Finistère : Martial Jaouen, handicapé, refuse de quitter son centre de rééducation…

Martial Jaouen, atteint du syndrome de Guillain-Barré, qui l’a rendu tétraplégique, refuse de quitter le centre de rééducation de Perharidy où il est soigné.

Selon lui, la décision de le faire sortir n’est pas basée sur des critères médicaux.

L’hôpital dément.

Martial Jaouen (à gauche) est soutenu par sa fille Noémie et son ami Charles Crozon.

Il était en vacances en Ethiopie quand c’est arrivé. Martial Jaouen se retrouve du jour au lendemain tétraplégique. Il est atteint du syndrome de Guillain-Barré, qui touche les nerfs périphériques. Rapatrié en France, Martial Jaouen passe neuf mois en réanimation au CHU de Brest puis est admis au centre de rééducation de Perharidy, à Roscoff (Finistère). Deux ans plus tard, le soixantenaire peut lever les bras, tendre les jambes, il peut presque tenir un verre entre ses doigts, malgré un poing qui refuse toujours de se serrer.

Au mois de juillet dernier, le centre de rééducation lui annonce sa sortie prévue le 12 octobre. D’emblée, Martial Jaouen refuse. Il souhaite continuer ses soins, afin de retrouver sa mobilité. Le centre, géré par Ildys, l’assure : la continuité des soins sera assurée après son départ. “Tous les patients qui rentrent en centre de rééducation construisent rapidement un projet de sortie, explique David Cogen, directeur délégué chez Ildys. La vocation d’un centre de rééducation, c’est d’être une séquence dans le parcours de soins.”

“Aujourd’hui, je n’ai pas d’avenir !”

La maison de Martiel Jaouen, encore en travaux, n’est donc pas aménagée pour son handicap. L’hôpital lui propose donc un hébergement provisoire. “Hébergement provisoire… C’est une maison de retraite !, scande Martial Jaouen. J’ai 60 ans, je ne vais quand même pas aller en maison de retraite !” Ce qui l’inquiète, c’est surtout de voir disparaître tous les progrès qu’il a fait ces derniers mois. “J’ai besoin de deux séances quotidienne de kiné, argumente-t-il. Il me faut encore quelques mois pour pouvoir réussir à marcher avec un déambulateur, et faire des gestes simples de la vie, comme manger ou aller aux toilettes. Aujourd’hui, je n’ai pas d’avenir !” En un an, il estime qu’il pourrait atteindre un degré d’autonomie qui lui permettrait de rentrer chez lui, une fois les aménagements de son domicile terminés.

Dialogue rompu

Un comité de soutien s’est organisé autour de Martial Jaouen, avec en première ligne, Charles Crozon, un ami de longue date. Face au blocage entre l’hôpital et le patient, une médiation a été mise en place, mais la date de sortie a été maintenue, ce que Martial Jaouen déplore. Il a donc refusé d’assister aux réunions censées l’organiser.

Le centre de rééducation a procédé comme avec chaque patient. “L’objectif du projet de soin, c’est envisager un projet de vie après la rééducation, explique David Cogen. Jamais une sortie n’a pu être décidée sans décision médicale.”

Le comité de soutien déplore lui que l’équipe médicale n’a pas suffisamment pris part à la médiation mise en place dans l’espoir de régler le conflit. “Tout ce que nous voulons aujourd’hui, c’est que Martial atteigne l’autonomie, et on sait qu’il en est capable, assure Charles Crozon. Pour ce faire, il faut que les médecins viennent autour de la table pour discuter.”

Les deux parties semblent vouloir rétablir le dialogue. D’une part le centre de Perharidy, qui fait face à une situation inédite, d’autre part Martial Jaouen, qui fera tout pour retrouver son autonomie.

Une action est prévue par le comité de soutien samedi 10 octobre devant les portes du centre de rééducation.

Source FRANCE BLEU.

Handicap – Fin de Vie – Témoignage: Colette aurait voulu qu’on aide son fils à partir sereinement !…

C’est un cri de détresse que pousse cette maman lensoise: son fils est décédé à la fin du mois d’août après de longues semaines d’une dégradation de son état de santé.

Incapable d’exprimer son souhait d’en finir parce-qu’il était polyhandicapé.

Colette réclame une révision de la loi.

Fabrice était polyhandicapé profond depuis la naissance, il avait 50 ans lorsqu'il est décédé

Fabrice est né “polyhandicapé profond” il y a 50 ans. Depuis le diagnostic, alors qu’il n’avait que quelques mois, ses parents n’ont pu qu’accompagner leur fils tout au long de sa vie et de la dégradation de son état général. “Et puis quand c’est devenu trop difficile, témoigne Colette aujourd’hui, nous avons dû nous résoudre à le placer dans une institution adaptée“.

