Pau : Un homme condamné pour avoir vidé le compte en banque de son père atteint d’Alzheimer…

Au total, près de 26.000 euros ont été retirés sur le compte du retraité entre mai et juin 2021.

Le jeune homme était jugé par le tribunal d'Avignon.

 

Un couple a été condamné ce lundi à neuf mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Pau ( Pyrénées-Atlantiques) pour abus de faiblesse. Avec la complicité de sa compagne, un homme a soutiré de l’argent à son père atteint de la maladie d’Alzheimer, rapporte France Bleu Pays basque. Près de 26.000 euros ont été retirés entre mai et juin 2021.

Un couple avec de « grandes difficultés financières »

Le couple devra rembourser la somme à la victime et également verser 2.000 euros en guise de dommages et intérêts. Les transferts d’argent suspects sur le compte de l’octogénaire avaient été constatés par une assistante sociale. Les gendarmes ont enquêté pendant trois mois. En garde à vue, les deux prévenus ont rapidement reconnu les faits.

Selon les propos de son avocate, le retraité est « profondément affecté ». « Ce n’est pas une histoire d’abus de faiblesse comme les autres », ajoute-t-elle. D’après l’avocate, les prévenus n’avaient pas conscience de la gravité des faits. En situation de handicap, ils avaient de « grandes difficultés financières ». Avec l’argent dérobé, ils ont « acheté des choses de la vie quotidienne » comme des téléphones, un aspirateur ou encore des bonbons.

Source 20 MINUTES.

Un atelier culinaire à Paris pour prévenir la dénutrition chez les malades d’Alzheimer…

A l’occasion de la semaine nationale de la dénutrition, qui commence ce 12 novembre, France Alzheimer et Les Petits Frères des Pauvres ont organisé à Paris un atelier culinaire pour des malades et leurs aidants.

Une façon ludique de prévenir et prendre en charge cette pathologie.

Trois personnes malades d'Alzheimer et leurs maris ont participé à l'atelier culinaire pour prévenir la dénutrition à Paris.

 

En France, environ deux millions de personnes sont touchées par la dénutrition. Pour sensibiliser la population et les professionnels de santé et du social à la prévention et la prise en charge précoce de cette pathologie, la deuxième semaine nationale de la dénutrition est organisée à partir de ce vendredi 12 novembre.
A Paris, les Petits Frères des Pauvres et France Alzheimer et maladies apparentées ont organisé dans la semaine un atelier culinaire pour trois personnes malades et leurs aidants. 

La dénutrition comme conséquence de la maladie

Gérard et Serge ont tous les deux le même profils : peu habitués à cuisiner avant que leurs femmes ne soient diagnostiquées Alzheimer, ils ont dû se mettre aux fourneaux une fois que celles-ci ont arrêté de préparer les repas. « J’essaye de préparer des repas bons et sains » explique Gérard, « et ce genre d’atelier me permet aussi de découvrir des produits que je ne travaille pas, comme le butternut ». Un atelier où aidants et aidés ont mis la main à la pâte, encadrés par la cheffe Ghislaine Arabian, pour préparer un repas entier. Une façon de retrouver le goût à la cuisine et à la nourriture. Car les aidants doivent faire attention à l’alimentation et surtout la dénutrition des malades.

« Parfois, je prépare à manger, et elle va se servir deux cuillères. Alors je lui en rajoute, et elle se sent obligée de manger. Autrement, elle ne trouverait plus la force de se nourrir – Bernard, dont la femme est atteinte d’Alzheimer »

Les malades ont tendance à oublier de se nourrir, ou à perdre l’envie de préparer des repas. Ce qui n’est pas sans conséquence : « la dénutrition accélère la fin de vie si on n’en prend pas conscience », explique Joël Jaouen, le président de France Alzheimer. La dénutrition diminue les défenses immunitaires, ce qui peut entraîner des infections et virus, mais affaiblit aussi les muscle et les os. 

La cheffe Ghislaine Arabian a supervisé la préparation du repas

Manger gras, salé, sucré

Comment alors lutter contre cette dénutrition ? « Le principe est très simple », analyse le professeur Eric Fontaine, « les aliments qu’il faut éviter pour ne pas grossir sont ceux qu’il faut favoriser pour ne pas maigrir : car si les gens ont tendance à manger peu, ce n’est pas grave s’ils mangent gras, salé ou sucré ». Mot d’ordre donc : ne pas se priver, s’autoriser à grignoter.

