Écoles. Une classe de maternelle pour enfants autistes à Saint-Malo…

Elles ne sont que trois dans le département. À Saint-Malo, la maternelle Bel-Air dispose désormais d’une classe pour les enfants présentant des troubles du spectre autistique.

Une classe pour enfants autistes, à l’école maternelle Bel-Air, présentée par Bérengère Chevalier, l’institutrice spécialisée.

Une troisième classe a été inaugurée, mardi 3 décembre, à l’école maternelle publique Bel-Air, à Saint-Malo. Pas tout à fait comme les autres, elle accueille des enfants autistes. C’est la troisième maternelle du genre à ouvrir en Ille-et-Vilaine, après celles de Bourgchevreuil à Cesson-Sévigné, en 2014, et Jean-Rostand à Rennes, en 2016. Une quatrième pourrait suivre à Redon. « Des classes initiées par le Plan autisme 2013-2017, dont il nous faut mailler le territoire », explique Christian Willhelm, inspecteur académique.

« Résultats prometteurs »

Depuis le 18 novembre, deux enfants de 3 et 4 ans y prennent leurs marques. À terme, ils seront sept. Un tout petit effectif, adapté à ces enfants dont l’autisme, plus ou moins sévère, s’accompagne « de troubles du comportement, sensoriels comme une hypersensibilité, au bruit, à la lumière, au toucher ». Des enfants qui peuvent avoir du mal à se repérer dans le temps ou dans l’espace, communiquent difficilement voire ne parlent pas, éprouvent des difficultés à traiter l’information.

« Après trois semaines de fonctionnement, on peut dire que les résultats sont très prometteurs », sourit Bérengère Chevalier, l’institutrice. Spécialisée, elle a déjà enseigné auprès d’enfants autistes dans une classe élémentaire Ulis, à Rennes, « Une structure qui dépend de l’Éducation nationale. » Les UEMA, elles, sont rattachées à un Institut médico-éducatif (IME), ici les Hautes-Roches, géré par l’association Pep Brétill’Armor.

« Ne pas perdre le fil »

Dans la classe, « assez blanche pour limiter la stimulation visuelle », tout est adapté à la pédagogie comportementale : repères visuels, spatio-temporels, pictogrammes, timers « pour comprendre le temps qui passe. On a aussi ces petites planches qui séquencent chaque apprentissage, comme se laver les mains ».

Chaque enfant peut visualiser et suivre son emploi du temps personnalisé, la grande table où se partage le goûter est systématiquement recouverte d’une nappe, « encore un signe qui va les aider à se repérer ».

Une autre classe a été aménagée en divers espaces et bureaux et lorsqu’il se déplace d’un lieu à un autre, l’enfant peut emmener sa petite figurine, « qui l’aidera à ne pas perdre le fil, entre deux activités ».

Le but de ces classes intégrées dans l’école ? « Favoriser l’inclusion de ces enfants, la plus rapide possible, dans des classes ordinaires. Une ambition politique mais aussi un souhait des associations de parents », explique Marie-Claire Gautier, directrice de l’IME.

Un projet monté en huit mois

Monté en huit mois, « un record », l’UEMA malouin a mobilisé plusieurs partenaires. La Ville de Saint-Malo, qui a mis deux classes à disposition et financé leur aménagement, l’Agence régionale de santé, qui débloque une enveloppe de 280 000 € pour financer les mi-temps de psychologue, éducateur spécialisé, orthophoniste, psychomotricien et l’infirmière. L’Éducation nationale prend en charge les postes d’instituteur et d’AESH (Accompagnant d’élèves en situation de handicap).

Quant à l’orientation, elle est validée par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), après diagnostic soit par l’équipe de pédopsychiatrie de l’hôpital, soit par le service diagnostic du centre d’action médico-sociale précoce, « où l’enfant, dès 18 mois, peut être orienté le plus souvent par le médecin ou pédiatre, parfois par les parents eux-mêmes ». Accompagnés dès l’âge de 3 ans, ces enfants « multiplient les chances d’évolution favorable. À cet âge, les neurones miroirs fonctionnent parfaitement et la plasticité cérébrale offre de meilleures perspectives ».

En Bretagne, 1 600 enfants de 3 à 16 ans souffrent de troubles autistiques, dont 600 en Ille-et-Vilaine, scolarisés de 3 à 16 ans et à 82 % dans des classes ordinaires. Les autres le sont en IME, classes Ulis ou UEMA.

Source OUEST FRANCE.

Des collégiens autistes scolarisés dans une unité sur mesure à Aulnay-sous-Bois, une première en France…

A Aulnay en Seine-Saint-Denis, la première unité d’enseignement externalisée pour collégiens autistes a fait sa rentrée avec succès.

Ce dispositif sur mesure, centré entre autres sur la socialisation et l’autonomie, doit permettre aux enfants de bénéficier de l’inclusion scolaire.

La toute première unité d'enseignement externalisée (UEE) pour collégiens autistes se trouve à Aulnay-sous-Bois (illustration). / © JOËL SAGET / AFP

Mounib, Adam, Rafi, Boubacar, Sanjay et Alioune : tous ont fait leur rentrée cette année dans une unité d’enseignement externalisée (UEE), au collège du Parc à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Une première en France, qui concerne les matières principales, comme le français, les maths, ou encore l’anglais.

