Handicap. L’Auberge Napoléon à Grenoble, un restaurant inclusif pour partager les différences…

Depuis mars 2020, sept personnes en situation de handicap intellectuel forment la nouvelle équipe de l’Auberge Napoléon à Grenoble (Isère).

auberge Napoléon Grenoble

 

Le restaurant est immanquable avec son imposante devanture verte et rouge. Institution grenobloise depuis plus de 35 ans, l’Auberge Napoléon, située rue de Montorge, face au jardin de Ville et à deux pas de la place Grenette, a rouvert ses portes en juin dernier.

Passé la porte à midi, l’équipe de serveuses s’active à l’arrivée des premiers clients : accueil, vérification du passe sanitaire, puis direction l’une des dix tables qu’offre la salle entièrement rénovée.

Si le restaurant a tout d’ordinaire, une discrète affiche à l’entrée de l’établissement prévient les visiteurs. Vous serez ici accueillis dans un « restaurant d’insertion professionnelle » porté par l’association eybinoise Arist (Association de Recherche et d’Insertion Sociale des Trisomiques) qui travaille depuis 1980 « en faveur de la reconnaissance des personnes avec trisomie 21 et plus largement des personnes avec une déficience intellectuelle ».

Un an et demi après une ouverture malheureuse en mars 2020, écourtée à deux semaines en raison du confinement, la nouvelle équipe de l’Auberge Napoléon trouve enfin ses marques.

Du lundi au vendredi, sept travailleurs en situation de handicap et deux encadrants participent au bon fonctionnement du restaurant, qui propose 25 couverts le midi uniquement. En cuisine, Jean-Sébastien, Christopher, Anne-Adye, Franck et Léa, entre 23 et 56 ans, sont dirigés par leur chef Benoît.

Avec au menu du jour un velouté de courgette, une joue de porc à la tomate, accompagnée de riz du Canada, célerisotto et tombée de choux verts puis tarte bourdalou ou brownie en dessert. « On propose aussi une viande et un poisson », souligne le chef, qui renouvelle les plats à chaque service et détermine le rôle de chacun pour la journée.

« On le découvre le matin sur ce grand tableau où on a notre couleur qui correspond au plat à réaliser », explique Franck, particulièrement enthousiaste à l’idée de « travailler des produits frais ».

« C’est dans la rencontre que l’on s’enrichit »

Côté salle, Eva encadre Laurène, Morgane et Jessica, qui zigzaguent entre les tables, prennent les commandes et servent les clients. Tous et toutes ont des parcours différents, mais se retrouvent autour d’une envie commune : travailler dans la restauration.

En 2002, l’Arist a lancé une enquête de deux ans auprès des personnes handicapées en Isère pour leur demander quelle profession ils souhaitaient exercer. « De là est sorti un livre blanc rendu au département avec des propositions, dont un espace événementiel autour de la restauration et des arts du spectacle », indique Sophie Laffont, directrice de l’Arist.

Source ACTU GRENOBLE.

Vitrolles : son combat pour intégrer le handicap dans l’entreprise…

Atteinte de maladie, Sabrina Reiter, entrepreneuse, vient de créer une association spécialisée.

Vitrolles : son combat pour intégrer le handicap dans l'entreprise . Image par défaut de la provence

 

Derrière son dynamisme permanent et son regard jovial, un mot suffit à décrire Sabrina Reiter : revanche. Celle d’une femme de 35 ans dont le parcours de vie est aujourd’hui encore lié à la maladie. De cette expérience, elle a tiré une détermination à toute épreuve, et surtout la détermination d’aider les autres. C’est pourquoi l’entrepreneuse, notamment fondatrice avec son mari du holding Reiter Group (1), a décidé d’agir pour faciliter l’intégration en entreprise, avec un volet handicap et un volet social. « Je suis dans une phase de ma vie où je veux me battre pour les gens en difficulté. Outre la maladie, je suis issue des zones prioritaires des quartiers nord de Marseille, c’est pourquoi mon combat est aussi pour les milieux défavorisés« , appuie la jeune femme.

Des programmes adaptés

Après avoir constaté le « tabou » régnant encore autour du handicap dans l’entreprise, Sabrina Reiter et son mari valident des certifications. Objectif : pouvoir eux-mêmes proposer des programmes de formation orientés vers l’inclusion et le handicap. « Nous pourrons intervenir dans les entreprises pour des missions de consulting et aussi coacher des collaborateurs ou responsables pour favoriser l’intégration de ces personnes en difficulté, décrit Sabrina Reiter. L’idée est de sensibiliser les entreprises et les accompagner dans leurs démarches. Car il y a aujourd’hui beaucoup de personnes qui ont besoin d’aide. »

En parallèle, Sabrina Reiter va s’appuyer sur sa jeune association, Station ME, pour lancer une école entrepreneuriale accessible dès l’âge de dix ans, jusqu’aux adultes. Son but, proposer des programmes adaptés pour découvrir l’esprit d’entreprise : « Le but n’est évidemment pas de se substituer à l’école mais de montrer à ces personnes leurs points forts, leurs compétences, que l’on peut développer. Avec, pour chacun, un programme sur mesure, adapté à la situation. » Car l’entrepreneuse ne cible pas de forme de difficulté ou de handicap en particulier. Au contraire, elle entend fédérer au plus large.

