Vaincre l’Autisme alerte sur la discrimination et la maltraitance des autistes…

Si l’autisme est reconnu comme un handicap depuis 1996, les personnes atteintes de ce trouble neurobiologique souffrent toujours de discriminations en France.

Les enfants autistes seraient trop souvent bafoués dans leur droit à la scolarisation et à un accompagnement adapté, selon le dernier rapport de Vaincre l’Autisme.

 

Vaincre l’Autisme alerte sur la discrimination et la maltraitance des autistes

 

Un « système verrouillé » et des « discriminations étatiques et institutionnelles » : dans son dernier rapport, l’association Vaincre l’Autisme alerte sur la situation difficile des personnes autistes en France.

Un diagnostic tardif, une prise en charge « inadaptée », un exil involontaire synonyme de « descente aux enfers » et de « maltraitance institutionnelle » : dans son rapport, paru la semaine dernière, Vaincre l’Autisme dresse un bilan accablant de la prise en charge de l’autisme en France à l’exemple du parcours réel d’un jeune autiste.

Une histoire qui « illustre l’ensemble des souffrances et des discriminations dont sont victimes les familles et les parents d’enfants autistes, qui sont isolées, abandonnées et manifestement délaissés par l’État français », selon l’association.

Premier problème identifié par Vaincre l’Autisme : une vision toujours « archaïque » de l’autisme. Longtemps considéré comme une pathologie psychiatrique – une sorte de psychose que l’on pourrait traiter à travers la psychothérapie – l’autisme est en vérité un trouble grave et permanent du développement, résultat d’un dysfonctionnement neurologique. Et ce n’est pas une affaire marginale : le nombre d’enfants autistes est estimé à une naissance sur 50 au niveau international, selon le rapport. La France compterait, elle, pas moins de 1,3 millions de personnes autistes.

Si l’autisme ne peut donc pas être guéri, de nombreux soins et thérapies existent pour traiter les différents troubles qu’il comporte, très différents d’une personne à l’autre. Il est en outre reconnu comme un handicap, donnant lieu à des besoins de prise en charge adaptée, explique Vaincre l’Autisme dans son rapport. L’intervention auprès d’un enfant autiste devrait notamment comprendre une évaluation des compétences et difficultés particulières de l’enfant, la mise en place d’un projet éducatif individualisé (PEI) et un travail d’inclusion scolaire.

Au niveau européen, la Commission européenne vient en outre d’adopter sa « Stratégie en faveur des droits des personnes handicapées 2021-2030 ». Son but : protéger les personnes handicapées contre toute forme de discrimination, leur assurer une égalité des chances et l’accès à la justice, à l’éducation, aux services de santé et à l’emploi.

Toutefois, le droit fondamental à l’éducation, que la loi française garantit également aux personnes handicapées, ainsi qu’à une prise en charge pluridisciplinaire des autistes serait trop souvent bafoué, fustige l’association. Depuis 2014, l’État français a été condamné cinq fois pour des manquements dans la prise en charge d’enfants autistes, notamment une absence de scolarisation ou d’accompagnement adapté, selon le rapport.

Les quatre « plans autisme » que l’État a successivement adopté depuis 2005 seraient en outre une « succession d’échecs », déclare Vaincre l’Autisme. Aujourd’hui encore, les personnes atteintes d’autisme seraient « les victimes constantes de discriminations » et de maltraitance, fustige l’association, et les efforts de leurs familles pour leur prise en charge un « parcours du combattant ».

La vie professionnelle des parents serait « forcément impacté par l’état de santé de leur enfant et par les nombreuses démarches administratives nécessaires pour la reconnaissance du handicap de leur enfant, l’ouverture de leurs droits sociaux et l’accès à la scolarisation » ainsi que la difficulté de trouver une solution de garde pour un enfant autiste. Souvent, les mères finiraient par abandonner leur emploi : « Entre des prises en charge libérales très coûteuses et une perte de revenu […], la précarité est une réalité pour beaucoup de familles », déplore l’association.