Pour ce qui est des cours de sport et d’arts plastiques, mais aussi en récréation ou à la cantine, les collégiens autistes rejoignent une classe de 6e « classique ». « On s’amuse bien avec eux. Ils sont pas comme nous, mais je les comprends », explique Léonore, une adolescente avec qui Sanjay et Mounib ont cours d’EPS. Leur accompagnante (AESH), Gracia Martins, n’est ceci dit jamais loin.

« On a beaucoup d’a priori, on pense que ce sont des enfants soit très intelligents, soit très renfermés, résume Saïd Haddouchi, principal du collège du Parc. Or il y en a beaucoup au milieu, c’est à ceux-là qu’on s’adresse. L’objectif est la socialisation et l’autonomie. » Et d’ajouter : « Très naïvement, on ne pensait pas que c’était une première en France. On a lancé ce projet car il répondait à un besoin. Ce n’est pas difficile à mettre en place ! »

« Avant, certains ne parlaient pas, n’écrivaient pas, ils ont fait d’énormes progrès »

Du côté du gouvernement, le premier ministre Edouard Philippe a reconnu en juin dernier la « lenteur » du déploiement des unités d’enseignement externalisées qui doivent permettre aux 100 000 enfants autistes en France de bénéficier de l’inclusion scolaire. A ce jour, il existe 137 UEE en maternelle, 26 en élémentaire et, donc, une seule en collège pour l’instant.

Au collège du Parc, le succès de l’unité d’enseignement repose en très grande partie sur les épaules de Caroline Bergé, enseignante spécialisée en charge de ces six élèves de sixième âgés de 11 à 12 ans. En classe, elle est épaulée par l’accompagnante et une éducatrice.

Tout est extrêmement ritualisé comme l’explique Caroline Bergé, qui sollicite en permanence ses élèves pour maintenir le contact, parfois difficile à instaurer : « Il faut toujours leur expliquer ce qu’on fait, ce qu’on va faire ». Cette ex-prof d’histoire géo très investie a convaincu plusieurs enseignants de prendre ses élèves dans leurs cours : « Avant, certains ne parlaient pas, n’écrivaient pas, ils ont fait d’énormes progrès. On n’en fera pas des polytechniciens, mais quatre ou cinq pourraient accéder à un CAP, avoir un métier. J’aimerais qu’ils sachent prendre le métro, faire des courses sans se faire arnaquer, se faire à manger. »

« C’est un miracle »

En sport, le professeur d’EPS Nicolas Roelandt a décidé de traiter les pré-ados autistes « comme les autres » et de ne pas « se fixer de barrière » : « Au final, ce n’est pas compliqué, et tout le monde sort de cours très heureux. Il faut juste avoir envie. »

Si cette unité d’enseignement est « une pépite d’or » d’après Caroline Bergé, cette dernière relativise : « Une pépite c’est tout petit. Il y a trop peu d’autistes pris en charge, trop d’enfants déscolarisés, trop de mères seules à la maison avec leur enfant. » L’équipe enseignante espère en tout cas faire des émules ailleurs sur le territoire. « Beaucoup d’enfants atteints de troubles du spectre autistique ont la capacité d’être en collège. Ils sont sociables, sont en demande, aiment ça, détaille Virginie Royer, éducatrice qui suit ces élèves à l’école et en hôpital de jour. Ça a d’autant plus de sens que ce sont des enfants qui peuvent se révéler avec l’adolescence : on en voit beaucoup sortir de l’autisme vers 15 ans. »

Du côté des parents, Sihame Khenenou, la mère de Mounib – venue spécialement d’Algérie en 2016 – se réjouit de la qualité de la prise en charge de son fils : « Là-bas on n’acceptait pas son handicap, alors qu’il est très intelligent, qu’il dessine très bien. Il a d’ailleurs appris le français très vite. »  D’après elle, Mounib « a changé à 100% » depuis qu’il va à l’école : « Avant c’était les crises, les pleurs, les bêtises. Maintenant il est calme, il dit qu’il a grandi, qu’il se sent capable. C’est un miracle. »

Source FR3.

A l’origine des 2 heures adaptées aux autistes dans les magasins U, un Compiégnois et le directeur d’un hyper de l’Oise…

A partir de ce mardi, les 20 enseignes U des Hauts-de-France vont baisser lumières et musique chaque semaine pendant 2 heures pour mieux accueillir les personnes autistes.

Une initiative mise en place pour la première fois à Thourotte dans l’Oise et étendue à tous les magasins de l’enseigne.

Depuis le 2 décembre, les 2 heures de calme pour les clients autistes initiées dans le magasin U de Thourotte dans l'Oise sont étendues aux 1600 enseignes du groupe. / © Maxppp/L.Vadam

Des lumières moins agressives. De la musique moins présente. Le volume du bip des caisses moins fort. A partir de ce mardi, dans les 1600 magasins de l’enseigne U de France (U Express, Super U et Hyper U), des conditions d’accueil adaptées aux personnes en situation d’autisme vont être instaurées.

Dans les Hauts-de-France, on compte 20 enseignes Système U.

Un papa de l’Oise à l’origine de l’initiative

Deux heures de calme chaque semaine pour permettre aux clients atteints d’autisme ou aux parents d’enfants autistes de traverser l’épreuve des courses au supermarché plus sereinement.

