Des gilets vibrants pour les déficients auditifs au Zénith d’Amiens…

Le Zénith d’Amiens vient d’acquérir un équipement spécial à destination des sourds et malentendants.

Grâce à des casques à induction osseuse et à des gilets vibrants, les déficients auditifs pourront désormais profiter pleinement des spectacles.

Les émotions se vivent en live au Zénith Amiens Métropole pour tout public, y compris les sourds et malentendants. Dorénavant 2ème Zénith en France équipé de gilets vibrants diffusant des vibrations sonores pour ressentir pleinement la musique. Renseignements à l’accueil du Zénith les soirs de concerts.

C’est le deuxième Zénith de France à s’équiper de la sorte. Depuis début octobre, le Zénith d’Amiens met à disposition du public sourd et malentendant des casques à induction osseuse et des gilets vibrants. Des technologies qui vont permettre aux déficients auditifs de profiter de tous les spectacles “live”. “On tenait absolument à ce que cet équipement soit disponible pour le premier concert de la saison, explique-t-on au Zénith. Chaque année, on réfléchit à de nouveaux aménagements et à de nouvelles technologies à destination du public qui ne peut pas venir chez nous. Et on a vu que cet équipement existe au Zénith de Nantes.”

Des sensations physiques qui complètent l’expérience visuelle

Le Zénith d’Amiens est en effet le deuxième de France à acquérir cette technologie après celui de Nantes. 10 casques à induction osseuse et 5 gilets vibrants sont mis à disposition du public sourd et malentendant.

Les fréquences transmises de cette technologie auditive et tactile procure aux sourds et malentendants des sensations dites “audio-physical” qui viennent compléter l’expérience visuelle.

Des partenariats avec des associations picardes

C’est une société de Strasbourg qui développe cette technologie. Des essais ont été pratiqués sur place auprès de personnes déficientes auditives et même d’enfants autistes. Mais le Zénith souhaite élaborer des partenariats avec des associations picardes pour avoir un retour plus direct. De nouveaux essais devraient être organisés fin octobre début novembre.

Ces casques et gilets vibrants sont mis à disposition du public concerné gratuitement sur pré-réservation, présentation de la carte PSH (Personnes en Situation de Handicap) et d’une pièce d’identité.

Source FR3.

Dans la peau : Samuel, une vie sans entendre… Vidéo…

Samuel a 34 ans et vit à Marmagne, en Saône-et-Loire. Il est sourd de naissance et a appris la langue des signes à l’école.

Aujourd’hui, il est au chômage et pense que c’est dû à son handicap. Il aimerait partager avec nous ce qu’est la vie d’une personne sourde.

Dans la peau : Samuel, une vie sans entendre

L’interview que nous accordé Samuel est un peu particulière . Il est sourd et communique avec nous en langue des signes. Aurélie Biondi, interprète à Dijon, a assuré la traduction.

En France, on estime à 300 000 le nombre de sourds, un bébé sur 1000 vient au monde sourd. Seulement 1/3 des personnes sourdes pratiquent couramment la langue des signes. ( Fédération nationale des sourds de France)

Etre sourd, n’est pas qu’avoir un sens en moins, c’est avoir un autre rapport au monde et utiliser une autre langue. La langue des signes a été reconnue comme “une langue à part entière”.
Ce moyen de communication a mis deux siècles à être reconnu en France, .

Samuel a 42 ans et vit à Marmagne en Saône-et-Loire. Il est sourd de naissance, il a appris cette langue dès l’âge de 4 ans, dans une école spécialisée, ce qui lui a facilité la vie.

Avant d’apprendre la langue des signes, quand les professeurs me parlaient il fallait que je lise sur leurs lèvres. C’était un peu compliqué l’école quand j’étais petit.

Il a souhaité nous rencontrer  pour montrer aux personnes entendantes que la surdité n’est pas un obstacle à la communication. Samuel a également souhaité partager quelle était la vie d’une personne sourde.
Il constate que les entendants ne savent pas comment se comporter face à une personne sourde. pour lui, même si tout le monde ne connaît pas la langue des signes la communication est possible grâce à l’écrit, SMS, et au mime.

Il faut être dans l’interaction et prendre ce qu’il y a à prendre.

