Luka, élève sourd, peut finalement garder son accompagnante à l’école…

Il pourra finalement garder son accompagnante à l’école, qui lui traduit la classe en langage des signes : le petit Luka, élève malentendant à Saint-Etienne-du-Rouvray, obtient une dérogation aux nouvelles règles administratives.

Luka peut finalement récupérer son AESH grâce à une dérogation exceptionnelle

Le petit Luka, élève en grande section à Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen, va finalement pouvoir continuer une scolarité normale. Le petit garçon malentendant ne pouvait plus garder son accompagnante en classe suite à de nouvelles règles administratives : les services de l’Education Nationale ont finalement trouvé une solution.

Dérogation exceptionnelle

L’AESH, la personne qui s’occupait jusque là de signer et traduire les mots et les comportements des autres, va bénéficier d’une dérogation pour continuer à être avec Luka. Théoriquement,  de nouvelles règles administratives l’en empêchent : depuis cette rentrée 2020, les AESH sont rattachées soit au premier degré (maternelle et primaire), soit au second degré (collège et lycée). Celle de Luka accompagnant toujours un lycéen, la famille avait appris à la veille de la rentrée qu’elle ne pourrait plus s’occuper du petit garçon en grande section.

“Nous avons trouvé une solution dérogatoire, explique l’inspecteur d’académie. Elle a une compétence spécifique de langage des signes qui n’a pas pu être trouvée chez d’autres AESH dans le secteur. Depuis lundi, les services de l’Education Nationale ont donc planché pour trouver un moyen juridique de déroger aux nouvelles règles : “c’est très exceptionnel, précise l’inspecteur. _L’AESH de Luka va garder un contrat de travail sur le second degré mais avec un ordre de mission spécifique pour lui permettre d’intervenir en maternelle_.

D’ici quelques jours, Luka va donc retrouver son accompagnante pendant 12 heures par semaines, comme c’était déjà le cas depuis deux ans.

Source FRANCE BLEU.

Rentrée scolaire : à la cantine, sans masques, comment la pause déjeuner va-t-elle se dérouler ?…

Il faudra porter un masque toute la journée, dès l’âge de 11 ans.

C’est la règle dans les établissements scolaires pour cette rentrée 2020.

Mais comment faire au moment des repas à la cantine ?

Concilier l'obligation du port du masque toute la journée et les repas à cantine, c'est l'exercice délicat de la rentrée 2020 dans les établissements scolaires.

Dans le Doubs,

C’est la rentrée scolaire et vous êtes inquiets en cette période de crise sanitaire ? Rassurez-vous… vous n’êtes pas les seuls parents dans ce cas ….!

“On a eu beaucoup d’appels de familles, qui demandaient comment ça allait se passer. Les parents d’élèves vont recevoir un courrier de ma part pour les rassurer”

Ludovic Fagaut, principal du collège Georges Pompidou de Pouilley-les-Vignes (Doubs)

“Il y a un réel besoin de retourner à l’école, surtout pour les plus vulnérables, qui ont pu décrocher pendant le confinement. La particularité, c’est d’avoir à porter le masque de 8h00 à midi et de 14h00 à 17h00, ça ne va pas être un exercice simple pour tout le monde !”, précise encore Ludovic Fagaut.

L’établissement de Pouilley-les-Vignes compte 560 élèves. Quasiment tous sont demi-pensionnaires. Ce qui pourrait donner lieu à l’exercice de maths suivant  : comment faire déjeuner dans de bonnes conditions autant de monde dans une salle de 200 places, en un peu moins de 2 heures, en respectant les distances entre élèves ? Et le tout sans masques sur le visage  ?

“L’élève de 4ème A allait manger avec son copain de 3ème B, ou de 5ème C. Aujourd’hui, afin de limiter le brassage des élèves, chaque classe aura sa table, qui sera désinfectée avant l’arrivée de la classe suivante”, complète Ludovic Fagaut. Cette organisation  permettra aussi la traçabilité en cas de contamination :  “si un élève nous appelle en précisant qu’il a de la fièvre, on peut se recentrer sur sa seule classe, en mettant en place le protocole coronavirus.”

Avec cette organisation, le principal du collège estime que la période des repas ne devrait pas poser de problème.

“Nous accueillerons tous les élèves”Au collège Victor Hugo de Besançon, le problème est d’une toute autre dimension. L’objectif est clair : “nous accueillerons tous les élèves, mais il est trop tôt pour vous donner le protocole exact, il faut encore des ajustements”, précise Jean-Jacques Fito, le principal du collège. Il est vrai que l’établissement compte un millier d’élèves, dont 700 à l’heure du repas.

L’an dernier, dans le Doubs, 15 400 élèves, scolarisés dans les 44 collèges publics du département, prenaient leur repas dans l’établissement. Pour eux, cette rentrée sera marquée par quelques changements à table.
 

“Nous revenons à une restauration plus classique, avec la supression des salades bars, des ustensiles partagés, et la désinfection systématique des locaux et du matériel.”

Pascale Cuq, directrice éducation, sports et culture du conseil départemental du Doubs

Autre tendance : une baisse du nombre d’élèves dans les cantines. “Des parents nous ont fait part de leurs craintes, ils n’inscriront pas leurs enfants, qui rentreront à la maison à midi”, confirme Pascale Cuq. La baisse est encore impossible à estimer, mais elle devrait mécaniquement faciliter la prise des repas pour les autres.

Un climat moins anxiogène qu’au printemps ?