A l’origine de cette initiative, David Teixeira, président de l’association Éclosion bleue et lui-même papa d’un enfant autiste de 12 ans et le directeur du magasin de Thourotte dans l’Oise. Au printemps dernier, les deux s’associent pour tester le dispositif. Et depuis, tous les mardis de 13h30 à 15h30, le magasin se fait plus calme et moins sensoriellement agressif.

L’idée est venue à David Teixiera au printemps 2018 : “ je démarchais des magasins pour une chasse aux oeufs de Pâques adaptée aux enfants autistes. Et le seul à avoir été intéressé par la notion d’adaptation, c’est David Blaise, le directeur du Super U de Thourotte, explique David Teixeira. En plus, quand j’y suis allé, j’ai remarqué que la musique était basse, que les allées étaient larges”.

“Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire.” David Teixeira, président de l’association Éclosion bleue

La démarche a immédiatement plu à David Blaise, le directeur du magasin de Thourotte : “il parlait de bienveillance et d’inclusion. et ça, c’est dans notre ADN, ma femme et moi : notre fils a eu des problèmes de langage et notre petit-fils est porteur de Trisomie 21. Et ce que proposait David était intéressant parce que ça n’excluait aucun type de handicap. Il avait un message d’ouverture aux autres qui me parlait. Et puis, baisser l’intensité des éclairages et de la musique, c’était largement faisable ! “.

C’est en Australie que ce temps adapté pour les personnes atteintes d’autisme voit le jour. Le directeur d’un magasin U du Cher la met en place. “Mais le jour n’était pas fixe. C’était le mardi une semaine et le jeudi la semaine suivante, explique David Blaise. Et puis ce n’était qu’une heure par jour. Quand on sait que les clients typiques mettent en 25 et 45 minutes pour faire leurs courses, j’ai compris qu’une heure, ce n’était pas assez. D’ailleurs, Benjamin, l’éducateur spécialisé qui a travaillé sur le projet avec nous, m’a confirmé ça : la personne qu’il accompagnait mettait 1h30.”

Des pictogrammes et une carte du magasin à disposition

Un an plus tard, en juin 2019, le premier temps adapté de 2 heures pour les personnes autistes était mis en place à Thourotte. Les salariés volontaires ont été sensibilisés au handicap en général par l’association de David Teixeira et Benjamin. En plus de baisser les lumières, la musique et le bruit des caisses, l’enseigne met à disposition un stand à son entrée avec un classeur contenant des pictogrammes pour que les personnes autistes puissent concevoir leur liste de courses. Une carte des rayons est également mise à leur disposition. “Grâce à ces pictogrammes, une adulte austiste a pu pour la première fois faire ses courses seule à Thourotte, se réjouit David Teixeira. C’était en juin et elle en parle encore à son éducatrice ! “

Le mardi, jour sans affluence

Le jour et les horaires sont le même pour les 1600 magasins U de France. Le mardi a été choisi parce que c’est un jour où l’affluence n’est pas la plus importante. Un choix qui a du sens lorsque l’on sait que la foule est un environnement que les personnes autistes ont du mal à gérer. Le temps adapté n’est donc pas réservé aux personnes en situation de handicap. “Et c’est ce qui m’a plu” explique David Blaise.

“Cette démarche, c’est juste de la bienveillance : on fait attention à l’autre sans exclure personne. C’est de l’inclusion.” David Blaise, directeur de l’Hyper U de Thourotte

Les retours des sondages faits aurpès des clients sont tout de suite positifs. “Ça fait du bien à tout le monde !”, remarque David Blaise qui va parler de cette initiative à d’autres collègues. Qui en parlent à leur tour à d’autres collègues. Certains mettent en place ce dispositif dans leur magasin de manière individuelle. La direction du groupe Système U finit par avoir vent de l’initiative et des remontées positives qu’elle suscite. Elle décide alors de l’étendre à ses 1600 enseignes dans toute la France. “Thourotte, c’est le prototype ultime, explique Thierry Desouches au Parisien, porte-parole national de l’enseigne Système U. D’autres magasins s’intéressaient au concept, alors nous avons décidé de le généraliser.”

Des créneaux supplémentaires sont à l’étude. Mais certainement pas à des heures de grande affluence. “Des clients m’ont demandé si on pouvait mettre ces 2 heures de calme en place le samedi matin, raconte David Blaise. Atténuer les lumières et la musique alors qu’il y a beaucoup de monde ça n’aide pas un autiste. Ça n’a pas de sens.”

“On a choisi le mardi de 13h30 à 1h530 parce que c’est déjà un moment calme. On l’a juste renforcé.”

Pour David Teixeira, “c’est une victoire et un premier pas en même temps. Le magasin est un lieu de rencontre. Aujourd’hui, avec ce temps adapté, on y voit des gens qu’on ne voyait pas avant. Des personnes en situation d’autisme mais aussi des mamans avec leur poussette qui peuvent combiner sieste de bébé et courses. On voit aussi des personnes âgées qui ont besoin de plus de quiétude. J’ai voulu montrer avec cette démarche que l’adaptation du magasin n’enlève rien aux autres clients. Au contraire. Ça peut leur apporter des choses. Les autistes, eux, sont plus visibles, plus calmes et plus réceptifs aux autres. Ce temps adapté, c’est une plus-value pour tout le monde”.

