Allocation adultes handicapés : une mauvaise nouvelle… Non à la « déconjugalisation » de l’Allocation adultes handicapés avant une compensation à venir pour les particuliers…!

L’Assemblée nationale a de nouveau dit non à la déconjugalisation de l’Allocation adultes handicapés ce jeudi 2 décembre.

Contre cette mesure depuis le départ, le gouvernement propose plutôt de relever les plafonds de l’attribution de cette aide.

Allocation adultes handicapés : une mauvaise nouvelle... avant une compensation à venir pour les particuliers...

 

Le scénario se répète.

En troisième lecture à l’Assemblée nationale, la proposition de loi portant diverses mesures de justice sociale a été adoptée dans la soirée ce jeudi 2 décembre, mais sans la mesure de déconjugalisation de l’Allocation adultes handicapés (AAH). Il s’agit, pour attribuer l’AAH, de ne plus prendre en compte les revenus du conjoint. Depuis le départ la majorité refuse cette mesure car elle estime que, si elle était prise, il faudrait que ce même principe soit adopté pour tous les minima sociaux comme le revenu de solidarité active (RSA).

“La solidarité nationale doit s’articuler avec la solidarité familiale, a argumenté Sophie Cluzel, secrétaire d’État, chargée des personnes handicapées à l’occasion du débat dans l’hémicycle. Comme tout minimum social tel que le RSA ou le minimum vieillesse, l’AAH est fondée sur la solidarité nationale et la solidarité entre époux”, ajoute-t-elle.

“Mais l’AAH n’est pas un minimum social, plaide de son côté la députée du groupe Libertés et territoires, Jeanine Dubié, l’une des rapporteurs du texte. L’AAH est un revenu de substitution destiné à des personnes qui, en raison de leur handicap, ne peuvent pas exercer une activité professionnelle. C’était l’occasion de le dire une fois pour toutes”, regrette l’élue.

Le texte n’est pas pour autant abandonné, il doit de nouveau faire la navette au Sénat pour une troisième lecture. Mais le Parlement s’arrêtant de débattre en février prochain en raison de l’élection présidentielle, il y a peu de chance que l’étude de ce texte trouve sa place dans le calendrier. Il risque donc de venir grossir la liste des propositions de loi qui se sont perdues dans le débat parlementaire.

Si la déconjugalisation n’est pas adoptée cela ne veut pas dire pour autant qu’aucune mesure n’a été prise concernant l’AAH. Une autre réforme, celle-là portée par le gouvernement, est encore à l’étude dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2022, toujours en débat au Parlement. Un article du texte prévoit en effet de rehausser l’abattement appliqué au revenu du conjoint de l’allocataire de l’AAH. Il permet à un plus grand nombre de personnes de percevoir l’AAH à taux plein.

Aujourd’hui, pour déterminer le montant de l’AAH un abattement de 20 % est appliqué sur les revenus du conjoint, quel que soit le niveau de ses ressources. Le nouveau mode de calcul figurant dans le PLF propose, à compter du 1er janvier 2022 de mettre en place un abattement fixe de 5.000 euros. L’abattement serait majoré de 1.100 euros par enfant.

Aujourd’hui, un allocataire de l’AAH perçoit cette allocation à taux plein si les revenus de son conjoint ne dépassent pas 1.020 euros net par mois, un chiffre qui passerait donc à 1.260 euros pour un couple sans enfant. “Ce sont la moitié des bénéficiaires de l’AAH en couple, soit 120.000 personnes qui verront leur pouvoir d’achat augmenter”, a argué dans l’hémicycle Sophie Cluzel.

Cet investissement de 185 millions d’euros, doit permettre à 60 % des allocataires de l’AAH vivant en couple de percevoir l’allocation à taux plein contre 45 % aujourd’hui.

Source CAPITAL.FR

Handicap : une réforme pour améliorer l’autonomie des personnes handicapées…

Sophie Cluzel est en Sarthe ce lundi. La secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées vient présenter une réforme des aides techniques mise en place par le gouvernement.

Son objectif : faciliter des démarches et améliorer l’autonomie des bénéficiaires de ces aides.

