Covid-19 : une étude affirme que les enfants sont moins contagieux que les adultes…

D’après le professeur Robert Cohen, qui dévoile ce jeudi les résultats de son étude menée auprès de 605 enfants en Île-de-France, ces derniers sont beaucoup moins contagieux que les adultes.

Il prône une accélération du retour en classe.

Un élève dans une salle de classe du collège de Jastres à Aubenas en Ardèche. Reprise de l'école. 25 mai 2020.

Les enfants sont “de tout petits contaminateurs” d’après le professeur Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie. Il a mené, avec 26 autres pédiatres,  une étude sur 605 enfants en Île-de-France. Il a dévoilé son étude ce jeudi matin dans Le Parisien.

Les petits, jusqu’à l’âge de 15 ans seraient moins contagieux. En Île-de-France, la région la plus touchée par le coronavirus, à peine 0,6% des enfants contaminés étaient contagieux. Dans neuf cas sur dix, ce sont les adultes qui ont contaminé les petits et pas l’inverse.

Des enfants plus protégés que les adultes

D’après le médecin, les jeunes sont plus protégés parce qu’ils attrapent d’autres coronavirus (immunité croisée) et possèdent moins de récepteurs du virus sur la muqueuse nasale. Comme ils sont petits, les gouttelettes qu’ils projettent n’atteignent pas les adultes. Ils se défendraient aussi mieux contre les infections car ils ont le nez qui coule plus souvent. Selon Robert Cohen, les grands-parents courent donc moins de risque avec leurs petits-enfants qu’avec leurs enfants adultes.

Pour le pédiatre, il faut accélérer le retour en classe, même s’il ne reste qu’un mois de cours, car il craint les effets de l’isolement des enfants hyperactifs, et la surexposition aux écrans : “Ce n’est pas un hasard si on voit arriver dans nos cabinets un nombre considérable d’enfants tellement anxieux qu’ils développent des maux de ventre ou de tête.”

Source FRANCE BLEU.

Retour à l’école des élèves handicapés : “On m’a demandé de laver les roues du fauteuil de ma fille”…

La rentrée post-confinement concerne aussi les élèves en situation de handicap, considérés comme prioritaires par le gouvernement.

En réalité, le retour à l’école n’est pas toujours si simple.

Illustrations en Ille-et-Vilaine avec Titouan et Clara*.

Titouan, 11 ans, porte un masque en classe, sur les recommandations de son médecin rééducateur

“Il s’adapte, même si c’est un peu frustrant.” Estelle est la mère de Titouan, âgé de 11 ans. Atteint d’un handicap moteur, en fauteuil roulant électrique, il va à l’école de Courtoisville, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Comme ses camarades, il a fait la rentrée après deux mois de confinement, une rentrée bienvenue pour lui mais aussi pour ses parents qui avaient besoin de reprendre le travail. “On a eu beaucoup d’échanges avec les enseignants et la direction pendant le confinement, pour préparer le retour.” 

Un peu plus isolé que d’habitude

Habituellement, Titouan partage son temps. Le matin, il reste dans la classe ULIS (unités localisées pour l’inclusion) puis l’après-midi il rejoint celle des CM2. Pas de gros changements dans cette organisation depuis le 12 mai, sauf que les déplacements sont limités : “Titouan reste dans la classe ULIS toute la journée car les élèves sont peu nombreux à avoir repris le chemin de l’école. Il est pris en charge par l’institutrice spécialisée et son auxiliaire de vie scolaire (AVS, désormais appelés AESH) le matin. L’après-midi, c’est l’institutrice de CM2 qui lui donne du travail à faire mais physiquement, il reste en classe ULIS.“Il voit moins ses camarades du coup” explique Estelle.

Titouan porte un masque à l'école par précaution / © DR

Pour les récréations, elles ont désormais lieu par petits groupes, pas forcément avec les copains de Titouan. “Ce n’est pas facile de les voir et de ne pas pouvoir leur parler. Comme pour tous les enfants, c’est aussi embêtant de ne pas aller et venir où l’on veut dans la cour, pour se défouler.” 

Titouan passe au final beaucoup de temps avec Marine, son AVS et se retrouve un peu plus isolé que d’habitude. “A la cantine, il mange avec son AVS car personne à droite et à gauche, ni en face. La communication est plus limitée du coup.”

Alors que le port du masque n’est pas obligatoire à l’école primaire, Titouan en met un, sur les conseils de son médecin rééducateur. Il lui tient chaud. “C’est contraignant mais il le garde”, souligne Estelle.

Titouan appréhende son nouveau quotidien, pas toujours évident. Estelle se souvient : “Lorsqu’il est revenu de l’école le 12 mai, Titouan était vraiment déçu et triste de cette journée passée. Il ne voulait plus y retourner. Il n’a pas retrouvé “l’école d’avant”Malgré tout, la direction de l’école, les institutrices et l’AESH mettent tout en œuvre pour que tout se passe au mieux. C’est une situation compliquée pour tout le monde et chacun fait comme il peut.” 

Marine, l’AESH, connaît Titouan depuis sept ans. Pour elle aussi cette rentrée a été particulière. “On a eu une réunion avec tout le personnel. J’avais des appréhensions les premiers jours. On se demandait où on allait…” “Avec Titouan, on est en contact très proche : je porte une blouse de protection, un masque. Je mets des gants dans certaines situations. On se lave les mains régulièrement. Je lave les miennes et ensuite je l’aide à laver les siennes. On passe des coups de lingettes sur son ordinateur.” 

“La directrice m’a demandé de laver les roues du fauteuil à chaque entrée dans l’école”

Sandrine est la maman de quatre enfants, dont Clara * une petite fille de 7 ans, handicapée moteur et se déplaçant en fauteuil manuel. Scolarisée en CP en Ille-et-Vilaine, un auxiliaire de vie scolaire l’accompagne, comme Titouan, pour les gestes du quotidien, toute la journée. Pour elle, après le confinement, pas de retour à l’école. “La direction m’a appelée au dernier moment et m’a demandé de laver mon véhicule à chaque fois que je dépose ma fille, de laver son fauteuil et ses roues, son ordinateur, son matériel etc…” Sandrine s’interroge : “Est-ce qu’on demande aux autres enfants de laver leurs semelles de chaussures ?” Elle remarque que la situation sanitaire accentue des relations déjà complexes avec la direction qui “cherche constamment la petite bête depuis deux ans.”

