Les accompagnants d’enfants atteints de handicap dénoncent leurs conditions de travail…

Les AESH, accompagnants d’enfants en situation de handicap, se sont rassemblés samedi 17 octobre, dans l’après-midi à Dijon.

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées place de la Libération à Dijon.

Un rassemblement en signe de protestation contre la précarisation grandissante de leur profession, et pour réclamer plus de reconnaissance.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre, place de la Libération, à Dijon. Des accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) se sont réunis pour dénoncer leurs conditions de travail, et réclamer plus de reconnaissance. Ils étaient accompagnés de représentants syndicaux, de professeurs et de parents d’élèves.

Une précarisation grandissante

Tout commence avec une circulaire éditée au mois de juin 2019 par le ministère de l’Education Nationale, dans le but d’une reconnaissance et valorisation du travail des AESH. Une bonne nouvelle, au premier abord, mais qui a dégénéré au fil des mois. La circulaire promettait une reconnaissance sur le temps de travail des AESH, notamment lors des tâches connexes “qui sont autres que l’accompagnement physique de l’élève, à l’école“, selon Françoise Lyon, professeure des écoles et co-secrétaire de la Fédération FSU.

Le souci c’est que cette reconnaissance n’a pas vraiment eu lieu, ici. Nous avons des AESH qui travaillent en moyenne une heure de plus hebdomadaire et par enfant, pour un même salaire” explique Françoise Lion. Les accompagnants sont contraints de cumuler plusieurs emplois pour boucler les fins de mois difficiles. 

C’est le cas Guy Vial. Il a 60 ans, et s’occupe de quatre enfants. Pas le choix, quand un seul ne suffit pas pour boucler les fins de mois.C’est vraiment difficile, parce qu’il faut adapter les emplois du temps des quatre enfants, et ça donne des puzzles impossibles !” confie-t-il. Guy Vial est AESH depuis 8 ans maintenant, et a rejoint cette profession par conviction. “On court toute la journée entre tous les établissements… Et avec quatre enfants, on a moins de temps à leur consacrer individuellement, et impossible de leur accorder le temps qu’ils méritent” conclut-il.

Un travail de fond impossible

Les AESH accompagnent physiquement à l’école les enfants atteints de handicap, mais ils font également du travail individuel avec eux. C’est-à-dire qu’ils revoient les leçons, refont les exercices ensemble pour favoriser l’assimilation des cours. Mais plus on a d’enfants, moins on a de temps à leur consacrer en tête à tête. 

Une inquiétude que les parents d’enfants atteints de handicap partagent. Marc Thiellet est père d’un garçon de 13 ans, atteint d’une maladie génétique rare, une maladie dont il est aussi atteint. En en tant que personne concernée, il s’inquiète des conditions de travail des AESH. “Nos enfants ne sont pas des sous-élèves. Ils ont le droit à l’éducation au même titre que n’importe qui, et si on veut réussir l’intégration de nos enfants, il faut du personnel formé, compétent et surtout considéré !” s’insurge-t-il.

Pour lui, cette considération passe aussi par une rémunération à hauteur de leur travail. Un travail qu’ils font avec les enfants, mais aussi avec les parents.Tous les parents n’ont pas les mêmes capacités pour épauler leurs enfants. Pour ceux qui ont ces capacités, c’est déjà difficile… Mais pour les parents qui ne les ont pas, ils ont forcément besoin d’aide, et si les AESH ne peuvent pas aller au bout des choses, on ne s’en sortira pas” conclut-il.

Au printemps dernier, les représentants syndicaux ont pu rencontrer Fadila Khattabi, députée de la 3e circonscription de la Côte d’Or.Elle nous a reçus, et écoutés” explique Françoise Lyon. Fadila Khattabi a rédigé une question à l’attention du Parlement, pour le moment restée sans réponse.

Source FRANCE BLEU.

Lyon : rencontre avec Cybèle, assistante sexuelle pour handicapés…

Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, s’est déclarée favorable à l’accompagnement de la vie sexuelle des personnes en situation de handicap.

Cybèle est assistante sexuelle à Lyon.

Rencontre.

Willy fait appel aux services de Cybèle depuis plusieurs années. Une relation qui marie confiance, sensualité et sexualité.

Dans son appartement  du 7e arrondissement de Lyon, Willy accueille régulièrement Cybèle. Willy est handicapé moteur, Cybèle est escort girl, cette relation est devenue indispensable à Willy. “Ça m’a redonné confiance en moi et ça m’a permis d’être bien dans ma peau“, nous explique-t-il, alors qu’il se bat contre une dépression.

