Handicap : Vocaléo, l’appli qui « fait parler » les objets vise le BtoB …

Destinée en priorité aux malvoyants, l’application mobile reliée à des puces NFC permet d’associer des messages vocaux à des objets ou des lieux.

Les deux entrepreneuses à l’origine du projet veulent commercialiser le dispositif auprès des entreprises et des services publics.

visuel application vocaleo

 

La technologie de communication sans contact ne sert pas qu’à payer avec sa carte bleue. Preuve en est, la nouvelle application mobile qui facilite la vie des malvoyants, commercialisée par deux jeunes entrepreneuses, Marion Thièrion et Marion Dufrenne.

Vocaléo permet en effet d’associer un enregistrement vocal personnalisé à un lieu ou à un objet grâce à des mini-puces NFC adhésives. On peut imaginer par exemple une puce appliquée sur une boîte de médicament. En approchant son smartphone du produit se déclenche alors un message vocal détaillant la posologie et les contre-indications.

15.000 euros d’investissement

Disponible gratuitement sur les appstores depuis janvier 2021, l’application a été téléchargée par environ 350 personnes. La jeune pousse lyonnaise fondée en août 2020 espère atteindre environ 1.000 utilisateurs d’ici à la fin de l’année. Des déficients visuels ou leurs proches aidants. Un objectif prudent comparé au marché potentiel constitué de 1,7 million de malvoyants en France.

« Le principal poste d’investissement de l’entreprise a été le développement et la maintenance de l’application, environ 15.000 euros », précise Marion Dufrenne, elle-même fille de malvoyant, qui a rencontré son associée sur les bancs de Sup de Pub Lyon (groupe INSEEC). Le développeur indépendant qui a épaulé les cofondatrices sera rétribué grâce aux premières recettes tirées des ventes de puces NFC. Compatibles uniquement avec l’application, ces balises réutilisables sont disponibles sur le site Web de la start-up ou directement depuis l’application (14,99 euros le pack de 10).

Une clientèle d’entreprises

Mais le modèle économique du dispositif ne repose pas uniquement sur la vente de puces aux particuliers. Pour rendre viable l’activité, Vocaléo cible les entreprises et les collectivités locales dont les commandes atteignent de plus gros volumes. Son premier client professionnel, Les Compagnons du Bonsaï, utilise les puces pour expliquer au client, par message vocal l’histoire de l’arbre et donner des conseils d’entretien.

La jeune pousse est également en discussion avec un laboratoire pharmaceutique qui pourrait se servir du dispositif pour des produits destinés à des malvoyants. En parallèle, les entrepreneuses discutent avec une chaîne d’hôtels qui inséreraient les puces dans les supports d’informations que l’on peut trouver à la réception ou dans les chambres.

La sphère publique représente également une cible prometteuse. « Des mairies pourraient placer des puces NFC à l’accueil ou sur des bulletins d’informations pour donner aux usagers malvoyants des indications sur les horaires et l’accessibilité des différents services », explique Marion Thièrion. En réalité, l’utilisation de Vocaléo serait « déclinable à l’infini », poursuit l’entrepreneuse. Et de citer en exemple des marques de produits alimentaires qui intégreraient le dispositif pour communiquer sur la composition des recettes ou la présence d’allergènes.

Source LES ECHOS DES ENTREPRENEURS.

Valognes. Ivre, il frappe sa mère septuagénaire non voyante…

Faits Divers – Justice. Au tribunal judiciaire de Cherbourg, le 29 juillet 2021, un homme a été jugé pour des violences sur une personne vulnérable.

Valognes. Ivre, il frappe sa mère septuagénaire non voyante

 

Un homme, 45 ans, a été jugé en comparution immédiate par le tribunal judiciaire de Cherbourg le 29 juillet 2021 pour des violences sur une personne vulnérable. Le 26 juillet 2021, les gendarmes arrivent et trouvent le prévenu sur la pelouse de la maison de sa mère qui l’héberge.

Elle a 75 ans et est non voyante. Le mis en cause passe ses journées à boire.

Ce soir-là, il a giflé sa mère et elle a eu très peur. Les voisins, après avoir entendu des cris, ont appelé la gendarmerie. Il dort dans la même chambre que son fils de 15 ans car il est séparé de son épouse.

Le fils, qui dort sur un matelas, attend que le père ait terminé de boire et de fumer pour pouvoir s’endormir. Le lendemain, il ne se souvient plus de ce qu’il a fait la veille. Son avocat précise “qu’il ne conteste pas les faits, il assume”. Le procureur indique : “le 30 avril, il vient s’installer chez sa mère à sa sortie de prison et il est ivre tous les soirs”. Il requiert 12 mois de prison ferme dont 5 avec un sursis probatoire.