Il pense que communiquer est toujours possible, à condition de ne pas avoir peur. Lui-même reconnait être timide et avoir peur quand il rencontre de nouvelles personnes.

Samuel regrette que beaucoup trop de choses soient inaccessibles pour les sourds. Il estime que son handicap a rendu son parcours vers la vie professionnel plus difficile que pour les autres.

Je suis au chômage et je pense que c’est lié à ma surdité.

Jeune, le rêve professionnel de Samuel était d’être soudeur.

Cela a été très compliqué cependant j’ai tout de même réussi mais cela m’a pris beaucoup, beaucoup de temps. 

♦ La Langue des signes française (LSF)

La langue des signes est “une langue à part entière”, c’est une langue visuelle qu’utilisent les sourds pour communiquer entre eux mais aussi avec les entendants.
Cette langue comporte une syntaxe et une grammaire. Il n’y a pas de langue des signes universelle et il en existe autant que de communautés de sourds.
Sur la centaine existante dans le monde, seules quelques-unes ont obtenu une reconnaissance légale. C’est le cas en France, ou la loi du 11 février 2005  désigne la langue des signes française (LSF) “comme une langue à part entière”.  

Au-delà d’une langue, c’est toute la richesse d’une culture, “la culture sourde”, qui a été enfin reconnue. Ppendant longtemps, les sourds ont été isolés et ne disposaient pas d’un langage gestuel élaboré pour communiquer. Les enfants sourds étaient considérés comme des simples d’esprit.

Cette langue a vu le jour dès 1760 quand l’abbé Charles Michel l’Epée ouvre une école à Paris et utilise une langue des signes pour instruire des enfants sourds. Ce bâtiment existe toujours, c’est l’institut Saint-Jacques.

Dès la fin du 19eme siècle “les oralistes” (ceux qui privilégient le langage oral pour les sourds) la marginalise. La langue des signes est proscrite et jusqu’en 1976 son enseignement est interdit.

♦ L’emploi, un parcours semé d’embûches

Etre sourd reste encore un frein pour accéder à un emploi, le taux de chômage est trois fois plus élevé que pour les entendants.

Selon une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, et de l’Evaluation et des Statistiques), publiée en août 2014 :
• Les personnes entre 20 et 59 ans sourdes ont des niveaux de diplômes inférieurs aux entendants.
33% d’entre elles, sourdes avant 20 ans, n’ont pas de diplôme d’enseignement supérieur.

Un phénomène qui a des effets sur le taux d’emploi : 28% des sourds actifs sont ouvriers.

Malgré ces chiffres, pas très optimistes, la société évolue et prend de plus en plus en compte les problèmes des personnes sourdes.

Par exemple, des dispositifs ont été mis en place pour leur faciliter la recherche d’emploi. Depuis juin 2017, Pôle emploi accueille les personnes sourdes avec une tablette pour faciliter la communication : elle permet de se connecter à une plateforme qui les met en relation avec un interprète en langue des signes française.

Il existe également des structures comme Cap emploi qui accompagnent les personnes sourdes dans leur parcours professionnel et sensibilise les employeurs.

Source FR3.

Un jeune de 19 ans se nourrissant uniquement de malbouffe devient aveugle…!

Un adolescent qui ne mangeait que des aliments ultra-transformés a récemment perdu la vue : dès l’âge de 15 ans, les problèmes de vision ont débuté, ainsi que des soucis auditifs.

Un jeune de 19 ans se nourrissant uniquement de malbouffe devient aveugle. Saucisse, pain blanc et frites... Un menu peu équilibré...

N’étant pas en surpoids, les médecins ont eu du mal à poser un diagnostic. Mais lorsque le jeune homme leur a avoué que depuis l’école primaire, il mangeait uniquement des frites, des chips, du jambon, des saucisses et du pain blanc.

Mais ce régime alimentaire a forcément des conséquences, comme le précise le Sciencepost. Les problèmes de santé du jeune homme ont commencé dès 14 ans : il se plaignait d’une grande fatigue.