Bonne nouvelle pour l’association, des bénévoles et spécialistes du handicap ont déjà répondu à l’appel et sont prêts à prendre part au projet. Les ateliers de travail pourraient être lancés au début de l’année 2022 à Vitrolles. « On veut aussi se rapprocher des référents de l’Éducation nationale et aussi d’autres associations locales, notamment sportives« , complète Sabrina Reiter.

Une vie frappée par la maladie

Dans son combat, la jeune femme est animée par sa propre expérience de vie, souvent douloureuse. Depuis 2004, elle souffre d’un lupus érythémateux disséminé, une maladie inflammatoire incurable qui touche les articulations et les organes. « Je faisais beaucoup de sport et j’ai dû arrêter, tout comme mes études après la prépa HEC et Sud de Co Montpellier pour travailler, mais surtout suivre des traitements spécifiques. Suite à une erreur médicale en 2014, j’ai dû aller 20 fois au bloc opératoire et ma santé s’est dégradée violemment. » Battante, Sabrina Reiter n’a pas baissé les bras et compte bien transmettre cette leçon de vie.

1. Groupe d’entreprises spécialisé dans la gestion des parcs automobiles, le convoyage, la prévention routière sur les zones aéroportuaires, le nettoyage automobile et industriel, la fabrication de produits d’entretien et la formation.

Source LA PROVENCE.

Jeune mayennais en situation de handicap, Dimitri raconte son parcours face à l’emploi…

A l’occasion de la 25e édition de la semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, rencontre avec Dimitri, un jeune en situation de handicap qui va signer un CDI.

Dimitri Besnard travaille dans un élevage caprin.

 

La 25e édition de la SEEPH (Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées), qui se déroule du lundi 15 au dimanche 21 novembre 2021, est dédiée à la jeunesse en situation de handicap face à l’emploi. Dimitri Besnard est un jeune Mayennais qui, accompagné par Ladapt de Pontmain, a décroché un CDI.

Chez un éleveur caprin

Dimitri Besnard, originaire de Lignières-Orgères, a 29 ans. Le jeune homme souffre d’un handicap qui se manifeste par des tremblements peut-être liés à des troubles neurologiques. Ce handicap n’a pas entaché sa motivation, son souhait ayant toujours été d’évoluer dans un monde professionnel classique.

« J’ai fait ma 6e et ma 5e au collège. Après j’ai été 6 ans à Hérouville-Saint-Clair, à l’IEM (institut d’éducation motrice), et je suis arrivé à l’Esat de Pontmain en menuiserie le 1er novembre 2010. »

Des problèmes de dos vont un peu freiner son élan.

« Mais je n’ai pas lâché ! »

Ladapt, qui avait été contactée par un éleveur caprin de Pontmain ayant des besoins sur son exploitation, lui propose un stage en mars 2016. Dimitri Besnard ne le sait pas encore mais cet éleveur, Vincent Bourdon, deviendra son employeur. Un CDI devrait être signé au plus tard le 1er mai 2022.

Il forme les remplaçants

Le bilan de son 1er stage a été « très positif ». « Après, on a lancé une mise à disposition », explique Dimitri Besnard qui assurait alors « la préparation de la salle de traite, la traite, le nettoyage », de 7h à 9h.  Le reste de la journée, il retournait en menuiserie. L’arrivée du jeune homme sur l’exploitation n’a demandé aucun aménagement spécifique à l’employeur :

« On a juste évalué de manière commune avec l’exploitant le niveau de fatigabilité de M. Besnard et donc un temps de travail qui lui permette de poursuivre cette activité professionnelle. On a aussi mis en place des outils sur support informatique pour qu’il soit beaucoup plus autonome sur son poste et notamment sur tout ce qui va être transmission » d’informations.

Nicolas Reconneille Chargé de soutien et chargé d’insertion professionnelle à Ladapt

Ladapt a ouvert une section hors les murs le 1er janvier 2020. Depuis cette date, Dimitri intervient uniquement sur l’exploitation et peut, si besoin, la gérer seul, « sauf la partie administrative ».  Il forme même les personnes qui viennent en remplacement.

« C’est vraiment le bras droit de l’exploitant. »

Nicolas Reconneille

Afin de pouvoir conduire les télescopiques et le tracteur, Dimitri va aussi partir en formation pour passer son permis Caces. Nicolas Reconneille admet que certaines entreprises ont encore de nombreux freins.

« Mais de mon point de vue, les aides financières sont l’un des premiers leviers, ainsi que l’accompagnement médico-social en entreprise. Le fait d’avoir une personne qui peut intervenir dans l’entreprise a un côté rassurant et sécurisant pour les équipes de travail et les managers. »

Nicolas Reconneille

Il rappelle que Ladapt accompagne des personnes « dans un projet réaliste et réalisable du côté de l’employé et aussi de l’employeur. Il y a toujours des solutions dès lors qu’il y a des bonnes volontés des deux côtés ».

Pour Dimitri, le CDI, « c’était un rêve inatteignable à l’époque. C’est un aboutissement en soi ».

Des événements organisés

Tout au long de cette semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, des évènements sont organisés sur l’ensemble du département de La Mayenne, afin de mettre en lumière des actions en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, mais aussi pour sensibiliser différents publics à la thématique du handicap en milieu professionnel.