Le tribunal le condamne à 14 mois ferme dont 9 mois avec sursis probatoire et prononce le maintien en détention.

Source La Manche Libre.

Profession : reporter. Comment raconter un monde que l’on ne voit pas ? Laetitia Bernard est une journaliste aveugle…

Laetitia Bernard est une journaliste aveugle qui officie à la direction des sports de Radio France.

On l’entend présenter les journaux sur franceinfo et France Inter.

Son handicap ne s’entend pas et ne se voit pas.

Laetitia est aussi championne de France en saut d’obstacles handisport.

Laetitia Bernard, une journaliste non voyante qui travaille à la direction des sports de Radio France. On l\'entend notamment sur Inter et sur franceinfo. Laetitia est championne de France en saut d’obstacles handisport.

 

Laetitia Bernard avance dans les couloirs de la maison de la radio avec son bloc-notes braille, cet appareil qui fascine toute la rédaction, elle la première. Et sa profession de reporter, elle l’exerce avec énergie.

Enfant, Laetitia devait écouter les étoiles, son père changeait la sémantique des contes, trop axée sur le regard plongé dans le ciel scintillant. Une étoile, ça s’écoute. Mais en grandissant et en prenant conscience de sa différence, Laetitia ne veut pas ignorer les codes visuels dans une société de l’image et des apparences qui va devenir une société du tout écran.

Dans Ma vie est un sport d’équipe, coédition Stock-Radio France, Laetitia Bernard revient sur son parcours, l’école avec les valides et les déficients visuels, son goût pour le sport, et très vite les disciplines équestres, l’adolescence où la gestion du jeu de la séduction sans les yeux relève d’une dimension qu’il faut inventer, ses études.

Et puis la carrière qu’elle veut embrasser dans la fonction publique européenne avec comme objectif un rôle dans les questions de handicap.

Benjamin Granet, deuxième prix du concours général session 2008 en artisanat et métiers d\'art options arts de la pierre pose aux côtés de Laetitia Bernard, journaliste et championne d\'équitation, lors de la céremonie de remise des prix, le 7 juillet 2008 à la Sorbonne à Paris. 

Une jeune aveugle au milieu des valides

Dès son plus jeune âge, les médias, elle les connaît pour en être un instrument. La jeune aveugle dans les arts. La jeune aveugle à cheval, et à chaque fois, les questions des journalistes qui recherchent la compassion, le misérabilisme.

S’étendre sur les blagues douteuses de l’adolescence que l’on peut facilement faire à un non voyant. Laetitia hausse les épaule, refuse le statut de victime. Ce sont les mêmes blagues foireuses que l’on fait à quelqu’un qui tourne le dos. Il n’y a jamais de misérabilisme dans sa façon d’aborder la vie. Oui, être un aveugle est un handicap. Pourquoi faudrait-il en ajouter ? Et d’ailleurs, ses exploits équestres vont vite changer la nature des articles qui lui sont consacrés.

Laetitia Bernard, journaliste à Radio France, lors d\'une étape du Tour de France 2019, en tandem, a visité une écurie au col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées), le 5 juillet 2019.

C’est une évidence. Dans la vie d’un aveugle, l’audio prend une place prépondérante. Pour Laetitia, ce sera par la littérature, la fièvre des grands textes, la culture et le cinéma. Le mot radio est écrit pour la première fois à la page 97 de son récit.

Premier stage de journaliste à l’agence Gamma

Et son premier stage de journaliste,elle le vit dans une agence photographique de presse. Oui, de photo. Gamma prend une étudiante aveugle en stage d’observation, autant parler d’un choix audacieux. Et dans sa fonction de rédactrice qui doit réagir à l’actualité, ce que l’anglais appelle le breaking news”, c’est dans cette difficulté que Laetitia va vite s’imposer comme un sportif au-delà de l’effort. Elle parvient à s’intégrer dans ce qu’elle appelle encore aujourd’hui la Gamma Family.

Laëtitia Bernard (à droite) et l\'une de ses accompagnatrices sur la route du Tour.

Aux micros de franceinfo et France Inter, le handicap de Laetitia ne s’entend pas puisqu’il ne se voit pas. Sa voix, riche d’intonation plurielle, doit pourtant évoluer sur un terrain accidenté. On ne le sait pas, mais lire le braille à voix haute, en suivant son texte en temps réel, est un exercice compliqué. Une question de rythme et de combinaison entre le geste et la parole.

Donner à voir l’indicible de la nature humaine

Et puis Laetitia n’est pas qu’une présentatrice. Il serait trop simple de l’imaginer recluse dans un studio, dans le confort douillet d’une salle de rédaction où elle aurait ses repères. Raconter le monde, c’est aussi le ressentir à travers les vibrations et ce qu’il donne à percevoir. Sortir pour se confronter à lui, ses bruits ambiants et ses déclinaisons.

