Alzheimer : des stages pour aider les aidants… Vidéo !

A Montpellier, l’association France Alzheimer propose des formations gratuites pour les aidants de personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer.

Avec une foule de conseils et de gestes pour améliorer au quotidien l’accompagnement des malades.

Des aidants en stage chez France Alzheimer Montpellier. / © Camille Astruc/FTV

Dans le jardin de sa maison à Castelnau-le-Lez, Maryse étend son linge. Les gestes sont lents, un peu hésitants mais la tâche est effectuée avec le sourire. Juste à côté, sa soeur Joëlle la guide. “Peux-tu prendre cette paire de chaussettes ? Voilà, c’est bien“.

A 73 ans, Maryse est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Les premiers symptômes sont apparus il y a huit ans mais la maladie n’a été diagnostiquée qu’en 2017. Jöelle quitte alors la Californie où elle habite pour s’occuper de sa grande soeur.

“Depuis, c’est le jour et la nuit”

Désemparée face aux effets de cette maladie insidieuse, Joëlle va chercher de l’aide auprès de l’association France Alzheimer France, une association qui possède un bureau à Montpellier. Là, elle suit la formation des aidants. “Depuis, c’est le jour et la nuit. Ma soeur me demande toujours si elle peut m’aider. Avant, jamais. Elle avait une carapace qu’on ne pouvait percer“.

Cette formation des aidants est gratuite. Elle s’adresse à toute personne qui accompagne un proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. Le cycle dure 14 heures, découpées en plusieurs modules animés par Guillaume Bènes, un spécialiste en neuropsychologie du vieillissement.

Ce mardi, une dizaine de personnes suit la formation. Le thème d’aujourd’hui : l’accompagnement au quotidien. Ici, tout le monde aide un père, une soeur ou une épouse dans la vie de tous les jours. Et chacun parle de ses difficultés.  “La personne malade a du mal à exécuter des gestes de la vie quotidienne comme manger ou faire sa toilette, constate Guillaume Bènes. Et elle voit qu’elle est assistée pour des tâches qu’elle a toujours accomplies seule. Cela la déstabilise et la perturbe“.

La solution, la bienveillance

La solution, la bienveillance. Et beaucoup de patience. “Ne lui dites pas, je te l’ai répété cent fois, cela ne sert à rien. Si la personne confond fourchette et cuillère, rectifiez la chose en douceur“. Le neuropsychologue rappelle que la maladie d’Alzheimer est une disparition progressive des neurones avec une détérioration de la mémoire, du langage, du raisonnement ou de l’attention. “Le malade ne fait pas exprès de se tromper. C’est juste que les informations n’arrivent pas au cerveau ou arrivent déformées“.

“Il faut être plus malin que la maladie”

Si on attaque la maladie de front, on a perdu d’avance. Il faut être plus malin qu’elle“. A l’aide d’un film sur le quotidien d’un couple dont la femme est atteinte de la maladie d’Alzheimer, Guillaume Bènes multiplie les conseils, les gestes à effectuer pendant les périodes de crise, les attitudes à proscrire. Tout pour que le malade, et donc l’aidant, se sentent mieux. “N’hésitez pas à solliciter la personne, à lui demander de mettre les couverts même si cela prend beaucoup de temps. Et surtout, félicitez là à chaque fois. Cela la valorise et l’apaise“.

Guillaume Bènes l’avoue. Il n’est pas facile pour un aidant de rester toujours calme face à la maladie. Surtout que l’aidant se sent souvent seul, avec un entourage mal informé et un malade qui ignore son état. Car le neuropsychologue le répète à l’envie : “Le rôle de l’aidant principal est le rôle le plus ingrat qui soit“.

Source FR3.

 

Dordogne : une jeune chercheuse périgourdine reçoit un prix pour ses recherches sur la maladie d’Alzheimer…!

Maud Wagner, jeune chercheuse périgourdine de 26 ans, reçoit ce mardi soir le prix l’Oréal UNESCO des jeunes talents pour les femmes et la science.

Née à Sarlat, elle poursuit ses études à Bordeaux, où elle réalise une thèse sur la maladie d’Alzheimer.

Maud Wagner, 26 ans, reçoit le prix l'Oréal UNESCO des Jeunes talents pour les femmes et la science

Une jeune périgourdine reçoit ce mardi soir le prix l’Oréal UNESCO des jeunes talents pour les femmes et la science. Maud Wagner, 26 ans, est récompensée parmi 34 autres chercheuses au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. Ses recherches portent sur les facteurs à risque liés à la maladie d’Alzheimer. 

Née à Sarlat-la-Canéda en 1993, Maud Wagner y a été scolarisée du primaire au lycée. Elle a ensuite intégré l’université de Bordeaux où elle a intégré une licence puis un master de santé publique puis une spécialisation en bio-statistique. Enfant, elle n’imaginait pas devenir scientifique, même si elle se rappelle qu’elle en avait certains traits de caractère : “j’avais une curiosité particulière, une envie d’aller au bout des choses”.