Lésions au niveau de certains systèmes nerveux

S’en sont suivis des problèmes auditifs et des troubles de la vision, dès l’âge de 15 ans. Des analyses ont été effectuées. Des carences ont alors été repérées et cela ne s’est pas arrangé avec le temps : souffrant d’anémie, et de carences en vitamines B12, D, cuivre…

Ce n’est qu’une fois que les médecins ont su pour son régime alimentaire qu’ils ont compris. Mais malheureusement il était trop tard : le jeune homme était atteint de neuropathie optique nutritionnelle et il est devenu aveugle à 17 ans. Et cela est irréversible.

Il a dû abandonner son cursus universitaire

Le cas de ce jeune homme a été publié ce mardi 3 septembre dans la revue Annals of Internal Medicine. Il a dû abandonner son cursus universitaire en informatique. Les carences nutritionnelles ont eu raison de sa vue. Comme quoi la junk food n’est pas, mais vraiment pas bonne pour la santé. À bon entendeur…

Source MIDI LIBRE.

Au Panthéon, l’histoire de la « communauté » des sourds…

L’exposition « L’Histoire silencieuse des sourds » rend hommage jusqu’au 6 octobre aux artisans de la langue des signes.

Installé au Panthéon, le parcours, riche en archives et documents audiovisuels inédits, retrace une histoire méconnue et bat en brèche de nombreux lieux communs sur la surdité.

Au Panthéon, l’histoire de la « communauté » des sourds

Dans la fraîcheur des marbres du Panthéon, touristes et vacanciers s’arrêtent, envoûtés par le balancement ininterrompu du pendule de Foucault. Mais l’observation de cette incessante mécanique est concurrencée depuis peu par une exposition temporaire qui présente aux visiteurs l’histoire méconnue des sourds et de la langue des signes. Un récit du passé tout aussi fascinant que le mouvement continu du pendule.

L’histoire d’une langue

Initiée par le Centre des monuments nationaux, cette exposition parisienne est en préparation depuis un an sous la houlette experte de Yann Cantin, enseignant-chercheur à l’université Paris 8. Son but : faire connaître cette « histoire silencieuse » des sourds. Mais attention : ce n’est pas l’histoire malheureuse et méprisée d’un handicap qui est retracée sous cette coupole. C’est celle d’une « communauté » au sens propre, dotée d’une spécificité physique et de son propre langage.

Cet angle d’approche permet de sortir d’une histoire doloriste du handicap, pour souligner l’extraordinaire capacité de la communauté sourde à créer des outils linguistiques pour s’insérer dans la société. On apprend ainsi qu’il existait déjà une première langue des signes au Moyen Âge, nouée au contact des moines qui vivaient eux aussi dans le silence.

L’illettrisme des sourds n’était jadis pas un frein, puisque la majorité de la population ne savait pas lire… Il n’empêche qu’au siècle des Lumières, on se soucie de plus en plus de leur éducation : l’exposition souligne l’œuvre pionnière de l’abbé de L’Épée, qui développa l’instruction des enfants sourds, par le biais de la gratuité… et de la langue des signes.

Un colossal travail d’archives

Comme le rappelle l’actrice Emmanuelle Laborit (Molière 1993) dans une des vidéos qui ponctue le parcours, ce langage à part entière donne les moyens de dépasser le handicap de la surdité, en s’intégrant socialement, intellectuellement et culturellement : sans elle, pas de vraie instruction, pas de vraie expression.

Alors que les sourds étaient bien intégrés dans la société jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’exposition montre des régressions à partir de la IIIe République et jusqu’à la fin du XXsiècle. En cause : la doctrine « oraliste », qui prône l’interdiction d’une langue des signes, jugée trop archaïque pour le monde moderne en train de se construire. Est alors partiellement détruit le travail des bâtisseurs de la langue des signes, aujourd’hui reconstitué par un travail d’archives remarquable, dont le commissaire Yann Cantin est en grande partie à l’origine.

Une exposition adaptée à tous les publics

Linguiste et historien, il a mis beaucoup de lui dans cette aventure, puisqu’il est le seul enseignant-chercheur sourd titulaire en histoire en France. Son credo pour ce projet : « Il faut oublier tout ce que l’on croit savoir. » Nourri de son expérience de guide conférencier pour le public sourd, il a apporté, en plus de son expertise scientifique, son expertise scénographique pour adapter l’exposition à tous les publics.