Trouver le bon centre d’hébergement n’a pas été simple mais finalement Fabrice a trouvé un lieu de vie qui semblait lui convenir. Pour autant son état de santé ne cessait de se dégrader. Mais à chaque nouvelle épreuve, le corps médical trouvait une solution. “Il ne pouvait plus respirer?… On l’a mis sous oxygène! Il ne pouvait plus se nourrir?… On lui a passé une sonde gastrique!” se souvient sa soeur Carine, non sans une certaine amertume et qui n’hésite pas à parler d’acharnement.

Le confinement n’a pas arrangé les choses

Colette, la maman de Fabrice, a souffert de l’éloignement durant le confinement. En début d’année, une épidémie de grippe au sein de son établissement avait déjà réduit les possibilités de visite. Et puis il y a eu le confinement. Entre-temps, elle a perdu son époux qui la soutenait et entourait Fabrice depuis de longues années. Bref, un enchaînement de circonstances qui n’ont fait qu’aggraver la situation.

Quand on s’est retrouvé, il n’était plus que l’ombre de lui-même“. Fabrice avait perdu la vision, l’essentiel de ses moyens de communication, et puis son état a continué de se dégrader. Un jour on informe Colette que son fils a été transporté aux urgences de l’hôpital.  Et puis en soins palliatifs… elle sent la fin arriver et demande qu’on aide Fabrice à partir “dignement” et sans douleur.

Pour renforcer la loi sur la fin de vie

Forte de la loi”Leonetti” sur la fin de vie, Colette demande de l’aide au corps médical, mais en vain. La loi prévoit que l’on aide les malades en fin de vie qui en font la demande ou dont le pronostic vital est engagé. Or Fabrice n’a pas de vocabulaire et surtout il est totalement, ou presque, inconscient. Et puis toutes ses fonctions vitales sont palliées par des artifices médicaux.

Alors aujourd’hui, la mère de famille lensoise et sa fille demandent aux députés de “pousser plus loin encore la législation sur la fin de vie: “dans notre cas, dit Colette, il faudrait qu’un collège de médecins puissent se prononcer sur la nécessité d’allonger la vie d’un patient qui ne peut plus s’exprimer“.

Source FRANCE BLEU.

Covid : un médecin de Fronton dénonce « le scandale des soignants contaminés »…

Jérôme Marty s’est voulu au fil du confinement un lanceur d’alerte.

Aujourd’hui le président de l‘Union Française pour Une Médecine Libre sort un livre pour dénoncer la désorganisation voire le mensonge de l’Etat qu’il poursuit même en justice.

Covid : un médecin de Fronton dénonce « le scandale des soignants contaminés »

« Notre système de santé est bien préparé » (21 janvier 2020) ou encore « ce masque bleu ne protège de rien d’aucun virus, inutile d’en acheter pour soi “ (26 janvier 2020). A l’image de ces deux déclarations d’Agnès Buzyn alors Ministre de la Santé qu’il relève, rien ou presque n’a échappé à Jérôme Marty.

D’ailleurs au plus fort de l’épidémie, au printemps, il s’affichait quasiment tous les soirs sur les chaînes d’information continues et en permanence sur les réseaux sociaux. « Clairement Twitter, c’est le seul réseau social qui vous permette d’être en relation directe avec des politiques, des journalistes, différents corps de métiers et d’avoir des réponses en direct » confie-t-il après coup.

« Nous avons travaillé la peur au ventre »

Mais alors pourquoi tant de bruit et d’énergie ? Le généraliste accuse nos gouvernants d’avoir à la fois fait du deux poids deux mesures entre les médecins de ville et leurs confrères hospitaliers mais aussi d’avoir laissés de longues semaines les généralistes en première sans équipement de protection. Dans les nombreux témoignages de médecins qu’on peut découvrir dans l’ouvrage un sentiment d’abandon mais aussi « la peur au ventre » d’aller au travail.
Et Jérôme Marty de dénoncer également l’oubli des séniors à domicile en pleine épidémie, un manque criant de matériel (masques, tests) qui a rendu le confinement inutile et dans la foulée une carte de déconfinement totalement incohérente avec l’exemple du Lot classé rouge pendant une journée par erreur ou mauvaise interprétation des chiffres.

« Il faut aller en justice pour protéger la République »

Pour tout cela l’Union Française pour Une Médecine Libre qu’il préside attaque l’Etat devant la justice pour « manquement à son devoir de protection ». « C’est pour protéger la République qu’il faut aller en justice » écrit Jérôme Marty. Gagnera-t-il ce combat juridique ? En attendant, il poursuit ses consultations à Fronton et continue d’ausculter l’épidémie au quotidien. Peut-être de quoi écrire un second tome ?

Source FR3.

Orléans : deux cardiologues suspendus de leur activité libérale pour des “pratiques abusives”…

Deux médecins du service de cardiologie du Centre hospitalier régional d’Orléans ont été suspendus administrativement de leur activité libérale le 14 août.

Il leur est reproché d’avoir recouru de façon abusive à une opération potentiellement dangereuse.

