Covid : “je veux continuer à faire classe”, le difficile port du masque pour les enseignants asthmatiques…

Télétravail et certificat d’isolement, c’est la solution proposée à une enseignante souffrant d’une pathologie incompatible avec le port du masque. Myriam Paolini-Fergani est asthmatique et refuse de lâcher ses élèves.

Elle demande un aménagement de poste.

Myriam Paolini-Fergani devant ses élèves du lycée Jeanne d'Arc de Bastia (Haute Corse)

S’il est un corps de métier ou le présentiel était affiché – par le ministre de tutelle lui-même – comme LA règle de cette rentrée sur fond de Covid, ce sont bien les enseignants.

Mais trois semaines après la reprise de l’école, force est de constater que cette règle a besoin d’exceptions.

Que faire des enseignants qui, en raison de pathologies, ne peuvent supporter le masque, mais veulent assurer leurs cours devant les élèves ?

J’y vais à reculons parce que je sais que je vais souffrir

Myriam Paolini-Fergani, enseignante

Myriam Paolini-Fergani, en poste à Bastia, croyait avoir trouvé la solution. Mais le rectorat lui a dit non.

Pour cette enseignante certifiée qui souffre d’asthme, dispenser des cours de 55 minutes, 55 minutes multipliées par le nombre de cours d’une journée, tout en portant le masque en permanence, c’est une torture.

“Pour la première fois de ma carrière, avec un métier que j’ai choisi et que j’adore, j’y vais à reculons parce que je sais que je vais souffrir “.

La visière ? refusée

Myriam s’en est ouvert à sa hiérarchie. “J’ai proposé de porter une visière, ajouté à une distanciation de deux mètres des élèves ; le médecin qui s’occupe de l’établissement n’y voyait pas de contre-indication, le chef d’établissement non plus. Mais le médecin référent du rectorat a refusé. On nous a répondu : le masque est obligatoire, sans aucune exception”.

Si Myriam ne peut travailler masquée, l’alternative proposée jusque-là était limpide : télétravail ou arrêt maladie.

“Je ne veux surtout pas arrêter ! A trois semaines de la rentrée, il sera impossible d’instaurer avec des élèves des relations de travail. J’ai 13 ans d’expérience, je sais que ça ne marchera pas. Je ne veux pas abandonner mes élèves, surtout ceux qui passent le bac”.

Pour l’arrêt maladie, Myriam est encore plus catégorique : “je ne suis pas malade !”.

Un certificat d’isolement… compris comme un confinement

Dans un courrier du 18 septembre, le rectorat vient de préciser sa position : plus question d’arrêt maladie lorsqu’on n’est pas souffrant, mais de “certificat d’isolement”.

“Le texte dit que je peux être trois jours en télétravail et le reste du temps en isolement. Ca veut dire confinée ! Ca dit aussi que sur avis du médecin, je peux demander une adaptation de poste sauf qu’on me l’a refusée !”.

Télétravail ou masque de type 2

Interrogé dans nos locaux à Bastia ce mardi, le directeur académique de Haute-Corse précise : “On a une liste de pathologies qui sont reconnues et validées par le Conseil scientifique. Ces enseignants vulnérables de santé ne peuvent pas être devant l’élève. Ils sont déjà en télétravail”.

Et Christian Mendivé d’ajouter : “Les enseignants qui ont d’autres pathologies, non répertoriées à risque, sont devant l’élève avec un masque de type 2”.

Quant à l’adaptation demandée par Myriam Paolini-Fergani, la visière, le représentant de l’Education nationale botte en touche : “Les choses ne sont pas stabilisées sur cette question-là. Pour l’instant, on reste sur le même type de masque, les masques tissus grand public distribués par le ministère”.

Sauf qu’ils ne répondent pas aux besoins spécifiques de tous ces enseignants qui sans être malades ou très vulnérables, estiment ne pas pouvoir exercer leur métier dans des conditions acceptables pour eux et pour les élèves.
Source FR3.

Coronavirus à Bordeaux : « Les étudiants représentent une population fragile à risque », estime un chercheur…!

Le professeur d’épidémiologie de l’université de Bordeaux, Christophe Tzourio, explique les enjeux d’une étude menée depuis le printemps dernier sur les effets du confinement et de l’épidémie de Covid-19 sur la santé des étudiants.

Coronavirus à Bordeaux : « Les étudiants représentent une population fragile à risque », estime un chercheur

  • Une étude a été lancée au printemps sur les conséquences du confinement et de l’épidémie de Covid-19 sur la santé mentale des étudiants.
  • Elle va se poursuivre jusqu’au printemps 2021 mais les premiers résultats montrent que les indicateurs de santé mentale des étudiants sont dégradés par rapport aux non-étudiants.
  • Vivant des périodes marquées par de grands changements et à un âge où ils ont besoin de relations sociales, les étudiants sont considérés comme particulièrement vulnérables.