Au menu du repas préparé lors de l’atelier : potage de butternut, potée de légumes et poulet à la crème, profiteroles au chocolat et caramel au beurre salé. « Ce n’est pas riche : c’est adapté aux personnes qui vont le manger » explique la cheffe Ghislaine Arabian. « Ce qui donne envie de manger, c’est d’abord la vue et l’odorat, le goût vient en dernier. Alors on n’hésite pas à mettre des épices, des couleurs. »

La dénutrition touche particulièrement les malades, mais toutes les tranches de la populations peuvent être touchées. Elle se définit par une perte de poids importante en peu de temps : une perte de 5% du poids en un mois, ou 10% en six mois.

Lorsqu'on est dénutrit, il ne faut pas se priver de manger gras, salé ou sucré, sans excès.

Source FRANCE BLEU.

 

Nord : L’augmentation des salaires met en péril l’avenir d’associations d’aide à domicile…

Le département du Nord accepte de compenser l’augmentation des salaires des aides à domicile qui devait se matérialiser en octobre.

Nord : L’augmentation des salaires met en péril l’avenir d’associations d’aide à domicile

 

  • Depuis le 1er octobre, une nouvelle grille de salaire s’impose dans le secteur de l’aide à domicile.
  • Or, cette revalorisation imposée par l’accord de branche, baptisé « avenant 43 », risquait de mettre en péril les finances des associations qui emploient.
  • Le département du Nord a décidé de compenser cette hausse des salaires.

Des augmentations de salaires qui mettent à mal l’aide à domicile. Depuis le 1er octobre, une nouvelle grille de salaire s’impose dans le secteur de l’aide à domicile. Or, cette revalorisation, imposée par l’accord de branche baptisé « avenant 43 », risquait de mettre en péril les finances des associations qui emploient.

L’Union nationale de l’aide à domicile (Una), une fédération qui regroupe 24 structures adhérentes, dans le Nord, a été la première à tirer la sonnette d’alarme, lundi. Réuni en urgence, l’exécutif du conseil départemental du Nord a assuré, dans un communiqué, qu’il « soutiendra les services d’aide à domicile dans la revalorisation salariale de leurs salariés ».

Procédure d’alerte

« Les commissaires aux comptes de sept structures associatives ont lancé une procédure d’alerte concernant leur situation financière », explique l’Una. Concrètement, la trésorerie et les fonds propres de ces sept assos ne pouvaient absorber une augmentation de la masse salariale. A plus ou moins long terme, près de 2.000 risquaient d’être licenciés, ce qui aurait privé d’aide environ 9.800 personnes.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Pour comprendre, il faut reprendre le fonctionnement de ces structures d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad). Depuis 2017, elles bénéficient, de la part du département du Nord, d’une aide fixe de 21 euros par heure de prise en charge d’un usager. Une aide qui a été revalorisée à 22 euros, en 2020.

Un tarif que l’Una jugeait déjà trop faible par rapport à des prestations parfois complexes selon le handicap ou la situation sociale de la personne. « La moitié des personnes aidées touchent une retraite de moins de 900 euros. Elles ne peuvent pas payer. Aujourd’hui, sans une aide supplémentaire du département, des associations vont devoir mettre la clé sous la porte », assure l’Una.

Enveloppe complétée

C’est chose faite. « Le département du Nord complétera l’enveloppe de la Caisse nationale de la solidarité pour l’autonomie (CNSA) à hauteur des 30 % restants pour le dernier trimestre 2021, et à hauteur des autres 50 % pour l’année 2022 », apprend-on dans le communiqué.

Cette dotation supplémentaire engage « les finances départementales sans garantie de compensation pour les années futures », tient à préciser le département du Nord. En 2020, l’augmentation du taux horaire de 21 à 22 euros avait coûté 20 millions d’euros à la collectivité.

Et avec le vieillissement prévisible de la population, la problématique de l’aide aux personnes les plus fragiles risque de s’amplifier dans les prochaines années.

Trois sœurs nonagénaires réunies dans la même maison de retraite à Poligny…

Cela faisait des années qu’elles étaient en maison de retraite mais dans différents établissements.

Les trois soeurs de 91, 95 et 99 ans sont désormais réunies à Poligny, grâce à Thérèse, la fille de l’une d’elle.