Les deux cardiologues opèrent au Centre régional hospitalier d'Orléans. Photo d'illustration

Deux cardiologues, qui opèrent au Centre hospitalier régional d’Orléans, ont été suspendus administrativement de leur activité libérale le 14 août dernier, l’un pour un an, l’autre pour six mois, comme l’a confirmé l’ARS jointe par France 3. Selon nos confrères de France Bleu Orléans, une inspection menée en février au sein de l’hôpital a rendu des conclusions “sévères et sans concession” à l’égard des deux praticiens.

Des opérations non justifiées sur des patients à risque

Les deux médecins sont accusés, selon le rapport que s’est procuré France Bleu, de “recours inapproprié à l’angioplastie coronaire ne se justifiant pas et mettant en danger la santé des patients, absence de concertations médicales et réalisation de gestes inappropriés chez des patients très âgés“.

Il leur est plus précisément reproché d’avoir multiplié sans justification des actes d’angioplastie coronaire, une opération sous anesthésie locale qui permet d’éviter les risques d’infarctus en dilatant des artères du coeur bouchées ou trop resserrées, indique France Bleu. Ces opérations, dont le nombre a explosé en quelques années à Orléans, ont été réalisées sur des patients à risques, âgés, parfois même en soins palliatifs.

Outre la suspension de leur activité libérale, les deux médecins se sont également vu interdire de pratiquer des angioplasties coronaires au sein du CHRO jusqu’à nouvel ordre. Le conseil de l’ordre des médecins du Loiret et la CPAM ont été saisis, et les deux cardiologues ont quant à eux contesté en bloc les conclusions du rapport.

Source FR3.

Marseille : le doigt d’une enfant amputé par erreur ?…

Les parents d’une fillette de quatre ans se battent pour faire reconnaître ce qu’ils pensent être une erreur médicale.

Lina a été amputée de deux phalanges de son doigt à l’hôpital de la Timone à Marseille.

Marseille : le doigt de la fillette de quatre ans amputé suite à une erreur médicale.

Sandra et Mohamed vivent un cauchemar depuis le 10 juin. Ce jour-là, ils emmènent leur fille de quatre ans à l’hôpital de la Timone à Marseille. Elle s’est blessée au doigt avec son vélo. Une simple entaille pour eux mais le chirurgien des urgences décide d’opérer la fillette. Suite à des complications, le doigt se nécrose. Finalement, c’est l’amputation de deux phalanges.

Les parents réclament justice

La mère de la petite Lina ne parvient pas à accepter cette situation.

Je normalise la chose, mais arrivée au soir, quand je vois ma fille et que je dois lui masser ses doigts, j’ai les larmes qui coulent, je ne contrôle plus rien.

Sandra Bernon, la maman

Leur avocat porte plainte contre l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille. L’administration a refusé de reconnaître sa responsabilité. Or, le professeur, chef de service et spécialiste de la main, avait reconnu au cours d’une réunion qu’il s’agissait bien d’une erreur médicale.

Maître Seroussi et les parents de Lina dénoncent un comportement irresponsable et déloyal de la part de l’APHM

Si cette reconnaissance de responsabilité avait été actée, enregistrée et écrite, nous n’en serions pas là. On aurait simplement saisi les organismes compétents pour faire indemniser l’enfant et clôturer ce dossier. L’erreur est humaine. Cette erreur aurait été admise avec difficulté par mes clients, mais pour autant on aurait été dans le cadre du respect des relations entre un usager des services publics et le service public lui-même.

Maître Seroussi, avocat des parents de la fillette dont le bout de doigt a été amputé suite à une erreur médicale à Marseille.

 

Réponse de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille

Nous avons sollicité l’APHM, voici leur réponse :

Au mois de juin 2020, une petite fille de 4 ans a été prise à charge au sein de l’Hôpital de la Timone pour une plaie à la main. L’examen clinique a révélé qu’une intervention chirurgicale était nécessaire. Cette intervention s’est bien déroulée, mais des complications sont apparues à la suite de son opération. Après la mise en place de plusieurs traitements et devant le manque d’amélioration, l’équipe médicale a été contrainte de procéder à l’amputation d’un doigt atteint de la jeune patiente. L’AP-HM s’associe à la douleur de la famille qui a été reçue à plusieurs reprises par l’équipe médicale. L’équipe a tenu aussi à répondre à toutes les questions des parents et les a associés à toutes ses recherches.

En effet, l’APHM a consulté les plus grands experts français dans ce domaine de la chirurgie de la main afin de comprendre les raisons de cette complication extrêmement rare et à ce jour, aucune explication scientifique n’a pu être obtenue.

En raison du secret médical, aucun élément sur le dossier médical de l’enfant ne sera donné.

Aucune autre demande ni aucune plainte en responsabilité n’a été reçue à ce jour par l’AP-HM. Si les parents décidaient d’engager la responsabilité de l’APHM, il va de soi que toutes les instructions seront données pour que les investigations soient engagées.Hervé Seroussi, avocat de la famille

Source FR3.

 

Manque de personnel dans les Ehpad : “Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés”, alerte une directrice… Vidéo.

