Carrefour met en place une formation en langue des signes pour ses salariés…

En présence de Sophie Cluzel, Carrefour a lancé, lundi 11 octobre 2021 en Essonne, un dispositif national de formation et de sensibilisation à la langue des signes française.

Carrefour met en place une formation en langue des signes pour ses salariés. Sophie Cluzel, Alexandre Bompard

 

Lundi 11 octobre 2021, la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, s’est rendue au magasin Carrefour de La Ville-du-Bois (Essonne).

Cette dernière est venue assister au lancement d’un plan d’action au sein de l’enseigne visant à développer l’apprentissage de la langue des signes française dans tous ses magasins. L’objectif : proposer la meilleure expérience aux clients sourds ou malentendants.

Dix signes pour faciliter l’accueil

Développée en partenariat avec l’Association Régionale pour l’Intégration des Sourds (ARIS), cette campagne doit sensibiliser et former les salariés du groupe à la langue des signes française.

Pour ce faire, Carrefour vient donc de lancer le dispositif « Oui » qui prévoit l’apprentissage de dix expressions par le personnel de chaque magasin.

Entre « bonjour », « oui », « merci » ou « ticket de caisse », ces signes serviront à accueillir correctement la personne sourde ou malentendante. « Un simple geste en langue des signes française constitue un premier pas vers le client », explique Bertrand Swiderski, le directeur développement durable et RSE.

Pour perfectionner cet accueil, une fiche mémorielle sera également installée à chaque caisse des magasins. Elle rappellera les dix signes enseignés pour faciliter le passage.

Un salarié formé dans chaque magasin d’ici 2022

Pour faciliter cet apprentissage, l’enseigne se propose d’organiser des séances de sensibilisation et de formation pour les salariés volontaires. « Le but est qu’au moins un collaborateur par magasin puisse être formé à l’accueil en langue des signes française d’ici fin 2022 », précise Bertrand Swiderski.

Si « un pas » est fait vers les clients sourds ou malentendants, le plan d’action du groupe Carrefour est également à destination des salariés victimes de surdité. Pour cela, une journée de formation aura lieu dans chaque hypermarché de la marque embauchant une personne sourde.

Source ACTU.

Enfants malentendants : le langage des signes évite le retard de développement…

Communiquer aux enfants en utilisant le langage des signes est tout aussi “nourrissant” pour leur cerveau que communiquer par la parole.

Enfants malentendants : le langage des signes évite le retard de développement

 

Pour leur bon développement cognitif, les bébés ont besoin d’être nourris de parole. Pour certains enfants malentendants, leur condition provoque souvent un retard de développement. Mais des chercheurs américains estiment, dans une étude parue le 11 octobre dans la revue Child Development, que le langage des signes est tout aussi bénéfique pour le développement des enfants que la communication verbale.

La communication trop souvent associée à la parole

Les enfants malentendants ont souvent des retards de développement et des recherches précédentes ont établi un lien entre de tels retards et une exposition inadéquate au langage au début de la vie. La grande majorité de ces recherches, notent les auteurs de la nouvelle étude, ont associé le langage à la parole. “Presque aucun n’a étudié le développement cognitif des enfants sourds élevés avec la langue des signes, assure Corina Goodwin psycholinguiste et autrice principale de l’étude. Nous constatons qu’une exposition précoce à la langue, qu’elle soit signée ou parlée, favorise le développement de compétences cognitives typiques.”

Pour l’étude, les chercheurs ont recruté 123 enfants, âgés de 3 à 7 ans. Parmi eux, 46 avaient une bonne audition et 77 étaient sourds ou malentendants. Dans ce dernier groupe, 26 ont été exposés au langage des signes dès la naissance tandis que les autres ne l’ont été que plus tard dans la petite enfance. Les chercheurs ont demandé aux parents de répondre à des questions évaluant le fonctionnement exécutif des enfants, c’est-à-dire leur comportement, pensées et émotions devant de nouvelles situations.

Avoir un accès précoce au langage, quel qu’il soit

Les résultats n’ont montré aucune différence entre les enfants exposés à la langue à la naissance, qu’elle soit parlée ou faite avec des signes. Par contre, les enfants qui ont tardé à être exposés au langage avaient tendance à avoir plus de problèmes avec le fonctionnement exécutif. “Nous avons montré que les retards qui ont été observés dans les études précédentes ne concernent pas leur surdité, mais un accès précoce au langage, précise Marie Coppola, psychologue et co-autrice de l’étude.”

