Glyphosate : l’étude des risques sanitaires bat de l’aile …!

Le consortium scientifique choisi pour étudier la nocivité sur la santé de l’herbicide a jeté l’éponge.

L’autorisation de mise sur le marché du glyphosate doit être renouvelée en 2022.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ne financera qu’une étude, celle du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dont les positions ne sont pas favorables au glyphosate depuis 2015.

Saisie en 2018 pour évaluer les données disponibles sur le glyphosate et sa toxicité, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a lancé un appel d’offres pour une étude complémentaire. Problème : des associations, élus et chercheurs sous couvert d’anonymat évoquent un risque de collusion et de favoritisme après le choix d’un consortium chapeauté par l’Institut Pasteur de Lille. Face aux levées de boucliers, plusieurs laboratoires ont annoncé leur retrait jeudi.

Missionnée par l’Europe

La France, via l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), est missionnée avec trois autres États membres par l’Union Européenne pour évaluer la substance active du glyphosate, ce qui servira de base à la décision de prolongement ou non de l’autorisation de mise sur le marché européen qui interviendra en décembre 2022. L’Anses doit également étudier sa toxicité en produisant des données supplémentaires.

C’est là qu’intervient un appel d’offres pour un financement total d’1,2 million d’euros. Le consortium emmené par l’Institut Pasteur de Lille (IPL) décroche la timbale. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), basé à Lyon, obtient, lui, de mener pour 200 000 € une étude complémentaire à celle menée dans le cahier des charges.

La procédure aurait pu suivre son cours. Jeudi, coup de théâtre. L’Anses annonce dans un communiqué : « La sélection de certaines équipes ayant fait l’objet de critiques, l’Agence annonce ce jour le retrait du consortium de sept laboratoires sélectionné en avril dernier, les conditions de sérénité et de confiance nécessaires à la prise en compte de ces études […] n’étant plus réunies »

Accusation de conflits d’intérêts

La députée Delphine Batho avait interpellé, le 9 juin, le gouvernement sur les conditions de désignation du consortium. Premier coup de semonce. Le 17 juin, alerté par un collectif de chercheurs souhaitant rester anonymes, Le Monde chargeait également l’Anses, remettant en question sa déontologie.

Dans son édition du vendredi 24 juillet, Libération relevait aussi au minimum des accointances entre Fabrice Nesslany, l’un des experts retenu pour la rédaction du cahier des charges de l’appel d’offres, et des multinationales du phytosanitaire.

« Comme le fait classiquement l’Anses, nous avons pris certains experts qui avaient déjà siégé dans nos comités. Nous avons un groupe de travail sur la toxicologie qui avait déjà travaillé sur le glyphosate, que nous avons sollicité. […] Les cinq experts, trois Français et deux étrangers, sont des référents très connus dans le monde de la toxicologie. Leur rapport, en juillet 2019, n’a fait l’objet d’aucune critique ni d’aucun commentaire » à sa publication. Ce rapport demandait ainsi la mise en place de tests très précis pour obtenir des données qui pourraient être opposables aux industriels.

Choisir le standard supérieur

Outre les accusations de conflits d’intérêts, certaines données de l’appel d’offres, tel le fait d’inclure une certification « Bonnes pratiques de laboratoires », auraient favorisé, selon les détracteurs du consortium, le service de génotoxicologie de Fabrice Nesslany à l’Institut Pasteur de Lille.

L’Anses n’a pu que constater le retrait de sept laboratoires censés mener une vaste étude sur le glyphosate.

« Les conclusions de cette étude doivent être présentées à l’Union Européenne. Je comprends que le cahier des charges ait choisi un standard supérieur sur un sujet qui déchaîne autant de passion, s’offusque Xavier Nassif, directeur général de l’Institut Pasteur de Lille (IPL). Nous sommes une fondation scientifique. Si nous avons répondu à l’appel d’offres, c’est avant tout pour aider le débat public. Mais dès lors que notre impartialité est remise en cause, travailler dans la sérénité n’était plus possible. Les études étaient discréditées avant même qu’elles commencent ! Quel qu’aurait été le résultat, on aurait travaillé pour rien alors qu’on avait le projet le plus abouti. »

Cela aurait donc motivé le retrait. Accentué par le fait que « l’IPL n’avait ici qu’un intérêt limité. Pour la simple et bonne raison que le financement de l’Anses suffisait à peine à couvrir les coûts du projet déposé ».

Le directeur général de l’IPL se défend d’avoir reçu des pressions d’où qu’elles viennent. Et balaie l’argument de favoritisme : « L’Anses a fait appel à six experts reconnus sur ce dossier pour bâtir son cahier des charges. C’est un nombre suffisant sachant qu’on n’a qu’un nombre limité d’experts possibles en France. »

Un avis partagé par le directeur général de l’Anses, Roger Genet, lors de son audition devant la mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, qui s’est tenue jeudi matin : « Le vivier d’experts et de laboratoires en toxicologie est extrêmement réduit en France. Nous aurions pu choisir nous-même les laboratoires, comme nous le faisons parfois. Mais nous avons préféré lancer un appel d’offres au niveau international pour élargir ce vivier. »

« Liés à des membres du groupe d’étude »

Le nombre de réponses à l’appel d’offres, bien que rédigé en anglais et diffusé à l’international, est décevant : seulement quatre projets, dont deux consortiums comptant dans leurs rangs au moins un des experts ayant participé à la rédaction de l’appel d’offres.

