Covid-19 : mobilité, travail, logement, des chercheurs de GEM ont observé à la loupe les habitants lors du confinement…

Le confinement a-t-il changé les comportements des habitants de la métropole grenobloise ?

C’est-ce qu’ont voulu savoir Corinne Faure et Frédéric Bally, chercheurs à Grenoble Ecole de Management, en interrogeant plus de 1000 personnes lors du confinement.

En voici les résultats.

Ce 22 avril 2020, en plein confinement au coeur de Grenoble, la pelouse des voies de tramway appartient... aux joggers

Cette étude a été menée dans le cadre du Panel de recherche de Grenoble Ecole de Management. De quoi s’agit-il? D’une initiative unique en France, qui existait déjà dans des villes comme Hambourg ou Hong-Kong. A Grenoble, ce Panel de recherche,” dédié à ses habitants“, a été créé au mois de mai 2020. Sa mission? “favoriser l’identification et l’émergence de solutions pour notre territoire”. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a pu opérer ses tous premiers pas dans un contexte exceptionnel, totalement inédit, avec l’arrivée brutale du Covid-19.

Dans quelle mesure ce virus virulent, et le… confinement allait-il, ou non, bouleverser les comportements, modifier les pratiques d’usage, voire …déclencher certains sentiments? Corinne Faure et Frédéric Bally, les deux chercheurs de Grenoble Ecole de Management, ont interrogé 1014  personnes “représentatives de la population de Grenoble-Alpes Métropole” via de longs questionnaires en ligne, sur la toute dernière semaine du confinement, dans plusieurs domaines de la vie quotidienne.

“Une photographie instantanée à cet instant T du confinement “

Après dépouillement et analyse, ils en publient ce mardi 22 septembre les résultats. Focus sur plusieurs enseignements, dans le domaine des transports d’abord, Semaine européenne de la mobilité  oblige.

“Moins tentés par les transports en commun”

Les personnes interrogées déclaraient  “utiliser avant le confinement, à proportion quasiment égale les modes de transports doux, les transports en commun, ou leurs véhicules personnels pour leurs déplacements quotidiens ou leurs déplacements domicile-travail “.

Une pratique remise en cause par l’assignation à résidence forcément, et la faible amplitude des déplacement autorisés pendant le confinement mais pas seulement . A la question du mode de transport le plus sûr en cette période de crise sanitaire, environ 60% des répondants choisissent la voiture individuelle, un peu moins de 40% les modes de transport doux, et seulement 1% les transports en commun.

La croissance des transports doux se fait donc surtout aux dépens des transports en communCe rejet assez massif des transports en commun dans cette étude doit être interprété avec prudence” précise Corinne Faure, “il s’agit de réactions à chaud, puisque l’étude a été collectée au cours de la dernière semaine de confinement. Les bénéfices des politiques de distanciation sociale et de port obligatoire du masque dans les transports en commun n’étaient pas encore très discutés à ce moment-là”.

“Pas très chauds pour le télétravail”

Quel a été le ressenti des habitants de la métropole sur cette nouvelle situation de travail et sont-ils prêts à poursuivre l’expérience?

La part des actifs en télétravail dans la Métropole grenobloise est passée de 20 à près de 40% pendant le confinement, mais seulement 20% des actifs souhaitent travailler en télétravail dans le futur.

Contrairement à nos attentes, le pourcentage de personnes souhaitant continuer à travailler en télétravail après le confinement n’a pas augmenté suite à l’expérience de télétravail durant le confinement. 20% le souhaitent, 20% le faisaient déjà avant le confinement” s’étonne la chercheuse.

En revanche, 25% pensent que leur employeur leur demandera de faire du télétravail, et 30% pensent que d’autres employés vont demander à passer en télétravail.

Partants pour des horaires de travail décalés, et même le week-end”

Pendant le confinement : 44% des actifs de la Métropole ont pu remplacer leurs déplacements professionnels par des visio-conférences. Environ 1/4 des personnes interrogées pensent qu’au moins une partie de leurs déplacements professionnels sera remplacée par des visio-conférences dans le futur.

Le confinement a entraîné un décalage des horaires habituels de travail (en raison de différents facteurs comme la garde des enfants en parallèle par exemple). 2/3 des actifs sont prêts à envisager des horaires de travail décalés et plus de 40% seraient prêts à travailler le week-end.

“Effectivement, c’est surprenant” analyse la co-auteure de l’étude  “42% des actifs se déclarent prêt à travailler le week-end.  Peut-être pour profiter des avantages des montagnes avoisinantes en semaine sans la foule ?  En tout cas, pour 15%, travailler le week-end se monnaye et ils attendraient une prime en échange. “

“Besoin de rencontrer son médecin, en chair et en os” 

La téléconsultation médicale a eu le vent en poupe pendant le confinement. A vrai dire, il a bien fallu faire contre mauvaise fortune “bon coeur” mais manifestement personne n’a été enchanté du résultat. Le chiffre est sans appel:  plus des 2/3 ne souhaitent pas renouveler l’expérience et préfèrent une consultation en face à face.

28% sont prêts à faire appel à la télé-consultation de temps en temps, 7% seulement le plus souvent possible,

“Une furieuse envie de… déménager”

C’est l’une des conséquences directes du confinement, …l’envie de déménager pour s’éloigner de l’hyper centre urbain tenaille les citadins.   Les habitants de la métropole grenobloise sont  40%  à penser déménager dans les trois ans.  Pour 40%  d’entre, le déclic a eu lieu pendant le confinement.

67% pensent rester dans la Métropole grenobloise, ce qui marque à la fois leur attachement au territoire. Un tiers des actifs et la moitié des étudiants se disent ainsi prêts à considérer à emménager ” au vert ” plus loin de leur lieu de travail si leur part de télétravail augmente dans les années à venir”.

Cette étude reste une photographie d’un instant T de la période de confinement,  les situations et les avis des habitants ont pu évoluer depuis” souligne Corinne Faure qui espère “pouvoir faire un suivi de l’évolution des mentalités sur le sujet” et qui annonce d’autres chantiers .

La prochaine étude sera lancée le 30 septembre. Thème imposé : “Vagues de chaleurs : comment sont-elles vécues par les habitants de la métropole grenobloise ?”…

Si vous avez envie de vous inscrire c’est ICI.   Il faut habiter la métropole et avoir au moins 18 ans.

Source FR3.

Brive : cinq mois après avoir été touchée par le Covid-19, Patricia Bordas a encore des symptômes… Vidéo.

