Documentaire. “Ferplay” : quand le handisport offre une nouvelle vie à des victimes d’accidents de la vie…

“Ferplay”, un film documentaire de Lucie Mizzi et Marion Dupuis qui évoque trois histoires extraordinaires.

Des jeunes fauchés dans leur vide de valide et qui ont du repartir de zéro.

L’occasion d’évoquer le handicap et le sport sous un angle positif.

Ferplay, un documentaire de Lucie Mizzi et Marion Dupuis / © Tandem Image

ls s’appellent Raphaël, Tojo et Geoffrey. Trois personnes fauchées en pleine ascension vers l’objectif de vie qu’ils s’étaient fixé et qui ont su repartir de zéro. Trois personnes qui se sont découvertes sportifs. Ensemble, nous parlons sans tabou de ce que signifie aujourd’hui « être handicapé » avec tolérance, sans méfiance et pour appréhender le handicap par le biais du handisport.

Ce documentaire veut permettre de mieux appréhender le handisport et, plus globalement, le handicap, en suivant le quotidien de trois personnes, toutes nées valides mais aujourd’hui en situation de handicap. Avec humour, sans gêne ni tabou, ces sportifs ont accepté d’ouvrir les portes de leur intimité. Ils ont raconté leur reconstruction, leurs parcours, leurs envies, mais aussi leurs amours et leurs nouveaux projets de vie. Dans le Loir-et-Cher, à Cour-Cheverny, rencontre avec Raphaël Beaugillet, 28 ans, double champion de France 2017 du kilomètre sur piste et poursuite, en cyclisme en tandem. A Orléans, découvrons l’étoile montante du tennis fauteuil, Geoffrey Jasiak, 24 ans, ainsi qu’avec le club de basket fauteuil d’Orléans, qui mélange personnes en fauteuil et valides, dans lequel Tojo Rajohnson est le capitaine de l’équipe.

Le tandem avec Raphaël Beaugillet en Loir-et-Cher

Raphaël avait tout prévu avant de perdre la vue, il y a huit ans. À 20 ans, il jouait au foot et travaillait dans la maçonnerie. Il venait de passer son CAP puis un Brevet professionnel et bientôt il construirait sa maison de ses propres mains. Une vie toute tracée, tranquille, rythmée entre potes et famille près de sa ville d’origine, Cour-Cheverny.

Durant l’hiver 2009, alors qu’il est en classe un matin, il s’alarme quand il remarque qu’il ne voit quasiment plus d’un oeil, et bien qu’il mette cela sur le compte de la fatigue, il décide de consulter un ophtalmologiste. « Il s’est rendu compte que je ne voyais plus qu’à un 1/10e à l’oeil droit. Et puis le 14 juillet de la même année, j’étais au volant et je me suis rendu compte que je n’y voyais plus rien des deux yeux. » Le diagnostic des médecins est sans appel : il est atteint de la maladie de Leber, une maladie génétique. Pour Raphaël, c’est tout son monde qui s’écroule. Il est obligé d’abandonner sa vie professionnelle et les matchs de foot. Son moral flanche et il perd pied. Il se lance alors à fond dans le cyclisme pour évacuer sa colère accumulée. « J’avais besoin d’extérioriser. J’étais en colère contre tout, les autres et moi-même. Je me demandais « pourquoi moi ? ». Ce qui m’a beaucoup aidé pour le cyclisme, c’est le métier que je faisais avant. Comme ce n’était pas un métier facile, ça forge. Les hivers où il fait très froids, les étés où il fait très chaud… Bon, je dois admettre que c’est aussi dû à mon caractère. »

S’il n’y avait pas le sport, je ne sais pas ce que je ferai, dans le sens où je ne sais pas comment j’occuperai mes journées.

Un an seulement après, il débute avec succès la compétition sous les couleurs de l’ASH de Blois : en juin 2011, il devient champion de France 2e catégorie de cyclisme en tandem. En 2012, il arrache le titre de champion du monde. Depuis, il a décroché cinq fois consécutives le titre national et vise, en 2018, les championnats du monde car il fait partie du Top 10 des coureurs
internationaux.

À aujourd’hui 28 ans, le jeune homme explique voir comme s’il est « constamment dans le brouillard ». Raphaël peut compter sur le soutien indéfectible de sa mère, Martine, et ses amis. « J’habite juste derrière chez elle, mais c’est une coïncidence. Je vois beaucoup mes amis aussi qui m’accompagnent dès que j’en ai besoin. » Car pour aller faire ses courses, tant au supermarché qu’en entraînement, Raphaël doit toujours être conduit.

Pour pratiquer le cyclisme en tandem, Raphaël s’est entouré de deux pilotes, l’un pour la route, l’autre pour la piste, indispensables car comme il le dit lui-même, « les titres se gagnent à deux ». Si l’on félicite les handisportifs, on oublie souvent les personnes qui les accompagnent, avant, pendant et après la course. « Le tandem, c’est comme un couple ! Il faut qu’on soit homogènes, qu’on est le même coup de pédale, la même technique et le tout avec des pilotes non-professionnels, c’est la règle en cyclisme handisport. » Et c’est en effet ce qui complique parfois son parcours sportif. Difficile de trouver des pilotes volontaires, de motiver des amateurs à courir sous la pluie en plein hiver ou à sillonner les routes de France et d’Europe pour décrocher des titres qui ne rapportent pas d’argent.

Car pratiquer le tandem coûte entre 20 000 et 30 000 euros par an selon le nombre de compétitions effectuées. « Rien que le vélo, c’est 7 000 euros à peu près », souligne le cycliste. 13

Tête brûlée, Raphaël ne veut pas résumer sa vie au handicap. « Je suis un peu casse-cou. Je prends ma canne seulement quand je vais sur Paris ou dans les grandes villes pour être vu parce que mon handicap ne se voit pas forcément, si je puis dire ! Même quand je suis dans un endroit inconnu, je vais faire plus attention mais je ne vais pas tâtonner des pieds ou prendre quelqu’un au bras. Quand je la prends, les gens me remarquent et viennent à moi me proposer leur aide. »

Longtemps son futur a été un réel point d’interrogation. « J’ai mal été accompagné et conseillé. On me proposait surtout un travail d’accueil qu’avec une synthèse vocale. Mais être assis sur une chaise toute la journée, pour moi, ce n’est pas possible. » Après un parcours du combattant, il vient d’ouvrir son petit cabinet de masseur bien-être en auto-entrepreneur et aborde la vie plus sereinement.