Dans l’académie du Doubs, près de 250 000 élèves, étudiants et apprentis vont reprendre les cours. Comme partout ailleurs en France, le protocole sanitaire publié par le ministère de l’éducation nationale va s’appliquer dans leur établissement.

Les grands principes sont fixés : respect des gestes barrière, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans, hygiène des mains, nettoyage et aération des locaux. Les établissements scolaires doivent limiter, dans la mesure du possible, les regroupements et les croisements importants entre groupes.

Mais ces règles seront-elles faciles à appliquer ? “On préconise la distanciation sociale, toutefois chaque chef d’établissement organise les choses selon la situation des locaux et le nombre d’élèves”, précise Guillaume Rivoire, le responsable de la communication du rectorat de l’académie de Besançon. “Nous les avons tous reçus en séminaire cette semaine. Ils ne nous ont pas fait part d’inquiétudes particulières à l’approche de la rentrée”

Un avis partagé par Ludovic Fagaut, le principal du collège de Pouilley-les-Vignes :

“Je trouve que le climat est moins anxiogène aujourd’hui qu’au mois de mai ou de juin. Au moment du déconfinement, c’était assez particulier d’avoir en face de soi des hommes, des femmes et des enfants masqués.  Aujourd’hui, c’est entré dans notre culture.”

Bien sûr, quand on est enfant ou adolescent, on va aller titiller le masque du copain, baisser le sien pour parler. Du travail supplémentaire et de la pédagogie indispensable pour tous les enseignants. Mais l’essentiel est sans doute ailleurs :

« Cela reste une rentrée particulière, mais je pense que les enfants ont hâte de retrouver l’école, les cours, leurs copains, l’enseignement à distance a atteint ses limites. On est tous prêts, il y aura des ajustements, mais c’est notre métier !”, conclut le principal du collège.

Quant à vous parents d’élèves, inquiets ou pas, le ministère de l’éducation nationale compte sur vous ! Voici un extrait du protocole sanitaire :

“Les parents d’élèves jouent un rôle essentiel. Ils s’engagent à ne pas mettre leurs enfants à l’école, au collège ou au lycée en cas de fièvre (38 °C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant la Covid-19 chez l’élève ou dans sa famille.” 

Source FR3.

“Encore une rentrée sans école pour des enfants en situation de handicap”…

Dans une tribune que publie le JDD, Luc Gateau, le président de l’Unapei, dénonce le fait que de nombreux enfants, en situation de handicap, ne pourront pas faire leur rentrée dans des conditions normales.

Pour de nombreux enfants en situation de handicap, il n'y aura pas de rentrée scolaire cette année.

Mardi, c’est la rentrée scolaires. Mais pour de nombreux enfants, il n’y aura pas de rentrée ni d’école comme l’explique dans une tribune que publie le JDD Luc Gateau, le président de l’Unapei, la première fédération d’associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles. “Faute de moyens, on porte atteinte à l’intérêt supérieur de ces enfants”, dénonce-t-il, rappelant le droit fondamental à l’éducation. Et de souligner la promesse d’Emmanuel Macron selon laquelle “aucun enfant ne soit privé d’école à la rentrée”. Voici sa tribune :

“Encore une rentrée sans école”

Mardi prochain, dans la plupart des familles, les enfants prépareront leurs cartables, leurs parents vérifieront qu’ils ont bien crayons et cahiers et on se pressera pour ne pas risquer d’arriver en retard… Certains partiront grognons de ne plus être en vacances, d’autres iront en courant retrouver leurs copains. Quoi de plus banal qu’une rentrée scolaire?

Sauf que pour de nombreux enfants en France, la rentrée ne se passe pas du tout ainsi. Tout simplement parce que, pour eux, il n’y a pas de rentrée du tout. Comment est-il possible qu’en France des enfants soient privés d’école, en violation manifeste de leurs droits fondamentaux?

“Pourquoi les élèves en situation de handicap devraient-ils se contenter d’une école au rabais?”

“Mon fils sera scolarisé 30 minutes 4 fois par semaine à partir d’octobre” ; “comme il n’y a pas de places pour lui en CE1, on propose à mon fils de passer directement du CP au CE2 alors qu’il ne sait pas encore bien lire ou écrire” ; “je renonce”. Absence totale de scolarisation par manque de place dans les établissements ou unités spécialement conçus pour eux, scolarisation à temps partiel -comme si les apprentissages pouvaient se faire à mi-temps- scolarisation inadaptée due à l’impossibilité pour la communauté éducative d’aménager les programmes éducatifs et les locaux afin d’accueillir ces enfants aux besoins particuliers… les témoignages que l’Unapei recueille encore cette année sur la plateforme marentree.org montrent la variété des situations. Et l’ampleur du scandale!

Le droit à l’éducation est un droit fondamental. Il n’est pas négociable. Il ne devrait jamais avoir à être bricolé. Faute de moyens, on porte atteinte à l’intérêt supérieur de ces enfants. Comment pouvons-nous accepter qu’en France, des milliers d’enfants n’aient pas le droit d’aller à l’école? Qu’on laisse à leurs parents, souvent les mères, la responsabilité de leur faire classe? Ou de devoir gérer les solutions de scolarisation inadaptées qui empêchent non seulement la cohérence des parcours éducatifs et la sérénité des apprentissages pour les enfants mais qui entravent également considérablement la vie de leurs parents et de leurs frères et sœurs?

Aller à l’école pour les apprentissages mais aussi pour y jouer, s’y faire des amis… Pour se construire, s’épanouir, s’émanciper, devenir citoyen. L’importance de l’éducation est capitale. Alors, pourquoi les élèves en situation de handicap en seraient-ils exclus? Pourquoi devraient-ils se contenter d’une école au rabais?