Source POURQUOI DOCTEUR.

TARN – Lautrec. L’office de tourisme décroche le label « Tourisme et Handicap »…

L’office de tourisme peut désormais accueillir et satisfaire tous les publics non-voyants, malentendants, etc. 

Le label présenté par Lucie et Véronique et l’appareil  boucle magnétique. Photo DDM GC

 

Soucieux d’accueillir au mieux tous les visiteurs, l’Office de Tourisme Intercommunal du Lautrécois-Pays d’Agout, vient d’obtenir le logo distinctif « Tourisme et Handicap ». La CCLPA possède deux bureaux d’informations mais seul le bureau principal situé à Lautrec* a reçu le label qui récompense les efforts faits pour que chacun puisse profiter et partager les informations touristiques du territoire.

Cette nouvelle compétence concerne trois types de déficiences : mentale, auditive et visuelle. Pour ce faire Lucie la référente qui a œuvré pour obtenir cette distinction, nous explique les changements « j’ai dû entièrement repenser la signalétique sur les présentoirs. Par exemple la documentation triée par catégories et par secteurs géographiques a été écrite en grands caractères et traduite en pictogrammes. L’affichage des produits en vente également. Un comptoir d’accueil pour les fauteuils roulant a été aménagé avec un plan du village simplifié et imprimé en grand format en version « Facile à Lire et à Comprendre ».

Les plans et documents de visite sont traduits en braille et peuvent être prêtés sur demande. Les malentendants, qu’ils soient appareillés ou non, auront une boucle magnétique adaptée pour recevoir plus facilement les informations souhaitées. Enfin, un support vocal a été créé afin de rendre la visite de Lautrec accessible aux déficients visuels ». Sur le site internet de l’Office (www.lautrectourisme.com) une page dédiée rassemble toutes ces informations, et ce afin que les visiteurs puissent préparer leur visite en amont s’ils le souhaitent.

Le bureau annexe situé à Saint Paul Cap de Joux n’a pas le label « Tourisme et Handicap ».

* jardin de la mairie rue du Mercadial – 81440 Lautrec – Tél. : 05 63 97 94 41 ; Ouverture jours et horaires d’octobre à avril : mardi au samedi 9 h – 12 h 30 et 14 h – 17 h 30. – Email : lautrectourisme81@gmail.com

Quand le handicap dope l’innovation : le cas de Rogervoice pour faciliter les communications téléphoniques…

Olivier Jeannel a lancé l’application Rogervoice pour faciliter les communications téléphoniques pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Disponible en plusieurs langues, toutes les conversations sont automatiquement sous-titrées avec l’application.

 

Par la suite, Olivier Jeannel décide d’élargir l’offre de Rogervoice aux personnes sourdaveugles dont la conversation est retranscrite sur une interface en braille et la réponse vocalisée. La vocalisation des propos permet également à des personnes avec des troubles de la parole (mutisme, aphasie, bégaiement, etc.) de faciliter leurs appels. Zoom sur cette belle aventure entrepreneuriale où handicap, créativité et détermination sont source d’innovation.

Retour sur la genèse du projet

Olivier Jeannel est sourd profond depuis l’âge de 2 ans. Pour communiquer, il porte un appareil auditif et pratique la lecture labiale, mais rencontrait des problèmes pour avoir des conversations téléphoniques. « Le téléphone n’a pas de lèvres », rappelle-t-il avec malice. Il s’intéresse alors aux technologies de reconnaissance vocale qui connaissent une évolution considérable, notamment avec l’intelligence artificielle, qui permet de proposer des services sur mesure, selon les besoins. Le projet Rogervoice est en marche. Il entreprend tout de suite de passer à l’étude de faisabilité pour tester et valider la capacité de la reconnaissance vocale à transcrire une conversation sans faute ni délai. « Il fallait avant tout tester et avec ma surdité, j’étais à même de comprendre les attentes », souligne-t-il. Les premiers essais étant concluants, une campagne de financement est lancée pour réunir les fonds nécessaires et faire connaître plus largement le projet. Preuve de l’intérêt pour une telle solution, la campagne permet de collecter le double de la somme initialement fixée et de développer la première version de l’application.