C’est une fois à l’université de Bordeaux que la jeune femme s’est découvert de réelles capacités de chercheuse. Elle a d’abord hésité “à cause des difficultés liées au métier”, précise-t-elle, puis elle a rencontré des professeurs qui l’ont poussée vers cette voie : “des rencontres, des gens qui voient à travers vous ce que vous êtes capables de faire”. 

Grâce à ses recherches sur la maladie d’Alzheimer, la jeune femme a pu recenser les modes de vie et de consommation qui peuvent être des facteurs à risque. De quoi améliorer les programmes de prévention de cette maladie. Elle espère maintenant recevoir l’aide d’autres scientifiques : “mon rêve, ce serait que l’on arrive à éradiquer cette maladie, ou au moins stopper son processus !”.

Source FRANCE BLEU.

 

Le directeur de l’OCH dénonce la volonté de “traquer” les anomalies chromosomiques…!!!

Mardi 15 octobre, Philippe Vigier, président du groupe parlementaire Libertés et Territoires, a joué une fausse note dans son explication de vote sur le projet de loi bioéthique, en déclarant à la tribune de l’Assemblée nationale : « Il faut traquer, oui je dis “traquer”, les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques ».

Par ces mots, le député d’Eure-et-Loire déplorait l’abandon du projet de diagnostic pré-implantatoire (DPI) lors de l’examen du texte.

Face au tollé provoqué par cette expression, il a depuis regretté, sur les réseaux sociaux, l’emploi du mot « traque », pourtant appuyé dans son discours. Philippe de Lachapelle, directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH) revient sur cette déclaration du député.

Le directeur de l’OCH dénonce la volonté de “traquer” les anomalies chromosomiques

Comment avez-vous réagi hier en entendant ces propos de Philippe Vigier ?

J’ai été extrêmement choqué ! Ces mots sont terribles : parler de « traque », c’est d’une violence incroyable pour toutes les personnes handicapées, porteuses d’un « anomalie chromosomique », comme il dit. Mais c’est malheureusement très révélateur de l’eugénisme à l’œuvre dans notre société.

Que voulez-vous dire ?

Mardi, dans Le Monde, j’ai co-signé une tribune qui énumère les dérives d’une forme d’eugénisme aujourd’hui. La déclaration de Philippe Vigier, c’est l’incarnation de cet eugénisme. Je ne crois pas que ce soit un accident de langage. Il lisait un discours, il le lisait même scrupuleusement. Ce n’était pas dans le cadre de débats, c’était au nom d’un groupe parlementaire, d’ailleurs plutôt modéré. Et il est lui-même médecin. Donc je ne crois pas que ce soit de la maladresse. Je pense qu’il met en mots quelque chose d’inconscient. Cet homme, peut-être inconsciemment, met quelque chose à jour, de l’ordre du non-dit dans la société. Or la loi bioéthique renforce une forme d’eugénisme qui va plus loin encore qu’auparavant : la logique de détection prénatale, mais aussi le raccourcissement du délai de réflexion pour l’interruption médicale de grossesse (IMG), la possibilité pour les mineurs de ne plus prévenir leurs parents dans le cas d’un recours à une IMG…

L’idée de « traque aux chromosomes qui présentent des anomalies » relève donc de l’eugénisme ?

Dans la société, il y a une recherche inconsciente d’un enfant sain. Nous plaidons, nous, pour un enfant imparfait. Il ne s’agit pas que de la PMA mais déjà, la logique de la PMA risque de renforcer l’idée de « droit à un enfant sain ». La logique du diagnostic pré-implantatoire (DPI) répond à l’exigence que l’enfant livré soit un enfant en bonne santé. Oui, je dis « livré », parce que c’est un peu de l’ordre de la commande. Ce n’est pas une logique d’état. C’est dans notre culture. Durant les États généraux de la bioéthique, le docteur Israël Nisand a affirmé : « Nous sommes dans une société eugéniste handiphobe. » Il a raison. Il parle d’eugénisme positif. De quelque façon qu’on l’appelle, « positif » ou pas, ça reste de l’eugénisme. Ce n’est pas un eugénisme d’État, mais les lois l’encouragent.

Qu’entendez-vous par là ?

L’eugénisme, il est dans nos familles, dans notre culture. Il y a trois piliers sur lesquels il s’appuie : l’individualisme, le marché performant et la science. Si on n’est pas vigilant face à ces logiques, on bascule. L’eugénisme fonctionne sur le même moteur que la catastrophe écologique. L’environnement aussi est détruit à cause de l’individualisme, du marché performant et de la science. Comme pour l’écologie, avec l’eugénisme, on va là où on ne veut pas aller. On n’a pas envie d’être eugéniste. Demandez autour de vous : qui se dit eugéniste ? Personne ne veut l’être. Mais il faut qu’on prenne conscience de ce non-dit. Il faut, de manière personnelle, décider d’une sortie volontariste de l’individualisme. La science n’est pas là pour guider nos actions, c’est à nous de prendre les devants et de décider de ce qu’on veut en faire.

Comment expliquez-vous que l’eugénisme, dénoncé par tous dans le cadre de régimes totalitaires, puisse être si facilement accepté ?

