Peut-on retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer ? ….

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui ne se guérit pas.

Jugés inefficaces pour réduire les symptômes, les médicaments ne sont plus remboursés.

Existe-t-il alors des solutions efficaces pour ralentir l’aggravation de la maladie et la perte d’autonomie ?

Peut-on retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer ?

Troubles de la mémoire, difficultés à réaliser des actes du quotidien, changements de comportement… Les médicaments “anti-Alzheimer ” ont été récemment déremboursés, laissant près de 900 000 malades et leurs proches désemparés. Si les médicaments ne sont pas assez efficaces, que reste-t-il pour enrayer la maladie ? « Même lorsque la maladie est déclarée, tous les neurones ne sont pas touchés, explique le Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille. Ils gardent une capacité à se multiplier. L’enjeu est de les stimuler afin de compenser, du moins en partie, les symptômes de la maladie. » Voici plusieurs activités, très simples, et dont les bénéfices sont démontrés. Toutes s’appuient sur les capacités restantes de la personne.

Chanter

Un essai clinique a été mené au Centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) de Saint-Étienne : une soixantaine de patients volontaires atteints de troubles cognitifs légers ont participé chaque semaine à une séance de chorale d’une heure et demie, avec des chansons choisies par les participants. Ces ateliers ont duré trois mois. Le Dr Isabelle Rouch, coordinatrice du projet, a constaté des éléments positifs chez certains patients, notamment sur la mémoire et l’anxiété.

(Re)Commencer le sport

Plusieurs études ont évalué l’effet de la marche ou du taï-chi sur l’activité cérébrale des malades d’Alzheimer. L’une d’elles, publiée en janvier 2018, a mis en évidence l’intérêt des exercices aérobiques d’intensité modérée (marche rapide, vélo…), à raison de trois à quatre séances hebdomadaires de 45 minutes. Conclusion : “L’exercice améliore la fonction cognitive alors que celle-ci diminue dans le groupe témoin, qui n’a pas fait particulièrement d’exercice.”

Le plus simple est de marcher tous les jours. « L’important est de faire une activité physique plusieurs fois par semaine », conseille le Pr Amouyel. Il ne s’agit pas de viser des perfor­mances, mieux vaut faire des pauses au bout d’une vingtaine de minutes, voire avant si des signes de fatigue ou d’agacement se manifestent. La danse est en général très appréciée : elle inclut l’apprentissage des pas, la coordination avec la musique et, surtout, les échanges.

Jouer

« D’après diverses études, il est plus efficace pour stimuler le cerveau de faire des activités cognitives assez générales comme les jeux de plateau ou les mots croisés plutôt que des entraînements trop ciblés sur une seule tâche, explique Geoffroy Gagliardi, neuropsychologue à l’hôpital de la Salpêtrière (Paris). Mais cela ne marche que si l’activité est appréciée. »

Bien que l’efficacité des jeux vidéo sur ordinateur fasse encore débat, une étude menée par le Pr Philippe Robert, du CHU de Nice, a montré de légers bénéfices sur les capacités motrices et mentales des malades. Son équipe a mis au point le jeu X-Torp, mettant en scène un sous-marin contrôlé par le joueur pour trouver un trésor. Ces séances sont encadrées par une équipe médicale. Une deuxième étude est en cours. Le jeu est disponible pour les médecins et spécialistes de la santé sur la plateforme Curapy.

Lire

Au début de la maladie, il ne faut pas s’arrêter de lire, bien au contraire. Tout est bon du moment que l’on passe du temps sur un texte, un article de journal, que la personne le lise elle-même ou qu’elle le fasse lire par autrui.

Stimuler ses sens

Tricoter, bricoler, jardiner… ces activités font appel aux sens et aux capacités d’apprentissage. En plus de mobiliser des savoir-faire, elles font anticiper un résultat plus ou moins lointain et demandent une certaine concentration. Ce qu’il faut pour « générer de nouvelles connexions et enrichir ainsi le capital cerveau », dit le Pr Amouyel.

Soigner son audition

Des recherches ont montré que la surdité accélère le déclin cognitif, et plus encore sur un cerveau déjà malade. Les neurones qui ne sont plus sollicités finissent par mourir. Il est également possible que les lésions neurologiques qu’engendre la maladie aggravent la perte d’audition.

