Alençon. Orienté en milieu “ordinaire” de travail malgré son handicap, sa situation pourra être réexaminée…

Le tribunal administratif de Caen a donné raison à un habitant d’Alençon, travailleur handicapé qui avait été orienté en milieu “ordinaire” de travail plutôt qu’en Esat.

Le tribunal administratif de Caen a examiné la situation d'un habitant d'Alençon, handicapé, envoyé en milieu de travail ordinaire

 

Le tribunal administratif de Caen a donné raison, lundi 12 avril 2021, à un habitant d’Alençon, travailleur handicapé qui avait été orienté en milieu « ordinaire » de travail plutôt qu’en Etablissement et service d’aide par le travail (Esat).

La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de l’Orne a un mois pour réexaminer sa situation.

Le requérant déclarait s’être vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé depuis 2015. Il soutenait que son handicap ne lui permettait pas de trouver un emploi en milieu ordinaire de travail, vers lequel la commission des droits l’avait orienté pour une période comprise entre 2017 et 2022.

Nouvel examen de son handicap

Une mise en demeure avait été adressée en septembre 2019, par le greffe du tribunal, à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Orne, qui en avait accusé réception en novembre 2020. Cette dernière n’avait produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l’instruction de ce litige.

« Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête », ont déduit les juges, selon qui l’administration se devait de produire l’ensemble du dossier de l’intéressé, permettant d’apprécier sa demande d’orientation professionnelle. Ce qu’elle n’a pas fait.

L’homme était ainsi en droit de réclamer « l’annulation de la décision attaquée par laquelle la CDAPH de l’Orne l’a orienté en milieu ordinaire de travail ».

Faute d’avoir pu consulter ce dossier justement, le tribunal n’était pas en capacité de se prononcer sur sa situation actuelle.

Les juges ont ainsi renvoyé le requérant devant la CDAPH de l’Orne pour un nouvel examen de son handicap et une nouvelle évaluation de ses possibilités d’accès à un emploi.

Source L’ORNE HEBDO.

 

L’Extra, premier restaurant inclusif à Reims, a trouvé un local dans le quartier du Boulingrin…

Le restaurant qui emploiera des personnes en situation de handicap mental a trouvé son futur local à Reims. Gonzague Peugnet, le président de l’association à l’initiative du projet, lance en avril une campagne de financement participatif.

Le restaurant inclusif l'Extra a trouvé son futur local, en face des halles du Boulingrin

 

“On a marqué l’essai, il faut maintenant le transformer.” Depuis l’annonce de la création du premier restaurant inclusif à Reims il y a un an, Gonzague Peugnet sait qu’il marche sur des oeufs. Outre la pandémie de Covid-19, il sait qu’un rien peut mettre à mal son initiative, l’ouverture d’un restaurant employant des personnes en situation de handicap mental dans le centre-ville de Reims. Ce jeudi 1er avril, il s’offre un moment de répit : c’est avec joie et enthousiasme qu’il annonce avoir enfin trouvé un local dans le quartier chic du Boulingrin. Dans quelques jours, il lancera une campagne de financement participatif pour mener à bien son projet.

“Tu ne fais pas les choses à moitié !”

“Ça se concrétise pour nous, se réjouit Gonzagues Peugnet. Les gens autour de moi me disent ‘dis-donc, le quartier du Boulingrin, tu ne fais pas les choses à moitié!‘” Une bonne nouvelle certes, mais le président de l’association “Les Amis du RB22” (qui chapeaute le projet) sait que les semaines à venir seront décisives. Car si le local est trouvé et que le protocole de cession de fonds de commerce a été signé, il va falloir récolter suffisamment de fonds pour pouvoir disposer des clés à la fin du mois de juin 2021 et financer les travaux.

Pour ce faire, l’équipe de l’Extra aura besoin de réunir la somme de 150.000 euros d’ici la fin du mois de juin (50.000 euros ont déjà été r2coltés). Ensuite, viendra la période de travaux et d’équipement où 200.000 euros supplémentaires seront nécessaires. L’équipe espère ouvrir le restaurant à la fin de l’année 2021.

Source FR3.

Angers. Mère d’un jeune adulte autiste, elle milite pour que les familles soient mieux accompagnées…

Laurence Molières, institutrice près d’Angers (Maine-et-Loire), a connu beaucoup d’obstacles et de sacrifices pour accompagner au mieux son fils Léo, diagnostiqué autiste à l’âge de 3 ans et demi.