Laetitia Bernard, journaliste à franceinfo.

Car, par le son, la radio explore les champs de l’imaginaire, l’émotion mais aussi le réel et les réflexions qui l’accompagnent. Quand elle part en reporter commenter une compétition ou relever un défi, une pratique sportive en immersion, courir à vélo les étapes du tour de France cycliste, répéter ses exploits de cavalière en sauts d’obstacles ou encore pratiquer le judo, Laetitia donne à voir l’indicible de la nature humaine.

Standing ovation Maestra !

Source FRANCE INTER.

 

Thérapie génique : Un patient aveugle recouvre partiellement la vue…

MEDECINE C’est la première fois que cette technique, appelée optogénétique, permet d’obtenir une récupération partielle de la fonction visuelle.

Thérapie génique : Un patient aveugle recouvre partiellement la vue

 

Un homme de 58 ans rendu aveugle par une maladie génétique dégénérative a pu récupérer partiellement la vue grâce à une technique innovante associant thérapie génique et stimulation lumineuse. C’est la première fois que cette technique, appelée optogénétique, permet d’obtenir une récupération partielle de la fonction visuelle, affirment les chercheurs à l’origine de cet essai clinique, qui a associé des équipes françaises, suisses et américaines.

Le patient ayant participé à l’étude est atteint de rétinopathie pigmentaire, une maladie génétique dégénérative de l’oeil qui provoque la destruction des cellules photoréceptrices de la rétine, entraînant une perte progressive de la vision qui évolue généralement vers la cécité. Alors qu’il ne pouvait plus que percevoir la présence de lumière, la thérapie lui permet désormais de localiser et de toucher des objets, selon l’étude, publiée lundi dans la revue Nature Medicine.

Grand cahier, petite boite

Dans la vision normale, les photorécepteurs de la rétine utilisent des protéines capables de réagir à l’énergie lumineuse, les opsines, qui fournissent des informations visuelles au cerveau via le nerf optique. Afin de restaurer la sensibilité à la lumière, le patient s’est vu injecter le gène codant pour l’une de ces protéines, appelée ChrimsonR, qui détecte la lumière ambrée, décrit l’étude.

Près de cinq mois après avoir reçu l’injection, pour laisser le temps à son organisme de produire cette protéine en quantité suffisante, il a effectué différents exercices, équipé de lunettes dédiées munies d’une caméra ; Dans un premier test consistant à percevoir, localiser et toucher un grand cahier et une petite boîte d’agrafes, il est parvenu à toucher le cahier dans 92 % des cas mais n’a pu saisir la boîte que dans 36 % des tests.

Une personne sur 3.500

« Si l’optogénétique, technique existant déjà depuis une vingtaine d’années, a révolutionné la recherche fondamentale en neurosciences (…), c’est la première fois au niveau international que cette approche innovante est utilisée chez l’homme et que ses bénéfices cliniques sont démontrés », soulignent l’Institut de la Vision (Sorbonne Université/Inserm/CNRS) et l’hôpital parisien des Quinze-Vingts, qui ont mené l’essai clinique en association avec l’université de Pittsburgh (Etats-Unis), l’Institut d’ophtalmologie moléculaire et clinique de Bâle (Suisse), la société Streetlab et la biotech française GenSight Biologics.

La rétinopathie ou rétinite pigmentaire touche une personne sur 3.500, selon la base de données européenne Orphanet, et peut débuter à n’importe quel âge, avec une fréquence d’apparition plus grande entre 10 et 30 ans. Les gènes responsables sont très nombreux, mais certaines mutations se retrouvent fréquemment chez les personnes atteintes.

« Les personnes aveugles atteintes de différents types de maladies neurodégénératives des photorécepteurs » mais conservant « un nerf optique fonctionnel » seront « potentiellement éligibles pour le traitement, explique le Pr José-Alain Sahel, fondateur en 2009 de l’Institut de la vision, dédié aux maladies de la rétine. « Mais il faudra du temps avant que cette thérapie puisse être proposée ».

Source 20 MINUTES.

Éducation Nationale : à Nantes, le concours de l’agrégation impossible pour une professeure mal voyante. L’égalité des chances…?

Passer l’agrégation de français pour une professeure mal voyante s’est révélé impossible tant les conditions du concours étaient éloignées de son handicap.

Aline Langevin mène un combat déterminé pour faire valoir son droit de mal voyante à réussir un concours de l’Éducation Nationale.

Aline Langevin, professeure de français  échoué au concours de l'agrégation de Lettres Modernes du fait de son handicap visuel

 

Caractères trop petits, “secrétaires” incompétents pour une prise de dictée dactylographiée, Aline Langevin, quand elle s’est inscrite au concours de l’Agrégation de Lettres Modernes sur le conseil de son inspectrice d’académie, n’imaginait pas qu’elle allait consacrer 10 mois de sa vie à préparer un concours, perdu d’avance !