Face à ces défaillances, Vaincre l’Autisme revendique une série de mesures : tout d’abord, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire et des « États Généraux de l’Autisme », ainsi que la réalisation d’études économiques et épidémiologiques sur l’autisme. L’association souhaiterait en outre voir développés et reconnus de nouveaux métiers ainsi que des prises en charge « innovantes » adaptées pour l’autisme.

Dans son rapport, l’association souligne enfin l’importance d’un recrutement « rigoureux » de professionnels « qualifiés dans le traitement et la gestion du trouble du comportement ». Quant aux pouvoirs publics, ceux-ci devraient enfin « reconnaître l’autisme comme un trouble neurobiologique et admettre ses besoins spécifiques » et mettre en place une législation adaptée à ces particularités.

Source EURACTIV.

 

 

Toulouse : Juchée sur une grue, une mère d’enfants handicapés lance un appel au secours et obtient une réponse…

Pour alerter les pouvoirs publics sur sa situation, la mère de deux enfants handicapés a décidé de monter dans une grue jeudi matin.

Elle est redescendue en milieu de journée après avoir obtenu un logement et deux places dans des instituts spécialisés pour ses enfants.

Toulouse : Juchée sur une grue, une mère d’enfants handicapés lance un appel au secours et obtient une réponse

 

  • Depuis ce jeudi matin, 5h30, une mère d’enfants handicapés est juchée sur une grue.
  • Epuisée, cette Gersoise demande l’intervention des pouvoirs publics afin d’obtenir un logement à Toulouse et se rapprocher des centres de soins de ses deux enfants.
  • En milieu de journée, elle est redescendue après avoir obtenu un logement au sud de Toulouse et deux places en institut spécialisé

Ce jeudi matin, vers 5h30, une femme s’est réfugiée dans la cabine d’une grue sur un chantier en cours à Toulouse, dans le quartier de Purpan. C’est l’ultime moyen qu’a trouvé Leila Ketrouci, mère de deux enfants lourdement handicapés, pour se faire entendre. A bout, cette Gersoise qui élève ses trois enfants, a indiqué avoir épuisé tous les recours pour pouvoir obtenir un logement adapté et se rapprocher du CHU de la Ville rose, fréquenté par son fils de huit ans et sa fille de cinq ans, tous deux lourdement handicapés, atteints d’une maladie génétique rare et de  troubles autistiques.

« Aujourd’hui, mon action, c’est plus qu’un appel au secours », a-t-elle confié à l’AFP, brandissant une banderole où l’on peut lire « handicap scandale français ». Si elle cherche à se rapprocher de la Ville rose c’est aussi pour accéder aux établissements et services médico-sociaux spécialisés et adaptés, qui n’existent pas dans le Gers.

En milieu de journée, après des discussions avec les autorités, elle a réussi à obtenir deux places à temps complet dans des instituts spécialisés et le conseil départemental de la Haute-Garonne a réussi à lui trouver un logement social au sud de la Ville rose.

Il y a quelques années, en 2014, une autre maman d’enfant autiste était montée sur une grue pour se faire entendre.

Sophie Cluzel alertée

Depuis Estelle Ast se bat pour faire entendre les parents et a plaidé il y a encore peu la cause de Leila Ketrouci auprès de la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées Sophie Cluzel, qui s’est dite « attentive ».

« Depuis sept ans, ça a très peu évolué, c’est pour ça que les parents continuent de monter sur des grues », a regretté Estelle Astn déplorant une situation « scandaleuse » en France, « qui fait partie des derniers de la classe » en Europe concernant la prise en charge des enfants autistes.

Source 20 MINUTES.

Handicap. Les places manquent et les listes d’attente s’allongent dans le Finistère, l’Adapei alerte…

L’Adapei 29 s’inquiète et le fait savoir : dans le Finistère, les listes d’attente s’allongent pour accueillir au mieux les personnes handicapées mentales.

Jean-François Marandola (vice-président de l’Adapei 29), Jacques Michel (président de l’association), Cécile Le Saout (maman d’une jeune femme autiste), et Daniel Brenterch (secrétaire de l’association).