Alors qu’on assiste à une recrudescence de cas positifs de coronavirus dans les Ehpad, certains établissements déplorent un manque de personnel.

A La Pommeraie en Charente-Maritime, la directrice lance un cri d’alarme pour alerter sur les difficultés de recrutement.

L'Ehpad La Pommeraie à l'heure du déjeûner.

Alors que les Ehpad se préparent à gérer une augmentation des cas de Covid dans les semaines qui viennent, certains établissements tirent déjà la sonnette d’alarme.
C’est le cas à “La Pommeraie” situé à Périgny près de La Rochelle. Dans cette structure qui emploie 50 salariés pour 70 résidents, la pression est permanente.

C’est clairement pas assez, on a besoin d’être plus nombreux pour accompagner 24 heures sur 24 et toute l’année, les 70 résidents.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

“On a toujours beaucoup de travail, on fait face à des situations d’urgence parfois de manière quotidienne, on a besoin de personnel, on a besoin aussi d’être rassurés quand on est dans l’équipe, d’être sûr qu’on aura assez de monde le lendemain parce que sinon, on réajuste au coup par coup” se désole Katia Ruffin, infirmière de l’Ehpad.

Un courrier au ministère de la santé

La directrice a décidé d’alerter les autorités.  Avec d’autres directeurs d’établissements, elle a adressé un courrier au Ministère de la Santé, la semaine dernière. Les professionnels font part de leurs inquiétudes concernant la pénurie de personnel et les difficultés de recrutement.
“Habituellement, nous considérons que le taux d’encadrement est trop faible pour accompagner les personnes âgées mais en situation de crise avec le Covid, il est indispensable que nous puissions renforcer les équipes parce que les besoins vont être plus importants, la difficulté que nous rencontrons aujourd’hui, c’est la difficulté de recrutement, même par intérim, on a beaucoup de mal à trouver des professionnels qualifiés. Il y a un désengagement des métiers concernant la personne âgée qui nous inquiète” avertit la directrice de “La Pommeraie”.

Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés. Lorsque nous recrutons pour un poste, nous avons peu ou pas de candidatures,et surtout peu de candidatures diplômées. C’est inquiétant.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

Trois cas positifs

Alors que cet avertissement est resté sans réponse, l’Ehpad de Périgny se prépare à une possible nouvelle vague avec un assouplissement des mesures sanitaires.
Les nouvelles modalités de confinement ont été aménagées, elles seront beaucoup moins strictes que la première fois. En cas de covid, c’est la personne infectée qui sera isolée et non plus l’établissement en entier. “C’est seulement avec trois cas positifs que nous pratiquerons un isolemment total avec l’arrêt des sorties et les entrées, on isole tout le monde mais sur un temps court”explique la responsable de La Pommeraie. Au-delà de trois cas positifs avérés, l’établissement devra fermer ses portes pendant sept jours.

VIDEO – Ecoutez les témoignages des soignant(e)s

Source FR3.

Un clip pour les soignants des Ehpad : “Notre métier est dévalorisé, mal payé et peu reconnu”… Découvrez le Clip.

David Ranger, auxiliaire de vie depuis 13 ans dans des Ehpad de la Vienne, a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes”.

Dans cet hymne aux soignants, l’auteur souhaite faire connaître une profession mal payée et dévalorisée.

Image du clip, David avec les résidents d'un Ehpad.

Il est auteur, compositeur et rapeur à ses heures perdues mais dans le quotidien, David Ranger est auxilliaire de vie dans des Ehpad.
Ce Poitevin de 38 ans a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes” qui raconte le quotidien de ce personnel qui prend soin des plus anciens.

“Notre métier est mal reconnu et dévalorisé, j’ai voulu montrer que malgré tout, la plupart des soignants aiment ce qu’ils font, j’ai voulu mettre en avant le soutien psychologique apporté aux personnes âgées, les résidents vivent dans des petites chambres, parfois, ils n’ont pas beaucoup de visites, on leur remonte le moral”assure David Ranger qui souhaite mettre en lumière la bientraitance et le relationnel entre soignants et résidents.

35 soignantes ont participé au clip

Ce métier, David l’exerce depuis 13 ans dans différents Ehpad de la Vienne dont Le Logis du Val de Boivre à Vouneuil-sous-Biard  et Les Jardins de Montplaisir à Ligugé, deux établissements qui ont servi de décor pour le tournage de son clip dans lequel figurent 35 soignantes qui incarnent leur propre rôle.
Et si les Ehpad peinent à recruter du personnel alors que la demande est d’autant plus urgente avec la crise sanitaire, le manque de candidats ne surprend pas l’auteur du clip.
Nous sommes vraiment mal payés, s’insurge David Ranger.

Je gagne le smic, environ 1200 euros net, j’arrive à gagner un peu plus avec une prime de précarité car je travaille en intérim. Mes 13 ans d’ancienneté représente une somme insignifiante d’une vingtaine d’euros, c’est tout. Je fais ce métier parce que j’aime ce que je fais,
David Ranger.