Perdu d’avance, assurément. Pas en raison de ses capacités personnelles et professionnelles, si l’inspectrice d’académie lui recommande de s’y confronter, c’est bien pour valider ses compétences. Mais ni l’une ni l’autre n’avaient imaginé que l’Éducation Nationale montrerait autant de mauvaise volonté pour adapter les conditions du concours, prévues par ailleurs au handicap visuel.

Un concours d’obstacles

“Je souffre d’une maladie dégénérative congénitale et orpheline, il me reste 1,5 avec les corrections. J’ai entrepris une démarche auprès du rectorat de Nantes pour un aménagement de tiers temps de la composition et d’agrandissement de textes. Je me suis présentée à un médecin agréé par l’Éducation Nationale, j’ai subi 3 heures d’examens approfondis pour déterminer avec précision quelle taille de police, quelles conditions en termes de lumière, étaient adaptées. Ce sont quand même deux épreuves de 7 heures, c’est assez fatigant”.

Et débute alors un parcours du combattant dont la candidate à “l’agreg” se serait volontiers passée. Le début d’une série d’humiliations. Le médecin a refusé de lui donner le tableau d’aménagement, “là c’était une histoire d’arrangement financier avec le rectorat, il voulait une demande de devis pour une expertise alors même que je venais de faire trois heures d’examens”. Le rectorat ne comprend pas la démarche et renvoie vers le médecin, “ça a duré 3 semaines où j’étais en stress puisque je me retrouvais hors délai pour l’inscription au concours”.

Aline a donc vu un second médecin agréé pour qu’il remplisse le même tableau, “il n’a pas compris l’attitude de son confrère, enfin j’ai eu le droit d’aménagement des épreuves que j‘ai transmis au rectorat, qui a transmis à l’Éducation Nationale à Paris”.

Débutent alors les conditions d’un concours serein ? Non ! Les ouvrages a étudier ne sont pas dans un format adapté aux mal voyants. Aline doit les découper et les agrandir page par page sur la photocopieuse du lycée…

Dix mois de préparation et des conditions de composition impossibles

Aline travaille dix mois entre son domicile et Angers pour préparer ce concours. Mettant sa vie familiale de côté. Et le jour de l’examen, rien ne va !

“Le jour de l’épreuve, qui se déroulait au rectorat de Nantes dans une salle aménagée, j’ai découvert au moment de l’ouverture de l’enveloppe cachetée que les documents n’étaient pas conformes aux recommandations du médecin agréé. Je me suis retrouvée avec deux épreuves de 9 heures (7 heures pour un candidat valide), confrontée à des textes que je ne pouvais pas lire”.

La première épreuve d’étude de texte a été très pénible à vivre, “j’avais la feuille collée sous les yeux, j’essayais avec mon agrandisseur, avec une loupe à main. J’étais en position de stress intense”.

Le rectorat lui avait alloué deux secrétaires, pour la rédaction de son travail, qui ne maitrisaient pas la dactylographie, et qui ont découvert à ce moment précis, ce que c’était qu’assister une personne en situation de handicap ! “J’ai forcément été ralentie, l’un des deux secrétaires présents m’a dit à la fin de l’épreuve que c’étaient des conditions inhumaines pour composer”.

Aline Langevin ressort de cette épreuve, dans tous les sens du terme, “dépitée, affligée, déprimée”. Mais dès le lendemain elle se reprend, et interpelle la présidente du jury. “J’ai mis ma vie de famille entre parenthèses, j’ai travaillé 10 mois de ma vie pour un concours que je n’avais aucune chance de réussir”. Il fallait que cela se sache ! “Je me suis fait rappeler à l’ordre, parce que je n’avais pas le droit d’entrer en contact avec la présidente du jury”.

Pas assez méritante

C’était il y a un peu plus d’un an. Depuis les humiliations s’accumulent. La direction des ressources humaines assure avoir adapté les conditions telles que demandées. On m’a répondu, “et bien vous repasserez le concours l’année prochaine, on essayera d’agrandir plus les textes !”

Elle remue alors ciel et terre, le recteur est contacté, sans réponse, le ministre de l’Éducation Nationale, pas mieux. Seule madame Macron va lui répondre, en soulignant l’injustice qui lui est faite. “Je lui ai demandé une audience pour faire entendre ma voix, puisque je sais que Mme Macron est sensible aux discriminations, au handicap, que c’est une personne humaine”.

“La médiation est entrée en contact avec le rectorat et Mr le Recteur lui a dit que je pourrais être promue sur liste d’aptitude”. L’un des deux chemins pour l’agrégation, avec le concours, “soit vous êtes un excellent professeur et vous pouvez prétendre à être élu sur une liste d’aptitude. J’ai fait les démarches nécessaires. Dans un premier temps Mr le recteur s’est montré favorable, et, il y a trois semaines, j’ai reçu finalement un refus, sans motivation”.