Du côté de l’auxiliaire de vie, elle n’a pas eu de contact avec lui pour une éventuelle reprise. Là aussi, elle aurait aimé en savoir plus notamment sur l’adaptation des gestes barrières. “Avec ma fille, pour l’aider il faut forcément la toucher, la porter.” Faute de mieux, elle continue donc d’assurer elle-même l’enseignement auprès de ses enfants, avec l’aide de la maîtresse. La rentrée de septembre reste floue, Sandrine n’a aucune idée des conditions dans laquelle elle va se dérouler. Pour le moment, on lui a seulement parlé de “classe virtuelle”.

Des consignes et du matériel de protection

Le rectorat n’est pas en mesure de préciser des chiffres, sur le retour à l’école des élèves en situation de handicap car “chaque cas est particulier.” Cette reprise fait l’objet d’une organisation dédiée, depuis le 11 mai jusqu’au 2 juin.

“Les élèves en situation de handicap font partie des élèves prioritaires pour reprendre leur scolarité en école ou établissment” précise-t-on. Le rectorat ajoute : “Les parents et responsables légaux d’élèves en situation de handicap sont informés des dispositions prises pour favoriser un retour à l’école ou en collège par l’intermédiaire des enseignants référents.”

“Des moyens spécifiques de protection des personnels sont prévus compte tenu de la difficulté pour certains élèves en situation de handicap de respecter la distanciation physique. Pour l’aide humaine portant sur les gestes de la vie quotidienne une dotation spécifique en gants, gel désinfectant, visières ou lunettes de protection est mise en place.”

Les chiffres sur la scolarité des élèves en situation de handicap en Bretagne

Selon le rectorat et à la rentrée 2019, l’académie de Rennes comptait 17 454 élèves scolarisés dans les écoles et établissements publics et privés relevant du ministère de l’Éducation nationale : 8 998 dans le premier degré et 8 456 dans le second degré. Selon les situations, la scolarisation peut se dérouler sans aide spécifique (humaine ou matérielle) ou avec des aménagements lorsque les besoins de l’élève l’exigent.

L’académie de Rennes compte actuellement 11 476 AESH. Les élèves présentant des besoins plus importants sont scolarisés avec l’appui d’unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS). Ces dispositifs sont encadrés par un enseignant spécialisé et bénéficient d’un accompagnant des élèves en situation de handicap-collectif. 188 ULIS-école, 129 ULIS-collège, 38 ULIS-lycée professionnel sont en place dans l’académie de Rennes.

Lors des annonces sur la phase 2 du déconfinement, Jean-Michel Blanquer a réaffirmé l’engagement du gouvernement sur la scolarité des élèves en situation de handicap. Il a annoncé que 100 % des ULIS seraient ouvertes la semaine prochaine.

*Le prénom a été modifié

Source FR3.

Ardennes : ouverture d’un centre de loisirs pour enfants en situation de handicap, un moment de répit pour les familles…

Ardennes : ouverture d’un centre de loisirs pour enfants en situation de handicap, un moment de répit pour les familles

La Fédération Familles rurales des Ardennes, la CAF, et des acteurs institutionnels et associatifs, ont ouvert, jusqu’au 28 août, à Villers-Semeuse, un centre de loisirs pour accueillir des enfants handicapés.

Les parents peuvent ainsi faire une pause et profiter d’un peu de répit.

Des conseillers techniques du handicap et des professionnels s'occupent des enfants pendant quelques heures, le temps pour les parents de faire une pause et de retrouver des moments pour eux. / © Daniel Samulczyk/ France Télévisions

Le centre de loisirs de la ville de Villers-Semeuse dans les Ardennes résonne à nouveau de cris d’enfants. Après le confinement des deux derniers mois, de petits locataires d’un jour sont accueillis dans ce lieu pour la première fois. Portés par la Fédération Familles Rurales des Ardennes et la CAF, un projet a vu le jour pour aider les familles avec un enfant en situation de handicap. “On prend le relais“, c’est la promesse de cette nouvelle structure mise en place jusqu’au 28 août.

Ardennes : ouverture d'un centre de loisirs pour enfants en situation de handicap, un moment de répit pour les familles

“Son école est fermée, on n’avait pas de solution d’accueil”

C’est une drôle de rentrée pour Giovani, Louna et Raphaël, cet après-midi. Ils ont, pour certains, des petits sacs d’écoliers accrochés sur leur dos, mais là où ils se dirigent, ce n’est pas leur école habituelle. Bien mieux. Ici, on va les laisser s’amuser, passer de bons moments avec des éducateurs à leurs dispositions, et sans les parents pour une fois.

Après une petite visite des salles avec les parents et la découverte des ateliers avec les enfants, le personnel spécialisé dans le handicap prend le relais. Cette bulle de sérénité, le temps d’un après-midi, est souvent synonyme de repos et de relâche pour les familles.

Des mesures sanitaires strictes sont à l'ordre du jour dans le centre de loisirs pour enfants, afin qu'ils profitent au mieux de la structure / © Daniel Samulczyk / France Télévisions

François, l’un des papas, est venu déposer Raphaël, 5 ans, moins quelques dents. Pour lui, cet endroit est vital pour faire le point et se décharger quelques instants.

Moi, j’ai repris mon activité, je suis commerçant, tatoueur, à temps plein !”, rappelle François, le papa de Raphaël. Notre fils est scolarisé depuis cette année à l’Unité Maternelle Autistique de Donchery, c’est l’équivalent d’une grande section de maternelle, mais spécifique pour les enfants autistes. Son école est fermée pour cause de covid pour l’instant, donc on n’avait pas de solution d’accueil. Ça tombe très bien.

Pour Raphaël, on a vu qu’il avait besoin de socialisation, parce que le fait d’être en vase clos, qu’avec nous, ses parents, à terme, il y avait une sorte de petite régression, notamment sur le langage”.

