Cours de danse, trampolines, spectacles… Bientôt un parc unique pour les enfants porteurs d’un handicap…

Un bâtiment entièrement pensé et aménagé pour les enfants porteurs de handicap. Des ateliers et des cours proposés chaque jour.

Le « village des enfants extraordinaires » ouvrira en 2022 à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Photo d'illustration.

 

Tel est le projet pharaonique qu’a imaginé un couple de Franciliens. Ce « village des enfants extraordinaires » doit ouvrir en septembre 2022 dans le Val-de-Marne.

Les préinscriptions sont déjà possibles en ligne.

 

C’est un concept unique en son genre qui n’existe pas encore en France. Emmanuelle et Jérôme Stioui, deux habitants de Saint-Mandé (Val-de-Marne), ont imaginé un lieu entièrement dédié aux enfants porteurs d’un handicap moteur et psychique.

Il s’agit d’un immense centre de 600 m2 dans lequel tout sera adapté pour ces jeunes visiteurs âgés entre 6 et 18 ans. Un parc pour s’amuser, se défouler, apprendre et être stimulé.

Des experts qui ont travaillé sur Disneyland Paris

Concrètement, ce fameux parc ne ressemblera à aucun autre. « C’est un OVNI. Nous sommes précurseurs », précisent Emmanuelle et Jérôme Stioui, parents d’Alicia née avec un syndrome cardio-facio-cutané. Ils ont voulu soigner la décoration pour que le village ne soit pas plongé dans une « ambiance maussade ». Pour cela, « nous avons fait appel à des sociétés qui travaillent avec le Puy du Fou et Disneyland Paris ». Plus précisément, « nous sommes partis sur le thème de la nature enchantée, un univers magique et féerique ».

Ce « village des enfants extraordinaires » verra le jour à Saint-Maur-des-Fossés, commune située à 12 km à l’est de Paris. Le gros œuvre vient d’être achevé et la livraison est prévue au printemps 2022. L’ouverture, elle, est programmée à la rentrée scolaire 2022. Les préinscriptions sont possibles sur le site Internet de l’association depuis début décembre.

Des cours de cuisine, de danse, de musique

Les parents d’Alicia, épaulés par une équipe de bénévoles, ont également pensé aux enfants autistes. « Certains ont besoin d’observer le groupe et de se mettre à l’écart mais nous ne voulions pas qu’ils soient obligés de quitter l’atelier. Nous avons créé des petits cocons en forme de champignon et de balancelle. »

Le mobilier, l’accessibilité, les équipements ont été pensés en lien avec des professionnels pour que les enfants puissent profiter du jardin, de la cuisine, de la salle de spectacles, du parcours moteur, de la salle de relaxation et de l’aire de jeu de 500 m2 avec des trampolines, des balançoires sécurisées, un carrousel… Un parking privatif de 15 places a été prévu.

À l’étage, plusieurs salles d’ateliers seront créées. Les enfants, même ceux en fauteuil roulant, pourront recevoir des cours de danse, de musique… « Grâce à des châssis vitrés, les parents pourront observer leurs enfants derrière une vitre sans tain ce qui n’est pas possible dans les Instituts Médico-Educatifs. »

Deux millions d’euros

Ce « village des enfants extraordinaires », qui a été repéré par Le Parisien, n’accueillera pas uniquement les enfants porteurs de handicap mais toute leur famille. Leurs frères et sœurs pourront profiter des installations sans surcoût la semaine et le week-end. Les parents, eux, auront l’obligation de rester sur place. « Ce n’est pas un système de garde », prévient le père de famille.

Cet incroyable projet demande évidemment un financement très important : deux millions d’euros. Il manque à ce jour 10 000 €. Les dons sont possibles sur le site de l’association. Emmanuelle et Jérôme Stioui ont notamment reçu le soutien de la Fondation Perce-Neige, la région Ile-de-France, la ville de Saint-Mandé. Le budget de fonctionnement a, lui, a été estimé entre 500 000 et 600 000 € par an.

Accueillir les familles les plus modestes

Le couple souhaite que toutes les familles, même les plus modestes, puissent profiter de leur parc. Il réfléchit à mettre en place un système de tarification sur quotient familial et des bourses. Il faudra compter 350 € pour un abonnement annuel pour un atelier par semaine (hors vacances scolaires) ou 15 €/demi-journée par famille pour profiter des installations en accès libre.

