Un clip pour les soignants des Ehpad : “Notre métier est dévalorisé, mal payé et peu reconnu”… Découvrez le Clip.

David Ranger, auxiliaire de vie depuis 13 ans dans des Ehpad de la Vienne, a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes”.

Dans cet hymne aux soignants, l’auteur souhaite faire connaître une profession mal payée et dévalorisée.

Image du clip, David avec les résidents d'un Ehpad.

Il est auteur, compositeur et rapeur à ses heures perdues mais dans le quotidien, David Ranger est auxilliaire de vie dans des Ehpad.
Ce Poitevin de 38 ans a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes” qui raconte le quotidien de ce personnel qui prend soin des plus anciens.

“Notre métier est mal reconnu et dévalorisé, j’ai voulu montrer que malgré tout, la plupart des soignants aiment ce qu’ils font, j’ai voulu mettre en avant le soutien psychologique apporté aux personnes âgées, les résidents vivent dans des petites chambres, parfois, ils n’ont pas beaucoup de visites, on leur remonte le moral”assure David Ranger qui souhaite mettre en lumière la bientraitance et le relationnel entre soignants et résidents.

35 soignantes ont participé au clip

Ce métier, David l’exerce depuis 13 ans dans différents Ehpad de la Vienne dont Le Logis du Val de Boivre à Vouneuil-sous-Biard  et Les Jardins de Montplaisir à Ligugé, deux établissements qui ont servi de décor pour le tournage de son clip dans lequel figurent 35 soignantes qui incarnent leur propre rôle.
Et si les Ehpad peinent à recruter du personnel alors que la demande est d’autant plus urgente avec la crise sanitaire, le manque de candidats ne surprend pas l’auteur du clip.
Nous sommes vraiment mal payés, s’insurge David Ranger.

Je gagne le smic, environ 1200 euros net, j’arrive à gagner un peu plus avec une prime de précarité car je travaille en intérim. Mes 13 ans d’ancienneté représente une somme insignifiante d’une vingtaine d’euros, c’est tout. Je fais ce métier parce que j’aime ce que je fais,
David Ranger.

Un métier difficile

“C’est aussi un métier difficile, dans certains Ehpad, il faut travailler vite et il nous arrive négliger le résident faute de temps, de ne pas avoir le temps d’échanger avec eux, de parler alors ça forcément ça décourage car le but de ce métier, c’est d’avoir du temps pour les personnes âgées”, explique David qui a décidé de mettre en musique le malaise de ces soignants, sous la plume de Vida, son nom d’artiste rapeur, il a composé un texte dans lequel il détaille le quotidien de ses collègues. Dans cet extrait de chanson, il rend hommage à la profession.

Elle rentre avec du réconfort, c’est de l’espoir qu’elle apporte pour tous ceux qui sont fragilisés après tant d’années, elle sait les rassurer avec quelques sourires, elles font de leur mieux sans attendre d’applaudissements.

Avec ce clip, David espère toucher le grand public et “d’autres soignants partout en France”.

Vida est nominé aux Trophées SilverEco 2020 dans la catégorie Loisirs/Culture, qui se dérouleront le 10 décembre 2020 au Palais des Festivals de Cannes.

Vous pouvez découvrir le clip qui est sorti en février 2020.

Source FR3.

 

“On a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête” : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19…

Plusieurs Ehpad ont dû reconfiner leurs résidents après des cas positifs de Covid-19. D’autres, qui ont pour l’instant échappé à l’épidémie, redoublent de vigilance pour limiter au maximum les risques de contamination.

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”, nous explique-t-on.

"On a l'épée de Damoclès au-dessus de la tête" : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19. Archives.

Alors que le nombre de cas positifs au coronavirus augmente, certaines maisons de retraites ont été contraintes de reconfiner leurs résidents. C’est le cas par exemple à Digoin en Saône-et-Loire, où les visites sont suspendues à l’Ehpad des Opalines après la découverte d’un cluster. On y déplore deux décès et trois personnes hospitalisées. La campagne de dépistage engagée sur place a mis en évidence la contamination de 15 résidents sur 39. Lors de la première vague de l’épidémie, cet Ehpad comme les deux autres de la commune avaient été épargnés par le coronavirus.

À Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes, dans l’Yonne, le coronavirus est pour l’instant resté à la porte de l’Ehpad Bois-Lancy. C’est là où, au plus fort de l’épidémie, le personnel avait décidé de se confiner volontairement avec les 72 résidents. “En date du 29 mars, on a constitué deux équipes. La première est restée quinze jours à dormir avec les résidents de l’établissement. Et la deuxième équipe a pris le relais sur la deuxième quinzaine”, raconte Sonia Vast, la directrice. “On a eu quasiment 70% du personnel qui est resté confiné. C’était essentiellement des infirmières, des aides-soignantes et puis un membre de la direction dans chaque équipe”.

Quand on a eu le pic de l’épidémie en France, nous étions relativement protégés parce qu’on vivait en autarcie avec les résidents dans la structure.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”

Depuis, le confinement a été levé et les portes de l’établissement icaunais ont pu rouvrir en juin. Mais des consignes strictes ont été mises en place. Outre le port du masque et le lavage des mains, les visiteurs doivent venir sur rendez-vous et il ne leur est pas possible d’aller en chambre. “On a aménagé deux salons à l’entrée du bâtiment, ça nous permet de nous assurer que les mesures barrières sont bien respectées, que le port du masque est bien maintenu”, détaille la directrice. Après le départ des visiteurs, le mobilier est entièrement désinfecté.

Depuis le mois de juin, le protocole n’a pas changé. Il n’est pas question pour l’instant de restreindre les visites. “Tant qu’on n’aura pas la recommandation de fermer les portes, je laisse les visites comme elles le sont aujourd’hui. C’est quand même important que les résidents aient une vie familiale. L’année est compliquée”, indique Sonia Vast. “Les personnes qui viennent visiter sont très sérieuses et ont bien pris en considération tout l’engagement que nous avions pris d’avoir dormi sur site.”