Le 15 avril dernier, Patricia Bordas apprend qu’elle est touchée par une forme de Covid-19. Cinq mois plus tard, le virus est présent au quotidien, les symptômes n’ont toujours pas disparu.

A 63 ans, l’ancienne sénatrice se livre et appelle à la plus grande prudence.

Brive : cinq mois après avoir été touchée par le Covid-19, Patricia Bordas a encore des symptômes

Depuis le 15 avril dernier, Patricia Bordas vit quotidiennement avec le virus, “ce jour-là, le monde m’est tombé sur la tête”. Encore aujourd’hui, le virus se manifeste de façon aléatoire et provoque chez l’ancienne sénatrice corrézienne, une fatigue très intense et difficilement gérable, “je vie chaque jour avec l’inconnu“.

 

En avril 2020, Patricia Bordas se fait tester pour la première fois, “il s’agissait d’un faux négatif“. Elle est en fait touchée par une forme alternative du virus. Confinée quatre semaines à son domicile au mois d’avril, elle est aujourd’hui encore suivie par son médecin généraliste. Depuis le printemps dernier, Patricia Bordas se sent différente, “j’ai l’impression d’avoir gardé une hypersensibilité“.

Guérir et prévénir

Si Patricia Bordas prend la parole, c’est avant tout pour alerter. Son cas n’est pas unique, elle pense d’ailleurs que ce phénomène est “plus courant qu’on ne le croit mais que les gens n’osent pas en parler“, “personne ne la voit cette maladie, c’est comme une maladie imaginaire“.

Elle a retrouvé le goût et l’odorat, mais la fatigue persiste. Son témoignage fait donc office de prévention. Sur les réseaux sociaux, des personnes atteintes du Covid-19 et aux symptômes persistants postent de nombreux messages introduits par : #ApresJ20 #ApresJ60, etc.

Une longue période de réflexion

Employée administative à la mairie de Cosnac, Patricia Bordas envisage son avenir professionnel autrement, “je pense à prendre ma retraite en janvier 2021“.

Son avenir politique n’est quant à lui pas remis en question pour le moment. Déjà référente LREM de la Corrèze, elle a été nommée présidente de la commission électorale du bureau exécutif de la République en Marche, le 21 septembre dernier.

Source FR3.

Mulhouse : une start-up fabrique des gants auto-désinfectants contre le coronavirus…

L’entreprise mulhousienne Spinali Design, spécialisée dans les vêtements connectés, a conçu une paire de gants intelligents auto-désinfectants.

Traités au dioxyde de titane, les gants sont capables de détruire bactéries, virus et coronavirus, par la seule exposition à la lumière.

Les gants connectés conçus par l'entreprise mulhousienne Spinali Design sont composés d'un tissu traité au dioxyde de titane permettant de détruire le coronavirus.

Spinali Design revient à la lumière grâce à sa dernière innovation. Après les maillots de bain connectés il y a cinq ans, l’entreprise mulhousienne spécialisée dans le textile intelligent lance son nouveau produit phare: une paire de gants auto-désinfectants. “De beaux gants. Qu’on a envie de porter, contrairement aux masques qui sont tout sauf élégants“, souligne Romain Spinali, responsable de l’innovation de la PME.

Comment ça marche ?

De beaux gants donc et surtout, utiles. Grâce au dioxyde de titane, un composé que l’entreprise utilise par ailleurs dans ses crèmes solaires, ils peuvent se désinfecter tout seuls. “Le textile subit un traitement au dioxyde de titane, composé permettant de détruire les particules polluantes, les bactéries et les virus grâce au principe de la photocatalyse”, explique Romain Spinali. Cela veut dire que lorsque le textile est exposé au rayonnement UV de la lumière naturelle ou artificielle, le gant élimine toute trace de virus, et en particulier de coronavirus. Il se débarrasse par la même occasion des tâches organiques.

Une puce électronique intégrée au textile renseigne l’utilisateur, via une application smartphone, sur la quantité d’UV absorbée par le gant, “ce qui permet de savoir si le gant a reçu suffisamment de rayonnements UV pour être considéré comme désinfecté”, explique Romain Spinali. A la lumière du soleil, avec un bon ensoleillement, dix secondes suffisent. En automne et en hiver, “on pourra les exposer à la lumière artificielle d’une lampe UV qui complète le dispositif s’il n’y a pas assez de soleil“. Il faudra compter alors 30 secondes à une minute pour se débarrasser de quasiment toutes traces de virus. “Le gant peut alors jouer son rôle de geste barrière, comme un masque, et participer à un ensemble de comportements protecteur”.

Pour qui et quel usage ?

Le produit s’adresse aussi bien au grand public qu’aux professionnels. Le grand public parce que susceptible d’être intéressé par un produit plutôt esthétique et par les bonnes pratiques des gestes barrières complémentaires au gel hydroalcoolique. Les professionnels, comme les médecins, parce que ce produit les met par exemple à l’abri d’une pénurie de gants en latex. Dans de nombreux secteurs d’activités (policiers, contrôleurs, caissières…), le gant connecté évite d’avoir à se laver les mains plusieurs fois par heure avec du gel hydroalcoolique.

D’une durée de vie d’environ trois cents jours à raison de huit heures d’utilisation par jour, il peut et “doit” même être retourné après usage à Spinali Design en échange d’un bon d’achat. “Ce n’est pas un produit qu’on jette à la poubelle”, insiste Romain Spinali. “On récupère l’électronique et tous les composants qui sont valorisables selon le processus vertueux du recyclage”.

Les utilisateurs de transport en commun sont concernés.

Un produit innovant made in France

La jeune pousse mulhousienne, avec ses six salariés, est implantée localement et tient à le rester, fait savoir Romain Spinali. C’est que, selon lui, l’Alsace est au cœur d’un réseau de compétences dont il entend bien faire profiter son entreprise spécialisée dans des produits innovants. Produits innovants à l’intersection de différentes disciplines: textile, design, chimie, électronique, numérique, etc.

On travaille régulièrement avec l’Universite de Haute-Alsace sur la partie informatique. Sur ce projet de gants, on collabore avec Aya Kadjo  fraîchement diplômée de l’école de Chimie de Mulhouse”. Cette toute jeune ingénieure en chimie a créé sa propre entreprise. “J’étais chargée par Spinali Design de mettre au point le bain dans lequel est plongé le gant pour fixer le dioxyde de titane”, explique Aya Kadjo.

Avec ses voisins suisses et allemands, l’entreprise a noué des liens de partenariat, sur la partie électronique avec les premiers, pour la partie fil avec les seconds. Aujourd’hui, après quelques tâtonnements, le procédé est opérationnel: “On a eu plein d’échecs avant d’y arriver mais ça fait partie du processus de création”, ajoute Romain Spinali qui indique par ailleurs que le dépôt de brevet est en cours.