Quoi qu’il en soit, lassée de faire répéter sans cesse les phrases, la personne se coupe peu à peu du monde extérieur, un facteur connu pour aggraver la maladie d’Alzheimer. L’imagerie cérébrale a en effet montré que plus les personnes vivent dans la solitude, plus leur cerveau contient de substance amyloïde, principale responsable de la maladie. D’où l’importance de faire un dépistage systématique de la perte auditive, et si nécessaire, de se faire appareiller.

Utiliser la méthode Montessori

Son objectif est d’améliorer le quotidien de la personne en mobilisant ses capacités préservées et surtout, en la laissant choisir les activités. On propose des activités “porteuses de sens”, adaptées à ses capacités et à ses goûts : choisir ses vêtements, mettre la table, faire les courses, trier des photographies pour faire un album… Des recherches en gérontopsychologie ont été menées sur la méthode Montessori : elles montrent que les personnes engagées dans des activités qui leur plaisent sont plus éveillées et voient leurs troubles du comportement s’atténuer.

Tenir un planning

« Faire des tableaux planning pour la journée fait travailler la mémoire à court terme et les capacités d’anticipation », dit Geoffroy Gagliardi.

A table, s’inspirer du régime méditerranéen
Certains nutriments (acides gras insaturés, polyphénol, vitamines) largement présents dans le régime méditerranéen sont reconnus protéger les cellules, y compris les neurones. Même si aucun travail n’a encore confirmé l’effet de ce régime dans la maladie d’Alzheimer, manger du poisson deux fois par semaine, des légumes, des fruits et des fruits secs tous les jours, et utiliser 1 à 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive quotidiennes ne peut qu’être bénéfique pour le cerveau.

Source SANTE MAGAZINE.

Aidants familiaux : Quatre millions de Français s’occupent d’un senior au quotidien…

Dans plus de la moitié des cas, le proche aidant est l’enfant du senior concerné

Aidants familiaux : Quatre millions de Français s’occupent d’un senior au quotidien. Illustration d'une personne âgée accompagnée par un aidant.

Près de 3,9 millions de Français aident un proche âgé au quotidien, selon une étude* de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce jeudi.

Pour plus de la moitié des personnes concernées (53 %), le proche aidant est l’enfant du senior concerné. Près d’un sur dix vit alors avec lui, et pour les autres, non-cohabitants, les trois quarts déclarent vivre à moins de 40 minutes du domicile de leur parent.

Des aidants qui interviennent pour les tâches quotidiennes

Les conjoints représentent ensuite 27,3 % des aidants, les autres proches du cercle familial 12 % et les proches hors famille 7 %. Dans six cas sur dix, l’aidant est une aidante. Près d’un aidant sur deux est retraité, 37 % occupent un emploi, les autres étant au chômage ou inactifs pour cause d’invalidité, précise cette étude.

Concernant l’aide apportée, 87 % disent intervenir dans la vie quotidienne (ménage, courses, repas, rendez-vous chez le médecin…), près de 8 sur 10 en soutien moral, et moins souvent pour une aide matérielle ou financière. Sans surprise, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer aider pour le ménage, la gestion administrative du quotidien, les repas ou encore pour habiller ou laver le proche. Les hommes citent plus régulièrement le bricolage et les courses.

Des conséquences sur la vie personnelle

Par ailleurs, environ 1,5 million d’aidants cohabitent avec leur proche dépendant, parmi lesquels sept sur dix sont les conjoints. Si neuf aidants sur dix estiment « tout à fait normal » d’aider leur proche, un sur deux (47 %) déclare néanmoins que cela a des conséquences négatives sur sa vie personnelle et sa santé physique ou morale.

Selon cette étude, 720.000 personnes aident par ailleurs une personne âgée résidant en maison de retraite. Quelque huit millions de personnes aident au quotidien un proche​ malade, âgé ou handicapé, selon le dernier chiffre officiel disponible daté de 2008.

*Etude réalisée en 2015 et basée sur un panel de 6.200 aidants d’un senior de plus de 60 ans résidant à domicile.

Source 20 MINUTES.

Dépendance : quelles maladies causent la perte d’autonomie ?…

Certaines maladies peuvent limiter l’autonomie des séniors qui ont alors plus souvent besoin d’être assistés pour leurs activités quotidiennes.

Quelles sont ces pathologies à l’origine de la dépendance des personnes âgées ?

Dépendance : quelles maladies causent la perte d'autonomie ?