Trois sœurs nonagénaires réunies dans la même maison de retraite à Poligny

 

C’est une belle histoire car cela faisait des années que Denise Marchioni, Odile Chauvin et Colette Dobez ne s’étaient pas retrouvées. Les années avancent, elles n’ont jamais été malades mais le poids de l’âge est bien là et ces trois sœurs n’ont pas pu rester à leur domicile. Depuis environ deux ans, elles étaient toutes les trois en maison de retraite mais pas au même endroit.

La fille de Denise, Thérèse, devait se rendre dans les divers établissements pour rendre visite à toute la famille. Alors elle a demandé leur rapprochement et c’est chose faite depuis deux mois.

Les trois sœurs Dobez (leur nom de jeune fille) sont nées à Pont-du-Navoy. Denise, l’aînée, a 99 ans. Elle est née le 26 mars 1922. Odile, 95 ans, est née le 20 avril 1926 et Colette, 91 ans, est née le 14 août 1930. Elles avaient également trois frères mais ils sont tous décédés : Michel, Henri et Camille.

Une vie remplie de souvenirs

Toutes les trois ont des souvenirs encore prévis même si les Jurassiennes avoir parfois avoir « la mémoire qui flanche ! ».

Elles essaient de se remémorer leur jeune temps. Denise a travaillé avec son mari aux chemins de fer principalement à Cuisia, ils ont eu une fille, Thérèse. Odile a travaillé chez Bousseau, son mari était chef dans l’usine et elle coupait le tissu pour fabriquer les robes. Le couple n’a pas eu d’enfant. Quant à Colette, elle a travaillé comme serveuse à Morez et à Pont-du-Navoy au café-restaurant « Chez Camille ». « À cette époque j’étais belle et gentille ! »

Des caractères bien trempés

Les sœurs ont une personnalité bien différente et des caractères bien trempés. Elles ont su très jeunes ce qu’était le travail de force : « Notre père nous emmenait aux champs pour travailler avec les bœufs. On a toutes eu notre certificat d’études. Denise l’a même obtenu très tôt, à 11 ans. Mais on n’a pas pu continuer nos études car nos parents n’en avaient pas les moyens. On a toutes eu une belle vie mais une vie difficile au travail. »

Leur maman est décédée à 95 ans. « Notre mère est devenue vieille et nous aussi ! » Au fil de la discussion, les échanges deviennent cocasses entre les nonagénaires : « Qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne te souviens plus ? Tu dis n’importe quoi ! Tu n’y es plus.. », se lancent-elles.

En tout cas, elles sont bien contentes de se retrouver dans le même établissement et n’ont pas fini de se charrier sur leur passé mais aussi sur leur présent car elles veulent toutes avoir le mot de la fin.

Source LE PROGRES.

Les personnes âgées se suicident aussi, et il faut l’étudier…

Par solitude, dépression ou pour d’autres raisons, des femmes et des hommes de 75 ans ou plus décident de mettre fin à leurs jours en France.

 

À la faveur de la pandémie de Covid-19, la question du suicide a bénéficié d’un éclairage médiatique qui n’avait sans doute plus eu lieu depuis ce qui fut appelé la crise des suicides de France Télécom en 2009.

Pourtant, entre ces deux périodes, le nombre de suicides en France n’a pas connu de véritable bouleversement, oscillant autour de 9.000 à 10.000 par an même si la tendance est plutôt à une baisse des taux depuis le début des années 1990. Alors que les suicides des jeunes et les suicides au travail sont l’objet de nombreux travaux, le suicide des personnes âgées s’avère beaucoup moins étudié.

Pourtant, leurs taux augmentent avec l’âge. Si l’on se réfère aux chiffres de l’observatoire national du suicide, les 15-24 ans ont un taux de suicide de 5/100.000 correspondant à 373 suicides pour l’année 2014, tandis que celui des personnes âgées de 75 ans ou plus est de 35,4/100.000 (1.749 suicides en 2014) et s’élève même à 83,8/100.000 pour les hommes âgés de 85 à 94 ans.

Ce constat n’est pas nouveau puisque Émile Durkheim le mentionnait déjà il y plus d’un siècle. Dès lors, comment comprendre que ces suicides ne fassent pas l’objet d’une préoccupation à la hauteur des taux précités?