Le tennis-fauteuil avec Geoffrey Jasiak à Orléans

Avec son bac en poche, Geoffrey décide d’intégrer la fac de Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) de La Rochelle. En août 2014, alors qu’il est employé saisonnier comme livreur du côté d’Angoulême, Geoffrey est victime d’un accident de la route. Un portique trop bas vient s’écraser sur la cabine de son petit fourgon, le laissant pour tétraplégique. « J’avais
les vertèbres en morceau, on m’a mis des broches pour me stabiliser, et on les a retirées l’an dernier. » Sur le moment, Geoffrey ne se rend pas compte que son pronostic vital est engagé et qu’il ne pourra surement plus jamais remarcher s’il s’en sort. « Deux mois et demi après mon accident, j’ai réussi à faire quelques mouvements encourageants. Ce n’était rien du tout mais déjà bon signe. Six mois après, j’ai enfin pu m’asseoir dans un fauteuil roulant, et retrouver une forme de mobilité ». Contre toute attente, il passe de la catégorie « tétra » à « para », avec un paralysie incomplète qui handicapera surtout sa jambe droite. « Un peu comme Grand Corps Malade si vous voulez », plaisante-il.

Sur les conseils de son kiné, Geoffrey veut se remettre au sport et fait des essais en basket et tennis fauteuil. « Avant, je faisais du tennis, du foot, de l’athlétisme, et tous les sports que l’on pratiquait en Staps. Alors me retrouver sans rien c’était très difficile pour moi et je voulais faire autre chose que du fauteuil de ville ». Poussé par son kiné, sur l’île de Ré, il rencontre Yann Maître, qui n’est autre que l’ancien entraîneur de l’équipe de France de paratennis.

Il m’a dit que j’avais du potentiel. C’était le premier, et celui qui m’a redonné de l’espoir. Enfin, je voyais que j’avais des possibilités d’évolution, une première depuis l’accident.

Geoffrey doit attendre un an avant de vraiment se lancer corps et âme dans le tennis fauteuil. « Stéphane Goudou, le vice-président de l’Académie de paratennis me proposait quatre entraînements par semaine, avec Fabien Goueffon, et Romain Simmonet à Orléans. » Du beau monde puisqu’il s’agit de l’actuel entraîneur de l’équipe de France de paratennis, mais aussi de tennis tout court à Orléans, ainsi que de son poulain. « J’ai accepté à une condition : que ma petite copine Solène puisse intégrer son master 2 en Staps à Orléans et vienne avec moi. » Depuis, le couple a adopté la ville de Jeanne-d’Arc.

Après l’accident, Solène et Geoffrey ont longuement discuté du nouveau handicap de ce dernier. A l’époque, il ne savait pas s’il pourrait se relever un jour. Aujourd’hui, il marche, « lentement quand même », avec une ou deux cannes, et se sert de son fauteuil pour les jours difficiles. « Je lui avais dit de partir, de continuer sans moi, mais elle a refusé de m’abandonner. Sans elle, c’est sûr que je ne serai pas là aujourd’hui », confesse le jeune tennisman.

Pour se mettre au niveau, Geoffrey enchaîne les heures d’entraînement. « Je ne m’attendais pas à une telle progression, aussi rapide, même si je dois encore améliorer mes déplacements en fauteuil pour gagner en rapidité et couverture du terrain, car je ne vis pas dedans tous les jours contrairement à d’autres sportifs. » En un an, Geoffrey est tout de même devenu 113e mondial en simple et 111e en double sur environ 650 joueurs classés (car tous ne le sont pas). Il a réussi à se hisser en deuxième série, atteignant presque les meilleures places françaises.

A 24 ans, Geoffrey peut aujourd’hui se déplacer seul, à pied ou à bord sa voiture adaptée munie de commandes au volant. Mais son combat quotidien reste la planification. « La gestion du temps, c’est le plus difficile. Pour en gagner, je dois prévoir mes journées, savoir si je serais longtemps hors de chez moi ou non, si j’ai besoin de mon fauteuil ou pas, etc. Prévoir et anticiper me permettent de me ménager. »

Après sa licence de Staps, qu’il a réussi à valider dans l’année qui a suivi l’accident, Geoffrey a passé un diplôme universitaire de préparateur physique. « Je ne suis pas entraîneur mais j’accompagne les sportifs en développant leurs qualités physiques, leur endurance, leur force ». Fraîchement lancé dans le monde du travail, il cherche aujourd’hui un contrat à mi-temps pour lui permettre de poursuivre ses entraînements intensifs.

Le basket-fauteuil avec Tojo Rajohnson à Orléans

Pour Tojo, raconter son accident, c’est presque raconter une vieille histoire qu’on aurait oublié depuis quelques années. Cela fait 17 ans que le doyen de nos protagonistes, âgé de 37 ans, vit avec sa paraplégie et a su l’apprivoiser. « On met au moins quatre ans à vivre pleinement son nouvel handicap. Même si aujourd’hui je n’y pense presque plus en réalité », déclare-t-il. Alors jeune étudiant en droit à Orléans tout droit débarqué de Madagascar, Tojo subit un accident de la route qui lui brise les vertèbres D11 et D12. « J’ai été rapatrié à la Réunion parce qu’à Madagascar, tu ne peux pas te faire soigner. » Contrairement à d’autres paraplégiques qui mettent presque un an à sortir de rééducation, Tojo a vite été « remis sur pieds », comme il le dit.

Pour rebondir, Tojo s’est directement retourné vers le sport qu’il pratique depuis son plus jeune âge : le basket. « Une des premières choses qui m’a inquiété à l’hôpital était de savoir comment (et pas si) je pourrais rejouer au basket. Déjà à l’hôpital, je rejouais ! » Il faut dire que le basket est la grande passion de Tojo qui avait un niveau plus qu’honorable étant jeune. « J’étais en sélection nationale quand je jouais en cadet et junior », lance-t-il fièrement.