La commercialisation a débuté

Les gants sont vendus 59 euros sur le site internet de l’entreprise. Les commandes, quelques centaines, ont démarré à la mi-septembre et la fabrication a suivi dans la foulée. Sur le site de Mulhouse pour les particuliers, “où on peut en fabriquer huit cents par semaine”,  à Strasbourg pour les professionnels, où l’entreprise Médivice spécialisée dans les dispositifs à vocation médicale se charge de les commercialiser. Romain Spinali dit avoir reçu des demandes de la part des Anglais et des Américains. Pour faire face au flux de commandes qui se dessine, l’entreprise a pris contact avec des partenaires locaux pour pouvoir accélérer la production. En attendant, tout est prêt pour les premières livraisons début octobre.

Coup de gueule

Face à la volonté affichée par son entreprise de trouver des débouchés dans des produits innovants, Romain Spinali déplore, à l’inverse, l’apparent désintérêt des institutionnels et des élus locaux : “Excepté l’Adira, on n’a pas eu un acteur de développement économique mulhousien ou alsacien qui s’est intéressé à ce qu’on fait et c’est triste. Ni la CCI ni aucun développeur économique ne jouent leur rôle, ils sont aux abonnés absents”.

C’est à Bâle, par exemple, que l’entreprise développe et produira prochainement ses pansements connectés.Les Suisses viennent nous chercher pour qu’on aille là-bas et ici tout le monde s’en fiche. Ce qui se passe dans les coulisses du monde économique en France est affligeant”, se désespère Romain Spinali, tout en espérant que les choses bougent parce que pour lui “l’Alsace, c’est la Californie de l’Europe”. Puisse sa fibre d’entrepreneur innovant être reconnue à sa juste valeur, c’est tout ce qu’on peut souhaiter à Romain Spinali et à l’entreprise Spinali Design.

Source FR3.

Impossible d’obtenir des test PCR de moins de 72h, les voyageurs pris en otage par des délais trop longs…!

“Moi, le tout compris, c’est fini !”, Kevin, 34 ans, doit partir en Martinique mi-octobre : impossible de reporter ou d’annuler sans tout perdre ou presque.

Un stress absolu et pas de vacances, notamment à cause des tests PCR de moins de 72h irréalisables.

Etes-vous certains de pouvoir réaliser un test PCR COVID et obtenir un résultat en moins de 72H, aujourd'hui ? mission quasi impossible en Normandie, aucune certitude, gros risque, stress et parfois grosses pertes d'argent pour les voyageurs.

“C’est le rêve d’une vie qui s’écroule !”, explique Kévin Moreau, un habitant de Besny-sur-Mer, tout près de Caen. Un sentiment d’injustice le tiraille depuis une semaine, depuis qu’il voit sur les images des journaux télévisés des gens agglutinés aux comptoir des compagnies aériennes pour embarquer vers les DOM-TOM, alors qu’ils attendent encore des résultats de tests Covid-PCR qui n’arrivent pas dans leurs boites mail, au moment prévu.
“J’ai réalisé tout seul devant ma télé que la galère s’annonçait pour nous alors que ce voyage (ndlr : il part le 20 octobre prochain en Martinique) c’est le rêve de toute une vie, et des économies sur plusieurs années pour mes parents.”

J’ai téléphoné à tous les laboratoires du Calvados : aucun ne peut s’engager ni à me donner un rendez vous 72 heures avant mon départ- un samedi à 14H- et encore moins de me fournir le résultat en 48Heures. Et c’est partout pareil alors je fais comment ?

Kévin Moreau, voyageur vers la Martinique

Une semaine qu’il retourne la situation dans tous les sens. Sans résultats.

Des tests de moins de 72H: un mirage?

Dans 4 semaines, le 20 octobre, il doit donc s’envoler d’Orly pour Fort de France avec la compagnie Corsair. Ce voyage tout compris, acheté chez Carrefour Voyages en décembre dernier, à une époque ou le Covid n’existait pas, ne prévoit pas la clause “annulation crise sanitaire. Le remboursement total n’est plus possible depuis le 14 septembre (fin de validation des demandes imposé par décret). Certes, selon les conditions générales de vente,  il peut encore tout annuler, jusqu”à 22 jours avant le jour J. “Mais Carrefour Voyages m’explique que je perds alors 50% de la somme totale soit 1600 euros.”

Je ne m’imagine pas annoncer à ma mère qui est auxilliaire de vie et qui gagne 1200 euros par mois péniblement qu’elle va perdre 1600 euros, comme ça, d’un coup. C’est des années d’économie pour eux et c’était le premier grand voyage de leur vie. Sans vous raconter notre vie, c’est aussi offrir à mon beau-père, son mari, un retour sur ses origines. Il n’y est jamais allé, faute d’argent. Le ciel nous tombe sur la tête!

Kévin Moreau, voyageur pour la Martinique

Aucune dérogation : ce test doit être de 72H maximum, heure pour heure, à l’embarquement

Depuis le 10 juillet dernier, un protocole sanitaire très strict est mis en place pour accéder aux territoires d’Outre-Mer. Et dans beaucoup de pays du monde entier. Seul les Maldives viennent d’alléger leurs obligations.

C’est deveu un véritable cauchemar pour les voyageurs. Il faut se présenter à l’embarquement avec “Un test RT-PCR de détection du Covid-19 réalisé 72h avant “, comme l’indique la compagnie Corsair sur son site internet.

Pour cela, très officiellement, Corsair annonce un partenariat avec un groupe privé regroupant 850 laboratoires.
Une réalité qui a été efficace jusque mi-août. Depuis l’engorgement est tel dans les labos, que le partenariat n’a plus de sens. Il faut ,en plus, avoir acheté son billet d’avion chez Corsair, en direct, et pas dans un packaging de voyagiste.

” Effectivement, on teste les gens qui voyagent avec nous, avec billlet acheté en direct mais ils ne sont même plus prioritaires depuis la priorisation pour les personnels de santé et les gens avec symptômes et ordonnances. C’est une règle fixée par le ministère de la Santé et les ARS. Impossible donc pour nos clients de prendre rendez-vous. Même sous les tentes que nous avons installées à Orly, il n’y a absolulent rien de garanti et l’attente est très très longue”, confie la direction du siège de la compagnie Corsair.