 

Alors que les élections départementales se profilent, les 20 et 27 juin 2021, l’Adapei 29 (association départementale de parents et amis de personnes en situation de handicap mental du Finistère, qui regroupe 1 000 familles) interpelle les candidats : « dans le département, 2 000 personnes (1 300 adultes et 700 enfants) sont soit en attente d’une place dans une structure soit ont une place mais elle est en inadéquation avec leur situation », déplorent d’une même voix Jacques Michel, Jean-François Marandola, Daniel Brenterch, respectivement président, vice-président et secrétaire de l’association. Le Collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (Caph 29) avait fait de même il y a quelques jours.

Tous les âges concernés

Cécile Le Saout, maman d’Enora, autiste, témoigne : « Enora a 22 ans ; elle est en IME (Institut médico-éducatif) grâce à l’amendement Creton (qui permet, pour les plus de 20 ans, de rester dans un établissement médico-social en attendant une autre solution adaptée). Elle a une orientation pour un Foyer d’accueil médicalisé (Fam) mais quand on visite des établissements, on nous annonce quinze à vingt ans d’attente… Si on me disait un jour qu’elle doit retourner à la maison, ça serait dramatique : pour elle car elle régresserait, mais aussi pour moi et pour son entourage. »

Au niveau du schéma départemental, il est prévu « 120 places de plus en foyers de vie d’ici 2024 ; or le besoin est de 480 places », pointe l’Adapei 29.

Au niveau de l’Agence régionale de santé (ARS), « aucune création de place n’est prévue d’ici 2022 ». Ils rappellent aussi que « le tout inclusif a ses limites » et que « le médico-social prendre de plus en plus en charge des personnes atteintes de maladies psychiques et psychiatriques. Nous ne sommes pas contre mais cela se fait sans moyens supplémentaires… »

Source OUEST FRANCE.

TEMOIGNAGE. « Quel avenir pour ma fille Léa, 23 ans, autiste ? »

Christine Grolleau est la mère de Léa, 23 ans, diagnostiquée autiste depuis l’âge de 2 ans.

Le 12 juin 2021, elle sera dans la rue lors d’une manifestation régionale à Quimper (Finistère) aux côtés des professionnels de l’action sociale pour réclamer des moyens et des places pour les adultes porteurs de handicap.

Christine Grolleau et sa fille, Léa, âgée de 23 ans : « J’adore ma fille plus que tout au monde mais je sens bien que, seule, je ne peux pas tout prendre en charge. »

 

Christine Grolleau est la mère d’une jeune autiste de 23 ans. Elle témoigne à la veille d’une manifestation qui aura lieu à Quimper (Finistère) le 12 juin 2021. Professionnels et parents seront dans la rue pour réclamer une meilleure prise en charge pour les personnes handicapées.

« Léa a 23 ans. Elle est autiste et très peu autonome. Elle a été diagnostiquée à l’âge de deux ans et depuis, c’est le parcours du combattant. Elle est actuellement accueillie l’Institut médical éducatif (IME) du Vélery à Plourin-les-Morlaix qui dépend de l’association les Genêts d’Or. Elle est interne du lundi au vendredi. C’est un peu atypique.

Tous les centres du département ne proposent pas cet accueil mais cela convient très bien à Léa qui a besoin de se sociabiliser. Le problème, c’est qu’elle est toujours en IME alors qu’elle a plus de 20 ans. Normalement, elle devrait être orientée en foyer mais il n’y a pas de place. Alors elle reste au Vélery, en attendant… Dans le département, 184 enfants sont dans son cas : ils restent en IME faute de places adaptées pour les adultes porteurs de handicap.

« Je ne suis pas immortelle »

Aujourd’hui, en tant que parent d’un enfant handicapé adulte, je pousse un cri de colère. Que va devenir ma fille de 23 ans quand je ne serai plus là ? Cette question me taraude. Je vis avec cette angoisse au quotidien. Il n’y a pas de place pour elle dans la société et pourtant, je ne suis pas immortelle. Je ne veux pas que sa sœur ressente, un jour, cette inquiétude permanente et cette charge mentale. Mais aujourd’hui, l’avenir de ma fille est incertain. À chaque instant, j’ai peur qu’on ne l’accepte plus à l’IME. C’est épuisant.