Les causes de la dépendance sont diverses et multiples. Avec l’âge, il est normal de perdre de la force musculaire, de moins bien voir ou entendre, de marcher avec plus de difficultés, etc. Petit à petit, ceci rend plus compliquées certaines tâches de la vie courante : courses, ménage, préparation des repas… Et à cela s’ajoute le risque de chutes qui augmente en vieillissant.

Les pathologies qui augmentent le risque de dépendance

Parmi les causes de la dépendance, ce sont souvent des problèmes de santé liés à la vieillesse. Certaines maladies vont gêner le patient pour accomplir ses activités de tous les jours sans l’aide d’un tiers. Il s’agit notamment :

Faire face à la dépendance

Lorsque la personne âgée dépendante souhaite rester à son domicile, une aide devient indispensable. Il est parfois nécessaire de repenser le logement, de le réaménager (douche à l’italienne, WC surélevés, sols antidérapants…), voire de déménager dans un lieu plus fonctionnel, par exemple en plain-pied.

Les enfants sont souvent sollicités pour aider leurs parents physiquement ou matériellement. Les frais liés à la dépendance sont élevés, qu’il s’agisse des aides ménagères, des frais de maisons de retraite, ou des travaux réalisés dans le logement. Il existe des assurances « dépendance » qui prennent en charge une partie de ces coûts, à condition d’y avoir souscrit. Les personnes âgées ont également la possibilité de percevoir une aide financière du département : l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA). Pour les travaux d’aménagement du logement, des aides sont possibles auprès de l’Anah (Agence nationale de l’habitat).

Des mutuelles santé pour les plus de 60 ans

Comme après 60 ans, certaines maladies sont plus à craindre, il est conseillé de souscrire une mutuelle senior qui cible et renforce les garanties concernant les maladies potentielles tout en éliminant celles qui deviennent superflues. Certaines mutuelles couvriront mieux les prothèses auditives, la lunetterie, les soins dentaires…

Néanmoins, les mutuelles proposées, si elles sont effectives dès la souscription, sont généralement d’un coût relativement élevées. Afin de comparer avec justesse les tarifs proposés par les divers organismes d’assurance, il est évidemment conseillé de faire établir des devis, de faire appel à des sites de comparaison de mutuelles en ligne ou encore de solliciter un courtier. À vos calculettes !

Source FUTURA SCIENCES.

Aide des seniors au quotidien : la famille reste prépondérante…

Selon un rapport de la Drees, qui dresse le profil-type de l’aidant, ce dernier est dans 53% des cas l’enfant du senior concerné.

Dans six cas sur dix, l'aidant d'une personne âgée est une femme.

Quel est le portrait type du proche aidant d’un senior dépendant? Le plus souvent son enfant, cohabitant avec lui ou vivant à quelques kilomètres, majoritairement à la retraite, et davantage sa fille que son fils, selon une étude de la Drees publiée jeudi.

En France, 3,9 millions de personnes aident au quotidien un proche âgé qui vit chez lui, estime cette étude du service statistique des ministères sociaux, réalisée en 2015 et basée sur un panel de 6.200 aidants d’un senior de plus de 60 ans résidant à domicile. Dans 53% des cas, le proche aidant est l’enfant du senior concerné. Près d’un sur dix vit alors avec lui, et pour les autres, non-cohabitants, les trois quarts déclarent vivre à moins de 40 minutes du domicile de leur parent.

Les conjoints représentent ensuite 27,3% des aidants, les autres proches du cercle familial 12% et les proches hors famille 7%. Dans six cas sur dix, l’aidant est une aidante. Près d’un aidant sur deux est retraité, 37% occupent un emploi, les autres étant au chômage ou inactifs pour cause d’invalidité, précise cette étude. Concernant l’aide apportée, 87% disent intervenir dans la vie quotidienne (ménage, courses, repas, rendez-vous chez le médecin…), près de 8 sur 10 en soutien moral, et moins souvent pour une aide matérielle ou financière.

Sans surprise, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer aider pour le ménage, la gestion administrative du quotidien, les repas ou encore pour habiller ou laver le proche. Les hommes citent plus régulièrement le bricolage et les courses. Par ailleurs, environ 1,5 million d’aidants cohabitent avec leur proche dépendant, parmi lesquels sept sur dix sont les conjoints. Si neuf aidants sur dix estiment «tout à fait normal» d’aider leur proche, un sur deux (47%) déclare néanmoins que cela a des conséquences négatives sur sa vie personnelle et sa santé physique ou morale.