Je ne sais pas comment les semaines à venir vont se dérouler. Les équipes sont formées. Si on devait refermer de nouveau, on est prêt. On est capable de réagir en l’espace de quelques minutes.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

À Dijon, à l’Ehpad Les Cassissines, un petit tour de vis a été donné le 9 septembre. Alors que la visite en chambre était possible pendant quelques temps, il faut désormais se contenter des espaces communs. “De nombreux dysfonctionnements ont été constatés”, justifie Lorène Badet, la directrice de l’établissement qui appartient au groupe Korian.

Les horaires de visite ont cependant été élargis. Avant le 9 septembre, c’était possible de 14 à 17h en semaine et de 14h à 16h le week-end. Désormais, les visiteurs peuvent venir entre 13h et 18h tous les jours. “Le but est vraiment de garder la liberté des résidents et des familles, tout en maintenant la prévention et en les protégeant du Covid”, ajoute Lorène Badet.

Les sorties temporaires des résidents sont déconseillées. “Si toutefois les familles voulaient sortir leur résident, elles le pourront. Cependant il sera considéré à son retour comme un nouvel arrivant. Donc il aura un dépistage à son arrivée, un autre cinq jours après et il sera mis en confinement en chambre sept jours”, explique la directrice.

On ne sait pas ce qu’il se passe à l’extérieur, c’est beaucoup trop dangereux. Les chiffres montent, on le voit. On ne peut pas prendre de risque pour un résident et mettre en danger 86 résidents et nos salariés.

Lorène Badet, directrice d’Ehpad

“On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête”

Port du masque, lavage des mains, signature d’un registre et d’une charte par les visiteurs et prise de température : les mesures sont strictes mais elles sont là pour éviter un reconfinement. “Je n’espère pas en arriver là. Ce serait dramatique pour tout le monde. Aussi bien pour nos résidents, que pour les familles ou pour nos salariés. On y pense. On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais c’est vraiment en faisant de la prévention auprès des familles, auprès des résidents, qu’on arrivera à garder le virus à l’extérieur”, indique Lorène Badet. Pour l’instant, l’établissement dijonnais n’a subi aucune contamination au Covid-19.

Dans plusieurs métropoles, les contraintes sanitaires sont durcies. À Lyon, les visites ont été réduites à deux personnes par résident et par semaine. À Marseille, la limite est fixe à deux visites par jour. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a lui choisi de stopper toute visite dans les Ehpad municipaux.

Le président de la République Emmanuel Macron a assuré mardi 22 septembre ne pas vouloir “isoler à nouveau nos aînés”, lors d’une visite dans un Ehpad du Loir-et-Cher. Il a promis une loi “ambitieuse”, au début de l’année prochaine, pour répondre aux difficultés du secteur.

“Nous allons accompagner les responsables d’établissements pour que des règles soient édictées qui permettent justement une réaction proportionnée” face à l’épidémie, a déclaré le président à l’issue de sa visite. Il faut permettre aux personnes âgées de “continuer à voir la famille, celles et ceux qu’on aime, et continuer à avoir […] un minimum d’activité, de continuer à avoir des interactions parce que c’est aussi cela la vie”, a-t-il poursuivi.

Source FR3.

Covid-19 : le bilan à l’Ehpad de Sévérac d’Aveyron est désormais de seize morts…!

Selon l’Agence régionale de santé, “la situation commence à se stabiliser”.

L'Ehpad de Severac d\'Aveyron (Aveyron), le 14 septembre 2020.

Seize résidents sur les 75 que compte l’Ehpad Gloriande de Séverac d’Aveyron sont morts du Covid-19 depuis le début du mois de septembre, annonce vendredi 25 septembre l’Agence régionale de santé d’Occitanie. “La situation commence à se stabiliser. Les personnes les plus fragiles, des personnes en fin de vie, sont décédées”, a relevé le responsable de l’ARS dans l’Aveyron, Benjamin Arnal.

Plus aucun résident de cet Ehpad n’est hospitalisé pour cause de Covid-19. Début septembre, des symptômes de la maladie sont apparus chez plusieurs résidents et salariés. Les tests réalisés les jours suivants avaient révélé une infection massive.

Seulement 16 occupants de l’établissement n’avaient pas été infectés par le virus. La plupart d’entre eux ont été placés dans une “unité protégée” de l’Ehpad, séparés du reste des résidents porteurs du virus.

Source FRANCE INFO.

Séverine Bellier raconte son quotidien d’accueillante familiale, « une alternative aux Ehpad encore méconnue »…!

Dans un livre, Séverine Bellier raconte son métier d’accueillante familiale pour des personnes âgées, une solution intéressante alors que la France manque de places en Ehpad.

Séverine Bellier raconte son quotidien d’accueillante familiale, « une alternative aux Ehpad encore méconnue »

  • Séverine Bellier a mis du temps à trouver sa voie. Mais elle est désormais passionnée par son métier : accueillante familiale.
  • Comme son nom l’indique, elle accompagne, chez elle, des personnes âgées dépendantes.
  • Pour faire découvrir cette solution aux familles et ce métier à ceux qui pourraient l’exercer, elle publie ce mercredi son témoignage, où elle raconte avec humanité et humour son quotidien.

« Mon rôle, c’est de donner du bonheur jusqu’au dernier souffle. (…) On me dit parfois ” c’est dur, ce que tu fais… ” Pas du tout ! J’exerce le plus beau métier du monde. » Dès les premières pages de son témoignage sur sa vie d’accueillante familiale, Séverine Bellier, 47 ans, tord le bras à un préjugé répandu : s’occuper 24 heures sur 24 de personnes âgées dépendantes serait un fardeau pour une personne sainte.

Dans Bienvenue chez Séverine*, une autobiographie à quatre mains avec Catherine Siguret, cette quadra détaille ses journées en compagnie de deux à trois personnes âgées et de sa famille, dans sa maison dans l’Orne . « Une alternative aux Ehpad encore méconnue » qui mérite qu’on s’y attarde.