« On s’est retrouvé dans une situation que l’on regrette : les deux consortiums étaient liés à des membres du groupe d’étude. Et un seul répondait clairement à la commande. […] Ça a donc été un choix par défaut. » Celui mené par l’IPL.

L’Anses dit se trouver régulièrement dans ce genre de situation. L’agence avait poussé la volonté de transparence jusqu’à demander une déclaration d’intérêt aux porteurs de projets. « Ce n’est pas ce que l’on fait habituellement en France. » Et cela pour contrôler d’éventuels liens avec l’industrie phytosanitaire. « Il n’y a aucun lien majeur et encore moins de lien d’intérêt entre ces consortiums et l’industrie phytosanitaire, réaffirme Roger Genet, contrairement à ce que relève Libération. Et ce ne sont pas eux qui sont financés mais leurs laboratoires qui sont en capacité de produire les données recherchées. »

Différence entre lien d’intérêt et conflit d’intérêts

Le directeur de l’Anses regrette les « attaques ad hominem contre des experts, y compris sur leur intégrité et leur déontologie, et qui n’osent pas porter plainte pour diffamation ».

Et le directeur général de l’Anses de contre-attaquer : « Il y a souvent une confusion, plus ou moins sciemment entretenue, entre lien d’intérêt et conflits d’intérêts. Si on cherche un expert qui n’a jamais été en contact avec un industriel, qui n’a jamais participé à un congrès sponsorisé par un industriel, mais on n’aura plus aucun expert, aucun scientifique. On se tire une balle dans le pied alors que, [en France] on est déjà beaucoup plus exigeant que nos voisins européens. On a des plateformes scientifiques ouvertes aux secteurs industriels. Le sponsoring, le mécénat alimentent la recherche publique, les fondations. Cela veut donc dire que plus aucun laboratoire ne pourrait contribuer à l’expertise publique ? »

Comité de déontologie de l’Anses

En ce qui concerne le comité de déontologie de l’Anses, qui aurait démissionné pour conflit avec la direction de l’agence, Roger Genet est très clair : « Il n’y a pas eu de contradiction avec l’agence. » Son président l’aurait informé en janvier qu’il ne souhaitait pas continuer en raison d’un surcroît de travail de son côté.

Les dissensions au sein d’un comité de déontologie « peuvent exister » mais « elles traduisent les questions, les disputes de la société, sur les pesticides comme sur d’autres. Il peut y avoir des tensions ». Ce comité serait en cours de reconstitution puisque les quatre membres manquants ont été sélectionnés et attendent leur nomination par le gouvernement.

Avec le retrait du consortium, il ne reste donc plus dans la barque de l’Anses que le Circ, dont la position sur le glyphosate depuis 2015 est qu’il serait cancérigène : en contradiction avec les avis des différentes agences sanitaires européennes. Cela ne laisse donc qu’une seule voix au chapitre sur ce dossier. Dommage.

Source OUEST FRANCE.

NASH : la maladie du soda ou maladie du foie gras humain….!!!!

La NASH est un acronyme anglais pour désigner une stéato-hépatite non alcoolique.

Elle est aussi appelée maladie du soda ou maladie du foie gras humain.

NASH : la maladie du soda ou maladie du foie gras humain

La maladie du soda était une pathologie inconnue du grand public jusqu’à ce que le journaliste sportif Pierre Ménès révèle qu’il en était atteint au début de l’année 2017.

Le vrai nom de cette maladie est la NASH, un acronyme anglais pour désigner une stéato-hépatite non alcoolique. Il s’agit d’une inflammation du foie liée à une surcharge de graisse de cet organe. En cause : une mauvaise alimentation et une consommation excessive de sucres, d’où son surnom de “maladie du soda” ou encore de “maladie du foie gras“.

Dans la NASH, l’accumulation de graisses – appelée stéatose – dans le foie s’accompagne d’inflammation et de lésions cellulaires identiques à celles causées par une hépatite alcoolique. Pourtant, l’alcool n’est pas à mettre en cause. Cette maladie survient chez des personnes souffrant d’obésité, de diabète ou d’hypertension artérielle. Environ un malade sur cinq atteint de NASH développe à terme une cirrhose et un risque potentiel de cancer du foie.

La difficulté de cette maladie, c’est qu’elle n’engendre pas de symptômes propres. Et quand les premiers signes comme la fatigue, la jaunisse, les oedèmes ou les hémorragies digestives apparaissent, il est souvent trop tard. La NASH est déjà installée.

Les prises de sang, l’imagerie… permettent de repérer les anomalies dans le foie. Mais ces examens ne suffisent pas à établir le diagnostic de NASH. Le seul moyen efficace de diagnostiquer la maladie est la biopsie hépatique.

NASH : une maladie sans traitement

Aujourd’hui, aucun traitement n’existe pour soigner la maladie du soda. Même si une quarantaine de molécules sont évaluées dans le cadre d’essais thérapeutiques. L’une d’elle pourrait être commercialisée d’ici 2020.

En attendant, seule une activité physique régulière et un régime hypocalorique empêchent la maladie de progresser. Des consignes simples mais pas toujours évidentes à suivre.