Et je me suis dit, quand ça va recommencer, quand je vais être mal dans ma peau, quand je vais avoir des frustrations qui vont revenir je vais pouvoir faire appel à une accompagnatrice sexuelle.” Les proches de Willy ont remarqué une amélioration dans son comportement depuis cette relation “Si je suis frustré, je suis mal avec les autres. J’ai pensé plusieurs fois au suicide à cause de ce manque-là.

L’accompagnement de vie sexuelle

À Lyon, Cybèle accompagne plusieurs personnes handicapées dans leur intimité. Son activité est assimilée à de la prostitution et depuis une loi d’avril 2016, ses clients sont passibles du délit de proxénétisme. Elle milite donc pour une reconnaissance du métier d’assistante sexuelle. Elle nous parle de son activité où elle doit apprivoiser des corps en souffrance.

Je peux proposer des actes ou des adaptations, on peut essayer et se rendre compte que ça ne convient pas. Donc, il y a beaucoup d’essais et d’erreurs dans l’accompagnement et ce n’est pas forcément thérapeutique. Effectivement, je ne suis pas thérapeute, je ne suis pas là pour apporter du soin, si la personne y trouve quelque chose de thérapeutique, c’est très possible aussi. Si elle n’y trouve que du plaisir, c’est déjà bien” nous explique-t-elle.

La secrétaire d’Etat favorable

La secrétaire d’État Sophie Cluzel s’est déclarée dimanche “favorable à l’accompagnement de la vie sexuelle” des personnes handicapées par “des assistants“, un “sujet tabou” sur lequel elle a saisi pour avis le Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

Moi, je suis très favorable à ce qu’on puisse accompagner (la) vie intime, affective et sexuelle” des personnes handicapées, a indiqué Mme Cluzel lors du “Grand Rendez-vous” Europe 1/CNews/Les Echos. “Tout l’enjeu de la façon dont je mène ma politique, c’est de remettre les personnes handicapées en pleine citoyenneté, dans le respect et la dignité”, y compris “le droit à une vie intime, affective et sexuelle“, a-t-elle souligné.

Ce sujet est “tabou dans notre société, c’est pour ça que j’ai saisi le Professeur (Jean-François) Delfraissy, président du CCNE“, a expliqué la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées. Mme Cluzel a adressé samedi au Pr Delfraissy un courrier, où elle juge “aujourd’hui indispensable de rouvrir la réflexion éthique en abordant le sujet de l’assistance sexuelle avec une vision renouvelée“, selon des extraits parus dans Le Journal du Dimanche.

Il ne s’agit pas “d’ouvrir un réseau de prostitution, cette question est totalement ridicule, à côté de la plaque. Ces assistants de vie sexuelle existent déjà en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse. Allons voir comment ont été formées ces personnes“, a dit Mme Cluzel sur Europe 1 et CNews.
En 2012“, le CCNE avait “déjà été saisi” sur ce sujet et avait “émis un avis en disant On ne veut pas se prononcer pour l’instant, c’est trop compliqué“, mais depuis “la société a mûri“, a estimé la secrétaire d’Etat.

Les personnes handicapées “nous le redisent haut et fort (…). Elles nous ont dit – Nous souhaitons pouvoir être accompagnées dans notre vie intime et sexuelle-“, a poursuivi Mme Cluzel. “Je ne préconise rien puisque je saisis le Pr Delfraissy”, a-t-elle ajouté. “Il va y avoir des débats citoyens“, ce qui “va nous permettre de prendre en compte les désirs et les attentes des personnes, des associations qui les accompagnent“, “c’est un vrai sujet de société“, a-t-elle considéré.

Quoi qu’il se passe, cela nous fera faire un bond en avant colossal dans la bientraitance des personnes, dans le recueil de leurs désirs, de leurs attentes, dans la façon de les regarder différemment, non plus comme des objets de soins, mais bien comme des sujets de droits“, a relevé Mme Cluzel.

Reportage primé au CIRCOM Regional 2020

Jeudi 8 octobre 2020, l’Association Européenne des Télévisions Régionales a annoncé que ce reportage réalisé avec Cybèle par Sylvie Adam et Benjamin Métral, avait été primé dans la catégorie des reportages d’actualité lors du CIRCOM Régional 2020.
Le jury a notamment remarqué le caractère “surprenant de ce reportage traitant d’un sujet provocant, traité de manière délicate et soignée“.

Source FR3.

Aidants. Coronavirus en Loire-Atlantique : Le département lâche 6 millions d’euros pour des primes exceptionnelles…

AIDANTS Le conseil départemental a décidé de se substituer à l’Etat en versant une prime aux secteurs de l’aide à domicile, du handicap et de la protection de l’enfance.