Faire connaître son métier

« Le livre est un cadeau de Catherine Séguret, avoue Séverine, coupe au carré et pull bleu, les mains toujours en mouvement et le sourire aux lèvres, quand nous la rencontrons dans les locaux de Flammarion ce mardi. Quand elle m’a parlé de son projet, écrire sur ma vie, je me suis dit : “elle n’est pas bien la dame !” Et maintenant, j’ai la boule au ventre. »

Elle espère faire connaître ce métier aux familles sans solution, mais aussi donner envie à d’autres de se lancer. « On a le temps de bien s’occuper des personnes âgées. En Ehpad, il y a tant de soignants qui aiment leur travail, mais qui n’ont plus les moyens de le faire bien. » Pour Séverine, on ne lésine pas avec le soin. Il faut dire que l’attention aux autres, elle connaît, elle qui a grandi dans une fratrie de onze enfants. Si elle n’a pas eu la chance de connaître ses grands-parents, sa mère avait déjà pris sous son toit une femme âgée, Lui montrant ainsi la voie. « Je ne pourrais pas me passer des personnes âgées, elles nous apprennent tellement », confie-t-elle.

Marier métier et vie familiale

Une fois la formation et l’agrément en poche du Conseil général, Séverine s’aménage un nid adapté pour recevoir trois personnes dépendantes, chez elle, à temps complet. Avec son mari, ils réaménagent une vieille grange pour en faire une maison de 250 m². Au rez-de-chaussée, les trois mamies s’affairent autour de la cuisine de Séverine la journée et dorment chacune dans leur chambre. Au premier, c’est l’étage pour la famille nucléaire : son mari et ses trois enfants. Mais le soir, tout le monde se retrouve autour de la table du dîner.

« Je ne vais pas changer mon quotidien ! Si on vient chez moi, il faut aimer les enfants et les animaux », prévient-elle sans ambages. Car la famille Bellier héberge aussi un chat, un chien et un perroquet… Et actuellement Marianne, 61 ans, Estelle, 52 ans, et Tonton, 89 ans, le premier homme accueilli de cette famille élargie. « Elle mène bien sa barque, toujours aux petits soins avec nous », assure Marianne, qui vit là depuis trois ans après un AVC qui a dévoré sa mémoire immédiate. « C’est comme si on était chez soi, renchérit Estelle, elle aussi handicapée. Je me sens moins seule, elle est toujours là quand j’ai besoin de parler. »

Séverine dévoile les rencontres, souvent heureuses, parfois ratées avec ses accueillies. Il y a les malades imaginaires et celles qui cachent une tumeur énorme sous une montagne de pudeur. Il y a celles qui deviennent une mamie pour ses propres enfants et celles qui gardent leur froideur. « Il faut que le feeling passe des deux côtés. J’apprécie d’autant plus mon métier que je choisis mes accueillies. Et puis je peux faire mes tâches ménagères tout en m’occupant d’elles et être beaucoup plus présente pour mes enfants qu’avant. »

Les petits soins et les bons petits plats

Elle raconte l’attention décuplée, les visites des familles, les jeux, les gâteaux très attendus du samedi midi, les Noël tous ensemble. « Mes proches savent que si je suis invité aux mariages, baptêmes et communions, je viens avec tout le monde ! » Les bons petits plats deviennent une carotte, mais Séverine sait aussi manier l’autorité pour sauvegarder l’hygiène, l’autonomie et la santé. Son récit ne tait pas les peurs bleues, quand une des accueillies fait un malaise à table, ni les bleus à l’âme, quand l’aînée de la maisonnée s’« éteint comme une bougie ». « Mémère Jeannine, elle me manquera toujours, mais il ne faut pas être égoïste et savoir les laisser partir, analyse Séverine. Elle voulait mourir chez moi. » Alors Séverine a fait tout ce qu’elle a pu pour la soulager jusqu’au bout. « Quand elle est revenue après trois jours à l’hôpital, elle était recourbée en fœtus sur son brancard, le poignet de biais. On l’a installé dans son lit, j’ai pris sa main et j’ai senti qu’elle se relâchait, apaisée. »

Ce contact physique, ces petits soins, comme crémer les mains chaque jour, cette écoute, ces silences partagés à éplucher les légumes font partie des petits plaisirs du quotidien. Et puis, il y a les grandes victoires. « L’accueil dont je suis le plus fière, c’est Greta. Car elle a pu retourner vivre chez elle. Pas dans son grand appartement avec escalier, mais dans un foyer-logement avec cantine. » Aucun doute, ce métier la comble. Ce qui ne l’empêche pas de s’octroyer quelques (rares) bouffées d’oxygène. En partant en voyage avec son mari et sa fille, quand les accueillies restent à la maison confiées aux soins de sa sœur.

Trouver la bonne distance

Pas facile pour autant de trouver la bonne distance. Séverine n’est ni infirmière, ni médecin. Mais elle peut compter sur son généraliste de campagne, qui suit toutes ses accueillies avec bienveillance. Si elle s’attache souvent, c’est son métier et elle ne peut suppléer la famille des accueillies. Chacun à sa place. « En général, ça se passe très bien avec les familles », nous assure-t-elle. Par contre, elle doit parfois tracer des limites. « Greta avait offert un synthé à ma fille. Mais quand cette femme, aisée et généreuse, a voulu lui payer des cours de musique, j’ai dû dire non. »

« Le système de l’accueil à la maison a fait la démonstration que c’était mieux, pour la sécurité comme contre l’isolement parce que nos accueillis n’ont pas souffert de la solitude non plus. »

Elle glisse aussi les détails pratiques de ce métier méconnu. Sur la formation, sur la logistique et le coût pour les familles. « Le prix varie en fonction de la dépendance de la personne, rappelle-t-elle. Par exemple, pour Estelle et Marianne, mes deux “jeunettes” qui ont un handicap mais sont encore assez autonomes, je perçois 1.300 euros par mois tout compris, c’est-à-dire loyer, nourriture, produits d’hygiène. Avec les charges, les familles payent autour de 1.500 euros. Mais pour une personne âgée beaucoup plus dépendante, alitée, ce sera plutôt 1.800 euros. » Tout en rappelant que beaucoup de ces familles reçoivent des aides financières…