Selon cette étude, 720.000 personnes aident par ailleurs une personne âgée résidant en maison de retraite. Quelque 8 millions de personnes aident au quotidien un proche malade, âgé ou handicapé, selon le dernier chiffre officiel disponible daté de 2008.

Source LE FIGARO.

Dépendance: les Français n’anticipent pas…

Pour 8 personnes sur 10, la perte d’autonomie liée au grand âge est une préoccupation sérieuse.

Mais elles sont presque autant à ne pas se prémunir contre ce risque… Encore un paradoxe français.

Dépendance: les Français n’anticipent pas...

Publié le 21 janvier 2016, le 8e baromètre Autonomie OCIRP -France info- Le Monde est l’occasion de mesurer la perception par l’opinion des enjeux liés à la perte d’autonomie et au vieillissement de la société française. Un baromètre éclairant à l’heure de l’entrée en vigueur de la loi d’Adaptation de la société au vieillissement (Asav). En voici les points clés:

 • Une réelle prise de conscience

La perte d’autonomie est un “sujet primordial ou important” pour 78,6% des 1600 personnes interrogées (particuliers, salariés, délégués syndicaux et directeur des ressources humaines). Vieillissement global de la société oblige, la prise de conscience est bien réelle. Et ils jugent d’ailleurs nécessaire d’instaurer un financement ambitieux et pérenne de l’aide au grand âge, ce qu’aucun gouvernement, depuis dix ans, n’est parvenu à faire. 84% des sondés estiment  donc qu’une réforme dans ce domaine doit intervenir d’ici à 2022. Le coût des maisons de retraite, notamment, figure dans leurs préoccupations et 64% des Français souhaitent une réduction du reste à charge payé par les résidents. Au final, 62% ignorent le coût mensuel moyen payé par une personne en  perte d’autonomie: 1800€ à domicile et 2500€ en établissement avec un reste à charge de 1000€.  “L’information sur le coût réel et sur le reste à charge doit être développée”, souligne l’OCIRP.

• Un financement mixte privilégié

Réalistes, les Français sont partisans d’un financement mixte du risque autonomie. 6 sur 10  estiment que cette question relève de la solidarité nationale – tel est le cas aujourd’hui avec l’Allocation personnalisée d’autonomie APA –, renforcée par une assurance complémentaire. Ce choix du « panachage » de l’aide publique et de l’assurance ne cesse de progresser dans l’opinion. 47,7% des sondés y étaient favorables en 2010, ils sont 60,3% en 2016. Près du quart (23,6%) plébiscitent une prise en charge exclusive par l’Etat et près de 10% optent pour une aide financée directement par l’individu. L’assurance autonomie est perçue comme une solution par 61% des salariés et des particuliers interrogés. Et quitte à choisir cette voie, plus de 67% des Français manifestent leur préférence pour le contrat collectif, souscrit via l’entreprise, plutôt que pour l’assurance individuelle (27%). Dans cette hypothèse, ils jugent acceptable, à près de 77%, une cotisation équivalant à 1 euro par jour. Selon l’Ocirp, ce montant prélevé à partir de 40 ans, permet de percevoir une rente mensuelle de 900 euros en cas de perte d’autonomie survenant à 80 ans.

• Des réticences à franchir le pas

Le baromètre 2016 traduit donc une certaine clairvoyance des Français face aux enjeux du financement de la prise en charge de la dépendance. Mais il pointe également un paradoxe de taille : si 78% pensent qu’il faut se prémunir contre ce risque, 74% reconnaissent n’être pas couvert financièrement contre la perte d’autonomie… Comment expliquer ce grand écart? “Outre les questions de coût, ce blocage est probablement à rapprocher de la peur du vieillissement et de la perte d’autonomie, note l’OCIRP, le tabou ou le déni reste puissants en dépit des débats et du lancement de thèmes positifs comme le bien vieillir et la Silver Economie.  La complexité des contrats – dont les critères d’évaluation de la dépendance sont différents de ceux de l’Apa – n’est pas étrangère à ce faible taux de souscription. Et les Français veulent être rassurés en la matière. D’ailleurs, plus de 67% sont favorables à une labellisation par l’Etat de contrats d’assurance autonomie et près de 55% souhaitent qu’ils soient assortis d’incitations fiscales.