Ce rendez-vous 2021 mobilise tous les acteurs locaux de l’insertion des personnes en situation de handicap.

Le site de Ladapt de Pontmain (association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) ouvrira ses portes. Cap Emploi 53 et la mission locale 53 proposeront quatre ateliers de confiance en soi et de valorisation des compétences avec un bilan final (sur inscriptions au 02 43 56 66 63). Un Handicafé sera organisé par Id’ées Interim pour favoriser les rencontres employeurs et demandeurs d’emploi en situation de handicap (inscription au 02 43 12 25 35), ainsi qu’un petit-déjeuner Entreprises à Ladapt de Pontmain avec le témoignage d’un entrepreneur local sur son expérience avec l’Esat.

Des ateliers rencontres avec les référents handicap auront aussi lieu sur le site de l’Urma 53 afin d’échanger sur l’accueil des apprenants en situation de handicap, sans oublier les actions en faveur de l’apprentissage de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) et du FIPHFP (fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique).

Source ACTU / LE COURRIER DE LA MAYENNE.

Handicap : 15% des salariés de l’APEI Moselle en grève pour demander une revalorisation salariale…

Les salariés de l’association des parents d’enfants inadaptés (APEI) de Moselle ont débuté une grève ce mardi 9 novembre pour demander une revalorisation salariale et de meilleures conditions de travail.

Sur 1200, 15% ont quitté leur poste et annoncent un bras de fer avec la direction. 

Près de 250 salariés de l'APEI réunis devant le siège de l'association de Thionville.

 

Un mouvement de grève a débuté ce mardi 9 novembre à l’Association des parents d’enfants inadaptés (APEI) pour demander une revalorisation de salaire et de meilleures conditions de travail. Sur les 1.200 salariés de cette association spécialisée dans l’accompagnement des adultes et enfants handicapés mentaux, 15% ont quitté leur poste à l’appel de la CGT et de FO. Les syndicats ont reconduit leur combat ce mercredi.

« Educateur en colère« , le message est écrit sur une pancarte accrochée au cou Stéphanie. « Très en colère, car nous travaillons depuis des semaines, des mois, dans des conditions très dégradées avec un manque de personnel« , regrette l’intervenante éducative. Comme elle, près de 250 salariés sont regroupés, devant le siège de l’APEI de Thionville. Même rassemblement à Saint-Avold, où 75 personnes sont également mobilisées.

Prime Macron

Parmi les revendications, une revalorisation de la « prime Macron« , accordée à hauteur de 150 euros par la direction de l’APEI. « On estime cela absolument indécent« , déclare Aline Leroux, déléguée CGT pour l’association, car le seuil maximum est à 1.000 euros, donc nous on demande 1.000 euros pour tous les salariés. » Une demande refusée pour le moment par la direction. « Cette prime pour le pouvoir d’achat, on a aucun moyen supplémentaire dans nos établissements pour pouvoir l’abonder, justifie le directeur général de l’APEI Moselle, Etienne Fabert, les seules marges de manœuvre dont on dispose, sont utilisées pour la rénovation des bâtiments. »

La direction assure que des négociations sont en cours pour augmenter cette prime Macron, sans en indiquer le montant. Une nouvelle rencontre avec les syndicats est prévue pour mardi prochain. D’ici là, la grève a été reconduite à ce mercredi 10 novembre. Les syndicats demandent également un élargissement du « Ségur de la santé » et de meilleures conditions de travail. Deux revendications qui ne sont pas du ressort de la direction. « L’ensemble des moyens dont on dispose, ils nous sont alloués, soit par les départements, soit par l’Agence régionale de santé. Si on nous donne pas les moyens de rémunérer correctement les salariés, on ne pourra pas faire de miracle« , conclut Etienne Fabert.

Manque d’attractivité

Plusieurs salariés interrogés se disent à bout, comme Jérémy, moniteur-éducateur, qui estime que la profession attire de moins en moins : « Les directeurs galèrent à recruter des personnes, et on se retrouve en souffrance sur des groupes parce qu’on doit doubler la charge de notre travail. » Un constat partagé par le directeur général : « On est face à une grave crise dans le recrutement des personnels et on a beaucoup de postes vacants, beaucoup plus que précédemment. » Le fait de se situer à proximité du Luxembourg n’arrange pas la situation, car beaucoup de salariés du secteur du handicap sont tentés de traverser la frontière pour un emploi mieux rémunéré, à compétence égale.

Source FRANCE BLEU.

Formation professionnelle : surmonter son handicap pour intégrer le monde des soignants…

Qu’ils changent de vie après un coup dur ou tentent d’aller au bout d’un rêve, ces futurs infirmières ou aides-soignants veulent rendre de cette attention qu’ils ont eue dans les hôpitaux. 

Sacré défi pour Laurianne, Sophia, Adrien et Sarah.

 

Dans la salle de réunion du Centre de rééducation et d’insertion professionnelle (Crip) de Castelnau-le-Lez, quatre visages, quatre volontés parfois contrariées par le destin et dont les handicaps restent totalement invisibles, ensevelis sous un enthousiasme rafraîchissant. Qu’ils aient vécu une rupture ou mené un combat depuis la naissance, le même obstiné point de mire dans leurs regards : aller au bout de leur formation de soignants.