D’habitude, il est habillé plus habilement. Là, la formule est un choc. Dire le mot « traquer », c’est choquant. J’espère que cela nous fera prendre conscience de l’ampleur du risque. Dans l’idée de « traquer » les chromosomes présentant des anomalies, on transgresse beaucoup plus de choses. La ligne rouge de l’eugénisme a été repoussée. Mais le pire n’est pas certain : peut-être que le mot « traque » nous fera prendre conscience de tout cela…

À quelle action doit mener cette prise de conscience ?

Le premier réflexe est de continuer à se battre. La loi n’est pas encore passée. Je trouve ça exaspérant qu’on l’appelle « loi bioéthique ». Il y a bien plus que ça, elle englobe tout. On est insensibilisé tellement on a franchi de pas sur le sujet, tellement on ne distingue plus le bien du mal.

Mais la question, surtout, c’est de changer de regard sur la personne. Le handicap est une épreuve. Quand l’épreuve est là, quelle est notre attitude ? Est-ce qu’on exclut et élimine, ou est-ce qu’on rassemble et accueille ? Quand les personnes handicapées sont intégrées, c’est toute la société qui va mieux, y compris dans ses performances. La personne handicapée nous apporte tellement, à une échelle humaine. Au quotidien, à basse échelle, nous avons une chance de changer de paradigme, ou au mieux, le réparer, pour faire une société qui est vraiment humaine.

Mais que faire, individuellement ?

Quand j’ai un voisin qui est handicapé, qu’est-ce que je fais, moi, concrètement ? Quand on peut faire quelque chose pour l’aider, prendre en compte, soutenir sa famille, aider à la prise en charge, c’est tout l’immeuble qui en bénéficie. On crève d’être les uns à côté des autres sans se rencontrer ! L’individualisme nous rend malheureux. Au contraire, plus on sent qu’on est interdépendants, plus on est heureux. La dépendance des personnes handicapées, elle se voit. Dans notre culture, la dépendance serait une indignité. Quand je deviens vieux, je deviens indigne. D’ailleurs, pour ne pas dire euthanasie on parle de « mourir dans la dignité »… parce que sinon, on meurt « dans l’indignité » ? Ce ne sont pas mes moyens qui font ma dignité, c’est ma personne ! Il faut consentir à ces liens, à cette interdépendance. Ce n’est pas une utopie, on peut commencer dès maintenant, avec notre voisin. Cette idée de « traque » est révélatrice de ce choix. On est sur une ligne de crête : est ce qu’on élimine ou est-ce que l’on rencontre ?

Source LA VIE.

 

Handicap : 67.500 allocataires de l’AAH en couple exclus de la revalorisation…!!!!!

Le secrétariat d’Etat chargé des Personnes handicapées a reconnu ce mercredi qu’environ 67.500 personnes handicapées en couple, sur 1,2 million de bénéficiaires, ne profiteront pas de la revalorisation exceptionnelle de l’allocation adulte handicapé (AAH), qui interviendra le 1er novembre.

Le plafond de ressources pour prétendre à cette allocation a été abaissé.

Handicap : 67.500 allocataires de l'AAH en couple exclus de la revalorisation

Quelque 67.500 personnes handicapées en couple, sur 1,2 million de bénéficiaires, ne profiteront pas de la revalorisation exceptionnelle de l’allocation adulte handicapé (AAH), qui interviendra le 1er novembre, a reconnu ce mercredi le secrétariat d’Etat chargé des Personnes handicapées. Le décret officialisant la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de porter l’AAH de 860 à 900 euros par mois (montant maximal pour une personne seule) a été publié dimanche au « Journal officiel ». Mais parallèlement à la revalorisation, ce décret abaisse le plafond de ressources des personnes en couple pouvant prétendre à cette allocation.

Versée sous conditions de ressources, cette allocation est perçue, selon le secrétariat d’Etat, par 1,2 million de personnes handicapées, dont 270.000 sont en couple, ont précisé les services de Sophie Cluzel dans un communiqué. « Si le bénéficiaire dispose de ressources personnelles ou s’il peut compter sur le soutien financier des autres membres de son foyer, la priorité doit être donnée à la mobilisation préalable de ces ressources », ont-ils expliqué.

“Ils ne seront pas pour autant perdants, leur allocation restant stable”

Selon les calculs du secrétariat d’Etat, 1,1 million de bénéficiaires, soit 90 % des allocataires, « bénéficieront à plein de la revalorisation ». Parmi eux, 60 % des bénéficiaires en couple, soit 162.000 personnes. Sur les 40 % des bénéficiaires en couple restant, 15 % bénéficieront également d’une revalorisation mais inférieure, « car liée à leur niveau de ressources », et 25 %, soit 67.500 personnes, ne bénéficieront pas de la revalorisation. « Ils ne seront pas pour autant perdants, leur allocation restant stable », est-il précisé dans le communiqué.

Pour éviter de nouvelles démarches administratives, le passage de l’AAH à la retraite sera automatique à partir du 1er juillet 2020 pour toute personne ayant atteint l’âge légal de départ, 62 ans, annonce par ailleurs le secrétariat d’Etat.