L’OCIRP, (Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance) regroupe 22 institutions de prévoyance et de protection sociale, dont les poids lourds du secteur : AG2R La mondiale, Klesia, Audiens, Humanis, Malakoff Médérick, etc. L’Ocirp est favorable à la mise en place d’une protection mixte de la perte d’autonomie, mêlant la solidarité nationale et l’assurance complémentaire, et propose déjà une garantie dépendance aux entreprises.

Source NOTRE TEMPS.

Vieillesse et dépendance: la grande inquiétude des Français…

Le sujet est une préoccupation «importante voire prioritaire» pour 90 % d’entre eux, selon un sondage Odoxa pour Le Figaro Santé.

Vieillesse et dépendance: la grande inquiétude des Français

«Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit», on les voit «traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin», chantait Jacques Brel dans Les Vieux. La canicule de 2003 nous avait forcés à les regarder en face, et «une avalanche de rapports officiels et de discours publics» ont affirmé «la nécessité de prendre en compte le grand âge», écrivait le sociologue et professeur à l’Inseec Serge Guérin dans La Société des seniors (Michalon, 2009).

Et pourtant: la prise en charge du vieillissement ne satisfait toujours pas les Français, alors qu’il s’agit d’une préoccupation «importante voire prioritaire» pour 90 % d’entre eux, selon un sondage* réalisé par Odoxa pour Le Figaro Santé, Franceinfo, Science Po, NEHS et la FEHAP. Mais «il n’y a pas eu de loi ni de politique publique digne de ce nom depuis trente ans!», constate aujourd’hui Serge Guérin, et 68 % des sondés sont insatisfaits de la prise en charge des très âgés.

Selon l’Insee, au 1er janvier 2018, 10 % des adultes français avaient 75 ans ou plus, et le phénomène s’accélère. Or, après 65 ans pour les femmes et 63 ans pour les hommes en moyenne, les fragilités s’accumulent (Drees). En moyenne en 2011, les résidents d’Ehpad cumulaient 7,9 pathologies selon la Drees et 90 % souffraient d’affections neuropsychiatriques. «À l’horizon 2060, selon les projections de l’Insee, le nombre de sujets dépendants doublera (…), atteignant 2,3 millions d’individus», écrit le Dr Anthony Mézière, gériatre, dans l’ouvrage collectif Le Grand Livre de la longévité (Eyrolles).

Savoir quitter son domicile

Mais force est de constater que le pari de l’accueil du grand âge semble raté et que cela inquiète le public: 68 % des Français craignent de ne pas pouvoir accéder à l’ensemble des services et aides dont ils pourraient avoir besoin selon Odoxa. Or la perte d’autonomie effraie: pour un article publié vendredi dans la revue Jama Neurology, des chercheurs de l’université du Michigan ont interrogé 1 019 participants âgés de 50 à 64 ans pour savoir s’ils craignaient la démence: la moitié (48,5 %) estimait avoir un risque de développer une démence au cours de leur vie, et beaucoup mettaient en place des stratégies pour y échapper dont la plupart n’ont pas fait la preuve de leur efficacité ; pourtant, seuls 5,2 % en avaient discuté avec leur médecin.

Quelles solutions pour les très âgés dépendants? En cas de perte d’autonomie physique, 56 % des personnes interrogées par Odoxa veulent rester à leur domicile et 30 % alterner entre domicile et établissement spécialisé. Ce n’est plus vrai en cas de handicap cognitif: 43 % jugent alors nécessaire d’intégrer un établissement spécialisé. «Il faut que le senior et son entourage sachent accepter que quitter le domicile pour un Ehpad est une solution favorable permettant d’envisager la fin de vie de façon meilleure», écrit le Dr Mézière. À condition d’y être préparé, or trop souvent le transfert se fait de façon brutale, après une hospitalisation. Et seuls 29 % des sondés ont le sentiment de bien connaître les dispositifs de prise en charge, dont les Ehpad.

Et ces derniers n’ont pas la cote: 68 % des Français interrogés ont une mauvaise image des Ehpad (mais 60 % ont une bonne image des personnels de santé qui y travaillent et 79 % de ceux intervenant à domicile). Pourquoi une telle crainte du grand âge et des établissements spécialisés? Le coût est bien sûr un frein important: en moyenne, les personnes interrogées consentent à dépenser 648 € par mois pour un meilleur service. On est loin du reste à charge moyen actuel (près de 1 900 €)! Trois quarts jugent que le système de santé ne consacre pas assez de moyens à la prise en charge des personnes âgées dépendantes, à domicile comme en Ehpad, et 86 % que les politiques publiques sont inadaptées!

