“On a touché le fond à l’hôpital, on ne peut pas revenir au monde d’avant” : une pédiatre décide de parler…

Manque de lits, pression sur les personnels, concurrence entre les services, cette situation n’est pas nouvelle pour les hospitaliers.

Mais alors que s’ouvrent des négociations en haut lieu, le “Ségur de la Santé”, certains médecins sortent de leur silence.

Rencontre avec une pédiatre très déterminée.

Une autre organisation est-elle possible à l'hôpital avec davantage de soins, davantage de lits, de personnels, et moins de concurrence entre les spécialités ?

Elle affiche un large sourire que l’on aperçoit derrière son masque bleu et blanc, mais son inquiétude, sa colère, surgissent rapidement lorsque l’on parle des conditions de soin et de travail. Le docteur Véronique Hentgen, pédiatre dans un hôpital d’Île-de-France, a décidé de s’exprimer pour que les choses changent. Elle nous permet de visiter son service. Dans le couloir des adolescents, certains dessinent. Les règles de distanciations sont respectées, autant que possible. Un peu plus loin, le babyfoot a été désinfecté. Tout est calme, serein. Mais l’hiver dernier, cet hôpital a tellement manqué de lits de réanimation que des bébés ont dû être transférés dans d’autres hôpitaux, loin de leur région.

Là, on a touché le fond“, se confie-t-elle, “le choc a été immense pour les pédiatres“. Ce que les adultes ont vécu lors de cette crise du Covid-19, les bébés l’ont déjà éprouvé en pédiatrie cet hiver”, se révolte-t-elle. Parce que les hôpitaux d’Île-de-France manquaient de lits, des bébés qui avaient besoin de soins de réanimation ont dû en effet parcourir des centaines de kilomètres. “C’est quoi la prochaine étape ?”, se demande-t-elle. “Si les autres hôpitaux sont pleins, on ne pourra plus les transférer ? Et on devrait les laisser mourir ? Cela n’est pas possible !”

Face à cette situation dramatique, cette pédiatre, entièrement vouée à l’hôpital public et non syndiquée, s’est engagée au sein du “Collectif Inter Hôpitaux“, et elle “ose parler”, comme elle dit, car sinon “elle aurait honte de laisser faire”.

L’espoir de pouvoir se recentrer sur le soin

Depuis cet hiver, elle se bat, mais aujourd’hui, elle se dit que des leçons peuvent être tirées de la crise du Covid-19. Durant ces longues semaines, les soignants se sont en effet concentrés sur leur métier, leur vocation : le soin de tous les malades, et ils ont laissé de côté les préoccupations financières et la pression de rentabilité qui minent leur quotidien selon eux. “Jusqu’à présent, on raisonnait en terme de coût et de budget, là on a retrouvé le sens de notre métier.” Une autre organisation est-elle alors possible ? Avec davantage de soins, davantage de lits, de personnels, et moins de concurrence entre les spécialités ?

Quand elle pense à l’avenir, le ton monte. Il y a des solutions, or l’épidémie a montré qu’on ne peut pas revenir au système d’avant, car il est pervers, on ne doit pas retourner dans une logique comptable”, s’insurge-t-elle.

Véronique Hentgen se prend à rêver d’un hôpital “plus fort“, qui accueillerait davantage de patients et qui “permettrait aux médecins de mener leurs travaux de recherche à d’autres heures que la nuit ou pendant leurs congés“. Pour cela, selon elle, il faut rompre avec la logique de “tarification à l’acte et à l’activité” qui pousse à multiplier les actes pour être rentable. Et pour elle, “considérer que certains actes rapportent et d’autres non, c’est une hérésie” en médecine.

Et le soutien du grand public ?

Concernant les salaires, comme beaucoup de médecins, elle estime que l’urgence est surtout de revaloriser les infirmières et les aides-soignantes”. Mais pour elle, c’est le mode de financement des hôpitaux qu’il faut revoir et “investir dans la santé rapportera à l’économie car une population en bonne santé, c’est positif pour toute la société“, insiste cette pédiatre, également infectiologue. En d’autres termes, si ce Ségur de la Santé ne va pas au-delà de mesures salariales, l’occasion sera ratée “pour sauver l’hôpital public”. Voilà son inquiétude.

Cette pédiatre espère enfin que le grand public saura soutenir les soignants à l’avenir, comme aujourd’hui. Quitte à engager un débat de société et à accepter, peut-être, de payer un peu plus chacun pour la santé…

Source FRANCE INTER.