Coronavirus en Loire-Atlantique : Le département lâche 6 millions d’euros pour des primes exceptionnelles

Ils vont bien toucher une prime exceptionnelle après leur implication pendant la crise du coronavirus. Le conseil départemental de Loire-Atlantique va en effet assurer le versement d’une dotation exceptionnelle d’environ 6,5 millions d’euros aux secteurs de l’aide à domicile, de la protection de l’enfance, du handicap et des personnes âgées, a-t-il confirmé vendredi. Au total, pas moins de 9.600 professionnels de Loire-Atlantique vont percevoir une prime de 1.000 euros, au prorata de leur temps de travail pendant le confinement, selon les critères établis par l’Etat.

Cette prime, annoncée par Emmanuel Macron, devait initialement être versée par l’Etat mais celui-ci s’était ensuite rétracté pour la majorité des établissements. La collectivité départementale a donc décidé d’assumer elle-même cette promesse. Au final, sur les 6,5 millions d’euros qu’elle dépense, environ 900.000 euros seront compensés par l’Etat, assure-t-elle.

« Les professionnels bénéficiaires ont été en première ligne, ont pris des risques. On ne pouvait pas les laisser de côté », justifie Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental, qui fait remarquer que tous les départements n’ont pas souhaité se substituer à l’Etat de la même façon. Le versement de la prime, mis en œuvre avant décembre, sera géré par les employeurs.

Le budget départemental en « alerte rouge »

Cette dépense intervient dans un contexte financier délicat pour le département de Loire-Atlantique, déjà pénalisé par une baisse significative des « droits de mutation » (une partie des frais de notaires versés lors de l’achat d’un bien) en raison de la morosité du marché immobilier.

Surtout, les demandes d’allocation RSA ont augmenté de 10 % depuis février en raison de la suppression de nombreux emplois. Soit une facture supplémentaire prévisionnelle d’environ 30 millions d’euros à la charge de la collectivité. « C’est bien plus que ce qu’on imaginait. Nous n’avons plus de levier pour augmenter nos recettes. On est en alerte rouge », s’inquiète Philippe Grosvalet.

L’incertitude est telle que le conseil départemental a décidé de repousser exceptionnellement à 2021 le vote de son budget.

Source 20 MINUTES.

Handicap. Des premières « Universités d’été de l’inclusion » fin août à Paris…

« En finir avec les lois spécifiques au handicap » sera l’un des thèmes délibérément provocateurs des premières « Universités d’été de la conception universelle et de l’inclusion », organisées à Paris du 24 au 26 août.

Handicap. Des premières « Universités d’été de l’inclusion » fin août à Paris...

« Il faut sortir du entre-soi : les sourds qui parlent aux sourds, les aveugles aux aveugles… Les sujets liés au handicap concernent toute la société », insiste auprès Jérémie Boroy, le président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). Cette instance est à l’initiative des premières « Universités d’été de la conception universelle et de l’inclusion », organisées à Paris du 24 au 26 août.

Il s’agit de « réfléchir aux conditions de l’accès de tous au droit commun sans discrimination ni stigmatisation, et de contribuer à la relance économique de notre pays », sur fond de crise sanitaire liée au Covid-19, détaille le président du CNCPH, qui est rattaché au secrétariat d’État chargé des personnes en situation de handicap.

Plusieurs ministres et secrétaires d’État annoncés

Les organisateurs entendent interpeller les décideurs sur la nouvelle branche « autonomie » de la protection sociale (« vieilles lunes ou réel renversement au bénéfice de tous ? ») et sur la « société inclusive » (« novlangue ou garantie de droits nouveaux ? ») « En finir avec les lois spécifiques au handicap » sera l’un des thèmes délibérément provocateurs. Les débats porteront aussi sur les quotas à la télévision, sur la façon de « rendre le débat public et les campagnes électorales accessibles à tous les citoyens ».

Ils seront tous retransmis en ligne et accessibles à tous grâce à la transcription simultanée (TXT), une interprétation en langue des signes française – langue française (LSF-FR) et un codage en langue française parlée complétée (LfPC).

Le Premier ministre, Jean Castex, se rendra à ces universités de l’inclusion « pour confirmer la mobilisation du gouvernement sur la question du handicap et rencontrer les différents acteurs », a indiqué Matignon.

Parmi les personnalités annoncées figurent plusieurs ministres et secrétaires d’État : Brigitte Bourguignon (Autonomie), Sophie Cluzel (Handicapés), Sarah El Haïry (Jeunesse et engagement) et Adrien Taquet (Enfance et famille).

Source OUEST FRANCE.

Le dijonnais Alain Cocq réclame à l’Elysée le droit de “mourir dans la dignité”…

Au terme de 34 ans de paralysie, Alain Cocq réclame le droit d’en finir.

Il a plaidé sa cause lors d’un rendez-vous téléphonique avec l’Elysée.