Dans l'organisation de la priorisation voulue par le gouvernement, les voyageurs ne sont absolument pas recensés. Et quand on sait qu'actuellement même les prioritaires attendent 5 jours, voire plus, pour recevoir le mail et le résultat du test PCR....tout devient compliqué

Dans l’organisation de la priorisation voulue par le gouvernement, les voyageurs ne sont absolument pas recensés. Et quand on sait qu’actuellement même les prioritaires attendent 5 jours, voire plus, pour recevoir le mail et le résultat du test PCR….tout devient compliqué© ARS Normandie
La DGS, la direction  générale de la Santé à Paris, nous précise également qu’aucun voyageur muni d’un titre de voyage ne peut, depuis cette mi-septembre, être considéré comme prioritaire pour un résultat en 48H dans un laboratoire ou au CHU, ni même pour un rendez-vous de prélèvement.
Sachant que les test en drive, à Caen par exemple, est désormais limités à 100 doses par jour pour maîtriser l’engorgement en aval : les chances pour Kévin se réduisent encore un peu plus et toujours aucune perspective rassurante.“D’ici mi-octobre, je peine à croire que ça va aller en s’améliorant. Les chiffres augmentent chaque semaine et la grippe va bien se rajouter là-dessus.”Corsaire confirme également que leur situation est encore plus compliquée avec ce voyage en “tout compris” vendu par un voyagiste : il  sera impossible pour Kévin s’il est bloqué à attendre son mail du laboratoire, d’embarquer dans un prochain vol, sans frais. Cette formule, là aussi, n’est proposée qu’aux achats en direct.

En résumé, si on lâche tout maintenant, on perd 1600 euros et si on prend le risque d’essayer et que nous n’avons finalement pas la preuve d’un test négatif en notre possession au comptoir de l’aéroport, on perd tout : soit 3200 euros ! Entre me couper une jambe ou un bras, je ne sais plus!

Kévin Moreau, voyageur vers la Martinique

Cette situation ubuesque vécue par des milliers de voyageurs qui veulent rejoindre les Antille ou la Réunion s’est donc aggravée ces derniers jours avec le délai des 72 H devenu un mythe.

D’autres destinations ( notamment en Afrique) sont concernées.

Des élus des Dom-Tom s’en sont émus à l’Assemblée nationale pour que la réglementation évolue, que les délais s’allongent. Même si au niveau médical, on se doute qu’ils perdront alors tout leur sens.L’incohérence commence à énerver beaucoup de monde, certains se rappellent de l’affaire des masques et des dossiers sensibles du printemps, en pleine crise sanitaire.

Le stress monte partout chez les voyageurs…et voyagistes

Moi je dois partir en février aux Antilles, j’ai engagé de l’argent dans ce voyage et quand je vois la situation aujourd’hui, je ne suis pas tranquille. Dois-je annuler? Vais-je perdre de l’argent ? La semaine dernière, une personne qui travaille dans un laboratoire de Caen me racontait que des clients ont perdu 15000 euros, comme ça. D’autres pètent les plombs dans les files d’attente dans une crise de panique.

Pierre-Marie, futur voyageur pour les Antilles

Les agences de voyage sont en première ligne. Un réseau d’agences français a lancé une pétition en ligne pour faire évoluer la réglementation  : “PCR moins de 72 h : le nouveau crash test des voyages ?”

Tout ça va nous plonger encore plus dans la crise. C’est franchement dissuasif pour tous ceux qui veulent voyager. Je suis ouverte deux heures par jour et ne gère plus que des annulations. J’ai vendu 2 voyages pour Noël, une catastrophe. On ne voit plus personne sauf pour des problèmes de remboursement. C’est un manque de cohésion total ce délai de 72H qui ne correspond à rien de réel sur le terrain. Du coup, les gens s’imagine qu’on se fait du beurre en gardant leur argent mais c’est dingue ! Notre secteur ne se remettra jamais du Covid si on ne nous facilite pas un peu les choses.

Anne-Claire ,directrice d’une agence de voyage indépendante en Normandie

Acheter son billet en direct c’est différent ?

Même si les agences de voyage s’en défendent en mettant en avant les conditions générales de vente et la responsabilité de l’acheteur, il y a tout de même une différence entre acheter une formule tout compris où on ne maîtrise pas les négociations entre la compagnie aérienne, l’hôtel et les loueurs de voiture.

Les compagnies aériennes sont très conciliantes sur les reports quand le billet a été acheté en direct sur leur site ou à leur comptoir.

” Nous reportons jusqu’en décémbre 2021 les voyages de cet automne mais si le billet a été acheté en direct“, affirme Corsair. Des accords sont passés avec certains voyagistes, également. Mais comment le client peut avoir cette information ?

Du côté de Carrefour Voyages, notre demande d’information sur les possibilités de report sans frais de tels voyages  sont encore à l’étude.
Mais, la solution doit-elle venir des voyagistes ? Beaucoup se retournent vers le gouvernement et pointent un cafouillage administratif qui rouvre les cicatrices de débats douloureux, notamment sur le port du masque.

 

Source FR3.

“On a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête” : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19…

Plusieurs Ehpad ont dû reconfiner leurs résidents après des cas positifs de Covid-19. D’autres, qui ont pour l’instant échappé à l’épidémie, redoublent de vigilance pour limiter au maximum les risques de contamination.

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”, nous explique-t-on.

"On a l'épée de Damoclès au-dessus de la tête" : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19. Archives.

Alors que le nombre de cas positifs au coronavirus augmente, certaines maisons de retraites ont été contraintes de reconfiner leurs résidents. C’est le cas par exemple à Digoin en Saône-et-Loire, où les visites sont suspendues à l’Ehpad des Opalines après la découverte d’un cluster. On y déplore deux décès et trois personnes hospitalisées. La campagne de dépistage engagée sur place a mis en évidence la contamination de 15 résidents sur 39. Lors de la première vague de l’épidémie, cet Ehpad comme les deux autres de la commune avaient été épargnés par le coronavirus.

À Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes, dans l’Yonne, le coronavirus est pour l’instant resté à la porte de l’Ehpad Bois-Lancy. C’est là où, au plus fort de l’épidémie, le personnel avait décidé de se confiner volontairement avec les 72 résidents. “En date du 29 mars, on a constitué deux équipes. La première est restée quinze jours à dormir avec les résidents de l’établissement. Et la deuxième équipe a pris le relais sur la deuxième quinzaine”, raconte Sonia Vast, la directrice. “On a eu quasiment 70% du personnel qui est resté confiné. C’était essentiellement des infirmières, des aides-soignantes et puis un membre de la direction dans chaque équipe”.