Nous, ça nous permet de souffler un peu, parce que ce sont des journées qui peuvent être souvent longues. Pour ma compagne, ça lui permet d’avoir également un peu de répit, et un peu de temps libre pour faire tout simplement autre chose.
François Damiens, père du petit Raphaël

Le papa reprend son propos sur les bienfaits d’une telle structure en complément de la prise en charge habituelle de son fils. ” Pour des enfants comme Raphaël, le rythme est important. Les coupures de vacances trop longues peuvent ne pas convenir.

Le centre de loisirs fait le lien entre les parents et l'aide spécialisée proposée, tout en permettant la socialisation des enfants sous handicap / © Daniel Samulczyk / France Télévisions

Ça le stimule. Il peut développer un peu la parole, car avec nous, il y a une sorte de communication non-verbale qui s’installe. Il régresse un peu. Quand il est avec d’autres personnes, il va chercher à utiliser des mots, c’est très bénéfique à ce niveau-là. On va être sur deux à trois demi-journées par semaine avec Raphaël”.

“Un univers tout en jaune, pour qu’il soit bien !”

Le petit Giovanni, cinq ans, est lui aussi accueilli cet après-midi. Sa famille l’a confié de 11 h à 15 h aux animatrices et à l’infirmière présente. Le petit garçon passe de bras en bras, mais tout a été pensé pour l’apaiser.
” On savait que Giovanni aimait le jaune, on lui a donc fait tout un univers en jaune pour qu’il soit bien. On s’adapte aux besoins des enfants ! ” nous confie une aide spécialisée à la table de jeux.

Des ateliers de cinq enfants maximum, pour plus d'attention, et une approche personnalisée pour chacun / © Daniel Samulczyk / France Télévisions

Des ateliers de cinq enfants maximum, pour plus d’attention, et une approche personnalisée pour chacun / © Daniel Samulczyk / France Télévisions

Ouvert aux petits ardennais, gratuit, et sans justificatif

Xavier Léger, le conseiller technique handicap du projet, affiche un large sourire depuis l’ouverture de son accueil. Cet après-midi, il fait la visite de tout le bâtiment, en expliquant chaque atelier aux familles qui arrivent. Rien ne doit freiner la démarche des couples ardennais demandeurs, l’administratif est simplifié au maximum. “Là, c’est le premier lieu de répit, gratuit et sans justificatif, jusqu’au 28 août. La structure est ouverte du lundi au vendredi, de 09 h à 17 h. On avait des familles qui étaient en attente de placement, il y a des listes quand on a un enfant handicapé. En quelque sorte, c’est un accueil périscolaire, mais à la journée. Pendant la période juillet-août ce lieu deviendra un accueil de vacances. Cinq places seront disponibles par jour pour les enfants handicapés”.

On accueille les enfants dans leur sixième année, jusqu’à leur 18ème année. Ce sont des enfants en situation de handicap, en cours de diagnostic ou non. Il faut juste remplir un dossier d’inscription, mais les familles n’ont aucun justificatif à donner. On s’adapte à leurs besoins. Le but étant d’être le plus ouvert possible, le plus flexible possible.
Xavier Leger, conseiller technique handicap

L’idée vient du dispositif handicap “Ondicap”, qui existe maintenant depuis deux ans et demi et qui regroupe tout un panel d’acteurs. L’objectif de ce dispositif est d’inclure les enfants handicapés dans les lieux qu’on appelle “de droits communs”, c’est-à-dire les crèches, ou les accueils de loisirs. Avec le confinement, tout a été remis en cause, accélérant du même coup la mobilisation des organismes ardennais pour offrir une solution de repli.

Le conseiller poursuit : “ On propose des activités artistiques et manuels, des activités sportives, culturelles avec de la musique. Ces animations seront adaptées au rythme de l’enfant, de ses compétences et de ses besoins. Dans le dossier d’inscription, on demande aux enfants ce qu’ils aiment faire, pour éviter les crises. L’avantage avec cette structure-là, c’est qu’on a un effectif maximum de cinq enfants, c’est très familial. Avant, lorsque que les parents avaient besoin d’un peu de répit, ils faisaient appel à leur famille uniquement. Ils n’avaient pas de solution. On voudrait que ce lieu de répit soit disponible toute l’année, garder cette souplesse administrative qui est la force de ce projet”, conclut Xavier Leger, conseiller technique handicap.

Une animatrice, une infirmière et un moniteur-éducateur ont été embauchés en CDD jusqu’au 28 août, en attendant peut-être, de pouvoir pérenniser ce lieu d’accueil, voire d’en ouvrir d’autres.

Source FR3.

 

“C’est ingérable” : une Mayennaise doit continuer l’école à la maison pour son fils atteint d’autisme….

Les écoles mayennaises rouvrent une à une depuis le 12 mai mais toutes n’en sont pas encore là.

Des enfants doivent donc continuer l’école à la maison mais c’est très dur pour Karine et son fils, Lucien, atteint d’autisme.

Lucien est actuellement en classe de CE2 - illustration

La reprise des écoles en Mayenne se fait progressivement depuis le 12 mai. Près de huit établissements sur dix rouvrent cette semaine-là, et le reste dans les trois semaines qui suivent. En attendant, beaucoup d’élèves restent encore à la maison.

C’est le cas aussi des enfants en situation de handicap et pour leurs parents, c’est un double casse-tête à l’image de ce que vit Karine. Cette maman habite à Saint-Germain-de-Coulamer, dans le nord-est de la Mayenne avec Lucien, son fils de 9 ans atteint d’autisme.

Des cris, des pleurs

Karine s’improvise enseignante pour son fils Lucien, il est en classe de CE2 et clairement, ils n’arrivent à faire que la moitié du travail demandé par l’école. “C’est du troc, si tu veux regarder ton dessin animé, on va faire une demi-heure de cours. Sinon, ce sont des cris, des pleurs, il se fait mal, il se blesse“, explique-t-elle.

“Le quotidien avec un enfant autiste, c’est faire le gendarme pour qu’il se lave, qu’il se couche, alors là, concrètement, c’est ingérable”

Lucien a perdu tous ses repères avec le confinement. Pendant deux mois, il n’a pas eu de suivi à cause de la fermeture du centre médico-psychologique de Mayenne. Il prend du retard, Karine a vraiment peur qu’il redouble.

Difficile d’appliquer les gestes barrières pour Lucien

Et en même temps, un retour à l’école en pleine épidémie, cela fait forcément peur à cette maman. 