Des soignants atteints du Covid 19 ont bien développé une immunité temporaire…

Les malades atteints d’une forme légère du Covid-19 sont-ils protégés contre une nouvelle infection ?

Une équipe de l’institut Pasteur ainsi que le CHU de Strasbourg ont pratiqué des tests sur des personnels soignants de deux hôpitaux de Strasbourg atteints par le Covid-19.

La réponse est positive, ils sont immunisés.

Des soignants atteints du Covid 19 ont bien développé une immunité temporaire. 160 soignants de 2 hôpitaux de Strasbourg atteints par le coronavirus ont été testés. 159 ont développé des anticorps

160 soignants de deux hôpitaux de Strasbourg qui avaient été atteints par le coronavirus, ont été testés. Ils avaient développé des formes légères, sans aucune hospitalisation.

Un mois après la maladie, la présence des anticorps était incontestable : “On a retrouvé des anticorps chez la quasi-totalité d’entre eux : 159 sur 160” explique le Pr Arnaud Fontanet de l’Institut Pasteur qui a conduit cette étude. “Et, plus intéressant, on recherchait les anticorps neutralisants dont on sait qu’ils sont protecteurs contre, par exemple, une réinfection. Et là, à partir d’un mois, on en trouve chez 98% des personnes qui avaient été infectées par le SARS-CoV-2. Des résultats qui sont effectivement une bonne nouvelle.

On ne savait pas, jusqu’ici, quelle était la proportion d’individus qui développent des anticorps et si ces anticorps étaient protecteurs. Mais le chercheur précise :

“Le fait d’avoir des anticorps protecteurs un mois après le début des signes, laisse entendre que, très vraisemblablement, ils sont protégés contre une réinfection s’ils étaient à nouveau exposés au coronavirus”

Il n’y a pas de doute sur la capacité de protection de ces anticorps, qui a été testée en laboratoire. Combien de temps va durer cette protection pour les personnes qui ont développé une forme légère ? “De quelques semaines à quelques mois”, disent les chercheurs, il faudra ensuite re-tester.

C’est une bonne réponse même si elle ne s’applique qu’à peu de personnes puisqu’on estime à 10% le taux de contamination dans les zones rouges : Grand Est, Île de France et seulement 2% dans l’ouest.

Source FRANCE INTER.

Coronavirus : des symptômes de stress post-traumatique chez 30% des internes selon une étude…

Selon une étude publié ce vendredi par l’Insi (Intersyndicale nationale des internes), un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus. “L’épidémie a été très anxiogène pour les internes”, souligne l’Intersyndicale.

Un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus, selon une étude publiée par l'Intersyndicale nationale des internes (photo d'illustration).

Cauchemars, impression de ne pas arriver à faire face, ne pas pouvoir en parler, irritabilité, colère, anxiété, tristesse… Cette étude montre que ces symptômes sont très présents”, souligne l’Intersyndicale nationale des internes (Insi), inquiète de l’impact de l’épidémie “sur la santé mentale des internes“.

Un interne sur trois présente des symptômes de stress post-traumatique depuis la crise du coronavirus, selon une étude publiée vendredi par l’Intersyndicale. “L’épidémie a été très anxiogène pour les internes“, souligne l’Isni dans cette enquête, réalisée entre le 20 mars et le 11 mai auprès de 892 médecins en formation, via un questionnaire basé sur des outils utilisés dans les études de psychiatrie.

“Le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection ont accru le stress de ces jeunes professionnels – Insi”

“L’arrivée d’un virus inconnu, la réalisation de nouvelles prise en charge de patients dans des états graves, la surcharge de travail, le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection ont accru le stress de ces jeunes professionnels”, ajoute l’Isni.

Au total, 47,1% des personnes interrogées présentaient à la mi-mai des symptômes d’anxiété, soit 15 points de plus qu’en 2017. 29,8% montraient des symptômes de stress post-traumatique, et 18,4% des symptômes dépressifs.

Les internes en médecine, futurs médecins employés à l’hôpital dans le cadre de stages de fin de cursus, se sont retrouvés en première ligne ces dernières semaines face au coronavirus dans de nombreux établissements. D’après l’Isni, ils représentent actuellement 44% des médecins hospitaliers.

Source FRANCE BLEU.