 

Olivier Jeannel

Un succès qui encourage l’entrepreneuriat et l’inclusion

Rogervoice rencontre un vif succès avec pas moins de 2 millions d’appels rendus accessibles et le soutien de l’ensemble des opérateurs téléphoniques pour lancer et gérer, depuis 2018, l’accessibilité de leur offre de téléphonie pour tous leurs clients. Mais plus que des chiffres, ce qui touche Olivier Jeannel, ce sont les nombreux témoignages reçus qui témoignent de la pertinence de la solution. « Soulagement, liberté… Beaucoup d’utilisateurs nous remercient car Rogervoice leur permet de ne pas être dépendant des autres et donc d’avoir une vie personnelle et professionnelle plus épanouie » se réjouit-il. L’application satisfait les particuliers mais aussi les entreprises, qui peuvent favoriser l’inclusion de collaborateurs sourds ou malentendants.
L’équipe Rogervoice compte quatre personnes sourdes qui utilisent aussi l’application dans le cadre de leur travail, que ce soit pour des conversations téléphoniques ou des réunions en visio. « C’est là où le numérique, qui peut parfois être excluant pour les personnes en situation de handicap, se révèle un formidable levier d’inclusion avec le développement de solutions simples et innovantes pour leur faciliter le quotidien », explique-t-il.
Pour les entreprises, ce type d’innovation permet également de penser et concevoir différemment leurs produits et leurs services, en profitant de l’expérience de profils divers. Pour Olivier Jeannel, cette diversité doit d’ailleurs être perçue comme un avantage et encourager l’entrepreneuriat.

Source ORANGE.

ROUEN – Handicap auditif : un service adapté de contact avec la Ville…

Désormais, la Ville propose aux personnes sourdes et malentendantes un service gratuit de mise en relation adaptée avec la mairie, la police municipale et le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS). Via Rouen.fr.

Un service sur mesure pour l'accueil des personnes sourdes ou malentendantes

 

La Ville de Rouen rejoint des collectivités comme Paris, Grenoble, Poitiers ou Brest, qui ont adopté la solution Elioz pour franchir une étape dans l’accessibilité du service public : ce nouveau dispositif d’accueil s’adresse aux personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou ayant des difficultés d’élocution.

L’usager doit passer par le canal de Rouen.fr et activer sa webcam et son micro. Il est alors mis en contact gratuitement, via la plateforme d’interprétation Elioz Connect, avec l’un des trois pôles clés de l’administration municipale :

  • la mairie
  • la police municipale
  • le Centre Communal d’Action Sociale

Un opérateur-relais de Elioz Connect prend l’appel et assure le lien avec ces services municipaux. Trois modes de communication sont possibles :

  • Langue des Signes Française (LSF) avec un interprète
  • Transcription en Temps Réel de la Parole (TTRP) avec un transcripteur
  • Langue Parlée Complétée (LPC) avec un codeur

Le temps d’attente avant l’intervention de l’opérateur ne dépasse pas deux minutes ; idem pour la mise en relation avec le service municipal demandé une fois l’appel établi.

Source VILLE DE ROUEN.

Handicap et appels : Orange, Bouygues et SFR proposent un nouveau mode de communication gratuit et enrichissent leur offre…

Les trois opérateurs proposent via l’application Rogervoice aux personnes touchées par un handicap auditif ou visuel de pouvoir passer un appel téléphonique avec une solution adaptée, et l’adapte pour les personnes sourdes et aveugles.

Handicap et appels : Orange, Bouygues et SFR proposent un nouveau mode de communication gratuit et enrichissent leur offre

 

Reconnaissance vocale et accompagnement des utilisateurs : les personnes atteintes de surdicécité, soit d’une combinaison d’un handicap visuel et auditif plus ou moins prononcé, peuvent désormais passer des appels téléphoniques. Le service Rogervoice, proposé gratuitement aux abonnés Orange, SFR et Bouygues Telecom, intègre désormais un nouveau mode de communication inédit pour celà. “Ce mode compatible avec les plages braille disponibles dans le commerce repose sur l’accompagnement des utilisateurs par des professionnels de l’écrit, mais également sur des systèmes de reconnaissance vocale et de navigation adaptée au sein de l’application” explique la Fédération Française des télécoms.

Ce mode a été conçu en collaboration avec le Réseau National des SourdAveugles (RNSA) et l’Association Nationale pour les Personnes SourdAveugles (ANPSA). Une fois l’application téléchargée, la personne atteinte de surdicécité peut désormais utiliser la plage braille pour naviguer sur cette dernière. Lorsqu’elle désire passer un appel, il suffit de composer le numéro de son interlocuteur ou de le sélectionner dans le répertoire et de lancer l’appel via sa page braille.