« Le Covid, on ne l’a pas vraiment vécu », souffle-t-elle pendant notre entretien. Claquemurée dans sa grande maison, vigilante sur tout, mais sans jamais lâcher la main de ses accueillies, elle a pris soin de ses pensionnaires, mais aussi de sa propre mère, devenue dépendante. Qu’elle se félicite de ne pas avoir envoyé en Ehpad, particulièrement endeuillés par l’épidémie. « Le danger sanitaire m’a confirmé plus que jamais que j’étais utile aux autres au quotidien, écrit-elle. Le système de l’accueil à la maison a fait la démonstration que c’était mieux, pour la sécurité comme contre l’isolement, parce que nos accueillis n’ont pas souffert de la solitude non plus. » Séverine ne risque pas de manquer de tendresse pour ses vieux jours, entre sa large famille et les liens forts qu’elle a noués dans sa vie professionnelle. « Même à la retraite, je pense que je garderai une personne chez moi. Les gens sont tellement beaux à l’intérieur… »

* Bienvenue chez Séverine, Flammarion, 23 septembre 2020, 19 €.

Source OUEST FRANCE.

Isolement en Ehpad : “Il faut que les familles des résidents en France se révoltent”, estime un médecin…!

Alors qu’Emmanuel Macron a appelé ce mardi à ne pas “isoler nos aînés”, Marcellin Meunier, ancien médecin coordinateur en Ehpad juge “indigne” la limitation des visites aux résidents dans certaines villes.

Un Ehpad de Ploudalmezeau (Finistère), le 7 août 2020. Photo d'illustration.

“Nous ne souhaitons pas, collectivement, isoler à nouveau nos aînés”, a affirmé Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans un Ehpad du Loir-et-Cher.“Il faut que les familles des résidents en France se révoltent”, a réagi sur franceinfo le docteur Marcellin Meunier, ancien médecin coordinateur en Ehpad en Vendée, démissionnaire en juin dernier pour protester contre le manque de moyens. “Il y a certains Ehpads qui se sont transformés en établissements pénitentiaires”, juge-t-il. 

franceinfo : Le chef de l’Etat a-t’il raison de ne pas vouloir “isoler à nouveau nos aînés”, comme ce fut le cas lors du confinement ?

Marcellin Meunier : Oui. Est-ce que l’on veut que nos aïeux meurent en bonne santé, c’est à dire indemnes du Covid, ou est-ce que l’on veut qu’ils puissent vivre en voyant leurs proches, leurs amis, qu’ils puissent avoir leurs activités ? C’est la seule raison qu’ils ont de vivre. J’ai vu tant de gens qui sont tombés dans la déprime, qui ont présenté des complications psychologiques et physiques en rapport avec le déconfinement. C’est une grande tristesse ce qui se passe en France ces dernières semaines.

Est-ce qu’aujourd’hui, les moyens sont là, est-ce que le personnel n’est pas trop épuisé, alors que l’épidémie de coronavirus semble repartir avec 121 clusters déjà détectés dans différents Ehpad de France ?

On part de très bas. La situation en France est bien, bien pire que dans les autres pays. L’OCDE, en juillet dernier, a sorti un rapport qui mettait en évidence le fait qu’en France, on a un ratio de 2,5 soignants pour 100 personnes de plus de 65 ans, contre une moyenne de 5 soignants dans les pays de l’OCDE. Et donc, il faudrait déjà rattraper la moyenne des pays comparables à la France pour partir à égalité. On parle de très loin avec du personnel épuisé, non reconnu financièrement et dans la formation, la progression de carrière.

“Quelle tristesse de traiter des anciens comme des prisonniers alors qu’ils n’ont rien commis.” Marcellin Meunier à france info.

Il y a certains Ehpad qui se sont transformés en établissements pénitentiaires. J’ai des patients qui ont survécu, dans trois mètres sur trois mètres pendant six semaines, sans sortir, sans aller dans les espaces communs. Qu’est-ce qu’ils ont fait, ces gens à qui on appliquerait cette sanction, cette punition alors qu’ils ne peuvent rien dire ? Je trouve ça hautement indigne.

Dans plusieurs métropoles, les contraintes sanitaires se sont durcies, les visites réduites à deux personnes à Lyon, à Marseille, par exemple. Et à Nice, le maire Christian Estrosi a même stoppé les visites dans les Ehpad municipaux. Qu’en pensez-vous ?

Franchement, si on avait du personnel en nombre, plutôt que d’enfermer des personnes avec les précautions d’usage, avec du personnel protégé, on pourrait les promener individuellement dans les parcs et dans les stades. On pourrait les faire sortir, à trois mètres de distance, pour permettre de voir leurs familles en extérieur ou dans des grands espaces aérés. Il y a possibilité de ne pas transformer à nouveau les Ehpad en prison. Ce n’est pas possible. Il faut que les familles des résidents en France se révoltent. Traiter leurs anciens de cette façon avec Covid ou sans Covid, c’est indigne. Ça n’est pas possible. On n’a rien à leur reprocher. On ne doit pas leur infliger de telles peines.

La protection des personnes âgées sera évoquée lors du prochain conseil de défense. Quelles décisions faut-il prendre pour protéger au maximum, dans cette période, nos aînés ?

Il faut les protéger, mais il faut leur permettre de vivre. C’est l’équilibre dont parlait monsieur le Président, qu’il faut trouver. Il faut un véritable équilibre qui leur permette de vivre, d’espérer vivre et d’espérer la vie et de profiter de la vie. Les derniers moments qu’ils leur restent, qui consistent à voir les gens qu’ils aiment, le peu de personne qu’ils aiment. Ils ont perdu leurs amis, ils ont perdu leur travail, ils ont perdu beaucoup de leurs congénères et leurs familles. Le peu de visites qu’ils ont, il faut préserver ce lien social. Il est vital pour eux.

Source FRANCE INFO.

Ehpad de l’horreur en Aveyron : maltraitance et vidéos dégradantes des résidents au cœur d’un scandale…!

Ehpad de l’horreur en Aveyron : maltraitance et vidéos dégradantes des résidents au cœur d’un scandale.

L’Ehpad d’Onet-le-Château, 84 résidents, dont un tiers en unité Alzheimer.