Une énième vie pour Laurianne, la quarantaine, après avoir été assistante maternelle, auxiliaire de vie ou monitrice d’équitation, après dix ans de lutte contre ces anévrismes qui la martyrisaient. « Certains me conseillaient de rester en maladie, mais le métier d’aide-soignant de mon mari m’attirait, sourit-elle. Il faut parfois se battre aussi contre le système. »

Et contre les préjugés : « Ici, on n’a plus d’étiquette avec handicap marqué dessus. On est considérés comme dans la vie de tous les jours. » Ce qui n’est pas toujours le cas quand ils arrivent sur leur lieu de stage. « Ça peut paraître paradoxal mais le personnel soignant stigmatise pas mal les personnes en situation de handicap alors que si on est là, c’est qu’on est en capacité d’assurer sans frein. Est-ce par peur ? », s’interroge Sophia, en formation d’infirmière.

« Notre vécu de malade est un atout »

Sarah, lancée sur le même cursus, ose cette évidence : « Handicap est un mot fort que j’ai moi-même eu du mal à accepter. » Surtout quand on a vécu tout son parcours scolaire comme une lutte pour « ne pas passer pour une flemmarde parce que ma dyslexie et ma dyscalculie ne se voyaient pas ».

Avant de lancer un élève sur une formation, le Crip vérifie l’adéquation entre le handicap et le métier choisi. « Il y a des tests, un travail avec un ergothérapeute. Par exemple, pour quelqu’un qui n’a pas assez de force dans un bras ou une main, on se projette pour voir s’il y a des compensations possibles », explique Patrice Thuaud, en charge des métiers du soin.

Adrien, 40 ans, n’aurait pas cru possible d’intégrer des études d’infirmier après des années passées dans un hôtel cinq étoiles à Courchevel et ses soucis de santé. « Le bilan de compétences m’a prouvé le contraire, raconte-t-il. Ici, on nous apprend à faire différemment pour surmonter notre handicap et ne pas avoir besoin d’aménagements une fois en situation. »

« Accueillir les gens, prendre soin d’eux »

Trente-cinq heures de cours ou de stage par semaine, un régime normal mais, sous la coupe du Crip, la possibilité inestimable d’être « orienté, accompagné par une équipe remarquable, tout en étant rémunéré ».

Et puis, il y a cette volonté farouche de passer de l’autre côté du miroir. Car, comme le rappelle Sarah, « nous concernant, la barrière entre malade et soignant est infime. C’est important d’avoir été patient pour comprendre les attentes, avoir envie de donner plus. »

« Notre vécu de malade est un atout », appuie Laurianne. Adrien, lui, découvre qu’il a toujours été dans la recherche du bien-être : « Je croyais faire le grand écart mais on m’a appris à faire des passerelles dans mon vécu : s’occuper d’un cinq-étoiles n’est pas si éloigné que de travailler dans une clinique. On est là pour accueillir les gens, prendre soin d’eux. »

Prêts à relever le défi, malgré le Covid-19, malgré le mal-être qui entoure ces professions. Parce que, comme le conclut Sarah, « on a fait une force de notre handicap ».

« Accompagner à l’extérieur du centre »

Le Crip de Castelnau dépend de l’Assurance maladie. Il accompagne chaque année 600 personnes en situation de handicap, dont une centaine sur diverses formations, la plupart sur des métiers de santé mais aussi du bâtiment, comptabilité, informatique, commerce, secrétariat…

« La réadaptation professionnelle constitue la plus grande partie de notre activité, explique le directeur Pierre-Yves Cade. Il y a une mise en réflexion, un soutien psychologique, de l’ergothérapie et on vérifie que l’envie correspond au métier choisi. »

75 % des formés trouvent un emploi à douze mois. Conscient que trop de candidats restent encore sur liste d’attente, M. Cade souhaite « accompagner aussi des gens à l’extérieur du centre, leur apporter appuis médicaux, sociaux ou pédagogiques ».

Source MIDI LIBRE.

Il est tombé malade, a perdu son travail… en un an, le Covid-19 a bouleversé sa vie, il témoigne…

Au printemps 2020, Lionel, 52 ans, contractait le Covid-19. Un an après, ce Breton, victime d’un « covid long », n’a pas encore récupéré toutes ses facultés et a été licencié par son entreprise après 27 ans de métier.

Il doit aujourd’hui réinventer totalement sa vie.

Témoignage.

Il est tombé malade, a perdu son travail... en un an, le Covid-19 a bouleversé sa vie, il témoigne

 

« Si je fais le bilan de cette année qui vient de s’écouler, je dirais que ça a été la pire de ma vie ! Pour rien au monde, je ne voudrais la revivre. » Lionel a vu son quotidien totalement bouleversé par le Covid-19. À tout point de vue.

En mars l’an dernier, aux prémices de la pandémie en France, ce Breton de 52 ans contracte le virus. « C’était le week-end après les élections municipales » se souvient cet habitant de Domloup, à 15 kilomètres de Rennes en Ille-et-Vilaine. Les symptômes sont classiques : fièvre, fatigue, toux, douleurs pulmonaires. Le diagnostic est rapidement posé et confirmé.