La période du confinement a été très difficile pour nous. Beaucoup de parents se disent épuisés voire effondrés après ces longs mois d’isolement. À la maison, on a frisé plusieurs fois la catastrophe. Les troubles du comportement de ma fille se sont accentués. Elle ne dormait plus, multipliait les crises. Elle a recommencé à mordre et à s’automutiler. En tant que parent, on est tellement fatigué que l’on ressent un soulagement en déposant notre enfant à l’institut. Quand tout a rouvert, on a soufflé. Puis on culpabilise.

Le plus dur, c’est d’arriver à couper le cordon. On est pris en tenaille par des sentiments contradictoires : porter notre enfant, le protéger et l’aider à s’éloigner de nous, car il devient adulte.

« Un bébé de 23 ans »

Je suis enseignante. J’ai divorcé du père de ma fille. C’était presque inéluctable. Beaucoup de mères seules prennent en charge leur enfant handicapé. C’est un fait. Cela demande une telle énergie de s’occuper d’un enfant qui ne peut pas manger, s’habiller ni se laver tout seul. C’est un bébé de 23 ans dont il faut s’occuper tous les jours. Mais qui a besoin de quitter la maison, un jour, comme tout le monde.

J’adore ma fille plus que tout au monde mais je sens bien que, seule, je ne peux pas tout prendre en charge. Émotionnellement et physiquement, je suis fatiguée. Heureusement, grâce à l’internat qui accueille Léa trois nuits par semaine, j’ai pu reprendre mon travail à plein temps. Mais j’ai toujours peur que ça s’arrête.

Alors il faut bouger les choses. Je me suis engagée il y a quinze jours dans un collectif de parents d’enfants placés en IME pour alerter sur le manque criant de places pour nos enfants handicapés adultes. Et je serai dans la rue le 12 juin à Quimper pour qu’enfin, on nous tende la main. »

Samedi 12 juin, manifestation à 14 h, place de la Résistance à Quimper.

Source OUEST FRANCE.

Un lieu de rencontre pour les autistes de l’Aire urbaine à Belfort…

Un Groupe d’Entraide Mutuelle est désormais ouvert pour les adultes porteurs de troubles du spectre autistique (TSA), dans un lieu dédié et autonome, en vieille-ville de Belfort.

Une première.

Un lieu de rencontre pour les autistes de l’Aire urbaine à Belfort

 

Les couleurs des murs, un peu scandinaves, sont apaisantes. L’ameublement est épuré, la lumière douce. Il n’y a rien de bruyant pour les sens. Un salon aux fauteuils et au canapé agréables a été aménagé. Il jouxte des pièces où il est possible de se retirer. Dans l’une d’elles, un sofa permet même de s’allonger pour récupérer en cas de submersion autistique ou juste de fatigue. Si ce lieu n’a pas été aménagé par des autistes eux-mêmes, il l’a été, à l’évidence, par des personnes qui les connaissent.

« Il s’agit pour les personnes autistes de s’ouvrir à la société, mais on peut espérer que la société s’ouvre aussi à nous »

L’association « Sésame autisme », dont le siège se trouve à Hérimoncourt, porte le projet de « manière transitoire », car ce sont les membres du Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM), qui va se constituer en association, qui a vocation à prendre le relais. « Un GEM est un espace d’accueil, d’échanges, de rencontres et de convivialité ouvert sur la cité pour des adultes porteurs de troubles du spectre autistique, sans déficience intellectuelle », explique François Lebeau, le président de Sésame autisme.

L’autisme concerne au moins 2 000 adultes dans le Nord Franche-Comté

« Un groupe existe depuis 2019. Il se réunissait au Bar Atteint à Belfort. Il a désormais un lieu pour accueillir des personnes de toute l’Aire urbaine », poursuit-il en estimant que l’autisme concerne au moins 2 000 adultes dans le Nord Franche-Comté. Certains vivent chez leurs parents, sans contact extérieur. « C’est terrible à dire, mais ce sont des personnes qui ne sont pas, en quelque sorte, assez handicapées pour une prise en charge mais leurs difficultés, notamment dans les interactions sociales, sont réelles. Le GEM est là pour aider leur sociabilisation, les soutenir, leur donner confiance » poursuit-il.