Les autorités commencent à recenser les professionnels de santé contaminés et décédés, en toute discrétion…

Le Gouvernement a longtemps affirmé qu’il ne souhaitait pas établir un décompte jugé “macabre” des professionnels de santé contaminés et décédés des suites d’un infection au Covid-19.

Pourtant, un recensement, encore très partiel, est discrètement tenu à jour sur le site de Santé Publique France.

Jawad, infirmier en réanimation, est au front de l'épidémie depuis plusieurs semaines à l'Infirmerie protestante de Lyon.

Combien de professionnels de santé ont été victimes du Covid 19 ? Les autorités ont été longtemps rétives à comptabiliser le nombre des morts et des cas de contamination chez les personnels soignants. Elles commencent à donner quelques chiffres, sans toutefois les mentionner dans les points quotidiens de la Direction Générale de la Santé.

Des premières données ont fait leur apparition dans les points épidémiologiques hebdomadaires de Santé Publique France, le jeudi 7 mai 2020. On ne connait pas encore le nombre total de professionnels de santé contaminés, puisque le recensement n’a, pour l’instant, été réalisé que dans un peu plus d’un tiers des établissements de santé du pays, et n’intègre pas les soignants en ville. Sur les 3 065 établissements de santé de France, 1 091 établissements ont été recensés, depuis le 1er mars 2020. Mais parmi les établissements qui manquent à l’appel, certains n’ont pas accueilli de patients atteints de l’infection.

Il ne s’agit que du “début du recensement”, reconnaît Anne Berger-Carbonne, responsable de l’Unité Infections associées aux soins et résistance aux antibiotiques, à la Direction maladies infectieuses de Santé Publique France. Néanmoins, “maintenant que nous avons dépassé les 1 000 établissements recensés, cela commence à vouloir dire quelque chose”, assure l’experte en charge de communiquer sur ce recensement.

En France, un contaminé sur cinq travaille dans la santé

Alors, que nous disent ces chiffres partiels ? À ce stade, le recensement fait état de 13 morts et 25 337 cas de contamination de professionnels (soignants ou non) dans ces 1 091 établissements de santé. Les 25 000 cas représentent environ 18% du total des cas de contamination détectés en France au 14 mai 2020. Donc, en France, un contaminé sur cinq travaille dans un établissement de santé.

Les treize morts sont quatre médecins, trois aide-soignants, un professionnel de santé “autre” et cinq professionnels non-soignants. Les personnels contaminés sont, pour 85% d’entre eux, des soignants et 10% des professionnels non-soignants. Pour 5% des cas, la catégorie professionnelle n’était pas renseignée. Les plus touchés ont été les infirmiers (28%), les aide-soignants (26%) et les médecins (10%).

Lorsqu’on établit une moyenne de contamination par établissement recensé, on s’aperçoit, sans surprise, que les professionnels les plus touchés travaillent en Île-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand-Est.

La surveillance, accessible sur le site de Santé Publique depuis le 7 mars 2020, regroupe les cas confirmés par tests PCR et les cas reconnus comme ayant été infectés sur une base symptomatique ou en raison d’un historique de contact.

Des informations, obtenues grâce aux équipes opérationnelles d’hygiène des hôpitaux et les médecins du travail des établissements, puis actualisées avec les remontées d’une personne référente au sein de l’établissement, missionnée par le directeur pour remplir un questionnaire chaque semaine, comme nous l’expliquions dans cet article.

Des données partielles

Le nombre de contamination et de décès comptabilisés devrait évoluer au fil des semaines, avec les nouvelles remontées des établissements qui ne se sont pas encore signalés. Le décompte va donc évoluer. Par exemple, quatre décès de médecins ont été signalés à Santé Publique France. Or, la presse a évoqué la mort d’au moins cinq médecins hospitaliers.

Par ailleurs, les décès et contamination de professionnels libéraux ne font pas encore l’objet d’un recensement. Les données disponibles à ce jour sont celles de la Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (Carmf), qui dénombre 4 500 demandes d’indemnisations d’arrêts de travail en rapport avec le virus et 29 praticiens libéraux décédés des suites d’une infection au Covid-19, au 30 avril 2020.

Le changement de position du Ministère de la Santé

Le recensement mené par Santé Publique France n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle. Fin mars, le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, se disait “mal à l’aise” avec l’idée d’établir un décompte, jugé “un peu macabre, du nombre d’infirmières, d’aide-soignants et de médecins, qui sont infectés. Et ce d’autant que d’autres professionnels pourraient dire, qu’eux aussi, sont concernés car ils participent de la chaîne de la prise en charge”, répondait-il au Généraliste. Le 10 avril 2020, auprès du Quotidien du Médecin, il justifiait le refus d’établir un décompte des professionnels contaminés par le “secret médical”.