Sophie Cluzel, Secrétaire d'Etat en charge des personnes en situation de handicap

 

« Bénéficier d’une aide technique adaptée au projet de vie de la personne relève du parcours du combattant« . C’est Olivier Véran, le ministre de la santé qui le dit.  Sophie Cluzel le reconnait, les personnes souffrant d’un handicap ont parfois du mal à s’y retrouver dans les aides qui leur sont allouées.  C’est pourquoi  » cette réforme a pour but de leur faciliter la vie » explique la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées .

Pour y parvenir, le gouvernement veut déployer des équipes locales dans les régions pour orienter les bénéficiaires dans cette jungle administrative.  » Pour simplifier le parcours de l’usager, des ergothérapeutes vont évaluer les besoins, proposer les différentes aides techniques et surtout s’assurer qu’elles sont bien prise en charge« . Car acquérir un fauteuil roulant ou un déambulateur coûte cher. Et même si la Sécurité sociale prend en charge une partie du coût, le bénéficiaire doit parfois mettre la main à la poche. « Il faut diminuer le reste à charge qui est très important« .  Car ces aides sont loin d’être un luxe. Elles doivent améliorer l’autonomie des personnes âgées ou handicapées. « Avoir du matériel adapté, c’est être capable de surmonter les obstacles du quotidien » rappelle Olivier Véran.

Sophie Cluzel attendue au tournant

Mais la venue de la secrétaire d’Etat est aussi l’occasion pour certaines personnes de manifester leur colère à propos du mode de calcul de l’allocation adulte handicapé. Depuis 1975, les associations se battent pour que cette aide ne tienne pas compte des revenus du couple mais uniquement de ceux du bénéficiaire. Ce qui permettrait là aussi aux personnes handicapées de ne pas dépendre financièrement de leurs conjoints.

Stéphanie Simon souffre depuis 17 ans d’une maladie neuro-musculaire qui l’empêche de travailler. En compensation, elle percevait, chaque mois, jusqu’à cet été,  904 euros d’allocation adulte handicapé. Mais depuis que ses deux enfants ne sont plus à charge, cette aide a fondue puisqu’elle ne touche plus que 29 euros par mois. Car son époux travail ( il touche 1.800 euros par mois) et son revenu est pris en compte dans le calcul.

« Je me restreint au maximum, il faut que je demande à chaque fois si je peux faire un achat, je suis obligée de réclamer comme une enfant« , raconte celle qui est aussi la représentante en Sarthe d’APF France handicap. Elle souhaite donc que les députés de la majorité ne s’opposent pas à cette réforme de justice sociale selon elle.

« Cette allocation adulte handicapé est un minima social qui existe depuis plus de 30 ans, qui est calculé comme tous les minima sociaux sur le revenu des conjoints » répond Sophie Cluzel au micro de France Bleu Maine. La secrétaire d’Etat explique que d’autres aides existent pour garantir l’indépendance financière des personnes handicapées.  » C’est la prestation de compensation du handicap dont nous avons justement augmenté le plafond. Plus de 120.000 personnes en couple vont voir leurs allocations adultes handicapés remonter en moyenne de 120 à 150 euros » se défend la ministre.

Source FRANCE BLEU.

Le député mayennais Yannick Favennec plaide pour un vrai statut de fonctionnaire pour les AESH…

Lors d’une séance à l’Assemblée Nationale, le député centriste de la Mayenne, Yannick Favennec, a demandé au ministre de l’Education Nationale d’améliorer les conditions salariales et le statut des AESH, les accompagnants d’élèves en situation de handicap.

Le député de la Mayenne Yannick FAVENNEC

 

Ce sont des femmes et des hommes qui assurent une mission utile, importante, déterminante au sein des écoles. Les AESH, les accompagnants d’élèves en situation de handicap, sont malheureusement les parents pauvres de l’Education Nationale. Leur salaire est en moyenne de 800 euros par mois, ce qui signifie que certains d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté.

