peur des répercussions, et vit mal la situation. «On est censés être en formation, mais je ne me sens pas suffisamment formée, il y a un problème, c’est évident», détaille ainsi cette interne. Elle pointe du doigt en particulier les chefs de service: «Ils sont intouchables, on ne peut rien leur dire, on doit se taire pour évoluer et valider nos stages, on n’a aucun moyen de pression».

* Elle a souhaité rester anonyme

Source LE FIGARO.

Covid-Quest, un outil numérique pour communiquer ses symptômes à un professionnel de santé…

La Société de pneumologie de langue française lance un outil numérique pour aider à obtenir un avis médical sur des symptômes évoquant le Covid-19.

Covid-Quest, un outil numérique pour communiquer ses symptômes à un professionnel de santé

Migraine ? Mal de gorge ? Température au-dessus de la normale ? En ces temps d’épidémie, nombreux sont les Français à se surveiller plus que d’habitude et à craindre d’avoir contracté le Covid-19 au moindre symptôme. Seul un avis médical permet de le savoir avec certitude. Pour ce faire, la Société de pneumologie de langue française (SPLF) a mis au point, en partenariat avec le site automesure.com, un outil numérique sous forme de questionnaire nommé Covid-Quest pour aider les patients à communiquer leurs symptômes à leur médecin en quelques minutes.

Comment ça marche ?

Pour utiliser l’outil, il faut se rendre sur le site covid-quest.com. Pas besoin de s’inscrire, de télécharger d’application ni d’entrer ses données personnelles. Le site propose immédiatement d’entamer un questionnaire de 26 questions couvrant l’ensemble des symptômes du Covid-19, ainsi que quelques éléments personnels tels que l’âge, les antécédents médicaux ou les médicaments récemment consommés.

Certaines réponses déclenchent des messages d’alertes, d’autres affichent des conseils. Une fois le questionnaire terminé, Covid-Quest synthétise la situation de la personne sous forme d’un fichier PDF. Il est alors possible de l’envoyer par courriel ou le transférer dans son dossier médical personnel.

«Les questions et les messages ont été rédigés dans le respect des recommandations gouvernementales et en fonction des connaissances scientifiques du moment, précise la SPLF dans un communiqué. Les réponses données constitueront également un observatoire du recours des usagers à la e-santé.»

Pourquoi cet outil ?

«Le confinement modifie le recours aux soins habituels puisque le premier avis doit maintenant se faire à distance, par téléphone ou en téléconsultation», explique la SPLF. La plateforme Covid-Quest permet aux patients de décrire leur situation et de transmettre les principaux éléments de leur dossier à un professionnel de santé.

Covid-Quest est un outil de premier recours dont les patients peuvent se saisir de manière autonome, en amont des applications de télésuivi destinées aux patients ayant déjà été en contact avec un médecin. Il n’est pas destiné à remplacer un avis médical mais conçu pour faciliter le dialogue avec le médecin et, si besoin, être inclus dans le dossier médical partagé (DMP).

Source LE FIGARO.

 

Coronavirus – L’hôpital Nord Franche-Comté pense avoir trouvé un traitement “prometteur”…

L’espoir d’un traitement contre le Covid-19 ? L’hôpital Nord Franche-Comté indique avoir obtenu des résultats encourageants en utilisant le Tocilizumab pour soigner ses patients infectés.

Coronavirus - L’hôpital Nord Franche-Comté pense avoir trouvé un traitement "prometteur"...

Inspirés par des travaux chinois et italiens, les infectiologues et les rhumatologues de l’hôpital Nord Franche-Comté utilisent le Tocilizumab pour soigner des patients atteints du Covid-19 depuis le 1er avril.

Trente personnes en ont déjà bénéficié au sein de l’établissement et les premiers résultats sont « encourageants », à tel point que l’HNFC parle d’un traitement « prometteur dans les infections graves ».

Baisse des décès et des passages en réanimation

Une conférence de presse sera organisée ce jeudi après-midi à Trévenans pour présenter en détail les résultats obtenus. Mais quelques chiffres sont déjà disponibles et montrent une baisse importante des décès ou des passages en réanimation après cinq semaines d’utilisation du Tocilizumab à l’HNFC.