Courant avril 2020, le Ministère de la Santé semble donc avoir changé d’avis. “Les directions d’établissements et les Agences régionales de la Santé ont été informées de ce recensement par un message de la Direction générale de la Santé les 21 et 24 avril”, relate Anne Berger-Carbonne, qui précise que le recensement proposé par Santé Publique France “a tout de suite été accepté”. Les données sont bien sûr _”anonymisées”, e_lles permettront notamment de comparer le taux de contamination des professionnels de santé avec celui de la population générale.

Source FRANCE INTER.

Les internes en médecine déplorent des conditions de travail insupportables…

La situation difficile que vivent de nombreux internes en médecine est taboue.

Mais des associations souhaitent briser le silence.

Les internes en médecine déplorent des conditions de travail insupportables...

Les internes se rebiffent. Après les étudiants infirmiers, c’est leur tour de se mobiliser afin d’obtenir de meilleures conditions de travail. Il s’agit de futurs médecins qui travaillent à l’hôpital dans le cadre de stages, afin de finaliser leur cursus. Durant la pandémie, ils ont été particulièrement mobilisés, mais le problème ne date pas d’hier. Entre un temps de travail parfois insensé, une pression permanente de la part des supérieurs et des cas de harcèlement, ces étudiants tirent la sonnette d’alarme.

Des internes surexploités et peu reconnus

Selon une enquête publiée par le Conseil national de l’ordre des médecins en 2016, 14% des étudiants et jeunes médecins ont déjà eu des idées suicidaires. Un chiffre trois fois supérieur à la moyenne nationale. Selon l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine), «depuis novembre 2016, 5 internes se sont donné la mort». C’est le cas d’Élise, une jeune interne de 24 ans, qui a mis fin à ses jours le 2 mai 2019 à Lyon. Afin de mettre en lumière la situation des internes, son père a créé le 2 mai dernier la Ligue pour la santé des étudiants ou internes en médecine (LIPSEIM). À travers cette association, cette famille veut rassembler toutes les personnes qui souhaitent améliorer les conditions de formation, de travail, d’exercice et de vie des étudiants et internes en médecine.

«Ils font des heures de folie»

«Ce que vivent les internes, c’est un chemin de croix. Ils ont des conditions de travail désastreuses, personne ne les respecte, ils font des heures de folie mais ils ne sont pas préparés à ça. Il existe des textes de lois limitant le temps de travail mais ils ne sont pas respectés, il n’y a pas d’inspection du travail. Ma fille travaillait jusqu’à 80 heures par semaine», déplore le père d’Élise. Concernant le temps de travail, le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon a publié une enquête datant de mai 2019, dans laquelle elle révèle que 83% des internes dépassent le plafond légal des 48 heures de travail par semaine, et que 30% d’entre eux déclarent travailler plus de 60 heures par semaine.

» LIRE AUSSI – Paces: l’inquiétude des étudiants en médecine face aux nouvelles modalités des épreuves

Le père d’Élise ne veut pas rester les bras croisés. «Personne ne réagit. Nous voulons mobiliser l’opinion publique et mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités. Les internes eux-mêmes sont culpabilisés quand ils disent leur souffrance, et n’ont plus la force de se révolter. C’est honteux, et c’est pour cela que notre objectif est de briser le silence, briser cette omerta, il faut libérer la parole». L’association, via son adresse mail (lipseimcontact@gmail.com), propose d’aider ces internes moralement, mais également de «tendre la main aux familles qui ont perdu un proche».

Un temps de travail peu respecté

Les syndicats d’internes tels que l’Intersyndicale nationale des Internes (ISNI) luttent pour faire évoluer la situation. «Depuis 2015, un interne ne doit pas travailler au-delà de 48 heures, mais ce n’est jamais respecté. C’est pour ça que nous demandons un décompte horaire du temps de travail. Sans ça, nous ne pourrons pas mettre en lumière cette situation très difficile», nous explique la première vice-présidente de l’ISNI, Nawale Hadouiri, qui demande aussi «l’obligation du respect de repos de sécurité» après une garde ou une astreinte. En effet, dans son rapport d’enquête datant de mai 2019, le Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon a indiqué que 80% des internes effectuant des astreintes ne bénéficient pas d’un repos de sécurité après leur travail de nuit. Enfin, l’ISNI demande également la prévention et la prise en charge des risques psychosociaux.