Des exercices pour retrouver l’odorat

« J’ai été malade une dizaine de jours, je pensais que tout allait rapidement rentrer dans l’ordre. » Mais le goût et l’odorat qu’il a perdu dès les premiers jours ne reviennent pas. « Au bout de six mois, j’ai commencé à m’inquiéter » raconte cet ancien pâtissier qui accepte alors de participer à un programme de rééducation olfactive, pour les patients atteint de ce mal appelé anosmie, au centre hospitalier de Pontchaillou.

« Trois mois durant, j’avais des exercices, sous forme de jeux, à faire matin et soir. Des flacons de différents parfums à respirer », relate le quinquagénaire. Les progrès sont lents : « Je suis passé de 12 % de mes capacités au début de l’étude à 21 % aujourd’hui. J’arrive seulement à sentir les odeurs fortes comme le tabac. Je dois continuer à m’exercer et je verrai l’évolution dans douze semaines, quand l’étude reprendra. »

Mais il ne se fait pas trop d’illusions. Les médecins ne lui laissent pas vraiment d’espoir : il ne retrouvera sans doute jamais le même odorat qu’avant le coronavirus.

Symptômes persistants

Un coup dur amplifié par d’autres désagréments. Ce « sportif sans problème de santé particulier ni antécédent », appuie son épouse, doit aussi apprendre à vivre avec de nouveaux maux. Lionel fait partie de ces patients atteints d’un « covid long ».

Tachycardie, poumons qui brûlent, fatigue… D’autres symptômes persistant l’obligent à lever le pied. Notamment sa pratique soutenue de la course à pied, sa passion. « Je suis fatigué pour un rien. En courant, je n’ai plus la même cadence ni le même plaisir qu’avant. Je réalisais 10 kilomètres en 46 minutes, aujourd’hui je dépasse l’heure pour effectuer cette distance ! Dès que je cherche à accélérer, j’ai l’impression de manquer d’oxygène et j’ai une sensation d’oppression au niveau des poumons. »

Une nouvelle voie professionnelle à trouver

Côté travail, la situation n’est pas plus réjouissante. Le Covid-19 n’épargne pas son activité professionnelle, dans l’industrie agroalimentaire.

En juin, il est mis au chômage partiel. Il ne reprendra jamais son métier en production qu’il exerçait depuis 27 ans. « Je travaillais dans une entreprise de fabrication de biscuits pour le marché international. Avec la pandémie et la fermeture des frontières, les commandes ont été annulées et les contrats rompus par nos principaux clients. Dans ce contexte, impossible de retrouver de nouveaux marchés. Nous n’avions plus de travail dès le début de l’épidémie. »
Les mois passent et la perspective de reprendre son activité s’éloigne. « Je ne me faisais plus d’illusion depuis décembre. »

Son entreprise a finalement fermé en janvier dernier et l’ensemble du personnel a été licencié. « Ça fait bizarre ! C’est une page qui se tourne… Certains de mes collègues l’ont très mal vécu, ils ne s’y attendaient pas. » Lui s’y était préparé.

Et pas question pour lui de se morfondre. D’un naturel optimiste, il saisit l’occasion pour changer totalement de voie. « J’ai toujours pris la vie du bon côté. Je me dis que c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. » Un chapitre totalement différent du précédent. La semaine prochaine, il démarre une formation d’un an pour devenir agent hospitalier. « J’ai toujours aimé aider les autres. J’ai longtemps été investi dans le milieu associatif, j’aime le contact humain » argumente Lionel, qui ambitionne de devenir brancardier.

Son seul souhait maintenant : « Retrouver sa santé d’avant. Perdre son travail, ce n’est pas très grave. Avec de la volonté, on en retrouve. La santé, c’est une autre affaire. C’est ce qui est le plus dur ! » Mais il ne baisse pas les bras. La semaine prochaine, il intègre un autre programme de rééducation au CHU de Pontchaillou, au service cardio-pulmonaire cette fois.

Source OUEST FRANCE.
Il est tombé malade, a perdu son travail... en un an, le Covid-19 a bouleversé sa vie, il témoigne

Une recherche d’emploi plus longue et compliquée pour les jeunes en situation de handicap…

Si les jeunes en situation de handicap partagent les mêmes aspirations que l’ensemble des jeunes, ils restent confrontés à des discriminations et des freins à l’embauche importants. 

Le travail est considéré comme une condition de réussite de la vie personnelle pour 84% des jeunes en situation de handicap.

 

Quelques semaines avant le lancement de la 25e édition de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, l’ Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (AGEFIPH) a mené une enquête avec l’Ifop sur les conditions d’accès à l’emploi des jeunes en situation de handicap et les représentations du handicap au travail chez les jeunes.

Une jeunesse impliquée dans le monde du travail

L’accès à l’emploi représente un élément déterminant pour l’inclusion des jeunes en situation de handicap dans la société. Le travail apparaît en effet comme une condition de réussite de la vie personnelle pour 84% des répondants. Toute une série de facteurs sont pris en compte dans le choix des offres ou des entreprises comme la localisation géographique (68%) ou bien la question de l’équilibre vie personnelle / vie professionnelle (65%).

Éric Blanchet, président de LADAPT, association engagée pour la citoyenneté des personnes handicapées, relève des avancées notables en faveur de l’insertion professionnelle et salue le rôle central joué par les associations pour permettre un accompagnement vers l’emploi. « Il faut permettre à la jeunesse d’avoir le choix dans la vie et de trouver une place dans la société. Le parcours vers l’emploi commence à se structurer. Notre responsabilité c’est de soutenir et d’accompagner ces jeunes », explique-t-il.