Aujourd’hui, le jeune homme de 23 ans, bac en poche, se destine à travailler dans la musique.

Léo, 23 ans, installé dans le fauteuil de la colocation où il devrait habiter à plein temps dans les prochaines semaines.

 

Les personnes autistes ou qui présentent des troubles du spectre autistiques (TSA) représentent 8 000 naissances chaque année en France. En Pays de la Loire, environ 500 personnes sont diagnostiquées chaque année. La journée du 2 avril est consacrée à la sensibilisation à l’autisme, une cause affichée comme une grande priorité par le gouvernement. Laurence Molières, institutrice dans la région d’Angers (Maine-et-Loire) et sa famille ont connu l’autisme avec leur fils Léo. Il a aujourd’hui 23 ans.

« Petit, il arrivait à répéter des mots entendus par ci, par là mais il y avait une absence totale de communication avec nous. Il se blessait beaucoup aussi, raconte Laurence. À l’époque, il a 3 ans et demi. « Je n’étais parfois pas capable d’expliquer les chutes de mon fils au médecin. Si bien qu’il soupçonnait des maltraitances. Il était à la limite du signalement. » Une situation d’une rare violence pour les parents.

L’entrée à l’école, « la chance de sa vie »

Mais la rencontre avec une pédopsychiatre et un médecin d’un centre médico-psychologique va changer la donne. « Il a toujours été accueilli avec bienveillance », souligne sa mère. Le diagnostic tombe, Léo est autiste. « La chance de sa vie ensuite, ça a été son admission à l’école par la directrice. Elle a accepté de le prendre en classe », poursuit-elle. Les progrès se manifestent.

Mais, après coup, Laurence exprime une certaine colère « pas envers les professionnels qui font de leur mieux », ni « à ceux à qui l’autisme fait peur ». Mais plutôt à l’abandon des parents face à l’état de leurs enfants. « Tant qu’on n’est pas dans une association de parents, il n’y a aucun référent. Léo fait partie de la génération d’autistes qui a essuyé tous les plâtres. Premiers à l’école, premiers au lycée. » Il réussit son baccalauréat scientifique et se destine à travailler en milieu adapté dans le monde de la musique.

« Le handicap a aussi un coût »

Pourtant, pour en arriver jusque-là, la famille de Laurence a fait des sacrifices. « Le handicap a aussi un coût, il ne faut pas l’oublier. Complètement à la charge des familles. Je n’aurais jamais pu me permettre de travailler à mi-temps », insiste Laurence. Dans les périodes du collège et du lycée, elle chiffre à 1 000 € par mois les dépenses liées au handicap de Léo.

Pour cette maman, « il faudrait que les familles puissent trouver des appuis pour faire le lien entre les professionnels. Sans qu’elles aient en permanence à anticiper pour l’avenir de leurs enfants ».

Une nouvelle étape vers l’autonomie

Aujourd’hui, Léo intègre progressivement – les week-ends seulement – une colocation à Angers (Maine-et-Loire). Il la partage avec trois autres jeunes adultes comme lui, qui ont besoin d’être guidés au quotidien.

Une nouvelle étape dans le parcours du jeune homme, qui lui permettra d’augmenter son autonomie et de construire sa vie en dehors du cocon familial.

Source OUEST FRANCE.

Zoom sur l’emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique…

La Caisse des dépôts centre son numéro de “Questions politiques sociales” du mois de mars 2021 sur l’obligation d’emploi de personnes en situation de handicap dans les trois versants de la fonction publique.

Zoom sur l’emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique

 

Les employeurs publics sont assujettis à l’obligation d’emploi d’au moins 6 % de personnes handicapées, dès lors que leur effectif rémunéré excède 20 personnes en équivalent temps plein. Le FIPHFP, créé en 2005, aide les employeurs publics à embaucher ou garder dans l’emploi les personnes et peut ainsi calculer leur part dans les effectifs des trois versants.

« Au 1er janvier 2018, on dénombre ainsi 258 500 bénéficiaires de l’obligation d’emploi (BOE) chez les employeurs publics, représentant 5,5 % des effectifs rémunérés (taux d’emploi « direct»), contre seulement 4,6 % cinq ans plus tôt », peut-on lire dans les « Questions politiques sociales » du mois de mars 2021 de la Caisse des dépôts.