Chaque année, les pouvoirs publics affichent leur ambition… En février dernier, le Président de la République s’est engagé à ce qu’aucun enfant ne soit privé d’école à la rentrée prochaine. Mais l’affichage est le même chaque année et nous sommes fatigués d’entendre de beaux discours.

Fatigués que chaque rentrée scolaire soit synonyme de stress, d’inquiétude et de colère pour les familles. Fatigués qu’elle soit synonyme de rejet et d’injustice pour les enfants. Fatigués aussi parce que la crise sanitaire a induit un épuisement supplémentaire pour tous et que le risque pour ces enfants d’être exclus durablement de la société est réel.

“Il ne suffit pas d’ajouter un adjectif pour faire de l’inclusion une réalité!”

Les intentions sont là. Elles sont bonnes. Il faut désormais que les moyens suivent. La crise sanitaire nous a obligé collectivement à nous adapter, à nous transformer. Pour répondre aux injonctions des protocoles sanitaires, l’école et toute la communauté éducative a procédé à des aménagements. Cela signifie que c’est possible.

Alors à quand une école réellement inclusive? Une école accueillant tous les élèves, et donc aussi ceux en situation de handicap? Une école s’appuyant sur une coopération étroite entre l’ensemble des professionnels qui contribuent au parcours éducatif des élèves? Une école avec des locaux accessibles à tous les types de handicap, avec des espaces de répit et des espaces dédiés aux interventions médico-sociales? Une école avec des programmes scolaires adaptés et avec des modules de formation effectifs pour les enseignants et l’ensemble de la communauté éducative (cantine, ATSEM, intervenants du périscolaire)? Une école avec un grand E répondant aux besoins de tous les élèves et intégrant pleinement les enfants accompagnés par les établissements et services médico-sociaux.

“Nation inclusive”, “relance inclusive”, “école inclusive”… Il ne suffit pas d’ajouter l’adjectif pour faire de l’inclusion une réalité!

Source JDD.

Rentrée scolaire : 6 % d’élèves handicapés en plus à l’école, les associations pas convaincues…

ECOLE « Des milliers d’enfants en situation de handicap restent exclus de l’école », regrettent toutefois les associations.

Rentrée scolaire : 6 % d’élèves handicapés en plus à l’école, les associations pas convaincues

A quelques jours de la rentrée scolaire, des annonces sur le handicap. Les écoles accueilleront la semaine prochaine 385.000 élèves en situation de handicap, soit 6 % de plus que l’an dernier, s’est félicitée jeudi la secrétaire d’Etat chargée du dossier Sophie Cluzel, soulignant également le recrutement de 4.000 accompagnants supplémentaires.

Avec ces embauches, « ce sont plus de 100.000 accompagnants » d’enfants en situation de handicap (AESH) « qui seront aux côtés des élèves », a observé à l’antenne de Sud Radio Mme Cluzel, vantant un « effort considérable ».

350 nouvelles classes spécialisées au sein d’écoles ordinaire

Sur ces 385.000 élèves, 104.500 seront accueillis dans des Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis), c’est-à-dire des classes spécialisées, créées au sein des écoles ordinaires. Cette année, 350 nouvelles Ulis sont créées (dont 205 en collèges), soit une augmentation de près de 4 %.

Les services de Mme Cluzel mettent par ailleurs en avant les efforts réalisés cette année pour scolariser les enfants atteints d’un trouble autistique : plus de 1.800 élèves autistes sont désormais « scolarisés dans des dispositifs dédiés », soit +45 % par rapport à la rentrée 2019. A l’école primaire, les effectifs ont doublé.

Les familles et les associations pas totalement convaincues

Comme chaque année, ces efforts ne convainquent pas totalement les familles et les associations : l’Unapei, fédération qui regroupe les associations de personnes handicapées mentales et leurs familles, a ainsi tiré la sonnette d’alarme mardi, affirmant que « des milliers d’enfants en situation de handicap restent exclus de l’école » en cette rentrée 2020.

L’association dénonce notamment des prises en charge inadaptées aux besoins des élèves, ou seulement à temps partiel, voire des cas où les familles ne se voient proposer aucune scolarisation. Interrogée sur ce point, Sophie Cluzel a suggéré aux familles « en attente d’une solution » de composer le numéro vert mis en place à leur attention, le 0805.805.110 (ou le 0800.730.123, accessible aux personnes malentendantes).

Source 20 MINUTES.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »…

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »

En France, les AESH assurent des missions d’aide aux élèves en situation de handicap. Bordelais, Sébastien Cazaubon veut alerter sur les difficultés et la précarité de ce métier.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »

Son combat sera long, compliqué. Sébastien Cazaubon, 39 ans, le sait. Mais il ne lâchera pas l’affaire, quitte à récolter les mauvais points auprès de sa hiérarchie. Originaire de Bordeaux (Gironde), l’homme a un objectif très clair: se battre pour que son métier, AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) soit revalorisé, (enfin) connu et reconnu à sa juste valeur.

En France, ils sont environ 100 000 AESH. Leur vocation: favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap (moteur, troubles « dys »…) sans se substituer à l’enseignant.

“On est vraiment un outil dans la trousse des élèves suivis. On est vraiment les acteurs de l’inclusion scolaire », dit-il, au téléphone.

Sébastien Cazaubon est AESH depuis janvier 2019.