Néanmoins, ces derniers sont prêts à faire des concessions, notamment financières, pour décrocher un emploi. La question de la rémunération représente un élément déterminant pour seulement 36% des répondants, soit sept points de moins que pour les autres.

Un difficile accès à l’emploi

L’accès à l’emploi se révèle particulièrement long pour les jeunes en situation de handicap. L’enquête montre que leur dernière recherche a duré en moyenne près de 7,6 mois, soit presque deux fois plus longtemps que l’ensemble des jeunes. Plus de la moitié des répondants déclare que la recherche d’emploi a été compliquée.

Parmi les problématiques, celle du nombre d’offres correspondant au profil du candidat dans sa région ou bien dans son secteur, mais aussi le manque d’information sur les entreprises qui recrutent dans leur secteur.

Les jeunes dissimulent leur handicap

Parler du handicap dans la sphère professionnelle est-il un sujet tabou ? 57% des répondants ont tendance à évoquer les besoins spécifiques liés à leur handicap aux recruteurs et seulement un tiers des jeunes consentent à indiquer leur situation dans le CV. De plus, 71% des jeunes handicapés craignent de rencontrer des difficultés d’intégration lors de leur arrivée dans l’entreprise.

« Il est important que les jeunes osent parler de leur handicap et de leurs besoins, c’est un enjeu majeur. Il faut qu’on améliore l’accompagnement dans l’entreprise », avance Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.

Adéquation entre le poste occupé et le profil

Si la recherche d’emploi est définitivement plus compliquée, 84% des jeunes handicapés affirment que leur poste actuel est en adéquation avec leur niveau de qualification (6 points de plus que la jeunesse en général) mais aussi leur projet professionnel.

« Ces résultats sont très encourageants. Quand les jeunes poussent la porte de l’entreprise, ils se sentent bien. Mais il faut encore travailler sur la mobilité et leur dire que c’est possible », poursuit Sophie Cluzel.

Un accompagnement vers le premier emploi

Tremplin Handicap accompagne des lycéens et étudiants tout au long de leur parcours d’études jusqu’à leur premier emploi. Christian Grapin, directeur de l’association, fait également le constat que l’insertion professionnelle n’est pas une mince affaire. « Pendant les études, ils rencontrent énormément de difficultés à trouver un stage ou une alternance. Cette première confrontation avec le monde professionnel ne les encourage pas à persévérer. »

L’association bénéficie d’un réseau de plus de 150 entreprises partenaires. Mais il arrive que les jeunes postulent dans d’autres entreprises et ne parlent pas systématiquement des aménagements dont ils ont besoin. « Ils ne veulent pas être plus fragilisés qu’ils ne le sont déjà et vont tout faire pour ne pas être stigmatisé. Tant que la société ne montrera pas qu’elle est en capacité d’écouter, la personne handicapée se taira. »

Source L’ETUDIANT.

Comment et quand révéler son handicap ?…

Un travailleur en situation de handicap peut choisir de le signaler à l’entreprise (ou pas). Mais à qui, comment et à quel moment ?

Comment et quand révéler son handicap ?

 

12 millions de Français sont touchés par un handicap, et pour 80% d’entre eux, il est invisible. Devant la loi, rien n’oblige un salarié à révéler sa situation à son employeur. Mais s’il décide de garder le silence, il ne pourra pas demander d’aides, comme par exemple l’aménagement de son poste de travail. Il risque également à terme de fragiliser ses relations avec ses collègues, qui ne comprendront pas pourquoi il lui est difficile par exemple de faire certaines tâches. Et c’est surtout risquer d’aggraver sa propre situation de handicap, en prenant trop sur soi.

De plus, si l’employeur le découvre, « il peut être déçu ou surpris de ne pas l’avoir su avant, ainsi que changer rapidement de comportement », prévient Alexandra Grevin, avocate spécialisée dans le droit du handicap. « La relation de confiance peut être perdue », abonde Patricia de Kermoysan, directrice du cabinet de conseil et recrutement Défi RH, spécialisé dans l’emploi des travailleurs handicapés.

Souvent, ce sont des préjugés qu’il faut déconstruire. Les salariés en situation de handicap ont peur de perdre leur emploi, que leurs compétences professionnelles ne soient pas reconnues, que dans la tête de l’employeur « handicap » rime avec »absentéisme »… « Il faut souvent rassurer les employeurs qui méconnaissent le handicap. Par exemple, “bipolaire” ne signifie pas toujours que la personne va être instable, c’est du cas par cas », explique Sabine Lucot, chargée de projet insertion professionnelle à La Fondation des Amis de l’Atelier.

Faire connaître sa situation avant l’embauche

Alors, quand le révéler ? Tout dépend de l’entreprise. Si elle communique autour du handicap, ou qu’elle a signé une convention avec l’Agefiph, une association de gestion de fonds pour l’insertion de personnes en situation de handicap, alors il ne faut pas hésiter à le mettre directement sur son CV.