Dans ce décompte, la fonction publique territoriale est la seule à dépasser le seuil des 6 %, avec 6,9 % de bénéficiaires de l’obligation d’emploi début 2018.

Stagnation avec la crise ?

Selon les derniers chiffres publiés par le FIPHFP, ce taux grimpe même à 7,04 % (dont 6,7  % en emploi direct) d’agents en situation de handicap dans la FPT en 2019.

Mais, en septembre 2020, le fonds prévenait : la crise sanitaire pourrait casser cette progression constante…

Source LA GAZETTE DES COMMUNES.

La nouvelle éco : inédit en Europe, l’entreprise adapatée gersoise Agorea recycle des montres…

Personne n’y avait pensé en France, pas même en Europe. Dans le Gers, à Lectoure, Agorea récupère des montres usagées pour en confectionner de nouvelles, en partenariat avec Lip/MGH.

L’entreprise a pour particularité d’employer des personnes en situation de handicap.

Les montres recyclées sont vendues sous la marque EHO.

 

L’un des fleurons économiques à Lectoure est MGH, spécialisé dans la conception et la production de montres, notamment de la célèbre marque Lip. L’entreprise s’est associée à association AG2I à Auch qui œuvre à la réinsertion professionnelle et à l’emploi de personnes en situation de handicap.

C’est ainsi qu’est née Agorea en septembre dernier, avec le concours d’Ecotempo (Lip) et son concept de collecte et recyclage de montres et bijoux usagés. Les montres sont collectées partout en France et dans le monde auprès des producteurs et revendeurs dans des boîtes prévues à cet effet. Les particuliers peuvent profiter d’un service entièrement gratuit grâce à un système d’envoi pré-payé. Elles sont ensuite démantelées, triées, reconstituées et s’offrent ainsi une seconde vie sous la marque EHO.

Nous fabriquons des modèles uniques grâce aux montres à bas coût très en vogue depuis trente ans. On récupère aussi des stocks invendus. – Jean-Louis Gèze, directeur d’Agorea

Agoréa compte aujourd’hui quatre salariés en situation de handicap (troubles autistiques, troubles psychiques ou cognitifs) et projette de nouveaux recrutements dans les prochains mois afin de traiter les quinze tonnes de montres et bijoux qui transitent par leurs ateliers.

Source FRANCE BLEU.

La nouvelle éco : un vélo électrique breton assemblé à Quimper par des personnes handicapées…

Des vélos à assistance électrique bretons sont assemblés depuis l’été dernier à Quimper dans le Finistère par des personnes handicapées de l’ESAT de l’Odet.

La qualité du travail accompli va permettre à la structure de monter en charge à la demande de Starway, la marque des vélos.

Les vélos arrivent en pièces détachées à Quimper

Des vélos à assistance électrique bretons sont à l’honneur de notre rendez-vous “La nouvelle éco” ce mercredi. Il s’agit de vélos avec des roues fabriquées dans le bassin de Rennes, et assemblés à Quimper à l’ESAT de l’Odet, une structure qui emploie des personnes en situation de handicap moteur.

Une dizaine de travailleurs

Nous avons une équipe d’une dizaine de travailleurs“, indique Gwenaelle Kermarrec, la directrice de l’ESAT. Les vélos arrivent en pièces détachées, venues de France et d’Europe pour les équipements, “et d’Asie pour ce qui est motorisation et électronique“, précise Claude Grégoire, le patron de Starway, la marque de ces vélos.

“On a une qualité très appréciée de nos détaillants.”

Quatre chaînes de montage sont installées dans les murs de l’ESAT de Quimper, tous les travailleurs sont formés pour effectuer le montage et le contrôle. “Nos produits nécessitent beaucoup de soin sur l’assemblage“, reprend Claude Grégoire, “on ne demande pas des volumes industriels et on a une qualité qui convient bien, très appréciée de nos détaillants.

Vers une montée en charge

Le premier vélo “est sorti le 10 juin 2020” précise Olivier, l’encadrant, “l’objectif est de faire dix vélos par jour.” Deux modèles différents, vendus environ 2.000 euros, sont assemblés ici avant d’être contrôlés sur place. “Au fil des semaines, on a réussi à acquérir un service de qualité“, reprend Gwenaelle Kermarrec, directrice de l’ESAT, “que le client apprécie.” Si bien que le nombre de vélos assemblés par les handicapés volontaires va augmenter sous peu. Eux perçoivent un petit salaire en complément de l’Allocation Adulte Handicapé.