Après trois mois de convalescence, Tojo rentre en France pour terminer sa rééducation et  retrouver Gaëlle, sa copine de l’époque. Loin de sa famille, c’est elle qui l’aide à rattraper son retard en cours et à s’adapter à sa nouvelle vie. « Je lui dois beaucoup, d’ailleurs c’est aussi pour ça que je l’ai épousée ! »

Après sa licence de droit en poche, Tojo n’arrive pas réellement à trouver sa vocation. « J’ai fait divers boulots, mais j’ai finalement trouvé celui que je voulais exercer. Depuis quatre ans, je suis donc instituteur et travaille à l’école publique de Châteauneuf-sur-Loire (à une trentaine de minutes d’Orléans), avec une classe de CE2-CM1. » Il l’avoue, ses débuts n’ont pas été simples. « Alors moi je les cumule : je suis étranger, handicapé, et en plus j’étais sans expérience ! Au départ, l’éducation nationale, le directeur et les parents d’élèves avaient quelques réticences. Ils se demandaient si j’allais avoir besoin d’un aménagement, s’il faudrait faire des changements… Si je n’allais pas les emmerder en somme. Mais depuis, tout se passe très bien ».

Chaque année, à la rentrée scolaire, il prend le temps de répondre aux questions des enfants, d’ordre bien plus pratique, telles que savoir comment il se déplace de son fauteuil à sa voiture ou à son lit. Avec les années, il s’est rendu compte que les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que les adultes, et passent rapidement à autre chose sans l’appréhension des grandes personnes. « Ce
qui est super avec ce métier, c’est que je leur inculque une vision de la différence car ils prennent exemple sur leur professeur, ils se nourrissent de toi et donc tu deviens en quelque sorte leur modèle d’éducation ».

Depuis plusieurs années, Tojo pratique le basket avec l’équipe de Basket handi d’Orléans dont il est le capitaine. Ils étaient même montés en Nationale 1, mais sont redescendus en N2 la saison dernière. Ce club de basket fauteuil a la particularité de compter des valides au sein de l’équipe. Sur la dizaine de joueurs, trois le sont. Tous ensemble, ils s’entraînent une à deux fois par
semaine et partent en compétition du sud de la région Centre jusqu’à la frontière belge. « Le fauteuil n’est qu’une petite partie du handicap. Les gens se demandent comment on va aux toilettes, au lit, mais pour les paraplégiques, qui ont une santé plus fragile que les valides, le moindre petit pépin de santé nous ramène vite à réfléchir. »

Et le sport permet de s’entretenir, mais de tenir aussi.

Ce qui a renforcé le moral d’acier de Tojo, toujours jovial, c’est la naissance de son fils Mahéry, aujourd’hui âgé de quatre ans. « Chez les para, même si les nerfs sont touchés assez haut, par exemple au niveau du tronc, on se rend compte que les fonctions érectiles sont souvent préservées. Et donc, oui, nous pouvons faire l’amour et avoir des enfants », aborde-t-il sans tabou. A la venue de cette toute petite chose, Tojo s’est posé des questions. « Je me demandais comment j’allais pouvoir promener mon fils en poussette alors que je suis en fauteuil, comment j’allais faire pour le prendre dans mes bras ou le changer. Mais on ne renonce à rien, on s’adapte simplement sur tous les gestes quotidiens. Par exemple, j’ai trouvé une meilleur astuce pour l’attacher contre moi et qu’il ne bascule pas ». De sa paternité presque « normale », Tojo garde quelques frustrations concernant l’eau. « Il y a très peu de piscines adaptées pour les personnes en fauteuil et quand je vais me baigner avec lui, je ne peux pas le tenir et donc je risque de le couler. A la mer, c’est le même problème puisque le fauteuil ne peut pas aller jusque dans le sable. »

► “Ferplay”, un documentaire de 52 minutes réalisé par Lucie Mizzi et Marion Dupuis, produit par Tandem Image et TV Tours. Première diffusion en 2019.

Source FR3.

À 20 ans, il rêve d’être le premier athlète atteint de trisomie à terminer un Ironman…

Atteint de trisomie 21, le jeune Américain Chris Nikic a pour objectif de terminer un Ironman.

À 20 ans, il rêve d’être le premier athlète atteint de trisomie à terminer un Ironman
Il serait alors le premier athlète avec ce handicap à venir à bout d’une épreuve de ce genre.
Un but qu’il compte bien atteindre, en refusant d’utiliser sa différence comme excuse.

Parfois, les rêves que l’on pense inaccessibles sont à portée de main. Quand on a une motivation profonde, ni le regard des autres ni les obstacles ne sauraient vous empêcher d’atteindre votre but.

Le jeune Américain Chris Nikic a un rêve, qui pourrait se concrétiser très bientôt. En novembre 2020, quand aux États-Unis, tous les yeux seront tournés vers les résultats de l’élection présidentielle, lui aura son esprit tourné vers Panama City Beach. Son objectif ? Un Ironman. Une course composée de 3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et d’un marathon.

Chris Nikic a 20 ans et vit en Floride. Son objectif semble a priori banal. Mais ce jeune homme est atteint du syndrome de Down, plus connu en France sous le nom de trisomie 21. S’il atteint son objectif, Chris serait donc le premier athlète porteur de cette anomalie chromosomique à boucler une telle épreuve.

Son expérience de la vie lui sera utile pour atteindre son but, explique-t-il à USA Today : « Avoir le syndrome de Down signifie que je dois travailler plus dur que tout le monde, […] cela m’a aidé à être prêt pour un Ironman. »

Accomplir des objectifs avant ses 21 ans

Et pour cela, Chris Nikic s’inflige de lourdes charges de travail. Il s’entraîne quatre heures par jour, à raison de six jours par semaine. Et ce n’est pas la pandémie de coronavirus qui frappe le monde entier qui entame sa motivation. Même si les piscines et autres complexes sportifs ont dû fermer leurs portes.