« Pair-aidance »

L’initiative, soutenue par l’ARS, est fondée sur le principe de la pair-aidance, selon lequel chaque intervenant, par son vécu, est expert.

« Il s’agit pour les personnes autistes de s’ouvrir à la société, mais on peut espérer que la société s’ouvre aussi à nous », explique Magnus Edgren, l’un des membres du groupe, qui réunit régulièrement, déjà, une quinzaine de personnes. Le groupe est largement ouvert, et pas seulement à des personnes autistes.

« Ce groupe est un point de rendez-vous pour rompre l’isolement, une passerelle pour développer une vie sociale autour de l’emploi, du logement, de la culture, de l’art », détaille Michel Galland, de l’ARS.

Le GEM, dont les locaux sont installés dans l’ancien bureau poste de la vieille-ville, au 20 Grande rue à Belfort, est ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 17 h. Il est animé par un salarié, Vincent Signori.

Contact : gem.tsa@sesameautisme-fc.fr

Source EST REPUBLICAIN.

 

Bordeaux : « Cela m’aide à aller vers les autres », le succès d’un habitat partagé pour de jeunes adultes autistes…

SOCIAL Depuis un an, de jeunes adultes porteurs d’autisme se relaient dans un appartement partagé qui leur permet d’avancer vers davantage d’autonomie.

Bordeaux : « Cela m’aide à aller vers les autres », le succès d’un habitat partagé pour de jeunes adultes autistes

 

  • L’association ARI, soutenue par le département de la Gironde, gère un appartement partagé à Bordeaux, dans lequel neuf jeunes adultes autistes se relaient.
  • Ils y apprennent à se connaître depuis un an en partageant des activités et des sorties.
  • L’objectif est de les accompagner vers une plus grande autonomie avec, en 2024, un emménagement dans des logements individuels d’une résidence en construction.

« Dans ma vie, j’ai été beaucoup isolée donc cela m’aide à aller vers les autres et à avoir un contact avec eux », explique Mathilde, 21 ans. Elle et huit autres jeunes adultes autistes fréquentent un appartement partagé, géré par l’ Association pour la Réadaptation et l’Intégration (ARI), à Bordeaux et soutenu par le département. Situé dans le centre historique, ce bel appartement qui comporte deux chambres, ressemble à une colocation très organisée. Un tableau pour la répartition des tâches ménagères est installé à l’entrée de la cuisine et des indications sont disposées un peu partout, pour que les jeunes aient le maximum de repères.

Mathilde, 21 ans, fréquente le logement partagé pour les personnes porteuses d'autisme et piloté par l'association ARI.

 

« Ils partagent des centres d’intérêt »

L’appartement est occupé par neuf jeunes qui s’y relaient depuis un an. Mathilde y passe un à deux après-midi par semaine. Elle a déjà son propre appartement à Cestas où elle réside la semaine et retourne voir ses parents le week-end. « J’ai une passion pour le foot et quand il y a un match, je reste dormir », explique pour sa part Léo, 24 ans, qui vit chez ses parents et apprécie de s’être « fait des amis », grâce à ce logement partagé.

« Les interactions sociales chez les autistes restent quand même quelque chose de particulier, relève David Gimel-Servan, animateur coordinateur sur le projet habitat inclusif. Le but c’est de prendre le temps qu’ils apprennent à se connaître, en se servant du jeu, d’une soirée à thèmes, de repas, etc. Au bout d’un an, les jeunes partagent des centres d’intérêt et s’organisent eux-mêmes des après-midi ensemble. » Il est présent au quotidien pour les aider à structurer leur semaine et à s’organiser pour les tâches ménagères et, il fait aussi le lien avec leurs éducateurs, chargés de leur suivi médico-social.

Leur propre logement en 2024

Ce projet expérimental doit permettre à ces jeunes d’être le plus autonomes possible à l’avenir. « L’idée c’est qu’en 2024, ils aient chacun leur appartement dans un ensemble résidentiel en construction qui s’appelle le petit Bruges et qui sera construit notamment par Mésolia, bailleur social », explique Dominique Espagnet-Veloso, directeur général de l’association ARI.