La stéatose hépatique non alcoolique ou NASH, ou “maladie du soda” causée par une surcharge en graisses des cellules du foie, entraîne des anomalies hépatiques qui, dans certains cas, peuvent donner lieu à des cirrhoses et nécessiter une transplantation du foie.

Pierre Ménès a été victime de cette maladie. Greffé du foie et du rein, il raconte son combat dans son livre intitulé “Deuxième mi-temps. Témoignage” (ed. Kero). Il était l’invité du Magazine de la santé le 13 avril 2017.

Source ALLO DOCTEURS.

Cancer du sein triple négatif… ?

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Quelles sont ses particularités ?

Cancer du sein triple négatif... ?

Qu’est-ce qu’un cancer du sein triple négatif ? Quelles sont ses particularités ?

L’expression « triple négatif » signifie que l’analyse faite au laboratoire sur une biopsie ou après ablation de la tumeur mammaire montre que les cellules tumorales ne surexpriment ni des récepteurs aux hormones œstrogènes et progestérones ni le récepteur HER2. On parle aussi de carcinomes mammaires infiltrant « triple négatif », ce qui signifie que les cellules tumorales ont envahi le tissu mammaire en profondeur : elles peuvent rester localisées au sein et aux ganglions de l’aisselle, ou entraîner une dissémination à d’autres organes, on parle alors de métastases. Par rapport aux autres tumeurs du sein, les métastases concernent plus fréquemment le foie et le poumon du fait de leur plus grande diffusion via la circulation sanguine que via le système lymphatique. Les cancers du sein triple négatifs sont donc généralement plus graves que les autres formes de cancers du sein. Le cancer du sein triple négatif compte pour environ 12 à 17 % de l’ensemble des cancers du sein. Ces cancers frappent plus fréquemment des femmes plus jeunes, âgées de moins de 40 ans, et peuvent être liés à des prédispositions génétiques, en particulier des mutations des gènes BRCA1/2.

Le diagnostic du cancer du sein triple négatif

Ce type de cancer plus agressif est moins facilement détectable via le dépistage généralisé, qui préconise une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans. Se développant rapidement, il s’agit souvent de cancer d’intervalle (qui survient entre deux contrôles) ou qui intervient chez des femmes pas encore concernées par ce dispositif. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) mammaire pourrait être la modalité d’imagerie la plus précise pour le diagnostic du cancer du sein triple négatif, car elle montre des caractéristiques de tumeurs malignes qui peuvent ne pas être repérées en utilisant la mammographie ou l’échographie. Si le radiologue décèle une anomalie, votre médecin peut demander la réalisation d’une biopsie, c’est-à-dire le prélèvement d’un fragment de la zone suspecte. Son analyse est réalisée par un médecin spécialiste des tissus. Si celui-ci reconnaît une tumeur au microscope, il réalisera d’autres tests pour la caractériser, comme la recherche de récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone et de HER2 en surnombre. Lorsque ces tests sont tous négatifs, il s’agit d’un cancer triple négatif. Selon l’apparence des cellules et l’étendue de la tumeur, le médecin évalue l’avancement du processus tumoral. Combinée aux observations cliniques, cette évaluation permet aux médecins de classer la tumeur avec un grade de O à IV, en fonction duquel ils choisiront le protocole de soins.

TRAITEMENT

Généralement, on a souvent recours à la chirurgie pour traiter le cancer du sein triple négatif. La première étape consiste donc à enlever chirurgicalement les cellules cancéreuses. Selon la taille de la tumeur et de votre sein, le chirurgien décidera une ablation totale ou partielle de celui-ci, ce qu’on appelle une chirurgie conservatrice. Quand la tumeur est plus grosse et ne permet pas de conserver une zone suffisante de tissus sains, le chirurgien réalise l’ablation totale du sein, et doit également retirer une partie ou la totalité de la chaîne ganglionnaire de l’aisselle, du côté du sein atteint. Après la chirurgie, on recourt le plus souvent à la chimiothérapie, pour s’assurer qu’il ne reste pas de cellules cancéreuses dans l’organisme.  On recourt à des chimiothérapies “classiques”, car ces tumeurs sont “chimiosensibles” et parfois “chimiocurables”. Ce qui veut dire qu’elles réagissent à la chimiothérapie; mais étant très instables sur le plan génétique, elles trouvent au bout d’un certain temps des parades pour résister à ces composés. Ces tumeurs sont plus souvent détectées à des tailles importantes. On a ainsi plus souvent recours à une chimiothérapie néo-adjuvante, c’est-à-dire une chimiothérapie administrée durant 6 à 8 cycles avant la chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et ainsi permettre un traitement conservateur. Dans certains cas, la tumeur va être complètement éradiquée par la chimiothérapie néo-adjuvante, ce qui est de très bon pronostic et nous incite à privilégier cette séquence thérapeutique pour des raisons biologiques. Le pronostic de cette prise en charge dépend de la taille de la tumeur et de la présence ou non de métastases. Pour ces tumeurs, les récidives interviennent quasi exclusivement dans les 5 ans suivant la chirurgie. S’il n’y a pas de rechute durant cette période, on considère la patiente comme guérie. Au terme de la chimiothérapie, dans certains cas, les médecins conseillent de poursuivre le traitement avec des séances de radiothérapie, au cours desquelles une machine irradie la zone opérée. Cet article a été rédigé en collaboration avec le Dr Sebban Eric est chirurgien gynécologue et cancérologue à la Clinique Hartmann ainsi que chef de pôle de chirurgie gynécologique à l’hôpital Américain. Il est aussi cofondateur de l’Institut Rafaël, un centre de médecine intégrative et maison de l’après cancer.  Pour plus d’informations : https://www.docteur-eric-sebban.fr/