Outre la présence régulière d’interprètes, est ainsi proposé un parcours en 4 langues : français, anglais, langue des signes française et langue des signes internationale. Des portraits-vidéos en langue des signes, sous-titrés pour le public entendant, reconstituent la manière dont on pratiquait les signes autrefois : comme toute langue vivante, la langue des signes évolue…

« Aux grands hommes la patrie reconnaissante », proclame le frontispice du Panthéon : au-delà des Hugo, Jaurès et Malraux, on sort de cette exposition parisienne avec de nouvelles grandes figures à admirer.

« L’Histoire silencieuse des sourds », au Panthéon jusqu’au 6 octobre.

Renseignement pour les visites en langue des signes : public.sourd@monuments-nationaux.fr et www.paris-pantheon.fr

Source LA CROIX.

VIDÉO. Une fillette de 3 ans traduit un livre pour enfants en langue des signes…

Quand une petite fille de 3 ans, atteinte de surdité, traduit à sa maman un livre pour enfants en langue des signes…

La vidéo enchante le web.

Raelyn, 3 ans, atteinte de surdité, mains virevoltantes, visage expressif, lit et traduit un livre pour enfants.

Belle maîtrise. Émouvante démonstration. La langue des signes à la fois poétique, imagée, précise – et, si l’on juge par la dextérité de cette enfant de 3 ans, pas si difficile que ça à apprendre.

La scène se déroule au Texas (États-Unis). Le dimanche 21 juillet, Kendra Laird a voulu partager sur sa page Facebook la vidéo où l’on peut découvrir sa fille, Raelyn, atteinte de surdité, mains virevoltantes, visage expressif, lire et traduire un livre pour enfants. Le post a été vu par près de 480 000 personnes, partagé et commenté plusieurs milliers de fois.

Sous cette vidéo, la maman explique qu’elle n’a jamais été un « rat de bibliothèque », mais sa fille, elle, l’est. « Je suis tellement ravie, ajoute Kendra Laird. Pour elle, je me suis engagée à lui lire beaucoup de livres pour qu’elle puisse s’épanouir ».

Et la maman de conclure : « S’il vous plaît ne comparez pas les enfants entre eux. Cela ne sera pas toléré dans les commentaires de ce post. Chaque enfant est unique ».

Source OUEST FRANCE.

Handicap et accessibilité: Comment la langue des signes s’adapte-t-elle à l’actualité?…

« Gilets Jaunes », « Donald Trump »… Les sourds créent sans cesse de nouveaux signes pour parler de l’actualité médiatique

300.000 Français emploient la langue des signes française.

  • Alors que l’accès à la culture et aux médias est en pleine mutation numérique, les sourds et aveugles sont-ils les grands oubliés de cette révolution ?
  • « 20 Minutes » passe en revue diverses pratiques culturelles pour savoir quelles initiatives étaient mises en place pour une meilleure accessibilité des œuvres.
  • Aujourd’hui, nous examinons comment la langue des signes française enrichit son dictionnaire de nouveaux signes pour coller à l’actualité médiatique.

« Ne parlez pas de langage, mais bien de langue ! Avec sa culture et son territoire », prévient Stéphane Barrère, de l’AFILS. Cette association est la référence des traducteurs et interprètes de la langue des signes, la langue maternelle d’environ 300.000 français. Créée dans les années 1990, l’association a pour objectif entre autres, d’éditer le code éthique des interprètes de la langue des signes. Trois piliers : le secret professionel, la fidélité du message traduit et la neutralité.

Stéphane Barrère, lui, s’est retrouvé interprète « par hasard ». « La LFS (langue française des signes), c’est comme une langue, étrangère, qui évolue avec le temps. Il y a 30 ans par exemple, le signe Internet n’existait pas. Aujourd’hui, on a celui pour Facebook, Instagram, Twitter…. ».

Un dictionnaire pour les signes

Cette année, « darknet », « dégagisme » ou « ubériser » ont fait leur entrée dans l’édition 2019 du Robert. Qu’en est-il pour la LFS ? Des nouveaux signes ont-ils pointé le bout de leur nez ? « Nous n’avons pas d’Académie française du signe. Mais nous avons des dictionnaires, explique Stéphane Barrère. Seulement, exposer des signes sur du papier, c’est figer un signe et ce n’est pas évident. Les signes se développent avec tout le corps, avec l’expression du visage, la peur, la tristesse… ».