Christophe Tzourio, professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux, coordonne l’étude I.share, qui suit différents aspects de la santé des étudiants sur dix ans. En parallèle, il collabore sur un an à l’étude Confins, qui s’intéresse aux effets spécifiques de l’épidémie de Covid-19 sur leur santé mentale.

Quel est l’objet de cette collaboration d’I. share à l’étude Confins, qui s’intéresse aux effets de l’épidémie sur la santé des Français ?

Avec cette étude, on veut connaître les répercussions psychologiques de l’épidémie et du confinement sur la santé mentale des étudiants. Les aspects infectieux, on les connaît et on les maîtrise plus ou moins bien, mais par contre, ce qu’on a appris aussi des épidémies antérieures comme le SRAS, c’est qu’elles s’accompagnent de conséquences psychologiques qui peuvent être redoutables.

Il y a la peur de l’épidémie en elle-même, qui touche tout le monde, l’appréhension des conséquences économiques mais aussi l’isolement social. Il a été extrême lors du confinement mais il reste d’actualité car la distanciation des liens sociaux continue alors que l’épidémie repart. On veut savoir quelles sont les conséquences sur la santé mentale des étudiants et les comparer à un public non étudiant.

Comment a été réalisée cette étude ?

On a commencé pendant le confinement en recrutant sur les réseaux sociaux quelque 2.000 étudiants et 3.500 participants au total. Les non-étudiants, s’ils sont plus âgés que les étudiants, présentent des caractéristiques comparables : par exemple, il y a le même pourcentage de femmes et ils partagent les mêmes représentations sur l’épidémie. Ce sont des groupes comparables et on constate que les indicateurs de santé mentale sont plus dégradés chez les étudiants. Ces derniers représentent une population fragile à risque au moment de cette épidémie et demandent une attention particulière.

Quels sont les chiffres marquants que vous retenez à ce stade de l’étude ?

Avec nos échelles classiques, on observe qu’en termes de fréquence, il y a presque deux fois plus d’étudiants que de non étudiants, stressés, déprimés, anxieux, ce qui est absolument considérable. Et, si on fait appel à des modèles un peu plus sophistiqués (appelés multivariés), les étudiants ont 50 à 70 % de risques supplémentaires d’avoir des symptômes anxieux ou dépressifs élevés. Ce sont des chiffres importants qui montrent que c’est une population fragile. Et les perturbations continuent actuellement, tout est encore haché.

Pourquoi le public étudiant est-il particulièrement fragile ?

Au tout début de la carrière universitaire, c’est un bouleversement très important. Les étudiants sortent d’un environnement familial enveloppant et se retrouvent dans un milieu très différent, avec des milliers d’étudiants. Tout est nouveau, et il y a du positif là-dedans bien sûr, mais cela crée de multiples ruptures difficiles à gérer. Les études sont difficiles et ils comprennent rapidement que leurs diplômes, s’ils vont les aider, ne suffiront sûrement pas pour trouver un travail. C’est aussi une époque où ils peuvent découvrir le binge drinking et différentes drogues. Pour la plupart cette période est simplement une étape mais d’autres peuvent basculer vers des pathologies psychiatriques.

On sous-estime le mal-être de cette catégorie de la population ?

On considère que c’est le plus bel âge de la vie, que les étudiants sont libres et qu’ils n’ont pas de problème de santé. Les « sachants » sous-estiment la tension qu’ils vivent et qui n’était pas la même il y a 10 ou 20 ans. Décrits comme insouciants et fêtards, la plupart ont pourtant pris l’épidémie très au sérieux. Pendant le confinement, certains ne profitaient même pas de l’heure de sortie autorisée et c’était les copains qui leur amenaient des sacs de courses. Ils entendent les messages sanitaires mais ce sont des êtres beaucoup plus sociaux qui ont besoin (physiquement) de se retrouver, de se voir. Il y a eu un relâchement, certes, mais parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement.

Comment accompagner les étudiants dans ce contexte ?

A l’université de Bordeaux, on est très attentifs et convaincus qu’ il faut être plus empathique dans nos actions. On réfléchit, par exemple, dans le cadre de la cellule Covid, dont je suis le référent, à un système de parrainage. Certains experts disent que la vraie épidémie sera une épidémie de maladies mentales, mais elle est décalée, moins perceptible et les gens sont moins vigilants là-dessus. En tout cas, le plus tôt on envoie des messages et on met en œuvre des actions de vigilance, et plus facilement on passera ce cap-là.