“Mon fils est autiste, vous ne pouvez pas lui dire toutes les 10 secondes de ne pas mettre ses mains à la bouche, il ne comprend pas. “

La seule solution pour elle, ce serait d’avoir une aide à domicile mais sans prise en charge, elle doit débourser 800 euros, et cela correspond à tout son salaire.

Source FRANCE BLEU.

Déconfinement: des enfants de soignants mis à l’écart…!

Des inspecteurs ou des directeurs d’école, surinterprétant le protocole sanitaire, ont tenté d’isoler ces élèves.

Déconfinement: des enfants de soignants mis à l’écart...!

Un million et demi d’élèves, sur un total de 6,7 millions, ont commencé à reprendre mardi le chemin de l’école primaire après huit semaines d’interruption, malgré des protestations. Le protocole sanitaire extrêmement strict imposé par le ministère de l’Éducation nationale, à la demande des syndicats enseignants, permet la réouverture de 86 % des écoles mais favorise parfois un excès de zèle et d’inquiétude, comme à Toulouse, Nice ou Paris.

À Toulouse, une inspectrice de l’Éducation nationale a adressé le 5 mai une lettre aux parents d’élèves soignants leur annonçant qu’ils devraient laisser leurs enfants dans des écoles particulières. Une décision motivée par la volonté de «ne pas occasionner un brassage d’enfants qui ne serait pas en accord avec les conditions sanitaires requises». Dans un autre courrier adressé à des parents d’élèves de Nice, il est expliqué que «les enfants dont les parents ont une profession prioritaire ne pourront pas intégrer leur classe habituelle ni prendre leur récréation en commun».

“Les enfants de soignants sont stigmatisés et discriminés avec des mesures drastiques de distanciation sociale avec les autres élèves qui sont disproportionnées.”

Lamia Kerdjana, présidente de Jeunes Médecins Île-de-France

Un père médecin s’est quant à lui entendu dire cette semaine par une directrice d’école parisienne que ses enfants seraient mis à l’écart. Depuis, ces parents, choqués, ne décolèrent pas. «Les enfants de soignants sont stigmatisés et discriminés avec des mesures drastiques de distanciation sociale avec les autres élèves qui sont disproportionnées. En l’absence de symptômes, ils n’ont aucune raison de subir une éviction de leur classe et aucune étude ne permet d’affirmer qu’ils sont plus transmetteurs du coronavirus que les autres enfants accueillis», argumente Lamia Kerdjana, présidente de Jeunes Médecins Île-de-France et anesthésiste-réanimatrice. Elle craint que ces tentatives d’éviction ne fassent tache d’huile. La France applaudit les médecins tous les soirs à 20 heures car ils mettent leur santé et celle de leur famille en danger mais leurs enfants ne doivent «surtout pas être mêlés au reste de la population»…

Organisation «quasi militaire»

Certes, quelque 30.000 enfants de soignants ont été accueillis pendant le confinement par l’Éducation nationale mais dans des conditions proches d’une simple garderie, sans enseignement, «devant rattraper avec leurs parents souvent épuisés le programme que les autres élèves faisaient au fil de l’eau», regrette-t-elle. «Est-on revenu au temps des léproseries alors que ce sont des enfants sains?»

Le Syndicat national des infirmiers-anesthésistes a envoyé une lettre au ministre: «La note toulousaine est un message catastrophique envoyé à l’ensemble de la population française et notamment aux camarades de nos enfants: certains élèves français ne sont plus fréquentables. Cette décision qui semble plus être guidée par la peur irrationnelle et l’approximation que par des arguments scientifiques éclairés ou éthiques va à l’encontre des valeurs républicaines de fraternité et d’égalité», souligne son président, Christophe Paysan.

Le ministère de l’Éducation nationale dément quant à lui toute volonté de mettre à part ces élèves et évoque des «surinterprétations locales du protocole sanitaire déjà réglées par les recteurs de Nice et de Toulouse». Le syndicat des jeunes médecins a néanmoins déposé lundi un appel en référé-liberté à l’encontre d’une réponse toulousaine jugée encore «peu claire». «Au-delà de nos enfants, je m’inquiète pour tous les élèves, ajoute Lamia Kerdjana, car le protocole sanitaire est excessif. Certaines écoles interdisent aux enfants de bouger de leur place. C’est quasi militaire! Il faut dédramatiser la situation. Les pédopsychiatres sont inquiets de ce que les adultes font subir aux élèves. Normalement, si on se lave les mains régulièrement et qu’on évite de se toucher le visage, ça suffit!»

Source LE FIGARO.

 

Retour à l’école: des initiatives pour encadrer les enfants créent une polémique…

Des écoliers parqués dans des carrés dessinés à la craie, d’autres obligés de rester sur une croix tracée à la bombe de peinture…

Certaines mesures de distanciation physique à l’école interrogent.

Retour à l’école: des initiatives pour encadrer les enfants créent une polémique

Mardi, après 55 jours de confinement, le temps était venu pour un certain nombre de petits écoliers de reprendre le chemin de l’école élémentaire. Au regard de la situation sanitaire qui continue de paralyser la France, certaines règles ont dû être imposées dans les écoles pour répondre aux mesures d’hygiène et de distanciation physique.

Si plusieurs de ces mesures ont été relativement bien accueillies (port du masque pour les enseignants, lavage des mains régulier ou encore rappel des gestes barrières), d’autres ont provoqué des vagues d’indignation. Une en particulier n’a pas manqué d’agiter les réseaux sociaux. Celle du confinement d’enfants de maternelle dans des carrés dessinés à la craie sur le sol de la cour de récré dans une école de Tourcoing.

«On voudrait les traumatiser qu’on ne s’y prendrait pas autrement… Qu’est-ce qu’il se passe derrière tout ça, quels enjeux ?» s’est indigné un internaute sur Twitter. «Faut être complètement cinglé pour imposer ça à des petits et croire que ça n’aura aucune répercussion sur leur conception de l’école, sans parler des phobies scolaires qui s’annoncent….» s’est désolée une autre twittos.

Pour d’autres internautes il est important de relativiser. «Faut arrêter de se lamenter constamment, non? Il y a une situation exceptionnelle qu’il faut gérer, ce n’est pas génial mais au moins les enfants ne sont pas cloîtrés chez eux» lance l’un d’entre eux.