Conscients que la demande est forte en France notamment où les IME sont rares, ils souhaitent aider les familles. « Nous savons que nous avons eu de la chance pour Alicia. Nous avons eu une place dans un IME à ses cinq ans. En province, l’attente peut durer des années. » Dans le futur, ils espèrent que leur concept de village « prototype » pourra voir le jour dans d’autres régions en métropole.

Ils espèrent que les familles en attente d’une place en institut médico-éducatif (IME) pourront obtenir une aide financière de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Il va falloir que nous nous battions », reconnaissent les Stioui.

Source OUEST FRANCE.

Le site internet Mon Parcours Handicap accompagne désormais les lycéens et les étudiants…

Ouverte en mai 2020, la plateforme numérique Mon Parcours Handicap est un point d’entrée unique d’information, d’orientation et de services pour les personnes en situation de handicap.

Le site internet Mon Parcours Handicap accompagne désormais les lycéens et les étudiants

 

Depuis le 6 décembre 2021, une nouvelle rubrique « Études supérieures et handicap » propose aux lycéens et aux étudiants en situation de handicap les clés pour les encourager à poursuivre des études, les informer sur les accompagnements possibles et les aides existantes. En effet, à la rentrée 2020, les jeunes en situation de handicap ne représentaient que 1,82 % des étudiants.

Destinée aux lycéens et étudiants en situation de handicap, à leurs parents, mais aussi aux aidants et relais d’information (maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), enseignants, associations…), la nouvelle rubrique « Études supérieures et handicap » facilite leur quotidien. Elle répond à toutes leurs questions sur les différents parcours de l’enseignement supérieur, les possibilités d’aides, d’appuis et d’accompagnement, les démarches à effectuer et permet d’identifier rapidement les bons interlocuteurs.

Rubrique Études supérieures et handicap

Une rubrique en six thématiques pour suivre des études supérieures et préparer son insertion professionnelle :

  • M’orienter dans l’enseignement supérieur : avant et après le bac, des outils en ligne pour vous orienter ; les équivalences au bac ; formations en alternance accessibles aux jeunes en situation de handicap ; les clés pour étudier à l’étranger et à distance ; les interlocuteurs pour vous orienter.
  • M’informer sur les démarches : s’inscrire en première année d’études : Quelles procédures pour Parcoursup et hors Parcoursup ? Quelles démarches au-delà de la première année d’études supérieures ? Comment anticiper et préparer votre rentrée ? Première inscription d’un étudiant en situation de handicap : qui peut m’aider ?
  • Compenser mon handicap : aides humaines, aides techniques et financières ; aménagements des concours et examens ; les structures pour vous accompagner lors de vos études supérieures.
  • Vie étudiante : aides financières ; trouver et financer un logement adapté ; aides aux déplacements pour gagner en autonomie ; les professionnels de santé à votre écoute ; l’entraide étudiante ; pratiquer des activités sportives, de loisirs et culturelles ; participer à la vie citoyenne et associative de votre campus.
  • Me préparer à la vie professionnelle : quels dispositifs pour une insertion professionnelle réussie ? La reconnaissance de la qualité de travailleurs handicapés (RQTH) : modalités et avantages ? Comment vos besoins sont-ils pris en compte au travail ? Comment trouver un emploi dans la fonction publique ? Quels accompagnements pour se lancer dans votre vie professionnelle ?
  • Découvrir mes interlocuteurs : les professionnels qui peuvent vous accompagner et vous aider à vous orienter, à entrer dans la vie active et lors de vos études.

La rubrique « Études supérieures et handicap » propose également des témoignages en vidéo .

Dans le cadre d’une démarche centrée sur les usagers, cette rubrique a été co-construite avec des étudiants en situation de handicap et des parents de futurs étudiants en situation de handicap.

Plus d’information, cliquez ici.

Source Service Public.

Mon handicap invisible m’oblige à devoir justifier de ma maladie….

« J’aimerais tant refaire la queue en caisse pendant des heures, courir, jardiner, rester debout dans les transports en commun… » regrette Mokhtaria.

Comprendre une maladie invisible pour ne plus porter de regard, de critique sur le droit à la priorité.

 

HANDICAP — Quésaco la spondylarthrite? Nom inexistant dans mon imaginaire et vocable, je découvre à mes 33 ans cette maladie invisible et handicapante au quotidien. De quoi s’agit-il? La spondylarthrite appelée dans le jargon médical SPA est une maladie auto-immune et rhumatismale, touchant principalement les articulations sacro-iliaques et s’accompagnant d’inflammations.