Aline Langevin s’adresse à nouveau au recteur pour avoir un rendez-vous. “On m’a expliqué que ma candidature n’avait pas été retenue car il y avait des enseignants plus méritants que moi ! J’ai indiqué que je mettais au défit ces enseignants de faire tout ce qu’ils font avec 1,5 dixième”. Et toujours pas un mot d’excuse ou le moindre début de compassion.

L’échec de “l’école”

Pour autant, Aline Langevin ne baisse pas les bras, c’est sa vue qui s’altère. Le handicap s’accentue, et rend de plus en plus difficile la perspective d’une seconde tentative. Elle a pris contact avec un avocat pour défendre sa cause et celle des personnes handicapées dans le monde de l’éducation.

“Si j’avais su ce qui m’attendait, jamais je ne me serais lancée dans cette épreuve, au propre comme au figuré, je veux ouvrir les portes pour les personnes qui vont suivre, aucun déficient visuel ne peut concourir, il faut lire beaucoup, tout faire soi-même, agrandissements, enregistrements audios, et le jour J, on vous donne un texte que vous ne pouvez pas lire…”

Décidément à l’École de la République, l’égalité des chances reste à inventer, pour les élèves on le savait, l’échec de “l’école” touche également ses propres professeurs.

Source FR3.

Voyant et non voyant sur un tandem, le défi de Clémence et Mathys entre Roscoff et Dunkerque. Vidéos…

Le défi de Clémence et Mathys entre Roscoff et Dunkerque.

Voyante et non-voyant ensemble sur un tandem pour 1500km entre Roscoff et Dunkerque .

Au profit de l'association Bienvoyants ensemble

 

Clémence et Mathys se sont lancé un défi : rouler en tandem de Roscoff jusqu’à Dunkerque sur la vélo route. Particularité pour ces 1500 km : Clémence pédale à l’avant, Mathys est non voyant et pédale autant à l’arrière.

Normalement sur leur roadMap, ils devaient arriver ce 14.05 vers Fécamp, écoutez dans cet entretien où ils sont arrivés.

Au profit de l'association Bienvoyants ensemble

Clémence et Mathys évoquent dans cet entretien également une des rencontres marquantes de leur début de périple cycliste lancé au départ de Roscoff le 2 Mai. Ils ont choisi tous deux ce trajet sur le littoral de la Manche, un littoral, car la vélo-route se prête bien à leur défi voyante-non voyant.

Ils ont l’intention d’échanger avec des passants de votre démarche pour l’association de non voyants “bienvoyants ensemble”.

Le site de l’association Bienvoyants ensemble.

Leur objectif : passer un bon moment à deux et s’entraider au maximum. Clémence et Mathys souhaitent de belles rencontres durant toute l’aventure.

Mathys entend les oiseaux, l’eau, la route et son enrobé, le vent. Les bruits de moteur peuvent paraître très impressionnants. Clémence décrit autant que possible et prévient quand c’est possible. Les trous, les bosses, il faut les anticiper.

Avant le départ, la préparation a été minutieuse et les espoirs étaient grands. L’article de France Info.

Clémence assure son rôle de guide avec aisance “pas si compliqué” selon elle.

Source FRANCE BLEU.

Deux lyonnaises créent Vocaléo : des balises vocales, relayées par le portable, pour aider les déficients visuels…

Lancée en janvier 2021, Vocaléo est une application mobile qui permet d’associer un enregistrement vocal personnalisé à un lieu ou un objet grâce à des balises.

Pour écouter son enregistrement, il suffit d’approcher son téléphone d’une balise, la détection est instantanée.

Marion Dufenne et Marion Thièrion, fondatrices lyonnaises de l'application Vocaléo

 

Une idée en phase avec son temps, simple et qui surfe sur la miniaturisation des composants : associer un objet à un son, en lui collant une puce électronique. “Par exemple, les utilisateurs de Vocaléo étiquettent vocalement les médicaments avec leur prescription médicale, les aliments avec leur date de péremption ou encore les appareils électroménagers avec leur mode d’emploi.” expliquent Marion Dufrenne et Marion Thièrion, les deux fondatrices lyonnaises de cette jeune entreprise, à la suite de leurs études à l’INSEEC en 2018. “On a fait cinq années ensemble dans le marketing digital” confirment-elles.

Cette histoire, c’est d’abord celle de Léo, le père de Marion Dufrenne, atteint de la maladie de Stargardt, maladie génétique qui provoque une altération progressive de la rétine. “De fait, j’ai été sensibilisée très jeune au handicap visuel et à toutes les choses auxquelles il faut faire attention au quotidien pour s’assurer du confort de vie des gens concernés par ce handicap” explique Marion.