Apprendre à l’enfant que son petit camarade est une menace peut être anxiogène, très mal compris et entraîner parfois une perte de confiance

César Pierre Castagné, pédopsychiatre dans le 7e arrondissement de Paris.

De son côté, César Pierre Castagné, pédopsychiatre à Paris, juge indispensable de laisser les enfants jouer et s’amuser ensemble. «Avant de s’individualiser, l’enfant existe et se retrouve dans le groupe. C’est par ses interactions avec les autres qu’il va se trouver lui-même». Et ce dernier de reprendre : «Apprendre à l’enfant que son petit camarade est une menace peut être anxiogène, très mal compris et entraîner parfois une perte de confiance».

Par ailleurs, le docteur Castagné estime qu’il était temps que les enfants soient déconfinés, rappelant que chez ces derniers «un mois compte double» et que de ce fait «ils ont suffisamment subi». D’après le pédopsychiatre, les enseignants ont un «devoir de sensibilisation» de leurs élèves mais ne doivent en aucun cas les isoler. «Il faut réglementer la parole autour du Covid, parler des gestes barrières, des mesures d’hygiène» explique-t-il.

Des mesures «contraires aux besoins des enfants»

Lundi déjà, la Fédération française de psychiatrie (FFP) s’était indignée contre différentes mesures relatives au déconfinement qu’elle avait jugé «contraires aux besoins des enfants». Dans un communiqué de presse, la FFP dénonçait entre autres l’emploi de cerceaux dans une école maternelle «pour éviter de se toucher et à l’intérieur duquel il est interdit de sortir» ou encore le fait que des jeunes enfants doivent se «débrouiller totalement seuls pour entrer en classe, s’habiller et se déshabiller, aller aux toilettes».

Enfin, la FFP n’a pas non plus manqué de relever les mesures d’«ostracisation des enfants de soignants qui ne pourraient pas rejoindre leurs classes et leurs camarades du fait des professions soignantes de leurs parents». Ces dispositions ont été adoptées par de nombreuses écoles toulousaines qui organisent un retour spécifique à l’école des enfants de personnels soignants.

Source LE FIGARO.

Déconfinement. Élèves handicapés : retour en classe impossible ?…

Ils font partie des écoliers prioritaires pour la reprise des cours ce mardi 12 mai, d’après le gouvernement.

Mais appliquer les mesures barrières est très compliqué pour eux et leurs accompagnants.

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont dans l’attente d’un protocole sanitaire.

 Je n’ai pas eu le choix, l’école d’Ylhann ne veut pas l’accueillir !  Sophie, agente administrative et maman solo, ne décolère pas. Son garçon autiste de 5 ans, qui était scolarisé en moyenne section en Loire-Atlantique, ne reviendra pas en classe.

Comme tout élève en situation de handicap, il fait pourtant partie des écoliers prioritaires pour le retour à l’école dès le 12 mai, après deux mois de confinement, selon le ministère de l’Éducation nationale.

 Dire que leur retour est sur la base du volontariat, c’est faux, peste Sophie. J’ai reçu un refus d’accueil de la maîtresse, car le respect des gestes barrières est impossible.  Un témoignage loin d’être isolé parmi les parents d’élèves handicapés.

La distanciation imposée par le protocole sanitaire pour lutter contre le coronavirus est difficile à appliquer avec des enfants autistes ou atteints de troubles de l’attention. Or, le document ne précise pas le travail des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH, anciennement AVS).

« Morts de trouille »

 On est en extrême proximité avec l’élève, explique Hélène Élouard, représentante du collectif AESH CGT Éduc’action.Pour lui parler doucement, calmer ses peurs ou sa colère, guider sa main, le porter parfois… 

Depuis une semaine, elle reçoit près de  200 messages par jour  de la part d’AESH.  Rien n’est prêt pour la reprise. Mes collègues sont morts de trouille.  La secrétaire d’État chargée du handicap, Sophie Cluzel, a promis un protocole sanitaire spécifique. Mais il se fait attendre…

Lors du confinement, certains AESH ont pu télétravailler en visioconférence quand ils avaient des outils personnels, mais beaucoup n’ont reçu aucune directive lors des huit semaines. Et souvent, ils n’ont pas été conviés aux réunions de prérentrée.  On leur dit juste d’apporter leur propre masque, car les stocks sont insuffisants , relate Hélène Élouard, qui rappelle que les AESH, rémunérés au Smic à temps partiel, gagnent en moyenne 750 € par mois.

« Inextricable, révoltant »

Enfin, cette reprise a un goût amer pour beaucoup d’AESH, car des établissements veulent leur confier d’autres tâches.  On les fait revenir, même si leur élève n’est pas là, pour surveiller des couloirs, des groupes d’élèves, en accompagner aux toilettes, nettoyer les poignées de portes… Rien à voir avec leur fiche de poste ! , s’indigne Thomas Hardy, du syndicat Snes-FSU d’Ille-et-Vilaine.

Une situation  inextricable  que déplore la maman d’Ylhann :  Quand je pense à notre combat pour obtenir ses 12 heures d’accompagnement hebdomadaire pour que finalement notre AESH fasse du ménage, c’est révoltant ! On va devoir repartir à zéro pour que mon fils soit accepté en septembre… 

Source OUEST FRANCE.

Le confinement raconté par les lycéens devant leurs bureaux …

Ils reprendront peut-être le chemin du lycée en juin. Comment les lycéens vivent-ils leur confinement et imaginent-ils l’après ?

Témoignages d’un groupe d’élèves franc-comtois en seconde, dans le cadre de notre partenariat avec les rectorats de Besançon et Nancy-Metz.

Le confinement raconté par les lycéens devant leurs bureaux

Un groupe d’élèves de seconde franc-comtois racontent le confinement depuis leur bureau : « De la fenêtre de mon bureau, je vois l’insouciance des enfants qui courent dans les prairies.

De la fenêtre de mon bureau, je vois la nature qui reprend petit à petit ses droits, les oiseaux qui chantent à toute heure.”

De la fenêtre de mon bureau, il pleut des pétales de cerisier.

“De la fenêtre de mon bureau, je vois une rue vide, vide car les gens ont certainement peur pour eux et même leurs proches. Certainement des gens qui comprennent le risque de mettre un pied dehors pour une raison inutile.