Un intervenant vient ainsi prendre en charge l’appel et retranscrit les propos de l’interlocuteur sous forme de sous-titres sur l’application. En utilisant les technologies “VoiceOver” sur iOS ou “TalkBack” sur Android, l’utilisateur peut lire ces derniers directement sur sa plage braille. Il peut ensuite choisir de répondre oralement ou de taper ses réponses sur son clavier braille. Ses réponses seront transcrites en texte et le copilote Rogervoice pourra les répéter à l’oral au destinataire de l’appel.

Un service offert et un forfait enrichi

Pour rappel, toute personne disposant d’un forfait auprès d’un opérateur membre de la Fédération Française des Télécoms, c’est-à-dire Orange, La Poste Mobile, SFR, Bouygues Telecom et Bouygues Telecom Business Distribution (Auchan Télécom, Cdiscount Mobile, CIC Mobile, Crédit Mutuel Mobile ou NRJ Mobile) dispose d’une heure de communication offerte chaque mois (renouvellement automatique) depuis l’application Rogervoice. La FFT annonce d’ailleurs qu’à partir du 1er octobre 2021, le forfait passera à 3 heures par mois.

Free pour sa part propose sa propre solution dédiées aux personnes sourdes et malentendantes avec le Relais téléphonique Free. Le service permet aux Freenautes porteurs d’un handicap (sourds, malentendants et sourdaveugles) de bénéficier d’un service d’interprétation en français – langue des signes française (LSF), de codage en langage parlé complété (LPC) ou de transcription automatique instantanée.

Source UNIVERSFREEBOX.

7 chaînes YouTube qui sensibilisent au handicap en toute sincérité… 7 Vidéos…

Lorsqu’on pousse les portes de YouTube, on tombe dans une spirale envoûtante. On enchaîne les tutoriels, on se délecte devant des recettes, on s’inspire des dernières tendances mode…

7 chaînes YouTube qui sensibilisent au handicap en toute sincérité... 7 Vidéos...

 

Mais au milieu de ce brouhaha virtuel, certaines voix hissent le drapeau de la tolérance. Dans cette caverne d’Ali Baba 2.0, ces youtubeur·euse·s bienveillants s’apparentent à des pierres précieuses d’une grande rareté. Pour les dénicher, il suffit de taper les bons mots clefs. Sur YouTube, le handicap est leur cheval de bataille et il.elle.s entendent bien mettre K.O les idées préconçues.

12 millions de personnes en situation de handicap

Malentendant, malvoyant, autiste asperger, tétraplégique… tou.te.s muni.e.s de leur signature et de leur particularité, il.elle.s prouvent que le handicap est loin d’être un frein. L’an dernier, la France comptait près de 12 millions de personnes en situation de handicap. Sous-représenté.e.s dans la sphère publique, il.elle.s restent volontairement laissé.e.s dans l’ombre. Mais YouTube est devenu un terrain de jeu favorable pour leur donner de la résonance.

Armé.e d’une grande éloquence et d’une énergie débordante, ces as de la vidéo jonglent avec les mots et transforment les « maux » pour les rendre plus beaux. Aux antipodes des discours dramatiques que les médias adoptent, ces vidéos résonnent comme des hymnes à la vie. Prenez une belle dose d’optimisme.

1 – Mélanie Deaf : l’art de démystifier la surdité

Avec ses 65 900 abonné.e.s au compteur, Mélanie est l’incarnation même de la positivité. Avec son visage solaire et son sourire angélique, sur YouTube elle désamorce les idées préconçues qui entourent le handicap et notamment la surdité. Elle-même sourde de naissance, elle apprend la langue des signes (LSF) à l’âge de 16 ans. Pour la jeune Normande, c’est une révélation : elle veut propulser sa carrière dans cette voix et devenir professeure de LSF.

C’est principalement pour se débarrasser de cette phrase « Une personne sourde est forcément muette », qu’elle a créé sa chaîne « Mélanie Deaf ». À travers des vidéos pédagogiques et sur un ton presque amical, elle détache ces étiquettes qui lui collent à la peau. Avec les internautes, elle partage des moments de son quotidien, cocasses et drôles, mais aussi des détails plus poignants sur sa vie personnelle comme le harcèlement.