Son premier objectif, le half-Ironman (la moitié d’un Ironman) de Panama City Beach, prévu en mai, a été reporté. Mais il ne s’est pas résigné pour autant. Le jeune homme a réalisé sa propre épreuve dans son État, l’Orlando Covid 70.3, qu’il a terminée. Un espoir qu’il souhaite transmettre : « Si vous connaissez une famille où quelqu’un a le syndrome de Down, s’il vous plaît, partagez ceci pour leur faire voir que tout est possible pour leurs enfants », a-t-il écrit sur son compte Instagram.

Lui sait où il veut aller. Il a d’ailleurs formulé plusieurs objectifs qu’il souhaite réaliser avant ses 21 ans. En plus des épreuves à Panama City Beach, il veut publier un livre, intitulé 1 % Better, comprenez « 1 % meilleur ». Un objectif « en cours », selon son site internet. Ce titre reflète sa philosophie, celle qu’il expose devant le public lors de conférences : comment être, chaque jour, 1 % meilleur que la veille pour atteindre ses objectifs. Une source de motivation qui l’aide lui-même, mais aussi d’autres personnes.

Quant au sport, il le pratique depuis de nombreuses années. Opéré du cœur à l’âge de 5 mois, Chris Nikic a intégré à l’âge de 9 ans le programme Special Olympics. Des compétitions faites pour les personnes ayant des déficiences mentales. Il a commencé par le golf, avant de se lancer également dans la natation, la course, le basket-ball, puis le triathlon.

À 20 ans, il rêve d’être le premier athlète atteint de trisomie à terminer un Ironman

« J’aime tous les événements sportifs, expliquait-il sur le site du programme. Plus que les événements en tant que tels, j’aime les interactions sociales qu’ils procurent : être avec des amis et aller danser quand c’est terminé. » Une proximité avec les gens qu’il confirme sur le site de l’équipe USA Triathlon qu’il a intégrée : « J’aime être auprès des gens et les encourager. »

« Je ne doute plus de mes rêves »

Véritable modèle pour certains, il dégage une énergie et une bonne humeur contagieuses. « Il apporte le soleil dans une pièce », résume Nik Nikic, son père, sur le site d’USA Triathlon.

Un père qui a mis du temps avant de voir ce dont son fils était capable, alors que sa fille avait, elle aussi, des prédispositions. « Ma fille était une athlète douée et je l’ai considérée comme telle alors que je traitais Chris comme quelqu’un de différent , confie-t-il à USA Today. Je ne lui ai pas donné la même chance qu’à sa sœur parce que je voulais le protéger. Mais, il y a deux ans, j’ai commencé à le traiter comme quelqu’un de doué. »

Pour le plus grand bien de son fils, qui ne veut pas se cacher derrière son handicap pour se trouver des excuses. « Je n’utilise pas ma condition comme excuse, martèle-t-il à USA Today. Au lieu de ça, je travaille plus dur. Mon père m’a dit : « Ne doute jamais de tes rêves, Chris. » […] Je n’en doute plus, maintenant. »

Déconfinement : pour les personnes en situation de handicap, reprendre le sport reste complexe…

La Fédération française handisport indique dans un plan de déconfinement détaillé que le besoin d’être assisté par un guide ou un pilote pour pratiquer une activité sportive ne permet pas de reprendre dans de bonnes conditions sanitaires.

En tandem, la distanciation physique est impossible à respecter.

Alors que les activités sportives commencent à reprendre, en extérieur, en petit groupe, à distance les un des autres, un public se trouve particulièrement en difficulté : les sportifs handicapés. En effet, si pour les personnes les plus autonomes et aux pathologies les moins sévères, il suffit de reprendre dans les mêmes conditions que tout le monde, certains ont besoin d’accompagnateurs ou d’assistance. Dans ces cas-là, la Fédération française handisport recommande d’appliquer le principe de précaution.

“On a une question récurrente ; des déficients visuels veulent savoir s’ils peuvent faire du sport du tandem, par exemple, avec leur binôme. Pour l’instant, la réponse est non. Quand on fait du tandem, forcément il y a de la transpiration, des gouttelettes qui peuvent s’échapper et même masqués on n’est pas sûrs”, explique Guislaine Westelynck, présidente de la Fédération française handisport.

Pratique “sans contact”

Dans un guide d’une vingtaine de pages, la FFH recense toutes ces préconisations en fonction des différents sports, des différents handicaps. Un guide amené à évoluer, mais valable pour le moment jusqu’au 2 juin. “La circulation du virus étant encore active sur le territoire, la Fédération Française Handisport fait le choix, en attendant les nouvelles décisions gouvernementales, de ne pas exposer ses membres les plus vulnérables ou dépendants aux aides humaines dans le cadre de leur activité sportive, pour limiter les risques encourus et conserver une forte maîtrise sanitaire”, écrit la fédération.

À partir du 11 mai 2020, la Fédération redonne donc la possibilité “d’une reprise conditionnée des activités physiques et sportives par les associations affiliées, les comités départementaux et régionaux. (…) Cette réouverture de la pratique fédérale devra systématiquement mettre en avant la pratique ‘sans contact’, en extérieur et dans une logique individuelle et autonome”, insiste-t-elle.

“Faut-il faire fabriquer en urgence un tandem ou le pilote est cinq mètres devant ?”

Le protocole précise que la présence d’encadrants sportifs est autorisée, “en respectant les gestes barrières, les règles sanitaires et de distanciation physique (1m minimum et espace par individu de 4m2, en situation statique)” mais que celle d’un guide ou d’un pilote ne l’est pas car elle “ne permet pas de respecter les mesures de prévention et de sécurité face à la transmission du Covid-19 (distanciation de 10 mètres minimum entre 2 personnes dans la pratique de la course à pied, du vélo, du ski, ou de 5  pour la marche ou la randonnée)”.

Une préconisation très difficile à recevoir, admet Candide Codjo, président de l’ASLAA, l’un des principaux clubs de tandem handisport en France : “Elle est violente parce que nous, on se sent totalement discriminés. Il faut partir du principe que beaucoup de personnes aveugles ne peuvent, en règle générale, pas sortir.” “Faut-il faire fabriquer en urgence un tandem ou le pilote est cinq mètres devant et le copilote à cinq mètres derrière…?”, ironise-t-il.

Source FRANCE INTER.