Mieux adapté, le site Elix par exemple, propose de traduire les mots français en signes, via des vidéos. Il existe même des dictionnaires de langues comparées car il n’existe pas de langue des signes internationale. « La langue des signes s’imprègne de la culture, de la société. Par exemple, le signe français du bébé ne sera pas le même que celui d’une langue des signes africaine. Le signe du bébé français sera devant, alors que celui africain, derrière. Mais la grammaire des langues des signes étrangères reste semblable. »

L’apparition des nouveaux signes

Le 11 février 2005 donne naissance à la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi va faire un peu bouger les lignes dans les médias : les personnes en situation de handicap doivent avoir accès à l’information. Les chaînes d’informations en continu font donc appel à des interprètes pour certains de leurs journaux (le journal de 12h de FranceInfo, celui de 13h de BFM TV, et 16h30 pour CNews…) « Il y a aussi les bandeaux, les sous-titres, mais il ne faut pas oublier que pour certains sourds, le français n’est pas leur langue maternelle. » Les chaînes ont parfois aussi tendance à afficher les traducteurs « en trop petit à l’écran » et parfois, ils oublient de porter du noir. Les hauts colorés ou rayés sont plus fatigants à regarder…

Des médias comme websourd et média’pi ont alors vu le jour : tous les journaux et dépêches AFP sont proposés en langue des signes. Des sourds qui parlent aux sourds. Ils ont également une autre portée : « Ils jouent un rôle aussi dans la création des nouveaux signes, qui se pense au sein de la communauté », explique Stéphane Barrère. Le signe, comme le mot, a une vie : tic de langage, mot à la mode ou emploi désuet…

Caractéristique physique et périphrase

Alors concrètement, comment on crée un signe et comment on le répand ? Pour les novices en politique, les signes se calquent sur une particularité physique, un détail : les deux grains de beauté de François Hollande, le nez pointu de Vladimir Poutine, les sourcils de Nicolas Sarkozy ou les pattes d’Emmanuel Macron, la mèche de Donald Trump… Pour les « Gilets Jaunes », la traduction littérale a été choisie. Enfin pour ce qui est de mots plus précis, on utilise des périphrases, par exemple le pédiatre : celui qui soigne les enfants. « On préférera par exemple traduire l’expression “le locataire de la Maison-Blanche” par “le président des Etats-Unis”. Il doit y avoir une adaptation culturelle. » Cette adaptation n’est pas toujours une simplification, au contraire. Les jeunes sourds ont leur vocabulaire, leurs manières… Des concours d’éloquence sont même organisés par l’INJS, l’Institut national de jeunes sourds.

250 ans après l’ouverture de la première école destinée aux sourds créée par l’Abbé de l’Epée, la communauté se bat pour faire valoir ses droits et a manifesté il y a quelques jours, le 20 juin, pour réclamer, entre autres choses, l’inscription de la LSF dans la Constitution. Mais comment dit-on « Constitution » en langue des signes ?

Source 20 MINUTES.

Un partenariat pour «changer la donne» dans la recherche sur la surdité…

L’Institut Pasteur, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et la Fondation pour l’audition ont annoncé vendredi avoir conclu une «alliance» pour accélérer la recherche sur les troubles auditifs, encore mal connus et qu’on ne sait pas guérir.

Audition

Cette alliance, qui se concrétisera notamment par l’ouverture d’un Institut de l’audition dans le sud-est de Paris à l’automne, a pour ambition de «devenir rapidement leader européen dans la lutte contre la déficience auditive», ont expliqué les trois organismes dans un communiqué commun.

L’idée est d’accélérer le passage de la recherche fondamentale aux essais cliniques et à la commercialisation d’éventuels traitements, en rassemblant des chercheurs de différentes disciplines dans une structure dédiée, à l’image de ce qui existe déjà pour les maladies génétiques avec l’Institut Imagine ou pour les troubles neurologique avec l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM).

Alors que 6 millions de Français et 466 millions de personnes dans le monde sont concernés par un déficit auditif, il y a dix fois moins d’équipes de recherche dans l’audition que dans la vision, soulignent les trois partenaires. Les troubles de l’audition sont encore mal connus, on peut les compenser par des prothèses mais pas les guérir et même les outils de diagnostic et d’exploration ne sont pas assez précis à ce jour, ajoutent-ils.