Les vélos sont assemblés et contrôlés par les travailleurs volontaires de l'ESAT

Source FRANCE BLEU.

 

 

 

ENTRETIEN. Après un an de télétravail, « les gens ne se comprennent plus »…

Confinement, couvre-feu, mais aussi télétravail : le quotidien des Français a radicalement changé depuis mars 2020 et l’apparition de la pandémie de Covid-19.

Quels effets le télétravail a-t-il eus sur les salariés et les organisations ?

Éléments de réponse avec la spécialiste Aurélie Dudézert.

Le télétravail a été mis en œuvre de manière massive en mars 2020 en France. Photo d’illustration.

 

Un an après la mise en œuvre massive du télétravail en France, quelles leçons peut-on en tirer ? Comment les salariés se sont-ils adaptés ? Professeur auprès de l’Institut des Mines BS, Aurélie Dudézert a mené une étude avec d’autres chercheurs pour le Business Science Institute (C. Fuhrer, O. Lavastre, F. Laval, J. Moscarola et M. Kalika) pendant les deux confinements. Elle nous livre quelques pistes sur les effets du télétravail.

Comment les salariés ont vécu cette année de télétravail ?

On observe une différence forte entre la première phase de la crise sanitaire et la seconde. Dans la première période, un télétravail de réaction a été mis en place très vite et très violemment. Globalement, les salariés se sont bien adaptés. La deuxième phase a été beaucoup plus complexe : il a fallu entamer des nouveaux projets. Or, quand il s’agit de routine, d’activité assez standardisée, le télétravail fonctionne bien, alors que dans une phase de création et de conception, cela fragilise beaucoup plus l’organisation, le collectif et l’efficacité.

Quelles sont les difficultés les plus fréquentes ?

Il y a eu une augmentation des tensions, majoritairement liées à des malentendus, parce qu’il y a l’absence du corps et du présentiel, ce qui fait que beaucoup de choses sont difficiles à capter. Certains de nos répondants ont parlé de micro-agressions constantes. Les gens n’arrivent plus à se comprendre. Par ailleurs, on observe une situation d’enfermement des individus sur leurs équipes très proches et une très grande difficulté à se projeter sur le collectif, l’entreprise, l’organisation en général. On commence à voir l’apparition d’organisations très claniques. Il manque l’informel, la spontanéité et l’échange, justement entre services, qui se faisaient avec le présentiel.

Le télétravail a-t-il affecté la productivité des salariés ?

Ce qu’on nous a rapporté, c’est que sur des activités où il y a besoin de créer et d’innover, le « tout-télétravail » n’est pas productif. Sinon, sur les tâches qui sont déjà calibrées, définies à l’avance, le sentiment qui est partagé, c’est que les gens sont beaucoup plus efficaces et beaucoup plus concentrés chez eux. Mais sur le long terme, cette concentration est telle que la fatigue arrive rapidement et qu’elle est beaucoup plus difficile à gérer. Ce n’est pas une fatigue physique classique au travail, c’est une fatigue cognitive. Il est difficile de s’en rendre compte, mais à terme, elle use et fatigue le corps.

Avez-vous relevé certaines bonnes pratiques ?

Le fait de parler des difficultés rencontrées, que cette parole vienne du collaborateur ou du supérieur et que tout cela soit entendu et discuté, ça marche très bien. Quand on prend le temps de s’écouter, quand le collaborateur se sent la liberté de s’exprimer sur ces sujets-là et que le management se sent aussi la liberté de poser ces questions-là, ça se passe très bien.

Source OUEST FRANCE.

Autisme – Témoignage : avec mon handicap, travailler n’est pas une Option !…

Autiste et malade chronique, travailler m’épuise. Mais faute d’une allocation décente, je vais devoir chercher un nouvel emploi.

Autisme - Témoignage : avec mon handicap, travailler n'est pas une Option !...

 

Je suis une personne autiste et malade chronique de 23 ans. L’injonction à l’emploi que subissent les personnes handicapées m’a amené·e à me réorienter.

À la fin de ma troisième année de licence, j’ai dû changer de voie une première fois. Quitter la psycho pour tenter ma chance dans une licence professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des personnes autistes. Bingo : profs compréhensif·ve·s, contenu des cours que je connaissais déjà sur le bout des doigts et un stage très intéressant. À la fin de cette année, j’ai décroché mon diplôme et un CDD d’un an.