Au départ, Sébastien n’était pas vraiment dans ce domaine. Lui a bossé une dizaine d’années dans la restauration, débutant à la plonge pour terminer comme cuistot. Il y a sept ans, ce célibataire, sans enfant, tombe gravement malade. On lui détecte un lymphome (un cancer du système immunitaire). Résultat : chimio pendant six mois et une nouvelle « façon de voir la vie. »

“Je me suis retrouvé dans un situation où je ne savais plus quoi faire. Je n’étais plus le même. Mon organisme avait pris un sacré coup. »

Avec Pôle Emploi, cet habitant des Landes tombe sur un diplôme d’État intitulé « Accompagnant éducatif et social ». Ça le botte. La formation dure un an avec plusieurs stages à effectuer dans l’univers du médico-sociale. Une fois son diplôme en poche, il postule, guère confiant, pour un poste d’AESH dans un collège, situé à Mont-de-Marsan.

“Je n’avais pas fait de stage dans le domaine de l’inclusion scolaire. Je voulais bien essayer. Finalement, je suis tombé amoureux de ce métier, moi qui a eu un parcours scolaire très compliqué avec de très mauvais souvenirs. »

« Psychologiquement, c’est dur »

Il démarre son job en janvier 2019 en accompagnant deux collégiens. Sébastien découvre les joies de ce métier. Comme la possibilité de les voir progresser au fil des mois, au fil d’une relation de confiance qui se tisse progressivement.

Bon attention, tout n’est pas tout rose, non plus. Loin de là. Les difficultés, importantes, sont quotidiennes :

“Psychologiquement, c’est dur. Il faut aussi être d’une concentration extrême. Les élèves sont très imprévisibles: on peut passer des journées très calmes comme des journées très très compliquées avec des crises. »

Et puis il faut parler des déconvenues, des « incohérences », des « injustices ». Celles que l’on n’étudie pas en formation, que l’on découvre sur le terrain. Comme le statut des AESH. « Du grand n’importe quoi », résume Sébastien, direct comme un uppercut.

“Aujourd’hui, nous avons un contrat de trois ans renouvelable une fois, avant d’être (ou non) en CDI. On a aucune sécurité de l’emploi. On est agent contractuel et non fonctionnaire. On ne peut rien prévoir, faire aucun projet. Par exemple, l’an dernier, j’ai dû changer de voiture et ça a été la croix et la bannière pour obtenir un crédit. »

Obligé de cumuler trois emplois pour s’en sortir

Sur le plan financier, le salaire est dérisoire. C’est bien simple, l’an passé, l’homme touchait 780 euros par mois pour 25 heures de travail hebdomadaire. Pour la nouvelle année scolaire, il ne connait toujours pas le nombre d’heures qu’il va effectuer. Ni le nombre d’enfants suivis. Il devrait probablement le découvrir « lors de la pré-rentrée. »

“Vous savez, j’ai déjà eu cinq ou six avenants sur mon contrat initial depuis janvier 2019. Je ne suis pas à l’abri de faire moins d’heures. »

Aujourd’hui, Sébastien Cazaubon doit cumuler trois emplois pour arriver à se tirer difficilement 1 100 euros à la fin du mois « avec un nombre d’heures pas possible. » Il s’occupe, en parallèle, d’enfants autistes. D’autres AESH changent carrément de métier, s’effondrent et tombent en dépression.

« Le ministère de l’Éducation nationale doit envoyer un message fort »

L’homme n’élude rien et entame ce combat pour la reconnaissance de cette profession. Contre « sa précarisation. » Il s’interroge :

“”Comment voulez-vous qu’on accompagne un élève en situation de handicap, alors que les AESH sont eux-mêmes en situation de vulnérabilité », s’interroge-t-il.

Pour lui,

“Le ministère de l’Éducation nationale doit envoyer un message fort avec une revalorisation de nos salaires. De nos jours, il est impensable de voir que le salaire moyen d’un AESH se situe entre 600 et 800 euros. Nous souhaitons des temps plein. En France, seulement 1% des AESH en CDD sont en temps plein et 4% en CDI (1). Au final, nous sommes les grands oubliés de l’Éducation nationale, les « fantômes » du ministère, tellement que nous sommes invisibles. »”

Source ACTU BORDEAUX.

Collèges, lycées: le gouvernement prépare plusieurs scénarios pour la rentrée…en cas de circulation active du Covid-19 !

Si le gouvernement envisage une rentrée en présentiel, deux scénarios sont prévus en cas de circulation active du Covid-19.

Collèges, lycées: le gouvernement prépare plusieurs scénarios pour la rentrée

La rentrée approche doucement, et les établissements scolaires organisent petit à petit la reprise des cours face à une éventuelle deuxième vague de Covid-19. Dans une circulaire adressée aux directeurs des collèges et lycées ainsi qu’aux enseignants, le ministère de l’Éducation nationale indique avoir réfléchi à divers scénarios en fonction de l’évolution de la situation sanitaire d’ici la fin de l’été.

Une rentrée en présentiel privilégiée

Selon le gouvernement, «rien ne peut remplacer l’action pédagogique d’un enseignant dans sa classe, en présentiel, avec ses élèves». Si la situation évolue dans le bon sens, les élèves devraient alors en avoir fini avec l’enseignement virtuel. «Le scénario nominal de la prochaine rentrée est donc bien celui d’un enseignement en présentiel pour tous les élèves, à tous les niveaux et sur l’ensemble du temps scolaire», précise le ministère.

Ainsi, dès le 1er septembre, «l’obligation scolaire s’appliquera pleinement. La présence des élèves en classe, à l’école, au collège et au lycée, est impérative et n’est pas laissée à la libre appréciation des parents». Tous les établissements scolaires assureront la continuité des apprentissages, «dans tous les cas de figure».