Source 20 MINUTES.

Handicap : vers une école enfin inclusive ?…

Huit mille postes d’accompagnants ont été créés à la rentrée.

Quatre mille autres seraient programmés l’année prochaine.

Près de 385 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés en France.

Environ 385 000 élèves en situation de handicap sont aujourd’hui scolarisés en France. Rien de plus normal, estiment les Français. Quoique… Selon un sondage de l’institut Harris Interactive, 80 % considèrent que la scolarisation « en milieu ordinaire » est une bonne solution pour les élèves en fauteuil roulant ou à mobilité réduite, 72 % l’approuvent pour les élèves présentant des troubles « dys ». Mais seuls 50 % y sont favorables pour les élèves atteints de trisomie 21 ou de déficience intellectuelle.

 Aucun enfant » ne sera « sans solution de scolarisation » à la rentrée 2020, avait promis Emmanuel Macron, en février, lors de la Conférence nationale sur le handicap. Il avait alors annoncé la création de 11 500 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH)  d’ici à 2022 ». L’objectif sera sans doute atteint avec un an d’avance. 8 000 postes ont été créés dès cette rentrée, le double de ce qui avait été budgété.  C’est considérable »,a insisté le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, fin août. Selon le quotidien économique Les Échos, la création de 4 000 autres postes serait également programmée dans le projet de loi de finances 2021.

Bonne nouvelle ? « Oui, si elle se confirme, réagit Emmanuel Guichard, de l’association Trisomie 21 France, membre du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). Mais c’est surtout une refonte en profondeur de la formation des enseignants que nous appelons. Il n’y a pas d’élève standard, mais des élèves divers. Certains peuvent être non-francophones, d’autres en situation de handicap. Il faut briser ce plafond de verre. »

Source OUEST FRANCE.

Les sourds déplorent une rentrée masquée handicapante : “les enfants vont faire face à de grosses difficultés”…

Le masque est obligatoire depuis ce mardi 1er septembre en entreprise et dans les établissements scolaires.

Un handicap de plus pour la communauté sourde, qui ne peut plus s’appuyer sur la lecture labiale pour communiquer.

Les élèves sourds ont besoin de voir les lèvres de leurs enseignants pour comprendre ce qu'ils disent, mais avec le masque, c'est impossible / Photo d'illustration

A l’école ou dans la vie quotidienne, le masque représente un handicap supplémentaire pour les sourds et malentendants. Pour eux, impossible de lire sur les lèvres de leurs collègues ou des enseignants, contraints de porter un masque depuis ce mardi 1er septembre. Le problème se pose également dans la vie de tous les jours : impossible de comprendre les commerçants, soignants et autres personnes qui les entourent. Nathalie Beck, interprète au Sils 51 et représentante de l’association des sourds de Reims et de Champagne-Ardenne (ASRCA) nous explique les difficultés de cette communauté.

Quelles difficultés rencontre la communauté sourde depuis que le port du masque s’est généralisé?
Il y a deux choses. D’abord, l’aspect de l’accessibilité dans leur vie quotidienne. Le problème du port du masque se pose quand ils vont à la pharmacie, où dans n’importe quel service public où le port du masque gêne la lecture labiale, que ce soit pour les sourds qui pratiquent la langue des signes ou ceux qui ne la pratiquent pas. Ils ont besoin de lire sur les lèvres quand ils n’ont pas d’interprète avec eux.

Le deuxième gros problème actuellement concerne la rentrée scolaire. Aujourd’hui, l’éducation nationale n’a pas anticipé le problème que ce soit des instituts d’enfants sourds, ou dans les établissements classiques où des enfants sourds sont scolarisés. Ils vont être confrontés à d’énormes difficultés. Avec le port du masque, ils ne pourront pas accéder aux cours à cause de l’absence de lecture labiale.

La secrétaire d’Etat aux personnes handicapées avait encouragé le port du masque transparent, car il y a deux entreprises françaises qui ont été homologuées (Masque inclusif et Odiora). En plus, ce n’est pas qu’une question d’accessibilité pour les sourds. L’idée est aussi de rendre le port du masque agréable, où on peut voir un sourire, même pour les personnes entendantes.

Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait ?
Cela a un coût, évidemment, c’est le nerf de la guerre. Comptez environ 10,90 euros pour un masque lavable transparent. Quand vous devez équiper tous les professionnels d’un établissement ou d’une entreprise, cela est plus cher qu’un masque en tissu classique. Ces deux entreprises ont été créées par des sourds qui avaient été confrontés à ce problème. Forcément, plus il y aura une forte production et de la demande, plus les prix baisseront. Mais aujourd’hui, ils ne sont pas encore capables de produire à moindre coût.