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. Tout d’abord, le fait que le suicide représente une cause de mortalité mineure aux âges avancés (0,5 %) alors qu’elle est majeure chez les jeunes (16,2 % pour les 15-24 ans). Ensuite, peut-être parce que la mort des jeunes, qui plus est par suicide –parangon de la mauvaise mort–, apparaît plus choquante que celle des personnes âgées dont on se dit qu’elles ont déjà fait leur vie.

Définir le suicide

Pour pouvoir bien analyser et interpréter un phénomène, il s’agit tout d’abord de bien le définir. Or, concernant le suicide, cela s’avère plus complexe qu’il n’y paraît. Les suicides auxquels nous venons de faire référence sont les suicides comptabilisés. Pour qu’ils le soient, il faut que la mention «suicide» soit présente sur le certificat de décès. Mais, dans la recherche que nous avons conduite, certains suicides n’ont pas été notifiés comme tel: ce qui confirme que les taux (à tous âges, mais particulièrement dans l’âge avancé) sont sous-estimés.

Ensuite, en fonction des publications, les définitions du suicide et des tentatives de suicide diffèrent. Pour Durkheim, «on appelle suicide tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement d’un acte positif ou négatif, accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire ce résultat. La tentative, c’est l’acte ainsi défini, mais arrêté avant que la mort en soi résultée.»

« Pour que les suicides soient comptabilisés, il faut que la mention «suicide» soit présente sur
le certificat de décès. »

Cependant, d’autres approches élargissent ces définitions par l’intermédiaire de l’idée de suicide passif. Ainsi, le «syndrome de glissement» dont il a beaucoup été question en Ehpad durant les épisodes de confinement est parfois considéré comme un suicide.

Certains vont plus loin dans la définition par l’intermédiaire de ce qu’ils nomment les équivalents suicidaires (négligence grave dans l’hygiène de vie, syndrome de Münchhausen, conduites à risques, suicide assisté, euthanasie, etc.) qu’ils considèrent relever des mêmes mécanismes que le suicide.

Ces différences de définitions révèlent des conceptions différentes de ce que sont le suicide et leurs tentatives, et s’avèrent sous-tendues par des paradigmes scientifiques divergents conduisant à des interprétations difficilement conciliables.

Le suicide des personnes âgées est-il un suicide différent?

Si le suicide des personnes âgées est singulier du point de vue des taux de suicide, il l’est également du point de vue du ratio tentative de suicide et suicide accompli. En effet, alors que les jeunes de moins de 25 ans ont un ratio de 200 tentatives pour un suicide, celui des personnes âgées de 65 ans et plus est de quatre pour un. Les hypothèses mobilisées pour expliquer ces différences sont la fragilité physiologique et l’isolement réduisant les possibilités de «secours» et une plus grande intentionnalité. Étudier le suicide des personnes âgées conduit à s’interroger sur la notion d’âge et ses formes de médicalisation.

Certains travaux considèrent l’âge (et le sexe masculin) comme un facteur de risque. Cependant, en quoi cela en fait-il une explication ou, pour le dire autrement, en quoi le fait d’être un homme âgé de plus de 85 ans permet d’expliquer une plus grande prévalence?

Il est intéressant de noter que l’âge constitue une épine dans le pied de qui aurait la tentation d’appliquer de manière simpliste les deux principaux éléments prédictifs de suicide habituellement retenus: les tentatives de suicide et la dépression. En effet, on constate que non seulement les tentatives de suicide diminuent avec l’âge, mais qu’il en est de même pour les épisodes dépressifs caractérisés.

Ces éléments conduisent à considérer les suicides des personnes âgées de manière particulière. Pour la suicidologie (spécialité œuvrant à la prévention du suicide), la dépression du sujet âgé serait une dépression spécifique et plus difficile à diagnostiquer. La prévention de la dépression serait donc le premier levier de réduction du suicide et l’on pourrait formuler l’hypothèse selon laquelle, c’est cette prévention qui a conduit à la baisse des taux depuis 1990.

Une autre interprétation de cette baisse tendrait plutôt à considérer qu’elle s’explique par des suicides empêchés par davantage de contention médicamenteuses et physiques (que nous peinons à nommer prévention) et une difficulté physiologique accrue à mettre en œuvre son suicide.