L’Institut de l’audition sera intégré à l’Institut Pasteur et s’occupera de la partie recherche fondamentale. Il sera dirigé par Christine Petit, professeur au Collège de France et chercheuse reconnue pour ses découvertes sur les gènes responsables de certaines formes de surdité héréditaire. Son laboratoire de recherche intégrera des généticiens, des biologistes moléculaires, mais aussi des orthophonistes, des acousticiens et des psychologues.

Ce nouveau pôle de recherche fondamentale est financé en grande partie par la Fondation pour l’audition. Cet organisme de mécénat, créé par l’héritière de L’Oréal Françoise Bettencourt Meyers, son époux Jean-Pierre Meyers et la Fondation Bettencourt Schueller, explique avoir «décidé d’apporter plus de la moitié de son budget total de 100 millions d’euros pour permettre la mise en place de cet écosystème innovant».

L’AP-HP contribuera de son côté à la recherche clinique, en s’appuyant sur un réseau de centres d’études et recherche clinique en audiologie (Cerca), coordonné par Françoise Denoyelle, actuelle cheffe de service d’ORL pédiatrique et de chirurgie cervico-faciale de l’hôpital Necker-Enfants Malades (Paris). Le premier de ces Cerca ouvrira à l’automne à l’hôpital Necker-Enfants Malades, suivi d’un autre en 2020 à la Pitié-Salpêtrière.

Source LE FIGARO.

On a testé le “subpac”, le sac à dos pour profiter d’un concert quand on est sourd, proposé par le Festival Clin d’Oeil…

Jusqu’au 7 juillet, à Reims, le Festival International des arts en langue des signes propose aux sourds et malentendants d’assister à ses concerts avec un subpac, un système qui accentue les vibrations du son.

A terme, ce dispositif pourrait être proposé dans d’autres festivals de la région.

Le "subpac", sorte de harnais immersif, permet d'accentuer les vibrations d'un concert / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne

Deux bretelles, une plaque qui rappelle les protections dorsales des motards, un boîtier accroché sur le côté, et une sangle pour fixer le tout. A mi-chemin entre le gilet et le harnais, difficile de décrire à qui n’en a jamais vu, à quoi ressemble un subpac. Inventé en 2013, ce dispositif est à la fois utilisé par des gamers pour accentuer leur expérience de jeu, et des sourds et malentendants pour assister à des concerts. Une technologie que le Festival Clin d’œil, festival international des arts en langue des signes à Reims, propose à ses visiteurs de tester.

On ressent les vibrations de la musique, c’est une manière de participer pleinement au concert
– David de Kayzer, directeur du festival Clin d’œil

Des vibrations qui traversent le corps

Un peu déstabilisant, il n’existe pas vraiment d’équivalent à ce dispositif, le subpac s’enfile comme un gilet. Une fois les sangles réglées, il se fait rapidement oublier. La partie dorsale, où se trouve le plus gros de la technologie, se loge contre la colonne vertébrale. Avec sa batterie, l’ensemble du harnais pèse à peine plus de 2kg. Mais l’ensemble est capable d’envoyer des vibrations très fortes.

Une trentaine de "Subpac" comme celui-ci sont proposés sur Clin d'oeil / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne

Le boîtier sur la gauche permet à la fois de traduire les sons environnants, ou envoyés via une prise audio, en vibrations et de régler le “volume“, l’intensité des vibrations. Dans le cadre du festival, la régie son se charge d’envoyer en simultané à tous les gilets mis en circulation, la musique jouée sur scène au même moment.

“J’adore !” agiles, les mains de David de Kayzer enchaînent les signes. Lorsqu’on lui demande son avis sur ce gilet immersif, ses traits s’éclairent “c’est une manière de vivre pleinement un concert”. Fondateur du festival et lui-même sourd, il assiste depuis longtemps à des concerts. D’ordinaire, comme de nombreux sourds, il se place au premier rang, devant les enceintes, pour ressentir les vibrations de la musique. Ou, comme il le signe, pour “entendre”.