2 – Zaroule : croquer la vie à pleine dent en fauteuil roulant

Isabelle, connue sous le pseudo comique « Zaroule » est une femme pleine de vie, toujours à la conquête de nouvelles aventures. Née avec un Spina Bifida, une malformation de la colonne vertébrale, elle n’hésite cependant pas à se lancer dans des activités pimentées. La Québecquoise dynamique affiche toujours un sourire communicatif dans ses vidéos.

Relativiser, profiter et savourer chaque instant… un crédo omniprésent dans chaque contenu. Malgré son handicap, elle prouve que rien n’est impossible. Tantôt au sport d’hiver, en kayak, en randonnée, au camping… avec son allié à quatre roues, elle tord le cou aux clichés. Sa chaîne est un condensé de joie et d’optimisme.

3 – Just One Hand : le gamer à la main d’argent

Flavien Gelly s’est créé une identité virtuelle à son image : sincère et bienveillante. Atteint d’une atrophie congénitale du bras, cet as de la manette partage sa passion pour les jeux vidéo. Son handicap ne l’empêche pas de multiplier les parties et c’est ce qu’il prouve sur YouTube. Cependant, il regrette le manque de matériel adapté pour les gamers dans la même situation que lui. La route vers le progrès est encore longue. En lançant « Just One Hand » sur YouTube, il ouvre donc le dialogue et raconte ses expériences personnelles face aux jeux et aux consoles.

Le jeune homme donne des clefs pour appréhender le jeu de façon décomplexée. Il lève aussi le voile sur d’autres formes de handicap en parlant de surdité par exemple. Porte-voix des personnes rendues invisibles par la société, il mêle pédagogie et expérimentation. Plus récemment, il a publié des capsules vidéos remplies d’humanité qui mettent en relation e-sport et handicap.

4 – La vie ordinaire d’une personne de petite taille : 1m30 de bonne humeur

Sur fond d’humour et d’autodérision, Bernard appréhende le handicap sereinement. Né avec une achondroplasie, maladie génétique qui se manifeste par une « petite carrure », le quarantenaire a transformé sa particularité physique en emblème de caractère. Il mesure 1m30 et par le biais de ses vidéos décontractées, le youtubeur lyonnais nous rappelle que chaque être humain est unique. La normalité est un mythe.

Pour délier les paroles et enfin mettre en lumière les questions que tout le monde se pose, mais que personne n’ose prononcer à haute voix, Bernard se met à nu et se confie sans filtre. « Comment fais-tu pour retirer de l’argent au distributeur automatique ? », « Comment fais-tu pour conduire ? », « Tu arrives à t’habiller ailleurs que dans le rayon enfant ? »… autant d’interrogations « atypiques » qui trônent dans l’esprit des internautes. Au fond, Bernard éduque les mentalités et met un « stop » devant les préjugés.

5 – Vivien apprendre à écouter : une chaîne pour se faire entendre

Vivien, trentenaire, tient les rênes de cette chaîne YouTube, presque d’utilité publique tant elle est enrichissante. Sourd de naissance, Vivien n’a pas appris la langue des signes, mais l’oralité. Un parcours qui dénote aux yeux du grand public. Pourtant, comme il l’explique dans sa première vidéo : « Un sourd peut aussi parler, signer, lire sur les lèvres… Il peut aussi utiliser plein de moyens de communication pour se faire comprendre ». Dans cette logique, l’éducateur spécialisé multiplie les vidéos explicatives pour que les internautes posent un regard plus juste sur ce handicap.

Sa chaîne est un vivier d’informations utiles. Le youtubeur explore des thèmes variés : dans « Allô, ici un sourd à l’appareil », il donne des renseignements sur l’appareil auditif. Dans « Un sourd, pas un idiot », il explique ainsi aux entendants les sons et tonalités que les personnes sourdes perçoivent mal.

6 – Vivre avec : le poids des maux en vidéo

La cohabitation d’un jeune homme qui vit avec le Syndrome d’Ehlers Danlos : c’est le fil rouge de la chaîne « Vivre avec ». Après des années d’errance médicale, Matthieu, a découvert cette maladie chronique à l’âge de 16 ans. Il s’agit d’une maladie génétique rare qui touche le tissu conjonctif et provoque une anomalie du collagène.