Source LES ECHOS.

Quimper. La MDPH du Finistère épinglée par la chambre régionale des comptes …!!!

La chambre régionale des comptes de Bretagne publie un rapport d’observations sur la gestion 2014-2018 de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Finistère, à Quimper.

Cette dernière aurait une organisation « dépassée » et mériterait de gagner en autonomie.

Quimper. La MDPH du Finistère épinglée par la chambre régionale des comptes (illustration).

Placée sous « la tutelle administrative et financière » du département, la MDPH du Finistère employait, en 2017, 84,6 agents équivalents temps plein. La structure accuse un déficit récurrent, jusqu’à présent absorbé grâce un excédent historique.

Un appel à « évoluer en profondeur »

La chambre régionale des comptes estime que « malgré la mobilisation du personnel, les conditions d’examen des dossiers par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) ne sont pas satisfaisantes. […] ». La MDPH du Finistère emploierait « une forte mobilisation humaine pour de nombreuses décisions souvent simples […] », et appelle l’organisme à « évoluer en profondeur » ainsi qu’à mettre en œuvre la réponse accompagnée pour tous (RAPT). À ce jour, la MDPH du Finistère traite dans ce cadre « une trentaine de dossiers par an, alors que plusieurs centaines en relèveraient. »

Par ailleurs, la chambre régionale souligne que l’autonomie de l’organisme « mériterait d’être renforcée afin d’augmenter sa réactivité. »

La chambre régionale des comptes de Bretagne publie un rapport d’observations sur la gestion 2014-2018 de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Finistère, à Quimper, qui traite les demandes des personnes en situation de handicap.

Placée sous « la tutelle administrative et financière » du département, la MDPH du Finistère employait, en 2017, 84,6 agents équivalents temps plein. La structure accuse un déficit récurrent, jusqu’à présent absorbé grâce un excédent historique.

Un appel à « évoluer en profondeur »

La chambre régionale des comptes estime que « malgré la mobilisation du personnel, les conditions d’examen des dossiers par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) ne sont pas satisfaisantes. […] ». La MDPH du Finistère emploierait « une forte mobilisation humaine pour de nombreuses décisions souvent simples […] », et appelle l’organisme à « évoluer en profondeur » ainsi qu’à mettre en œuvre la réponse accompagnée pour tous (RAPT). À ce jour, la MDPH du Finistère traite dans ce cadre « une trentaine de dossiers par an, alors que plusieurs centaines en relèveraient. »

Par ailleurs, la chambre régionale souligne que l’autonomie de l’organisme « mériterait d’être renforcée afin d’augmenter sa réactivité. »

Source OUEST FRANCE.

Pierre-Emmanuel, grand épileptique, privé d’allocation…

Inapte au travail en raison de son handicap, Pierre-Emmanuel Baehr percevait une allocation jusqu’en août, où il s’est fait couper les vivres suite à une lenteur administrative… qui persiste.

Depuis, il peine à joindre les deux bouts avec sa mère.

Pierre-Emmanuel, grand épileptique, privé d’allocation

Pierre Emmanuel Baehr souffre d’épilepsie sévère depuis son plus jeune âge. « Il prend un lourd traitement pour éviter les crises », confesse sa maman Véronique Hoffmann. S’il est autonome, le jeune homme de 29 ans a besoin d’une « petite surveillance ». Sa mère clarifie : « Il a peur de se tromper, n’est pas rassuré. Il lui faut un guide ».

Depuis avril, elle l’a donc repris sous son toit après deux années d’autonomie. « Seul dans un appartement, il était déprimé, ne mangeait plus. Le médecin a conseillé qu’il revienne vivre à mes côtés. Maintenant il est moins stressé ». Et ça tombe bien puisque le stress fait partie des causes qui déclenchent ses crises. Et puis, cet accompagnement entre dans les cordes de la mère de famille qui, jusqu’à l’an passé, travaillait dans le secteur de l’aide à la personne. Elle est aujourd’hui en retraite.

Pierre-Emmanuel, lui, a fréquenté l’institution Saint-Camille près de Toul, de 7 à 18 ans avant de travailler en ESAT. Son truc, c’était l’entretien des espaces verts, avant d’être déclaré inapte au travail.

Un glissement entre structures qui traîne

La vie de la mère et du fils, nouvellement installés à Ecrouves, traverse une zone de turbulence. « Depuis août, on a de grosses difficultés financières : Pierre ne touche plus son allocation adulte handicapé de 781 € ». Sa mère explique que la Mutualité sociale agricole (MSA) versait mensuellement cette somme à son fils. Celui-ci de retour sous son toit, un glissement doit s’opérer entre la MSA et la CAF qui va prendre le relais des prochains versements… Mais ça traîne. « La MSA doit transmettre un certificat de médiation à la CAF. Le conseiller de la CAF m’a dit : ce n’est pas sorcier, on le reçoit et on débloque l’argent ». Voilà deux mois que ça dure. Pour vivre, Pierre Emmanuel a dû faire fondre ses économies (1.000 €) de moitié. Sa mère perçoit aux alentours de 800 € de retraite. Ce mois-ci, un bon communal a été salvateur pour faire les courses.