Elle se déclenche chez l’adulte jeune (20/30 ans) et touche davantage les hommes que les femmes. Cette définition peut paraître générale, abstraite, voire incompréhensible.

Pour expliciter mes propos, je souhaite parler de ma SPA; car il existe différentes manifestations, différentes douleurs, différents traitements. La SPA est propre à chaque personne.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide!

La maladie déclarée jeune

Ma SPA est apparue à mes 32 ans, se caractérisant par des douleurs au bas du dos et aux hanches, une raideur aux doigts. Premier signe apparent, une arthrose des hanches dite coxarthrose. À mon jeune âge, ce n’est pas possible me dis-je. Pourtant, c’est bel et bien le cas, car l’arthrose peut se déclarer à tout âge. Par la suite, les semaines s’écoulent avec ces douleurs fluctuantes. Je suis orientée vers la rhumatologie. Oui, la rhumatologie à 32 ans, moi qui pensais que cette spécialité médicale était réservée davantage à nos aînés. Je continue de gérer ces maux; qui s’estomperont au fil du temps. Or, ce n’est pas le cas.

Mon corps a de plus en plus mal, est de plus en plus fatigué. Un matin, je n’arrive plus à me lever. Je consulte, en urgence, une rhumatologue. Je suis, dans la foulée, hospitalisée dans un service de rhumatologie ne posant pas de diagnostic médical. Je consulte d’autres rhumatologues, l’une me prescrivant un traitement pour la fibromyalgie, l’autre effectuant six injections au bas de mon dos. Mon médecin traitant (que je ne remercierai jamais assez pour son professionnalisme, son écoute et sa bienveillance) m’oriente vers la spécialité médecine interne.

Enfin de la lumière au bout du tunnel. Je suis consultée, entendue et comprise par un professeur émérite. Mon mal invisible se caractérise par un déverrouillage matinal du corps, des inflammations et des douleurs au bas du dos, aux hanches, une fatigue et une sensation de lourdeurs aux jambes. Après des examens médicaux, le diagnostic tombe: je suis atteinte d’une spondylarthrite. Une quoi? Une sp… dont je n’arrive pas à prononcer le nom, au début. OK, j’ai cette m… avec tout ce que cela implique.

Maintenant, je dois ou plutôt je vais essayer de vivre, survivre ou revivre avec cette maladie au nom complexe. J’ai une chance de bénéficier de soins de qualité, avec des professionnels de santé tip-top. Mes traitements visent à atténuer les douleurs et ralentir la progression de la maladie.

Aujourd’hui, j’ai 37 ans. Je tente de gérer au mieux ma SPA. Elle et moi cohabitons depuis 5 ans, avec des moments où elle l’emporte sur mon corps et mon esprit et d’autres moments, où je la terrasse. Le verbe peut paraître excessif. Pourtant, c’est bel et bien le cas, car la SPA se vit au quotidien.

Une maladie invisible qui se combat au quotidien

Chaque jour est une douleur invisible, dont l’intensité varie et le moral est mis à épreuve. Je bénéficie d’une reconnaissance MDPH et de la carte mobilité inclusion. Cette carte a pour but de faciliter mes déplacements. Je peux solliciter une place dans les transports en commun ou dans une salle d’attente, éviter la file d’attente dans les établissements recevant du public.

Pourtant, cette carte priorité semble incomprise pour de nombreuses personnes. Je l’utilise principalement en magasin, où est signalée caisse priorité. Drame, qu’ai-je fait en sollicitant cette priorité? Les gens vous scrutent, se permettent des commentaires, réfutent cette priorité. J’ai entendu, de nombreuses fois, ces phrases: ”À son âge, on n’est pas malade”,” La MDPH donne la carte à n’importe qui”, “Celle-là fait semblant pour ne pas faire la queue”.

J’ai, longtemps, été mal à l’aise avec l’utilisation de cette carte. J’ai dû, à plusieurs reprises, justifier cette priorité. Ceci s’explique par les propos inappropriés, désobligeants de certaines personnes que j’ai reçus. Ma maladie, mon handicap leur apparaissent invisibles. Les individus ont une perception du handicap se caractérisant par un élément visible de type fauteuil roulant ou canne. Or, il existe des handicaps non apparents, avec de lourds retentissements.