De la fenêtre de mon bureau, je vois encore des personnes insouciantes de la gravité du virus qui profitent de se balader sous ce grand soleil.

De la fenêtre de mon bureau, je devine l’enfer de la maladie dans un lieu qui jusqu’à il y a peu n’était que paix.

De la fenêtre de mon bureau, je vois mon quartier sans rires d’enfants jouant dans les rues. C’est comme si le temps s’arrêtait quelques instants jusqu’à ce que je voie des personnes courir et se promener, juste devant chez moi.

De la fenêtre de mon bureau, je vois mon jardin. Je vois une vie qui se ralentit, et des gens qui s’inquiètent. Je vois une crise qui dure, et une fin de confinement qui risque d’être compliquée.

De la fenêtre de mon bureau, je vois des gens qui se confinent, qui limitent la propagation du virus, pour éviter de remplir les hôpitaux qui manquent de matériel. De la fenêtre de mon bureau, je devine la difficulté du personnel soignant à gérer cette crise. De la fenêtre de mon bureau, je rêve de revoir mes amis, de reprendre une vie normale.

De la fenêtre de mon bureau je devine une crise sanitaire, qui aura des conséquences sur l’économie mondiale.

De la fenêtre de mon bureau, je vois les rues vides, à l’exception de quelques voitures qui passent. On aperçoit tout juste quelques coureurs et des passants promenant leurs chiens. Les oiseaux chantonnent et j’aperçois quelques arbres qui fleurissent et d’autres d’un vert éclatant.

De la fenêtre de mon bureau, je vois un monde qui se remet en question et qui, s’il ne change pas après cette épreuve, aura au moins pris conscience qu’il n’est pas infaillible.

De la fenêtre de mon bureau, je vois le soleil perçant qui inonde toute la ville de sa lumière. Sous ce soleil se cachent de bien tristes nouvelles… alors acceptons ce qui est, laissons aller ce qui était et ayons confiance en ce qui sera.

Source EST REPUBLICAIN.

“On est les grands oubliés” – Familles d’enfants handicapés, enseignants et AESH s’inquiètent du retour à l’école…

Un protocole sanitaire a été transmis aux écoles, en vue du retour progressif des élèves en classe le 12 mai prochain, en pleine crise du coronavirus.

Ce protocole prend-il en compte les élèves en situation de handicap ?

Pour les familles, les enseignants et les accompagnants, la réponse est non.

ILLUSTRATION. Les "grands oubliés" du retour à l'école seraient-ils les enfants en situation de handicap ? Aucune information n'a véritablement été donnée les concernant... Pour les parents qui peinent à les occuper à la maison, pour les enseignant(e)s et les AESH, la colère monte. / © IP3 PRESS/MAXPPP

Deux petits mots seulement, dans un énorme dossier de 54 pages. « Handicap » n’apparaît qu’à deux reprises dans le « Protocole sanitaire » pour la réouverture des écoles maternelles et élémentaires. 54 pages de conditions à remplir, de conseils donnés par le ministère de l’Education nationale pour une rentrée en sécurité.

L’une concernant « l’arrivée et le départ de l’école… conditionnés à une étude préalable des possibilités d’adaptation du transport scolaire y celui compris des élèves en situation de handicap. »
Deux pages plus loin, le protocole précise qu’une « attention particulière doit être apportée aux élèves en situation de handicap pour leur permettre (…) de réaliser les gestes barrières et de distanciation par une pédagogie, des supports, ou le cas échéant un accompagnement adaptés. » C’est en page 9, puis plus aucune information concernant les élèves en situation de handicap.

Des gestes barrières impossibles à respecter

Alors nous avons téléphoné à certains IME (Institu Médico-Educatif), pour savoir comment la reprise s’organiserait. Mais le téléphone a sonné dans le vide. « En attente des consignes de l’ARS » nous a-t-on répondu. Le syndicat départemental de l’Yonne de la FA (Fédération Autonome de la Fonction Publique Territoriale) déclare n’avoir à ce jour « aucune information concernant les enfants en situation de handicap et leurs accompagnateurs. » Le retour à l’école se fera progressivement pour tous les élèves. Un retour qui s’effectuera à compter du 12 mai, sous d’infinies conditions : par niveau, selon la carte de déconfinement du ministère de la Santé, si le département est en vert, si les directeurs d’école décident de rouvrir leurs établissements, si les parents sont volontaires…

Si les classes rouvrent, les gestes barrières devront être appliqués : nombre limité d’enfants par classe, distance d’au moins 1 mètre entre chaque élève, lavage des mains plusieurs fois par jour, sans matériel collectif, entre autres. Pour des enfants « lambdas », c’est envisageable. Mais pour des enfants en situation de handicap, c’est impossible.

Elise, une enseignante en classe ULIS (Unités Localisées pour L’Inclusion Scolaire) nous le confirme. « Ils comprennent pourquoi on leur demande de respecter certaines règles. Mais ce sont des enfants qui mettent leurs doigts à la bouche et qui ont surtout besoin du contact avec les autres. » Mais du vrai contact, celui où on se touche, on se sent, on s’enlace et on s’embrasse.

Nathalie est AESH (Accompagnant(e) des élèves en situation de handicap) est en charge d’un petit garçon autiste. Elle rappelle que « ce sont des enfants très particuliers, qui n’ont pas tous la pratique du langage. Leur seule façon de s’exprimer c’est le contact physique. Moi quand il me voit le matin, il me prend dans ses bras, il me sent partout… Comment on tient la distance d’1 mètre 50 entre nous ? » Oui comment fait-on ? Même avec des masques, des gants, comment un(e) AESH peut s’occuper d’un élève, l’aider dans son travail, l’aider à s’habiller, à aller aux toilettes, si une distance doit être installée entre eux ? « Ils touchent à tout aussi. On fait plein d’activités avec ces enfants. Et puisque tout le matériel doit être désinfecté, on va devoir tout désinfecter ? Vous imaginez le temps qu’on va y passer ? » C’est impossible, clairement. Une autre enseignante en classe ULIS, évoque la possibilité d’une boîte individuelle de jouets et de matériel pour chaque élève… Encore faut-il avoir tout le matériel nécessaire.