Le jour où est venue l’opportunité de créer un projet, lors de leur dernière année d’étude, elles ont été naturellement inspirées par ce vécu. Elles se sont donc mis en tête d’améliorer les dispositifs déjà existants.

Une manipulation facile en 3 étapes

Dans la vie de tous les jours, un aveugle utilise un lecteur d’écran qui lit vocalement tout ce qui se trouve sur son écran. Il s’agit d’une fonctionnalité native sur les téléphones. L’application Vocaléo est donc conçue pour une navigation optimale avec ces lecteurs d’écran.

L’usager déficient visuel (ou un aidant) crée sur l’application Vocaléo des enregistrements vocaux qu’il associe aux balises Vocaléo. “Ces balises sont en fait des petites gommettes autocollantes” précise Marion Thièrion. Il positionne ensuite les balises sur un objet ou un dispositif physique grâce à un adhésif. Pour écouter l’enregistrement vocal, l’usager approche son téléphone à proximité de la balise. Il est automatiquement diffusé sur son téléphone.

Une petite entreprise qui progresse

Les deux fondatrices assument de travailler en équipe à égalité. Elles ont prospecté ensemble pour choisir le meilleur système “sans contact” à utiliser pour leurs fameuses balises. “Il existe de nombreuses technologies, comme le bluetooth, les puces RFID, les QR codes ou les code-barres. On a retenu la technique la plus simple pour l’utilisateur, soit les puces NFC (Near Field Communication, soit communication à champs rapproché) dont l’épaisseur était plus appropriée à la manipulation” commente Marion Thièrion.

Ces balises sont réutilisables, il suffit de créer un nouvel enregistrement vocal sur une puce et il remplace automatiquement l’ancien. La capacité maximum d’un enregistrement est de 10 min.

Les deux Marion ont fait ensemble des études de marketing digital à Lyon, avant de lancer leur start-up en 2021

Si l’idée est née en 2018, le projet a dû attendre deux ans pour voir vraiment le jour. L’application, disponible sous Android et Apple, a été créée en janvier 2021. Les puces électroniques sont fabriquées en Europe. La vente a déjà convaincu près de 350 utilisateurs de l’application. “Notre objectif serait d’atteindre 1000 utilisateurs la première année” commentent-elles.

Particuliers, entreprise: des utilisations déclinables propres à chacun

Dans la sphère privée, les utilisateurs peuvent utiliser Vocaléo pour étiqueter vocalement les médicaments avec des informations essentielles comme le nom, la posologie, ou les contre-indications. Mais aussi les modes d’emploi d’appareils électroménagers avec des conseils d’utilisation, ou encore les aliments avec le nom, la date de péremption et des indications de préparation.

L'application peut aider à utiliser des appareils électroménagers. On aperçoit la puce (en jaune) associée à un four.

Dans la sphère publique, les entreprises peuvent potentiellement améliorer leur dispositif de communication et rendre accessibles leurs produits et services en étiquetant vocalement les produits et services qu’elles proposent avec le nom du produit et les conseils d’utilisation.

Autre exemple : les bâtiments recevant du public peuvent ainsi indiquer la fonction, les horaires d’ouvertures et les informations d’accessibilité du bâtiment. “Imaginez un vigneron, qui pourrait apposer une puce sur ses bouteilles, et y associer les informations concernant le vin, son prix, les conseils du vigneron, ou de dégustation“, imagine Marion Dufrenne.

A leur grande surprise, une entreprise de botanique “les compagnons du Bonsaï“, basée dans le nord de la France, a déjà eu l’idée d’utiliser ces balises de manière originale. “Ils récupèrent des arbres malades pour les remettre en forme. Ensuite ils les revendent en pépinière. Désormais, ils ajoutent à chaque petit arbre une balise qui permet d’écouter l’histoire de la plante, les conseils d’entretien, etc...”

L’imagination peut faire le reste.

Source FR3.

Un chien guide pour Bastien 16 ans lycéen malvoyant…

La Fondation Frédéric Gaillanne, première école de chiens guides destinés exclusivement aux enfants aveugles en France et en Europe a remis un chien guide à Bastien, un lycée âgé de 16 ans qui habite à Wittenheim (Haut-Rhin).

Bastien et son chien guide Otop à son domicile à Wittenheim dans le Haut-Rhin.

 

La Fondation Frédéric Gaillanne, reconnue d’utilité publique, oeuvre depuis 2008 pour offrir aux adolescents déficients visuels  leur premier chien guide. Située à l’Isle sur la Sorgue dans le Vaucluse,  c’est la seule école en Europe, d’éducation de chiens guides destinés exclusivement aux enfants aveugles et malvoyants de 12 à 18 ans. C’est là que Bastien, un lycéen de 16 ans, domicilié à Wittenheim s’est formé aux cotés de son nouveau compagnon, un chien de race Saint-Pierre, âgé de 2 ans et demi , dénommé Otop.