Un métier difficile

“C’est aussi un métier difficile, dans certains Ehpad, il faut travailler vite et il nous arrive négliger le résident faute de temps, de ne pas avoir le temps d’échanger avec eux, de parler alors ça forcément ça décourage car le but de ce métier, c’est d’avoir du temps pour les personnes âgées”, explique David qui a décidé de mettre en musique le malaise de ces soignants, sous la plume de Vida, son nom d’artiste rapeur, il a composé un texte dans lequel il détaille le quotidien de ses collègues. Dans cet extrait de chanson, il rend hommage à la profession.

Elle rentre avec du réconfort, c’est de l’espoir qu’elle apporte pour tous ceux qui sont fragilisés après tant d’années, elle sait les rassurer avec quelques sourires, elles font de leur mieux sans attendre d’applaudissements.

Avec ce clip, David espère toucher le grand public et “d’autres soignants partout en France”.

Vida est nominé aux Trophées SilverEco 2020 dans la catégorie Loisirs/Culture, qui se dérouleront le 10 décembre 2020 au Palais des Festivals de Cannes.

Vous pouvez découvrir le clip qui est sorti en février 2020.

Source FR3.

 

Montceau : la fausse médecin mise en examen et placée en détention provisoire…

Elle a été interpelée mercredi matin. Samantha A. a exercé comme médecin généraliste durant 4 mois au sein du centre de santé de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).

Elle avait été inscrite à l’ordre des médecins après avoir présenté un faux diplôme.

L’un de ses patients a été plongé dans le coma.

Le centre de santé Filiéris de Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire.

Samantha A. est mise en examen pour faux et usage de faux en écriture publique, exercice illégal de la médecine, blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui. La fausse médecin de Montceau-les-Mines a été présentée ce vendredi matin devant le juge A l’issue de son audition, elle a été placée en détention provisoire.

Samantha A.,  a 36 ans, se faisait passer pour médecin généraliste. Durant 4 mois, elle a pu exercer à Montceau-les-Mines avant que la supercherie ne soit découverte. La faussaire a été interpelée mercredi 23 septembre dans la matinée par la brigade de sureté urbaine de Montceau-les-Mines avant son placement en garde à vue. Après la consultation d’un expert psychiatrique en milieu d’après midi mercredi, son état a été jugé compatible avec la garde à vue. Jeudi matin, celle-ci a été prolongée. Samantha A. sera présentée au parquet vendredi matin en vue de l’ouverture d’une information judicaire et de la nomination d’un juge d’instruction.
La jeune femme a été placée en détention provisoire.

Depuis le mois de mai, la jeune femme donnait des consultations de médecine générale au centre de santé Filieris à Montceau-les-Mines. Ce groupe de santé, issu du régime minier, est ouvert à tout le monde, quel que soit le régime de sécurité sociale du patient. Filieris propose une offre de soins complète (centres de santé, établissements de santé, Ehpad et résidences pour personnes âgées, services de soins infirmiers et d’aide à domicile, vente et location de matériel médical, laboratoire de biologie, optique).

Le conseil de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire a tenu une conférence de presse mercredi 23 septembre 2020 pour faire le point sur le sujet. La jeune femme avait présenté un faux diplôme de docteur en médecine, prétendument délivré par la faculté de Paris 13 Sorbonne.

Un patient dans le coma

Un des patients de la fausse médecin a dû être placé dans le coma artificiel. Agé de 67 ans, il a placé près de 6 semaines en réanimation. ” Je ne lui pardonnerai jamais ! s’exclame Régine Gauthier son épouse. Je ne souhaite qu’une chose. S’il y a un procès, je voudrais me trouver en face d’elle. Je voudrais lui dire ce que j’ai à lui dire pour me soulager un peu. En espérant que mon mari se tire de ce mauvais pas, parce qu’il est vraiment au fond du gouffre !”

Deux plaintes ont été déposées auprès du procureur de Chalon-sur-Saône. Une enquête est ouverte pour faux et usage de faux en écriture publique, exercice illégal de la médecine, blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui. L’information judiciaire, qui devrait être ouverte vendredi matin, devra déterminer le nombre de victimes et l’ampleur du préjudice, notamment en collectant les dossiers médicaux.
L’auteur risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.

“Aucun signe” détecté

De son coté, la direction de la maison médicale où la fausse médecin a travaillé durant 4 mois a, elle aussi, déposé plainte. Hervé Laborde, le directeur régionale de Filièris Est affirme qu’aucun signe n’avait été décelé. “Aucun signe depuis sa prise de poste jusqu’à lundi matin où je l’ai relevée de ses fonctions ! On a jamais eu aucune plainte de qui que ce soit. Jamais. C’est surprenant d’ailleurs”

Sur les raisons qui ont permis à cette personne d’exercer, le groupe de santé se contente de répondre : “Il y a un cadre légal pour autoriser des médecins à exercer. Il ne relève pas de Filiéris.”