« Les AESH aiment leur métier mais certains envisagent de démissionner »

Lors d’une séance à l’Assemblée Nationale, le député centriste de la Mayenne, Yannick Favennec, a interpellé le ministre de l’Education Nationale sur les conditions de travail, le salaire et le statut des AESH « maillons essentiels du vivre ensemble au sein d’une établissement scolaire, qui souffrent d’une manque de reconnaissance et de mauvaises conditions de travail », assure le parlementaire qui plaide en faveur d’« un réel statut de fonctionnaire ». 

Source FRANCE BLEU.

Handicap : la première adjointe de Lyon choquée par les propos d’une élue d’opposition…

Elle-même handicapée, et bien que ne représentant pas tous les handicaps, la première adjointe au maire de Lyon Audrey Henocque s’est dite choquée par les propos de la conseillère d’opposition de droite sur les handicapés, Françoise Blanc.

Audrey Henocque, première adjointe et Grégory Doucet, maire de Lyon.  Photo Progrès /David TAPISSIER1 /2

Audrey Henocque, première adjointe et Grégory Doucet, maire de Lyon.

On ne l’avait pas forcément vu venir. Mais alors qu’elle devait prendre la parole pour la première fois dans ce conseil municipal, jeudi, pour présenter une décision modificative sur des subventions, la première adjointe, en charge des Finances, Audrey Henocque, s’est exprimée sur un tout autre sujet. Très émue, elle a tenu à réagir aux propos de Françoise Blanc, présidente par intérim du groupe Droite Centre et Indépendants. Cette dernière avait en effet pris la parole quelques délibérations plus tôt pour s’exprimer longuement sur le 5e rapport de la commission communale pour l’accessibilité de la ville de Lyon 2019-2020.

Et ses propos ont « choqué » la première adjointe. Elle dit : « Vous utilisez le terme « cul de jatte » pour désigner les personnes amputées des membres inférieurs. C’est du validisme (1). C’est comme de parler de « nègre » pour évoquer les personnes de couleur. Ce qui est du racisme […] Vous parlez aussi de « ces êtres » pour parler de personnes handicapées, comme s’il y avait une différence de nature entre les handicapés et les valides alors que la société est seulement composée d’hommes et de femmes avec des atouts et des difficultés. »

Blanc exprime « ses regrets »

Reprochant à Françoise Blanc « d’infantiliser » les handicapés, et de faire preuve de « misérabilisme », elle a proposé que l’on organise des conférences pour expliquer ce qu’est le validisme, comme on parle du racisme ou du machisme et a été très applaudie à la fin de ce propos préliminaire. La conseillère d’opposition, elle, a tenu à lui « exprimer ses regrets », rappelant son engagement très long dans le milieu du handicap où ses propos n’auraient jamais choqué. Elle lui a proposé d’avoir une conversation ensemble sur le sujet.

1- Le manifeste du Collectif Lutte et Handicaps pour l‘Égalité et l’Emancipation (CLHEE) définit le validisme comme « la conviction de la part des personnes valides que leur absence de handicap et/ou leur bonne santé leur confère une position plus enviable et même supérieure à celle des personnes handicapées. […] Il se traduit par des discours, actions ou pratiques paternalistes, condescendants et dénigrants à l’égard des personnes handicapées, qui les infériorisent, leur nient toute possibilité d’être satisfaites de leur existence et leur refusent le droit de prendre en main leur propre vie. »

Source LE PROGRES.

 

Ségur de la Santé. Jean Castex annonce des revalorisations pour 20 000 soignants supplémentaires…

Cette revalorisation salariale s’appliquera aux soignants travaillant dans des établissements pour personnes handicapées financées par les départements.

Une enveloppe de 120 millions d’euros va être débloquée par le gouvernement.

Jean Castex à Fontevraud, le 27 septembre 2021.

 

Le gouvernement va étendre les revalorisations salariales accordées lors du Ségur de la santé à quelque 20 000 soignants supplémentaires, salariés des établissements pour personnes handicapées financés par les départements, a annoncé ce lundi 8 novembre 2021, le Premier ministre Jean Castex, qui entend ainsi répondre aux difficultés de recrutement du secteur.