Le projet immobilier comporte huit logements T1 indépendants et un neuvième avec une vocation de convivialité pour que les jeunes s’entraident et s’organisent une vie sociale. On comprend alors tout l’intérêt qu’il y a à ce qu’ils se connaissent et sympathisent avant d’y emménager. « L’idée est que ces jeunes demain ne vivent pas dans des établissements mais en logements individuels, avec le plus d’autonomie possible », souligne le directeur de l’ARI.

Un modèle à suivre

Le département soutient « une trentaine de projets d’habitat partagé, beaucoup autour de la cérébro-lésions », fait valoir Sébastien Saint Pasteur, président de la commission handicap et inclusion au département de la Gironde. « Nous sortons du modèle qui consistait à estimer que les personnes en situation de handicap devaient être dans des lieux dédiés mais qui ne soient pas forcément intégrés dans la société, là nous sommes en contraire dans une logique d’inclusion », analyse Jean-Luc Gleyze, le président du conseil départemental.

L’intégration de ces jeunes passe aussi par l’emploi et là aussi ils sont dans une dynamique positive. « J’ai fini une formation pour être animateur-soigneur assistant équitation, et cette semaine je fais un stage dans une association A cœur et à crin. A l’issue du stage, elle verra si elle peut me prendre en service civique ou pas », explique fièrement Mathilde. Titulaire d’un CAP aide à la personne, Léo a lui déposé sa candidature pour travailler dans un établissement et service d’aide par le travail (ESAT), en blanchisserie.

Source 20 MINUTES.

 

Toulouse : Specialisterne veut faire de l’autisme des salariés une chance pour leur future entreprise…

INITIATIVEUne coopérative nouvellement créée à Toulouse veut mettre en avant les talents des salariés autistes auprès des entreprises qui recrutent.

Toulouse : Specialisterne veut faire de l’autisme des salariés une chance pour leur future entreprise

 

  • Le taux de chômage chez les adultes autistes est de 90 %.
  • Pour tenter d’inverser la donne et de valoriser les talents de ces salariés neuroatypiques, la coopérative Specialisterne vient d’être créée à Toulouse.
  • Ce sont ses membres qui feront détecteront les potentiels de chaque candidat pour le compte des entreprises.

Ils peuvent être des cadors en informatique, design ou encore comptabilité, mais ne seront jamais repérés par les chasseurs de têtes. Ce constat, Gabrielle Blinet n’est pas la seule à l’avoir fait, les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes : aujourd’hui 90 % des adultes autistes sont au chômage. « La société peut passer à côté de la force et des atouts de ces gens », explique la cofondatrice de Specialisterne France, une coopérative tout juste créée à Toulouse et dont l’objectif est de servir de cabinet de recrutement pour les profils neuroatypiques.

Le groupe d’innovation sociale a été créé en 2004 au Danemark et a depuis des antennes un peu partout à travers le monde. « En France, on estime que 650.000 personnes ont un Trouble du spectre de l’autisme (TSA), soit 1 % de la population. 30 % ne peuvent pas vivre de manière autonome, mais 70 % peuvent travailler. Mais ils sont souvent des difficultés à comprendre les jeux sociaux, à passer un entretien classique », poursuit Gabrielle Blinet dont la toute jeune pousse va désormais jouer un rôle intermédiaire pour mettre le pied à l’étrier de nombreux futurs salariés.

Rôle de cabinet de recrutement

La coopérative va ainsi évaluer les compétences des candidats, leur faire passer des tests, indépendamment de leurs diplômes. « On a ainsi croisé la route de développeurs informatiques géniaux qui n’avaient même pas le bac en poche. L’autisme est une chance pour l’entreprise, la différence cognitive fait du bien, même côté business », souligne Gabrielle Blinet.

Après avoir reçu le soutien d’investisseurs à impact social lors d’une levée de fonds, les cofondatrices de Spécialisterne France se lancent donc à l’assaut des futurs recruteurs. Et elles joueront le rôle d’intermédiaires, pouvant apporter des réponses aussi bien aux futurs salariés, qui seraient par exemple pris d’anxiété, qu’aux managers démunis face à une situation, et avouent parfois être passés à côté de cas déjà présents dans les effectifs.

Source 20 MINUTES.