Le problème, c’est que l’éducation nationale n’a pas du tout anticipé cette situation. L’ASRCA a reçu aujourd’hui un mail de la part d’une maman d’un enfant sourd qui cherchait désespérément le nom d’une entreprise qui fabrique des masques transparents, pour informer l’établissement où est scolarisé son enfant et qu’il puisse s’équiper. Seulement, la rentrée a commencé et avec les délais de livraison, cela va prendre du temps, sans compter que certaines écoles ne s’équiperont pas forcément… les enfants sourds vont faire face à de grosses difficultés.

Source FR3.

 

A Mougins, une classe spécialisée permet l’accueil d’enfants autistes dans une école maternelle…

Comme Nice il y a 5 ans et Draguignan plus récemment, à Mougins, une classe de maternelle de l’école Saint-Martin-en Forêt permet désormais l’accueil de petits souffrant de troubles autistiques.

Objectif : intégrer un CP traditionnel après un enseignement “sur mesure”.

Cette classe spécialisée permet l'accueil de 7 enfants souffrant de troubles autistiques.

Il est bien, heureux, content de venir à l’école !
Fatima Albarracin habite Cannes-la-Bocca, et elle  accompagne Haron, 3 ans à Mougins. Une première rentrée pour ce petit garçon au sein de l’école Saint-Martin-en-Forêt.
Comme 6 autres enfants, Haron intègre une classe spécialisée, une UEMA, unité d’enseignement en maternelle pour enfants avec autisme.
Cette classe de trois niveaux pour les 3-6 ans de tout l’ouest du département est ouverte depuis cette année.

“Le début de notre travail, c’est de mettre les enfants en confiance, faire en sorte qu’ils aient envie de venir à l’école, qu’ils se sentent bien et de développer une interaction, une communication. Même si elle n’est pas verbale, elle peut être gestuelle, visuelle.”

Nathalie Lazreg, professeure des écoles spécialisée

L’équipe dispose de trois salles, une pour l’enseignement, une autre pour les ateliers et enfin une dernière pour le repos.

Les enfants travaillent en atelier, et cette stimulation est importante pour la motricité.

Et pendant le temps scolaire, les petits écoliers ont aussi des soins psychomotriciens et ils rencontrent des psychologues.

Un temps partagé avec les écoliers d’autres classes

Il existe différents degrés dans les troubles autistiques et l’évolution est différente d’une personne à l’autre. Ils se manifestent par des difficultés à établir le contact avec autrui ou à s’exprimer, des difficultés aussi dans la compréhension des règles qui régissent les relations sociales et la communication.
Le maire de Mougins, Richard Galy, est médecin, il est depuis 10 ans le coordinateur de l’IME Les Noisetiers, un institut médico-éducatif qui à Mouans-Sartoux, accompagne depuis trente ans des enfants et adolescents porteurs de ces troubles.

“On a souhaité offrir à ces enfants la possibilité d’entrer dans une scolarité ordinaire dès le plus jeune âge, étant entendu que c’est à partir de l’apparition de ces troubles que l’on peut apporter un support médical et paramédical pour qu’ils ne s’aggravent pas.”

Richard Galy, maire de Mougins.

La récré pour les enfants de cette classe spécialisée, c’est avec tout le monde, le déjeuner d’abord dans la salle de cours, puis à la cantine de l’école maternelle, au cas par cas.
Après Nice et Draguignan, Mougins est la troisième commune de l’académie de Nice qui  permet l’accueil d’enfants souffrant de troubles autistiques.
Objectif : intégrer un CP “normal”, avec un accompagnement personnalisé ou pas.

Un dispositif national

Chaque jour en France, 44 enfants naissent autistes.
Un 3e plan autisme existe au niveau national pour la période 2018-2022  et parmi les cinq engagements phares,  il vise la scolarisation de tous les enfants dès 3 ans, soit en classe ordinaire avec ou sans accompagnement, soit dans des classes comme celles de Mougins, Nice ou Draguignan. Un constat : en France, 30% seulement des enfants autistes en âge de maternelle sont scolarisés, et ils ne vont en moyenne à l’école que moins de 2 jours et demi par semaine.

La stratégie pour l’autisme au sein des troubles neuro-développement 2018-2022

► Engagement 1 : renforcer la recherche et les formations
► Engagement 2 : mettre en place les interventions précoces prescrites par les recommandations de bonnes pratiques
► Engagement 3 : garantir la scolarisation effective des enfants et des jeunes
► Engagement 4 : favoriser l’inclusion des adultes
► Engagement 5 : soutenir les familles

Source FR3.