Néanmoins, Véronique Hoffmann s’avoue battante, de par ses origines germaniques. Remontée, car très en colère, elle appelle la MSA toutes les semaines. « Aux dernières nouvelles, la demande est en cours, traitée depuis fin septembre. Mais c’est juste un papier à transmettre, ça prend une fraction de seconde. Laisser un adulte handicapé sans ressource ce n’est pas tenable ! »

Quant à la MSA, le service des prestations familiales coupe vite court à toute question : « On ne répond qu’aux allocataires ». On en prend donc acte.

Source EST REPUBLICAIN.

Études, emmener son enfant handicapé aussi loin que possible… Témoignages…

Témoignages.

Études, emmener son enfant handicapé aussi loin que possible

« Il a fallu faire le deuil du diplôme »

Sophie, 51 ans, mère de quatre enfants

« Après un bac pro en comptabilité obtenu au rattrapage, Ludovic a intégré un BTS d’assistant en gestion PME-PMI. Une entrée dans les études qui était loin d’être une évidence. Lorsque à ses 2 ans, j’ai appris que mon enfant présentait un handicap psychomoteur d’origine génétique, avec dyspraxie, dysphasie et hyperactivité, je me suis demandé s’il allait pouvoir un jour lire et écrire…

Pendant son BTS, la Maison départementale de la personne handicapée a continué à faire le lien avec les enseignants qui, par exemple, photocopiaient en grand format les supports de cours pour faciliter la tâche de Ludovic. Mais mon fils avait du mal à s’intégrer dans les groupes de travail. Il a redoublé sa première année. Puis en seconde année, nous avons, avec ses professeurs, décidé qu’il ne passerait pas les examens, pour éviter de le mettre psychiquement en difficulté.

Il a fallu faire le deuil du diplôme. Pour autant, je ne regrette pas ses trois années d’études. Elles lui ont permis d’être stimulé intellectuellement, d’entrer dans un cadre (se lever, prendre les transports, assister aux cours), d’avoir une vie sociale, d’acquérir des compétences professionnelles. Autant de bénéfices qui ont disparu maintenant qu’il a rejoint un Esat (1), qui envoie – de loin en loin – les jeunes en mission dans des entreprises ordinaires. »

« Au prix d’un constant accompagnement »

Marie, 60 ans, mère de trois enfants

« Quand le plus jeune de mes enfants est entré à l’école, j’avais un objectif : l’emmener aussi loin que possible. Comme les deux autres membres de la fratrie. Même s’il est, de naissance, infirme moteur cérébral et doit se déplacer en fauteuil. Même s’il présente des difficultés de repérage, un trouble de l’organisation de la pensée et une grande fatigabilité.

Par chance, mon enfant a pu tout de suite être scolarisé en milieu d’ordinaire, en bénéficiant d’un accompagnement à plein temps jusqu’à la terminale. Désormais, il est épaulé par d’autres étudiants, qui sont rémunérés directement par l’université pour noter les cours à sa place. Cela lui permet de ne pas dépendre du bon vouloir des autres.

Tout cela peut sembler idyllique. En réalité, si mon fils est aujourd’hui en 5e année de droit, avec la volonté de devenir magistrat, c’est au prix d’un constant accompagnement familial. J’ai abandonné ma carrière de juriste pour organiser sa scolarité, appuyer ses demandes, défendre ses droits, me battre par exemple pour qu’il puisse déjeuner à la cantine, faire face parfois à l’équipe éducative qui voulait l’envoyer dans un établissement spécialisé. Il a fallu solliciter la presse, engager des recours…

Dernièrement, mon fils a vu sa candidature refusée dans les deux seuls masters 2 proposés localement dans le prolongement de son master 1 en droit pénal, qu’il a pourtant terminé 50e sur 350. Il a dû écrire pour expliquer qu’entre les soins spécialisés dont il a besoin, la nécessité de bénéficier d’une aide humaine, ses contraintes de logement et de transport, il ne pouvait pas, contrairement aux autres, postuler ailleurs en France. Vingt-quatre heures plus tard, il recevait un courriel d’acceptation dans l’un des deux cursus. »

(1) établissement et service d’aide par le travail.

Source LA CROIX.

Accès à la santé : A quoi va ressembler la nouvelle « complémentaire santé solidaire » ?…

A partir du 1er novembre, la complémentaire santé solidaire va remplacer deux dispositifs pour aider les plus démunis.

 

Accès à la santé : A quoi va ressembler la nouvelle « complémentaire santé solidaire » ?. Illustration d'un médecin.

our aider les plus démunis.

  • Aujourd’hui, un grand nombre de foyers démunis, qui auraient droit à une aide pour accéder à la santé, ne réalisent pas les démarches nécessaires.
  • Pour améliorer l’accès à la santé et lutter contre la pauvreté, le gouvernement lancera à partir du 1er novembre une « complémentaire santé solidaire ».
  • Qui cela concerne ? Comment réaliser les démarches ? Est-ce gratuit ou payant ? 20 Minutes vous aide à y voir plus clair.