Adapter les lieux de résidence

Mais, plus généralement, le vieillissement fait peur et reste tabou. «Ceux qui ont 85  ans aujourd’hui ne savaient pas qu’ils allaient vivre aussi longtemps» car cela n’a pas été explicité par les autorités, explique Serge Guérin. Ils ne s’y sont donc pas préparés, et les décideurs politiques ne l’ont pas fait pour elles. En outre, «les personnes âgées actuelles sont la première génération à avoir vu vieillir ses parents, et pas forcément dans de bonnes conditions, analyse Nicolas Menet, directeur général de la Silver Valley, cluster d’innovation dédié à la Silver économie. Ils ont une image déplorable du vieillissement». Or le leur ne sera pas celui de leurs aînés, promet-il: «De plus en plus, les gens arrivent vers la fin de leur vie en bon état de santé. Mais les gens n’en ont pas encore conscience.»

La société doit aussi faire un bout du chemin vers la liberté des personnes âgées dépendantes. Ainsi de la sexualité: dans Le Grand Livre de la longévité, la conseillère conjugale Raphaëlle de Foucauld regrette que le sujet reste tabou en établissements ; le droit à l’intimité, sexualité incluse, est pourtant clairement inscrit dans la Charte des droits et libertés de la personne âgée en situation de handicap ou de dépendance.

«On est resté sur des réflexes médico-sociaux et sanitaires anciens, admet Nicolas Menet. Mais les grands groupes développent de plus en plus d’innovations et réfléchissent de façon très approfondie à la manière d’adapter les lieux de résidence du futur.» À commencer par leur vocabulaire: «Il ne faut plus dire résident, ce sont des habitants!», insiste-t-il. Une façon de considérer qu’ils sont chez eux, et non visiteurs priés de respecter des règles préétablies. D’autant, insiste Serge Guérin, que la génération suivante pourrait être plus revendicative: «Les gens très âgés aujourd’hui ont été élevés à la dure, ils ne se plaignent pas. Ceux qui arriveront ensuite seront plus exigeants.» Des libertés que nous avons intérêt à défendre, car nous serons tous un jour concernés. N’oubliez pas la pendule de Jacques Brel «qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui nous attend»…

* 3 008 Européens dont 1 002 Français représentatifs de la population de 18 ans et plus, et 1 407 professionnels de santé.

Source LE FIGARO.

Dépendance : les deux tiers des Français ont une mauvaise image des Ehpad, selon un sondage… Enquête…

Seules 13% des personnes interrogées seraient prêtes à intégrer un établissement spécialisé si leurs capacités physiques se dégradaient avec l’âge.

Un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, à Paris, le 5 juillet 2018.

Les deux tiers des Français (68%) ont désormais une mauvaise image des Ehpad, contre 56% en 2017, selon un sondage Odoxa pour franceinfo et Le Figaro publié lundi 18 novembre.

Enquête Odoxa pour Nehs, Sciences Po, Le Figaro Santé et franceinfo.
Enquête Odoxa pour Nehs, Sciences Po, Le Figaro Santé et franceinfo. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Intégrer un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) n’est d’ailleurs pas la solution privilégiée par les Français pour leur vieillesse. Seuls 13% seraient prêts à intégrer un établissement spécialisé si leurs capacités physiques se dégradaient avec l’âge, les personnes interrogées préférant alors adapter leur domicile (56%), ou alterner entre les deux solutions (30%).  En revanche, en cas de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer, les établissements spécialisés deviennent la solution privilégiée par 43% des Français.

Enquête Odoxa pour Nehs, Sciences Po, Le Figaro Santé et franceinfo.
Enquête Odoxa pour Nehs, Sciences Po, Le Figaro Santé et franceinfo. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

7,8 millions d’aidants

Par ailleurs, les Français connaissent mal le coût des Ehpad. Ils sont prêts à payer 648 euros par mois pour intégrer l’un de ces établissements, alors que le coût médian est de plus de 1 900 euros par mois. De manière générale, 92% des Français attachent de l’importance à la prise en charge du grand âge et de la dépendance. Cette question est prioritaire pour la moitié (49%) des Français et importante pour 43% d’entre eux. Seuls 7% jugent la question secondaire. 54% d’entre eux s’interrogent sur la façon dont ils géreront leur propre vieillissement et 42% des Français sont surtout inquiets à propos de futurs problèmes de santé, davantage que de problèmes de revenus (34%).