 

Une rentrée presque comme ailleurs pour les collégiens en situation de handicap à Couzeix en Haute-Vienne…

Comme tous les collèges de France, celui de Maurice Genevoix à Couzeix (87) a effectué sa rentré avec les contraintes liées à la Covid-19.

Mais peut-être un peut plus qu’ailleurs, car ici, un élève sur sept est en situation de handicap.

Une rentrée presque comme ailleurs pour les collégiens en situation de handicap à Couzeix en Haute-Vienne

Des flacons de gel hydroalcoolique dans chaque couloir, ou presque…
Des masques sur tous les visages ou presque…
Des marques sur le sol indiquant des distances…
Des horaires spécifiques ou décalés à la cantine…

Coronavirus oblige, la rentrée à Maurice Genevoix, collège de Couzeix (87), où un peu plus de 700 jeunes sont scolarisés, a été à l’image de celles de tous les autres collèges français.

Tous ? Pas totalement ! Ici en effet, 104 élèves sont en situation de handicap. Soit près d’un élève sur sept.

“Un élève n’est pas son handicap. Mais nous accueillons ici des élèves qui ont des handicaps variés.”

Sophie Fournier, principale adjointe du collège Maurice Genevoix à Couzeix (87)

Attention, Maurice Genevoix n’est pas un collège spécifiquement dédié à l’accueil de tels élèves. Non, plutôt un collège expert, et depuis longtemps.
Une trentaine d’entre eux souffre de troubles moteurs, une autre quarantaine de troubles spécifiques du langage, tels dyslexie, dysorthographie, dyscalculie ou dysgraphie et le reste de troubles liés à l’autisme ou au comportement.

Mais ici, hormis quelques cas particuliers, c’est « l’inclusion » qui est privilégiée, c’est à dire que ces élèves en situation de handicap sont « brassés » dans des classes non spécifiques. Certains bénéficient, au vu de leur situation, de l’assistance d’un AESH, Accompagnant d’Élève en situation de Handicap, notamment les internes venant de l’Institut d’Éducation Motrice voisin, mais pas tous.

Et, handicap ou non, la règle est la même pour tous : respect des gestes barrières, de protection et au mieux de distanciation. Et, à subir, comme pour tous, les inconvénients, du simple confort, jusque dans l’apprentissage que les masques entre autre peuvent représenter. Avec, il est vrai, encore plus de rigueur.

Il y a bien sûr des exceptions, sur certificats médicaux : exemptions de port de masque notamment.
Mais dans ce cas, Maurice Genevoix privilégie les visières, et renforce les distances imposées, que les classes le permettent facilement ou non.

Un protocole ici rodé dès les premières reprises de la fin d’année scolaire dernière, qui avait vues le collège retrouver ses élèves à quasi 100%.

Bref, une rentrée comme ailleurs, sous les fourches caudines de la Covid-19 mais qui, paradoxalement, gommerait presque ces situations de handicap.
On n’ira pas jusqu’à s’en féliciter, mais c’est tout de même à noter !

Source FR3.

Luka, élève sourd, peut finalement garder son accompagnante à l’école…

Il pourra finalement garder son accompagnante à l’école, qui lui traduit la classe en langage des signes : le petit Luka, élève malentendant à Saint-Etienne-du-Rouvray, obtient une dérogation aux nouvelles règles administratives.

Luka peut finalement récupérer son AESH grâce à une dérogation exceptionnelle

Le petit Luka, élève en grande section à Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen, va finalement pouvoir continuer une scolarité normale. Le petit garçon malentendant ne pouvait plus garder son accompagnante en classe suite à de nouvelles règles administratives : les services de l’Education Nationale ont finalement trouvé une solution.

Dérogation exceptionnelle

L’AESH, la personne qui s’occupait jusque là de signer et traduire les mots et les comportements des autres, va bénéficier d’une dérogation pour continuer à être avec Luka. Théoriquement,  de nouvelles règles administratives l’en empêchent : depuis cette rentrée 2020, les AESH sont rattachées soit au premier degré (maternelle et primaire), soit au second degré (collège et lycée). Celle de Luka accompagnant toujours un lycéen, la famille avait appris à la veille de la rentrée qu’elle ne pourrait plus s’occuper du petit garçon en grande section.

“Nous avons trouvé une solution dérogatoire, explique l’inspecteur d’académie. Elle a une compétence spécifique de langage des signes qui n’a pas pu être trouvée chez d’autres AESH dans le secteur. Depuis lundi, les services de l’Education Nationale ont donc planché pour trouver un moyen juridique de déroger aux nouvelles règles : “c’est très exceptionnel, précise l’inspecteur. _L’AESH de Luka va garder un contrat de travail sur le second degré mais avec un ordre de mission spécifique pour lui permettre d’intervenir en maternelle_.