La semaine dernière, le centre de santé Filieris a donné l’alerte et a informé le conseil de l’ordre qu’un médecin était suspecté de fraude au diplôme. La faussaire a été interrogée par le directeur général de Filieris lundi 21 septembre. C’est là qu’elle a reconnu qu’elle n’avait jamais fait d’études de médecine. Selon nos informations, elle a de nouveau reconnu les faits en garde à vue.

Comment ce faux médecin a pu être recruté ?

Chaque médecin qui veut exercer doit être reçu d’abord par un conseiller de l’ordre. On lui rappelle notamment ses obligations en matière d’ordonnance, d’information de la patientèle, etc.
Puis, chaque mois, l’ensemble des dossiers d’inscription sont examinés en séance plénière. Si aucun problème n’est évoqué, le conseil de l’ordre procède à l’inscription ce qui permet au médecin de commencer à travailler.

Mais, cette procédure a été bouleversée par l’épidémie de covid-19, plaide le conseil de l’ordre.
“Elle a téléphoné au mois d’avril pour demander son inscription. Comme on était alors en pleine période de confinement, toutes les formalités ont été effectuées par mail et par téléphone, car on n’avait pas le droit de recevoir les postulants”explique Gérard Montagnon, président de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire.

“A la vue de son dossier, rien n’a attiré notre attention. Quand je l’ai eue au téléphone, elle m’a dit qu’elle n’avait pas travaillé depuis trois ans, car elle avait élevé sa fille. Elle a indiqué qu’elle avait signé un contrat avec le centre de santé Filieris. On ne les interroge pas sur leurs connaissances médicales, car cela est fait par l’université et a été validé par un diplôme.” 

La jeune femme prétendait également avoir fait des stages d’interne dans plusieurs hôpitaux dont ceux de Bondy et Avicenne à Bobigny.

De son côté, le conseil de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire a alerté le procureur de la République de Chalon-sur-Saône et a également porté plainte pour exercice illégal de la médecine et abus de confiance.

Comment le faux médecin a été repéré ?

Un membre du personnel administratif du centre de santé Filieris, qui mettait de l’ordre dans ses documents, a trouvé une alerte lancée par l’ARS (Agence régionale de santé) en 2019 sur une personne portant le même nom que le docteur de Montceau.

L’alerte indiquait que cette personne tentait de se faire passer pour infirmière et qu’elle avait essayé de s’inscrire dans le listing Ameli alors quelle n’avait pas de diplôme.
C’est ainsi que la fraude a été mise au jour. “Il n’y aurait pas eu ce document, elle passait à travers”, a précisé Gérard Montagnon.

“On va tirer les conséquences de cette affaire”, a assuré le président de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire, notamment au niveau de “la vérification de l’authentification des diplômes”. “Il est évident qu’il y a une procédure à revoir et on sera beaucoup plus stricts à l’avenir.”

Source FR3.

Ehpad de l’horreur en Aveyron : maltraitance et vidéos dégradantes des résidents au cœur d’un scandale…!

Ehpad de l’horreur en Aveyron : maltraitance et vidéos dégradantes des résidents au cœur d’un scandale.

L’Ehpad d’Onet-le-Château, 84 résidents, dont un tiers en unité Alzheimer.

L’Ehpad castonétois est confronté à un sévère problème de gouvernance auquel s’ajoute la découverte de photos et vidéos mettant en scène de façon ignoble les résidents les plus fragiles.

Immonde, immoral, infâme, abject… Tout le vocabulaire de l’horreur tourne en boucle au sein de l’Ehpad La Rossignole à Onet-leChâteau. Chez les familles de résidents,la direction et une large majorité du personnel.

Pas tous, une poignée d’entre eux est convaincue par la direction d’avoir, dans l’unité Alzheimer de l’établissement, commis l’inconcevable : prendre des photos et des vidéos des résidents, fragiles et vulnérables, dans des situations dégradantes et infamantes, parfois à caractère sexuel, et les avoir publiées dans un réseau à usage privé, assorti de commentaires cyniques et méprisants.

Un scandale qui implique à ce jour 11 des 55 effectifs de La Rossignole, des soignants pour l’essentiel, et à des degrés divers. La justice a été saisie, la police a ouvert une enquête.

Quatre licenciements

Les faits datent de plusieurs mois mais n’ont été découverts que le 29 juillet dernier. “Nous avons appris le problème dans cette unité Alzheimer par un signalement d’un des agents de l’établissement, explique André Vié, président du conseil d’administration de La Rossignole. Nous avons aussitôt diligenté une enquête administrative avec notre avocat et la direction, et reçu plusieurs personnels. L’un d’eux a craqué et nous a donné accès à un site Messenger, réservé à un groupe de personnes”.

“Nous avons vu ces documents abjectsOn a été abasourdis. Ils s’amusaient avec les résidents comme avec des poupées. Il n’y avait plus la moindre éthique. La directrice de l’établissement et moi-même sommes allés porter plainte au commissariat dès le 30 juillet. Le procureur de la république nous a assuré ne pas laisser cela sans suite”. Le conseil d’administration reçoit alors les personnes qui avaient adhéré à ce groupe Messenger.