Source FR3.

 

FRANCHE – COMTE : Ces jeunes adultes autistes bloqués chez les enfants…!!!

Faute de places dans les structures adaptées, les jeunes adultes autistes sont maintenus dans les établissements pour enfants.

Avec la cohabitation complexe que ça suppose sachant, aussi, que ce sont autant de places qui ne sont pas libérées pour les enfants.

Des parents alertent…

Ces jeunes adultes autistes bloqués chez les enfants

« Imaginez des écoliers en fin de CM2 auxquels on annonce qu’en attendant la construction du collège de Bethoncourt, ils vont rester encore deux, quatre ans, voire plus à l’école primaire… Les parents feraient du barouf », image François Lebeau, le président de Sésame Autisme.

Exemple pertinent car c’est du pareil au même avec, faute de places, le maintien de jeunes adultes autistes dans un établissement pour enfants alors qu’ils ont atteint l’âge limite.

Ce sera bientôt le cas de Robin. Depuis douze ans, il est accueilli à l’IME (institut médico éducatif) des Grands Bois à Grand-Charmont. Un établissement de 19 places avec internat en semaine géré par Sésame Autisme recevant des enfants et ados de 6 à 20 ans.

La même espérance de vie

« Dans un an et demi, Robin aura 20 ans. Que fait-on ? » interroge son père Pascal Bourdon, un Bethoncourtois papa de quatre enfants.

Cette question, tous les parents dont les enfants sont atteints d’autisme et autres troubles envahissants du développement se la posent. « Car nos enfants autistes vieillissent d’un an tous les ans », ironise François Lebeau ayant parfois l’impression que l’administration fait « un blocage » sur l’enfance.

De la même façon leur espérance de vie est la même qu’une personne dite ordinaire. 80 ans et plus. Ce qui signifie qu’un jeune de 20 ans qui entre aux Vergers de Sésame, le foyer d’accueil médicalisé (FAM) pour adultes en internat permanent d’Hérimoncourt y restera soixante ans et plus.

Les files d’attente s’allongent

La structure hérimoncourtoise compte 24 places. S’y ajoutent 32 autres places pour adultes dont 24 en internat à la Maison de Sésame à Bethoncourt, une structure multiservices qui comprend, entre autres une maison d’accueil spécialisée (MAS) pour des personnes dont les troubles requièrent un accompagnement soutenu (huit places). Les comptes sont faits et les places sont rares, sauf décès, dans les structures pour adultes du pays de Montbéliard qui affichent complet.

« En 2021 en Franche-Comté, plus de 50 % des personnes accueillies dans nos structures dédiées aux enfants et ados auront plus de 20 ans. 50 % d’amendement Creton », observe le président de Sésame. « Avec des files d’attente qui s’allongent » Puisque ce sont autant de places maintenues pour les adultes qui ne sont pas libérées pour les enfants.

L’inquiétude des parents

L’amendement Creton, du nom du comédien Michel Creton qui l’avait défendu, permet depuis 1989 le maintien dans un établissement pour enfants handicapés de jeunes adultes ayant atteint l’âge limite. En attente d’une place en structure dédiée. Dans ce cas, ils seraient plus de 5 000 en France.

Laura, 21 ans et demi, diagnostiquée autiste à l’âge de 4 ans, passe sa vie entre quatre couchages. « Je l’ai inscrite à l’IME de Grand-Charmont alors que l’établissement était en construction. Dire s’il faut anticiper », raconte son père Jean-Pierre Jacotey de Nommay. « Depuis ses 6 ans, elle est accueillie la semaine aux Grand-Bois, le week-end quand il y a de la place au foyer de Bethoncourt, sinon à Amagney près de Besançon et bien sûr à la maison. Des couchages itinérants et parfois perturbants pour la personne handicapée. »

Les parents ne voilent pas leurs inquiétudes : « Quelles solutions maintenant et demain pour nos enfants adultes ? » La solution, elle passe par l’ouverture de nouveaux établissements, des budgets dédiés et un engagement fort de la société. Mais ça, c’est une autre histoire sauf qu’il y a urgence.

Une place à l’école, du primaire au lycée

Pendant des années, les enfants en situation de handicap étaient accueillis à l’école ordinaire avec le soutien d’une aide personnalisée. Si ce n’est que certains comme les enfants autistes n’étaient pas en capacité de suivre un programme scolaire, de se concentrer. Alors sont nées les ULIS comme Unités localisées pour l’inclusion scolaire, un dispositif qui va de l’école au lycée dont est pourvue l’Aire urbaine.

C’est quoi l’autisme ?

C’est un trouble sévère et précoce du développement de l’enfant apparaissant avant l’âge de trois ans. Il se caractérise par un isolement, une perturbation des interactions sociales, des troubles du langage, de la communication, des activités stéréotypées avec restriction des intérêts. L’autisme n’est pas une maladie dont on guérit mais un handicap avec lequel il faut apprendre à vivre.

Une nouvelle maison à Chaux

L’établissement public « Les Éparses » à Chaux ouvre une MAS (maison d’accueil spécialisée) avec une section dédiée aux personnes autistes.