Je faisais officiellement partie de l’équipe des “bon·ne·s handicapé·e·s”, celleux qui bossent et sont utiles à la société. Mieux même, celleux qui ont réussi à faire de leur handicap une “force”.

L’autisme, ça ne se soigne pas

Le tableau tout rose s’est petit à petit dégradé : épuisement dû à mon temps de transport, les joies de Paris, soucis avec des collègues validistes, début d’endométriose causant des douleurs énormes, changement de direction à deux reprises ! Tout cela a déclenché beaucoup de crises : des replis sur moi-même où j’étais incapable de parler et de comprendre ce qu’on me disait, ou des moments d’explosion avec beaucoup de cris.

Et qui dit crise dit médecine du travail, qui a posé son verdict : “incapacité temporaire tant que l’autisme n’est pas soigné”. Souci ? L’autisme ne se soigne pas et si je devais attendre qu’il disparaisse pour reprendre mon poste, alors j’y serais encore à ma mort. Mais le Covid a pris le relais, j’ai été confiné·e, puis en télétravail et mon contrat s’est terminé.

J’étais alors convaincu·e que ce n’était qu’une petite erreur, que j’étais tombé·e dans une mauvaise structure, et je me suis donc attelé·e joyeusement à ma recherche d’emploi. Je vous épargne les galères… Mais je me suis retrouvé·e en décembre dernier dans une drôle de panade : aucun retour des employeur·euse·s et un diagnostic de spondylarthrite ankylosante qui, à terme, m’empêchera de travailler dans un domaine demandant de rester beaucoup debout. Or, dans le métier d’éducateur·trice spécialisé·e, debout, on l’est souvent. Sans compter lorsqu’on doit se pencher, porter les enfants, parfois même faire du sport avec elleux.

Le choix entre une aide financière bancale et des emplois pas accessibles

J’étais donc dans une impasse. Je ne trouvais rien niveau emploi et, même si j’avais trouvé quelque chose, cela n’aurait pas collé avec mon état de santé physique et mental. Parce que oui, même si j’adorais mon emploi, il était clairement trop épuisant pour une personne autiste. Je ne savais pas que faire. Si je demandais l’allocation adultes handicapé·e·s (AAH), alors je devrais vivre avec 900 euros par mois…

Mais uniquement jusqu’à ce que mon compagnon trouve un emploi, car une fois cela fait on me l’aurait supprimée – d’ailleurs, si vous voulez en apprendre plus sur cette aberration, je vous conseille ce site : objectifautonomie.fr. Je pouvais également poursuivre ma recherche d’emploi, ce que je fais toujours d’ailleurs ! Mais tout en sachant que ça ne déboucherait pas sur un emploi accessible pour mes handicaps.

Comme beaucoup de personnes handis, je me suis retrouvé·e coincé·e, et je le suis toujours ! Entre une aide très basse et dépendante des revenus de mon conjoint ou des métiers pour lesquels je suis qualifié·e mais qui ne me sont pas accessibles. En gros, la peste ou le choléra ?

On nous fait comprendre que l’AAH, c’est pour les feignant·e·s

J’envisage donc la réorientation. Ce n’est pas facile. Parce que dans notre société, le modèle idéal c’est bac-études-boulot-retraite, et pas bac-études-boulot-chômage-merde-je ne sais pas quoi faire-réorientation-boulot-retraite. Encore pire quand on est handicapé·e. On nous fait bien comprendre que l’AAH c’est pour les feignant·e·s, mais on ne nous propose aucune solution concrète. Et donc, bien souvent, on choisit l’AAH et on serre les dents en espérant que 900 euros, ça passe, que notre conjoint·e ne se mettra pas à gagner trop, qu’on n’aura pas besoin de le ou la quitter. Bref, on est suspendu·e·s à cette aide et on s’y accroche parce que c’est la seule solution.

Et encore. Je dis qu’on choisit l’AAH, mais c’est l’AAH qui nous choisit bien souvent. On ne va pas voir la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) en disant “oui bonjour l’AAH s’il vous plaît” et pouf on repart avec. Non, ça demande du temps, un dossier en béton, et… de la chance. Pour deux dossiers similaires, certain·e·s l’auront, d’autres pas.