D’ici quelques jours, Luka va donc retrouver son accompagnante pendant 12 heures par semaines, comme c’était déjà le cas depuis deux ans.

Source FRANCE BLEU.

Rentrée scolaire : à la cantine, sans masques, comment la pause déjeuner va-t-elle se dérouler ?…

Il faudra porter un masque toute la journée, dès l’âge de 11 ans.

C’est la règle dans les établissements scolaires pour cette rentrée 2020.

Mais comment faire au moment des repas à la cantine ?

Concilier l'obligation du port du masque toute la journée et les repas à cantine, c'est l'exercice délicat de la rentrée 2020 dans les établissements scolaires.

Dans le Doubs,

C’est la rentrée scolaire et vous êtes inquiets en cette période de crise sanitaire ? Rassurez-vous… vous n’êtes pas les seuls parents dans ce cas ….!

“On a eu beaucoup d’appels de familles, qui demandaient comment ça allait se passer. Les parents d’élèves vont recevoir un courrier de ma part pour les rassurer”

Ludovic Fagaut, principal du collège Georges Pompidou de Pouilley-les-Vignes (Doubs)

“Il y a un réel besoin de retourner à l’école, surtout pour les plus vulnérables, qui ont pu décrocher pendant le confinement. La particularité, c’est d’avoir à porter le masque de 8h00 à midi et de 14h00 à 17h00, ça ne va pas être un exercice simple pour tout le monde !”, précise encore Ludovic Fagaut.

L’établissement de Pouilley-les-Vignes compte 560 élèves. Quasiment tous sont demi-pensionnaires. Ce qui pourrait donner lieu à l’exercice de maths suivant  : comment faire déjeuner dans de bonnes conditions autant de monde dans une salle de 200 places, en un peu moins de 2 heures, en respectant les distances entre élèves ? Et le tout sans masques sur le visage  ?

“L’élève de 4ème A allait manger avec son copain de 3ème B, ou de 5ème C. Aujourd’hui, afin de limiter le brassage des élèves, chaque classe aura sa table, qui sera désinfectée avant l’arrivée de la classe suivante”, complète Ludovic Fagaut. Cette organisation  permettra aussi la traçabilité en cas de contamination :  “si un élève nous appelle en précisant qu’il a de la fièvre, on peut se recentrer sur sa seule classe, en mettant en place le protocole coronavirus.”

Avec cette organisation, le principal du collège estime que la période des repas ne devrait pas poser de problème.

“Nous accueillerons tous les élèves”Au collège Victor Hugo de Besançon, le problème est d’une toute autre dimension. L’objectif est clair : “nous accueillerons tous les élèves, mais il est trop tôt pour vous donner le protocole exact, il faut encore des ajustements”, précise Jean-Jacques Fito, le principal du collège. Il est vrai que l’établissement compte un millier d’élèves, dont 700 à l’heure du repas.

L’an dernier, dans le Doubs, 15 400 élèves, scolarisés dans les 44 collèges publics du département, prenaient leur repas dans l’établissement. Pour eux, cette rentrée sera marquée par quelques changements à table.
 

“Nous revenons à une restauration plus classique, avec la supression des salades bars, des ustensiles partagés, et la désinfection systématique des locaux et du matériel.”

Pascale Cuq, directrice éducation, sports et culture du conseil départemental du Doubs

Autre tendance : une baisse du nombre d’élèves dans les cantines. “Des parents nous ont fait part de leurs craintes, ils n’inscriront pas leurs enfants, qui rentreront à la maison à midi”, confirme Pascale Cuq. La baisse est encore impossible à estimer, mais elle devrait mécaniquement faciliter la prise des repas pour les autres.

Un climat moins anxiogène qu’au printemps ?

Dans l’académie du Doubs, près de 250 000 élèves, étudiants et apprentis vont reprendre les cours. Comme partout ailleurs en France, le protocole sanitaire publié par le ministère de l’éducation nationale va s’appliquer dans leur établissement.

Les grands principes sont fixés : respect des gestes barrière, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans, hygiène des mains, nettoyage et aération des locaux. Les établissements scolaires doivent limiter, dans la mesure du possible, les regroupements et les croisements importants entre groupes.