Coronavirus : des conseils aux séniors pour bien vivre le confinement et rester en forme…

Le confinement pour les séniors peut avoir des conséquences physiques et mentales fâcheuses. Quels conseils de spécialistes pour les éviter ?

Coronavirus : des conseils aux séniors pour bien vivre le confinement et rester en forme. Sport à domicile

Comme tous les Français, Gérard S., Parisien de 82 ans, est en confinement depuis plusieurs jours. Veuf, il vit seul. Lui qui a l’habitude de se rendre à la salle de sport tous les jours, et de se balader dans Paris, ne sort plus désormais que pour se ravitailler à l’heure de moindre affluence. “Je sais que je suis la cible du virusalors je fais très attention”, témoigne-t-il soucieux. Seulement voilà, si le confinement est une nécessité absolue pour protéger les personnes les plus fragiles. “Il peut entrainer également des conséquences fâcheuses sur la santé physique et mentale de nos aînés”, expose Gaël Chetelat, directrice de recherche à l’Inserm qui dirige l’étude européenne Silver Santé Study dont le but est d’identifier les facteurs déterminants de la santé mentale et du bien-être des seniors. Tout d’abord, l’isolement peut, retarder les secours : “Si d’ordinaire ces personnes reçoivent des visites (famille, voisins, aide-ménagère…etc) qui aujourd’hui ne viennent plus, il y a un risque de passer à côté d’une chute ou d’une pathologie, expose Gaël Chetelat. C’est pourquoi il faut que les personnes âgées aient absolument un référent à qui demander de l’aide par téléphone, au cas où.”

Se lever toutes les heures 

Mais le confinement, c’est aussi la restriction des déplacements. “Sur le plan physique, les principaux risques du confinement sont liés à l’inactivité physique et à la sédentarité, qui entraînent une diminution  de la masse musculaire et des capacités cardio-respiratoires”, assure ainsi Lucile Bigot, docteure en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS), responsable scientifique et technique au sein de la société Mooven qui propose de l’activité physique par Visio conférence. Or pour assurer les tâches de la vie quotidienne, “les capacités musculaires et cardiorespiratoires sont essentielles tout au long de la journée car elles permettent de se lever, d’attraper un paquet dans le placard, de se baisser pour ramasser un objet… Si on ne maintient pas une activité physique régulière, la diminution de ces fonctions engendre petit à petit le désengagement dans les tâches quotidiennes jusqu’à entrainer une perte réelle d’autonomie”.

Lucile Bigot est  très claire sur ce point : “Pour éviter cela, il faut sortir et marcher si possible au moins 30 minutes par jour à bonne allure”. Mais en cette période où les déplacements extérieurs sont limités “il faut absolument penser à se lever au minimum toutes les 1h à 1h30, et mobiliser les grands groupes musculaires, c’est-à-dire les bras, les jambes, et réaliser de petits exercices quelques minutes”. Gérard S. a  réservé un coin de son appartement, pour y installer une serviette au sol et y faire des mouvements de gymnastique, conscient qu’“il faut se faire une routine pour garder la motivation” 

Avoir une activité physique dynamique

Pour aider les personnes confinées à faire de l’exercice à domicile, le ministère des Sports recommande, lui aussi, “une pratique minimale d’activités physiques dynamiques est recommandée, correspondant à 1 heure par jour pour les enfants et les adolescents, et à 30 minutes par jour pour les adultes.” Tout en conseillant toutefois, de “ne pas pratiquer d’activité physique si vous avez de la fièvre (en cas de température supérieure ou égale à 38°C).” Le ministère renvoie également sur des applications gratuites, Be Sport (disponible sur Apple Store et Google Play), My Coach : application Activiti (bientôt disponible sur Apple Store et Google Play) Goove app (web-application disponible sans téléchargement). Selon un communiqué du ministère, “ces applications qui ont déjà conventionné avec de nombreuses fédérations sportives ainsi qu’avec le Comité National Olympique et Sportif Français, s’engagent à proposer gratuitement, dans les jours à venir, aux Françaises et aux Françaises leurs contenus conçus par des professionnels du sport, mais également de la santé et de l’activité physique adaptée.”

Gérer son stress

Autre conséquence possible de l’isolement : l’angoisse et le stress. “La solitude et la situation sanitaire anxiogène peuvent générer un sentiment d’angoisse chez des personnes âgées, assure Gaël Chetelat. Il est donc important qu’elles aient des contacts autres que les nouvelles alarmantes de la radio et la télévision, pour relativiser. Sinon il y a un risque de dépression, lié à un sentiment de solitude, d’abandon.” Pour vaincre ce sentiment qui peut être délétère pour la santé dans la population générale, il faut vaincre l’isolement social. Et pour cela, les moyens de communication actuels sont un atout formidable. ” Il faut que les gens s’organisent, pour prendre contact quotidiennement. Si possible faire des groupes What’s app, skype, pour se retrouver tous les jours et discuter, assure Gaël Chetelat. Gérard S. qui parle à ses filles au téléphone ou par skype le reconnaît, il est anxieux. “Cette situation, totalement inconnue pour moi, me fait penser tout le temps à la mort, ça me fait du bien d’en parler.”

Les contacts sont cruciaux dans cette crise, renchérit Christophe Haag, chercheur en psychologie sociale, auteur de La contagion émotionnelleCar en plus de la contagion du virus il y a la contagion de la peur.  Et chez nos aînés cela fait courir le risque d’hypertension, de hausse de la glycémie, etc. il y a donc un grand enjeu pour faire baisser l’angoisse.” Le chercheur conseille la lecture, le soin des animaux domestiques, mais aussi “ouvrir des albums photos pour se remémorer des souvenirs et activer des émotions positivesavec, surtout, “la mise en place d’une routine régulière pour garder un rythme”. Gaël Chetelat recommande, en plus, la pratique de la méditation “particulièrement bien adaptée au fait de rester chez soi” et dont les bénéfices sont multiples (lire dossier Sciences et Avenir). En 2017, une première étude de son équipe a montré que le cerveau d’expert en méditation avait un meilleur métabolisme que celui de témoins.