Autisme . Photo ER

Pour éviter l’implosion, les familles ont besoin de répit

Laura parle mais n’est pas dans l’échange verbal avec les autres. Tellement affectueuse, qu’elle distribue les bises aux caissières du supermarché, clients des magasins. « Ça passe avec une fillette de 6 ans, mais c’est perturbant face à une jeune fille de 21 ans », avoue son père. « Elle est très vulnérable, n’a pas de centre d’intérêt, réclame la présence constante d’un adulte à ses côtés. Chaque enfant à des traits autistiques différents. Certains peuvent être violents après une frustration. »

Robin est épileptique, ne parle pas, présente une déficience intellectuelle, s’évade avec sa tablette numérique.

Les deux pères avouent sans fard que « pour éviter l’implosion, les familles ont besoin de répit. Bien sûr, on préférait garder nos enfants auprès de nous plutôt que les placer la semaine. En même temps, c’est usant un enfant autiste. Pour le couple, qui implose parfois, pour la fratrie, on a besoin de souffler, de se protéger, de répit. » Car, disent-ils, « la vie sociale s’effondre. Les gens ont peur du handicap. Les amis ne vous invitent plus ou on finit par ne plus aller chez les amis. De la même façon, on trace un trait sur le resto, le ciné. »

En 2018, Sésame Autisme a ouvert un service d’aide et de répit pour les aidants familiaux.

Source EST REPUBLICAIN.

Autisme : l’obsession pour le syndrome d’Asperger se retourne contre les neuroatypiques…

Cédric Villani a été questionné par Quotidien au sujet du supposé autisme du mathématicien, ce qui a soulevé une vague d’indignation dans l’opinion et sur les réseaux sociaux.

Pourquoi la société française a-t-elle une telle fascination pour les autistes ?

Autisme : l’obsession pour le syndrome d’Asperger se retourne contre les neuroatypiques

Atlantico.fr : Cédric Villani se trouve malgré lui au centre d’une polémique. En cause : une question posée par un journaliste de Quotidien au sujet du supposé autisme du mathématicien, question qu’une grande majorité de l’opinion a condamné.

Que pensez-vous de cette séquence ?

Lise Malézé : Cédric Villani a bien sûr fait une réponse très juste. Est-ce que le journaliste aurait osé lui poser une question sur son orientation sexuelle, sur une maladie, sur un aspect de sa vie personnelle, sur des problèmes psychologiques ? L’autisme reste à l’heure actuelle reconnu comme handicap, même si cela est controversé et que certains préfèrent parler de neuroatypie ou de différence, cela reste soumis à un diagnostic pour être identifié. Cela relève donc du secret médical. Au delà de cela pourquoi faudrait-il qu’une personne supposée autiste le martèle et se définisse comme telle pour faire campagne ?

Pourquoi la société française a-t-elle une telle fascination pour les autistes (notamment Asperger) ?

La France a accumulé pendant des années un grand retard dans la prise en charge et la considération des personnes autistes. Et ce retard n’est pas encore comblé. Ce sont les familles et les personnes autistes qui ont réussi à faire bouger les choses en médiatisant leur cause. Grâce aux médias et aux réseaux sociaux les personnes concernées réussissent à toucher l’opinion et les politiques. Elles se battent ainsi pour obtenir plus de moyens face à des institutions souvent trop lentes ou aux pratiques archaïques. L’autisme est donc bien plus médiatisé que d’autres causes, ce qui donne cet effet “l”autisme est à la mode”.

On parle actuellement de Troubles du Spectre Autistique : cela recouvre une très grande variété de réalités et de problématiques. La surmédiatisation va très souvent de pair avec les cas les plus extrêmes : les autistes sévères ou les “asperger génies”. L’image de l’autisme que la plupart des personnes ont en tête c’est soit un enfant totalement renfermé dans sa bulle, qui ne parle pas, se balance seul dans un coin, soit le génie qui est capable de faire des calculs surhumains. La très grande majorité des personnes autistes ne ressemble ni à l’un ni à l’autre de ces clichés.

Et pour beaucoup de personnes, l’autiste asperger, c’est le “fou sympa, excentrique, rigolo”. Il y a de plus en plus de personnages autistes dans les fictions. Les gens n’ont pas le même regard sur les personnes schizophrènes ou bipolaires par ex qui restent sources de peur et de méfiance.

Beaucoup pensent que l’autisme va de pair avec une intelligence exacerbée. Cette fascination vous semble-t-elle aider les autistes ou est-elle au contraire un poids ?

C’est un cliché qui a la peau dure… Les personnes autistes n’ont que très rarement une intelligence exacerbée, mais c’est une autre forme d’intelligence, de raisonnement et de perception de leur environnement ce qui amène très souvent à des difficultés car le monde n’est pas conçu et organisé pour eux. Ca n’aide pas les personnes autistes qui pour la plupart sont dans des demandes simples d’accès à des droits et une qualité de vie comme tout un chacun : pouvoir aller à l’école, travailler, réussir à avoir une autonomie dans la vie quotidienne, des relations sociales et amoureuses etc. Beaucoup ont de réelles difficultés cognitives et sensorielles, ce qui déroute les employeurs par ex : ils peuvent avoir un bac+5 et être brillants dans leur domaine mais ne pas réussir à être autonome, à s’organiser dans leur travail, à supporter un openspace, à communiquer avec ses collègues… Ou pour certains qui ont des aptitudes exceptionnelles dans un domaine, cela n’a malheureusement pas toujours d’application concrète dans leur vie, ça ne peut pas toujours se transformer en métier ou en passion qu’ils peuvent partager avec d’autres personnes par ex. Enfermés dans ce genre de clichés, on pense qu’ils n’ont pas besoin d’accompagnement ou d’aménagements, alors que nombre d’entre eux les réclament pour réussir à être ensuite autonome dans tous les aspects de leur vie.