 

BIBLIOGRAPHIE :

  1. Le cancer du sein «triple négatif» – Freres (1), J. Collignon (2), C. Gennigens (2), I. Scagnol (3), A. Rorive (2), A. Barbeaux (4), P.A. Coucke (5), G. Jérusalem (2)
  2. Tumeurs triple négatives du sein : facteurs pronostiques et prédictifs S. ZILBERMAN *, M. BALLESTER, C. BEZU, E. DARAÏ, R. ROUZIER (Paris)

Une nouvelle molécule capable de freiner les cellules cancéreuses ?….

C’est le début d’une approche prometteuse. Des chercheurs de l’Institut génétique et développement de Rennes ont trouvé une molécule qui pourrait freiner la prolifération des cellules, notamment cancéreuses.

Des tests probants ont été réalisés sur des animaux.

Christelle Benaud, chercheuse dans l’équipe UMR6290-IGDR Cytosquelette et prolifération Cellulaire de l’université Rennes 1.

 

Ce n’est que le début, mais nos premiers résultats sont concluants, explique Christelle Benaud, chercheuse à l’Institut génétique et développement de Rennes. Nous avons réussi à développer une molécule capable de freiner la division cellulaire. Une avancée majeure qui a fait l’objet d’une publication, le 6 avril, dans la revue de référence internationale Journal of Cell Science .

Pour se diviser, une cellule doit réorganiser son cytosquelette, composé de microtubules, précise la chercheuse. Ça lui permet de dupliquer son matériel génétique à l’identique. Un phénomène aujourd’hui bien connu et qui est à la base de la vie. Or, en collaboration avec des chercheurs italiens, nous avons identifié une molécule dérivée des benzodiazépines, capable d’agir sur un régulateur des microtubules et de freiner cette duplication.

Cibler les cellules cancéreuses

Une découverte qui intéresse la recherche contre le cancer, qui a financé une partie des travaux. Aujourd’hui, le principe de la chimiothérapie est d’injecter des médicaments qui vont empêcher la division des cellules cancéreuses, mais aussi de toutes les autres cellules du corps. Ce qui entraîne notamment les effets secondaires, poursuit Christelle Benaud. Notre découverte pourrait permettre de ne cibler que les cellules cancéreuses.

Christelle Benaud a mené des expériences concluantes sur des mouches drosophiles. « On a pu constater, grâce à un système d’imagerie, un très fort ralentissement de la division cellulaire. Une potentielle nouvelle approche thérapeutique, qui pourrait offrir de nouvelles solutions sur des cancers très difficiles comme le glioblastome du cerveau.

Angers : atteinte d’un cancer de grade 3, la CPAM la prive de ses indemnités longue maladie en plein confinement…

L’affaire est à peine croyable. Elise est âgée de 33 ans. Elle est atteinte d’un cancer du sein, grade 3 et la CPAM du Maine-et-Loire l’a privée de ses indemnités longue maladie pendant le confinement.

Fabien Daniel, son époux, est révolté. Il pousse un coup de gueule sur les réseaux sociaux.

Elise entouré de ses trois fils, Milo, 20 mois, Léo,11 ans, Noa 13 ans et de son mari, Fabien Daniel. / © DR Fabien Daniel

Fabien annonce d’entrée de jeu la couleur. Il n’a pas l’habitude d’exposer ses états d’âme et de raconter sa vie privée sur les réseaux sociaux. Il n’aime pas se faire plaindre, ce n’est pas franchement son genre.

Mais aujourd’hui ce mari “en colère et dégouté” ne sait plus quoi faire. Alors, le 14 mai dernier, pour faire bouger les choses, alerter l’opinion publique et les politiques, il a poussé un gros coup de gueule sur les réseaux sociaux. Les internautes sont nombreux à avoir réagi.

Un cancer du sein grade 3, diagnostiqué en juillet 2019

L’histoire douloureuseuse commence en juillet 2019. Elise, 31 ans, apprend la terrible nouvelle. Elle est atteinte d’un cancer du sein triple négatif, de grade 3. Une sale maladie qui ne présage rien de bon. A cette époque, la jeune femme est en congé parental pour s’occuper de Milo, son fils de 10 mois.

Le médecin qui la suit décide de la mettre en arrêt “pour affection longue maladie”, raconte Fabien. Elle est donc indemnisée par l’assurance maladie. Croyant bien faire et en toute bonne foi, la jeune maman, stoppe son congé parental auprès de la CAF, d’autant que sa fatigue physique l’empêchait de s’occuper de son petit garçon.

S’en suivent de longues séances de chimio trés lourdes jusqu’en janvier 2020.

“A ce stade de la maladie, elle ne va pas très bien, elle essaie de faire bonne figure, pour ne pas nous montrer qu’elle allait mal”, se souvient Fabien. Elise continue coûte que coûte à donner le change. Son époux, lui, travaille, alors sa belle-mère prend le relai à la maison pour aider.