« Si c’est écrit sur le CV, l’entreprise peut se dire : “c’est top, ça va nous permettre de remplir notre quota pour diminuer notre contribution à l’Agefiph”. Soit à l’inverse il va y avoir une discrimination. Cela dépend de la démarche et de la sensibilité de l’employeur », ajoute Alexandra Grevin. En effet, les entreprises qui emploient au moins vingt salariés depuis trois ans doivent respecter un quota de 6% de travailleurs en situation de handicap. Dans le cas contraire, elles versent une contribution.

En cas de doutes sur les motivations de l’entreprise, il est préférable de révéler sa situation lors de l’entretien. « Mais pas dès le début, précise Patricia de Kermoysan. Il faut avant tout que la personne montre qu’elle est compétente pour le poste auquel elle postule et ensuite, à la fin, elle peut l’aborder. Parfois le parcours du candidat est indissociable de son handicap, il peut l’évoquer à ce moment-là. » Pour elle, le pire moment est de le faire juste après avoir signé son contrat.

Rester pédagogue

Au cours de l’entretien, il vaut mieux rester pédagogue. « Si la personne a bien identifié ses besoins, elle peut communiquer seule en disant simplement : ‘j’ai une reconnaissance de travailleur en situation de handicap et des besoins spécifiques qui m’obligent à avoir une organisation très bien orchestrée’. L’important est de bien connaître son handicap et de montrer à son employeur toutes les ressources qu’on a développé pour y faire face », conseille Sabine Lucot.

S’il est préférable de révéler son handicap et d’être transparent, le salarié n’est pas obligé d’informer toute l’entreprise. Le médecin du travail, tenu au secret, peut solliciter l’employeur pour des aménagements de poste, une politique RH plus favorable au bien-être, sans dévoiler le nom du salarié en question. « Souvent les employeurs utilisent les ressources des personnes en situation de handicap pour les autres collègues », termine Sabine Lucot. Télétravail, postes plus ergonomiques, pauses… des aménagements qui bénéficient à toute l’entreprise.

Chiffre :  9,6 millions de personnes sont en situation de handicap au sens large. Or, seulement 2,7 millions de personnes sont reconnues administrativement.

Source LES ECHOS.

À 22 ans, Paul Martinez, atteint d’autisme, a cuisiné pour le président Emmanuel Macron…

Le Nantais Paul Martinez, 22 ans, a passé deux jours à Paris aux côtés du chef cuisinier de l’Élysée et y a préparé des plats pour le président de la République Emmanuel Macron.

Le jeune cuisinier, atteint d’autisme, raconte son expérience.

À 22 ans, Paul Martinez, atteint d’autisme, a cuisiné pour le président Emmanuel Macron

« Je m’imaginais beaucoup plus de pression mais en vrai, je me suis senti à ma place ! » Quand on le rencontre début octobre, Paul Martinez est encore sur son petit nuage. Le jeune cuisinier de 22 ans, bien dans ses baskets, des étoiles plein les yeux, revient tout juste de son voyage à l’Élysée. Les 13 et 14 septembre derniers, il a eu le privilège de mijoter de bons petits plats, « servis à la cloche tout de même » insiste-t-il, pas peu fier, pour le déjeuner du président de la République Emmanuel Macron et d’une cinquantaine de conseillers.

Tartare d’avocats avec gelée de passion, berlingot de coco à la truffe de Bourgogne…

Pendant deux jours, de 8 h 30 à 15 h, Paul Martinez, passionné de cuisine depuis l’âge de 15 ans, en prend plein la vue et découvre, aux côtés du chef étoilé Fabrice Desvignes, meilleur ouvrier de France et Bocuse d’or 2007, chef des cuisines de l’Élysée – rien que ça – quelques secrets de fabrication bien gardés.

Pas le droit de dévoiler toutes les coulisses. Mais quand même « ils ont une façon étonnante de préparer une purée de patate douce, remarque le Nantais. Moi je les épluche et les plonge dans l’eau. Là-bas, ils les passent au four à 180 degrés pendant une heure trente avant de les peler ! »

Paul Martinez n’a pas le temps de rencontrer le Président, ni de visiter le Palais… À peine celui de profiter de la vue sur les jardins et la tour Eiffel. Le plus important pour lui, c’est le travail derrière les fourneaux. Au menu, tartare d’avocats avec gelée de passion ou encore berlingot de coco à la truffe de Bourgogne et ris d’agneau. Une belle performance pour le jeune homme malgré son handicap qui ne se voit pas, l’autisme.

À 22 ans, Paul Martinez, atteint d’autisme, a cuisiné pour le président Emmanuel Macron

Ce ticket pour Paris, Paul Martinez – alors apprenti en formation à l’Urma (Université régionale des métiers et de l’artisanat) – l’a gagné en 2019. C’était à l’occasion du premier Trophée du partage, concours culinaire qui met en valeur les jeunes en situation de handicap, au salon professionnel Serbotel des métiers de bouche. « Quand j’ai entendu mon nom… Punaise, je me suis dit : Faut pas sous-estimer Paul, hein ! », sourit encore celui qui ne manque pas d’humour.