Toutefois, le gouvernement reste lucide et se prépare à modifier certaines modalités à l’échelle nationale ou locale, «dans l’hypothèse d’une circulation active du virus sur tout ou partie du territoire à la rentrée scolaire 2020».

Deux scénarios en cas de circulation active du virus

Deux hypothèses sont donc envisagées. La première concerne une éventuelle «circulation active du virus». Dans ce cas-là, les établissements ne fermeront pas. Ils devront cependant suivre «un protocole sanitaire réduisant la capacité d’accueil». Tous les élèves auront accès à des cours obligatoires en présentiel chaque semaine, «même si cette période de cours peut ne pas forcément correspondre à l’ensemble du temps scolaire».

Le deuxième scénario serait appliqué en cas de «circulation très active du virus». Sur une zone géographique déterminée, les établissements scolaires pourront alors être fermés à nouveau. L’intégralité de l’enseignement sera donc assurée à distance. Pour éviter le décrochage scolaire, le ministère demandera de maintenir les liens entre les professeurs et les élèves, en appelant ou contactant ces derniers au moins une fois par semaine sur l’avancement de l’apprentissage. L’aide des parents sera également demandée pour suivre le travail des élèves.

Mais pour l’heure, ces deux scénarios ne font l’objet que d’une évocation. Aujourd’hui, il est prévu que la rentrée de septembre se réalise dans des conditions les plus normales possible, à l’école, dans les collèges et les lycées, tout en respectant les gestes barrière.

Source LE FIGARO.

Coronavirus. À quoi va ressembler la rentrée scolaire ? La circulaire officielle…

La rentrée des classes approche à grand pas. Et le président du Conseil scientifique prévient : ce « ne sera pas comme une rentrée scolaire habituelle ».

Entre port du masque et distanciation physique, comme va se dérouler la rentrée pour les élèves, de la maternelle à la fac ?

Ouest-France vous répond.

La rentrée des classes aura lieu le 1er septembre. Mais quel est le protocole sanitaire mis en place pour accueillir tous les élèves dans de bonnes conditions ?

À moins d’un mois de la rentrée scolaire, de nombreuses questions se posent encore. Le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a publié le protocole sanitaire relatif au fonctionnement des écoles et établissement scolaires dans le contexte Covid-19 à compter de la rentrée scolaire.

Certains s’inquiètent qu’une possible reprise de l’épidémie ne vienne tout remettre en cause. Quel est le protocole sanitaire envisagé pour le moment pour la reprise des classes ?

L’année scolaire 2019-2020 a été particulièrement perturbée. La reprise des cours progressive en présentiel le 22 juin avait d’ailleurs suscité de nombreuses interrogations auprès de nos lecteurs.

Quant à la rentrée des classes 2020-2021, le 1er septembre, Emmanuel Macron avait déclaré, lors de son allocution du 14 Juillet : « Nous nous sommes mis en situation d’avoir une rentrée des classes quasi-normales. »

Pour ce faire, et pour permettre une reprise scolaire en toute sécurité, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a saisi le Haut conseil de la santé publique afin de proposer des recommandations de préventions sanitaires, pour préparer la rentrée.

Si certaines mesures restent similaires à celles du 22 juin, quelques changements sont à retenir. Comme l’a exprimé Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, à France Inter, « ce sera une rentrée scolaire avec moins de mesures de distanciations qu’avait été la reprise et la réouverture des écoles à partir de la mi-mai ».

Comme l’indique le protocole sanitaire, « dans les espaces clos […] la distanciation physique n’est plus obligatoire lorsqu’elle n’est pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves ». Et elle ne s’applique pas dans les espaces extérieurs.

« La limitation du brassage n’est plus obligatoire »

En ce qui concerne le port du masque, il est obligatoire pour les personnels, dans les situations où la distanciation d’au moins un mètre ne peut être garantie. Cependant, pour les professeurs des écoles, il n’est pas obligatoire à l’école maternelle. Et pour les élèves, le port du masque est seulement obligatoire pour les plus de 11 ans, « lorsqu’une distanciation d’un mètre ne peut être garantie en lieu clos comme en extérieur ».

Ce qui change aussi à la rentrée : la limitation du brassage entre classes et groupes d’élèves n’est plus obligatoire. « En fonction de leur taille, les écoles et établissements scolaires organisent le déroulement de la journée et des activités scolaires pour limiter, dans la mesure du possible, les regroupements et les croisements importants. »

Enfin, l’accès aux jeux et espaces collectifs est de nouveau autorisé, tout comme la mise à disposition d’objets partagés au sein d’une classe ou d’un groupe. Bien sûr, les gestes barrières sont les mêmes qu’auparavant et doivent être appliqués en permanence, « partout, et par tout le monde ». Et le Haut conseil de la santé publique recommande, tout comme en juin, une aération pendant 10 à 15 min des établissements, au moins deux fois par jour.

Plusieurs plans prévus en cas de reprise de l’épidémie

Néanmoins, ces mesures ont été recommandées « compte tenu de l’évolution positive de la situation sanitaire au 7 juillet 2020 ».

En cas de reprise de l’épidémie, plusieurs plans sont prévus. La circulaire du ministère de l’Éducation nationale indique que « dans l’hypothèse où la situation sanitaire exigerait des mesures plus strictes, du fait d’une circulation active du virus tout ou partie du territoire national, un plan de continuité pédagogique sera mis en place pour assurer l’enseignement à distance ». Tout comme la plupart des universités, qui ont décidé de faire une partie de leur cours en télétravail.