Des douleurs articulaires, une grande fatigue, une peau fragile… les répercussions sur le corps et l’esprit sont nombreuses. Pourtant, Matthieu a longtemps souffert du regard méprisant de ses camarades. « T’es juste un peu fatigué », « Il n’y a pas de quoi en faire des tonnes, tu pourrais faire des efforts »… une minimisation qui pèse sur Matthieu. Pour lui, YouTube fait ainsi office de défouloir où il peut s’exprimer en toute liberté. Son but ? Éveiller les esprits sur cette forme de handicap encore méconnue.

7 – Fashioneyesta : la mode sous un nouveau jour

Malvoyante de naissance, Emily Davidson se lance sur YouTube pour prouver que la mode peut s’apprécier par le biais de nos quatre autres sens. Munie d’une douceur inégalable, la jeune femme fait tomber les préjugés sur les déficients visuels. Aussi, selon elle, la vue n’est que secondaire dans l’achat d’un vêtement, ce qui compte ce sont toutes les sensations qu’il procure. La youtubeuse explique également que cette forme de handicap n’est pas une barrière au style et que la mode peut s’apprécier sous toutes ses coutures.

De fil en aiguille, on devine son quotidien presque poétique. On sent l’odeur du cuir, les couleurs qui glissent sous les doigts, la finesse des broderies… Avec un brin d’humour, elle donne aussi des conseils pour mieux appréhender le handicap. « À quoi ça ressemble d’avoir ses règles quand on est malvoyant ? », « Comment un malvoyant utilise-t-il les nouvelles technologies »… Des thématiques aussi originales que salutaires.

De nombreux autres profils ingénieux et admirables mettent sur YouTube à plat les tabous qui planent encore au-dessus du handicap. En appuyant sur « play », on reçoit une bonne piqûre de rappel. Ainsi, grâce à ces chaînes YouTube, les « invisibles » sortent de l’ombre et tous les pans du handicap sont décortiqués.

 

Âge et perte d’audition : Pourquoi il est primordial de réagir dès les premiers symptômes ?…

 OUÏE – Une gériatre explique l’intérêt d’une prise en charge précoce des troubles auditifs.

Âge et perte d’audition : Pourquoi il est primordial de réagir dès les premiers symptômes ?

 

  • La perte d’audition liée à l’âge et ses conséquences peuvent être prévenues, compensées et prises en charge, selon notre partenaire The Conversation.
  • La prévention est d’autant plus importante que les troubles de l’audition constituent un facteur de risque de maladie d’Alzheimer ou apparentée.
  • L’analyse de ce phénomène a été menée par Anaïs Cloppet-Fontaine, gériatre.

La surdité est un des handicaps les plus répandus dans l’Hexagone : 7,6 millions de Français adultes déclarent souffrir de déficience auditive, soit 12,7 % des plus de 18 ans. À partir de 74 ans, cette proportion passe à 31 %, dont une grande partie relève de la presbyacousie.

Ce trouble auditif commence très tôt, dès 25 ans, mais devient généralement observable à partir de 55 ans. Or même si elle est inévitable, la perte d’audition liée à l’âge et ses conséquences peuvent être prévenues, compensées et prises en charge.

Parlez plus fort, mais pas seulement…

La presbyacousie est due à la dégradation de l’organe auditif, notamment de la cochlée, où sont situées les cellules sensorielles, mais aussi au niveau des voies et centres nerveux qui conduisent l’information auditive au cerveau. Le tympan et les osselets, qui transmettent mécaniquement l’onde sonore dans l’oreille interne, perdent par ailleurs leur souplesse et leur élasticité.

À côté des causes génétiques, le principal facteur de risque de survenue de la presbyacousie est l’exposition répétée à des traumatismes sonores. Sa prévention passe donc avant tout par la diminution de l’exposition à ces traumatismes, qu’elle soit professionnelle ou, et surtout, liée à l’usage des casques connectés à une source sonore, en durée, en fréquence d’utilisation, et en intensité.

Figure 2 : Coupe transversale de l’oreille © JNA Association pour le développement de la santé auditive pour tous (via The Conversation)

Survenant progressivement, la perte d’audition concerne principalement les sons aigus. La presbyacousie touche en effet principalement les cellules à l’œuvre dans la perception de ces sons. Ce faisant, elle altère la faculté à distinguer les différentes composantes sonores de la parole. Dans les environnements saturés en bruits parasites et agressifs, tenir une conversation devient difficile, parfois même impossible, car à la difficulté d’entendre s’ajoute celle de comprendre.