Mais ces règles seront-elles faciles à appliquer ? “On préconise la distanciation sociale, toutefois chaque chef d’établissement organise les choses selon la situation des locaux et le nombre d’élèves”, précise Guillaume Rivoire, le responsable de la communication du rectorat de l’académie de Besançon. “Nous les avons tous reçus en séminaire cette semaine. Ils ne nous ont pas fait part d’inquiétudes particulières à l’approche de la rentrée”

Un avis partagé par Ludovic Fagaut, le principal du collège de Pouilley-les-Vignes :

“Je trouve que le climat est moins anxiogène aujourd’hui qu’au mois de mai ou de juin. Au moment du déconfinement, c’était assez particulier d’avoir en face de soi des hommes, des femmes et des enfants masqués.  Aujourd’hui, c’est entré dans notre culture.”

Bien sûr, quand on est enfant ou adolescent, on va aller titiller le masque du copain, baisser le sien pour parler. Du travail supplémentaire et de la pédagogie indispensable pour tous les enseignants. Mais l’essentiel est sans doute ailleurs :

« Cela reste une rentrée particulière, mais je pense que les enfants ont hâte de retrouver l’école, les cours, leurs copains, l’enseignement à distance a atteint ses limites. On est tous prêts, il y aura des ajustements, mais c’est notre métier !”, conclut le principal du collège.

Quant à vous parents d’élèves, inquiets ou pas, le ministère de l’éducation nationale compte sur vous ! Voici un extrait du protocole sanitaire :

“Les parents d’élèves jouent un rôle essentiel. Ils s’engagent à ne pas mettre leurs enfants à l’école, au collège ou au lycée en cas de fièvre (38 °C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant la Covid-19 chez l’élève ou dans sa famille.” 

Source FR3.

“Encore une rentrée sans école pour des enfants en situation de handicap”…

Dans une tribune que publie le JDD, Luc Gateau, le président de l’Unapei, dénonce le fait que de nombreux enfants, en situation de handicap, ne pourront pas faire leur rentrée dans des conditions normales.

Pour de nombreux enfants en situation de handicap, il n'y aura pas de rentrée scolaire cette année.

Mardi, c’est la rentrée scolaires. Mais pour de nombreux enfants, il n’y aura pas de rentrée ni d’école comme l’explique dans une tribune que publie le JDD Luc Gateau, le président de l’Unapei, la première fédération d’associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles. “Faute de moyens, on porte atteinte à l’intérêt supérieur de ces enfants”, dénonce-t-il, rappelant le droit fondamental à l’éducation. Et de souligner la promesse d’Emmanuel Macron selon laquelle “aucun enfant ne soit privé d’école à la rentrée”. Voici sa tribune :

“Encore une rentrée sans école”

Mardi prochain, dans la plupart des familles, les enfants prépareront leurs cartables, leurs parents vérifieront qu’ils ont bien crayons et cahiers et on se pressera pour ne pas risquer d’arriver en retard… Certains partiront grognons de ne plus être en vacances, d’autres iront en courant retrouver leurs copains. Quoi de plus banal qu’une rentrée scolaire?

Sauf que pour de nombreux enfants en France, la rentrée ne se passe pas du tout ainsi. Tout simplement parce que, pour eux, il n’y a pas de rentrée du tout. Comment est-il possible qu’en France des enfants soient privés d’école, en violation manifeste de leurs droits fondamentaux?

“Pourquoi les élèves en situation de handicap devraient-ils se contenter d’une école au rabais?”

“Mon fils sera scolarisé 30 minutes 4 fois par semaine à partir d’octobre” ; “comme il n’y a pas de places pour lui en CE1, on propose à mon fils de passer directement du CP au CE2 alors qu’il ne sait pas encore bien lire ou écrire” ; “je renonce”. Absence totale de scolarisation par manque de place dans les établissements ou unités spécialement conçus pour eux, scolarisation à temps partiel -comme si les apprentissages pouvaient se faire à mi-temps- scolarisation inadaptée due à l’impossibilité pour la communauté éducative d’aménager les programmes éducatifs et les locaux afin d’accueillir ces enfants aux besoins particuliers… les témoignages que l’Unapei recueille encore cette année sur la plateforme marentree.org montrent la variété des situations. Et l’ampleur du scandale!

Le droit à l’éducation est un droit fondamental. Il n’est pas négociable. Il ne devrait jamais avoir à être bricolé. Faute de moyens, on porte atteinte à l’intérêt supérieur de ces enfants. Comment pouvons-nous accepter qu’en France, des milliers d’enfants n’aient pas le droit d’aller à l’école? Qu’on laisse à leurs parents, souvent les mères, la responsabilité de leur faire classe? Ou de devoir gérer les solutions de scolarisation inadaptées qui empêchent non seulement la cohérence des parcours éducatifs et la sérénité des apprentissages pour les enfants mais qui entravent également considérablement la vie de leurs parents et de leurs frères et sœurs?