“Elise ne tenait plus debout, elle avait des vertiges en passant l’aspirateur. C’était compliqué mais ma femme faisait face. Tout le monde se disait quelle force, quel courage. Les gens ne se rendaient pas compte de son état extrêmement dégradé. Moi, si je lui demandais même de m’en parler, de me le dire…”, poursuit Fabien.

Fabien est prêt a tout pour soutenir sa femme Elise. Son souhait : alerter l'opinion publique et les politiques. / © DR Fabien Daniel

Pendant un temps, après ce parcours médical épuisant, Elise se repose. Puis elle est opérée en février 2020. On lui enlève cette sale tumeur. Mais le combat n’est pas fini.

Elle doit enchaîner avec 33 séances de radiothérapie. En mai 2020, le plus dur semble passé, Elise est physiquement très faible mais c’est une battante. Elle continue à ne rien laisser entrevoir de ses souffrances, pour préserver les siens. Dans son entourage, tout le monde sait qu’elle est malade “mais certains peinent à le croire tellement, elle sourit “, raconte son époux.

La CPAM lui réclame un trop perçu de 8 500 euros

Personne ne l’aurait imaginé mais le combat ne s’arrête pas. La CPAM, a réétudié son dossier, comme c’est de coutume . “Une commission se réunit tous les six mois pour faire le point sur les dossiers”, explique Fabien Daniel. “Ma femme a donc fourni des papiers, réuni des pièces. Cela a traîné un peu parce qu’il y a eu des incompréhensions et des échanges un peu compliqués entre l’assurance maladie et l’employeur”.

Deux mois plus tard, la décision tombe, inacceptable, insupportable pour le couple. Quinze jours après le début du confinement, le téléphone sonne.

A l’autre bout du fil, une salariée de la CPAM annonce à Elise “qu’elle ne sera plus indémnisée pour sa longue maladie parce qu’elle a mis fin à son congé parental. Pire :“elle doit rembourser les sommes perçues depuis le début ” A savoir, près de 8 500 euros. “Pour l’instant, nous sommes totalement bloqués. Tant que nous n’avons pas reçu la notification par courrier, on ne peut rien faire. Nous avons contesté par mails, on a nous a répondu qu’il fallait attendre”, se désole Fabien.

Avec le confinement, évidemment ça a traîné un petit peu. On ne peut rien faire, on attend toujours. Mon épouse ne touche plus aucune indemnité. Moi j’ai pris des jours pour qu’elle puisse se soigner tranquillement. Pour nous financièrement là c’est très dur – Fabien Daniel

“C’est dégueulasse et totalement injuste, on lui a dit : il ne fallait pas faire ça madame, il fallait rester en congé parental”, s’emporte Fabien. Elise, de son côté, ne lâche pas. Elle tient bon, il faut dire qu’elle en a vu d’autres ces derniers mois. “Elle a même envisagé de reprendre son travail d’opératrice téléphonique. Son médecin a refusé net. Elle est encore imunodéprimée. Pour lui, il serait quasi suicidaire de recommencer une activité en pleine crise sanitaire avec le covid-19 qui circule.”, poursuit Fabien.

“Je suis révolté en colère, mais pas résigné. Comme ma femme le dit, c’est presque pire que de se battre contre la maladie – Fabien Daniel”

“Moi, je travaille, il faut tout gérer, le dossier à monter, les cours à la maison, le petit, les grands qui ne se rendent pas toujours compte de la situation. Eux, ils vivent leur vie d’enfants, c’est normal. Ma femme est usée, fragile mais combative”, raconte Fabien Daniel.

La CPAM saisit un médiateur

Contactée, la CPAM du Maine-et-Loire nous a répondu par mail.

” La caisse primaire d’Assurance Maladie se doit de respecter la confidentialité des situations qu’elle traite. Il ne nous appartient donc pas d’entrer dans le détail du dossier d’un assuré, autrement qu’avec lui”, écrit François Dujardin, directeur adjoint de la CPAM du Maine-et-Loire.

“Ce que nous pouvons dire sans contrevenir à ce principe, c’est que le dossier a été traité conformément à la réglementation. Toutefois, cette assurée connait une situation particulière, et par conséquent, nos services examinent actuellement son dossier. Le médiateur, dont le rôle est d’analyser la situation dans sa globalité et avec neutralité, a été saisi. L’objectif est de pouvoir aboutir à une solution acceptable par les deux parties. La CPAM de Maine-et-Loire reste attentive aux situations sensibles et les accompagne, cela fait partie de ses missions”, précise François Dujardin.

Une cagnotte et 42 000 partages

Si Fabien ne demande ni aumône ni pitié, l’histoire d’Elise a beaucoup ému sur les réseaux sociaux. Le post de Fabien a été partagé 42 000 fois en trois jours  Il a reccueilli 9 000 témoignages de soutien. Sa mère, contre son gré, a pour sa part lancé une cagnotte. 4 000 euros ont déjà été récoltés.

“Nous nous sommes rendus compte que nous n’étions pas seuls dans cette situation scandaleuse. Nous allons écrire au Ministre de la Santé, à notre député, au Président de la République s’il le faut ! Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire modifier cette loi car il y a un vide juridique qui laisse tant de malades sans ressources”, conclut Fabien.

Aujourd’hui, Elise a fini son traitement mais elle est suivie régulièrement. Les dernières analyses sont bonnes, plus aucune trace de la tumeur. Prudents, les médecins lui ont tout de même signifié qu’elle n’était toujours pas “sortie d’affaire”.