Paradoxalement, l’un des premiers signes de la presbyacousie est une hypersensibilité voire une intolérance aux environnements bruyants, et plus simplement aux bruits.

Influence de l’âge sur le degré de perte auditive © Cochlea (via The Conversation)

Stratégies de compensation

Les personnes presbyacousiques entendent mais ne comprennent pas. Chaque interaction est coûteuse en attention et en concentration, à tel point que le plaisir de la communication en pâtit. Pour éviter de faire répéter trop souvent ou de se retrouver rapidement dans l’incompréhension, elles ont tendance à user et abuser d’une stratégie de compensation qui consiste à conserver la parole.

Localisation des phonèmes de la parole sur les courbes de pertes auditives © André Chays/CHU Reims (via The Conversation)

À force de malentendus et d’incompréhensions dans les échanges, les presbyacousiques manifestent parfois des comportements agressifs et finissent par s’isoler. La presbyacousie est également associée à la survenue de syndromes dépressifs, de chutes et à la perte d’autonomie.

De plus, les troubles de l’audition constituent un facteur de risque de maladie d’Alzheimer ou apparentée. Des données récentes ont par ailleurs montré que le port d’un appareil auditif contribuerait à réduire le risque de déclin cognitif.

Dépistage, diagnostic, réhabilitation

Il est important de dépister précocement une éventuelle perte d’audition sur les fréquences aiguës, avant que ne surviennent les premiers signes d’une gêne sociale. Actuellement, il est recommandé de consulter un oto-rhino-laryngologiste (ORL) en cas de perte d’audition, mais aucun dépistage systématique n’est préconisé.

Il existe toutefois des tests auditifs qu’il est possible de mettre en œuvre seul, via des applications ou en ligne. C’est par exemple le cas du test Höra de la Fondation pour l’audition, ou du Digit Triplet Test. Néanmoins, à l’issue de ces autotests, une éventuelle suspicion ne se substituera pas à un diagnostic. Des examens complémentaires seront donc nécessaires. En effet, seul un ORL est habilité à poser un diagnostic de presbyacousie à partir d’une série d’examens spécifiques :

  • un examen otoscopique, pour ausculter la partie externe et moyenne de l’oreille.
  • une audiométrie tonale, pour mesurer la perception pure des sons.
  • une audiométrie vocale, pour mesurer la compréhension de la parole.

Ces examens ont pour objectif de confirmer le diagnostic de presbyacousie et d’éliminer les autres pathologies à l’origine d’une perte d’audition, telles que bouchon de cérumen, otite chronique, ou tumeur bénigne du nerf auditif par exemple. En fonction des résultats de ces examens, l’ORL peut alors recommander et prescrire un appareillage auditif.

Ledit appareillage sera mis en place par un audioprothésiste, qui opérera les différents réglages permettant un confort et une réhabilitation auditive optimum, et se charger du suivi. Il existe de nombreux appareils auditifs permettant de retrouver un niveau d’audition confortable. Dans cette démarche de réhabilitation, des séances d’orthophonie peuvent être prescrites.

Dans le cas des surdités profondes, lorsque certaines conditions sont rassemblées, la pose d’un implant cochléaire peut être envisagée. Cet appareil convertit les sons environnants, captés par un micro, en signaux numériques (des impulsions électriques), lesquels stimulent directement le nerf auditif via des électrodes insérées dans la rampe tympanique de la cochlée. Le cerveau les interprète alors comme des sons.

Tabous et résistances tenaces

On l’a vu, le bénéfice de la réhabilitation s’étend au-delà du simple gain d’audition. 82 % des personnes appareillées expriment une satisfaction quant aux apports de leurs aides auditives. Pourtant, seuls 41 % de Français malentendants seraient appareillés.

Différents types de prothèses auditives selon les degrés de surdité © https://lanielaudio.com/ (via The Conversation)

Les principaux freins à l’appareillage sont liés à la perception des troubles auditifs dans notre société – image négative du vieillissement, fonctions cognitives amoindries – ainsi qu’aux idées préconçues quant à l’efficacité des appareils auditifs et leur remboursement.

La situation pourrait toutefois évoluer : depuis le 1er janvier 2021, la réforme « Reste à charge zéro » améliore l’accessibilité à un appareillage de qualité en permettant une prise en charge à 100 % par l’ Assurance maladie et les complémentaires santé ou par la complémentaire santé solidaire.