Bien s’alimenter 

La spécialiste pointe enfin l’alimentation. “Il est bénéfique de privilégier une alimentation de type méditerranéen (riche en fruits, en légumes, poisson, huile d’olive, céréales complètes, légumes secs, noix, fromage frais ou yaourt, viandes maigres) qui a montré ses bénéfices pour améliorer les fonctions cognitives et cardio-vasculaires”. Et la chercheuse de conclure “n’oubliez pas de vous faire plaisir aussi. Avec le stress on peut avoir particulièrement envie de chocolat et il ne faut pas culpabiliser pour cela !”.

Source SCIENCES AVENIR.

Film “De Gaulle“ : la trisomie de Clémence l’éloigne de l’école… Interview…

Âgée de 13 ans, Clémence, qui incarne la fille du général de Gaulle dans le film qui sort en salle le 4 mars, avec Lambert Wilson et Isabelle Carré, est déscolarisée depuis plusieurs mois.

Une situation que rencontrent beaucoup de familles d’enfants porteurs de handicaps, faute de places dans les structures adaptées.

Désemparée, sa mère, Agnès Hittin, a lancé un appel très relayé sur Facebook. Interview.

De Gaulle : « L’équipe du film a été touchée par Clémence et sa spontanéité »

Comment s’est passé le tournage du film ?

C’était une très belle aventure. Une aventure familiale notamment puisque ses frères et sœurs ont joué les cousins d’Anne de Gaulle. Nous sommes partis tous ensemble sur les routes du tournage. Clémence a dû se dépasser car il n’était pas évident pour elle de faire des choses qu’on lui imposait. J’ai essayé de la rassurer au maximum. Elle a dû par exemple monter sur un poney à cru, le cheval était surexcité, je voyais qu’elle était tétanisée. Mais elle est très volontaire. Et puis il y avait beaucoup de monde, des figurants qui jouaient des soldats blessés, de la fumée, du bruit… Il a fallu qu’elle intègre tout ça. L’équipe du tournage a été très gentille, elle a été vraiment choyée. Les acteurs ont été assez exceptionnels. Ils se sont mis à sa portée. Elle en a retiré de la joie. Je crois que ça l’a amusée de devenir une petite starlette !

Les acteurs ont-ils été touchés par Clémence ?

Il y a eu des très beaux retours d’Isabelle Carré dans différentes interviews où elle parle de Clémence avec beaucoup de vérité. Rencontrer des enfants différents, cela apporte toujours quelque chose. De la spontanéité par exemple. Je pense que la présence de Clémence donne de la profondeur au film.

“Les enfants porteurs de trisomie 21 ont toute leur place au cinéma car ils ont beaucoup à offrir à la société.”

On ne voit pas souvent un enfant porteur de trisomie 21 au cinéma…

“Non. Et pourtant ils ont toute leur place car ils ont beaucoup à offrir à la société.”

Être maman d’une petite fille comme Clémence, cela signifie quoi ?

Je suis une maman comme les autres. Sa trisomie fait partie notre vie mais ça ne fait pas tout d’elle. Je suis presque fière qu’elle porte cette trisomie en elle car elle apporte une vraie richesse. Tout n’est pas si noir. Nous avons aussi des difficultés avec nos autres enfants ! Je n’ai jamais souffert du regard des autres.
J’ai tenu un journal intime pendant plusieurs années après la naissance de Clémence car j’avais envie et besoin de témoigner, de mettre en avant qu’avoir un enfant trisomique pouvait être source de joie et que la différence n’est pas obstacle au bonheur. J’ai donc tenu un blog (« Clémence, le bonheur dans tes yeux », à lire aujourd’hui sur une page Facebook). Une expérience dont j’ai témoigné sur France 2 il y a deux ans. J’ai eu beaucoup de retours de mamans, dont un que je n’oublierai jamais : elle avait le projet d’arrêter sa grossesse et elle a choisi finalement de garder l’enfant après m’avoir écouté. De ma petite expérience, je suis heureuse de pouvoir redonner confiance parce que c’est la peur qui entraine ce genre de démarche et de choix.

Vous êtes catholique. Est-ce que cela vous aide à vivre le handicap de votre fille ?

Forcément. Cela aide particulièrement. Dès le départ, j’ai pu accueillir. Il y a eu des larmes, oui. Mais ça nous a donné un certain souffle, ça nous a porté, ça nous a donné confiance. Et la confiance est la meilleure des armes.

Clémence est totalement déscolarisée depuis le mois de décembre. 

Vous avez lancé un appel le 26 février sur Facebook pour que Clémence puisse être scolarisée. Quelle est la situation de votre fille aujourd’hui ?

Clémence est totalement déscolarisée. Elle est à la maison depuis le mois de décembre. Elle avait auparavant fréquenté pendant sept ans dans l’association Aime la vie à Voisin-le-Bretonneux. C’est une petite école humaine, chrétienne, extraordinaire, créée par deux éducatrices, il y a 30 ans, qui accueille six enfants trisomiques et porteurs d’autres handicaps. Son organisation est très adaptée aux enfants trisomiques : enseignement le matin et des activités l’après-midi. Mais elle s’arrête aux 12 ans de l’enfant.
Lorsque l’on fréquente ce genre de structure, il est difficile de rejoindre ensuite dans une école classique. Les classes Ulis en collège, qui suivent les programmes classiques de l’Éducation nationale, ne sont pas adaptées pour Clémence. Elle n’a jamais fréquenté de grosse structure. Pour elle, ce serait source de souffrance d’être lâchée dans ce type d’établissement.
Nous avons contacté tous les Instituts médico-éducatifs (IME) autour de chez nous, sans succès. Nous avions trouvé une grande école privée hors contrat, mais ça s’est très mal passé. L’établissement nous a demandé de chercher une autre solution.

“Je ne suis pas institutrice, je suis maman ! Je n’ai pas les méthodes.”