Ces nouvelles règles risquent de perturber les enfants en situation de handicap. « Quand on leur dit qu’ils vont pouvoir retourner à l’école, ils s’attendent à retrouver l’école d’avant. » Nous avons contacté plusieurs familles d’enfants handicapés qui nous confirment toutes leur fort désir de retrouver « les copains, la maîtresse, la classe ». Mais Elise rappelle que « ces enfants ont parfois du mal à gérer la frustration. S’ils ne peuvent pas se toucher, pas nous prendre dans leur bras, ils vont être encore plus frustrés. »

Les parents d’élèves de la classe ULIS téléphonent tous les jours à Elise, « mais je n’ai pas plus d’information qu’eux. » A part ce protocole… « Qui est le même que pour les autres enfants » déplore Nathalie, l’AESH. « (Jean-Michel) Blanquer et (Sophie) Cluzel disent que la réouverture des écoles doit favoriser l’accueil des enfants en difficulté. Mais rien n’est vraiment fait pour eux. »

A Dijon, Alain est le papa de Léo, 8 ans et porteur de trisomie 21. Lui a suivi l’école à raison de 2 à 3 heures par jour avec son papa, cartable sur le dos, « comme en vrai ». Tout s’est très bien passé et les échanges avec la maîtresse ont été réguliers. Ces échanges ont d’ailleurs conduit à la décision de ne pas remettre Léo à l’école ces prochaines semaines. « Ca dépendra de l’évolution, mais pour l’instant, c’est difficile d’expliquer à Léo qu’il doit garder ses distances, qu’il ne peut pas bouger ou aller voir ses copains. » Alors la maîtresse continuera de fournir le travail à la maison. « C’est une question de confort pour elle… Même si elle n’a que 12 élèves dans sa classe, ça risque d’être ingérable » s’inquiète Alain. « Un accompagnement adapté » disait le protocole c’est ça ?

Les AESH iront bien, eux, à l’école

Rien n’a été vraiment pensé pour les AESH non plus. Ce sont ces personnes qui, quotidiennement, accompagnent les élèves en situation de handicap. Là-aussi nous avons fait une recherche par mot-clé dans le protocole sanitaire du gouvernement. Aucune occurence des mots « AVS » et « AESH ». On y parle seulement d’ « agents ». Nathalie s’inquiète de n’être rappelée que pour nettoyer les espaces… « Nous avons la seule consigne de nous présenter dans les écoles même si nos enfants accompagnés n’y sont pas. » Elle s’indigne de la faible reconnaissance de l’Education nationale pour le travail des AESH. « Pour 750 euros par mois, on se demande si ça vaut vraiment le coup qu’on prenne ces risques… » Mais si ces AESH ne se présentent pas à l’école, qui s’occupera spécifiquement et individuellement des enfants en situation de handicap ? Personne. Alors ces accompagnants retourneront près des enfants, masqués et gantés, si les écoles ont tout le matériel…

Donc à ce jour, aucune information vraiment claire pour ces enfants en situation de handicap ni pour leurs familles. Les municipalités n’ont pas encore toutes décidé de la réouverture de leurs établissements… Alors les conditions de retour des enfants en situation de handicap, ça viendra plus tard. Même chose pour l’ARS qui ne communique pas sur le sujet. « Vous savez ce que ça dit de notre société ? Les -enfants- handicapés sont, comme d’habitude, les grands oubliés. »

Un cauchemar à la maison pour les parents d’enfants handicapés

L’indignation a gagné les foyers. Dans l’hypothèse où le retour à l’école serait encadré, « adapté » pour les élèves handicapés, les familles s’interrogent encore. C’est le dilemme. Prendre « le risque » de les renvoyer en classe ? Ou celui de continuer parfois à vivre « un cauchemar » à la maison ?

Tous les enfants en situation de handicap ne sont pas invivables, bien évidemment. Mais il y a des situations qui restent difficiles à vivre. A Buxy, en Saône-et-Loire, nous avons pris des nouvelles de Milivia, maman d’Esteban, autiste sévère non-verbal. « Ce confinement est une catastrophe pour lui. On fait face à une grande phase de régression ». Esteban fait des crises, n’a aucune patience, toutes ses émotions sont décuplées, tout devient obsessionnel… « On frôle la folie. On ne dort plus que 3 heures par nuit. »
La continuité des soins a été suspendue. Alors même si le SESSAD (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) et les éducateurs prennent des nouvelles par téléphone, ça ne change rien. « On n’a pas de répit en fait. C’est d’un soutien physique dont on a besoin. » Alors le retour à l’école, même deux heures par semaine, ne serait-ce pas un moyen de se reposer ? « Non… Ce serait inconscient de ma part d’envoyer un petit garçon autiste à l’école maternelle. Il ne supportera pas les règles sanitaires. »

Et puis ce retour à l’école n’est peut-être pas une bonne idée. Milivia souligne qu’elle ne pourra pas une fois de plus déstabiliser son fils. « Il n’aura plus de repère. On ne peut pas le mettre à l’école, l’en retirer, puis le remettre en lui demandant de respecter des gestes barrières. » Milivia s’angoisse.
Elle ne préfère pas penser à la suite et décide de vivre au jour le jour. « Mais pour moi, le confinement il va durer jusqu’en septembre» Elle ne sait pas comment son fils va être pris en charge par le SESSAD quand les soins seront de nouveau autorisés… « Ils parlent d’allègement. Mais déjà que c’était léger jusqu’à maintenant, je me demande bien comment ils vont faire. » La maman, à bout de souffle, évoque une grande souffrance psychologique. « Je ne sais pas combien de temps je tiendrai et surtout, si je tiendrai. »

2 heures de répit en 50 jours

A quelques kilomètres de là, à Gergy, toujours en Saône-et-Loire, Véronique est confinée avec son fils de 14 ans, aussi autiste sévère. Inscrit en IME, il ne sait toujours pas quand il pourra y retourner. « Ils attendent qu’on fasse une dépression ? » s’interroge Véronique. Elle aussi arrive au bout de ce qu’elle peut faire et supporter. « On aurait dû avoir des moments de répit ». En 50 jours de confinement, Véronique n’a pu avoir que 2 heures pour souffler, pendant lesquelles son fils a été pris en charge à plusieurs dizaines de kilomètres de chez elle. Entre le trajet aller et le retour, la maman a eu seulement le temps d’aller faire ses courses. « Vous appelez ça du répit vous ? » Pas vraiment non.