Inquiet face à une possible reprise de l’épidémie de Covid-19, Hervé Morin, président de la région Normandie, a lancé un appel sur RTL au gouvernement et au ministère de l’Éducation nationale pour que les écoles, les collèges, les lycées et les établissements supérieurs reçoivent dès à présent des consignes claires pour la rentrée : « Il faut que le gouvernement nous indique si nous travaillons dans une hypothèse d’avant Covid ou d’adapter la scolarisation. »

La circulaire officielle du gouvernement, cliquez ici.

Source OUEST FRANCE.

« Mon parcours handicap », une plateforme dédiée aux personnes handicapées et à leurs proches…

Développée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et la Caisse des Dépôts, la plateforme d’information, d’orientation et de services pour les personnes handicapées et leurs proches « monparcourshandicap.gouv.fr », a été lancée le 6 mai dernier.

« Mon parcours handicap », une plateforme dédiée aux personnes handicapées et à leurs proches

D’après la CNSA, le site a pour objectif d’offrir « une information généraliste, officielle, fiable, facilement compréhensible et accessible sur l’ensemble du parcours des personnes en situation de handicap ».

Plus précisément, l’ambition du dispositif est de couvrir l’ensemble des étapes du parcours de vie de la personne en situation de handicap (l’annonce du handicap, la parentalité, la scolarité et les études supérieures, l’emploi et la formation, la santé, la vie sociale et culturelle, le logement, les transports, l’avancée en âge, la retraite, etc.), et de permettre aux personnes concernées de gérer leur parcours et leurs démarches en ligne.

Pour l’heure, seule la première rubrique consacrée à l’emploi et à la formation a été mise en ligne. Intitulée « Informations et orientation », elle se compose des 4 sous-rubriques suivantes :

  • Droits, aides et démarches : fonctionnement des MDPH, traitement des dossiers ; aides financières – AAH, AEEH, PCH, MVA, pension d’invalidité ; aides à l’emploi – RQTH, OETH, etc. ; aides aux transports – cartes mobilité inclusion « invalidité », « priorité », « stationnement »
  • Formation professionnelle : tout savoir sur la formation professionnelle ; me former en alternance ; me former pour chercher un emploi ; être en emploi et me former ; me former pour conserver mon emploi ; me former pour créer mon emploi
  • Formation en alternance : alternance et handicap ; tout savoir sur le contrat d’apprentissage ; tout savoir sur le contrat de professionnalisation ; trouver et intégrer une entreprise et un organisme de formation en alternance
  • Emploi et vie professionnelle : trouver ma voie ; travailler avec mon handicap ; conserver mon emploi ; me former ou me reconvertir

D’ici à 2022, le site s’étoffera progressivement de nouvelles rubriques.

Par ailleurs, l’information généraliste délivrée par la plateforme « Mon parcours handicap » sera complétée par une information de proximité (annuaires, événements locaux, etc.), mais également par certains services (accès à MonCompteFormation, etc.).

À terme, le site proposera un espace personnalisé et sécurisé.

Source PREVISSIMA

 

Rentrée scolaire : les parents d’enfants en situation de handicap appelés à témoigner…

Chaque année, la rentrée scolaire est un parcours du combattant pour les parents d’enfants en situation de handicap.

En 2020, l’Unapei relance son opération #jaipasecole et appelle à témoigner sur le nouveau site www.marentree.org.

Rentrée scolaire : les parents d’enfants en situation de handicap appelés à témoigner...

Cette année plus qu’une autre, suite à la crise sanitaire liée au coronavirus, la rentrée ne sera pas la même pour tous les enfants, en France. Et d’autant plus pour les enfants en situation de handicap. C’est pour agir dans ce sens que l’UNAPEI a relancé l’opération #jaipasecole. Son but : révéler les difficultés rencontrées par les enfants en situation de handicap à chaque TEXTE DU LIEN rentrée scolaire.

L’organisme associatif encourage les parents d’enfants en situation de handicap qui ne peuvent pas aller à l’école à venir déposer leur témoignage sur le site www.marentree.org.

Un confinement imposé depuis des années

« Alors que la crise sanitaire et le confinement ont aggravé les conditions de vie des enfants en situation de handicap et de leurs aidants familiaux engendrant fatigue, isolement, lassitude… leur parcours du combattant perdure », commente les responsables de l’opération à l’UNAPEI.

En effet, pour de nombreux élèves, pas d’école. Pourquoi ? Il n’y a pas de solution de scolarisation adaptée à leurs besoins et à leurs attentes pour la rentrée 2020/2021. Ainsi, la situation de confinement se prolonge. Et en fait, cet isolement imposé, ils le vivent au quotidien depuis des années…

Aussi, l’Unapei et ses partenaires sont dans l’obligation, comme l’année dernière, de reprendre la mobilisation citoyenne #jaipasecole, avec une ambition claire : révéler les situations réelles des familles et dénoncer la non-effectivité du droit à l’éducation”.

Le site internet www.marentree.org a été mis en ligne courant juillet, afin que les parents, les enfants et le personnel éducatif concerné puissent faire connaître leurs difficultés de parcours scolaires à travers leurs récits.

Rappeler à Emmanuel Macron ses engagements

Autre objectif : interpeller les pouvoirs publics suite à l’engagement pris par Emmanuel Macron. L’éducation est un droit pour tous les élèves officialisé par les textes législatifs. L’association cite notamment la Convention internationale relative aux droits de l’enfant : « art-28. Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation ».