Les croyances autour de l’autisme n’empêchent-elles pas, dans une certaine mesure, de comprendre et de prendre en charge les neuroatypiques en général ?

Ces clichés peuvent être un frein au diagnostic et à la bonne prise en charge des personnes autistes. L’autisme est encore très mal diagnostiqué en France. La majorité des professionnels en première ligne (médecins, psychologues…) ne sont pas assez formés.  Quand on n’est pas formé on se réfère à des clichés, aux cas les plus extrêmes recensés dans les manuels, ou on va glaner des informations sur internet. Il y a depuis quelques années une vague d’articles, de chaines youtube sur le quotidien des personnes autistes. Cela amène d’autres personnes à les regarder et se questionner “suis-je moi-même autiste ?”, “mon enfant est-il autiste ?”. Il y a beaucoup d’auto-diagnostic de personnes qui pensent se reconnaitre dans ce qu’ils lisent sur internet, c’est néfaste. Et en même temps avoir un diagnostic fiable est un parcours du combattant, quant aux prises en charge, elles sont souvent difficiles d’accès, peu remboursées. Il n’y a heureusement pas que des difficultés à être autiste, la neuroatypie est aussi une richesse, et les choses bougent il y a de plus en plus d’inclusion des enfants autistes à l’école, à terme c’est le meilleur de faire changer les mentalités sur ces questions et d’éviter les clichés.

Source ATLANTICO.

Paris : une centaine d’accompagnants d’enfants en situation de handicap rassemblés à Solférino …

Pour dénoncer leurs mauvaises qualités de travail, ce mercredi après-midi, une centaine d’accompagnants d’enfants en situation de handicap se sont rassemblés devant le métro Solférino à Paris, sur un appel de l’intersyndical.

Ils dénoncent notamment des salaires trop faible.

Une centaine d'accompagnants d'enfants en situation de handicap rassemblé devant le métro Solférino ce mercredi après-midi

Devant le métro Solférino à Paris, une centaine d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) se sont rassemblés, ce mercredi après-midi sur un appel de l’intersyndical, pour dénoncer leurs mauvaises conditions de travail. Ils revendiquent des salaires trop bas. Ils touchent environ 700 euros par mois, pour 20 heures de travail et leurs heures supplémentaires ne sont pas payées.

Les AESH apprennent leur métier sur le tas

Une des principales revendications des accompagnants est l’absence totale de formations. “Il suffit de répondre à une annonce de pôle emploi et vous pouvez aller travailler” affirme Francette Popineau co-secrétaire général du syndicat SNUipp. Un manque de formation qui oblige les AESH à travailler en dehors de leurs heures de travail.

“Les accompagnants doivent regarder, chez eux, sur internet quel est le handicap de l’enfant, l’attitude a adopté … Tout ça est très rudimentaire” – Francinette Popineau, co-secrétaire général du syndicat SNUipp

Les AESH demandent la fin de la mutualisation

Depuis le début de l’année, la réforme PIAL, un pôle supposé faciliter le quotidien des accompagnants et favoriser l’apprentissage des enfants est un flop. Avant la rentrée les AESH ou encore AVS (auxiliaires de vie scolaire) s’occupaient en règle générale d’un seul enfant sur l’année. Maintenant ils sont amenés à s’occuper de plusieurs enfants en même temps et parfois seulement une heure dans la semaine avant qu’un autre prennent le relais le jour suivant… c’est ce qu’ils appellent la “mutualisation”. 

C’est un rythme fatiguant pour les accompagnants et ça déstabilise des enfants qui ont besoin de repères – déplore, Michelle une AESH.

Ils demandent également plus d’embauches pour un meilleur accompagnement des enfants.

Source FRANCE BLEU.

Auticonsult, l’entreprise qui valorise les compétences des autistes…

HandicapDepuis 2015, Auticonsult emploie et coache des consultants en informatique autistes, souvent discriminés. Une première en France.

L'équipe d'Auticonsult dans les locaux de l'entreprise, qui emploie 23 personnes autistes.

  • La Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées se tient du 18 au 24 novembre.
  • Le monde du travail est peu adapté aux personnes autistes, notamment les méthodes de recrutement.
  • Auticonsult compte 23 consultants autistes envoyés dans toute la France. Ils sont coachés par des experts, pour gérer le stress ou les interactions sociales.
  • Les entreprises sont elles aussi sensibilisées aux spécificités de l’autisme.

Du labeur, mais pas de sueur, ni d’agitation. A Courbevoie (Hauts-de-Seine), Auticonsult propose un cadre de travail aux antipodes des open spaces fourmillants, jusque dans ses équipes. Ici, tous les consultants informatiques sont atteints de trouble du spectre de l’autisme (TSA). « Il y a une vraie discrimination », remarque le président William Cunche, selon qui l’écrasante majorité des personnes autistes seraient sans emploi ou sous-employées.