« Pour la suicidologie, la dépression du sujet âgé serait une dépression spécifique et plus difficile
à diagnostiquer. »

Ces réflexions soulèvent des enjeux scientifiques majeurs dont les investigations se trouvent parfois empêchées par des freins idéologiques et des formes de paniques morales conduisant à s’interdire tout raisonnement visant à interroger suicide et suicide assisté (voir euthanasie) alors même que ces réflexions paraissent heuristiques ne serait-ce que pour comparer le vécu des proches

Parmi les autres explications du suicide des âgés que l’on retrouve dans la littérature scientifique, il est fait mention de la polypathologie, de la perte d’autonomie, de l’isolement, de la solitude ou encore de l’angoisse de la mort. Ainsi, ce sont les pertes liées à l’âge qui sont mises en cause, le veuvage, l’entrée en institution, le sentiment de perte de sens qui conduirait certaines personnes au suicide. Il est enfin évoqué des suicides par anticipation pour éviter la déchéance et un mourir qui s’éternise. Ces suicides sont ainsi interprétés comme des formes de déprises ou, à l’inverse, comme une tentative de reprise en main de sa fin de vie.

Quel protocole de recherche pour étudier le suicide?

Si les explications présentées sont davantage des hypothèses que des causes de suicide, c’est parce que la construction d’un protocole de recherche idéal s’avère difficile. En effet, la suicidologie met principalement en œuvre deux types de protocole pour analyser le suicide: l’enquête auprès des suicidants (personnes ayant fait des tentatives de suicide ou présentant un «comportement suicidaire») et l’autopsie psychologique qui consiste à reconstituer post-mortem, via des documents et témoignages de proches les raisons du suicide.

Évidemment, ces protocoles ne sont pas exempts de faiblesses. Dans le premier cas, on présuppose que les suicidants et les suicidés sont comparables, ce qui n’est pas démontré et l’est encore moins dans le cas des personnes âgées dont la plupart n’ont jamais fait de tentatives ni état de comportements suicidaires. Les travaux reposant sur l’autopsie psychologique qui avancent que 60% à 90% des suicidés souffraient de troubles mentaux, présentent d’importantes limites. Si la détection de la dépression du sujet âgé est sous diagnostiquée car complexe, il est difficile de justifier qu’elle puisse être facile à diagnostiquer post-mortem.

Les entretiens sociologiques que nous avons menés avec les proches de personnes âgées suicidées montrent surtout qu’en fonction de qui s’exprime, du cadre de l’entretien et du rapport qu’il ou elle entretenait avec son parent défunt, les motifs de suicides rapportés seront très différents. Ainsi, ces récits en apprennent moins sur les motifs et les causes de cet acte que sur l’histoire familiale et la place du parent âgé dans celle-ci.

Source SLATE.

Handicap psychique: un logis pour une vie la plus douce possible…

Une unité pour personnes handicapées vieillissantes a ouvert, le 1 septembre 2021, à Mignaloux-Beauvoir. Le Logis accueille neuf personnes en situation de handicap psychique ou mental.

Handicap psychique: un logis pour une vie la plus douce possible...

 

Dans la salle à manger commune, certains déambulent. D’autres regardent la télévision. Dans le canapé ou autour de la table centrale, ils apprennent à vivre ensemble. Cela fait seulement quelques jours qu’ils cohabitent mais la bonne humeur est contagieuse. « Vous allez nous prendre en photo? » « Oui, avec les infirmières. » Tous se prêtent au jeu.

Chaque résident peut aller et venir à sa convenance

Dans une aile de l’Ehpad Le Petit clos à Mignaloux-Beauvoir, à une vingtaine de minutes de Poitiers, l’unité pour personnes handicapées vieillissantes (UPHV) se veut un cocon (1). « On l’a appelé le logis parce que c’est un lieu de vie, un espace à l’esprit familial de taille humaine », explique Jean-Michel Grimaud, directeur de l’établissement. En effet, ici, c’est un foyer qui se veut chaleureux. Chaque résident peut aller et venir à sa convenance. « Il n’y a pas d’heure de visite. Les proches viennent quand ils le souhaitent. »
La particularité se trouve dans « les pratiques professionnelles adaptées au maintien de leur état de santé, de leurs capacités et de leurs acquis, tout en veillant à leur bien-être au quotidien ». Le directeur ajoute: « Cette structure s’adresse à des personnes encore autonomes, ayant des besoins socio-éducatifs affirmés, sortant prioritairement d’établissements ou services d’aide par le travail (Esat) ou de foyer de vie. »
Six hommes et trois femmes cohabitent. Ils ont 55 ans ou un peu plus. Pas encore l’heure de s’installer en Ehpad, mais encore assez autonomes pour de ne pas être en maisons d’accueil spécialisé. Médecin coordonnateur du Logis, Alain Sheikhalishahi suit les résidents atteints de trisomie 21, de psychoses ou de troubles de l’humeur: « Certains ont des handicaps mentaux, d’autres des troubles psychiques pour lesquels il y a un suivi adapté. Mais ces handicaps ne les ont pas empêchés d’avoir une vie active. »