L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité le soutient sans réserves.

Alain Cocq en 2008 lors d'un tour de France en fauteuil roulant

Deux heures d’entretien téléphoniques avec la conseillère santé de l’Elysée, et des interviews dans la foulée avec de nombreux médias français. Alain Cocq termine cette journée de mardi épuisé, mais avec le sentiment d’avoir été “écouté et entendu.”

A 57 ans, ce dijonnais paralysé depuis maintenant 34 ans réclame le droit d’en finir.  “Je demande à titre compassionnel l’autorisation pour le corps médical de me prescrire des barbituriques, seul le Président peut me le permettre. La loi n’autorise la sédation profonde qu’a quelques heures de la mort, mais moi je suis en phase finale depuis 34 ans.”

“J’attends une réponse avant le 4 septembre”

“Je laisse à l’Elysée jusqu’au 4 septembre pour me donner une réponse. Si elle est négative ou si c’est toujours le silence, j’arrête de m’alimenter, prévient Alain Cocq. Ma mort prendra alors 2 à 5 jours, et sera alors bien plus compliquée qu’une simple prise de cachet.”

Jean-Luc Roméro, conseiller de Paris et  président de l’ADMD, l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité  a pu suivre lui aussi cette conférence telephonique et soutient pleinement la démarche d’Alain Cocq.

“C’est un homme extrêmement déterminé et dont personne ne peut douter qu’il n’a pas toute sa raison et qu’il ne sait pas ce qu’il dit . C’est important car les adversaires des soins palliatifs   nous disent “les gens sont tellement malades qu’ils disent n’importe quoi”. Avec Alain Cocq on a aucun doute. Ce monsieur a fait le tour de France , et le tour de l’Europe en fauteuil roulant. Il a fait de son combat individuel un combat collectif.”

“Il demande simplement à éteindre la lumière”

“C’est difficile de ne pas entendre ce qu’il vous dit , et il souffre souvent , et des douleurs qu’on ne peut pas le soulager. Il demande simplement a éteindre la lumière. Et je ne vois pas comment aujourd’hui un pouvoir peut rester sourd à une telle demande, d’autant que les lois actuelles ne lui permettent pas de partir dans les conditions qu’il souhaite, de choisir le moment et la manière de mourir.”  

L’ADMD revendique 74 mille adhérents en France.

Source FRANCE BLEU.

Difficile pour lui de vivre dans une cité sensible, à Toulouse un homme handicapé raconte son quotidien dans un livre …

“Sur le chemin de ma vie”. C’est le titre du livre écrit par Christophe Guilloteau, handicapé et habitant du quartier de la gloire à Toulouse.

Il écrit un livre sur son quotidien compliqué dans une cité difficile.

Christophe Guilloteau, en train de lire son propre ouvrage : "sur le chemin de ma vie".

Christophe Guilloteau est épileptique. Il est reconnu comme une personne en situation de handicap. Souvent seul, dans son appartement du quartier de la gloire à Toulouse, il passe son temps devant la télévision. Christophe est fan de Cyril Hanouna, de football et de politique. Des sujets qu’il aborde dans un livre qu’il vient de rédiger. “Sur le chemin de ma vie”, c’est le nom de son recueil. Des mots qu’il a dicté à Dominique Grégoire chaque mercredi soir dans les locaux de l’association du quartier.

“Il est hors de la société. Il ne travaille pas, il n’a pas de famille et donc Christophe se retrouve un peu à part dans ce monde-là. Et c’est ce qui ressort du livre : à la fois cette solitude et cette difficulté à rentrer dans un monde pour lequel il est extérieur.”

Dominique Grégoire, secrétaire de l’association ACCEPPT

Extrait du livre “Sur le chemin de ma vie” de Christophe Guilloteau publié par ACCEPPT en 2019. L’ouvrage complet, de 58 pages, est disponible pour 8 euros (5 euros + 3 euros d’envoi) auprès de : ACCEPPT 5 rue Jean Castilhon 31500 Toulouse.

Les relations familiales

Dans les premières pages de son livre, Christophe aborde ses relations avec sa mère, et avec les membres de sa famille en général. Plusieurs fois il répète qu’il a beaucoup d’affection pour sa famille, notamment pour sa marraine. En revanche, il dresse une relation mère-fils complexe, entre incompréhension et manque de communication. Pour lui, c’est impossible, il ne peut pas faire confiance à sa mère qui l’a “toujours traité d’handicapé” nous raconte-t-il. Dans son essai, il explique à quel point “c’est dur, la vie avec elle“.