Aller à l’école pour les apprentissages mais aussi pour y jouer, s’y faire des amis… Pour se construire, s’épanouir, s’émanciper, devenir citoyen. L’importance de l’éducation est capitale. Alors, pourquoi les élèves en situation de handicap en seraient-ils exclus? Pourquoi devraient-ils se contenter d’une école au rabais?

Chaque année, les pouvoirs publics affichent leur ambition… En février dernier, le Président de la République s’est engagé à ce qu’aucun enfant ne soit privé d’école à la rentrée prochaine. Mais l’affichage est le même chaque année et nous sommes fatigués d’entendre de beaux discours.

Fatigués que chaque rentrée scolaire soit synonyme de stress, d’inquiétude et de colère pour les familles. Fatigués qu’elle soit synonyme de rejet et d’injustice pour les enfants. Fatigués aussi parce que la crise sanitaire a induit un épuisement supplémentaire pour tous et que le risque pour ces enfants d’être exclus durablement de la société est réel.

“Il ne suffit pas d’ajouter un adjectif pour faire de l’inclusion une réalité!”

Les intentions sont là. Elles sont bonnes. Il faut désormais que les moyens suivent. La crise sanitaire nous a obligé collectivement à nous adapter, à nous transformer. Pour répondre aux injonctions des protocoles sanitaires, l’école et toute la communauté éducative a procédé à des aménagements. Cela signifie que c’est possible.

Alors à quand une école réellement inclusive? Une école accueillant tous les élèves, et donc aussi ceux en situation de handicap? Une école s’appuyant sur une coopération étroite entre l’ensemble des professionnels qui contribuent au parcours éducatif des élèves? Une école avec des locaux accessibles à tous les types de handicap, avec des espaces de répit et des espaces dédiés aux interventions médico-sociales? Une école avec des programmes scolaires adaptés et avec des modules de formation effectifs pour les enseignants et l’ensemble de la communauté éducative (cantine, ATSEM, intervenants du périscolaire)? Une école avec un grand E répondant aux besoins de tous les élèves et intégrant pleinement les enfants accompagnés par les établissements et services médico-sociaux.

“Nation inclusive”, “relance inclusive”, “école inclusive”… Il ne suffit pas d’ajouter l’adjectif pour faire de l’inclusion une réalité!

Source JDD.

Rentrée scolaire : 6 % d’élèves handicapés en plus à l’école, les associations pas convaincues…

ECOLE « Des milliers d’enfants en situation de handicap restent exclus de l’école », regrettent toutefois les associations.

Rentrée scolaire : 6 % d’élèves handicapés en plus à l’école, les associations pas convaincues

A quelques jours de la rentrée scolaire, des annonces sur le handicap. Les écoles accueilleront la semaine prochaine 385.000 élèves en situation de handicap, soit 6 % de plus que l’an dernier, s’est félicitée jeudi la secrétaire d’Etat chargée du dossier Sophie Cluzel, soulignant également le recrutement de 4.000 accompagnants supplémentaires.

Avec ces embauches, « ce sont plus de 100.000 accompagnants » d’enfants en situation de handicap (AESH) « qui seront aux côtés des élèves », a observé à l’antenne de Sud Radio Mme Cluzel, vantant un « effort considérable ».

350 nouvelles classes spécialisées au sein d’écoles ordinaire

Sur ces 385.000 élèves, 104.500 seront accueillis dans des Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis), c’est-à-dire des classes spécialisées, créées au sein des écoles ordinaires. Cette année, 350 nouvelles Ulis sont créées (dont 205 en collèges), soit une augmentation de près de 4 %.

Les services de Mme Cluzel mettent par ailleurs en avant les efforts réalisés cette année pour scolariser les enfants atteints d’un trouble autistique : plus de 1.800 élèves autistes sont désormais « scolarisés dans des dispositifs dédiés », soit +45 % par rapport à la rentrée 2019. A l’école primaire, les effectifs ont doublé.

Les familles et les associations pas totalement convaincues

Comme chaque année, ces efforts ne convainquent pas totalement les familles et les associations : l’Unapei, fédération qui regroupe les associations de personnes handicapées mentales et leurs familles, a ainsi tiré la sonnette d’alarme mardi, affirmant que « des milliers d’enfants en situation de handicap restent exclus de l’école » en cette rentrée 2020.

L’association dénonce notamment des prises en charge inadaptées aux besoins des élèves, ou seulement à temps partiel, voire des cas où les familles ne se voient proposer aucune scolarisation. Interrogée sur ce point, Sophie Cluzel a suggéré aux familles « en attente d’une solution » de composer le numéro vert mis en place à leur attention, le 0805.805.110 (ou le 0800.730.123, accessible aux personnes malentendantes).

Source 20 MINUTES.