Coronavirus : 28 millions d’interventions chirurgicales annulées à travers le monde….

Les hôpitaux ont reporté un grand nombre d’actes afin de faire face à l’accueil des patients atteints du Covid-19.

Coronavirus : 28 millions d’interventions chirurgicales annulées à travers le monde. Illustration

  • D’après une étude, 28 millions d’opérations chirurgicales ont dû être reportées ou annulées dans le monde, en raison de l’épidémie de coronavirus.
  • La plupart des hôpitaux ont annulé leurs actes pour se concentrer sur les malades du Covid-19 et éviter de déplacer d’autres patients.
  • Les hôpitaux comme celui de Rennes doivent désormais rassurer leurs patients pour reprogrammer les actes reportés.

Leur opération était prévue, parfois de longue date, mais ils ont dû attendre. Des millions de patients ont vu leur acte chirurgical être déprogrammé en raison de l’épidémie mondiale de coronavirus​. D’après une étude menée par le groupe CovidSurg Collaborative et révélée par le CHU de Rennes, le Covid-19 aurait engendré le report de plus de 28 millions d’interventions chirurgicales à travers le monde.

Pour obtenir ce chiffre, le consortium s’est basé sur une interruption de 12 semaines de l’activité hospitalière, au profit de l’accueil des malades du Covid-19. Le chiffre est édifiant : 28,4 millions d’interventions programmées ont été reportées, voire annulées. D’après cette étude de modélisation publiée dans le British Journal of Surgery, chaque nouvelle semaine d’interruption des services hospitaliers entraînerait 2,4 millions de nouvelles annulations.

Les chercheurs de l’université de Birmingham chargés de l’étude se sont basés sur les informations communiquées par les chirurgiens de 359 hôpitaux situés dans 71 pays. Selon eux, 72,3 % de la chirurgie programmée pourrait être annulée durant la période critique de l’épidémie.

Opérations retardées pour des malades du cancer

Le domaine d’intervention le plus touché serait l’orthopédie avec 6,3 millions d’actes annulés. Mais ce qui inquiète les chirurgiens, ce sont les reports d’interventions oncologiques pour des malades du cancer. La projection des chercheurs envisage un report de 2,3 millions d’actes à travers le monde. Si l’on prend l’exemple du Royaume-Uni, cela représenterait 36.000 actes annulés.

Au CHU de Rennes, qui coordonnait la publication de cette étude en France, ce sont environ 2.000 actes qui ont dû être reportés en raison de l’épidémie de coronavirus. Les médecins ont pu retrouver le chemin des blocs depuis lundi. « Il faut éviter les pertes de chances pour les patients », prévenait le professeur Gilles Brassier, président de la commission médicale d’établissement du CHU rennais.

« Des pathologies diagnostiquées à un stade très tardif »

Les professionnels ont dû convaincre la population, réticente à l’idée de venir à l’hôpital. « Dans beaucoup de disciplines, nous avons vu des pathologies diagnostiquées à un stade très tardif ». Par crainte du virus, des personnes ayant subi un infarctus ou souffrant d’une appendicite n’ont pas consulté. « Nous avons fait face à des taux de complication qui n’existaient plus. Les conséquences peuvent être graves », estime le professeur Brassier.

Source 20 MINUTES.

Les femmes qui ont des enfants vivent plus longtemps…

D’après une vaste étude européenne, le fait d’avoir eu au moins un enfant réduit le risque de mortalité des femmes de 20 %.

L’âge des premières règles, l’allaitement et la contraception orale influencent aussi l’espérance de vie des femmes.

Des facteurs hormonaux sont en jeu.

Les femmes ayant au moins un enfant possèdent un risque de mortalité moins élevé que celles qui n'en ont pas eu. © oksankash, shutterstock

Des études scientifiques sont régulièrement conduites chez les femmes pour déterminer les liens unissant certaines causes de décès à tel ou tel facteur hormonal ou reproductif. Il a ainsi été montré que la contraception hormonale orale peut sensiblement augmenter le risque de cancer du sein et de l’endomètre. Pour autant, les facteurs hormonaux et reproductifs étant liés (exemple : seules les femmes ayant eu une grossesse peuvent allaiter), il était intéressant de rapprocher ces différents facteurs et de dresser un bilan de leur influence globale sur le risque de décès des femmes, toutes causes confondues, après avoir pris en compte l’influence de déterminants de santé comme l’indice de masse corporelle (IMC), l’activité physique, le tabac ou encore le niveau d’éducation.

C’est ce à quoi s’est attachée la dernière publication issue de la cohorte EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition). Cette cohorte réunit plus de 500.000 adultes issus d’une dizaine de pays européens, dont 366.000 femmes âgées de 27 à 70 ans au moment de leur inclusion (entre 1992 et 2000). La France y est représentée par la cohorte Inserm E3N (Étude Épidémiologique auprès des femmes de la MGEN, la Mutuelle générale éducation nationale), qui comprend 100.000 femmes suivies depuis plus de 25 ans.