Céline Krieger éducatrice de chien guide explique que Bastien a fait une demande à la Fondation l’année dernière. Il a ensuite passé différents stages. “Stage découverte, une pré-classe puis enfin le stage de remise qui a duré trois semaines, et s’est achevé fin avril”. Bastien est ravi. “C’est très émouvant” dit-il, “c’est beaucoup de joie”. Il est heureux d’avoir un nouveau compagnon pour l’aider au quotidien, “pour pouvoir acquérir plus d’autonomie, plus de fluidité dans les déplacements“. Sa maman Stéphanie est aussi très heureuse.”Ça change beaucoup sa vie. Il gagne en autonomie” souligne-t-elle. “Pour nous, c’est rassurant au point de vue sécurité et la relation avec son chien est très importante”.

Tout est prêt pour le retour  en classe de seconde au Lycée Schweitzer à Mulhouse de Bastien et de son compagnon canin Otop. Vendredi matin, ils vont faire le parcours depuis son domicile de Wittenheim jusqu’à son lycée mulhousien avec l’éducatrice de chien guide de la fondation.

Source FRANCE BLEU.

Les robots vont-ils remplacer les chiens guides des personnes mal voyantes ?…

CECITE Pour l’instant, le robot chien guide peut aider une personne mal voyante à se déplacer dans un environnement intérieur clos.

Les robots vont-ils remplacer les chiens guides des personnes mal voyantes ?

 

Des chercheurs en robotique de l’Université de Californie à Berkeley ont mis au point un nouveau type de robot destiné à aider les personnes mal voyantes. Ce robot quadrupède se rapproche fortement des chiens guides et serait d’ailleurs amené à les remplacer.

Le robot chien guide peut aider la personne qui le « tient en laisse » à se déplacer en toute sécurité dans un environnement intérieur clos tout en lui évitant de percuter un mur ou un objet. L’idée derrière ce nouveau type de robot est de fournir une aide « plus accessible » aux personnes mal voyantes, car le dressage d’un chien guide exige plusieurs années de formation.

« Un chien guide bien élevé doit généralement être sélectionné et formé individuellement », a déclaré Zhongyu Li, l’un des chercheurs à l’UC Berkeley’s Hybrid Robotics Group qui a réalisé l’étude, à TechXplore. « De plus, les compétences d’un chien ne peuvent pas être transférées à un autre. Cela rend la formation des chiens guides à la fois chronophage et laborieuse, et le processus n’est pas facilement évolutif. Au contraire, les algorithmes développés sur un chien guide robotisé peuvent être facilement déployés sur un autre robot. »

Les chiens guides ont encore de beaux jours devant eux

Étant donné que les robots quadrupèdes ressemblent à des chiens guides tant au niveau de leur forme avec leurs quatre pattes, qu’au niveau de leur taille, ces engins pourraient très bien se substituer à un chien guide « traditionnel ».

Les avancées technologiques de ces dernières années ont permis de mettre au point des robots quadrupèdes capables de se déplacer seuls et de faire des tâches plus ou moins complexes. Ici, le robot chien guide est équipé d’un capteur LiDARD 2D qui lui permet de détecter son environnement, d’une caméra qui lui permet de suivre « son humain », d’une laisse pour guider la personne mal voyante et enfin d’un capteur de force au niveau de la laisse.

Le choix de cette laisse « lâche » ne s’est pas fait hasard. Elle permet entre autres de laisser plus de liberté au robot chien pour ajuster sa trajectoire sans influencer celle de l’humain. Il peut également la tendre pour guider plus facilement la personne qui le suit dans un espace confiné.

Les résultats des premiers tests sont particulièrement prometteurs, mais il faudra encore plusieurs années de développement pour que le robot chien guide soit opérationnel. La prochaine étape pour les chercheurs est de faire en sorte que leur machine puisse guider une personne mal voyante dans un environnement ouvert plus complexe.

“Depuis que je suis toute petite, mon handicap intrigue, fait peur ou surprend”, raconte la journaliste non-voyante Laetitia Bernard…

La journaliste témoigne dans un livre de son quotidien et plaide pour des aménagements afin de “banaliser le handicap”.

Laetitia Bernard, journaliste à franceinfo. (CHRISTOPHE ABRAMOWITZ / RADIO FRANCE)

 

“Le fait d’être aveugle projette des peurs”, a témoigné mardi 4 mai sur franceinfo Laetitia Bernard. Aveugle de naissance, la journaliste de franceinfo se raconte dans un livre Ma vie est un sport d’équipe.