“J’ai souffert de foyer en foyer. C’est ma mère qui m’a placé, comme mon frère et ma sœur. Quand je vois ma sœur évoluer, c’est une femme courageuse. Ma mère est dans sa bulle, elle ne voit même plus ses enfants comme une mère devrait voir ses enfants. Elle vit dans sa bulle avec ses deux amants.”

Extrait de “Sur le chemin de la vie” de Christophe Guilloteau

Personne handicapée en France

Le quadragénaire évoque surtout son handicap de manière brute. Il explique qu’il n’est pas juste que tout soit fait à hauteur de personne “normale” comme il dit, en prenant l’exemple des rayons trop hauts dans les supermarchés en France. Au-delà de cela, Christophe traite de la relation entre handicapés et valides, un lien inexistant qui semble l’attrister. “Quand je vois des personnes handicapées, ça me fait mal au coeur de voir qu’elles ne sont pas traitées comme des personnes normales” écrit-il.

“Les personnes qui sont responsables des personnes handicapées savent que nous sommes des êtres normaux. Il faut vivre tous ensemble, handicapés ou non, sinon c’est de la discrimination.”

Extrait de “Sur le chemin de ma vie” de Christophe Guilloteau

L’auteur dénonce une contradiction : “le gouvernement aide les handicapés mais les marginalise“. Pour lui, les aides financières pourraient être augmentées. Et “les personnes handicapées sont trop souvent seules et le contexte ne les aide pas beaucoup“. Christophe pointe également du doigt un traitement particulièrement mauvais des personnes en situation de handicap dans les “cités” comme il dit.

Politique et sociale

Dans ce livre de 58 pages, il est souvent question de politique. Christophe donne son avis sur Emmanuel Macron, sur les gilets jaunes, sur les violences policières, sur les conditions des retraités et même sur l’immigration. Sur cette dernière thématique, l’auteur a un avis tranché et ne mâche pas ses mots. Des mots et une opinion radicale. Christophe déteste notamment le maire de Toulouse, et “le président de la France”.

“Mais Macron préfère mentir aux Français avec ses Grands débats. On dirait que ce n’est pas lui le président, que ce sont ses ministres qui dirigent. Macron n’est pas à la hauteur des Français, c’est pour ça qu’il y a du bordel dans les villes… c’est honteux !”

Extrait de “Sur le chemin de la vie” de Christophe Guilloteau

En vidéo le reportage de Sylvain Duchampt et Eric Foissac :

Ce livre, disponible sur internet et en vente, est surtout le moyen pour Christophe de crier sa marginalité.

Source FR3.

 

Une “conférence nationale du handicap” annoncée 5 mois après la précédente…

Jean Castex craint que les personnes en situation de handicap soient davantage touchées par la crise économique que les autres.

Une "conférence nationale du handicap" annoncée 5 mois après la précédente

POLITIQUE – Une nouvelle conférence pour calmer les inquiétudes? Le Premier ministre Jean Castex a annoncé l’organisation d’une “conférence nationale du handicap” lors de sa déclaration de politique générale ce jeudi 16 juillet au Sénat, sans en préciser la date.

“Nous ne retrouverons pas l’unité sans une attention accrue aux plus vulnérables d’entre nous. Ils ont été davantage touchés par la crise sanitaire” et “ils seront également, avec les jeunes, les plus fortement affectés par la crise économique, à commencer par les personnes en situation de handicap”, a déclaré le nouveau Premier ministre devant les sénateurs.

“Nous réunirons une conférence nationale du handicap consacrée à ces sujets”, a-t-il ajouté sans préciser de date mais alors que la dernière en date s’est tenue à l’Élysée il y a quelques mois, en février.

“Constat “particulièrement préoccupant”

De quoi rassurer les premiers concernés, alors que ces conférences sont normalement organisées tous les trois ans? Le président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), Jérémie Boroy regrettait à l’AFP le 9 juillet dernier “l’absence d’un ministère délégué au handicap” dans le nouveau gouvernement. Il se disait “inquiet d’une relégation” de ce sujet qui concerne au sens large près de 12 millions de personnes.

Pour lui, le “gouvernement a fait des choix politiques et pris des orientations qui donnent un mauvais signal”. Il s’étonnait notamment de l’existence d’un “ministère délégué à la Mer, mais pas aux Personnes handicapées”. “On ne peut pas renoncer à une politique globale concernant le handicap”, estimait-il, rappelant qu’Emmanuel Macron avait justement annoncé le 11 février une série de mesures “pour améliorer la vie des personnes handicapées.”

Dans son dernier rapport publié au début du mois de juillet, le Défenseur des droits avait pour sa part dressé un constat “particulièrement préoccupant” de la France en matière d’accessibilité. Il pointait les “réticences persistantes des pouvoirs publics” à l’appréhender comme une “condition préalable essentielle à la jouissance effective des droits par les personnes handicapées”.