Allaitement, contraception et premières règles influencent la mortalité

Les chercheurs ont compilé les données relatives aux femmes décédées depuis leur inclusion, soit 14.383 d’entre elles (dont 5.938 de cancer et 2.404 de maladie cardiovasculaire), afin de les comparer à celles des femmes encore en vie. Il est ainsi apparu que le risque de décès des femmes ayant eu au moins un enfant était de 20 % inférieur à celui des femmes qui n’en n’avaient pas eu. Celui des femmes ayant allaité, pris la pilule (pour les non ou ex-fumeuses) ou eu leurs règles après 15 ans étaient d’environ 10 % inférieur par rapport à celles qui respectivement n’avaient pas allaité, pas pris de contraceptif oral ou eu leurs règles avant 12 ans. Ces facteurs jouent tous dans le même sens, que l’on s’intéresse à la mortalité globale, la mortalité par cancer ou par maladie cardiovasculaire.

Françoise Clavel-Chapelon, qui dirige l’étude E3N, explique : « L’objectif de l’étude EPIC était initialement d’étudier l’impact de l’alimentation sur le cancer et celui de E3N concernait initialement le cancer du sein. Mais ces cohortes permettent le recueil d’un nombre de paramètres si élevé qu’elles sont exploitées de façon plus large dans un second temps. EPIC, tout comme E3N, a une puissance statistique très importante, du fait du nombre de participants. On peut ainsi en tirer de véritables enseignements sur le risque à long terme de différentes pathologies, en lien avec des paramètres de vie ou de santé ». Ces résultats seront utiles pour améliorer la promotion et la prévention en santé destinées à la population féminine, même si certains de ces facteurs ne sont pas modifiables.

Ces résultats paraissent dans BMC Medicine.

Source FUTURA SANTE.

L’hôpital ne lui renouvelle pas son contrat après l’annonce de son cancer…!

Une infirmière contractuelle de l’hôpital de Remiremont (Vosges) n’a pas été reconduite dans ses fonctions à la suite de l’annonce de sa maladie.

Malgré la mobilisation de son mari et du député local, l’établissement campe sur ses positions, légales.

L'hôpital ne lui renouvelle pas son contrat après l'annonce de son cancer...!

Pas prolongée à cause d’un cancer du sein ? L’hôpital de Remiremont, dans les Vosges, s’est séparé d’une infirmière contractuelle, en CDD depuis deux ans dans l’établissement, quelques jours après l’annonce de sa maladie, relate Vosges-Matin.

“On l’a appelée pour lui dire que compte tenu de son arrêt maladie, son contrat qui devait être renouvelé le 1er mars ne serait pas prolongé. Ils ne se sont pas cachés sur la raison, à savoir l’arrêt”, a expliqué au quotidien son compagnon, Florent, scandalisé.

Malgré une lettre du député

“Ils m’ont dit de manière très froide que le fait de ne pas la reconduire, ce n’était pas illégal. Ce qui est vrai, a-t-il ajouté. Ils ont reconnu qu’ils n’avaient pas respecté le délai de prévenance. Ils devaient en effet lui notifier fin janvier que son contrat se terminait fin février.”

L’affaire a mobilisé jusqu’au député de la 3e circonscription des Vosges, Christophe Naegeln, qui a écrit une lettre au directeur de l’hôpital. “J’ai exposé des arguments d’humanité auxquels on m’a opposé des arguments organisationnels et financiers, a relaté l’élu. Je regrette ce manque d’empathie.”

Source EST REPUBLICAIN.

Le dépistage précoce du cancer du poumon par simple prise de sang expérimenté dans les Alpes-Maritimes…

Développée par le CHU de Nice, cette technique de dépistage sanguin peut aider le diagnostic dans une pathologie pour laquelle le scanner ne suffit pas toujours.

Le professeur Paul Hofman (CHU de Nice) a dirigé l'étude sur le dépistage précoce du cancer du poumon par prise de sang

  • En novembre 2014, le Professeur Paul Hofman et son équipe du CHU de Nice découvrent la présence dans le sang des « sentinelles », des cellules tumorales circulantes.
  • Les résultats d’une étude menée auprès de 638 patients seront publiés dans les prochains jours dans la revue scientifique The Lancet. Elle avait pour but de tester une méthode de dépistage précoce du cancer du poumon par simple prise de sang.
  • Le corps médical souhaite désormais intégrer cette technique dans la « routine hospitalière ».

Il a fait plus de 33.117 victimes en France en 2018. Parmi tous les cancers, celui du poumon est le plus meurtrier chez les hommes (22.761 décès) et le deuxième chez les femmes (10.356 décès), d’après l’Institut national du cancer.

Pour lutter contre ce fléau, le professeur Paul Hofman et son équipe du CHU de Nice ont mis au point une technique de dépistage précoce par simple prise de sang. Révélée en 2014 dans la revue scientifique américaine Plos One, cette « première mondiale » avait fait le buzz. Cinq patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) présentaient, avant toute détection des symptômes par imagerie, des cellules cancéreuses circulantes dites « sentinelles », et tous avaient déclenché un cancer, soit 100 % de sensibilité au test. Restait alors à expérimenter cette méthode sur un panel plus représentatif.

Un test réalisé auprès de 638 patients

C’est désormais chose faite, comme l’a annoncé le Pr Paul Hofman ce lundi 24 février. Dans le cadre du projet Air, 638 personnes à risque (fumeurs ou ex-fumeurs ayant consommé un paquet par jour pendant trente ans, ou deux paquets par jour pendant quinze ans), souffrant d’une BPCO, ont été examinées par un médecin pour connaître leurs habitudes. Un scanner thoracique, associé à une prise de sang, a ensuite été réalisé tous les ans, pendant trois ans.