Une enveloppe de 120 millions d’euros débloquée

Il n’est pas concevable de conserver ces inégalités de traitement entre deux soignants exerçant le même métier, au seul prétexte que leurs établissements respectifs ne sont pas financés de la même manière », ​a observé Jean Castex lors d’un déplacement dans une maison d’accueil spécialisée (MAS) à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).

Cette revalorisation, qui concernera plus de 20 000 professionnels », ​sera inscrite sous forme d’amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale en cours de discussion au Sénat, a précisé le chef du gouvernement, accompagné de la secrétaire d’État en charge du handicap, Sophie Cluzel. Selon l’entourage du Premier ministre, elle représente une enveloppe de 120 millions d’euros.

Pénurie de personnel dans le secteur médico-social

Depuis plusieurs mois, le secteur médico-social, qui comprend l’aide aux personnes âgées et handicapées, mais également aux sans-abri ou aux enfants en danger, alerte sur ses graves difficultés de recrutement.

Cette pénurie de personnel s’explique en partie par des disparités de traitement entre salariés : les hausses de rémunération de 183 € par mois, octroyées à l’été 2020 lors du Ségur de la santé aux personnels des hôpitaux et des maisons de retraite, n’ont ensuite été étendues que progressivement et partiellement à d’autres secteurs, entraînant une fuite des compétences pour les secteurs mieux rémunérés.

Pour répondre à cette problématique, les revalorisations en faveur des établissements pour personnes handicapées financées par la Sécurité sociale interviendront dès ce mois de novembre et non, comme prévu initialement, le 1er janvier 2022, a annoncé M. Castex, pour un coût de 60 millions d’euros.

Pour aider les établissements à recruter, les agences régionales de santé (ARS) vont par ailleurs se doter d’une cellule exceptionnelle d’appui RH », et les agences Pôle emploi proposeront des formations courtes qualifiantes, financées par le gouvernement, a précisé Jean Castex.

L’exécutif va aussi lancer une campagne de communication pour attirer de nouveaux professionnels au service des personnes handicapées et organisera avant le 15 janvier uneconférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social ».

Dans ce cadre, si les départements, financeurs d’une partie du secteur, et les partenaires sociaux font preuve de responsabilité », nous serons prêts à mobiliser de nouveaux moyens », a assuré le Premier ministre.

Source OUEST FRANCE.

L’Assemblée vote un congé indemnisé au Smic pour les proches aidants, avec des critères assouplis…

Moins de 5.000 personnes en ont bénéficié jusqu’alors.

L’Assemblée vote un congé indemnisé au Smic pour les proches aidants, avec des critères assouplis

 

L’Assemblée nationale a approuvé vendredi le principe d’élargir les critères pour bénéficier d’un congé dédié aux proches aidants, et de l’indemniser au niveau du Smic, afin que davantage de personnes puissent soutenir un proche âgé, malade ou handicapé.

Des amendements en ce sens du gouvernement et de la majorité ont été adoptés par 52 voix pour, dans le cadre de l’examen du projet de budget 2022 de la Sécurité sociale, en première lecture. La mesure vient muscler son volet grand âge porté par la ministre déléguée à l’Autonomie Brigitte Bourguignon et qui est jugé insuffisant par les oppositions.

Peu de bénéficiaires réels

Mis en œuvre depuis un an, le congé proche aidant indemnisé, à destination des salariés ou fonctionnaires devant interrompre leur activité, peine à se déployer. Moins de 5.000 personnes en ont bénéficié jusqu’alors. Le congé est de trois mois fractionnables, et renouvelables jusqu’à une durée totale d’un an sur une carrière.

Selon la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), plus de 15.900 demandes de congé proche aidant ont été déposées, mais la plupart ne rentraient pas dans les critères d’attribution. Brigitte Bourguignon a expliqué avoir étudié « pourquoi les gens n’y recourent pas » et proposé de lever les « freins ».

L’allocation journalière passera à 58 euros nets

Il s’agit ainsi d’étendre ce congé « aux proches aidants de personnes dont le handicap ou la perte d’autonomie peuvent, sans être d’une particulière gravité, nécessiter une aide régulière » comme les personnes en niveau de dépendance GIR 4 – actuellement seuls les GIR 1 (handicap le plus lourd) à 3 sont couverts. Le même élargissement de critère sera appliqué au don de congés à un collège s’occupant d’un proche ayant perdu de l’autonomie.