“Nous avons pris la décision de licencier quatre d’entre eux. Deux autres qui étaient moins impliquées, seront sanctionnées, une décision les concernant est en cours. Cinq autres personnes ont reçu un avertissement…”, explique André Vié. Lequel, avec sa directrice, avertissent alors les tutelles de l’établissement : conseil départemental, ARS et préfecture.

Démissions en cascade

L’affaire commence à s’ébruiter, il faut réagir vite. “Ce problème a créé une ambiance délétère au niveau du personnel. Il fallait aussi prévenir les familles, les inciter à se porter partie civile… On ne savait pas trop par quel bout prendre les choses”.

Les démissions s’enchaînent. Parmi elles, celle de la directrice de l’établissement, Frédérique Modolo, qui n’a pas souhaité poursuivre le contrat à l’essai qui la liait à La Rossignole. Le conseil d’administration fait alors appel à un cabinet spécialisé à Albi, “Expertise transversale consulting santé-médicosocial”, présidé par Félicien Danglot, qui vient à Onet début septembre avec sa consultante Fabienne Guiral. Et prend en charge le management de transition, “sans pouvoir de signature”, précise-t-il.

Familles sous le choc

L’ensemble des familles et des personnels sont reçus, tour à tour. Les résidents également, nombre d’entre eux s’inquiètent du devenir de leur Ehpad… Les familles des résidents victimes des agissements incriminés sont sous le choc. La fille d’un résident porte plainte au commissariat de Rodez où on lui donne accès aux photos et vidéos infamantes. “Cela fait neuf mois que duraient leurs cochonneries. Et les soignants ne leur donnaient que des demi-portions, gardant le reste pour assurer leur déjeuner”.

Une maltraitance que reconnaît la direction dans le cadre de son enquête. Le petit-fils d’une résidente dit avoir “vu sa grand-mère dépérir“. Mais il “n’imaginait pas qu’elle ait pu souffrir de la sorte”. Lui aussi porte plainte, comme cet autre fils d’une résidente qui assure “n’avoir rien constaté jusqu’alors,si ce n’est un manque d’hygiène flagrant”. Et déplore “que la direction ait tardé à donner des éléments aux familles”.

Pour tous, “personne n’a intérêt à ce que La Rossignole ferme”. Et d’assurer, louant les valeurs de bienveillance constatée souvent chez le personnel, “que tous les soignants dans leur très grande majorité ne sont heureusement pas condamnables”. Ne pas fermer, un souhait partagé et une volonté de tout faire pour sauver l’établissement et restaurer, surtout,le bien-être des résidents auquel ils se sont habitués depuis maintenant onze ans.

Comment en est-on arrivé là ?

Si rien ne pourra jamais justifier les comportements coupables envers les résidents,surtout à ce niveau de maltraitance et d’humiliation, l’Ehpad La Rossignole souffre de puis de longs mois d’un problème de gouvernance que reconnaissent le président du conseil d’administration, André Vié,et sa vice-présidente Christiane Viguié. “J’ai fait partie des créateurs de l’établissement en 2009,explique André Vié.

Jusqu’à une date récente tout semblait aller bien.Mais la structure s’usait et n’avait pas été repensée. Financièrement, on a vu apparaître des excédents, on s’est endormi dessus, on n’a peut-être pas assez investi dans la formation…”.

Et d’ajouter : “Il y a eu la crise sanitaire, la pression énorme du Covid et la révélation cet été de ce grave problème qui a été la goutte d’eau qui afait déborder le vase. Les personnels sont usés et fatigués, la gouvernance l’est tout autant “. Le président va démissionner Pour Félicien Danglot,consultant et manager de transition de puis ce mois de septembre, « il y a bien ici un déficit de management structurel de l’investissement.

On découvre en avançant. Mais c’est un établissement où la prise en charge est de grande qualité, il faut rester confiant” .Confiant, André Vié l’est aussi. Mais il a décidé de démissionner,à la fin de l’année. En tout cas “quand le ménage sera fait”. Car il veut laisser à son départ une maison propre.

Source JNEWS FRANCE.

EHPAD: comment signaler un cas de maltraitance d’une personne âgée?… Un numéro d’écoute pour les personnes âgées !

Malgré une progression de 13% l’année dernière, les signalements de maltraitances dans les EHPAD restent trop rares selon l’Organisation mondiale de la santé.

Selon l’OMS, une personne âgée sur six est victime de maltraitance en France.

En France, une personne âgée sur dix est victime de maltraitance chaque mois, selon l’OMS. Pour autant, seulement un cas sur 24 est signalé. Comment expliquer un tel écart? Aujourd’hui, «la maltraitance des personnes âgées reste un sujet tabou», explique Véronique Ghadi, directrice de la qualité de l’accompagnement social et médico-social au sein de la HAS.