L’Ehpad castonétois est confronté à un sévère problème de gouvernance auquel s’ajoute la découverte de photos et vidéos mettant en scène de façon ignoble les résidents les plus fragiles.

Immonde, immoral, infâme, abject… Tout le vocabulaire de l’horreur tourne en boucle au sein de l’Ehpad La Rossignole à Onet-leChâteau. Chez les familles de résidents,la direction et une large majorité du personnel.

Pas tous, une poignée d’entre eux est convaincue par la direction d’avoir, dans l’unité Alzheimer de l’établissement, commis l’inconcevable : prendre des photos et des vidéos des résidents, fragiles et vulnérables, dans des situations dégradantes et infamantes, parfois à caractère sexuel, et les avoir publiées dans un réseau à usage privé, assorti de commentaires cyniques et méprisants.

Un scandale qui implique à ce jour 11 des 55 effectifs de La Rossignole, des soignants pour l’essentiel, et à des degrés divers. La justice a été saisie, la police a ouvert une enquête.

Quatre licenciements

Les faits datent de plusieurs mois mais n’ont été découverts que le 29 juillet dernier. “Nous avons appris le problème dans cette unité Alzheimer par un signalement d’un des agents de l’établissement, explique André Vié, président du conseil d’administration de La Rossignole. Nous avons aussitôt diligenté une enquête administrative avec notre avocat et la direction, et reçu plusieurs personnels. L’un d’eux a craqué et nous a donné accès à un site Messenger, réservé à un groupe de personnes”.

“Nous avons vu ces documents abjectsOn a été abasourdis. Ils s’amusaient avec les résidents comme avec des poupées. Il n’y avait plus la moindre éthique. La directrice de l’établissement et moi-même sommes allés porter plainte au commissariat dès le 30 juillet. Le procureur de la république nous a assuré ne pas laisser cela sans suite”. Le conseil d’administration reçoit alors les personnes qui avaient adhéré à ce groupe Messenger.

“Nous avons pris la décision de licencier quatre d’entre eux. Deux autres qui étaient moins impliquées, seront sanctionnées, une décision les concernant est en cours. Cinq autres personnes ont reçu un avertissement…”, explique André Vié. Lequel, avec sa directrice, avertissent alors les tutelles de l’établissement : conseil départemental, ARS et préfecture.

Démissions en cascade

L’affaire commence à s’ébruiter, il faut réagir vite. “Ce problème a créé une ambiance délétère au niveau du personnel. Il fallait aussi prévenir les familles, les inciter à se porter partie civile… On ne savait pas trop par quel bout prendre les choses”.

Les démissions s’enchaînent. Parmi elles, celle de la directrice de l’établissement, Frédérique Modolo, qui n’a pas souhaité poursuivre le contrat à l’essai qui la liait à La Rossignole. Le conseil d’administration fait alors appel à un cabinet spécialisé à Albi, “Expertise transversale consulting santé-médicosocial”, présidé par Félicien Danglot, qui vient à Onet début septembre avec sa consultante Fabienne Guiral. Et prend en charge le management de transition, “sans pouvoir de signature”, précise-t-il.

Familles sous le choc

L’ensemble des familles et des personnels sont reçus, tour à tour. Les résidents également, nombre d’entre eux s’inquiètent du devenir de leur Ehpad… Les familles des résidents victimes des agissements incriminés sont sous le choc. La fille d’un résident porte plainte au commissariat de Rodez où on lui donne accès aux photos et vidéos infamantes. “Cela fait neuf mois que duraient leurs cochonneries. Et les soignants ne leur donnaient que des demi-portions, gardant le reste pour assurer leur déjeuner”.

Une maltraitance que reconnaît la direction dans le cadre de son enquête. Le petit-fils d’une résidente dit avoir “vu sa grand-mère dépérir“. Mais il “n’imaginait pas qu’elle ait pu souffrir de la sorte”. Lui aussi porte plainte, comme cet autre fils d’une résidente qui assure “n’avoir rien constaté jusqu’alors,si ce n’est un manque d’hygiène flagrant”. Et déplore “que la direction ait tardé à donner des éléments aux familles”.

Pour tous, “personne n’a intérêt à ce que La Rossignole ferme”. Et d’assurer, louant les valeurs de bienveillance constatée souvent chez le personnel, “que tous les soignants dans leur très grande majorité ne sont heureusement pas condamnables”. Ne pas fermer, un souhait partagé et une volonté de tout faire pour sauver l’établissement et restaurer, surtout,le bien-être des résidents auquel ils se sont habitués depuis maintenant onze ans.

Comment en est-on arrivé là ?

Si rien ne pourra jamais justifier les comportements coupables envers les résidents,surtout à ce niveau de maltraitance et d’humiliation, l’Ehpad La Rossignole souffre de puis de longs mois d’un problème de gouvernance que reconnaissent le président du conseil d’administration, André Vié,et sa vice-présidente Christiane Viguié. “J’ai fait partie des créateurs de l’établissement en 2009,explique André Vié.

Jusqu’à une date récente tout semblait aller bien.Mais la structure s’usait et n’avait pas été repensée. Financièrement, on a vu apparaître des excédents, on s’est endormi dessus, on n’a peut-être pas assez investi dans la formation…”.

Et d’ajouter : “Il y a eu la crise sanitaire, la pression énorme du Covid et la révélation cet été de ce grave problème qui a été la goutte d’eau qui afait déborder le vase. Les personnels sont usés et fatigués, la gouvernance l’est tout autant “. Le président va démissionner Pour Félicien Danglot,consultant et manager de transition de puis ce mois de septembre, « il y a bien ici un déficit de management structurel de l’investissement.

On découvre en avançant. Mais c’est un établissement où la prise en charge est de grande qualité, il faut rester confiant” .Confiant, André Vié l’est aussi. Mais il a décidé de démissionner,à la fin de l’année. En tout cas “quand le ménage sera fait”. Car il veut laisser à son départ une maison propre.

Source JNEWS FRANCE.

EHPAD: comment signaler un cas de maltraitance d’une personne âgée?… Un numéro d’écoute pour les personnes âgées !