« Il faut  les stimuler pour éviter le vieillissement accéléré »

D’ailleurs, l’un d’eux travaille encore et se déplace en scooter. « Il est important de maintenir une activité pour garder leur autonomie », indique Marie, l’éducatrice spécialisée. Il y a le jardinage. « Hier, c’était piscine. » Le matin, ils dressent la table du buffet du petit-déjeuner. « Il faut les stimuler pour éviter le vieillissement accéléré. » Si l’un préfère rester dans sa chambre, il peut s’isoler. Le maître mot? « Le respect de l’autre comme dans tout lieu de cohabitation. » Restent aux soignants à « repérer le petit événement qui peut engendrer une frustration ». Au Logis, il faut trouver le bon équilibre pour que la vie soit douce.

(1) Il existe quatre UPHV dans la Vienne.

Source CENTRE PRESSE.

Une hausse des salaires de près 300 euros pour les aides à domicile du secteur associatif…

À partir du 1er octobre, les aides à domicile du secteur non lucratif vont connaître une revalorisation historique de leur salaire pouvant aller jusqu’à 300 euros par mois.

À compter du 1er octobre, les 209.000 employés du secteur verront leur salaire augmenter en moyenne de 15%.

 

L’annonce est parue mercredi: l’augmentation des salaires des aides à domicile du secteur associatif non lucratif est confirmée par la publication du décret au Journal Officiel.

À compter du 1er octobre, les 209.000 employés du secteur de l’aide d’accompagnement à domicile (SAAD) et des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) verront leur salaire augmenter en moyenne de 15%. Uniquement négociée pour les employés du secteur non lucratif, l’augmentation de salaire, pouvant atteindre jusqu’à 300 euros bruts par mois, ne s’applique pas aux aides à domicile employés dans le secteur privé commercial. Cette revalorisation historique pourrait changer la donne du secteur de l’aide à la personne qui connaît déjà des difficultés de recrutement.

Une hausse des salaires inédites

«La crise sanitaire a mis en lumière les difficultés du secteur des aides à domicile», indiquait le communiqué du Ministère chargé de l’Autonomie publié en avril dernier. Il y a du changement: À partir du 1er octobre, l’aide de l’État concrétise «une hausse des salaires inédite, à hauteur moyenne de 13% à 15%, pour les 209.000 personnels des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) et des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), applicable dès le 1er octobre 2021», rapporte le décret.

Après avoir agréé l‘avenant 43 à la convention collective de la branche de l’aide à domicile en avril dernier, le Ministère chargé de l’Autonomie précise par décret les modalités de versement de l’aide de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) aux départements financeurs. Financé par l’État et les départements volontaires, la CNSA couvrira la hausse de salaire à hauteur de 70% en 2021, puis 50% à partir de 2022.

Publié mercredi au Journal Officiel, le décret confirme l’amendement porté par Brigitte Bourguignon dans le cadre de la loi de finances de la Sécurité sociale pour 2021. La Ministre plaidait à l’automne 2020 pour l’engagement de l’État dans la contribution des revalorisations salariales du secteur alors que «seulement 43% des aides à domicile accèdent à une rémunération conventionnelle supérieure au SMIC après 17 ans d’ancienneté», d’après le Ministère.

Un secteur qui peine à recruter

Négociée par les partenaires sociaux du secteur non lucratif, la revalorisation salariale ne profitera pas aux aides à domicile du secteur privé commercial. L’écart de salaire pouvant atteindre jusqu’à 300 euros par mois ne risque-t-il pas de bouleverser l’équilibre du recrutement dans le secteur ? «Aujourd’hui, on s’interroge», confie la directrice d’une agence privée de service d’aide à domicile sur Paris.