Quand on a eu le pic de l’épidémie en France, nous étions relativement protégés parce qu’on vivait en autarcie avec les résidents dans la structure.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”

Depuis, le confinement a été levé et les portes de l’établissement icaunais ont pu rouvrir en juin. Mais des consignes strictes ont été mises en place. Outre le port du masque et le lavage des mains, les visiteurs doivent venir sur rendez-vous et il ne leur est pas possible d’aller en chambre. “On a aménagé deux salons à l’entrée du bâtiment, ça nous permet de nous assurer que les mesures barrières sont bien respectées, que le port du masque est bien maintenu”, détaille la directrice. Après le départ des visiteurs, le mobilier est entièrement désinfecté.

Depuis le mois de juin, le protocole n’a pas changé. Il n’est pas question pour l’instant de restreindre les visites. “Tant qu’on n’aura pas la recommandation de fermer les portes, je laisse les visites comme elles le sont aujourd’hui. C’est quand même important que les résidents aient une vie familiale. L’année est compliquée”, indique Sonia Vast. “Les personnes qui viennent visiter sont très sérieuses et ont bien pris en considération tout l’engagement que nous avions pris d’avoir dormi sur site.”

Je ne sais pas comment les semaines à venir vont se dérouler. Les équipes sont formées. Si on devait refermer de nouveau, on est prêt. On est capable de réagir en l’espace de quelques minutes.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

À Dijon, à l’Ehpad Les Cassissines, un petit tour de vis a été donné le 9 septembre. Alors que la visite en chambre était possible pendant quelques temps, il faut désormais se contenter des espaces communs. “De nombreux dysfonctionnements ont été constatés”, justifie Lorène Badet, la directrice de l’établissement qui appartient au groupe Korian.

Les horaires de visite ont cependant été élargis. Avant le 9 septembre, c’était possible de 14 à 17h en semaine et de 14h à 16h le week-end. Désormais, les visiteurs peuvent venir entre 13h et 18h tous les jours. “Le but est vraiment de garder la liberté des résidents et des familles, tout en maintenant la prévention et en les protégeant du Covid”, ajoute Lorène Badet.

Les sorties temporaires des résidents sont déconseillées. “Si toutefois les familles voulaient sortir leur résident, elles le pourront. Cependant il sera considéré à son retour comme un nouvel arrivant. Donc il aura un dépistage à son arrivée, un autre cinq jours après et il sera mis en confinement en chambre sept jours”, explique la directrice.

On ne sait pas ce qu’il se passe à l’extérieur, c’est beaucoup trop dangereux. Les chiffres montent, on le voit. On ne peut pas prendre de risque pour un résident et mettre en danger 86 résidents et nos salariés.

Lorène Badet, directrice d’Ehpad

“On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête”

Port du masque, lavage des mains, signature d’un registre et d’une charte par les visiteurs et prise de température : les mesures sont strictes mais elles sont là pour éviter un reconfinement. “Je n’espère pas en arriver là. Ce serait dramatique pour tout le monde. Aussi bien pour nos résidents, que pour les familles ou pour nos salariés. On y pense. On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais c’est vraiment en faisant de la prévention auprès des familles, auprès des résidents, qu’on arrivera à garder le virus à l’extérieur”, indique Lorène Badet. Pour l’instant, l’établissement dijonnais n’a subi aucune contamination au Covid-19.

Dans plusieurs métropoles, les contraintes sanitaires sont durcies. À Lyon, les visites ont été réduites à deux personnes par résident et par semaine. À Marseille, la limite est fixe à deux visites par jour. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a lui choisi de stopper toute visite dans les Ehpad municipaux.

Le président de la République Emmanuel Macron a assuré mardi 22 septembre ne pas vouloir “isoler à nouveau nos aînés”, lors d’une visite dans un Ehpad du Loir-et-Cher. Il a promis une loi “ambitieuse”, au début de l’année prochaine, pour répondre aux difficultés du secteur.

“Nous allons accompagner les responsables d’établissements pour que des règles soient édictées qui permettent justement une réaction proportionnée” face à l’épidémie, a déclaré le président à l’issue de sa visite. Il faut permettre aux personnes âgées de “continuer à voir la famille, celles et ceux qu’on aime, et continuer à avoir […] un minimum d’activité, de continuer à avoir des interactions parce que c’est aussi cela la vie”, a-t-il poursuivi.

Source FR3.

Covid-19 : le bilan à l’Ehpad de Sévérac d’Aveyron est désormais de seize morts…!

Selon l’Agence régionale de santé, “la situation commence à se stabiliser”.

L'Ehpad de Severac d\'Aveyron (Aveyron), le 14 septembre 2020.

Seize résidents sur les 75 que compte l’Ehpad Gloriande de Séverac d’Aveyron sont morts du Covid-19 depuis le début du mois de septembre, annonce vendredi 25 septembre l’Agence régionale de santé d’Occitanie. “La situation commence à se stabiliser. Les personnes les plus fragiles, des personnes en fin de vie, sont décédées”, a relevé le responsable de l’ARS dans l’Aveyron, Benjamin Arnal.

Plus aucun résident de cet Ehpad n’est hospitalisé pour cause de Covid-19. Début septembre, des symptômes de la maladie sont apparus chez plusieurs résidents et salariés. Les tests réalisés les jours suivants avaient révélé une infection massive.

Seulement 16 occupants de l’établissement n’avaient pas été infectés par le virus. La plupart d’entre eux ont été placés dans une “unité protégée” de l’Ehpad, séparés du reste des résidents porteurs du virus.

Source FRANCE INFO.

Coronavirus à Bordeaux : « Les étudiants représentent une population fragile à risque », estime un chercheur…!

Le professeur d’épidémiologie de l’université de Bordeaux, Christophe Tzourio, explique les enjeux d’une étude menée depuis le printemps dernier sur les effets du confinement et de l’épidémie de Covid-19 sur la santé des étudiants.

Coronavirus à Bordeaux : « Les étudiants représentent une population fragile à risque », estime un chercheur

  • Une étude a été lancée au printemps sur les conséquences du confinement et de l’épidémie de Covid-19 sur la santé mentale des étudiants.
  • Elle va se poursuivre jusqu’au printemps 2021 mais les premiers résultats montrent que les indicateurs de santé mentale des étudiants sont dégradés par rapport aux non-étudiants.
  • Vivant des périodes marquées par de grands changements et à un âge où ils ont besoin de relations sociales, les étudiants sont considérés comme particulièrement vulnérables.