Malgré une progression de 13% l’année dernière, les signalements de maltraitances dans les EHPAD restent trop rares selon l’Organisation mondiale de la santé.

Selon l’OMS, une personne âgée sur six est victime de maltraitance en France.

En France, une personne âgée sur dix est victime de maltraitance chaque mois, selon l’OMS. Pour autant, seulement un cas sur 24 est signalé. Comment expliquer un tel écart? Aujourd’hui, «la maltraitance des personnes âgées reste un sujet tabou», explique Véronique Ghadi, directrice de la qualité de l’accompagnement social et médico-social au sein de la HAS.

Mais certaines affaires ont commencé à provoquer une prise de conscience en France. En septembre 2014, une aide-soignante a été accusée de maltraitance sur des résidents souffrant de la maladie Alzheimer, à Roanne dans la Loire. Un mois plus tard, une autre aide-soignante a été licenciée en Seine-Maritime, accusée d’avoir cassé le bras d’une pensionnaire et d’avoir été violente avec d’autres personnes âgées. Plus récemment, le 14 février 2019, un aide-soignant a été jugé pour violences répétées sur une patiente de 98 ans, souffrant d’une double fracture du fémur.

Confrontées à ces cas, les familles se retrouvent bien souvent démunies pour dénoncer une maltraitance. «Il n’y a pas de dispositif technique miracle, nous n’avons pas de baguette magique», prévient la Haute autorité de santé (HAS). Toutefois, il existe différents moyens de faire un signalement.

• 3977, le numéro d’écoute pour les personnes âgées

Un numéro d’écoute est mis en place depuis 2008 pour permettre aux personnes âgées et à leurs familles d’alerter, de façon anonyme, des risques ou faits de maltraitance. S’il est peu connu, il a toutefois permis en 2018 d’ouvrir 4233 dossiers d’accompagnement de situation, dont 3138 de maltraitance. «Ce sont très souvent les familles qui nous appellent, quand leurs parents sont en EHPAD. Nous recevons des appels majoritairement pour des violences psychologiques, physiques, involontaires et financières», explique Isabelle Gillet, responsable de la plateforme d’écoute du 3977.

En 2018, le taux de signalement de maltraitances a augmenté de 13% dans les EHPAD. Et les chiffres du 3977 sont également en hausse. Entre 2016 et 2017, ils «ont augmenté de 38%», indique Isabelle Gillet. Pour autant, entre 2017 et 2018, la hausse n’était que de 3%.

• Signaler toute maltraitance auprès de l’ARS

Après avoir averti la direction ou contacté le 3977, les familles des personnes âgées maltraitées peuvent faire appel à l’Agence régionale de santé (ou au conseil départemental) par téléphone ou directement sur leur site internet. Dès lors, l’ARS prendra directement contact avec l’établissement soupçonné de maltraitance pour obtenir des éclaircissements. «Une inspection peut également être déclenchée dans les cas les plus importants», indique Alice Casagrande, directrice formation, innovation et vie associative à la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP). «Mais les ARS n’ont pas toujours les moyens de faire les inspections qu’elles voudraient», constate Véronique Ghadi.

• Un recours possible auprès de la justice et du défenseur des droits

Les procédures engagées par l’ARS peuvent parfois être longues. Il est alors possible d’engager un recours auprès de la justice (police, gendarmerie ou procureur), ou auprès du défenseur des droits. Ce dernier est une autorité indépendante. «Pas besoin, donc, d’engager forcément un recours auprès de la justice, par exemple, pour le solliciter», précise Alice Casagrande, également coauteur de la note d’orientation «pour une action globale d’appui à la bientraitance» présentée à Agnès Buzyn le 24 janvier 2019. Le défenseur des droits peut, lui aussi, être saisi via son site internet, par courrier ou par téléphone.

Il arrive que la HAS soit sollicitée par des familles, qui ne trouvent pas de réponses après envoyé plusieurs courriers. Auquel cas, «il est possible dans certains cas que la HAS adresse des courriers à un procureur, ou plus souvent au défenseur des droits, car nous n’avons aucune action», indique Véronique Ghadi.

• Les caméras de surveillance: une idée controversée

En 2019, la famille de la résidente de 98 ans au fémur doublement fracturé obtient la preuve que celle-ci a été frappée par un membre du personnel de l’EHPAD par le biais des images d’une caméra cachée dans sa chambre. En France, la question de l’usage des caméras de surveillance par les familles fait débat. Pour l’heure, Alice Casagrande insiste sur le fait «qu’en France la question ne se posait pas sur la légalisation des caméras dans les chambres des résidents».

Pour Pascal Champvert, président de l’AD-PA, ce n’est pas une solution, d’abord pour l’intimité des personnes âgées, mais aussi pour le respect du travail du personnel. «La maltraitance passe par “l’âgisme”, c’est-à-dire par la dévalorisation de tout ce qui concerne la personne âgée. Et c’est cela qu’il faut dénoncer», affirme-t-il. Claudette Brialix, présidente de la Fédération nationale des associations et des amis des personnes âgées et de leurs familles (FNAPAEF), pourrait être favorable à la pose de caméras seulement si la personne âgée concernée est au courant et est d’accord. «Il ne faudrait pas que les caméras soient dans les salles de bains ou les toilettes, c’est une question d’intimité. Et si la personne n’est pas en pleine conscience, alors c’est beaucoup plus compliqué, car nous ne savons pas si c’est son choix», souligne-t-elle. À noter qu’au Québec, la loi autorise depuis 2018 la pose de caméras de surveillance, pour faciliter la détection de signes de violence du personnel.

Ehpad: des animaux de compagnie contre la solitude….

Grâce à la médiation animale, des personnes âgées retrouvent le sourire.

C’est même souvent une véritable thérapie.

Henriette trouve du réconfort auprès de Pacha.

Le coronavirus n’a pas fait que des victimes de la maladie. La solitude a fait partie des dommages collatéraux les plus importants, surtout chez les personnes âgées. Pour les réconforter dans ces périodes difficiles, la présence d’animaux à leurs côtés peut s’avérer précieuse. Certains établissements autorisent déjà leurs résidents à recevoir la visite de petits compagnons, généralement par le biais de leur famille. Constatant les effets bénéfiques de ces moments d’affection, ils se sont mis à recourir aux services de spécialistes de la médiation animale intervenant à la demande.