15.000 offres de jobs étudiants mises en ligne ce matin par le gouvernement

Le secteur de l’aide à domicile connaît déjà des difficultés de recrutement. Pour remédier au manque de personnel, le gouvernement a lancé lundi une campagne nationale pour promouvoir les métiers du grand âge. Infirmiers, auxiliaires de vie sociale ou aides-soignants, le ministère des Solidarités et de la Santé estime à près de 350.000 le nombre de poste à pourvoir dans le secteur d’ici 2025.

Source LE FIGARO.

Fin de vie : la question de l’euthanasie « ne doit pas être tabou », estime Chaynesse Khirouni…

La question de l’euthanasie « ne doit pas être tabou », estime Chaynesse Khirouni, la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, alors qu’un nouveau plan national de développement des soins palliatifs a été dévoilé par le ministre de la Santé. 

L'euthanasie n'est pas autorisée en France. Seule possibilité : rédiger des directives anticipées, qui prévoit notamment le maintien en vie artificiel ou non (illustration)

 

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a dévoilé ce mercredi 22 septembre un nouveau plan national de développement des soins palliatifs qui n’intègre pas la question de l’euthanasie. Un regret pour la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Chaynesse Khirouni estime que cette question « ne doit pas être tabou ».

« Je regrette qu’en France on ait toujours un certain nombre de sujets tabou, dont celui de la question de la fin de vie », a réagi sur France Bleu Sud Lorraine Chaynesse Khirouni, qui estime « qu’il ne faut pas avoir peur d’ouvrir le débat ». Selon le dernier sondage de l’Ifop, réalisé en avril dernier, 93% des Français considèrent que la loi française devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent.

Regrets sur l’abandon de la loi Grand Age Autonomie

La présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle regrette également l’abandon par le gouvernement de la loi Grand Age Autonomie. A la place, le Premier ministre doit faire ce jeudi 23 septembre des annonces sur la dépendance, dans le cadre du projet de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale. Chaynesse Khirouni rappelle qu’une « augmentation de entre 49% des personnes âgées entre 75 et 84 ans est à prévoir entre 2020 et 2030 ».

« Il faut accompagner ce vieillissement de notre population », estime la présidente PS, qui réclame notamment une loi qui réponde aux problématiques de recrutement, avec notamment une hausse des salaires, précisant que plus de 350 postes d’auxiliaires de vie sont à pourvoir dans le  département. 

Cliquez ici pour écouter l’interview de Chaynesse Khirouni.

Source FRANCE BLEU.

Creuse : un camion pour faciliter le quotidien des personnes âgées…

Pour améliorer le quotidien des personnes âgées, le camion de « Ma maison AVenir » sillonne la région Nouvelle-Aquitaine.

Il faisait étape cette semaine, à Aubusson et à Evaux-les-Bains.

"Ma maison AVenir" propose des installations pour limiter les risques de chutes des personnes âgées à leur domicile

 

La chute est la première cause de décès chez les plus de 65 ans. Pour faciliter le quotidien des personnes âgées et diminuer ces risques de chutes, un camion fait le tour de la Nouvelle Aquitaine en ce moment. Il est baptisé « Ma maison AVenir. » Ce mercredi, il s’arrêtait à Aubusson.

« On est là pour faire de l’information, de la prévention et de la sensibilisation », explique le responsable du stand, Emmanuel Ermy.

Pour cela, l’entreprise propose tout un tas d’aménagements, du plus simple au plus sophistiqué. « Par exemple, on montre qu’il existe des détecteurs de mouvements qui allument des lumières quand on se lève la nuit », montre Mélanie Schreiner, ergothérapeute. « Dans la salle de bain, on propose des brosses à long manche pour se laver le dos, se brosser les cheveux. Des systèmes d’appuis au niveau de la douche aussi. »

"Ma maison AVenir" modélise une chambre avec des installations visant à diminuer les risques de chutes des personnes âgées.

« On ne se rend pas compte que chez soi on a des pièges »

L’enjeu est majeur, 280 000 personnes par an sont victimes de chutes accidentelles à leur domicile. « Combien de personnes ont leur tuyau d’arrosage qui traine par terre sur le gravier, la pelouse. J’ai eu le cas de ma mère il n’y a pas longtemps qui est tombée à cause de ça. Heureusement elle ne s’est pas fait mal, mais parfois on ne se rend pas compte que chez soi on a des pièges. C’est là qu’un professionnel comme un ergothérapeute peut les repérer », justifie Emmanuel Ermy.