«J’ai entendu, de nombreuses fois, ces phrases: ‘À son âge, on n’est pas malade’, ‘La MDPH donne la carte à n’importe qui’, ‘Celle-là fait semblant pour ne pas faire la queue’.»

– Mokhtaria M.

À tous ces gens portant un jugement, je souhaite leur dire « Cessez !!!! Je vous remets cette priorité avec toutes les douleurs et les pleurs que cela comporte ». Cette carte ne sert qu’à m’aider dans mon handicap.

J’aimerais tant refaire la queue en caisse et pendant des heures, courir ne serait-ce qu’un kilomètre, jardiner un quart d’heure, rester debout dans les transports en commun, réaliser mes tâches ménagères sans aide quelconque, sauter à la corde à sauter avec mon enfant, porter des courses sans aucune douleur déclenchée…

Cela voudrait dire tout simplement que ma santé est bonne.

Source Huffingtonpost.

Famille et handicap : le vibrant plaidoyer de Clara Dupont-Monod contre la bureaucratie…

Elle vient de recevoir le Prix Femina 2021, et le Prix Landerneau, pour son livre « S’adapter » (Stock).

Invitée de Boomerang, l’écrivaine a choisi de dire un plaidoyer pour une simplification administrative pour les handicapés et leur famille. 

Clara Dupont-Monod à La grande librairie en 2018

 

« Chère bureaucratie française,

j’aime la danse classique et je la pratique depuis un moment. Je suis comme toi, j’ai un hobby.

Le tien, c’est de pourrir la vie des gens, et notamment, celle des familles dont l’enfant n’est pas comme les autres. Je comprends que tu aimes ce hobby, il demande autant de rigueur que pour réaliser un pas de danse classique.

« A moi l’arabesque, à toi la mise à terre des familles. »

Pour ça, veinarde, tu es aidée. Tu as plein d’acronymes pour encombrer le chemin : la MDPH, la CDA, la CDAPH, c’est la version upgradée de la CDA, le PPS, l’ESMS, l’AJPP, et plein d’autres.

« Par exemple, pour avoir droit à une AESH, c’est à dire une personne qui aide l’enfant handicapé en classe, il faut remplir un dossier MDPH, de 32 pages, que même un énarque avec un QI obèse relirait deux fois, et une fois le dossier rempli, il faut attendre 4 mois. »

Pour avoir la notification qui dit si oui ou non l’enfant sera aidé. Ah, coquine bureaucratie, tu me fais un là entrechat de paperasse…

Si la réponse est positive, il faut attendre que l’AESH soit nommée et recrutée par l’Inspection académique, ce qui peut prendre plusieurs mois, tu avoueras que c’est très long comme entretien d’embauche hein, plusieurs mois, mais on ne réussit pas une chorégraphie du premier coup, je te comprends.

Et parce que tu aimes la perfection, comme en danse classique, l’AESH sera soit « M », soit  « I ».

Bien sûr, s’il n’y pas d’AESH, et ben l’enfant attendra. L’instit s’en occupera, tant pis s’il a une classe sur les bras et aucune formation spécifique. Il faut bien que le chausson se détende.

Tu es vraiment taquine : tous les trois ans, tu demandes aux familles de tout recommencer : le dossier de 32 pages, les bilans, les attestations, les certificats, les devis… Tu demandes aux familles de prouver, tous les trois ans, que leur enfant est toujours handicapé – au cas où la trisomie disparaitrait comme par magie, au cas où une petite tétraplégique pourrait se mettre debout. Friponne bureaucratie ! Tu y mets vraiment du cœur, j’aime échanger avec toi, tiens : en danse il existe la figure du fouetté, elle serait parfaite pour toi.

Je t’embrasse »

Clara

À écouter  –   Culture Les bons mots de Clara Dupont-Monod

30 min
Source FRANCE INTER.

Accès aux droits des personnes handicapées : Sophie Cluzel lance un ultimatum aux départements… Vidéo.

Invitée de la matinale de Public Sénat, Sophie Cluzel est revenue sur les inégalités territoriales d’accès aux droits (allocations, accompagnement) par l’intermédiaire des Maisons départementales pour les personnes handicapées (MPDH). La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a affirmé que si certains départements « n’étaient pas au niveau » à la fin de l’année, il n’y aurait « plus d’appui financier » de l’Etat.