« C’est un pilier de la lutte contre la pauvreté et de l’accès aux soins », introduit Christelle Dubos. Ce mardi, Agnès Buzyn et sa secrétaire d’État chargée de la pauvreté présentaient les contours de la nouvelle « complémentaire santé solidaire ». Un dispositif qui va englober, à partir du 1er novembre, la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l ’Aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS). 20 Minutes répond aux cinq questions qui se posent pour mieux comprendre ce nouveau droit.

Accès à la santé : A quoi va ressembler la nouvelle « complémentaire santé solidaire » ?

Qu’est-ce qui change ?

Le nom, d’abord, mais aussi les personnes ciblées. En gros, la « complémentaire santé solidaire » englobera deux anciens dispositifs : la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), une mutuelle gratuite pour les plus démunis, et l’Aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), un chèque qui vise à aider les personnes à souscrire à une mutuelle.

A partir du 1er novembre 2019, les bénéficiaires seront remboursés à 100 % pour tous les soins, hospitalisations sans durée limitée, analyses médicales, consultations, médicaments. Par ailleurs, le  le 100 % santé, petit à petit déployé d’ici à 2022 et touchant les trois domaines de la santé les moins bien pris en charge (dentaire, auditif, visuel), sera anticipé pour les bénéficiaires de cette complémentaire santé solidaire.

Autre nouveauté : les sondes, pansements, fauteuil roulant seront totalement remboursés. Comme avant, ces bénéficiaires auront accès au tiers payant et pourront consulter des médecins sans dépassement d’honoraires.

Quel est l’objectif ?

« La santé est parfois la variable d’ajustement et ceux qui renoncent le plus aux soins sont les inactifs et les travailleurs modestes », précise Christelle Dubos, secrétaire d’État chargée de la pauvreté. Or, entre 34 % et 45 % des personnes qui avaient droit à la CMU-C n’en faisaient pas la demande et jusqu’à 59 % pour l’ACS. Pire, un quart de ces derniers n’a pas utilisé le chèque ACS pour souscrire un contrat de complémentaire santé en 2018…

« Aujourd’hui, 7 millions de personnes bénéficient de la CMU-C ou de l’ACS, alors qu’entre 9,5 et 12 millions de Français auraient droit à cette complémentaire santé solidaire, qui représente donc un enjeu immense pour un meilleur accès aux soins, insiste Agnès Buzyn. Nous avons constaté que pour l’ACS, les démarches étaient trop complexes et certains bénéficiaires conservaient un important reste à charge. Voilà pourquoi nous avons voulu un système beaucoup plus simple et une couverture plus protectrice. » Avec l’espoir d’observer une hausse du nombre de bénéficiaires de 3 % par an, a précisé la directrice de la Sécurité sociale, Mathilde Lignot-Leloup.

Accès à la santé : A quoi va ressembler la nouvelle « complémentaire santé solidaire » ?

Accès à la santé : A quoi va ressembler la nouvelle « complémentaire santé solidaire » ?

Qui est concerné ?

Les plafonds restent les mêmes. Aujourd’hui, une personne seule qui touche moins de 746 euros nets par mois (pour un couple, c’est 1.118 euros) peut demander la CMU-C. Un célibataire touchant moins de 1.007 euros et un couple 1.510 euros sont éligibles à l’ACS. A partir du 1er novembre, les planchers resteront identiques et permettront de savoir si la personne doit ou non participer aux frais.

Combien cela va-t-il coûter ?

Du côté des patients, rien ne changera pour les assurés de l’actuelle CMU-C : la future « complémentaire santé solidaire » restera gratuite, avec le même niveau de remboursement. En revanche, il y aura une nette différence pour ceux qui auparavant étaient concernés par l’ACS.

Pour ces personnes (qui touchent donc, pour un célibataire, plus de 746 euros et moins de 1.007 euros par mois), le tarif de la complémentaire santé solidaire va dépendre de leur âge, mais ne pourra pas dépasser 1 euro par jour. En clair, avant 29 ans, elle coûtera 8 euros par mois, 14 euros entre 30 et 49 ans, 21 euros entre 50 et 59 ans, 25 euros entre 60 et 69 ans et enfin, pour les personnes âgées de plus de 70 ans au 1er janvier de l’année d’attribution de cette complémentaire, 30 euros. Selon les calculs de l’Assurance maladie, plus d’une personne sur deux verra sa cotisation baisser. Surtout, elles seront mieux remboursées. Ainsi, un couple de personnes âgées payera 60 euros de cotisation, contre 87 euros avec l’ACS. Mais ce couple n’aura plus aucun reste à charge demain, alors qu’il devait auparavant débourser jusqu’à 140 euros pour une couronne, 90 pour des lunettes et 750 pour des prothèses auditives.

Combien cette réforme devrait-elle coûter à l’Assurance maladie ? Les estimations tablaient sur 220 millions d’euros à l’horizon 2022. Une somme qui dépendra évidemment du nombre de Français qui feront la demande.