“Parfois, la musique n’est pas très forte, quand il ne faut pas déranger le voisinage par exemple. Les gilets, ça permet d’entendre quand même les vibrations.”
– David de Kayzer, directeur du festival Clin d’œil

Autre point fort du subpac, il permet aux personnes sourdes et malentendantes de se déplacer pendant un concert. “On entendra quand même” explique-t-il, ravit, “ça nous permet d’emporter la musique avec nous”.

Généraliser l’accès au gilet immersif

Pour cette neuvième édition, la première avec des gilets immersifs, l’organisation s’est procurée 30 subpacs. Une goutte d’eau, quand on sait que le festival enregistre en quatre jours plus de 15.000 entrées. Mais le dispositif coûte cher : 30.000 euros pour cette année, financés par le ministère de Culture, un partenaire privé, et avec une réduction du fabriquant.

Cinésourds, l’association derrière Clin d’œil, réfléchit à une manière de prêter ces gilets à d’autres festivals le reste de l’année. “Comme ça, on pourra avoir un peu plus d’accessibilité ailleurs pour les personnes malentendantes” expose David de Kayzer “sur un gros festival, on pourrait toucher une vingtaine de sourds”. Dans les tiroirs, des discussions avec la Magnifique Society et le Cabaret Vert.

Vivre la musique

Car les personnes sourdes et malentendantes sont de plus en plus nombreuses à participer à des concerts, à profiter de la musique, et parfois même, à en créer. Le monde du son c’est de moins en moins restreint, il y a de plus en plus d’ouverture et de possibilité” témoigne David de Kayzer “il y a des gens qui à 30 ou 40 ans, commencent à aimer la musique”.Les évolutions technologiques, comme le subpac, mais aussi les logiciels et l’informatique multiplient les opportunités et les moyens de créer.

On est toujours sourds, ça ne change pas, mais on a de plus en plus d’options pour ressentir, aimer et vivre avec la musique et du son au quotidien. On commence petit à petit à l’apprivoiser
– David de Kayzer, directeur du festival Clin d’œil

D’ailleurs, à Clin d’œil, de nombreux artistes sourds se produisent chaque année. Des chanteurs, qui signent leurs textes pendant des morceaux, comme Signmark, ou même des compositeurs comme Sean Forbes

Sur sa chaîne Youtube, l’artiste sourd Sean Forbes joue sur les préjuggés

Ouvert à tous, entendants compris, le festival se vit comme un “laboratoire” des manières dont les sourds et malentendants, dont les niveaux de perceptions des sons peuvent être très variés, vivent la musique. En face d’une grande scène, autour desquels des vidéos diffusent des textes en langue des signes, un dancefloor vibrant permet de compléter l’expérience. “On a beaucoup de jeux de lumières, on essaie de faire en sorte que ce soit raccord avec la musique” ajoute David de Kayzer.

Un peu plus loin, deux containers fermés proposent une expérience unique: “Crazyland“, un lieu confiné où le son est poussé à l’extrême. Mais ça, “ça n’est pas pour les entendants, il ne vaut mieux pas y aller” confie, avec beaucoup de malice dans le regard, le directeur de ce festival unique en France.

Dans ces deux containers, une expérience musicale intense, et interdite aux entendants / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne
Dans ces deux containers, une expérience musicale intense, et interdite aux entendants / © Johanna Albrecht / France 3 Champagne-Ardenne

Jeunes sourds et aveugles : nouvelle mobilisation contre le projet d’« école inclusive »…

Après l’appel des syndicats des instituts des jeunes sourds et aveugles, une soixantaine de parents d’élèves ont manifesté ce mercredi 3 juillet à Paris, contre le projet d’école « inclusive ».

Les manifestants pointent du doigt des mesures « trop rapides », qui visent à faire appel à des accompagnants d’élèves en situation de handicap, insuffisamment formés selon eux.

Jeunes sourds et aveugles : nouvelle mobilisation contre le projet d'« école inclusive ». Un élève en école primaire (Photo d'illustration)

Une soixantaine de parents d’élèves et professeurs des instituts de jeunes sourds et aveugles se sont rassemblés mercredi devant la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) à Paris pour protester contre le projet d’école « inclusive » du gouvernement, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Ne restez pas sourds à nos revendications », était-il écrit sur les pancartes des manifestants. Il s’agit de la troisième mobilisation depuis avril à l’appel des syndicats des instituts des jeunes sourds et aveugles, qui réclament une « vraie concertation ».