Du 17 au 20 octobre

« Je sais que je suis capable ! »

L’initiative, portée notamment par Stéphane Marion, restaurateur, et vice-président du GNI, organisation professionnelle de l’hôtellerie et de la restauration, a pour objectif de montrer l’étendue des talents, la motivation de ces jeunes pour réussir dans leur futur emploi et leur capacité à s’intégrer dans les équipes de restauration. Couteaux ergonomiques, tâches bien définies…

Le patron du Saint-Laurent à Petit-Mars (Loire-Atlantique) en est convaincu : « Nos métiers peuvent facilement les accueillir et adapter des postes à leurs spécificités ». « À condition que l’équipe autour soit dans une attitude de respect et de bienveillance », ajoute Jean-Michel Bordron. Depuis quelques mois, le gestionnaire des lycées Perrin et Goussier à Rezé, près de Nantes, prend le professionnel sous son aile au sein de la restauration collective.

À 22 ans, Paul Martinez, atteint d’autisme, a cuisiné pour le président Emmanuel Macron

Et ça dépote : 1 200 repas à servir en une heure trente ! « Merci à tous de me supporter, je sais que ce n’est pas tous les jours facile ! », lance celui qui arrive au lycée à 6 h 30 chaque matin. « Le rencontrer et le voir à l’œuvre a été une belle découverte pour moi », reconnaît Jean-Michel Bordron. « Les mentalités changent et les choses évoluent petit à petit », veut croire de son côté Stéphane Marion qui de l’inclusion, a fait sa priorité.

À 22 ans, Paul Martinez, atteint d’autisme, a cuisiné pour le président Emmanuel Macron

Les rêves de Paul ? Profiter tout simplement de son appart’ et passer le permis de conduire. Côté professionnel, il y a eu un avant et un après le concours : « Je sais que je suis capable ! » Infiniment reconnaissant, il veut continuer d’apprendre, se perfectionner, « voir jusqu’où je peux aller », pour un jour, peut-être, intégrer un restaurant gastronomique, voire ouvrir sa propre affaire.

En attendant, ce mercredi 20 octobre aura lieu la nouvelle édition du Trophée du Partage de Serbotel : pour ce concours, six jeunes en situation de handicap en cours d’apprentissage présenteront un dressage à l’assiette en binôme avec un chef de la région nantaise, l’épreuve dure une heure trente. Six candidats en lice. « Je serai là ! En tant que coach, parrain, ou ce que vous voulez, mais je serai là ! » Paul Martinez ne ratera pour rien au monde le concours qui a changé sa vie.

Source OUEST FRANCE.

 

 

Une journée de bonheur offerte aux personnes en situation de handicap…

Quel beau samedi, début octobre, la dizaine de pensionnaires du CAT Les Olivettes et leurs trois éducateurs ont passé. Basé à Boisset-et-Gaujac, ce foyer pour personnes en situation de handicap mental se donne pour mission de favoriser l’inclusion des handicapés dans la société notamment par le travail.

Les pensionnaires du CAT prennent la pose

L’association Pradel Liens, de son côté, se veut la maison du vivre-ensemble en opposition à l’isolement et l’exclusion.

Une journée de bonheur offerte aux personnes en situation de handicap

Quel beau samedi, début octobre, la dizaine de pensionnaires du CAT Les Olivettes et leurs trois éducateurs ont passé. Basé à Boisset-et-Gaujac, ce foyer pour personnes en situation de handicap mental se donne pour mission de favoriser l’inclusion des handicapés dans la société notamment par le travail. L’association Pradel Liens, de son côté, se veut la maison du vivre-ensemble en opposition à l’isolement et l’exclusion.

Sous l’impulsion de Gérard Marin, adhérent et papa d’une petite Ingrid pensionnaire aux Olivettes, les bénévoles de Pradel Liens décidaient d’offrir à des handicapés une journée de soleil au château du Pradel sous le signe du partage et de la bonne humeur. La matinée commençait par un atelier de danse animé par Samia, coordinatrice de l’association et cinq danseuses des Divines. Handicapés et valides réunis et soudés dans une même chorégraphie était un moment très fort, «  un condensé d’émotion » confiait Samia, très émue de voir les barrières et préjugés tomber par la magie d’un groupe de danseurs qui donnaient l’impression de se connaître depuis toujours.

Des chants et de la danse

D’ailleurs sitôt l’atelier terminé tous se retrouvaient dans la cour du château pour chanter et danser ensemble. Sensibles à cette démarche d’inclusion, plusieurs habitants de la commune s’étaient mobilisés. Le restaurant La Terrasse et l’artisan Fabrice Lespinasse offraient la paella préparée avec talent par Gérard Lain, président du comité des fêtes, Joseph Barba, le maire, touché par cette initiative, venait saluer les bénévoles et adhérer à l’association, et Berenice, la chorégraphe des Divines présentait à tous sa petite Cylaë née à peine un mois plus tôt. L’après-midi était consacrée au tournoi de pétanque où équipes mixtes valides et handicapées rivalisaient de maîtrise pour pointer les boules au plus près du cochonnet. Tous recevaient des mains de Rani, le président, coupes, tasses, casquettes, harmonicas, bracelets et autres trophées gracieusement offerts par des particuliers ou professionnels de la commune, avant de déguster de succulentes crêpes confectionnées par Samia. Autant dire qu’à 17 heures, le moment venu de se séparer, les résidents du CAT ne voulaient plus partir ! « Nous souhaitions mettre en lumière le handicap et changer le regard de la société », explique le président.

Objectif 100 % atteint par Pradel Liens qui prépare déjà de nombreux évènements pour les prochains mois.

Source MIDI LIBRE.