Reste donc désormais à savoir si la dernière salve du remaniement consacrera un secrétariat d’État particulier à ces 12 millions de citoyens. Et le cas échéant, qui portera la nouvelle Conférence du handicap.

Source Huffingtonpost.

Déconfinement, étape 2 : ce que l’on peut faire… ou pas …

La plupart des restrictions sont levées en zone verte ce mardi, mais cela ne signifie pas le retour à la normale.

Les gestes barrière restent de rigueur… et des possibilités de “reconfinement” sont prévues.

Déconfinement, étape 2 : ce que l’on peut faire… ou pas

Nous y sommes ! L’étape 2 du déconfinement débute ce mardi.

«La liberté redevient la règle et l’interdiction constitue l’exception», avait expliqué le Premier ministre, Édouard Philippe. Passage en revue des points les plus marquants.

100 kilomètres

D’abord, nous sommes de nouveau libres de nos mouvements. La restriction des 100 kilomètres autour de son domicile est levée.

Toutefois, les préfets pourront si nécessaire à nouveau les restreindre afin de lutter contre la propagation du virus, à l’échelle des départements voire de manière plus localisée. Pour l’instant, les voyages vers l’Outre-mer sont interdits sauf «motif impérieux d’ordre personnel ou familial».

Cafés et restaurants

En zone verte (soit toute la France, sauf l’Ile-de-France, la Réunion et Mayotte), bars, cafés et restaurants sont autorisés à rouvrir, avec des règles sanitaires strictes : dix personnes maximum par table, un mètre au moins entre chaque groupe, consommation debout interdite dans les bars.

En zone orange, seules les terrasses pourront rouvrir. Le masque est obligatoire pour les serveurs, et pour les clients qui voudront se déplacer au sein du restaurant.

Plages

Outre les cafés, la réouverture de l’ensemble des plages mardi est également attendue avec impatience, de la Manche à la Méditerranée.

Musées et monuments

Les musées et monuments nationaux peuvent rouvrir dès ce 2 juin théoriquement. Mais en pratique, ils vont échelonner leurs réouvertures pendant un mois et demi. Le Louvre, à Paris, par exemple, rouvrira ses portes en juillet seulement.

Collèges, lycées et écoles

Tous les collèges et écoles de France métropolitaine vont rouvrir, ainsi que les lycées des départements classés verts, mais de manière progressive, ce qui fait que tous les élèves ne reprendront pas dès mardi.

Trains

Retour à la normale ou presque pour la SNCF. La restriction d’un siège sur deux saute (dès la mi-juin), tandis que l’offre de trains va retrouver son niveau habituel. Attention toutefois les masques demeurent obligatoires pour les personnes de 11 ans ou plus, et une attestation est toujours nécessaire aux heures de pointe dans les transports (trains, métros, bus) en Ile-de-France.

Ehpad

Les directeurs d’établissements hébergeant des personnes âgées vont pouvoir mettre en place à partir de vendredi «une reprise des visites des proches» quand «la situation sanitaire le permet», avec la possibilité de faire venir des mineurs.

La reprise des visites de proches pourra se faire à «plus de deux personnes à la fois», lorsqu’elle se déroulera à l’extérieur, et à deux personnes maximum dans une chambre.

Ces visites ne se feront plus sous la surveillance d’un membre du personnel de l’établissement.

Mariages

Les mariages pourront à nouveau être célébrés : le décret autorise l’accueil du public pour la «célébration de mariages par un officier d’état-civil».

Voyages

Les frontières de l’espace Schengen restent fermées. Cela signifie que les Français ne peuvent toujours pas voyager hors d’Europe. Édouard Philippe a évoqué une «concertation» en vue d’une décision mi-juin.

Concernant les déplacements en Europe, cela commence à s’ouvrir. Andorre a rouvert sa frontière lundi, l’Italie doit suivre mercredi.

Masques, gel et gestes barrières

Le décret paru lundi qui organise cette phase 2 rappelle que «les mesures d’hygiène» et de «distanciation sociale» doivent «être observées en tout lieu et en toute circonstance».

Le port du masque est obligatoire dans les transports, prescrit pour les collégiens et lycéens lors de leurs transports.

Enfin, le décret plafonne les prix des gels ou solutions hydroalcooliques, ainsi que des masques à « 95 centimes d’euros toutes taxes comprises par unité, quel que soit le mode de distribution ».

Source EST REPUBLICAIN.

 

Haute-Marne : à 9 ans, Ilena teste l’accessibilité du Conseil départemental en fauteuil roulant avec son président…

À 9 ans, Ilena, habitante de Haute-Marne souffre d’amyotrophie spinale.