De plus, le montant de l’allocation journalière du proche aidant sera revalorisé au niveau du Smic, soit à 58 euros nets. Le montant est actuellement de 43 euros par jour pour une personne aidante en couple, 52 euros pour une personne isolée. La même revalorisation sera appliquée au congé pour un enfant gravement malade.

Des millions de personnes aidantes en France

Ces mesures, dont le coût est évalué à 40 millions d’euros annuels, doivent entrer en vigueur au plus tard au 1er janvier 2023. Le député LR Thibault Bazin a évoqué un vote qui va « dans le bons sens », mais s’est inquiété du financement alors qu’il n’y a pas actuellement de « modèle soutenable » pour la prise en charge de la perte d’autonomie.

A l’origine de plusieurs mesures sur le sujet sous ce quinquennat, le député Agir Paul Christophe a salué la « ténacité » de la ministre et s’est félicité de cet amendement « capital ». « Reste à regarder la durée du congé » pour le proche aidant, a relevé le communiste Pierre Dharréville.

En France, 8 à 11 millions de personnes s’occupent d’un proche en perte d’autonomie, que ce soit un parent âgé, une personne handicapée ou souffrant d’une maladie chronique ou invalidante.

Beaucoup ne peuvent pas se consacrer exclusivement à leur proche vulnérable : selon une récente étude de la Drees, le service statistique des ministères sociaux, quelque 725.000 aidants doivent soutenir leur parent âgé tout en ayant encore des enfants à charge.

Source 20 MINUTES.

PLFSS 2022 et handicap : un pas en avant, un pas en arrière…

Adopté en première lecture à l’Assemblée, le budget de la Sécu prévoit 600M€ supplémentaires pour le secteur du handicap. Mais des désaccords persistent.

PLFSS 2022 et handicap : un pas en avant, un pas en arrière

 

Premier feu vert accordé par l’Assemblée nationale, ce mardi 26 novembre, au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), doté de plus de 500Mds€. Voté par 344 voix (202 contre et 7 abstentions), il doit encore être examiné au Sénat du 8 au 16 novembre prochains. Avec une progression inédite de 4,7% de l’objectif global de dépenses finançant les politiques du handicap, ce sont près de 600M€ supplémentaires qui y seront consacrés. Une enveloppe qui sera en partie dédiée à la revalorisation des salaires des professionnels du secteur. Ainsi, ce sont 74.000 soignants et paramédicaux qui devraient bénéficier d’une augmentation de 183€ net par mois d’ici le 1er janvier 2022, pour un coût de 387M€ promet le gouvernement.

Revalorisation de la politique tarifaire

Les avancées apportées durant l’examen du texte portent sur la revalorisation et l’extension du congé proche aidant, l’instauration d’une dotation qualité en plus du tarif minimal pour l’accompagnement à domicile, la création d’une carte professionnelle pour les aides à domicile et le renforcement de la mission d’appui aux Maisons départementales des personnes handicapées confiée à la CNSA. Les allocations journalières seront revalorisées au niveau du SMIC, soit 58€ par jour. Par ailleurs, le PLFSS 2022 prévoit la création d’une « dotation qualité », qui se traduit par un bonus allant jusqu’à 3€ supplémentaires par heure au tarif plancher instauré à 22€ pour une heure d’intervention à domicile (inexistant jusqu’à présent), soit 25€. Un financement que le gouvernement s’engage à assurer entièrement.

Réforme de l’AAH, ça piétine

Des mesures qui apparaissent néanmoins en écran de fumée pour certaines associations, qui défendent depuis plusieurs mois la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé (AAH). Pour rappel, l’AAH est attribuée aux personnes dont le taux d’incapacité est d’au moins 80% et elle est soumise à des plafonds. Mais là où le bât blesse, c’est sur son mode de calcul. Dans le système actuel, les ressources du bénéficiaire sont additionnées, s’il est en couple, à celles de son conjoint. Conséquence, de nombreuses personnes en situation de handicap voient leur allocation baisser et même parfois disparaître dès lors que leur union est officialisée. A la demande du groupe Les Républicains, la chambre haute examinait le 12 octobre en deuxième lecture le texte de réforme du mode de calcul de l’AAH, finalement rejeté par le gouvernement.