Des chefs de service intouchables

«Nous avons presque tous eu des problèmes avec des membres du personnel soignant. Le souci est qu’on ne peut jamais répondre parce qu’on sait que cela va forcément nous retomber dessus», déplore Léa*, interne en chirurgie. Comme de nombreux autres internes dans son cas, elle n’ose pas forcément en parler, par peur des répercussions, et vit mal la situation. «On est censés être en formation, mais je ne me sens pas suffisamment formée, il y a un problème, c’est évident», détaille ainsi cette interne. Elle pointe du doigt en particulier les chefs de service: «Ils sont intouchables, on ne peut rien leur dire, on doit se taire pour évoluer et valider nos stages, on n’a aucun moyen de pression».

* Elle a souhaité rester anonyme

Source LE FIGARO.

Covid-Quest, un outil numérique pour communiquer ses symptômes à un professionnel de santé…

La Société de pneumologie de langue française lance un outil numérique pour aider à obtenir un avis médical sur des symptômes évoquant le Covid-19.

Covid-Quest, un outil numérique pour communiquer ses symptômes à un professionnel de santé

Migraine ? Mal de gorge ? Température au-dessus de la normale ? En ces temps d’épidémie, nombreux sont les Français à se surveiller plus que d’habitude et à craindre d’avoir contracté le Covid-19 au moindre symptôme. Seul un avis médical permet de le savoir avec certitude. Pour ce faire, la Société de pneumologie de langue française (SPLF) a mis au point, en partenariat avec le site automesure.com, un outil numérique sous forme de questionnaire nommé Covid-Quest pour aider les patients à communiquer leurs symptômes à leur médecin en quelques minutes.

Comment ça marche ?

Pour utiliser l’outil, il faut se rendre sur le site covid-quest.com. Pas besoin de s’inscrire, de télécharger d’application ni d’entrer ses données personnelles. Le site propose immédiatement d’entamer un questionnaire de 26 questions couvrant l’ensemble des symptômes du Covid-19, ainsi que quelques éléments personnels tels que l’âge, les antécédents médicaux ou les médicaments récemment consommés.

Certaines réponses déclenchent des messages d’alertes, d’autres affichent des conseils. Une fois le questionnaire terminé, Covid-Quest synthétise la situation de la personne sous forme d’un fichier PDF. Il est alors possible de l’envoyer par courriel ou le transférer dans son dossier médical personnel.

«Les questions et les messages ont été rédigés dans le respect des recommandations gouvernementales et en fonction des connaissances scientifiques du moment, précise la SPLF dans un communiqué. Les réponses données constitueront également un observatoire du recours des usagers à la e-santé.»

Pourquoi cet outil ?

«Le confinement modifie le recours aux soins habituels puisque le premier avis doit maintenant se faire à distance, par téléphone ou en téléconsultation», explique la SPLF. La plateforme Covid-Quest permet aux patients de décrire leur situation et de transmettre les principaux éléments de leur dossier à un professionnel de santé.

Covid-Quest est un outil de premier recours dont les patients peuvent se saisir de manière autonome, en amont des applications de télésuivi destinées aux patients ayant déjà été en contact avec un médecin. Il n’est pas destiné à remplacer un avis médical mais conçu pour faciliter le dialogue avec le médecin et, si besoin, être inclus dans le dossier médical partagé (DMP).

Source LE FIGARO.

 

Coronavirus – L’hôpital Nord Franche-Comté pense avoir trouvé un traitement “prometteur”…

L’espoir d’un traitement contre le Covid-19 ? L’hôpital Nord Franche-Comté indique avoir obtenu des résultats encourageants en utilisant le Tocilizumab pour soigner ses patients infectés.

Coronavirus - L’hôpital Nord Franche-Comté pense avoir trouvé un traitement "prometteur"...

Inspirés par des travaux chinois et italiens, les infectiologues et les rhumatologues de l’hôpital Nord Franche-Comté utilisent le Tocilizumab pour soigner des patients atteints du Covid-19 depuis le 1er avril.

Trente personnes en ont déjà bénéficié au sein de l’établissement et les premiers résultats sont « encourageants », à tel point que l’HNFC parle d’un traitement « prometteur dans les infections graves ».