Créée en 2015, l’entreprise en compte aujourd’hui 23, recrutées à Paris puis envoyées en mission à travers toute la France, voire à l’étranger. Pour Flora Thiébaut, la cofondatrice, les méthodes de recrutement actuelles sont inadaptées aux autistes, notamment l’entretien d’embauche. Elle prend l’exemple d’un consultant à qui le recruteur avait posé la question suivante : « Qu’est-ce qui fait de vous un meilleur candidat que les autres ? » Réponse de l’intéressé : « Je ne sais pas, je ne les connais pas. »

Leur franchise : une richesse

Une repartie pour le moins déstabilisante, qui pourrait être mal perçue par l’interlocuteur. « Les personnes autistes ne comprennent pas le second degré », observe William Cunche. Pour Catherine Yama, qui les accompagne sur le plan technique, leur franchise est au contraire une richesse. « S’ils ne comprennent pas ou ne savent pas, ils ne vont pas hésiter à le dire. Cela rend la communication plus simple. »

Riourik a rejoint la société il y a un peu plus d’un an, après cinq ans d’inactivité. Il apprécie de pouvoir travailler dans « de meilleures conditions, sans stigmatisation ». Avec une plus grande autonomie à la clé : « Avant, je dépendais de mes parents, aujourd’hui je vis seul », déclare-t-il derrière son écran d’ordinateur.

Un coaching personnalisé

Avec Cyrielle Grandclement, psychologue de formation, il apprend à gérer l’estime de soi, le stress et les interactions sociales. Chaque consultant est accompagné par un coach d’Auticonsult et par un référent au sein de l’organisation où il est envoyé en mission. L’entreprise de services numériques prévoit en outre des interventions de sensibilisation au sein des sociétés partenaires.

Source 20 MINUTES.

 

Sandrine, accompagnante d’élèves handicapés en Savoie : “C’est un beau métier mais on est maltraités.” …

Mouvement national ce mercredi des AESH – accompagnants d’élèves en situation de handicap.

A Chambéry, Sandrine dénonce le calvaire de ces précieuses aides à l’inclusion.

Sandrine, accompagnante d'élèves handicapés en Savoie : "C'est un beau métier mais on est maltraités."

Partout en France, il y aura ce mercredi des rassemblements. En désespoir de cause ? Pourtant la cause est noble. Accompagner les enfants qui sans cela seraient exclus du système scolaire. Depuis la récente réforme, leurs contrats sont sensés être consolidés – trois ans au lieu de un auparavant – , leurs conditions de travail améliorées… Dans les faits, beaucoup n’en peuvent plus à l’image de Sandrine, qui après six ans de bons et loyaux services va passer la main à la fin de l’année scolaire.

Actuellement, à l’école Simone Veil de Chambéry, où elle a le soutien de la direction et des collègues, Sandrine dispose de 22 heures pour s’occuper de trois enfants en CE1 et CE2. Deux enfants sont autistes et un a des accès de violences. Pour corser un peu plus la difficulté, deux enfants sont dans la même classe. Sandrine ne veut pas rentrer dans le détail des difficultés pour ne pas stigmatiser ces enfants. La principale violence, elle vient du manque de reconnaissance.

Sandrine aime son métier, Sandrine est à bout. Sandrine touche 636 euros par mois. 

Mal traitée. Mal considérée.

Sandrine : – Ce sont des enfants qui ont du mal à s’ouvrir, à avoir confiance. Il faut du temps, c’est à nous de nous adapter à leur handicap. Ils ne contrôlent pas tout. Il faut beaucoup de patience, énormément de patience.

France Bleu Pays de Savoie : – Sans votre aide, il se passe quoi pour ces enfants ? 

Ils sont livrés à eux-même. Les institutrices n’ont pas le temps de s’en occuper.

Vos petites et vos grandes victoires ?

Leur apprendre l’autonomie. Des petits pas. C’est pour la vie. Un de mes petits me disait : “Je veux rester longtemps dans l’école pour gagner de l’argent.” Je lui ai dit : “Pour être heureux aussi.” Je sors un peu du cadre. On les accompagne. On est dans l’humain. Il s’agit de les aider à se construire. C’est un beau métier.

Et pourtant, vous arrêtez à la fin de l’année.

Je me sens maltraitée. Mal considérée. Comme je ne veux pas devenir maltraitante, j’arrête. Essayez, vous, d’avoir l’esprit complètement ouvert, de rester calme, disponible quand vous vivez avec 636 euros par mois, que tout devient difficile dès le 10 ou le 15 du mois, et qu’il vous reste 150 euros pour vivre quand vous avez payé vos charges. Pour faire ce métier, il faut être en paix. Il y a aussi le mépris. Quand vous essayez de joindre quelqu’un à l’inspection d’académie, vous avez l’impression de déranger. Moi je demande qu’on nous donne les outils pour travailler, pas seulement l’argent. On n’est pas formés ! Pour s’occuper d’enfants handicapés.

“On nous donne pas les moyens de faire ce métier correctement”

Comment l’expliquez-vous, ce manque de considération ?