« Un enfant sourd ou aveugle doit être constamment accompagné par un professionnel »

La secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, prévoit l’intégration d’un plus grand nombre d’élèves handicapés de ces instituts en « milieu ordinaire » pour développer « l’école inclusive », notamment en formant davantage d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap).

Des mesures « trop rapides » selon Thierry Klein, professeur de langue des signes française à Metz : « Un enfant sourd ou aveugle doit être constamment accompagné par un professionnel, pas par des AESH ».

Ces derniers sont insuffisamment formés, a souligné Youssef Alami, professeur de mathématiques à l’Institut national de jeunes sourds de Paris. « Nous avons plus de 1 000 heures de formation, alors que les AESH n’en ont qu’une soixantaine », a-t-il fait valoir.

Plus de 1 000 élèves au total sont scolarisés dans les quatre instituts nationaux des jeunes sourds (INJS) et à l’Institut national des jeunes aveugles (INJA), ce qui représente 9,2 % des jeunes sourds et 3,6 % des enfants aveugles.

Source OUEST FRANCE.

Au Fournil de Fèwen, tout le monde apprend la langue des signes pour pouvoir parler avec Marie…

Dans la région rennaise, à Tinteniac, tous les salariés d’une boulangerie ont décidé d’apprendre la langue des sourds pour mieux intégrer dans leur équipe Marie qui depuis sa naissance ne perçoit aucun son.

Une belle initiative pour lutter contre l’exclusion et favoriser l’intégration en entreprise.

Au Fournil de Fèwen, tout le monde apprend la langue des signes pour pouvoir parler avec Marie

Au laboratoire devant les fours et les baguettes en préparation, Nicolas, Gustave et Marie se partagent le travail. Tous les trois sont ouvriers boulangers au fournil de Fèwen, dans le petit bourg de Tinténiac en Ille-et-Vilaine. Beaucoup de connivence dans l’équipe et pourtant à 28 ans, Marie ne parle pas. Sourde profonde de naissance, elle ne perçoit que les vibrations et communique uniquement par signes. Ses collègues ont donc décidé d’apprendre son langage.

De retour de week-end, ils plaisantent tout en surveillant la cuisson des pains. « Tes résultats de foot, ça a donné quoi, tu as perdu ? », demande Gustave à Marie en faisant les bons gestes. Elle fait partie d’une équipe de sourds sur Rennes et Gustave malgré le handicap de sa collègue, n’a aucun problème pour comprendre sa réponse. Tous deux se sont croisés dans un autre établissement. C’est lui qui l’a recommandé pour ce nouvel emploi. Au début, chacun se comprenait comme il pouvait, avec des petits mots sur des ardoises ou par des mimes.

Grâce à l’initiative de la gérante, les choses ont changé. Karine Guerin-Duhaubois a contacté l’URAPEDA (association de parents d’enfants déficients auditifs). Durant cinq mois, jusqu’en juillet, deux heures par semaine, un professeur de langue des signes vient initier le personnel aux rudiments. L’initiation, financée via une aide disponible pour les entreprises, se fait au-dessus de la boulangerie.

On troque les tabliers et les blouses pour se réunir autour d’un petit tableau pour pratiquer des exercices ludiques. Chacun y met du sien et s’est peu à peu rendu compte qu’en rétablissant le dialogue avec Marie, elle était moins isolée lors des repas pris en commun ou des petits moments de convivialité. « Apprendre cette langue, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir sur la différence, c’est épanouissant et ça peut nous éviter de nous refermer face à l’autre », précise Nicolas.

Marie, elle, semble désormais tout à fait à l’aise dans l’équipe. Avec un plus, parce que ses collègues ont aussi assimilé un peu de lexique en lien avec le métier et qu’elle les voit progresser.

La formation à la langue des signes est payante, mais prise en charge par des aides offertes aux entreprises. Aussi, la gérante aimerait donner l’exemple et inciter d’autres patrons à intégrer des salariés en situation de handicap. « Cela ne doit pas faire peur, il faut juste oser. Beaucoup de sourds sont au chômage, c’est injuste ».

Source FRANCE INFO.