Dominique Portal, ancienne animatrice en maison de retraite, qui a créé AnimalCâlin en 2013, en fait partie. Grâce à l’aide d’une employée et d’une dizaine de bénévoles, Hélio la tourterelle, Missy la chatte, Bianca le cochon d’Inde, Gandhi le chien et bien d’autres sont bichonnés à la campagne, dans les environs d’Albi. Une fois ces derniers formés, sa mission: rendre le sourire aux seniors qu’elle visite avec leur aide.

Et l’accueil des intéressés est généralement enthousiaste. «C’est une bonne idée, quand on sait ce qui va nous arriver, c’est beau aussi l’amour d’un animal. Ils nous aiment tel qu’on est », se réjouit, en serrant Pacha dans ses bras, Henriette, décédée depuis. «Certaines personnes âgées, lorsqu’elles sont confrontées aux animaux, sont métamorphosées, comme si elles revenaient quelques années auparavant», témoigne Anne-Sophie Chevasson, bénévole de l’association Petits Frères des Pauvres, qui visite les résidents du service de l’hôpital Marchant à Toulouse, Les jardins de Silos, et a financé en grande partie les interventions d’AnimalCâlin. L’animal a le pouvoir de combler des besoins psychologiques du fait qu’il ne juge pas».

« L’animal ne juge pas. Il replace le patient en tant que personne ».

Dr Ingrid Payet, service de soins palliatifs, hôpital Joseph Ducuing (Toulouse)

«Nous voyons à quel point cela leur apporte un apaisement et leur fait passer un moment hors du service et hors du soin, explique de son côté le Dr Ingrid Payet, à l’initiative de l’intervention d’AnimalCâlin dans le service de Soins palliatifs de l’hôpital Joseph Ducuing à Toulouse. Tout ce qui est contact, le fait de pouvoir le prendre dans ses bras, par le toucher, la caresse, donc une interaction, replace le patient en tant que personne. Surtout l’animal n’est pas du tout jugeant. On a dans notre service des gens atteints de pathologies évolutives graves, avec parfois une altération physique importante et l’animal va aller au-delà de la maladie, de l’aspect, et replace le patient en tant que personne. C’est quelque chose qui est au-delà des mots».

Les études montrent que cette approche permet de réduire la prise en charge médicamenteuse

Dominique Portal, directrice d’AnimalCâlin

«Les études montrent que cette approche permet de réduire la prise en charge médicamenteuse», affirme Dominique Portal. Car selon les publics, les objectifs peuvent être différents: non seulement à visée récréative ou de bien-être mais aussi thérapeutiques (motricité, sensorialité, relationnel, social ou éducatif). «Nous avons une grille d’évaluation avec l’établissement selon l’objectif qu’il a fixé (par exemple, la motricité): fait, ne fait pas, veut, ne veut pas, touche, ne touche pas. Ou touche, caresse, brosse, sachant que les malades d’Alzheimer vont souvent brosser à contre-poil. Et sur la durée, les résultats sont parfois impressionnants». »Dans le cas d’Alzheimer, cela peut atténuer les déambulations et l’anxiété», témoigne Stéphanie, bénévole de l’association. Si la grande majorité des interventions d’AnimalCâlin ont lieu en Ehpad (68%), «la médiation animale fonctionne aussi dans les hôpitaux, auprès des handicapés et dans les crèches», explique la fondatrice de l’association. Des établissements aussi variés que la maison de retraite Les Grands chênes à Saïx, la maison d’accueil spécialisée pour adultes handicapés Le Mas Les Genêts à Cagnac-les-Mines (Tarn), la crèche Bénénou d’Albi ou le centre de soins de suite et de réadaptation de la Clauze à Réquista (Aveyron) en ont tous fait l’expérience.

Christian et la tourterelle Hélio se sont apprivoisés.

L’association a également un partenariat, financé par le département, avec le service d’aide à la personne Adomicia, pour lutter contre l’isolement des personnes âgées à domicile. Même si la plupart du temps ses interventions sont plutôt financées par des fonds privés: associations et fondations ou mécénat d’entreprises.

Des interventions suspendues depuis le confinement

Mais paradoxalement, c’est au moment où les seniors en auraient le plus besoin que ces interventions extérieures ont été suspendues. Non seulement pendant le confinement du fait de la fermeture des établissements aux personnes extérieures mais souvent encore aujourd’hui, alors que plane la crainte d’une seconde vague. Les visites encore récentes et très encadrées, les craintes liées à l’association du virus à la transmission par l’animal font que les interventions se font encore rares dans les Ehpad, même si d’autres structures les reprennent peu à peu. De vingt séances mensuelles en moyenne, AnimalCâlin est tombé à cinq séances par mois actuellement. «Nous tenons nous aussi à ne faire courir aucun risque à nos animaux, chacun d’entre nous intervenant toujours avec son propre animal, qu’il a formé et connaît bien», explique sa représentante. De toute façon, l’association ne travaille jamais l’été, considérant qu’il fait trop chaud dans la région pour les bêtes et que les conditions optimales ne sont pas réunies en établissements, les résidents étant souvent regroupés dans les quelques pièces fraîches.

Une profession pas encore reconnue

Autant dire que les professionnels du secteur souffrent. Certains, comme AnimalCâlin, ont pu bénéficier d’aides pendant le confinement, d’autres non. La question est de savoir si ces dernières se poursuivront à la rentrée. «À défaut, nous ne pourrons pas garder tous nos animaux, car nous n’aurons plus de quoi couvrir les frais de nourriture, soins et vétérinaire plus le salaire de notre employée», redoute Dominique Portal. Un syndicat vient bien de voir le jour pour représenter la profession mais celle-ci n’est toujours pas reconnue au Registre national de la certification professionnelle. Le métier aurait besoin d’une reconnaissance nationale avec ses règles, ses méthodes homologuées et son éthique. Il faut dire que ses représentants, issus soit du secteur médico-social soit du secteur canin ou animal, n’ont pas de méthodes homologuées car chacun a sa propre approche. Et seule une école, Agatéa, propose une formation diplômante courte (un mois) de «Chargé de projet en médiation par l’animal», éligible au Compte personnel de formation. Un métier qui a encore de beaux jours devant lui.