Source 20 MINUTES.

Nîmes équipe ses monuments d’une signalétique pour les personnes en situation de handicap…

Dans le cadre de la labellisation « Destination pour tous », la Ville a installé sept nouveaux panneaux devant la Tour Magne, la Maison carrée et les Arènes.

Ils permettent la découverte de ces sites historiques pour les personnes à mobilité réduite, malvoyantes, ou malentendantes.

Le maire Jean-Paul Fournier et ses adjoints ont pu essayer le QR code sur un des panneaux de la Maison Carrée.

 

C’est un pas de plus vers l’accessibilité des monuments romains à Nîmes. Sept panneaux signalétiques ont été remplacés devant la Maison Carrée, les Arènes et à la Tour Magne pour permettre aux personnes en situation de handicap de profiter de ce patrimoine. Sur chaque affichage, quelques lignes d’explications, mais aussi des textes en braille, un dessin du monument en relief et un QR code. Nîmois, comme touristes peuvent alors flasher le code sur leur téléphone portable. Et là, une page internet s’ouvre avec, des explications audio en cinq langues, et une vidéo.

« Il faut que nos monuments soient accessibles au plus grand monde »

Avec ces panneaux, la Ville s’engage pour les personnes à mobilité réduite, les mal-voyants et les personnes malentendantes. Ce dispositif s’inscrit dans la démarche de labellisation « Destination pour tous », qui œuvre à faciliter l’accès à tous à la culture. « Ça fait partie des éléments qu’il faut maintenant avoir dans une destination de première catégorie comme celle de Nîmes, explique Xavier Douai, adjoint délégué au tourisme. On ne peut laisser personne sur le côté. Il faut que nos monuments soient accessibles au plus grand nombre, et aux personnes en situation de handicap en particulier. »

Sur chaque panneau, des informations en braille, un dessin en 3D et un QR code à scanner pour lancer les explications audio et vidéo.

Des panneaux destinés aussi à tout à chacun

Même si les explications audio et vidéo sont à destination des personnes en situation de handicap, tout le monde peut en profiter. « La personne qui ne souhaite pas monter les marches de la Maison Carrée ou de la Tour Magne, pas parce qu’elle est handicapée mais parce qu’elle a le vertige ou peur du vide, peut utiliser ces panneaux, assure Véronique Jouve-Sammut, adjointe délégué au handicap et à l’accessibilité. C’est vraiment pour tout le monde ».

Porte Auguste et Temple de Diane

Dans les prochaines semaines, le dispositif va être élargi. D’autres panneaux doivent être installés au Temple de Diane et à la Porte Auguste.

Source FRANCE BLEU.

À Caen, une application pour faciliter le quotidien des personnes malentendantes…

À Caen, la communauté urbaine se dote d’Acceo, une application pour faciliter les échanges téléphoniques des personnes sourdes et malentendantes.

Le principe est simple : via un appel vidéo, un interprète se charge de faire le lien entre la personne qui n’entend pas et son interlocuteur.

Grâce à un interprète, les personnes sourdes ou malentendantes peuvent contacter par téléphone les services administratifs de la ville et de la communauté urbaine.

 

C’est une bonne nouvelle pour les personnes sourdes et malentendantes. Elles peuvent désormais contacter par téléphone les services administratifs de Caen et de la communauté urbaine, grâce à Acceo, une application disponible sur smartphone, tablette ou ordinateur.

À travers un appel vidéo, la personne qui n’entend pas est mise en relation avec un interprète. Ce dernier se charge alors de téléphoner au service concerné. Au fur et à mesure, la conversation est alors soit retranscrite, soit traduite en langue des signes ou en langue française parlée complétée (qui allie la langue des signes et la lecture labiale). « C’est une solution qui permet de pouvoir échanger efficacement avec une personne sourde ou malentendante », résume Stéphane Guiset, directeur des partenariats d’Acceo.

Avant de mettre en place le projet, plusieurs associations caennaises de personnes sourdes ou malentendantes ont été consultées. « Elles ont fait remonter le fait qu’il y a un besoin d’accueil, constate Karine Saliot, chargée de mission Ville-Handicap au CCAS de Caen. Cette solution permet de les accueillir comme tout un chacun ». 

L’application est gratuite pour les usagers et est déjà opérationnelle.

Source FRANCE BLEU.