L’UNAPEI prend aussi pour référence la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui réaffirme le principe de la priorité de la scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, et la nécessité d’un parcours scolaire continu et adapté.

n février 2020, lors de la Conférence nationale du handicap, Emmanuel Macron s’est engagé à ce qu’aucun enfant en situation de handicap ne soit privé d’école à la rentrée

2020-2021, en s’appuyant principalement sur le service public de l’École inclusive qui a débuté en 2019. Cette réforme a pour finalité d’assurer une scolarisation de qualité à tous les enfants, de la maternelle au lycée, en prenant en compte leurs particularités et leurs besoins éducatifs.

L’UNAPEI a peur pour de nombreux enfants en situation de handicap. Comme de nombreux enfants français, ils subiront le retard en matière d’éducation inclusive. Mais à cela s’ajoutera l’absence de place à l’école ordinaire ou dans une école spécialisée, accueil par défaut dans une structure qui ne convient pas ou plus, scolarisation partielle, inadaptée à leurs besoins ou inexistante…

Une mobilisation obligatoire

C’est pour contrer toutes ces possibilités que l’association reprend du service. « C’est à contrecœur que notre mobilisation citoyenne est – cette année encore – relancée », commente Luc Gateau, président de l’Unapei.

« Nous devons remettre à la disposition des familles, la plateforme marentree.org pour qu’elles puissent s’exprimer publiquement et révéler leur situation individuelle… en espérant que cette seconde édition soit la dernière », termine Luc Gâteau.

Vous êtes parent d’un enfant en situation de handicap et vous appréhendez qu’il se retrouve sans école à la rentrée ? N’hésitez pas à témoigner via www.marentree.org

Source PARENTS.

Guingamp. Une maman au tribunal pour avoir mis une claque au jeune qui harcelait son fils…

Pendant de longs mois, son fils a été harcelé dans un collège, près de Guingamp.

Une maman était poursuivie pour avoir porté une claque au visage du harceleur de son fils.

Guingamp. Une maman au tribunal pour avoir mis une claque au jeune qui harcelait son fils

« Personnellement je ne comprends pas ! Je ne comprends pas pourquoi ce dossier a été renvoyé devant le tribunal correctionnel », a déclaré le procureur à l’issue de l’instruction d’une affaire impliquant une maman de trois enfants prise dans les affres de la justice pour avoir donné une claque à un adolescent qui l’avait menacée physiquement, insultée et craché dessus.

« Évidemment il y a eu une claque, c’est vrai, c’est un acte de violence, mais le contenu de la procédure me fait penser à des circonstances exonératoires. C’était au minimum suite à des provocations, la claque pourrait être même considérée comme un acte de légitime défense devant l’attitude de ce jeune ado qui était un grand jeune ado agressif, intimidant et qui pouvait provoquer chez madame ce réflexe de peur. Cette claque si on la remet dans le contexte, est une claque réflexe dans une attitude de protection », considère le procureur… « Je ne comprends pas ces poursuites, je ne les soutiens pas, Je demande au tribunal d’entrer en voie de relaxe de condamnation », s’insurge le procureur.

La prévenue, une mère de famille de 42 ans résidant dans une commune située au nord de Guingamp, a répondu à la convocation du parquet en se présentant à la barre du tribunal correctionnel de Guingamp vendredi 17 juillet.

Violence sur mineur

Elle était accusée de violence sur mineur de 15 ans sans incapacité.

Les faits se sont déroulés le 5 octobre 2018 à la sortie d’un collège de Pontrieux. Les parents de la « victime » étaient absents à l’audience ainsi que leur fils.

Ils ont préféré s’exprimer par courrier précisant par la même occasion qu’ils ne souhaitaient pas se constituer partie civile. Leur dépôt de plainte visait uniquement à stopper toute velléité de la part de la prévenue à l’égard de leur fils, âgé de 14 ans au moment des faits.

« Nous espérons que le passage de madame devant votre tribunal lui fera prendre conscience de la gravité de ses agissements », déclarent-ils.

« Il y a un certificat médical qui ne fait mention d’aucune blessure ni d’ITT, simplement un état d’appréhension dû à la situation », précise le juge.

Il poursuit : « On vous reproche d’avoir mis une gifle à un élève à la sortie d’un cours. Vous aviez appris par votre fils qu’il était victime dans le collège de violence et de harcèlement. Vous avez pris parti de retrouver celui qui pouvait être l’auteur des faits », détaille le juge.

« Il s’approche de vous en vous disant qu’est-ce que j’ai fait ? Il dit que vous l’auriez insulté et que vous lui aviez reproché de menacer de mort votre fils. Ensuite il indique avoir tenté de quitter les lieux mais que vous l’avez suivi. Vous vous êtes placé devant lui en mettant votre tête contre la sienne en l’insultant et en le menaçant de lui casser la figure », poursuit le juge.

L’adolescent crache sur la maman

« Comme vous le bloquez contre des barrières et qu’il était complètement paniqué, il a reculé la tête le plus loin possible et à ce moment-là il admet vous avoir craché dessus pour vous faire reculer. Il a tenté de partir et vous l’avez attrapé par le bras droit, vous lui avez mis une grosse claque sur la joue et ensuite vous le poussez en direction du collège pour aller voir le directeur », détaille le juge.

« Vous aviez peut-être des raisons de vous énerver vis-à-vis de cet auteur ? Mais comment saviez-vous qu’il s’agissait de cet élève ? », demande le juge à la prévenue.