Pour moi, ça n’a pas de sens. Si ce n’est que nous avons affaire parfois à une société déshumanisée. Il faudrait qu’ils viennent dans les classes. Un jour, le psychologue scolaire est venu une heure. Il m’a dit ” Mais comment tu fais pour tenir ? Tu dois être rincée. ” J’étais contente que quelqu’un s’en rende compte. On a des enfants qui ne tiennent pas en place, qu’il faut canaliser, à qui il faut donner confiance, avec qui il faut répéter, répéter… tout le temps… tout le temps.

Les familles, les enfants et les enseignants ont tellement besoin de vous.

Oui, mais on ne nous donne pas les moyens de faire ce métier correctement. C’est un très beau métier. Il m’a beaucoup apporté sur le plan humain. D’ailleurs, toutes celles et tous ceux que je croise dans ma situation aiment ce métier, aiment les enfants. Et pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à démissionner.

Vous allez manifester ce mercredi devant l’inspection d’académie ?

Non, ça ne sert à rien. Ils n’écoutent pas. Je vais participer à des réunions avec les syndicats. Figurez-vous qu’on n’a même pas de véritable statut. On a juste des contrats qui arrangent l’administration. Ce sont des contrats qui nous tiennent en laisse. Je ne suis pas fonctionnaire, je ne cotise pas pour le chômage. Si je quitte mon emploi demain, je n’ai pas droit au chômage.

L’inclusion est pourtant mise en avant par le ministre de l’Education Nationale.

C’est bien beau les discours. Ils sont où les moyens pour l’école. Quels moyens on met ? Quand on demande à avoir des heures en plus, la personne référente nous dit : “Ben, non, on a déjà explosé le budget. ” Mais, nous , on n’en a pas vu la couleur, de ce budget. Il n’y a aucune évolution possible tant qu’on n’est pas reconnus. C’est dommage. C’est vraiment un très très beau métier.

Source FRANCE BLEU.

Trémoins : bien entouré, le petit Tom, autiste, continue de gagner en assurance …

Depuis 8 ans, à Trémoins, une vingtaine de bénévoles se relaient pour passer du temps avec Tom, 12 ans, atteint d’autisme.

Un accompagnement souhaité par sa mère et qui lui a permis de s’ouvrir aux autres.

Depuis 8 ans, une vingtaine de bénévoles se relaient pour passer du temps avec Tom, atteint d'autisme.

Trémoins, France

Un bel élan de solidarité, dans le village de Trémoins, au sud-ouest de Belfort. Depuis 8 ans maintenant, une vingtaine de bénévoles se relaient pour passer du temps avec Tom, un enfant autiste désormais âgé de 12 ans.

Il n’a jamais été vraiment scolarisé car il le supportait difficilement. Mais sa maman a voulu qu’il soit en tout cas entouré régulièrement de différentes personnes, pour l’ouvrir aux autres, pour le stimuler. Les bénévoles et Tom font ensemble des jeux, des exercices de lecture, des balades…

Tom suivra des cours au collège d’Héricourt à la rentrée 2020

Et il est vrai qu’avec le temps Tom s’est transformé, selon ses proches. Quand il avait 4 ans, Tom parlait  peu, il ne regardait pas les autres.

Etre entouré, chaque semaine, faire différentes activités, lui a fait beaucoup de bien, comme l’explique sa maman, Christelle : “Le langage a rapidement été en place, avec des mots très simples au début, puis des phrases entières. Ensuite au niveau du regard, il était très fuyant tout petit, notamment pour les photos. Maintenant dès que je demande à Tom d’être en photo, la première est directement réussie.

La maman de Tom est d’ailleurs très reconnaissante envers les bénévoles : “C’est grâce à toute cette chaîne humaine que Tom en est là aujourd’hui. Grâce à ces gens d’horizons et d’âge différents, que Tom fait des prouesses chaque jour.”, témoigne-t-elle.

Chaque semaine, les bénévoles et Tom font ensemble des jeux, des exercices de lecture, des balades....  - Radio France
Chaque semaine, les bénévoles et Tom font ensemble des jeux, des exercices de lecture, des balades…. © Radio France – Victorien Willaume

Simone passe du temps avec Tom depuis qu’il est tout petit : “Le premier mot qu’il m’a dit, c’était fraise, je m’en souviens. Après il était de plus en plus présent avec nous, il s’amusait et rigolait.”, assure-t-elle.

En général, avec la bénévole, c’est bisous et câlins au programme, mais il y a aussi de la lecture : “Des fois il ne fait que des mots, mais là il a envie de tout lire, c’est formidable !”. 

Maintenant que Tom communique plus facilement avec les autres, sa mère veut essayer de le rescolariser en partie. A la rentrée 2020 il va suivre des cours dans un collège d’Héricourt.

Source FRANCE BLEU

Portrait de membres d’une famille autiste alsacienne… Vidéo…

L’intégration d’autistes dans la société reste trop difficile….

Portrait de membres d'une famille autiste alsacienne... Vidéo.... En France, 700 000 personnes ont un trouble autistique, dont 100 000 enfants

Vous allez entendre le témoignage d’une famille d’Ungersheim : la maman vient d’apprendre qu’elle souffre du syndrome d’Asperger et l’un de ses enfants est lui aussi atteint d’autisme.
Un reportage de Stéphanie Mallauran, tourné par Éric Kleinhoffer et Nicolas Meyer, monté par Amin Ahmed.

Source FR3