Plus d’informations sur leur site internet.

POINT DE VUE. « Les mannequins seniors dans la publicité : une stratégie 100 % gagnante ! »…

Corinne Chevalier, enseignante-chercheure en Sciences de Gestion, Université Paris Saclay, IUT de Sceaux, Laboratoire RITM, regrette qu’« aujourd’hui encore, la population âgée demeure sous-représentée dans les publicités comparativement à leur part de la population ».

« Utiliser un mannequin âgé dans une publicité va accroître l’attention portée à celle-ci puisque cette présence demeure assez rare ».

 

Même si les seniors – identifiés comme les personnes ayant plus de 60 ans – représentent un potentiel démographique et économique considérable, ces consommateurs sont restés pendant très longtemps les mal aimés de la publicité. Aujourd’hui encore, la population âgée demeure sous-représentée dans les publicités comparativement à leur part de la population. Cette très faible représentation s’explique par la crainte des marques que cette présence nuise à leur image notamment en la vieillissant. De plus, force est de constater que la représentation des seniors dans les publicités demeure très insatisfaisante. En effet, celle-ci est souvent qualifiée par les consommateurs matures eux-mêmes comme irréaliste, les faisant apparaître soit excessivement dynamiques et faisant beaucoup plus jeunes que leur véritable âge, soit extrêmement fragiles et malades !

Heureusement, nous constatons une évolution lente mais favorable de la représentation des seniors dans les publicités. En effet, les annonceurs choisissent de plus en plus souvent de recourir à des mannequins âgés afin de promouvoir leur marque. Ces dernières ont bien raison au vu des multiples avantages que cette présence suscite que ce soit pour la marque, pour la société ou encore pour le senior lui-même !

Ainsi, les bénéfices pour l’entreprise sont pléthores. Utiliser un mannequin âgé dans une publicité va accroître l’attention portée à celle-ci puisque cette présence demeure assez rare. De plus, cette présence va crédibiliser la marque grâce à l’expérience acquise par les seniors et reconnue par tous. Enfin, le senior va pouvoir aisément s’identifier au mannequin mature et se projeter à travers lui en tant qu’utilisateur potentiel du produit vanté dans l’annonce. Cette projection va rassurer le senior et faciliter sa prise de décision.

Une évolution des mentalités profitable à tous

Outre ses avantages qu’une entreprise peut retirer de la présence de mannequins seniors dans la publicité, cette utilisation engendre des bénéfices sociétaux. Tout d’abord, représenter des seniors donne aux personnes âgées le sentiment de toujours exister au sein de la société et permet ainsi de les valoriser. Le recours à des mannequins âgés conduit également à améliorer l’image que les individus – notamment les jeunes – peuvent avoir des seniors et à réduire certaines idées reçues relatives à la vieillesse. Ainsi, des annonces mettant en scène des mannequins matures, sereins et heureux, profitant pleinement de la vie, donnent une image positive de l’avancée en âge.

Enfin, après les avantages marketing et sociétaux, recourir à des mannequins âgés va susciter de nombreux bénéfices psychologiques auprès des seniors eux-mêmes. La présence d’un senior au sein d’une publicité (s’il est bien représenté !) conduit les personnes âgées à positiver l’image qu’elles ont d’eux-mêmes. De plus, les seniors considèrent que voir des mannequins matures les encourage à mener des vies plus actives et permet même de les « booster » moralement. En outre, de nombreuses marques emploient des seniors dans des rôles décalés ou humoristiques. Ces annonces sont considérées comme divertissantes et sont très appréciées des consommateurs âgés ! Enfin, les seniors estiment que le fait de voir des mannequins matures réduit les sentiments négatifs comme la solitude grâce à l’identification au personnage présent dans la publicité.

Comme l’ont compris de plus en plus d’entreprises, il semble donc judicieux de recourir plus fréquemment à la présence de mannequins âgés au sein des publicités tant les bénéfices sont nombreux pour les marques elles-mêmes, pour l’impact sociétal et également pour les consommateurs matures. Les jeunes vont-ils finalement céder un peu de terrain afin de laisser une plus grande place aux seniors dans la publicité ? Si tel est le cas, cela marquera une vraie évolution des mentalités qui sera certainement profitable à tous.

Source OUEST FRANCE.