Selon ce baromètre, 7,8 millions de Français sont des “aidants” d’une personne proche, soit 15% de l’échantillon testé.

Sondage réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 002 Français, et d’un deuxième échantillon de 477 aidants familiaux.

Source FRANCE TV.

Suspicion d’agressions sexuelles dans une maison de retraite à Nancy…

Samedi, un homme a été surpris dans la chambre d’une pensionnaire d’un EHPAD à Nancy, le sexe à l’air.

Un suspect est en garde à vue.

Une enquête a été ouverte pour savoir s’il s’agit d’agression sexuelle ou non.

Suspicion d'agressions sexuelles dans une maison de retraite à Nancy. Photo d'illustration police.

Les faits se sont déroulés ce samedi 9 novembre vers 14h30 dans une maison de retraite de Nancy.

Alors que deux aide-soignants effectuaient leur tournée des chambres pour prodiguer les soins habituels aux résidents de l’établissement, ils surprennent dans l’une des chambres, un homme penché au chevet d’une dame de 96 ans allongée sur son lit, complètement dénudée et sa couche de protection défaite.

Petit détail important : l’homme portait un gant en latex, sa braguette était ouverte et son sexe sorti du pantalon.

Lorsque les deux aide-soignants lui demandent ce qu’il est en train de faire, l’individu explique simplement que c’est un ancien voisin de la résidente puis il s’enfuit rapidement.

Un suspect en garde à vue

Les deux professionnels de santé décident de continuer leur tournée et constatent qu’à la chambre suivante, une autre résidente est allongée sur le sol, consciente avec un coussin derrière la tête et un autre entre les jambes. Interrogée, la première dame confirme qu’il s’agit bien de son ancien voisin mais est incapable d’expliquer ce qu’il s’est passé.

Les policiers alertés réussissent à retrouver la trace du suspect et l’interpellent ce dimanche matin. Lors de sa garde à vue, il nie toute tentative d’agression sexuelle.  Et  à ce stade de l’enquête, on ne peut pas parler de viol ou de tentative de viol.

Source FRANCE BLEU.

La pauvreté chez les seniors en Dordogne et en Lot-et-Garonne augmente de 30%…

Selon le rapport de la délégation du Secours Catholique en Dordogne et en Lot-et-Garonne, le nombre de seniors accueilli en 2018 a bondi de 30% par rapport de 2013.

Les délégations du Secours Catholique en Dordogne et en Lot-et-Garonne ont accueilli 10.000 personnes en 2018. Photo d'illustration

Le Secours Catholique publie ce jeudi 7 novembre, son rapport statistique annuel sur l’état de la pauvreté en France. En 2018, plus d’1,3 millions de personnes ont été accueillies au sein des différentes délégations de l’association.

En Dordogne, le Secours Catholique et ses 600 bénévoles a accompagné 10.000 personnes en situation de précarité dans ses 45 lieux d’accueil en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne. 85% des personnes accueillies sont de nationalité française. 15% viennent d’Union Européenne et d’Afrique.

La précarité concerne de plus en plus les séniors

L’association a dressé le profil de ces personnes. Parmi elles, 40% ont plus de 50 ans. La proportion des seniors a augmenté de 30% par rapport à 2013 en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne. Par ailleurs, les seniors sont de plus en plus isolés, avec une augmentation de 30% des femmes seules (hors mères isolées).

En revanche, le nombre de jeunes de moins de 25 ans accompagnés est en nette baisse. Il est de 4% seulement. Il a diminué de 40% par rapport à 2013.

Les difficultés concernent le paiement du loyer et des charges

Dans la plupart des cas, ce ne sont pas ces personnes qui contactent l’association mais l’inverse. Le Secours Catholique intervient à la demande des services sociaux dans 92% des cas, notamment “pour que la délégation étudie la possibilité d’accorder une aide financière”.

Les principales difficultés concernent à 58%, le paiement des charges de base, c’est-à-dire le loyer et les factures d’énergie. Cela représente 60% des demandes faites au Secours Catholique.

130.000 euros d’aides financières ont été accordées en 2018.

Des personnes en emploi précaire

Selon l’association, 51% des personnes accompagnées sont en inactivité car elles sont soit “en pré-retraite, en inaptitude pour raisons de santé, ou bien parce qu’elles n’ont pas le droit de travailler”. Ce nombre de 51% a doublé depuis 2013.