Baisse des décès et des passages en réanimation

Une conférence de presse sera organisée ce jeudi après-midi à Trévenans pour présenter en détail les résultats obtenus. Mais quelques chiffres sont déjà disponibles et montrent une baisse importante des décès ou des passages en réanimation après cinq semaines d’utilisation du Tocilizumab à l’HNFC.

Ainsi, dans les formes de détresse respiratoires aiguë, le taux de décès a chuté de 48 % à 25 % et celui du transfert en réanimation est passé de 44 % à 0 %.

Un traitement déjà utilisé à Paris

Ces résultats doivent évidemment être confirmés sur le plan national, mais ce n’est pas la première fois que le Tocilizumab est cité. Fin avril, les Hôpitaux de Paris avaient aussi mis en évidence des améliorations significatives du « pronostic des patients avec pneumonie Covid moyenne ou sévère » grâce à ce traitement.

Un médicament qui est généralement employé en rhumatologie dans le cas de polyarthrite rhumatoïde et l’arthrite juvénile idiopathique.

Source EST REPUBLICAIN.

Le fils autiste d’une infirmière libérale privé d’accueil périscolaire à Montpellier…

Une solution a été trouvée avec la Ville, mais l’affaire pourrait ne pas en rester là.

L’école André-Boulloche, à la Paillade, où sont inscrits les deux fils de Mme Vitu. P

Infirmière libérale à Montpellier, à Lemasson, Angélique Vitu ne se doutait pas des difficultés qu’elle rencontrerait pour faire garder un de ses jumeaux âgés de 9 ans et demi, dans le cadre de la crise du Covid-19. En tant que personnel soignant, cette femme de 40 ans avait pourtant inscrit ses enfants afin de pouvoir travailler.

Dès le 17 mars, tous deux ont bien été accueillis quatre matinées par semaine, de 8 h 30 à 12 h, sur le site de l’école Boulloche, à la Paillade. Mais seul l’un des deux – légèrement handicapé et accompagné par son auxiliaire de vie scolaire – a été accepté sur les temps périscolaires, c’est-à-dire, avant 8 h 30 et après 12 h. “Dès le 17 mars au soir, j’ai reçu un coup de fil de la Ville pour me dire qu’ils n’acceptaient pas mon autre fils, autiste, en raison de son handicap plus lourd. Mais je n’ai jamais eu de mot écrit !”

“Je suis seule sur ma tournée qui représente 60 passages par jour”

Cette situation a posé de graves problèmes à cette infirmière qui débute ses tournées dès 8 heures et ne les achève parfois qu’à 13 h 30. “Ils m’ont même suggéré de soigner les gens en gardant mon enfant, s’indigne-telle. C’est évidemment impossible. Je suis seule sur ma tournée qui représente 60 passages par jour en moyenne. Depuis la mi-mars, beaucoup de patients ne voient plus leur famille et certains sont Covid. Il y a encore plus de choses à faire auprès d’eux. En plus, mon mari doit aussi travailler.”

C’est le mercredi que la situation est la plus difficile. Ce jour-là, l’école fait centre de loisirs, mais ses enfants ne peuvent être récupérés qu’à 13 h 45. Au retour des vacances scolaires, où elle a bénéficié de cinq jours de répit grâce au Sessad, qui a gardé ses enfants handicapés à son domicile, un clash est intervenu le mercredi 22 avril à l’entrée de l’école Boulloche.

“J’ai été victime de discrimination”

“La Ville n’a voulu accueillir qu’un seul de mes fils, déplore l’infirmière. J’étais très stressée car mes patients m’appelaient dans le même temps pour savoir quand je viendrais et je devais décaler mes tournées. J’en ai même pleuré. À 11 h, ils ont finalement accepté de prendre mon fils, après intervention de M. Thomas.”

“C’était une situation complexe, reconnaît Christian Fina, directeur général des services de la Ville. Cet enfant demande un accompagnement spécifique et il nous a fallu du temps pour trouver une personne apte à s’en occuper.” “J’ai été victime de discrimination”, résume Angélique Vitu, déterminée à aller jusqu’au bout pour obtenir réparation. Elle avait déjà fait intervenir Autisme info service pour faire remonter son dossier jusqu’au bureau du Premier ministre.

“J’ai saisi le Défenseur des droits”

C’est grâce à Laurent Thomas, délégué général de la Fédération nationale “Grandir Ensemble”, placée sous l’égide du Secrétariat d’État aux personnes handicapées, que le fils autiste de Mme Vitu a finalement été accueilli.