Mais bon, il ne faut pas croire non plus que rendre le monde du travail totalement accessible permettrait à toutes les personnes handicapées de trouver un travail : certain·e·s d’entre nous ne pourrons jamais travailler, et c’est pour cette raison d’ailleurs que c’est important de se battre pour un monde du travail accessible ET pour une AAH décente et ne dépendant pas des revenus du ou de la conjoint·e ! On devrait pouvoir choisir ce qui est le mieux pour nous, pour nos santés physiques et psychologiques, et non ce qui sera le moins pire.

Bref.

J’ai choisi de me réorienter… en espérant que ça passe

Devant cette roulette russe, les personnes handicapées doivent bien trouver des solutions : demander l’AAH en priant pour que ça passe, tienne dans le temps et soit vivable ; trouver un·e employeur·euse et taffer même si on ne le peut pas vraiment ; ouvrir sa propre entreprise même si c’est casse-gueule et épuisant ; se mettre à temps partiel et prier pour avoir assez de sous ; ou comme ce que j’ai choisi : se réorienter, en espérant que ça passe.

Pour meubler ma recherche d’emploi, j’ai recommencé à lire et à écrire, et donc à suivre sur les réseaux des gens qui lisent, écrivent et même parfois qui bossent dans le milieu du livre. Tout cela m’a rappelé à quel point j’aimais ce milieu et à quel point ce serait chouette d’y travailler. Mais bon, reprendre les études, vraiment ?

J’ai fait quelques recherches pour me persuader que c’était un plan foireux et, surprise ! Une licence pro d’un an, ouverte pour les gens en réorientation pro et dans ma ville ! Miracle aussi, les concours pour bosser en bibliothèque sont adaptés pour les personnes en situation de handicap !

En tant qu’autiste, j’ai besoin d’infos

Un rêve qui devient réalité et une histoire qui se termine bien ? Pas vraiment. La dure réalité, c’est que je n’ai aucune information sur les démarches. Que faire, quand, comment ? Pôle emploi, la fac, même la mission locale sont aux abonnés absents et je me retrouve donc à regarder mon petit projet en me disant que bon, quand même, il a de la gueule ce projet, mais je ne sais pas quoi faire avec.

Le plus gros souci, c’est de chercher les informations. En tant que personne autiste, j’ai besoin qu’on soit clair·e avec moi sur ce que je dois faire et comment. Or là, je n’ai rien, pas le moindre début de piste. Est-ce que je dois commencer par Pôle emploi ? À moins que je ne doive d’abord contacter la licence ? Ou bien directement les bibliothèques pour obtenir un stage ? Je me suis rabattu·e sur Pôle emploi un peu au pif en espérant que ce soit le bon choix et, en attendant, eh bien… j’attends justement.

La réalité, c’est que c’est le début d’une nouvelle galère. Parce que je suis handicapé·e et que j’ai besoin d’un emploi accessible mais que rien n’a été pensé pour. Et que si je baisse les bras et que je dis : “non là ras-le-bol, personne ne m’aide, je ne sais pas quoi faire, je demande l’AAH !”, on me jugera comme feignant·e, comme un·e mauvaix·se handicapé·e qui profite des aides.

On ne peut pas bien vivre en étant une personne handicapée qui ne travaille pas

Si je me réoriente, c’est parce qu’aujourd’hui en France, on ne peut pas bien vivre en étant une personne handi qui ne travaille pas. Si je me réoriente, c’est parce que rien n’a été prévu pour les gens handicapé·e·s et qu’on doit faire notre propre chemin si on ne veut pas crever.

Entendons-nous bien : si l’AAH était une somme décente permettant de vivre bien, si elle ne dépendait pas des revenus du ou de la conjoint·e, si je n’étais pas dans l’incertitude d’être peut-être pas assez handicapé·e pour l’avoir, et bien, je ne chercherais pas de réorientation. Parce qu’aujourd’hui, même faire les courses m’épuise et me fait mal, alors travailler 35 heures par semaine, vous imaginez. Mais je cherche parce que je n’ai pas le choix… et j’espère pouvoir travailler en bibliothèque parce que, même si cela ne sera pas parfait, ce sera pour le moment la solution la moins pire.

Aujourd’hui, je me réoriente parce qu’on ne me laisse pas le choix.