Comment faire pour obtenir cette complémentaire ?

Le non-recours étant un problème bien identifié, le gouvernement mise sur une campagne grand public pour informer les Français. Des spots vidéo et radio envahiront donc les ondes et les réseaux sociaux dès ce mardi et jusqu’à la fin de l’année. Et pour ceux qui auraient des interrogations, un numéro de téléphone gratuit a été mis en place : 08 00 97 13 91. Plus pratique encore, deux sites invitent les citoyens à vérifier s’ils sont éligibles grâce à des simulateurs sur ameli.fr et mesdroitsociaux.gouv.fr.

Concrètement, les bénéficiaires de la CMU-C n’auront rien à faire : à l’échéance de leur droit, ils basculeront vers cette nouvelle complémentaire. En revanche, la suppression de l’ACS se fera petit à petit d’ici à un an. Plus aucun contrat ne pourra être signé à partir du 1er novembre, date à laquelle les assurés pourront demander la nouvelle complémentaire. Et quand le contrat court jusqu’à 2020 ? Soit vous attendez la fin de votre engagement, soit vous pouvez faire une demande anticipée. Les démarches peuvent être réalisées soit directement sur Internet, soit dans une caisse d’assurance maladie, soit dans une des 133 mutuelles qui proposeront ce service. Pour simplifier les démarches, un téléservice a été mis en place pour que la demande puisse être faite en ligne avec un formulaire simplifié.

Source 20 MINUTES.

Caen. Des essais cliniques attendus pour tester une nouvelle molécule contre Alzheimer…

Le Centre d’études et de recherche sur le médicament de Normandie (Cermn) a ouvert ses portes jeudi 10 octobre 2019, à Caen.

L’occasion pour la fondation Vaincre Alzheimer et le professeur Dallemagne de présenter l’avancée des travaux de recherche sur la Donécopride : une molécule prometteuse contre la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées.

De gauche à droite : les professeurs Christophe Rochais et Patrick Dallemagne.

Le Centre d’études et de recherche sur le médicament de Normandie (Cermn) a ouvert ses portes jeudi 10 octobre 2019. Situé près de l’UFR de pharmacie, à Caen, il héberge plusieurs programmes de recherche. Parmi eux celui mené par le Dr Sylvie Claeysen (Inserm Montpellier) avec le professeur Patrick Dallemagne et le professeur Christophe Rochais (Cermn).

Financé en partie par la fondation Vaincre Alzheimer, ce programme de recherches est basé sur un médicament utilisant une molécule permettant à la fois de protéger la mémoire mais aussi de ralentir la progression de la maladie.

Début des essais cliniques dans dix-huit mois

Appelé Donécopride, ce nouveau principe actif breveté cible, contrairement aux autres traitements, trois causes impliquées dans la maladie d’Alzheimer. Et permet, entre autres, d’empêcher la formation de nouvelles plaques d’amyloïde. Une protéine qui, avec l’âge, s’agrège et forme des plaques entre les neurones. Entraînant des pertes cognitives. Cette molécule permet aussi d’éviter les effets indésirables liés à la prise de plusieurs médicaments.

« Dans dix-huit mois environ, et si tout va bien, nous devrions pouvoir débuter des essais cliniques », explique l’équipe de recherche. C’est-à-dire, des essais sur des patients mais aussi des personnes non atteintes par la maladie. Si les essais cliniques se font et sont probants, il faudra encore attendre plusieurs années avant de voir un médicament commercialisé.

Le Centre d’études et de recherche sur le médicament de Normandie (Cermn) a ouvert ses portes jeudi 10 octobre 2019. Situé près de l’UFR de pharmacie, à Caen, il héberge plusieurs programmes de recherche. Parmi eux celui mené par le Dr Sylvie Claeysen (Inserm Montpellier) avec le professeur Patrick Dallemagne et le professeur Christophe Rochais (Cermn).

Financé en partie par la fondation Vaincre Alzheimer, ce programme de recherches est basé sur un médicament utilisant une molécule permettant à la fois de protéger la mémoire mais aussi de ralentir la progression de la maladie.

Début des essais cliniques dans dix-huit mois

Appelé Donécopride, ce nouveau principe actif breveté cible, contrairement aux autres traitements, trois causes impliquées dans la maladie d’Alzheimer. Et permet, entre autres, d’empêcher la formation de nouvelles plaques d’amyloïde. Une protéine qui, avec l’âge, s’agrège et forme des plaques entre les neurones. Entraînant des pertes cognitives. Cette molécule permet aussi d’éviter les effets indésirables liés à la prise de plusieurs médicaments.

« Dans dix-huit mois environ, et si tout va bien, nous devrions pouvoir débuter des essais cliniques », explique l’équipe de recherche. C’est-à-dire, des essais sur des patients mais aussi des personnes non atteintes par la maladie. Si les essais cliniques se font et sont probants, il faudra encore attendre plusieurs années avant de voir un médicament commercialisé.

Source OUEST FRANCE.

Journée des aidants : « Je ne pensais pas avoir assez d’amour pour faire ça »…!