Russie : Un enfant de deux ans opéré après avoir avalé 200 billes magnétiques…

De nombreux incidents similaires ont été rapportés en Russie au cours des derniers mois.

Russie - Autisme : Un enfant de deux ans opéré après avoir avalé 200 billes magnétiques...

 

Un petit garçon Russe de deux ans a récemment dû être opéré pour retirer 209 petites billes magnétiques de son estomac. Ce sont ses parents qui se sont rendu compte que l’enfant avait un problème, après avoir constaté que ses selles étaient très foncées, signe d’un saignement. Des examens médicaux ont rapidement permis de découvrir le problème, rapporte Newsweek.

L’opération était délicate. L’équipe médicale craignait que les billes se fixent entre elles et entraînent des perforations, notamment de l’œsophage ou de l’estomac. Deux heures ont été nécessaires pour enlever les billes quatre par quatre et ainsi mener à bien cette intervention, réalisée par voie endoscopique.

Des super-pouvoirs

Plusieurs incidents de ce genre avaient déjà eu lieu en Russie ces derniers mois. Un enfant de trois ans avait avalé trente billes de ce type en janvier et une fillette de neuf ans en avait ingéré douze alors qu’elle tournait une vidéo TikTok.

Une autre affaire similaire avait éclaté il y a quelques mois au Royaume-Uni lorsqu’un garçon de 12 ans, atteint d’autisme, avait volontairement ingurgité 54 aimants. Comme l’avait raconté le Daily Mail, il comptait ainsi devenir magnétique et pensait pouvoir attirer des objets métalliques.

Source LE PARISIEN.

Dans l’Oise, les adultes autistes ont enfin une association qui les comprend…

Trois mois après un appel à candidatures lancé par l’ARS, l’association GEM autiste Compiègne vient de voir le jour.

Une première dans le département où aucune structure destinée aux adultes autistes n’existait encore.

Margny-lès-Compiègne, mardi. Esteban Chalois préside la nouvelle association GEM Autiste Compiègne. Unique dans l'Oise, elle apporte soutien et écoute pour les personnes autistes adultes. LP/Stéphanie Forestier.

 

C’est une association gérée par les autistes, pour les autistes. Qui mieux en effet qu’eux-mêmes pour comprendre ce dont ils ont besoin ? « L’autisme n’est pas une maladie, ça ne se soigne pas à coups de médicaments, résume Stéphane Schaegis, président de l’association Réseau Bulle 60 et papa d’un jeune autiste de 17 ans. Il faut s’adapter à l’autiste car il ne peut pas s’adapter à nous. »

Pour tenter de lutter contre leur isolement, une nouvelle association vient de voir le jour dans l’Oise. Il s’agit de GEM (pour Groupe d’entraide mutuelle) autiste Compiègne. Depuis un petit mois, c’est Esteban Chalois, 26 ans, qui la préside. Autiste à haut potentiel – autrefois appelé Asperger – le jeune homme a saisi la main tendue par l’Agence régionale de santé (ARS) pour lancer l’association dans la cité impériale. Au mois de janvier, l’ARS Hauts-de-France avait en effet lancé un appel à candidatures pour la création de quatre groupes d’entraide mutuelle au sein de la région.

« Il y a un manque évident de structures, un retard considérable en ce qui concerne l’autisme en France, insiste Esteban. Ici, aucune association n’existait pour que nous puissions nous réunir, organiser des sorties, parler de nos projets et de nos difficultés… »

Hébergée dans les locaux du Cafau (Centre d’accompagnement et de formation à l’activité utile), à Margny-lès-Compiègne, la nouvelle association, première du genre dans le département, s’adresse aux autistes adultes, autonomes, qu’ils soient diagnostiqués ou non. La jeune structure est épaulée par Réseau Bulle 60 qui vient aujourd’hui en aide à plus de 130 parents d’autistes dans l’Oise. L’association sera également appuyée par la Nouvelle Forge qui accompagne quant à elle plus de 2000 personnes en « détresse de vivre ».