Véronique qui s’était arrêtée de travailler pour s’occuper de son fils, avait enfin retrouvé un emploi. Elle avait même plusieurs propositions. « Mais vous comprenez, j’ai dû leur dire que comme je n’avais aucune info pour le 11 mai (pour le retour à l’école), je ne pouvais pas retourner travailler. » Elle s’inquiète aussi des conditions de retour. « Pas tant au niveau sanitaire, parce que je sais que l’IME fera tout son possible pour que les gestes barrières soient respectés. » Même si Véronique doute que Lucas réussisse à garder son masque toute la journée… Mais elle fait surtout face à un problème de transport. « Ils ne pourront peut-être pas prendre tous les enfants en charge ».

« On nous laisse avec les enfants » nous souffle Véronique. « On survit » ajoute Milivia. Leurs enfants tournent en rond, sont de plus en plus violents, ne comprennent plus la situation.
Pour elles, le retour à l’école n’est plus la solution pour apaiser la situation… Parce qu’elles n’ont aucune information. Ou en tout cas, elles ne leur parviennent pas.

« On ne peut pas les faire rentrer dans des cases. C’est évident qu’ils ne sont pas comme tous les autres et qu’on ne pourra pas leur faire respecter toutes les règles. Mais ça fait huit semaines qu’on nous oublie. Comme d’habitude » concluent des parents, en colère, épuisés, désarmés.

Source FR3.

Le fils autiste d’une infirmière libérale privé d’accueil périscolaire à Montpellier…

Une solution a été trouvée avec la Ville, mais l’affaire pourrait ne pas en rester là.

L’école André-Boulloche, à la Paillade, où sont inscrits les deux fils de Mme Vitu. P

Infirmière libérale à Montpellier, à Lemasson, Angélique Vitu ne se doutait pas des difficultés qu’elle rencontrerait pour faire garder un de ses jumeaux âgés de 9 ans et demi, dans le cadre de la crise du Covid-19. En tant que personnel soignant, cette femme de 40 ans avait pourtant inscrit ses enfants afin de pouvoir travailler.

Dès le 17 mars, tous deux ont bien été accueillis quatre matinées par semaine, de 8 h 30 à 12 h, sur le site de l’école Boulloche, à la Paillade. Mais seul l’un des deux – légèrement handicapé et accompagné par son auxiliaire de vie scolaire – a été accepté sur les temps périscolaires, c’est-à-dire, avant 8 h 30 et après 12 h. “Dès le 17 mars au soir, j’ai reçu un coup de fil de la Ville pour me dire qu’ils n’acceptaient pas mon autre fils, autiste, en raison de son handicap plus lourd. Mais je n’ai jamais eu de mot écrit !”

“Je suis seule sur ma tournée qui représente 60 passages par jour”

Cette situation a posé de graves problèmes à cette infirmière qui débute ses tournées dès 8 heures et ne les achève parfois qu’à 13 h 30. “Ils m’ont même suggéré de soigner les gens en gardant mon enfant, s’indigne-telle. C’est évidemment impossible. Je suis seule sur ma tournée qui représente 60 passages par jour en moyenne. Depuis la mi-mars, beaucoup de patients ne voient plus leur famille et certains sont Covid. Il y a encore plus de choses à faire auprès d’eux. En plus, mon mari doit aussi travailler.”

C’est le mercredi que la situation est la plus difficile. Ce jour-là, l’école fait centre de loisirs, mais ses enfants ne peuvent être récupérés qu’à 13 h 45. Au retour des vacances scolaires, où elle a bénéficié de cinq jours de répit grâce au Sessad, qui a gardé ses enfants handicapés à son domicile, un clash est intervenu le mercredi 22 avril à l’entrée de l’école Boulloche.

“J’ai été victime de discrimination”

“La Ville n’a voulu accueillir qu’un seul de mes fils, déplore l’infirmière. J’étais très stressée car mes patients m’appelaient dans le même temps pour savoir quand je viendrais et je devais décaler mes tournées. J’en ai même pleuré. À 11 h, ils ont finalement accepté de prendre mon fils, après intervention de M. Thomas.”

“C’était une situation complexe, reconnaît Christian Fina, directeur général des services de la Ville. Cet enfant demande un accompagnement spécifique et il nous a fallu du temps pour trouver une personne apte à s’en occuper.” “J’ai été victime de discrimination”, résume Angélique Vitu, déterminée à aller jusqu’au bout pour obtenir réparation. Elle avait déjà fait intervenir Autisme info service pour faire remonter son dossier jusqu’au bureau du Premier ministre.

“J’ai saisi le Défenseur des droits”

C’est grâce à Laurent Thomas, délégué général de la Fédération nationale “Grandir Ensemble”, placée sous l’égide du Secrétariat d’État aux personnes handicapées, que le fils autiste de Mme Vitu a finalement été accueilli.

“J’ai pris l’initiative de dépêcher deux intervenants sur le site pour venir renforcer votre équipe sur l’accueil de loisirs pour assurer l’accueil de cet enfant”, explique-t-il dans un mail adressé à la Ville récapitulant l’affaire, dont copie a été adressée au conseiller de Sophie Cluzel, Secrétaire d’État aux personnes handicapées.

“Il n’est pas acceptable que des personnels soignants, luttant sans relâche contre cette pandémie, qui plus est eux-mêmes parents d’enfants en situation de handicap, soient soumis à de telles incertitudes quant aux solutions d’accueil de leur enfant et soumis à une pression que nous avons le devoir de leur épargner.”

“Compte tenu du caractère potentiellement discriminatoire de cette situation, je vous informe avoir saisi le Défenseur des droits sur cette situation, qui jugera des suites à donner”, conclut Laurent Thomas. La Ville, en la personne de Delphine Duplessis, chef de service “Action scolaire et animation”, avait immédiatement appelé Mme Vitu “pour lui confirmer l’accueil de son fils” par un animateur, dès le lendemain, avant et après le temps scolaire. Des “modalités d’intervention” ont aussi été envisagées avec l’association Halte pouce, pour l’accueil du mercredi.

Source MIDI LIBRE.