Ainsi, dans les formes de détresse respiratoires aiguë, le taux de décès a chuté de 48 % à 25 % et celui du transfert en réanimation est passé de 44 % à 0 %.

Un traitement déjà utilisé à Paris

Ces résultats doivent évidemment être confirmés sur le plan national, mais ce n’est pas la première fois que le Tocilizumab est cité. Fin avril, les Hôpitaux de Paris avaient aussi mis en évidence des améliorations significatives du « pronostic des patients avec pneumonie Covid moyenne ou sévère » grâce à ce traitement.

Un médicament qui est généralement employé en rhumatologie dans le cas de polyarthrite rhumatoïde et l’arthrite juvénile idiopathique.

Source EST REPUBLICAIN.

Coronavirus : « Toute guerre a ses profiteurs », les professionnels de la santé allument la grande distribution sur la question des masques…

En pleine pénurie, les professionnels de la santé ne comprennent pas comment tant de stocks de masques vont pouvoir être mis en vente

Des masques de protection contre le coronavirus. Illustration.

Les Ordres des professions de santé se sont offusqués dans un texte cinglant du nombre « sidérant » de masques annoncés à la vente par la grande distribution, qui se défend d’avoir profité de la situation pour stocker des masques. « Toute guerre a ses profiteurs. C’est malheureusement une loi intangible de nos conflits. Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce à grand renfort de communication tapageuse des chiffres sidérants de masques vendus au public par certains circuits de distribution», s’indignent les professionnels dans ce texte signé par sept ordres professionnels, dont celui des Médecins.

« Aujourd’hui, la consternation s’allie au dégoût », « où étaient ces masques quand nos médecins, nos infirmiers, nos pharmaciens, nos chirurgiens-dentistes, nos masseurs-kinésithérapeutes, nos pédicures-podologues, nos sages-femmes mais aussi tous nos personnels en prise directe avec la maladie tremblaient et tombaient chaque matin ? », s’interrogent-ils dans ce texte intitulé « Les masques tombent ».

« Surenchère de l’indécence »

« Comment nos patients, notamment les plus fragiles, à qui l’on expliquait jusqu’à hier qu’ils ne pourraient bénéficier d’une protection adaptée, vont-ils comprendre que ce qui n’existait pas hier tombe à profusion aujourd’hui. 100 millions par ici, 50 millions par là. Qui dit mieux ? C’est la surenchère de l’indécence », déplorent les professionnels de santé.

« Nul n’aurait reproché à des circuits de distribution grand public de distribuer des masques grand public. C’était là un complément essentiel qui serait venu compléter utilement l’arsenal de défense contre le virus. Derrière le masque, se trouve le vrai visage. Nous, nous garderons celui de la dignité. Celui-ci ne se retrouvera dans aucun rayonnage », poursuivent-ils.

« L’heure viendra, nous l’espérons, de rendre des comptes. En attendant, nous allons poursuivre notre mission de professionnels de santé, car c’est notre engagement. Avec néanmoins l’amertume de se dire que la responsabilité n’est pas la mieux partagée de toutes les vertus », conclut ce texte signé par les présidents et présidentes des conseils nationaux de l’Ordre des médecins, des sages-femmes, des infirmiers, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes, des pédicures-podologues et des pharmaciens.

« Pas de stocks cachés »

« Les enseignes de la grande distribution ne sont pas, et n’ont jamais été, en charge de l’achat et de la fourniture de masques pour les soignants », a répliqué la Fédération du commerce et de la distribution. « Leur attribuer les difficultés d’approvisionnement est donc faux et malhonnête », selon un communiqué.

La fédération fait valoir que la grande distribution a remis les stocks de masques FFP2 aux professionnels de la santé dès le début de la crise, et effectué de nombreux dons aux hôpitaux et que jusqu’à récemment, les enseignes n’avaient pas le droit de vendre de masques.

Ils pourront le faire à partir du 4 mai. « Il n’y a pas de stocks cachés », insiste la fédération, qui fait valoir que les chiffres annoncés « concernent les commandes effectuées, qui ne vont être livrées que très progressivement, avec une disponibilité plus rapide des masques à usage unique que des masques en tissu réutilisables ».

Source 20 MINUTES.