Pascale Mahé s’est donnée corps et âme pour aider son mari dans la maladie.

À l’occasion de la Journée des aidants, dimanche 6 octobre, cette habitante de Loire-Atlantique livre un témoignage puissant sur ces victimes collatérales de la maladie.

Journée des aidants : « Je ne pensais pas avoir assez d’amour pour faire ça »

« Mon mari, Christian, avait 62 ans quand on a su qu’il était atteint d’une maladie neurologique. Une leucoencéphalopathie (1). Plusieurs signes m’ont alertée. Il ne réagissait plus à l’humour. Des amis remarquaient que « Christian n’est pas comme d’habitude ».

Au départ, on minimise, on se dit qu’il vieillit, qu’il est plus lent. On est dans le déni. Puis les petits signes que l’on refuse de voir deviennent plus évidents. Il oubliait des choses qu’il a toujours su faire : ranger le bois, s’occuper de son jardin. Cela s’est accompagné d’une aphasie (perte de la parole).

Quand le diagnostic est tombé, on a pris une claque. En sortant de chez le docteur, Christian m’a dit : « C’est pour toi que ça va être dur ». Et même quand la maladie est reconnue, on reste dans le déni. On se dit que ce n’est pas si grave, qu’on va bien se débrouiller. Et on y arrive toujours, on est tous pareil. Mais la première fois que l’on m’a appelée « aidante », je ne l’ai pas accepté. Pour moi, les conjoints sont des accompagnants de tous les instants, pas des aidants.

« Plein de petites morts »

Ensuite, il a fallu réorganiser notre vie en fonction de la maladie. On était perdus, on ne savait pas à qui s’adresser pour l’aide à domicile, l’APA (Allocation personnalisée à d’autonomie (2)), le SSIAD (Service de soins infirmiers d’aide à domicile), les toilettes du matin et du soir… L’association Al’fa Répit (3) nous a bien aidés dans ces démarches, et le Clic (Centre local d’information et de coordination gérontologique) a rempli avec nous le dossier APA. Une étape difficile car pour moi : c’était rendre officielle la maladie et faire rentrer des organismes dans notre vie.

J’ai toujours été très engagée, dans des associations, socialement et syndicalement. Ex-institutrice, j’avais aussi une activité de conseiller du salarié (4). Et d’un coup, plus rien. Une maladie neurologique, c’est, pour l’aidant, une surveillance de tous les instants. La toilette, les problèmes d’incontinence, l’aide à l’habillage, le faire manger, le tenir à table… J’ai même dû faire installer un portail.

La maladie emporte tout. Les psychiatres appellent ça un « deuil blanc ». Il faut faire une croix sur tout ce qui faisait notre vie d’avant. Le jardin, les vacances, aller au cinéma… C’est plein de petites morts. La personne n’est pas partie, mais ce n’est plus la même.

Et même si mes amis et ma famille ont toujours été présents pour nous, on est seuls. Les dimanches pluvieux, où il n’y a rien à faire et où l’on ne peut parler à personne, sont très longs.

Béquille

J’ai alors pris conscience qu’il fallait que je souffle. La première fois que j’ai craqué, en 2013, on m’a parlé d’hébergement temporaire. J’ai pu confier, certains jours de la semaine, mon mari aux équipes d’Al’fa répit (pour Alzheimer Famille Répit). Elles venaient chercher Christian pour l’emmener à l’accueil de jour, où ils s’occupaient de lui. Pendant ce temps, je pouvais participer à des groupes de parole avec d’autres aidants. Dans ces moments-là, on a besoin de verbaliser, d’autant que le dialogue n’est plus possible avec son conjoint. Cette association a été ma béquille.

Mon mari est décédé le 28 octobre 2016, après huit ans de maladie. La veille de mes 70 ans. J’étais perdue car après huit ans comme aidante, je ne savais plus qui j’étais.

« Je ne pensais pas être capable de faire tout cela »

Depuis, j’ai décidé de m’investir au service d’Al’fa répit, dont je suis devenue vice-présidente. J’ai voulu y apporter mon vécu. Dire que les aidants sont les mieux placés pour connaître leurs proches. Faire respecter le conjoint, sa vie, ses habitudes et son intimité, ce que je n’ai pas toujours trouvé dans le parcours de soins. Car quand on parle du malade, on parle aussi de sa famille, de son époux.

Personnellement, cette expérience douloureuse m’a permis de porter davantage d’attention aux gens, et de dompter mes impatiences. Je ne pensais pas être capable de faire tout cela. Je ne savais pas que j’avais assez d’amour en moi pour ça ».

(1) Affection affectant la substance blanche du système nerveux central, caractérisée par l’apparition progressive de troubles neurologiques divers (déficits sensitifs et/ou moteurs, troubles du comportement…)

(2) Cette allocation peut servir à payer les dépenses nécessaires pour permettre de rester à domicile

(3) Association de service et de soutien aux aidants

(4) Le conseiller du salarié est choisi par un salarié pour l’assister et le conseiller durant l’entretien préalable au licenciement

Source OUEST FRANCE