Source LE FIGARO.

Coronavirus en Lorraine : Décès de neuf résidents en une semaine dans un Ehpad…

EPIDEMIEL’origine de la contamination n’est pas encore connue.

Coronavirus en Lorraine : Décès de neuf résidents en une semaine dans un Ehpad

Un Ehpad de la banlieue de Nancy a enregistré en une semaine les décès de neuf de ses résidents contaminés par le Covid-19, a-t-on appris dimanche auprès du président du conseil d’administration de l’établissement, Daniel Cilla.

L’Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est avait fait état le 10 août du décès la veille d’un premier patient, âgé de plus de 90 ans, dans cet établissement du groupe mutualiste Acoris, « Les Sablons », situé à Pulnoy (Meurthe-et-Moselle).

Les aides soignants et une infirmière font valoir leur droit de retrait

« Depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui, huit autres personnes sont décédées, la plupart également âgées de plus de 90 ans et présentant des facteurs de comorbidité », a précisé Daniel Cilla, confirmant des informations de L’Est républicain. « Deux d’entre elles étaient en fin de vie », le Covid-19 ayant certainement « accéléré » leur décès, a-t-il poursuivi, précisant que l’état de santé de quatre autres pensionnaires était surveillé « très étroitement ».

« Depuis les premiers symptômes sur une personne, apparus le 3 août et tout de suite testée, et la confirmation qu’elle était positive, nous avons réalisé 360 tests sur l’ensemble des collaborateurs et des résidents », a encore indiqué Daniel Cilla. L’Ehpad « Les Sablons » compte à présent environ 75 pensionnaires et une soixantaine de membres du personnel dont huit, parmi lesquels une infirmière et des aide-soignants, ont fait valoir leur droit de retrait, a-t-il ajouté.

Les visites totalement suspendues

Daniel Cilla entend ainsi lancer ce lundi un appel sur une radio locale pour trouver du personnel en renfort pour les semaines à venir. Depuis, la découverte des premiers cas, les résidents ont été reconfinés dans leurs chambre, l’organisation de l’établissement ayant été scindée en deux équipes, l’une chargée des pensionnaires atteints du Covid et l’autre de ceux qui ne le sont pas.

Les visites sont également « totalement suspendues », toujours selon Daniel Cilla qui déplore que certaines familles se soient montrées « indisciplinées », embrassant leurs vieux parents ou leur rendant visite alors qu’elles avaient eu le Covid-19. « Mais la contamination pourrait aussi venir d’un membre du personnel », a-t-il noté.

Source 20 MINUTES.

Valdoie -Territoire de Belfort – Ehpad de la Rosemontoise : le contenu « glaçant » du rapport des administrateurs provisoires…

Le conseil départemental du Territoire de Belfort et l’Agence régionale de santé ont prolongé de trois mois l’administration provisoire de l’Ehpad de la Rosemontoise à Valdoie.

Une décision motivée par le rapport établi par les administrateurs provisoires qui ont œuvré ces deux derniers mois.

Ehpad de la Rosemontoise : le contenu « glaçant » du rapport des administrateurs provisoires

Vendredi, Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort (CD90) et Pierre Pribile, directeur de l’Agence régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté (ARS BFC), ont signé un arrêté conjoint prolongeant l’administration provisoire de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) la Rosemontoise de Valdoie.

Trois mois reconductibles

À partir du 7 août, Sylvie Petrella assurera pour trois mois reconductibles cette mission, prenant la suite de Françoise Betoulle et Robert Creel qui ont assuré cette même fonction depuis le 6 juin.

Cette décision a été motivée par le rapport rendu par ces derniers. Un rapport « glaçant » comme le résumait Florian Bouquet vendredi après-midi lors d’une réunion avec les familles, représentants du personnel et des résidents.

« Mise en danger »

« Les dysfonctionnements relevés reflètent des manquements d’une particulière gravité de nature à mettre en danger notamment la sécurité et le bien-être des personnes âgées dépendantes », peut-on lire notamment dans l’arrêté.

Les deux premiers administrateurs nommés pour deux mois le 6 avril avaient déjà dressé un constat dans ce sens. Dans leurs conclusions, ils notaient qu’il y avait « urgence à prendre des mesures permettant de sécuriser non seulement la prise en charge des résidents de l’Ehpad mais également les conditions d’exercice de son personnel ».

Nombreux dysfonctionnements et défaillances

Quant aux seconds administrateurs, leur rapport d’une soixantaine de pages que nous avons pu nous procurer éclaire sur un nombre important de dysfonctionnements et de défaillances que ce soit dans le domaine du management, de la gestion des soins, des ressources humaines ou encore de la réalisation de travaux.

« Risque de maltraitance passive »

Dans leurs conclusions, les deux administrateurs provisoires soulignent que dorénavant «  l’ensemble des précautions est pris pour prévenir un second épisode de la Covid-19 si celui se confirmait ».

Toutefois, « s’agissant de la gestion managériale et de l’organisation des soins, la gravité des constats tenant à la non-sécurisation des soins dans leur organisation ainsi que dans la gestion des ressources humaines », ils sont amenés à « indiquer qu’un risque de maltraitance passive n’est pas à exclure si les conditions de sécurisation pérenne n’étaient pas réunies » à leur départ le 7 août.

Trouver une solution « viable et pérenne »

Si le fait de nommer une administration provisoire d’un Ehpad relève de l’exceptionnel, celui de la prolonger à deux reprises démontre que le mal est profond au sein de la Rosemontoise.

« Ces reconductions se sont imposées d’elles-mêmes », remarquait Florian Bouquet qui souhaite que soit mis en place tout ce qui permettra de donner une réponse « viable et pérenne aux résidents, à leurs familles et aux personnels ».

Source EST REPUBLICAIN.