Elle ne se déplace qu’en fauteuil roulant. Jeudi 20 février, elle a testé les installations du Conseil départemental.

Cette reporter en herbe communique sa joie de vivre tout autour d’elle.

Ilena en visite au Conseil départemental de Haute-Marne : « avec le sourire, on peut faire plein de choses ! » / © Photo : Jonathan Caye

« Tout s’est toujours fait par hasard », résume avec entrain le papa d’Ilena. Sa fille âgée de 9 ans se repose, ce vendredi 21 février, au lendemain de son périple au conseil départemental de Haute-Marne à Chaumont. Depuis 1 an, la jeune fille, encouragée par ses parents, part à la rencontre des gens, sans d’ailleurs parler de handicap, explique son père. Atteinte d’une maladie neuromusculaire, Ilena avait fait part de son quotidien lors du Téléthon en 2018.

Le hasard, mais aussi le sourire, celui d’Ilena qu’elle communique autour d’elle. C’est la reporter en herbe qui a proposé une rencontre avec Nicolas Lacroix, le président du Conseil départemental de Haute-Marne, avec une conviction qui ferait pâlir plus d’un journaliste ! C’est désormais devenu une habitude : réaliser des interviews de personnages publics tandis que ses parents filment pour ensuite monter des petits reportages.

A travers cela, explique son père, pas peu fière d’Ilena, c’est « montrer que le handicap n’est pas un frein ». Des rencontres qui ont poussé la Haut-marnaise à se rendre dernièrement à l’Assemblée nationale à Paris. Très présente sur twitter, elle a aussi sa page Facebook

Très appliquée Ilena a passé 2 heures au Conseil départemental de Haute-Marne / © Crédit Photo : Nicolas Lacroix

Le président du Conseil départemental a savouré les deux heures passées avec la jeune fille : « ce qui m’a le plus surpris, c’est sa force de caractère, on a tout de suite envie de partager des moments ensemble ».

Illena, présidente

« L’idée c’était de se mettre en situation de handicap », explique Nicolas Lacroix, « ses parents avaient emmené un fauteuil, nous avons testé les installations, les accès et même si tout le conseil départemental est adapté il y a encore des progrès à faire, en ce qui concerne le perchoir par exemple. Un moment elle s’est installée à mon bureau ! »

En s’asseyant dans un fauteuil comparable à celui d’Ilena, le président du conseil départemental se rend compte que la moindre chose peut compliquer l’accès. Une goulotte peut par exemple rendre les choses difficiles. “Finalement on a fait la course !

“Ce qui m’a frappé c’est son énergie. Elle a 9 ans et toujours le sourire.”
Nicolas Lacroix, président du conseil départemental de Haute-Marne

Ilena pas peu fière de tester le bureau du président du conseil régional / © Photo : Jonathan Caye

De cette journée, Nicolas Lacroix explique avec gourmandise “On s’est bien marré, elle a essayé de me mettre en difficulté. C’est un beau message qu’elle envoie à tous les autres.” Le Président du conseil départemental dit de cette expérience qu’elle lui a montré que de gros progrès sont encore à faire. Ilena quant à elle, garde de sa visite « un moment de joie et de partage, j’ai découvert un métier ». Visiblement elle n’est pas prête d’arrêter ses rencontres.

Source FR3.

Emmanuel Macron n’a pas totalement convaincu le monde du handicap…

Ecole, diagnostic, allocation, retraite…

Le président de la République a fait des annonces mardi 11 février, à mi-mandat, lors d’une conférence nationale sur le handicap, qui touche 12 millions de Français.

Certaines mesures sont appréciées, mais toutes les associations ne sont pas convaincues que le quotidien des handicapés va en être amélioré.

En France, douze millions de personnes sont en situation de handicap.

« Le chemin n’est pas terminé », a admis ce mardi 11 février 2020 Emmanuel Macron concernant l’amélioration de la vie des 12 millions de personnes handicapées en France. Devant 500 personnes (associations, chefs d’entreprises, élus…) invitées à l’Élysée pour cette conférence nationale sur le handicap, il a salué les actions engagées par son gouvernement et annoncé une série de mesures applicables d’ici la fin de son mandat.

Aucun élève sans solution

C’était déjà la promesse du gouvernement à la rentrée 2019, or 8 000 enfants n’avaient pas d’accompagnant pour leur scolarité (AESH) à la rentrée dernière (contre 15 000 en 2018). Il n’empêche. Emmanuel Macron a redit ce mardi qu’« aucun enfant ne sera sans solution de scolarisation en septembre prochain. Le 8 000 doit passer à zéro. On ne doit rien lâcher. » Il a ainsi annoncé l’embauche de 11 500 AESH supplémentaires d’ici à 2022 et « un contrat digne » pour ces professionnels trop souvent à temps partiel et payés au Smic. « Nous devons travailler à leur stabilisation pour leur donner au moins 35 heures par semaine. » Jusque-là inexistant, un module sur le handicap sera aussi intégré dans la formation initiale des professeurs de l’Éducation nationale dès septembre.