Si le Pr Paul Hofman reste muet sur les résultats de l’étude qui feront l’objet d’une publication dans la revue scientifique The Lancet dans les prochains jours, il détaille l’intérêt d’allier prise de sang et scanner : « Sur une image, on voit des taches mais on ne sait pas si les nodules sont cancéreux ou non. Tout l’intérêt de la prise de sang est de permettre au chirurgien thoracique d’être sûr que ce qu’il va opérer correspond vraiment à un cancer, et non à une autre lésion, ce qui est extrêmement fréquent. Il faut savoir que le scanner thoracique donne 30 % de faux positifs. »

L’intelligence artificielle en renfort

L’équipe du CHU de Nice souhaite désormais rendre son dépistage opérationnel au quotidien. Et face à la concurrence chinoise ou américaine, le temps presse. Pour cela, le projet Da Capo a été lancé avec les médecins de famille, les pneumologues hospitaliers et libéraux, les chirurgiens et les radiologues. Un de ses buts est de mettre en œuvre une plateforme numérique à visée nationale dont la version bêta sera testée dans les Alpes-Maritimes.

En parallèle, deux volets de recherche sont développés. Le premier porte sur la recherche de biomarqueurs lors du dépistage sanguin. « On pourra, en fonction de ce qu’on trouve dans le sang définir une thérapie ciblée pour un patient atteint d’un cancer du poumon. C’est la preuve que l’on peut apporter ce que l’on fait dans un laboratoire de recherche au lit du patient », fait remarquer le Pr Paul Hofman.

Le second volet est basé sur l’apport d’une intelligence artificielle (IA) développée par des mathématiciens  du centre Inria de Sophia-Antipolis. « Quand on se fait détecter une anomalie sur un scanner du thorax, il faut environ trois à neuf mois pour qu’on sache in fine si c’est un cancer, une lésion bénigne ou autre chose. Si ça se trouve avec l’IA, on ira beaucoup plus vite », détaille le Professeur Charles-Hugo Marquette.

Les professeurs Charles-Hugo Marquette (3e à g.) et Paul Hofman (en noir au centre) dirigent les recherches d'application du test sanguin de dépistage du cancer du poumon

Être accessible à tous

Un dernier combat reste à mener pour l’équipe du CHU. « Afin que ce test soit accessible à tous et ne dépende pas des moyens financiers des patients », le corps médical souhaite que sa méthode de dépistage soit prise en charge par la Sécurité sociale. Une démarche que le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti entend défendre politiquement.

Source 20 MINUTES.

Cancers pédiatriques dans le Haut-Jura : la piste du radon ?…

Après la découverte d’un nombre anormalement élevé de cas de cancer chez des enfants dans plusieurs communes du Haut-Jura, une enquête épidémiologique est en cours pour trouver des explications.

Des mesures d’exposition au radon, gaz naturel radioactif cancérogène, vont être réalisées.

Un service d'oncologie pédiatrique (photo d'illustration)

Une enquête épidémiologique a été lancée par l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté (Agence Régionale de Santé) après la découverte d’un nombre anormalement élevé de cas de cancers pédiatriques dans plusieurs communes du Haut-Jura. C’est une famille concernée par l’un des cas qui a donné l’alerte, et les investigations ont été confiées à Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique. Un périmètre d’enquête a été établi, il couvre quatre communes jurassiennes: Les Rousses, Longchaumois, Morez et Prémanon.  13 cas d’enfants atteints de cancer de toute nature y ont été recensés entre 2011 et 2019. 

Un questionnaire adressé aux familles

Un questionnaire va être adressé aux parents par courrier pour recueillir un maximum d’informations . “Il s’agit d’un outil épidémiologique qui va nous permettre en croisant les réponses, d’identifier potentiellement un ou plusieurs facteurs de risque qui seraient communs aux enfants malades“, précise Olivier Retel, responsable de Santé Publique France en Bourgogne-Franche-Comté, “nous recherchons des facteurs de risque spécifiques au périmètre, et sur lesquels on pourrait agir localement“. Les épidémiologistes pourront organiser par la suite des entretiens avec chaque famille pour compléter ou préciser des réponses.

L’équipe de Santé Publique France a également commencé une analyse cartographique pour certaines expositions environnementales suspectées d’être à risque vis à vis des cancers pédiatriques. L’objectif est de repérer dans le périmètre les potentielles sources d’exposition à risque, comme par exemple les lignes à haute tension, les stations d’essence, la pollution atmosphérique.

Des mesures d’exposition au radon, un gaz cancérogène

Mais l’enquête s’intéresse également à la présence éventuelle de radon. Des dosimètres ont été distribués pour réaliser au domicile des familles concernées des mesures d’exposition à ce gaz naturel radioactif cancérogène. Le radon provient de la désintégration de l’uranium naturellement  présent dans le sol et dans les roches. Dans l’air extérieur, il se dilue rapidement, mais dans des espaces clos comme les bâtiments, sa concentration peut devenir élevée et est susceptible de provoquer des cancers. Cette campagne de mesures va se dérouler de mars à avril. En France, le radon est la seconde cause de cancer du poumon après le tabac et avant l’amiante. 

Source FRANCE BLEU.