Mais certaines affaires ont commencé à provoquer une prise de conscience en France. En septembre 2014, une aide-soignante a été accusée de maltraitance sur des résidents souffrant de la maladie Alzheimer, à Roanne dans la Loire. Un mois plus tard, une autre aide-soignante a été licenciée en Seine-Maritime, accusée d’avoir cassé le bras d’une pensionnaire et d’avoir été violente avec d’autres personnes âgées. Plus récemment, le 14 février 2019, un aide-soignant a été jugé pour violences répétées sur une patiente de 98 ans, souffrant d’une double fracture du fémur.

Confrontées à ces cas, les familles se retrouvent bien souvent démunies pour dénoncer une maltraitance. «Il n’y a pas de dispositif technique miracle, nous n’avons pas de baguette magique», prévient la Haute autorité de santé (HAS). Toutefois, il existe différents moyens de faire un signalement.

• 3977, le numéro d’écoute pour les personnes âgées

Un numéro d’écoute est mis en place depuis 2008 pour permettre aux personnes âgées et à leurs familles d’alerter, de façon anonyme, des risques ou faits de maltraitance. S’il est peu connu, il a toutefois permis en 2018 d’ouvrir 4233 dossiers d’accompagnement de situation, dont 3138 de maltraitance. «Ce sont très souvent les familles qui nous appellent, quand leurs parents sont en EHPAD. Nous recevons des appels majoritairement pour des violences psychologiques, physiques, involontaires et financières», explique Isabelle Gillet, responsable de la plateforme d’écoute du 3977.

En 2018, le taux de signalement de maltraitances a augmenté de 13% dans les EHPAD. Et les chiffres du 3977 sont également en hausse. Entre 2016 et 2017, ils «ont augmenté de 38%», indique Isabelle Gillet. Pour autant, entre 2017 et 2018, la hausse n’était que de 3%.

• Signaler toute maltraitance auprès de l’ARS

Après avoir averti la direction ou contacté le 3977, les familles des personnes âgées maltraitées peuvent faire appel à l’Agence régionale de santé (ou au conseil départemental) par téléphone ou directement sur leur site internet. Dès lors, l’ARS prendra directement contact avec l’établissement soupçonné de maltraitance pour obtenir des éclaircissements. «Une inspection peut également être déclenchée dans les cas les plus importants», indique Alice Casagrande, directrice formation, innovation et vie associative à la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP). «Mais les ARS n’ont pas toujours les moyens de faire les inspections qu’elles voudraient», constate Véronique Ghadi.

• Un recours possible auprès de la justice et du défenseur des droits

Les procédures engagées par l’ARS peuvent parfois être longues. Il est alors possible d’engager un recours auprès de la justice (police, gendarmerie ou procureur), ou auprès du défenseur des droits. Ce dernier est une autorité indépendante. «Pas besoin, donc, d’engager forcément un recours auprès de la justice, par exemple, pour le solliciter», précise Alice Casagrande, également coauteur de la note d’orientation «pour une action globale d’appui à la bientraitance» présentée à Agnès Buzyn le 24 janvier 2019. Le défenseur des droits peut, lui aussi, être saisi via son site internet, par courrier ou par téléphone.

Il arrive que la HAS soit sollicitée par des familles, qui ne trouvent pas de réponses après envoyé plusieurs courriers. Auquel cas, «il est possible dans certains cas que la HAS adresse des courriers à un procureur, ou plus souvent au défenseur des droits, car nous n’avons aucune action», indique Véronique Ghadi.

• Les caméras de surveillance: une idée controversée

En 2019, la famille de la résidente de 98 ans au fémur doublement fracturé obtient la preuve que celle-ci a été frappée par un membre du personnel de l’EHPAD par le biais des images d’une caméra cachée dans sa chambre. En France, la question de l’usage des caméras de surveillance par les familles fait débat. Pour l’heure, Alice Casagrande insiste sur le fait «qu’en France la question ne se posait pas sur la légalisation des caméras dans les chambres des résidents».

Pour Pascal Champvert, président de l’AD-PA, ce n’est pas une solution, d’abord pour l’intimité des personnes âgées, mais aussi pour le respect du travail du personnel. «La maltraitance passe par “l’âgisme”, c’est-à-dire par la dévalorisation de tout ce qui concerne la personne âgée. Et c’est cela qu’il faut dénoncer», affirme-t-il. Claudette Brialix, présidente de la Fédération nationale des associations et des amis des personnes âgées et de leurs familles (FNAPAEF), pourrait être favorable à la pose de caméras seulement si la personne âgée concernée est au courant et est d’accord. «Il ne faudrait pas que les caméras soient dans les salles de bains ou les toilettes, c’est une question d’intimité. Et si la personne n’est pas en pleine conscience, alors c’est beaucoup plus compliqué, car nous ne savons pas si c’est son choix», souligne-t-elle. À noter qu’au Québec, la loi autorise depuis 2018 la pose de caméras de surveillance, pour faciliter la détection de signes de violence du personnel.