Christophe Tzourio, professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux, coordonne l’étude I.share, qui suit différents aspects de la santé des étudiants sur dix ans. En parallèle, il collabore sur un an à l’étude Confins, qui s’intéresse aux effets spécifiques de l’épidémie de Covid-19 sur leur santé mentale.

Quel est l’objet de cette collaboration d’I. share à l’étude Confins, qui s’intéresse aux effets de l’épidémie sur la santé des Français ?

Avec cette étude, on veut connaître les répercussions psychologiques de l’épidémie et du confinement sur la santé mentale des étudiants. Les aspects infectieux, on les connaît et on les maîtrise plus ou moins bien, mais par contre, ce qu’on a appris aussi des épidémies antérieures comme le SRAS, c’est qu’elles s’accompagnent de conséquences psychologiques qui peuvent être redoutables.

Il y a la peur de l’épidémie en elle-même, qui touche tout le monde, l’appréhension des conséquences économiques mais aussi l’isolement social. Il a été extrême lors du confinement mais il reste d’actualité car la distanciation des liens sociaux continue alors que l’épidémie repart. On veut savoir quelles sont les conséquences sur la santé mentale des étudiants et les comparer à un public non étudiant.

Comment a été réalisée cette étude ?

On a commencé pendant le confinement en recrutant sur les réseaux sociaux quelque 2.000 étudiants et 3.500 participants au total. Les non-étudiants, s’ils sont plus âgés que les étudiants, présentent des caractéristiques comparables : par exemple, il y a le même pourcentage de femmes et ils partagent les mêmes représentations sur l’épidémie. Ce sont des groupes comparables et on constate que les indicateurs de santé mentale sont plus dégradés chez les étudiants. Ces derniers représentent une population fragile à risque au moment de cette épidémie et demandent une attention particulière.

Quels sont les chiffres marquants que vous retenez à ce stade de l’étude ?

Avec nos échelles classiques, on observe qu’en termes de fréquence, il y a presque deux fois plus d’étudiants que de non étudiants, stressés, déprimés, anxieux, ce qui est absolument considérable. Et, si on fait appel à des modèles un peu plus sophistiqués (appelés multivariés), les étudiants ont 50 à 70 % de risques supplémentaires d’avoir des symptômes anxieux ou dépressifs élevés. Ce sont des chiffres importants qui montrent que c’est une population fragile. Et les perturbations continuent actuellement, tout est encore haché.

Pourquoi le public étudiant est-il particulièrement fragile ?

Au tout début de la carrière universitaire, c’est un bouleversement très important. Les étudiants sortent d’un environnement familial enveloppant et se retrouvent dans un milieu très différent, avec des milliers d’étudiants. Tout est nouveau, et il y a du positif là-dedans bien sûr, mais cela crée de multiples ruptures difficiles à gérer. Les études sont difficiles et ils comprennent rapidement que leurs diplômes, s’ils vont les aider, ne suffiront sûrement pas pour trouver un travail. C’est aussi une époque où ils peuvent découvrir le binge drinking et différentes drogues. Pour la plupart cette période est simplement une étape mais d’autres peuvent basculer vers des pathologies psychiatriques.

On sous-estime le mal-être de cette catégorie de la population ?

On considère que c’est le plus bel âge de la vie, que les étudiants sont libres et qu’ils n’ont pas de problème de santé. Les « sachants » sous-estiment la tension qu’ils vivent et qui n’était pas la même il y a 10 ou 20 ans. Décrits comme insouciants et fêtards, la plupart ont pourtant pris l’épidémie très au sérieux. Pendant le confinement, certains ne profitaient même pas de l’heure de sortie autorisée et c’était les copains qui leur amenaient des sacs de courses. Ils entendent les messages sanitaires mais ce sont des êtres beaucoup plus sociaux qui ont besoin (physiquement) de se retrouver, de se voir. Il y a eu un relâchement, certes, mais parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement.

Comment accompagner les étudiants dans ce contexte ?

A l’université de Bordeaux, on est très attentifs et convaincus qu’ il faut être plus empathique dans nos actions. On réfléchit, par exemple, dans le cadre de la cellule Covid, dont je suis le référent, à un système de parrainage. Certains experts disent que la vraie épidémie sera une épidémie de maladies mentales, mais elle est décalée, moins perceptible et les gens sont moins vigilants là-dessus. En tout cas, le plus tôt on envoie des messages et on met en œuvre des actions de vigilance, et plus facilement on passera ce cap-là.

Source 20 MINUTES.

ENTRETIEN. Pendant le confinement, le secteur de l’emploi à domicile « a été résilient »…

Si 70 % des particuliers se sont passés de services à domicile pendant le confinement, l’activité a tout de même bien résisté.

Pour accompagner le rebond du secteur, les professionnels demandent notamment l’accélération de la mise en place du crédit d’impôt immédiat.

83 % des assistants de vie auprès de personnes âgées ou en situation de handicap ont continué à travailler pendant le confinement, selon un sondage Ipsos.

Une étude Ipsos commandée par la Fédération des employeurs particuliers (Fepem) montre la résistance de l’emploi à domicile pendant la crise, et ce malgré l’arrêt de nombreux services à domicile pendant le confinement. Entretien avec Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fepem, qui représente 3,4 millions de particuliers employant à domicile plus de 1,4 million de salariés.

Quelles conséquences a eu le confinement pour les employés à domicile ?

Nous avons obtenu d’entrer dans un dispositif d’activité partielle, ce qui a permis une poursuite de l’activité. Selon l’enquête Ipsos commandée par la Fepem, 62 % des particuliers employeurs y ont eu recours, et la moitié des salariés ont poursuivi leur activité pendant le confinement. Surtout des assistants de vie aux personnes âgées ou en situation de handicap, notamment grâce au dispositif de mise à disposition gratuite de masques pour ces salariés. Nous demandons d’ailleurs le maintien de ce dispositif au-delà du 30 septembre, pendant au moins un trimestre.

Comment se porte le secteur

Le secteur a été résilient pour les salariés. Dès le mois de juillet, il n’y avait plus d’activité partielle dans notre secteur. Aujourd’hui, les premières tendances montrent un retour à la normale pour de très nombreux particuliers employeurs.

Où en est la mise en place du crédit d’impôt immédiat, qui permettrait aux employeurs de bénéficier du crédit dès le paiement du salaire ?

L’expérimentation démarre en septembre, dans le Nord et à Paris. Mon objectif, c’est qu’en janvier 2022, le crédit d’impôt immédiat soit efficient. Ce serait un signal très fort qu’avant la fin de cette mandature, comme s’y était engagé le président de la République, le crédit d’impôt immédiat soit le levier pour éviter l’avance de trésorerie et permettre à encore plus de ménages d’avoir accès au dispositif. Nous tenons à être intégrés dans le plan de relance, car c’est un des secteurs qui va être capable de créer le plus d’emplois.