“J’ai pris l’initiative de dépêcher deux intervenants sur le site pour venir renforcer votre équipe sur l’accueil de loisirs pour assurer l’accueil de cet enfant”, explique-t-il dans un mail adressé à la Ville récapitulant l’affaire, dont copie a été adressée au conseiller de Sophie Cluzel, Secrétaire d’État aux personnes handicapées.

“Il n’est pas acceptable que des personnels soignants, luttant sans relâche contre cette pandémie, qui plus est eux-mêmes parents d’enfants en situation de handicap, soient soumis à de telles incertitudes quant aux solutions d’accueil de leur enfant et soumis à une pression que nous avons le devoir de leur épargner.”

“Compte tenu du caractère potentiellement discriminatoire de cette situation, je vous informe avoir saisi le Défenseur des droits sur cette situation, qui jugera des suites à donner”, conclut Laurent Thomas. La Ville, en la personne de Delphine Duplessis, chef de service “Action scolaire et animation”, avait immédiatement appelé Mme Vitu “pour lui confirmer l’accueil de son fils” par un animateur, dès le lendemain, avant et après le temps scolaire. Des “modalités d’intervention” ont aussi été envisagées avec l’association Halte pouce, pour l’accueil du mercredi.

Source MIDI LIBRE.

Ambulanciers à Audincourt et Trévenans : ces gyrophares sortis de l’ombre…

Maillons essentiels de la chaîne de soins, ils enchaînent les jours et les nuits avec un nouvel ennemi invisible à prendre en compte : le Covid-19. Zoom sur les ambulanciers, basés à Audincourt et Trévenans, de Jussieu Secours.

” NE PAS OUBLIER TOUS LES AMBULANCIERS EN PREMIERE LIGNE, EUX AUSSI !”. La Rédaction HANDICAP INFO.

 

Ambulanciers à Audincourt et Trévenans : ces gyrophares sortis de l’ombre

 

On les voyait croiser et recroiser nos routes sans vraiment y prêter attention. Les ambulances se noyaient dans notre quotidien, simples gyrophares clignotant au loin, avant d’être brutalement mises en lumière par cette crise sanitaire.

« C’est sûr que nos services sont en première ligne, et les gens comprennent mieux qu’on est un maillon essentiel de la chaîne de soins », lance Jean-Jacques Hezard. Avec Sandrine, il gère le quotidien de Jussieu Secours.

Une véritable armée de l’ombre : sur les deux sites d’Audincourt et Trévenans, avec 130 salariés et une soixantaine de véhicules, cette entité assure de 400 à 500 missions quotidiennes.

« Les premières semaines, c’était très violent »

Un rythme effréné qui, depuis le début du mois de mars, a dû s’adapter à l’arrivée d’un monstre sournois, invisible et meurtrier, nommé Covid-19.

« Tout de suite, les moyens et protocoles ont été adaptés par notre direction médicale », reprend le cogérant de cette vaste structure. Il le fallait, car la vague a frappé vite. Et fort.

« Les premières semaines, c’était très violent, près de 80 % de nos interventions étaient liées au coronavirus », se souvient Jérôme Finck, diplômé d’État et passionné, amoureux fou même, de tout ce qui touche aux ambulances. Christophe Vienot, auxiliaire ambulancier avec lequel il fait souvent équipe, acquiesce.

Ambulanciers à Audincourt et Trévenans : ces gyrophares sortis de l’ombre

Lui aussi, comme tout le personnel, s’est adapté aux nouvelles circonstances. Désinfection exhaustive du matériel et du véhicule après chaque intervention, confection de « kits Covid » constamment disponibles : les ambulances Jussieu, qui ont déjà pris en charge plus de 1 000 patients touchés par le coronavirus ou suspectés de l’être, ont dû vite réagir.

« Tout ça nous fait chaud au cœur »

« Nos salariés ont pris ça comme une véritable mission », souffle Sandrine Hezard, placée à côté de son fils, Pierre-Marie, appelé à prendre un jour la relève. « On a également reçu énormément de soutien, de dons de combinaisons, lunettes, ce qui nous a été très précieux. Même si on arrive à commander un peu plus facilement du matériel, nos stocks sont toujours en flux tendu. »

Ambulanciers à Audincourt et Trévenans : ces gyrophares sortis de l’ombre

GrâceAEux, tous les témoignages

Retrouvez tous les témoignages de l’opération #GrâceAEux

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Vous pouvez nous envoyer vos témoignages de remerciements, sous forme de textes, photos ou dessins, sur la boîte mail temoignages.coronavirus@ervmedia.fr. Sans oublier de relayer sur les réseaux sociaux le hashtag #GrâceAEux.