25% des personnes travaillent mais ont un emploi précaire ou un temps partiel subi “qui ne permet pas d’assurer la charge financière d’un foyer”. 25% sont au chômage mais parmi elle près de la moitié ne touchent pas d’allocation chômage.

Source FRANCE BLEU.

Alzheimer à 42 ans, un voyage au bord de l’égarement…

Dans un témoignage bouleversant, Florence Niederlander, diagnostiquée Alzheimer à 42 ans, nous raconte son quotidien et ses attentes.

Alzheimer à 42 ans, un voyage au bord de l’égarement

C’est difficile d’écrire sur un livre portant une telle force, un tel souffle de vie. Difficile aussi, parfois, de lire ce condensé d’émotions, livrées tout en retenue mais telles que les mots viennent, dans la plus grande nudité de l’âme. On ne lit pas ce livre d’une traite ; il nous bouscule trop, et il faut régulièrement reprendre son souffle.

Florence Niederlander a été diagnostiquée Alzheimer en 2013. Une parmi tant d’autres… mais une particulière: elle n’avait alors que 42 ans, et un fils de 12 ans qui l’a poussée à consulter, sentant que quelque chose clochait dans cette maman-là. C’est tôt, 42 ans, bien trop tôt pour une maladie qui grignote peu à peu ce que vous êtes.

On ne lit pas ce livre d’une traite ; il nous bouscule trop, et il faut régulièrement reprendre son souffle.

Avec un immense humour, une foi à toute épreuve et une immense pudeur, Florence Niederlander nous livre ses «petits carnets de vie», écrits au fil du temps pour ne pas perdre totalement celui de ses pensées. Des pages d’abord écrites pour dire à ce fils, mûri trop vite, quelle maman elle aura été, quelle maman elle aurait voulu être.

Peut-on prétendre résumer en quelques lignes les 300 pages de Florence Niederlander? À défaut d’en avoir le droit, on en ressent presque le devoir: car ce livre est important, et il ne doit pas rester noyé dans le flot continu de l’édition. Important au point qu’Yves Michalon, patron de la maison d’édition du même nom, accompagne son envoi presse d’un courrier dans lequel il raconte comment, après avoir rencontré la jeune femme et entendu son désir de témoigner, il a reçu «un premier cahier écrit à la main, puis deux, puis trois», composés entre avril et août 2019, jusqu’à ce que l’ensemble lui paraisse «non seulement publiable, mais riche d’une expérience unique».

«C’est un duel entre [la maladie] et moi : je sais qu’elle est plus forte, mais je ne veux pas lui laisser le croire.»

Florence Niederlander nous raconte donc sa maladie. Ne cherchez pas ici des envolées savantes et/ou chiffrées sur Alzheimer: si vous voulez des informations, il faudra aller voir ailleurs. Ce que l’auteur nous donne ici, ce sont ses émotions, ses pensées, son vécu. Sa façon d’oublier comment on fait la cuisine, et sa fierté d’avoir réussi à faire un gâteau au yaourt. Sa conscience qu’elle a besoin d’aide, et sa volonté farouche de vivre de la façon la plus indépendante possible. Car la jeune femme insiste: même malade, elle est maman et veut prendre soin de son filsà la mesure (immense!) de l’amour qu’elle lui porte ; même malade, elle est adulte et entend décider de sa vie ; même malade, elle refuse d’être exclue du monde, mais demande que l’on veille à sa fatigue ; même malade, oublieuse des mots et des gens, elle a «peut-être encore des choses intéressantes à dire»… Et si elle s’égare, nous dit-elle, «à vous de jouer pour me convaincre. Ne m’infantilisez pas. Je ne suis pas un enfant.»

«Surmonter mes peurs, me défendre face à quelque chose qui échappe à mon bon sens», voilà comment Florence Niederlander veut vivre face à la maladie. «C’est un duel entre elle et moi: je sais qu’elle est plus forte, mais je ne veux pas lui laisser le croire.» La jeune femme sait, bien sûr, que «l’évolution de la maladie est palpable. Je la vois, je n’ai pas le choix.» Mais gare à l’y enfermer trop vite: «Je suis VIVANTE, vous l’entendez? VIVANTE.»

Alzheimer précoce. Mes petits carnets de vie. Florence Niederlander. Michalon.

Source LE FIGARO.