Que pensez-vous du rapport de Laurent Vachey sur les pistes de financement de la dépendance, qui propose notamment de réduire le montant des crédits d’impôt ?

Il est contre-productif dans le contexte actuel. Pour moi, le financement de la cinquième branche mériterait quelque chose de plus engageant. J’ai été très déçue des propositions du rapport, pour lequel je n’ai pas été auditionnée malgré mes demandes. Il y a un risque réel de créer de la méfiance, de l’inquiétude, dans un secteur qui concerne tout de même 5 millions de Français. Ce genre d’alerte peut être extrêmement destructeur, alors que l’emploi dans notre secteur repose sur la confiance.

Source OUEST FRANCE.

Isolement en Ehpad : “Il faut que les familles des résidents en France se révoltent”, estime un médecin…!

Alors qu’Emmanuel Macron a appelé ce mardi à ne pas “isoler nos aînés”, Marcellin Meunier, ancien médecin coordinateur en Ehpad juge “indigne” la limitation des visites aux résidents dans certaines villes.

Un Ehpad de Ploudalmezeau (Finistère), le 7 août 2020. Photo d'illustration.

“Nous ne souhaitons pas, collectivement, isoler à nouveau nos aînés”, a affirmé Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans un Ehpad du Loir-et-Cher.“Il faut que les familles des résidents en France se révoltent”, a réagi sur franceinfo le docteur Marcellin Meunier, ancien médecin coordinateur en Ehpad en Vendée, démissionnaire en juin dernier pour protester contre le manque de moyens. “Il y a certains Ehpads qui se sont transformés en établissements pénitentiaires”, juge-t-il. 

franceinfo : Le chef de l’Etat a-t’il raison de ne pas vouloir “isoler à nouveau nos aînés”, comme ce fut le cas lors du confinement ?

Marcellin Meunier : Oui. Est-ce que l’on veut que nos aïeux meurent en bonne santé, c’est à dire indemnes du Covid, ou est-ce que l’on veut qu’ils puissent vivre en voyant leurs proches, leurs amis, qu’ils puissent avoir leurs activités ? C’est la seule raison qu’ils ont de vivre. J’ai vu tant de gens qui sont tombés dans la déprime, qui ont présenté des complications psychologiques et physiques en rapport avec le déconfinement. C’est une grande tristesse ce qui se passe en France ces dernières semaines.

Est-ce qu’aujourd’hui, les moyens sont là, est-ce que le personnel n’est pas trop épuisé, alors que l’épidémie de coronavirus semble repartir avec 121 clusters déjà détectés dans différents Ehpad de France ?

On part de très bas. La situation en France est bien, bien pire que dans les autres pays. L’OCDE, en juillet dernier, a sorti un rapport qui mettait en évidence le fait qu’en France, on a un ratio de 2,5 soignants pour 100 personnes de plus de 65 ans, contre une moyenne de 5 soignants dans les pays de l’OCDE. Et donc, il faudrait déjà rattraper la moyenne des pays comparables à la France pour partir à égalité. On parle de très loin avec du personnel épuisé, non reconnu financièrement et dans la formation, la progression de carrière.

“Quelle tristesse de traiter des anciens comme des prisonniers alors qu’ils n’ont rien commis.” Marcellin Meunier à france info.

Il y a certains Ehpad qui se sont transformés en établissements pénitentiaires. J’ai des patients qui ont survécu, dans trois mètres sur trois mètres pendant six semaines, sans sortir, sans aller dans les espaces communs. Qu’est-ce qu’ils ont fait, ces gens à qui on appliquerait cette sanction, cette punition alors qu’ils ne peuvent rien dire ? Je trouve ça hautement indigne.

Dans plusieurs métropoles, les contraintes sanitaires se sont durcies, les visites réduites à deux personnes à Lyon, à Marseille, par exemple. Et à Nice, le maire Christian Estrosi a même stoppé les visites dans les Ehpad municipaux. Qu’en pensez-vous ?

Franchement, si on avait du personnel en nombre, plutôt que d’enfermer des personnes avec les précautions d’usage, avec du personnel protégé, on pourrait les promener individuellement dans les parcs et dans les stades. On pourrait les faire sortir, à trois mètres de distance, pour permettre de voir leurs familles en extérieur ou dans des grands espaces aérés. Il y a possibilité de ne pas transformer à nouveau les Ehpad en prison. Ce n’est pas possible. Il faut que les familles des résidents en France se révoltent. Traiter leurs anciens de cette façon avec Covid ou sans Covid, c’est indigne. Ça n’est pas possible. On n’a rien à leur reprocher. On ne doit pas leur infliger de telles peines.

La protection des personnes âgées sera évoquée lors du prochain conseil de défense. Quelles décisions faut-il prendre pour protéger au maximum, dans cette période, nos aînés ?

Il faut les protéger, mais il faut leur permettre de vivre. C’est l’équilibre dont parlait monsieur le Président, qu’il faut trouver. Il faut un véritable équilibre qui leur permette de vivre, d’espérer vivre et d’espérer la vie et de profiter de la vie. Les derniers moments qu’ils leur restent, qui consistent à voir les gens qu’ils aiment, le peu de personne qu’ils aiment. Ils ont perdu leurs amis, ils ont perdu leur travail, ils ont perdu beaucoup de leurs congénères et leurs familles. Le peu de visites qu’ils ont, il faut préserver ce lien social. Il est vital pour eux.

Source FRANCE INFO.

«Des situations rocambolesques» : des travailleurs sourds et malentendants racontent leur quotidien avec le masque…!

Obligatoire dans les lieux collectifs clos depuis le 1er septembre, le port du masque représente une difficulté supplémentaire pour les travailleurs sourds et malentendants.

À paris, le masque est obligatoire en extérieur comme dans les bureaux.

«J’ai été prise de court.» Nathalie*, sourde de naissance, redoute son retour dans son entreprise depuis que le gouvernement a annoncé pendant ses congés que le port du masque était rendu obligatoire dans les locaux fermés à partir du 1er septembre. Une mesure mise en place par son employeur dès le 24 août.