Une sélection des messages, témoignages et dessins reçus sera publiée trois fois par semaine dans le journal papier et sur notre site internet.

Dans cette atmosphère pesante, les ambulanciers, et tous ceux qui gravitent autour, enchaînent les gardes sans sourciller. Répondent à chaque mission, à la demande du Samu principalement. Rassurent les patients tantôt inquiets, tantôt méfiants. Adaptent leur vie de famille. Et reçoivent, avec fierté, les applaudissements quotidiens de la population.

« Les voisins d’un collègue ont tondu sa pelouse et taillé ses haies, termine Jérôme Finck. Mon voisin m’a préparé un dessert. Bref, tous ces témoignages… ça nous fait vraiment chaud au cœur. »

Source EST REPUBLICAIN.

Coronavirus : « Toute guerre a ses profiteurs », les professionnels de la santé allument la grande distribution sur la question des masques…

En pleine pénurie, les professionnels de la santé ne comprennent pas comment tant de stocks de masques vont pouvoir être mis en vente

Des masques de protection contre le coronavirus. Illustration.

Les Ordres des professions de santé se sont offusqués dans un texte cinglant du nombre « sidérant » de masques annoncés à la vente par la grande distribution, qui se défend d’avoir profité de la situation pour stocker des masques. « Toute guerre a ses profiteurs. C’est malheureusement une loi intangible de nos conflits. Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce à grand renfort de communication tapageuse des chiffres sidérants de masques vendus au public par certains circuits de distribution», s’indignent les professionnels dans ce texte signé par sept ordres professionnels, dont celui des Médecins.

« Aujourd’hui, la consternation s’allie au dégoût », « où étaient ces masques quand nos médecins, nos infirmiers, nos pharmaciens, nos chirurgiens-dentistes, nos masseurs-kinésithérapeutes, nos pédicures-podologues, nos sages-femmes mais aussi tous nos personnels en prise directe avec la maladie tremblaient et tombaient chaque matin ? », s’interrogent-ils dans ce texte intitulé « Les masques tombent ».

« Surenchère de l’indécence »

« Comment nos patients, notamment les plus fragiles, à qui l’on expliquait jusqu’à hier qu’ils ne pourraient bénéficier d’une protection adaptée, vont-ils comprendre que ce qui n’existait pas hier tombe à profusion aujourd’hui. 100 millions par ici, 50 millions par là. Qui dit mieux ? C’est la surenchère de l’indécence », déplorent les professionnels de santé.

« Nul n’aurait reproché à des circuits de distribution grand public de distribuer des masques grand public. C’était là un complément essentiel qui serait venu compléter utilement l’arsenal de défense contre le virus. Derrière le masque, se trouve le vrai visage. Nous, nous garderons celui de la dignité. Celui-ci ne se retrouvera dans aucun rayonnage », poursuivent-ils.

« L’heure viendra, nous l’espérons, de rendre des comptes. En attendant, nous allons poursuivre notre mission de professionnels de santé, car c’est notre engagement. Avec néanmoins l’amertume de se dire que la responsabilité n’est pas la mieux partagée de toutes les vertus », conclut ce texte signé par les présidents et présidentes des conseils nationaux de l’Ordre des médecins, des sages-femmes, des infirmiers, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes, des pédicures-podologues et des pharmaciens.

« Pas de stocks cachés »

« Les enseignes de la grande distribution ne sont pas, et n’ont jamais été, en charge de l’achat et de la fourniture de masques pour les soignants », a répliqué la Fédération du commerce et de la distribution. « Leur attribuer les difficultés d’approvisionnement est donc faux et malhonnête », selon un communiqué.

La fédération fait valoir que la grande distribution a remis les stocks de masques FFP2 aux professionnels de la santé dès le début de la crise, et effectué de nombreux dons aux hôpitaux et que jusqu’à récemment, les enseignes n’avaient pas le droit de vendre de masques.

Ils pourront le faire à partir du 4 mai. « Il n’y a pas de stocks cachés », insiste la fédération, qui fait valoir que les chiffres annoncés « concernent les commandes effectuées, qui ne vont être livrées que très progressivement, avec une disponibilité plus rapide des masques à usage unique que des masques en tissu réutilisables ».

Source 20 MINUTES.