Kelig, 23 ans, en recherche d’emploi, Rennes

Konbini news a choisi de respecter le souhait de Kelig et de poster ce texte tel qu’il a été écrit, c’est-à-dire en écriture inclusive.

Ce témoignage provient des ateliers d’écriture menés par la ZEP (la zone d’expression prioritaire), un média d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans, qui témoignent de leur quotidien comme de toute l’actualité qui les concerne.

Par La Zep, publié le 19/03/2021

Source KOMBINI NEWS.

Nancy : un jeune sourd dénonce ses difficultés à trouver un emploi dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux…

C’est un cri en langues des signes que Yasin, un jeune diplômé, sourd de naissance, a posté sur les réseaux sociaux fin février.

Son handicap, auquel s’est ajoutée la crise liée au coronavirus, est une vraie galère pour lui.

Yasin Célik : Trouver un emploi en période covid quand on est sourd

 

Pour Yasin Célik, comme pour beaucoup de jeunes diplômés, l’année 2020 n’était pas la bonne pour arriver sur le marché du travail. Pour lui encore plus que pour d’autres en raison de sa surdité.

“Ma surdité pose problème. Je ne comprends pas pourquoi.”

Yasin Celik

Pourtant, il est plein de ressources. Avec son diplôme en poche, il cherche un poste de technicien. “Je suis à la recherche d’un poste dans un bureau d’études électrique comme programmateur KNX ou en domotique. Mais ma surdité pose problème. Je ne comprends pas pourquoi“.

D’ailleurs, en février 2020, il trouve un poste en intérim pour deux mois avec la possibilité que le contrat se transforme en cdd puis en cdi. Mais la pandémie s’abat sur le monde et comme beaucoup, l’entreprise renonce à tout recrutement.
Pour Yasin, c’est la déception. Car cette société n’avait pas de difficulté avec la surdité du jeune homme. Elle avait même mis en place une application “robot vocal” pour pouvoir communiquer avec lui.

Après cela, Yasin a redoublé d’efforts, avec pas moins de mille courriers envoyés dans plusieurs régions de France, mais pas seulement. Il a élargi ses recherches au Luxembourg et à la Suisse. “C’est un échec” écrit-il. Et parfois, les réponses qu’on lui oppose, directement liées à sa situation de jeune sourd, le laissent dans une détresse totale. Yasin en a fait  une vidéo pleine d’humour.

Difficultés liées aux masques

Dans cette vidéo, Yasin explique l’absurdité de certaines situations.
Comment pourrait-il parler avec une personne qu’il n’entend pas à travers un interphone. Dès la porte d’entrée, le voilà déjà bloqué. Les choses se sont aggravées avec le coronavirus. Il est privé de la lecture labiale. Auparavant, il pouvait déchiffrer en lisant sur les lèvres. Avec les masques, c’est mission impossible. Et s’il essaie de faire comprendre à la personne que cela l’arrangerait qu’elle enlève son masque tout en restant à distance, il essuie un refus catégorique.

“Pourtant, je ne suis pas aveugle.”

Yasin Célik

Encore plus absurde, le problème de la sécurité incendie. Lors d’un entretien, on lui a expliqué qu’en cas d’incendie, il ne serait pas prévenu du fait de sa surdité. Ce qui, pour son interlocuteur, n’était pas envisageable.
Pourtant, je ne suis pas aveugle“, s’indigne Yasin. “Je peux voir les flashes et surtout le comportement des personnes présentes.” Il ajoute : “Je me pose souvent la question : les sourds ont-ils vraiment accès à un travail en entreprise, en milieu ordinaire ?

Mais pas question de baisser les bras : Yasin a réalisé une petite annonce sous forme vidéo en langue des signes.

En voici le contenu : “Bonjour. Je m’appelle Yasin. Je cherche un poste de domotique ou bureau étude électrique sur les régions de Franche-Comté, lorraine ou Alsace ou au Luxembourg ou en Suisse. J’ai un diplôme : une licence professionnelle Intelligence Technique et Énergétique du Bâtiment (2017). J’ai une expérience d’un an comme  technicien ” courant faible” chez Eimi Élec à Etupes. La crise du covid a mis mon parcours en échec. Je n’ai plus de contrat. Je recherche une autre entreprise. La crise covid me pose des problèmes de communication. Je suis bloqué. Je n’ai pas d’accessibilité.