Comment va Clémence ? Et vous, dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Clémence va bien. Elle est très entourée, elle a un cadre familial solide et la chance d’avoir une maman qui ne travaille pas. Ce qui est douloureux pour elle, c’est de ne plus être en relation avec d’autres enfants. Elle a des frères et sœurs mais ce n’est pas pareil, ce ne sont pas des amis.
De mon côté, je ne me laisse pas démonter. J’essaie de ne pas lâcher le scolaire donc je lui donne quelques cours à partir des cahiers de son ancienne école. Mais je ne suis pas institutrice, je suis maman ! Je n’ai pas les méthodes. Je ne me sens pas de faire ça. Je le fais par amour pour ma fille mais ce n’est pas une solution. Néanmoins, je suis dans la confiance ; j’ai toujours fonctionné comme ça. Nous n’avons jamais eu de difficultés particulières avec Clémence, là c’est la première tuile. C’est difficile mais c’est peut-être le chemin qu’on doit suivre. D’autres parents le vivent. C’est fatigant parce qu’on s’inquiète beaucoup en tant que parent.

“Nous ne voulons pas un placement, mais un établissement où elle sera heureuse.”

Qu’est-ce qui est responsable de cette situation selon vous ?

C’est difficile de pointer quelque chose ou quelqu’un. Il manque des structures adaptées, surtout des petites structures. Les listes d’attente sont très longues. Tous les établissements ne conviennent pas aux enfants ou aux modes éducatifs des parents. L’insertion, proposée dans les classes Ulis, c’est génial quand ça marche, mais cela ne fonctionne pas pour tout le monde. On a contacté tous les IME autour de notre lieu de résidence. Nous en avons visité un avant les vacances, qui nous proposait une place, mais nous avons refusé car il n’était pas adapté pour Clémence. C’était tous des grands gaillards de 19 ans… Clémence est encore petite. Nous ne voulons pas un placement, mais un établissement où elle sera heureuse. Comme pour tous les enfants, en fait. Nous n’avons peut-être pas pris les choses assez en amont, mais on ne le sait pas en tant que parents ! Il faut s’y prendre au moins deux ans en avance. Nous continuons à chercher en élargissant notre champ de recherche.

Quelle serait la structure idéale pour Clémence ?

Un IME en petit effectif. Elle est effrayée quand il y a trop de monde. Elle n’aime pas le bruit. Ou bien une classe Ulis mais avec les bons éducateurs. Elle n’est pas très scolaire. Elle aime le sport, la musique, les activités manuelles, la cuisine… Si seulement il existait des établissements avec ce genre d’activités !

Source LA VIE.

 

Clément, aveugle, veut emmener les non-voyants sur les sentiers des Vosges…

Clément Gass, Mathieu Kirchhofer et Joseph Peter, le président du Club vosgien de Saint-Amarin, ont récemment effectué une grande randonnée dans les Vosges, au-dessus de Saint-Amarin.

L’objectif, pour Clément, non voyant, était d’effectuer une reconnaissance du parcours afin d’en devenir le guide, seul, en août 2020, et de le rendre accessible à tous.

 

Clément, aveugle, veut emmener les non-voyants sur les sentiers des Vosges

La vallée est enveloppée par le brouillard, mais les hauteurs du Stockenberg émergent de ce coton d’automne. Sur le sentier balisé d’un rectangle rouge blanc rouge, des randonneurs avancent d’un pas décidé et volontaire. Ils sont trois, partis de Saint-Amarin pour rallier d’abord le Haag pour le déjeuner, puis le sommet du Grand Ballon avant de revenir à leur point de départ dans la vallée.
Équipés de bonnes chaussures et de sacs à dos, ils progressent à un rythme soutenu, cadencé par leurs cannes de marche.

31,9 km, 1325 m de dénivelé en huit heures

Un des trois cependant, n’a qu’une canne, blanche, équipée d’une sphère montée sur ressort à son extrémité. Son propriétaire balaye d’un mouvement métronomique le terrain devant ses pieds. Clément Gass est non-voyant depuis sa naissance.
Accompagné par Joseph Peter, président du Club vosgien de Saint-Amarin (CVSA) et par Mathieu Kirchhoffer, ils attaquent aujourd’hui un circuit de 31,9 km et 1325 m de dénivelé positif, pour une durée de sept heures et cinquante minutes. Clément, trailer confirmé (il a notamment traversé la Corse par le GR20) aidé de sa canne tactile et guidé par son téléphone, vient reconnaître ce circuit en vue d’une sortie, organisée par le CVSA, qu’il guidera en août 2020.

Enregistrer des commentaires

Tout au long du parcours, Joseph et Mathieu vont lui donner des informations qu’il va enregistrer sur son téléphone. « Trois heures » ou « neuf heures » sont des indications pour bifurquer à angle droit vers la gauche ou la droite (midi, c’est droit devant). Clément mémorisera ainsi tout l’itinéraire avec, pour chaque changement de direction, un cap, une distance et des commentaires.
La canne, elle, sert à détecter les obstacles tels que cailloux ou branchages. Ses deux accompagnateurs, pourtant randonneurs chevronnés, ont par moments bien du mal à le suivre, tellement il va vite. Plus la pente est raide, plus il accélère. C’est Joseph Peter, après leur rencontre sur un tour de la vallée, qui lui a proposé de guider une sortie.

Trois conditions réunies pour accepter l’aventure

Clément, avant d’accepter, a posé trois conditions : au moins 1000 m de dénivelé positif, un parcours d’au moins trente kilomètres et, surtout, personne devant lui ! Chapeau bas ! Son objectif, hormis de piloter un groupe le 2 août 2020, est de rendre disponible ce parcours, par ses relevés, pour n’importe quelle personne non-voyante.

La marche est pour lui le seul moyen autonome de déplacement et il la considère comme un plaisir. Dans la vie, quand il ne skie pas ou ne randonne pas, Clément est ingénieur statisticien à l’Insee. Il est également vice-président de l’association Vue du cœur, dont de jeunes membres ont pris part à un tour de la vallée. Il vient de créer avec un ami une autre association, Elandicap, qui veut démontrer par ses actions que, selon le contexte, le handicap peut s’effacer. Clément s’affirme comme un personnage, offrant une leçon de courage et un bel exemple à suivre…

Source L’ALSACE.

Première médaille en cyclisme pour Lucas, pompier héraultais gravement brûlé à Gabian…

Lucas Canuel, jeune pompiers volontaire gravement blessé lors de l’incendie de Gabian (Hérault) en 2016 poursuit son rêve de devenir athlète paralympique.