Accès aux droits des personnes handicapées : Sophie Cluzel lance un ultimatum aux départements...

 

Face aux inégalités territoriales constatées dans la gestion des dossiers par les différentes Maisons départementales pour les personnes handicapées (MDPH), Sophie Cluzel a « lancé un appel » aux présidents de conseils départementaux : « Depuis 2005, on n’a pas travaillé sur un système informatique et une uniformité dans les droits. C’est inacceptable, des process n’ont pas été mis en place. Nous avons fait une feuille de route MDPH 2022 pour pallier cela. » En fait, le gouvernement a lancé en 2019 un programme pour octroyer des « droits à vie » aux personnes handicapées, afin que celles-ci n’aient plus besoin de faire confirmer leur invalidité par un médecin à intervalles réguliers, afin de « simplifier » les démarches.

« Je serai intraitable à la fin de l’année »

Mais dans la mise en place concrète du dispositif, de grandes disparités ont été constatées sur l’ensemble du territoire. Dans le Nord, 80 % des dossiers gérés par la MDPH le sont maintenant sur des « droits à vie », quand c’est seulement 58 % à Paris ou 30 % dans le Lot. Ainsi, selon les départements, des personnes handicapées sont obligées de faire reconfirmer leur handicap par un médecin, alors que dans d’autres bénéficient d’allocations et d’accompagnement à vie, sans démarche supplémentaire à effectuer. Plus généralement, selon les départements, les délais de traitement des dossiers dans les MDPH peuvent varier du simple au double, de moins de 3 mois dans les Bouches-du-Rhône ou le Nord, à plus de 6 mois à Paris ou dans le Finistère. La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées pointe un déficit « d’implication » des départements, « chefs de file des politiques sociales » : « Je fais un appel aux départements, il faut y aller à fond. »

Sophie Cluzel estime que l’Etat « n’est pas qu’incantatoire » sur ce dossier et accompagne les départements dans cette uniformisation des démarches administratives : « On a remis 25 millions sur la table pour accompagner les MPDH dans ce déploiement de l’informatique. » La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées le répète, le gouvernement soutiendra les départements dans cette démarche de simplification administrative. « Si vous avez des gros problèmes informatiques, nous sommes à vos côtés » affirme-t-elle, tout en rappelant les départements à leur « responsabilité » et en leur fixant un ultimatum : « Il faut que l’on soit tous au même niveau à la fin de l’année. » D’après Sophie Cluzel, l’Etat ne pourra pas soutenir les départements indéfiniment dans cette démarche, et ceux qui n’auront pas rattrapé leur retard pourraient voir ces aides diminuer : « Je serai intraitable à la fin de cette année. Aujourd’hui on accompagne, mais il faut qu’on ait des résultats, sinon il n’y aura plus d’appui financier. »

Source PUBLIC SENAT.

Perché sur une grue à 40 mètres de haut au sud de Toulouse, il veut que son fils handicapé soit placé…

À Cugnaux, au sud-ouest de Toulouse, un père de famille est perché sur une grue ce mercredi matin.

Il revendique le placement de son enfant handicapé dans une structure adaptée.

À Cugnaux, au sud-ouest de Toulouse, un père de famille est perché sur une grue ce mercredi matin

 

Un homme est perché sur une grue à 40 mètres de haut à Cugnaux, au sud-ouest de Toulouse. Les pompiers, prévenus vers 7h30 ce mercredi matin, indiquent qu’il ne veut pas sauter, mais qu’il souhaite alerter sur sa situation. L’homme d’une cinquantaine d’années a déployé une banderole. Il demande le placement de son fils handicapé dans une structure adaptée.

Gendarmes et pompiers sont sur place, à l ‘angle de l’avenue du Comminges et rue de Las Borios. Deux hommes du GRIMP sont montés sur la structure pour fixer le désespéré à un harnais et lui donner une couverture de survie.

Bataille administrative, entre la Haute-Garonne et le Gers

Joint par France Bleu Occitane, Olivier raconte être « désespéré », et explique la situation de son fils de 24 ans : « Notre fils a fait sept stages dans différents instituts. Un seul centre a accepté de le prendre, celui d’Ordan-Larroque (Gers). Ca va faire bientôt cinq ans, et rien n’a été fait depuis pour qu’il y ait une mesure de placement dans cette institution« .