Cela fait en effet une semaine que le gouvernement a publié le nouveau protocole sanitaire qui établit les différentes règles à suivre en entreprise. Concrètement, tous les employés se trouvent dans l’obligation de porter un masque lorsqu’ils se déplacent dans l’enceinte des locaux de l’entreprise, mais aussi lorsqu’ils sont installés à leur bureau. Une situation inédite, génératrice d’inconfort pour tous les salariés, mais qui constitue surtout un véritable rempart à la communication pour les travailleurs sourds et malentendants. «Avant, mes collègues baissaient les masques, en réunion également, avec plus ou moins la distanciation respectée (…) Je me demande comment je vais faire pour les réunions… Mais s’il est impossible de lire sur les lèvres, la question ne se posera plus», poursuit Nathalie, fataliste.

Son entreprise travaille à corriger cette problématique avec des masques transparents, mais cette alternative aux masques grand public montre certaines limites. «J’ai appris que ma manager avait pris contact avec le médecin du travail (…) ; elles ont passé une commande de deux masques transparents pour tester. Étant encore en congés, ma manager a envoyé une vidéo de test. Test peu concluant à cause des reflets, mais pour donner un vrai avis, il faudra attendre que je sois sur site !» Un résultat en demi-teinte, donc, qui a révélé une autre contrainte, selon Nathalie. «Ce qui m’inquiète le plus, c’est que ma manager a trouvé les masques très inconfortables à porter et qu’elle ne se voit pas les porter plus de 30 min.»

Dans l’entreprise d’Antoine*, sourd de naissance, la question des masques a été anticipée dès le début du mois de juin. Contacté par Le Figaro, ce cadre explique que son entreprise a commandé un lot de masques transparents pour ses salariés mais que la commande n’a toujours pas été livrée. «Le besoin en masques transparents a été anticipé très tôt en juin, de façon remarquable, mais le fait que ce soit nouveau fait que la commande tarde à arriver. C’est frustrant également pour mes collègues qui ont souhaité que je commande des masques transparents de mon côté pour aller plus vite, sauf que nous nous heurtons aux mêmes problèmes de délai que les commandes en grandes quantités…»

Bien qu’il n’ait pas encore essayé ces masques, Antoine redoute également des problèmes de reflets et de confort pour ses collègues. «On manque encore de recul sur l’efficacité des masques transparents par rapport à la buée, les reflets et le confort pour la personne entendante qui le porte et pour laquelle nous pouvons avoir de l’empathie !».

Les entreprises cherchent des alternatives

Pour pallier l’absence de masques transparents et anticiper de potentielles gênes quant à leur future utilisation (buée, confort…), les entreprises explorent d’autres pistes en attendant de réelles solutions.

L’employeur de Chloé*, n’a pas eu à trop réfléchir à la question. Cette cadre dans une grande entreprise, sourde de naissance, a opté pour le télétravail à plein temps. «Depuis le début du confinement je télétravaille, bien équipée, avec des aménagements en visio-interprétation, vélotypie ou bien par lecture labiale en face-à-face virtuel. J’anime des réunions, des webinars, des brainstormings sans de trop grandes difficultés.» De cette expérience, elle retire un enseignement contre-intuitif : «L’avantage du télétravail, c’est que personne ne porte un masque, ce qui rend presque intacte la communication non verbale.»

Même solution pour Antoine, qui a été autorisé par son entreprise à rester davantage en télétravail. «Mes collègues sont à l’écoute et me laissent l’opportunité de continuer à pleinement télétravailler tant que la situation des masques transparents n’est pas réglée.» Pour les réunions de travail, il faut donc s’organiser, puisque ses collègues sont obligés d’être seuls dans une pièce pour pouvoir retirer leur masque et ainsi permettre à Antoine de suivre la conversation. «Cela peut amener à des situations rocambolesques, comme obliger mes collègues sur site à faire la réunion chacun de leur côté dans une pièce close afin qu’ils puissent enlever leur masque !» plaisante-t-il.

Mais sur le long terme, le télétravail n’est pas la solution idéale non plus. «C’est tout de même un peu frustrant de ne pas être sur place dans les moments informels qui participent aussi à la vie d’entreprise, surtout avec de nouveaux collègues.» confie Antoine. Un sentiment partagé par Chloé, qui se trouve un peu isolée de ses collègues : «le lien social fait défaut si l’on ne pense pas à me contacter, un peu comme se croiser dans le couloir et discuter.»

Les indépendants aussi…

Marie* est chirurgien-dentiste pédiatrique, sourde de naissance, appareillée et implantée. La lecture labiale lui est habituellement d’une grande utilité au quotidien car son audition seule ne lui permet pas de différencier tous les sons, ce qui peut engendrer des confusions et de la fatigue.

«Actuellement, à cause de la pandémie, les accompagnants de mes patients portent le masque au cabinet tandis que les enfants que je soigne ne le portent évidemment pas. Au début d’une consultation, je prends toujours le temps de discuter avec les parents/accompagnants et leur enfant, je n’ai donc «que» mon audition imparfaite pour comprendre ce qu’ils me disent. Je fais donc répéter presque toutes les phrases, surtout en fin de journée et de semaine, où l’accumulation de fatigue empire la situation», explique-t-elle.

Pour Marie, le port du masque ne provoque pas seulement des problèmes de communication. Ne pas pouvoir observer le visage des parents peut la priver de nombreuses informations médicales. «Le type de visage des parents peut m’orienter vers un type de croissance du visage qu’aura l’enfant, et ses incidences (besoin d’un appareillage orthodontique interceptif par exemple)».

Pour y remédier, Marie ne compte pas fournir des masques transparents à ses patients, car le coût engendré serait trop élevé. Elle ne songe pas non plus à leur demander de s’en procurer, car ces masques sont chers et ne se trouvent pas partout.

Elle envisage plutôt d’installer une vitre à son bureau pour pouvoir demander à ses patients de retirer leur masque en toute sécurité. «Une vitre en plexiglas sera installée à mon bureau afin que je puisse demander à mes patients de quitter leur masque. Je réfléchis encore à d’autres aménagements “covid-responsables”. Je vais également diminuer mes heures de travail de 3 heures environ pour garder de l’énergie», conclut-elle.

Si la vitre en plexiglas est une solution qui correspond bien à l’activité à petite échelle de Marie, elle ne convient pas aux grosses structures dans lesquelles évoluent Nathalie, Antoine et Chloé. Nathalie estime qu’il faudrait des dérogations pour que les interlocuteurs des personnes sourdes puissent retirer leur masque, tout en respectant la distanciation sociale. «On fait des exceptions pour les chanteurs d’opéra mais pas pour les personnes sourdes. Or je suis sûre que nous sommes plus nombreux !» plaisante-t-elle.

*Les prénoms ont été modifiés

Source LE FIGARO.