Il a remporté ce weekend sa première médaille, de bronze, lors du championnat de France Handi-Sport à Roubaix.

Gravement blessé en 2016 lors de l'incendie Gabian, Lucas Canuel (à droite) a participé aux championnats de France handisport

Il y a trois ans, il a cru devoir arrêter sa passion, le vélo. Samedi après-midi, Lucas Canuel, pompier gravement blessé en 2016 lors de l’incendie de Gabian a remporté la médaille de bronze au 200 mètre lancé lors du championnat de France de cyclisme Handi-Sport à Roubaix.

Un exploit pour le jeune homme, qui a dû subir une amputation des doigts suite à l’incendie, qui l’a également laissé dans le coma. Il se prépare depuis 2018 en vue de participer aux Jeux Olympiques à Paris en 204.

Source FRANCE BLEU.

 

Cinéma. Le film « J’accuse » lauréat du Marius de l’audiodescription…

Le Marius de l’audio-description a été décerné mercredi au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

La lauréate 2020 est Raphaëlle Valenti pour son audio-description du film J’accuse de Roman Polanski.

Cinéma. Le film « J’accuse » lauréat du Marius de l’audiodescription

Un jury composé de 137 personnes âgées de 21 à 81 ans, essentiellement déficientes visuelles, a écouté les enregistrements des audio-descriptions pour les sept films nommés pour les César 2020 puis ont voté pour déterminer celui qui correspond le mieux à leurs attentes en matière d’audio-description.

L’audiodescription la plus plébiscitée est celle du film J’accuse de Roman Polanski. Mercredi 26 février au CNC, le trophée Marius a été remis à Raphaëlle Valenti auteure de l’audiodescription pour le compte du laboratoire Hiventy.

En 2018, le Prix, né à Rennes, avait été remis au film Petit paysan, audiodécrit par Morgan Renault pour Titra Film, relu par Marie-Pierre Warnault. L’an dernier, le film Pupille, dont l’audiodescription a été écrite par Dune Cherville, avait été récompensé.

Aide à la compréhension du film

L’audiodescription est une technique consistant à insérer, lorsque cela est possible et pertinent, la lecture d’un texte descriptif en vue d’améliorer la compréhension de l’action du film par un déficient visuel.

Cette description sonore s’intercale entre les dialogues et vise à rendre compte d’informations essentielles qui ne peuvent être perçues par le seul sens de l’ouïe, les décors, les paysages, les costumes, les sous-titrages.

Elle s’attache également à restituer les atmosphères, les bruits non aisément identifiables ainsi que les expressions de visage résultant du jeu des acteurs.

Source OUEST FRANCE.

Melun : Valentin et Théo, son frère handicapé, honorés après avoir fini l’Ironman de Vichy…

Valentin et Théophile sont deux frères originaires de Dammarie-lès-Lys en Seine-et-Marne.

Ils viennent de recevoir le trophée des sportifs méritants de la ville de Melun pour avoir terminé l’Ironman de Vichy.

Valentin et Théo lors de l'ironman de Vichy.

Imaginez nager 3.800 mètres, pédaler 180 km puis courir plus de 42 kilomètres… une performance qui n’est pas donnée à tout le monde. On appelle ça un Ironman et c’est l’exploit que Valentin et Théophile ont réalisé cet été, à Vichy. Mais Valentin et Théo ne sont pas des coureurs comme les autres. Car Théophile, âgé de 30 ans est atteint de paralysie cérébrale. C’est donc tracté, ou poussé par Valentin, son grand frère de 33 ans, qui est venu à bout de la course, le 25 août dernier.

Pour l'épreuve de nage, Valentin tracte Théo, installé dans un bateau. - Aucun(e)

Pour cet impressionnante performance, les deux frères, originaires de Dammarie-lès-Lys en Seine et Marne, ont reçu le trophée des sportifs méritants de la ville de Melun, vendredi soir.

Un bateau, un triporteur et un fauteuil adapté

Partis à 6h30 du matin, Valentin et Théophile ont passé la ligne d’arrivée 16h plus tard, aidés par des équipements bien spécifiques, une sorte de triporteur adapté pour la partie vélo par exemple.

Et les deux frères comptent bien rééditer leur exploit l’été prochain, lors de l’half ironman des Sables-d’Olonnes, en Vendée, le 5 juillet et de l’ironman complet de Mont-Tremblant, au Canada, le 23 août.

Valentin et Théo sur la ligne d'arrivée. - Aucun(e)

Source FRANCE BLEU.

 

Nantes. Le foot en commun, à pieds ou en fauteuil…

Un tournoi réunissait des jeunes footballeurs, ce mercredi 19 février, à Nantes.

Si certains évoluaient en fauteuil et d’autres non, tous avaient la même passion du ballon rond.

Nantes. Le foot en commun, à pieds ou en fauteuil

Du « Foot pour tous » ! Un nom généreux pour un tournoi de foot pas comme les autres. Ce mercredi 19 février, à Nantes, s’est déroulé la dixième édition d’un rendez-vous sportif et bienveillant, organisé par le club Nantes foot fauteuil, qui fêtera ses 20 ans le 30 mai.

Des équipes, composées de valides et d’handicapés, se sont affrontées sur le terrain du sport et des préjugés. « Ça permet un autre regard sur le handicap », confirme Tristan, 21 ans.

Pour briller au Foot fauteuil, il faut savoir manier un ballon plus gros que ceux utilisés par les valides… sans oublier de piloter son fauteuil, qui peut faire des pointes à 10 km/h.

Sur son fauteuil, il s’apprête à entrer en jeu, après avoir vu s’affronter les « valides » de son équipe pendant la première mi-temps. C’est à la fin des deux périodes que le score est additionné, pour avoir le résultat final.

Depuis la touche, Eloi et Emmanuel apprécient : « Ils vont vite ! » Piloter le fauteuil et tenter d’expédier le ballon dans le but demande un certain talent.

Les jeunes footeux valides, sortis du terrain avec deux buts à remonter, savourent la « remontada » de leurs coéquipiers handicapés. « C’est assez impressionnant à voir ! »

Source OUEST FRANCE.