3 fois plus de chômage

Face à la crise sanitaire, les personnes en situation de handicap ont pu se sentir plus vulnérables. L’agéfiph a fait réaliser une enquête en 2020.

En 2009, la population des sourds profonds présentait un taux de chômage trois fois plus important que les normo-entendants, selon ce travail universitaire réalisé en 2012. Et les freins à l’embauche sont très nombreux, comme l’explique cette autre étude de 2014.

Le foot et la comédie

Yasin Célik s’est déjà fait remarquer sur les réseaux sociaux. Pour sa passion pour le foot et sa capacité à convaincre les joueurs et les personnalités à faire des selfies avec lui.

Le foot et la comédie

Il est aussi fan d’humour et publie régulièrement des sketches sur son compte Facebook. La crise sanitaire lui a aussi retiré ces passions. Mais il n’abandonne pas. “Dès que la crise sera terminée, je recommencerai“.

Il a aussi rencontré récemment une réalisatrice avec qui il est en contact. “Elle est intéressée par une personne sourde. J’ai toujours rêvé d’être acteur. Mais je sais que je n’ai que peu de chances de réaliser ce rêve“.

Pour l’instant, Yasin rêve d’un emploi et que la crise sanitaire cesse pour qu’il puisse lui aussi retrouver du contact à l’extérieur.

Source FR3.

 

Moins payés que leurs collègues, des salariés handicapés de la Croix-Rouge vont être indemnisés…

À Montélimar (Drôme), 11 salariés en situation de handicap n’ont pas vu leur ancienneté prise en compte dans leur salaire, et ce depuis des années.

L’association reconnaît une «erreur matérielle».

Les onze salariés ont reçu un appui syndical de la part de la CFDT.

 

Des dizaines d’années de travail, mais aucune prise en compte de l’ancienneté sur la fiche de paie. Onze salariés de l’antenne de la Croix-Rouge à Montélimar en situation de handicap n’ont eu aucune revalorisation liée à leur ancienneté, contrairement à leurs collègues sans handicap. Ce préjudice, embarrassant pour l’association d’aide humanitaire française, a représenté un manque à gagner de plusieurs centaines d’euros par mois pour les salariés concernés, et ce pendant des années. La Croix-Rouge a annoncé que ces salariés seraient indemnisés.

La Croir-Rouge reconnaît une erreur, limitée à Montélimar

Tout commence à l’été 2020. Une employée en situation de handicap salariée du restaurant de la Croix-Rouge s’aperçoit que sa fiche de paie est bien différente de celle de ses collègues. Voilà 19 ans qu’elle travaille au sein de l’association, mais elle est drastiquement moins bien payée : son ancienneté au sein de l’organisation n’a pas été prise en compte. La salariée s’adresse à la CFDT Croix-Rouge, qui alerte la direction dès le mois de septembre concernant ce cas particulier, «sans réponse» selon le syndicat.

Le syndicat s’aperçoit par la suite que le problème n’est pas isolé : tous les salariés en situation de handicap de la Croix-Rouge Montélimar sont concernés. «On a des salariés qui tous les jours sont fiers de travailler à la Croix-Rouge française, mais là c’est quand même une sacrée tâche. On demande que la Croix-Rouge soit à la hauteur de ses principes», explique David Aribi, délégué CSE, cité par France Bleu Drôme-Ardèche. La CFDT a organisé une manifestation ce jeudi en soutien aux salariés lésés. Le rassemblement a mobilisé une quarantaine d’employés de la Croix-Rouge

36.000 euros de préjudice légal

Parallèlement, une réunion extraordinaire a été organisée le même jour entre la direction des ressources humaines et les salariés. Les responsables de la Croix-Rouge ont depuis fait leur mea culpa : «La Croix-Rouge déplore cette erreur matérielle tellement loin de son engagement humaniste et quotidien. Elle n’est évidemment pas intentionnelle, indique l’organisation au Figaro. Il s’agit vraisemblablement d’un problème de paramétrage de l’outil informatique et la Croix-Rouge française continue les investigations qui nécessitent du temps pour reconstituer les parcours et carrières des personnes

Le préjudice légal cumulé est de 36.000 euros pour les 11 salariés concernés. Une régularisation, «supérieure à ces dispositions», est désormais envisagée, promet la Croix-Rouge. L’organisation précise que le problème est strictement localisé à Montélimar et ne concerne donc pas, a priori, les autres antennes.

Source LE FIGARO0