Elargir le diagnostic de l’autisme et des troubles du comportement

Existant pour les enfants de moins de 6 ans, le forfait précoce du diagnostic de l’autisme et de sa prise en charge (ergothérapeute, psychologue…), sans reste à charge pour les familles, sera étendu aux enfants jusqu’à 12 ans et aux troubles dys (dyslexie, dyspraxie…) à compter de 2021. Une maison de l’autisme, lieu de ressources pour les familles et les professionnels, sera aussi créée.

Un numéro unique

Pour éviter la « montagne administrative » et « l’errance de guichet en guichet », un numéro de téléphone (le 360) dédié à l’appui des adultes et enfants handicapés sera mis en place en 2021. Il sera relayé par 400 équipes locales qui seront créées d’ici à 2022. Emmanuel Macron, conscient qu’il y a « trop de différences » selon les départements, souhaite aussi associer les Maisons France service, afin de définir un lieu unique d’accès. Concernant, le temps de traitement des dossiers, très variables selon les territoires (de 2 à 8 mois pour une réponse de l’AAH), le Président a affirmé qu’au 1er janvier 2021, « aucune demande ne doit être traitée en plus de trois mois ».

Pour Jean-Luc Duval, du collectif Citoyen handicap (celui qui monte dans les grues pour réclamer des accompagnants scolaires), ces mesures ne changeront rien au quotidien des personnes handicapées. Il ne croit pas au numéro unique : Nous avons l’habitude de ceux qui ne répondent plus : Aide handicap école, ceux des maisons du handicap…

1 000 places supplémentaires

Afin d’éviter les exils vers la Belgique, 1 000 places supplémentaires seront créées dans les établissements spécialisés dans trois régions prioritaires (Île-de-France, Hauts-de-France, Grand-Est), en plus des 2 500 places déjà programmées pour 2021-2022 sur tout le territoire. Son objectif ? Il ne souhaite « d’ici fin 2021, plus aucun départ contraint vers l’étranger » et veut permettre des retours vers la France.

Pas touche à l’allocation adulte handicapée

Le président a affirmé clairement que l’allocation adulte handicapée (AAH), actuellement versée à 1,2 million de personnes, ne serait pas « diluée » dans le futur revenu universel d’activité (RUA). Le RUA doit fusionner plusieurs allocations : RSA, prime d’activité, allocations logement. Une réponse à l’inquiétude d’associations qui avaient claqué la porte des négociations sur le RUA, la semaine dernière, pour marquer leur refus de voir l’AAH intégrée dans ce dispositif. Cette clarification sur l’AAH a été saluée par Alain Rochon, de l’APF France handicap, qui pointe toutefois l’absence de chiffre sur les financements.

Pari sur l’apprentissage

D’ici à 2021, 10 000 places en apprentissage seront réservées aux personnes handicapées. L’idée est d’atteindre le cap de 6 % de recrutement de personnes handicapées. Aujourd’hui, il n’est qu’à 3,5 %.

Retraite anticipée garantie

Dans le cadre du système universel, la retraite anticipée à partir de 55 ans sera simplifiée pour les travailleurs handicapés, qui pourront bénéficier d’une bonification de points. Emmanuel Macron s’est aussi dit favorable à une retraite progressive dès 55 ans pour les travailleurs handicapés et à une majoration spécifique pour la retraite des parents d’enfants handicapés. Enfin, les congés de proches aidants ouvriront des droits.

Réactions : des satisfactions et des déceptions

Regroupant 48 associations, le collectif Handicaps a salué l’humilité dans le bilan des actions passées et des engagements qui répondent pour certaines d’entre elles aux attentes. Néanmoins, il pointe le manque de débats. On a beaucoup entendu parler les ministres et les associations étaient juste là pour applaudir, regrette Jean-Louis Garcia, président de l’Apajh, premier mouvement regroupant tous les handicaps. Dénonçant des discussions difficiles avec la secrétaire d’État Sophie Cluzel et son mépris, il est satisfait du discours ferme et engagé du Président.

Mais davantage de mesures concrètes étaient sans doute attendues. Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Unafam (Union de familles de handicapés psychiques), est en colère. Elle déplore que lors de la conférence, il n’y ait pas eu un mot sur le handicap psychique, qui touche trois millions de personnes. Il est grand temps de rendre visible le handicap lié aux troubles bipolaires, aux troubles obsessionnels compulsifs, à la schizophrénie…

Source OUEST FRANCE.