« Parce que cela fait deux ans et demi que mon fils recevait des coups de fil de menaces dans la violence, la haine, la méchanceté, l’humiliation. Il était mis à l’écart, à l’isolement dans la cour, dans la classe, partout dans le collège », explique la mère de famille, visiblement à bout émotionnellement d’une situation qui a pris sa source sur fond de harcèlement scolaire à l’encontre de son fils.

L’adolescent ayant été persécuté durant plus de deux ans par la « victime » à travers des brimades, insultes, menaces…

« Tous les soirs, mon fils me parlait de ce qui lui arrivait dans le collège mais il ne voulait pas porter plainte parce qu’il avait justement des menaces de mort tous les jours dans l’établissement et qu’il avait peur tous les jours de venir à l’école mais il aimait tellement ses profs qu’il voulait rester dans cette école », poursuit-elle.

« Je suis allée voir plusieurs fois le directeur pour me plaindre. Le directeur disait à mon fils que par sa maturité il était capable de s’adapter à ses harceleurs », déplore la maman des sanglots dans la voix.

« L’élève disait à mon fils que s’il quittait l’établissement et qu’il allait dans une autre école les enfants mettraient dix secondes pour le détester et qu’il serait détesté toute sa vie entière. Mon fils avait peur d’être détesté », poursuit-elle.

« Ce n’est pas normal effectivement, on a assez parlé du harcèlement à l’école. Ce garçon était dans sa classe ? », demande le juge.

Des menaces de mort

« Oui il a été dans sa classe. On a pris la décision de le faire quitter l’école après une agression à l’arrêt du car quand ce garçon a mis un briquet sur le visage de mon fils et lui a placé sous la gorge. Il lui a dit en l’allumant que s’il continuait de se plaindre à nous ou au directeur il le tuerait. Sa petite sœur a assisté à la scène, elle nous a prévenus parce que mon fils avait tellement peur qu’il n’osait pas nous en parler. On a pris la décision ce jour-là de le changer définitivement de l’école. C’était en février 2018 ».

Mais le 5 octobre suivant, cette maman ordinaire voulait faire une surprise à sa fille en allant la chercher à l’école. C’est à ce moment-là qu’elle croise l’adolescent qui avait harcelé son fils.

« Je vois le garçon sortir de l’école et au lieu d’aller vers son car il vient vers moi », essaie-t-elle d’expliquer encore sous le choc.

« Il vient vers moi, me regarde avec un regard méprisant, haineux, il sait qui je suis et je sais qui il est. Je n’étais là pour faire de mal à personne, j’étais là pour faire une surprise à ma fille. Il arrive à ma hauteur et là je lui dis arrête de faire ton malin et j’ai peur. J’ai peur. Il vient vers moi. Plus grand, il commence à me crier dessus… « Je t’emm…, c’est quoi ton problème ? » J’ai très peur, je lui dis tu recules, tu ne me parles pas comme ça, j’essaie de me calmer, et lui dis ‘arrête de me tutoyer’… Et là il me regarde en reculant et me dit : « Allez va s… la b… de ton fils »

En pleurs, elle ajoute : « Je ne comprends pas qu’on parle comme ça à une mère de famille. On doit le respect »

« Et là vous l’accrochez », en déduit le juge. « Je lui dis tu as fait assez de mal à ma famille, aux gens, mon fils n’est plus dans l’école alors laisse le tranquille ! Et là il me crache littéralement au visage. Je suis humiliée, je trouve ça écœurant et j’ai ce trait de violence, dans un réflexe de défense. J’ai peur ».

« Comment peut-on être irrespectueux à ce point-là ? »

Après une petite pause, la prévenue poursuit : « J’ai extrêmement peur et j’ai peur que ça parte en « cacahuète » et je me demande ce qu’il est encore capable de faire à ce moment-là ! Je lui dis de descendre la rue et de me rejoindre dans le bureau du CPE. J’ai besoin d’un adulte, de quelqu’un à mes côtés. J’ai l’impression que le monde marche sur la tête. Comment on peut être irrespectueux à ce point-là ? Et là il recommence à faire des gestes en descendant toute la rue en m’insultant… ».

« On comprend bien qu’il y a de fortes circonstances atténuantes. Au niveau de la procédure il y aurait eu d’autres choix à envisager », estime le président du tribunal.

« Ma cliente a porté plainte le lendemain », intervient l’avocate de la défense.

« D’être convoquée aujourd’hui, madame a ressenti une injustice et une incompréhension. Elle dit que oui effectivement il y a eu cette claque qu’elle a tout de suite regrettée », explique l’avocate.

« Il y a le témoignage d’une AVS du collège qui intervient dans la classe du fils de madame. Elle confirme que l’adolescent était bien victime de harcèlement, d’humiliations, de violence, cela a été son quotidien. Ce sont des situations douloureuses pour un jeune qui peuvent amener à une tentative de suicide », ajoute-t-elle.

« Le passage du briquet est extrêmement grave. L’attitude de cet adolescent est extrêmement inquiétante. Si les parents ne prennent pas en considération l’attitude de leur fils et si l’éducation nationale de fait rien non plus il peut se croire intouchable. C’est extrêmement inquiétant pour la suite. Malheureusement, comme dans tous ces dossiers-là, c’est la victime qui finit par changer de collège ! », déplore l’avocate qui approuve et remercie le procureur pour ses réquisitions.

Après examen du dossier, le tribunal a relaxé la maman des faits qui lui étaient reprochés. « Il n’y aura rien sur votre casier judiciaire vous êtes libérée de toute pression par rapport à la justice », conclut le président du tribunal.

Source L’ECHO.