Une décision qui revient à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) de Haute-Garonne, qui dépend du Conseil départemental. Or, le centre d’Ordan-Larroque se trouve dans le Gers, et du coup ça coince ! L’administration rechignerait à franchir cette frontière départementale.

« Notre plus gros handicap, c’est l’administration ! »

« C’est une administration contre laquelle on se bat depuis qu’il est né ! Notre plus gros handicap, c’est l’administration : la MDPH et l’ARS, qui elles mêmes sont handicapées ! Elles sont sourdes et aveugles » s’emporte Olivier.

Olivier explique alors qu’il ne descendra de la grue qu’à une seule condition : une lettre officielle lui indiquant que son fils peut être pris en charge par le centre spécialisé d’Ordan-Larroque. Chose faite à la mi-journée, ce père de famille a obtenu gain de cause, et un placement de son fils dans l’établissement souhaité. Il est descendu de la grue vers 13h.

Source FRANCE BLEU.

 

Accompagnement d’élèves en situation de handicap : « Des problèmes de recrutement » dans le Calvados…

Face aux voix qui s’élèvent ici et là pour déplorer le manque d’effectifs d’accompagnants d’élèves en situation de handicap, la direction académique du Calvados fait le point et évoque un problème de recrutement.

Un accompagnant d'élèves en situation de handicap (AESH) auprès d'une élève (photo d’illustration).

 

Pour les élèves en situation de handicap du Calvados, bénéficier de l’accompagnement d’un AESH n’est pas toujours chose aisée, à en croire le témoignage de plusieurs parents. Et ce malgré une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

La rédaction de Caen a interrogé Françoise Lay, secrétaire générale de la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) du Calvados, à ce sujet.

Françoise Lay, quelle est la situation dans le département pour les élèves en situation de handicap ?

Ils sont 4 414 dans le Calvados, scolarisés de la maternelle à la terminale, dont 2 234 qui ont fait l’objet d’une notification de la part de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Ces notifications précisent les besoins en termes d’accompagnement humain et matériel.

Pour permettre la scolarisation de ces jeunes, nous avons recruté 1 206 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Ces AESH sont répartis dans des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial).

Ces structures, basées sur le principe de la mutualisation, permettent un accompagnement au plus près des élèves et autorisent davantage de réactivité et de souplesse. C’est une expérimentation que nous menons depuis deux années maintenant.

Plusieurs témoignages évoquent des problèmes de moyens qui empêcheraient de mettre en œuvre efficacement cet accompagnement. Qu’en est-il ?

Je pense que les moyens affectés à l’organisation des Pial sont conformes aux besoins recensés. J’ajoute qu’un plus des effectifs que je vous ai cités, nous consacrons une enveloppe annuelle de 200 000 € pour l’acquisition de mobilier, de matériel informatique et bureautique. Et je précise également que nous traitons, chaque semaine depuis la rentrée, une trentaine de nouvelles situations d’élèves en situation de handicap.

Dans ce cas, pourquoi certains élèves ne bénéficient-ils pas du nombre d’heures prévu par les notifications de la MDPH ?

Il faut reconnaître que nous rencontrons une problématique de recrutement dans certaines zones, essentiellement des zones rurales. Nous manquons de candidats.

Le principe des Pial implique une mobilité de la part des AESH qui doivent intervenir parfois sur plusieurs établissements. Cela peut peut-être décourager certaines personnes. Mais je le répète, cette organisation est conçue pour coller au plus près des besoins des élèves.

Source OUEST FRANCE.

Quels contrats sont dédiés à l’embauche de travailleurs handicapés ?…

JOB – L’accès à l’emploi reste plus compliqué pour les personnes en situation de handicap que pour le reste de la population.

Quels contrats sont dédiés à l'embauche de travailleurs handicapés ?

 

Quelque 12 millions de Français sont actuellement en situation de handicap, selon les données de l’Agefiph, l’association nationale chargée de soutenir le développement de l’emploi de ce public spécifique. Or, leur insertion professionnelle reste plus compliquée que pour le reste de la population. C’est la raison pour laquelle la reconnaissance en tant que travailleur handicapé permet de prétendre à certains dispositifs d’accompagnement. La nature des programmes dépend toutefois du secteur concerné.