«Nous sommes des Superman mais sans invisibilité»

« Nous représentons 1 % de la population française. Il y a autant de sortes d’autismes que d’autistes », résume Esteban Chalois. Nous avons une différence structurelle du cerveau. On doit nous expliquer différemment les choses car nous emmagasinons un grand nombre d’informations et de détails à la minute ce qui nous perd un peu. Il faut donc avoir une attention particulière envers nous, ce qui prend du temps. C’est comme demander à un poisson de grimper à un arbre. Ce n’est pas que nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas… »

Une situation qui impacte également les familles, souvent bien en peine de savoir vers qui se tourner. « Elles sont dans un grand désarroi, constate Stéphanie Schaegis. On fait de notre mieux pour les orienter et les aider. » C’est le cas, en particulier, de la scolarité, souvent vécue comme une souffrance car inadaptée.

Il s’agit ensuite de trouver du travail pour acquérir son autonomie. « Nos centres d’intérêts sont restreints, mais nous les étudions à fond, ce qui nous amène à être de vrais spécialistes dans nos domaines de compétence, plaide le jeune homme. Ma mère dit que nous sommes des Superman mais sans invisibilité. » Esteban veut d’ailleurs y voir une opportunité pour les entreprises et souhaite promouvoir l’autisme auprès d’elles dans les mois à venir.

Renseignements : gemautismeoise@reseaubulle.fr ou la page Facebook : GEM Autiste Compiègne.

Source LE PARISIEN.

Fleury-Mérogis : une détenue de la prison saisit la justice pour pouvoir voir son fils autiste…

Une détenue de la prison de Fleury-Merogis (Essonne) a saisi le tribunal administratif de Versailles.

Elle veut voir son fils autiste.

A cause des règles sanitaires pour le Covid-19, elle ne l’a pas vu depuis un an. Elle dénonce ”une atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant”, indique son avocate.

Une détenue n'a pas pu voir son fils autiste depuis un an

 

Une détenue à la prison de Fleury-Merogis (Essonne) se bat pour voir son fils autiste. Les règles sanitaires mises en place dans la prison pour éviter la propagation du Coronavirus ont modifié les règles pour les visites.

Cette détenue voit habituellement son enfant autiste au parloir du relais parent-enfant, dédié aux visites médiatisées et adapté à son handicap. Mais, depuis la crise sanitaire, cet endroit est fermé et les visites ne peuvent plus se faire que dans les parloirs avocats ou en visiophonie.

La mère a fait des propositions

Pour l’avocate de cette maman, “L’administration se moque du monde et ignore la spécificité de cet enfant qui est porteur d’un handicap que n’ont pas les autres” car la mère détenue a proposé un isolement sanitaire si on l’autorisait à voir son fils en parloir médiatisé.

Un second référé a été déposé auprès du tribunal administratif de Versailles le 30 avril 2021 pour forcer la maison d’arrêt à rétablir les parloirs du relais parent-enfant.

Cette mère n’a pas vu son fils depuis un an

Les conditions actuelles de visite sont ”inadaptées aux difficultés du fils“ de la détenue, dénonce l’Observatoire international des prisons (OIP) dans un communiqué. L’éducatrice de l’enfant affirme que “Le moindre changement dans les repères ainsi que la proximité physique provoquent chez lui une grande angoisse“.

Au bout d’un an sans visite, la maman en a assez de cette situation. Elle a saisi le tribunal administratif de Versailles. Elle dénonce ”une atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant“, a indiqué vendredi son avocate.

Ce n’est pas sa première démarche

La détenue avait déjà déposé un premier recours en février devant le juge des référés du tribunal administratif de Versailles. Elle avait eu gain de cause.

Dans une ordonnance datant du 2 mars, le juge  avait suspendu la décision de la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Merogis de mettre fin aux visites médiatisées et il avait obligé l’administration à prendre une nouvelle décision sur cette question.

Mais cela n’avait pas eu d’effet. La maison d’arrêt de Fleury-Merogis explique que l’ouverture du relais parent-enfant ”nécessiterait une importante réorganisation” et que les parloirs médiatisés ”ne permettent pas le respect des gestes essentiels“ pour se protéger du coronavirus.

Faire une exception pour un enfant autiste ”créerait une situation de gestion inégale alors que les autres détenus voient leurs enfants dans des parloirs avocats, précisait  le courrier de l’administration.

Source FRANCE BLEU.