Source TRIBUCA.

Handicap: la fin des inégalités territoriales ?…

D’un département à l’autre, les délais de traitement des dossiers de handicap peuvent varier du simple au double.

La secrétaire d’État Sophie Cluzel a lancé un plan pour gommer cette inégalité territoriale préjudiciable à des millions de personnes handicapées.

Handicap: la fin des inégalités territoriales?

 

Julien réside à Paris. Affecté par des troubles autistiques depuis sa prime enfance, son fils cadet Etienne est devenu majeur en 2018 : « Il a dû attendre sept mois pour obtenir son dossier d’Allocation adulte handicapé et j’ai dû relancer à deux reprises la maison du handicap ».

Si Julien avait résidé à Chalon-sur-Saône, à Lille ou à Bourg-en-Bresse (Ain), le dossier aurait été instruit en deux mois. En Seine-Saint-Denis, la patience aurait duré neuf mois.

Comment expliquer une telle disparité de délais de traitement d’un département à l’autre?

« Dans la loi de 2005, il n’y a pas d’obligation de système commun à toutes les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) dans le domaine de l’information et de l’informatisation des dossiers. Les départements ont organisé le processus chacun dans leur coin. Résultat : nous sommes confrontés à un vrai problème d’inéquité territoriale d’un service public et les personnes qui attendent, les familles ont le sentiment qu’ils ne sont pas prioritaires », explique Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.

Elle a donc établi un diagnostic de ces disparités de traitement de dossiers en concertation avec l’Assemblée des départements de France.

Lourdeurs administratives

Manque de moyens et/ou organisation pas au point dans les MDPH (maisons départementales des personnes handicapées), difficulté à trouver des médecins pour instruire les dossiers dans les zones sous-médicalisées… les causes ont été identifiées, ce qui a permis à l’État et aux départements de déployer des dispositifs en commun.

« Dans l’Yonne on a réussi à baisser les délais de sept mois à trois mois entre 2019 et 2021. L’État a injecté 25 millions d’euros depuis 2017 pour aider les départements en difficulté pour traiter les dossiers. Globalement le délai moyen a été réduit de deux mois pour passer en moyenne sous les 4 mois. Nous voulons intensifier cette dynamique et aller plus loin avec François Sauvadet, le président de l’Assemblée des Départements de France (ADF) très sensible au sujet, sur cette feuille de route MDPH 2022 pour en terminer avec cette inégalité », explique Sophie Cluzel, qui a ouvert un second chantier, celui des droits à vie.

« C’est insupportable que des personnes lourdement handicapées doivent tous les trois ans repasser devant une commission et reprendre à zéro les démarches pour obtenir leur reconnaissance et leurs droits de personne ou de travailleur handicapé. C’est humiliant, c’est perçu comme un soupçon, c’est coûteux pour la personne et pour la collectivité et cela fait perdre du temps à tout le monde en tâches administratives et techniques alors qu’on a besoin d’agents sur le terrain au plus près des personnes. A partir d’un seuil de 80 % de handicap, la loi permet depuis 2019 d’ouvrir des droits à vie. Or dans certains départements, moins de 40 % des dossiers éligibles aux droits à vie ne sont pas traités comme tel alors que cette reconnaissance est indispensable pour percevoir l’Allocation adulte handicapé, les aides, bénéficier d’accompagnants ou d’équipements ».

La secrétaire d’État et l’Assemblée des Départements de France se donnent un an pour mettre en place l’automaticité de la reconnaissance handicap.

Source LE PROGRES.

Accès aux droits des personnes handicapées : Sophie Cluzel lance un ultimatum aux départements… Vidéo.

Invitée de la matinale de Public Sénat, Sophie Cluzel est revenue sur les inégalités territoriales d’accès aux droits (allocations, accompagnement) par l’intermédiaire des Maisons départementales pour les personnes handicapées (MPDH). La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a affirmé que si certains départements « n’étaient pas au niveau » à la fin de l’année, il n’y aurait « plus d’appui financier » de l’Etat.