“Ma vie, c’est me déplacer, aller faire des courses, avoir des amis, faire la cuisine et avoir ce travail génial et passionnant”, souligne Laetitia Bernard. Elle plaide pour des aménagements “pratico-pratiques” de l’environnement quotidien pour “banaliser le handicap dans le bon sens”.

franceinfo : Pourquoi vous avoir voulu raconter votre histoire dans un livre ?

Laetitia Bernard : Parce que depuis que je suis toute petite, mon handicap intrigue, fait peur ou surprend. Et surtout, on me pose énormément de questions : comment tu rêves, comment tu peux envoyer un SMS, ta meilleure amie, elle est non voyante ? Et depuis que je fais ce métier de journaliste, je reçois énormément de messages de parents d’enfants en situation de handicap, de jeunes handicapés, qui me demandent des conseils pour retrouver un emploi. Je reçois énormément de questions, de témoignages où on me dit, aidez-nous. Je me suis dit, pourquoi je ne prendrai pas le temps de rédiger quelque chose pour partager mon expérience, pour témoigner, si ça pouvait servir à d’autres, et ouvrir la réflexion sur le handicap. On a l’impression que c’est une dimension parallèle d’être aveugle, que l’on vit sur une autre planète. En fait non. Ce que je voulais essayer de montrer, c’est que ma vie, c’est me déplacer, aller faire des courses, avoir des amis, faire la cuisine et avoir ce travail génial et passionnant. Mais comme le handicap, le fait d’être aveugle projette des peurs.

Dans votre livre, vous témoigner qu’il ne faut pas s’arrêter au handicap dans tout l’apprentissage que vous avez eu depuis toute petite.

J’ai la chance, depuis petite, d’avoir une famille qui m’aime énormément et qui m’a acceptée telle que j’étais très vite. J’ai toujours été entourée de voyants. Et les enfants, à deux ou trois ans, ne font pas cette distinction. Donc ils me donnaient la main pour courir dans la cour de récré. Point à la ligne. Il paraît que petite, à quatre ans, j’avais dit à mes parents que je voulais une mobylette quand je serai plus grande, puisque je trouvais sympa le bruit.

“Je n’avais pas réfléchi au problème que je ne pourrai pas conduire une mobylette. A quatre ans, on ne se rend pas compte. Du coup, cela crée un ancrage qui va faire que derrière, cela fait un bon moteur.”

Laetitia Bernard, journaliste

à franceinfo

Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui, qu’est ce qui est vraiment le plus ennuyeux dans la vie de tous les jours, dans la façon dont notre société fonctionne pour qu’on avance sur ce sujet ?

Des aspects très pratico pratiques. Je pense au métro parisien qui n’est pas accessible pour les fauteuils roulants. Pour traverser les rues quand les feux ne sonnent pas, je ne suis vraiment pas à l’aise sur des grands carrefours. Ce sont des choses très pratico-pratiques qui nous permettraient d’intégrer plus facilement l’environnement, le paysage social. Des choses qui feraient que vous, quand vous allez acheter votre pain, vous voyez quelqu’un en fauteuil ou quelqu’un avec un handicap se balader et faire sa vie, cela banaliserait le handicap dans le bon sens. Pour moi, cela va vraiment être la possibilité de se déplacer, d’aller faire une chose simple. Et après, il y a tout ce qui est scolarisation, formation, possibilité de monter en compétences, de manière à pouvoir proposer quelque chose aussi au niveau des employeurs.

Ce qui parait aussi fou, c’est de vouloir faire de l’équitation et du saut d’obstacles. Vous l’avez fait. Vous avez été championne de France handisport de saut d’obstacles. Qu’est-ce qui fait que certaines choses sont possibles et pas d’autres ? Et comment se dit-on “je vais y arriver” ?

Je ne me suis pas dit que ce n’était pas possible. La mobylette, c’est le mauvais exemple, parce qu’il faut vraiment y voir. Encore que ! Parce que pour me montrer comment cela faisait, on avait pris un tricycle et accroché des cartons avec des épingles pour que cela fasse la pétarade. Ils m’ont dit ‘non, on ne peut pas, mais qu’est-ce qu’on peut imaginer pour tu ais une idée de la chose’ ? J’aimais les chevaux, ça m’attirerait. On a dit, voyons comment je pourrais monter à cheval ? Je n’ai pas dit tout de suite, je vais faire du saut d’obstacles. Au début, j’ai pris un cours particulier, j’étais tenue en longe. Un jour, je suis tombé sur une monitrice exceptionnelle qui aimait sauter, qui m’a considérée comme une cavalière à part entière, qui avait envie de me transmettre ça. Et elle a réfléchi et elle à adapter sa pédagogie et a dit je vais t’apprendre.

Source FRANCE INFO.