Accès aux droits des personnes handicapées : Sophie Cluzel lance un ultimatum aux départements...

 

Face aux inégalités territoriales constatées dans la gestion des dossiers par les différentes Maisons départementales pour les personnes handicapées (MDPH), Sophie Cluzel a « lancé un appel » aux présidents de conseils départementaux : « Depuis 2005, on n’a pas travaillé sur un système informatique et une uniformité dans les droits. C’est inacceptable, des process n’ont pas été mis en place. Nous avons fait une feuille de route MDPH 2022 pour pallier cela. » En fait, le gouvernement a lancé en 2019 un programme pour octroyer des « droits à vie » aux personnes handicapées, afin que celles-ci n’aient plus besoin de faire confirmer leur invalidité par un médecin à intervalles réguliers, afin de « simplifier » les démarches.

« Je serai intraitable à la fin de l’année »

Mais dans la mise en place concrète du dispositif, de grandes disparités ont été constatées sur l’ensemble du territoire. Dans le Nord, 80 % des dossiers gérés par la MDPH le sont maintenant sur des « droits à vie », quand c’est seulement 58 % à Paris ou 30 % dans le Lot. Ainsi, selon les départements, des personnes handicapées sont obligées de faire reconfirmer leur handicap par un médecin, alors que dans d’autres bénéficient d’allocations et d’accompagnement à vie, sans démarche supplémentaire à effectuer. Plus généralement, selon les départements, les délais de traitement des dossiers dans les MDPH peuvent varier du simple au double, de moins de 3 mois dans les Bouches-du-Rhône ou le Nord, à plus de 6 mois à Paris ou dans le Finistère. La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées pointe un déficit « d’implication » des départements, « chefs de file des politiques sociales » : « Je fais un appel aux départements, il faut y aller à fond. »

Sophie Cluzel estime que l’Etat « n’est pas qu’incantatoire » sur ce dossier et accompagne les départements dans cette uniformisation des démarches administratives : « On a remis 25 millions sur la table pour accompagner les MPDH dans ce déploiement de l’informatique. » La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées le répète, le gouvernement soutiendra les départements dans cette démarche de simplification administrative. « Si vous avez des gros problèmes informatiques, nous sommes à vos côtés » affirme-t-elle, tout en rappelant les départements à leur « responsabilité » et en leur fixant un ultimatum : « Il faut que l’on soit tous au même niveau à la fin de l’année. » D’après Sophie Cluzel, l’Etat ne pourra pas soutenir les départements indéfiniment dans cette démarche, et ceux qui n’auront pas rattrapé leur retard pourraient voir ces aides diminuer : « Je serai intraitable à la fin de cette année. Aujourd’hui on accompagne, mais il faut qu’on ait des résultats, sinon il n’y aura plus d’appui financier. »

Source PUBLIC SENAT.

Handicap / Arras : Sophie Cluzel distingue Eléonore Laloux et salue la ville pour sa politique d’inclusion…

Arras figure parmi les villes les plus innovantes pour l’inclusion des personnes handicapées. Eléonore Laloux, élue municipale, incarne cette priorité politique qui remonte à loin.

Eléonore Laloux a été élue conseillère municipale lors des élections de mars 2020.

 

Sophie Cluzel a félicité le maire de Frédéric Leturque pour sa politique à destination des personnes handicapées.

L’inclusion, une priorité de la Ville d’Arras qui remonte à loin

Depuis son élection lors du dernier scrutin municipal, Eléonore Laloux est désormais très engagée dans la vie publique. Cette élue « à part entière », selon les mots du maire d’Arras, Frédéric Leturque, est la seule personne porteuse d’une trisomie 21 au monde a occupé un mandat politique. « C’est un événement extraordinaire, remarque Ludovic Galland, technicien municipal qui est chargé d’accompagner Eléonore Laloux dans son mandat. Cela vient couronner toutes ces années de combat en faveur de l’inclusion des personnes handicapées et des personnes illettrées. » La ministre a, pour sa part, salué « la battante et la militante ». « Tu es un vrai modèle de réussite, a -t-elle déclaré. C’est grâce à des personnes comme toi que l’on peut faire avancer les mentalités. Tu incarnes le visage de la lutte contre l’ignorance de la trisomie 21 en particulier et du handicap en général, de la lutte contre les discriminations. Quand on travaille sur le handicap, c’est toute la société qui progresse. »

Pour Frédéric Leturque, le déplacement de la ministre est une reconnaissance de l’Etat pour les efforts de la ville d’Arras dans le domaine de l’inclusion des personnes handicapées. Une priorité politique qui remonte à de longues années. Dès 2014, le maire, en pleine campagne des élections municipales, avait assisté à une conférence sur le sujet à l’invitation de Jean-Paul Delevoye alors président du le Conseil économique social et environnemental. Déjà, à l’époque, la mairie s’était dotée de nouveaux instruments pour penser cette politique à destination des personnes handicapées avec la création de commissions thématiques animées par des élus chevronnés. Elle prend une nouvelle dimension avec l’élection, en 2020, d’Eléonore Laloux au conseil municipal. « Elle est devenue une élue à part entière, se félicite le maire. Elle demande la parole, participe à la vie des commissions. Eléonore est notre Greta Thumberg. C’est une femme libre, une militante des causes justes. »

Quartier inclusif et salle de change au sein du beffroi

Grâce à Eléonore Laloux, la ville d’Arras a pris une longueur d’avance. « Arras est très en avance sur les autres villes, confirme la ministre. Elle a bâti une approche globale qui associe les jeunes et les citoyens avec des budgets participatifs. Ainsi la Ville d’Arras peut agir pour améliorer l’autonomie des personnes handicapées. »

Et les résultats de cette politique se voient sur le terrain désormais. Arras est fortement impliquée dans la mise à disposition d’équipements adaptés. Elle compte, par exemple, 10 jeux pour enfants en situation de handicap installés dans tous les quartiers. Un travail est effectué également depuis des années autour de l’habitat inclusif comme l’îlot Bon Secours. Projet lauréat du budget participatif 2020, une des premières salles de change Handiroom de France verra prochainement le jour. La première salle de change Handiroom sera implantée à l’Hôtel de Ville, au sein du Beffroi. Elle devrait être fonctionnelle au premier trimestre 2022. La Ville ne souhaite pas s’arrêter là et envisage de créer, prochainement, de nouvelles salles de change.

La salle de change doit offrir, au minimum, un espace de 12 m² et doit permettre l’accueil d’une personne à mobilité réduite, adulte ou enfant, avec un ou deux accompagnants. Constituée d’un vestiaire et d’un WC pour une personne en fauteuil roulant, elle est équipée d’un lavabo adapté, d’une table de change et d’un lève-personne, ainsi que d’un deuxième WC pour l’accompagnant. « Arras, Ville accessible » est un projet lauréat du budget participatif 2019. Porté par l’association Down Up et les élèves du lycée Savary-Ferry, ce projet s’est construit autour de la mise en place de feux piétons à décompte. Il s’étendra sur 9 rues et 1 place créant ainsi un quartier inclusif avec les locaux de l’association Down Up pour épicentre.

Par ailleurs, des plaques de rues inclusives seront installées à hauteur de vue d’une personne en fauteuil, de manière régulière, sur les différentes rues et place retenues. En plus de l’indication du nom de la rue, elles comporteront 3 QR codes. Chacun d’entre eux orientera les passants vers différents contenus en lien avec le nom de la rue. Lorsque le projet sera pleinement déployé, 45 plaques jalonneront les rues de ce quartier d’un nouveau genre.

Eléonore Laloux explique le principe de la plaque de rue inclusive.

Une première phase expérimentale va permettre la mise en place de plaques, avant la fin de l’année dans les rues Baudimont, Paul Adam et Place du Pont-de-Cité. Une installation définitive est prévue pour juin 2022. Selon le maire, d’autres initiatives inédites seront prises dans ce domaine dans les années à venir.

Source L’OBSERVATEUR.