S’insérer dans le milieu ordinaire

Depuis 1987, les entreprises privées d’au moins 20 salariés ont l’obligation de recruter un minimum de 6 % de personnes handicapées. Hélas, trois décennies plus tard, le taux effectif n’atteint que 4 %, selon l’Agefiph. Pour booster les chiffres, l’État alloue tout d’abord des subventions aux employeurs : aide à l’embauche, à l’intégration, à l’apprentissage ou à l’adaptation des situations de travail, auxquelles ont été ajoutés des coups de pouce spéciaux Covid-19.

Au-delà des CDD, CDI, intérim et stages classiques, les travailleurs handicapés sont éligibles au contrat unique d’insertion, décliné en contrat initiative emploi (CUI-CIE) pour les entreprises et en contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) pour les associations et établissements publics. Dans ce cadre, un référent est chargé d’assurer un suivi personnalisé, tandis qu’un employé joue le rôle de tuteur. Le contrat peut être conclu pour 6 mois minimum et durer jusqu’à 5 ans pour un salarié en situation de handicap. Des conditions plus souples sont également prévues pour la signature de contrats en alternance (absence de limite d’âge, durée adaptée…).

Des entreprises adaptées

On recense par ailleurs près de 800 entreprises dites « adaptées » qui balaient un panel de plus de 200 métiers, sachant que 42 % de leur activité est réalisée par des prestations de services, selon les données de l’Unea (Union nationale des entreprises adaptées). Si elles fonctionnent comme des sociétés privées classiques, ces structures poursuivent un objectif d’insertion renforcé. En contrepartie d’aides financières, elles s’engagent à embaucher entre 55 % et 100 % de travailleurs handicapés dans leurs effectifs. Elles proposent également un parcours d’accompagnement individualisé qui tient compte des besoins et capacités de chacun. Ce sont alors le plus souvent Pôle emploi, Cap emploi ou encore les missions locales qui leur adressent les travailleurs handicapés. Néanmoins, le recrutement peut se faire en direct, sous certaines conditions d’éligibilité.

Côté contrats, on retrouve les CDI (91 % des effectifs) et CDD classiques mais également, à titre expérimental jusqu’à fin 2022, des « CDD tremplin ». Proposés par plus de 300 entreprises adaptées, ces contrats de 4 à 24 mois visent à former les travailleurs handicapés pour leur permettre de réaliser leur projet professionnel.

L’Ésat, en dernier recours

En cas de handicap particulièrement lourd, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) peut vous orienter vers un établissement d’aide par le travail, couramment appelé Ésat. Cette structure allie activité professionnelle, soutien médico-social et éducatif et peut parfois disposer d’un foyer d’hébergement. Pour y prétendre, vous devez vous adresser à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). En cas d’acceptation, vous signerez un contrat de soutien et d’aide par le travail pour une durée d’un an renouvelable, moyennant une « rémunération garantie » (comprise entre 5,71 euros et 11,35 euros de l’heure).

Source 20 MINUTES.

Rentrée scolaire. « L’accompagnement des élèves en situation de handicap est insuffisant »…

C’est la rentrée aussi pour les enfants en situation de handicap et leurs accompagnants.

Une aide humaine « indispensable » pour ces élèves, mais bien souvent « insuffisante ».

Le manque d'accompagnement peut entraîner l'échec scolaire de l'élève.

 

Jeudi 2 septembre, c’était aussi la rentrée pour les enfants porteurs de handicap. Une rentrée souvent synonyme de stress pour eux et pour leurs parents, car non seulement il faut être prêt à débuter une nouvelle année scolaire, mais c’est aussi à la rentrée qu’ils vont connaître l’accompagnement réel dont bénéficiera l’élève.

12 heures d’aide… Au lieu de 18

Enola entre en CP à l’école de Boissey-le-Châtel. Elle est atteinte d’un trouble autistique. La Maison départementale des personnes handicapées de l’Eure (MDPH) a reconnu sa pathologie et lui a octroyé une « aide humaine individuelle » à hauteur de 18 h par semaine.

Pourtant, l’an passé, ses parents ont appris par le biais de l’école qu’elle n’allait être accompagnée que 12 h. Ses parents remuent alors ciel et terre pour qu’elle puisse avoir l’accompagnement dont elle a besoin. « J’ai appelé l’Académie, le collège de Grand Bourgtheroulde qui distribue les heures d’accompagnement… Puis j’ai fini par appeler la presse », raconte Julien Castro, le père d’Enola.

Il en informe alors l’Académie, qui « dans l’heure qui suit a débloqué les 6 h manquantes ».

« C’est grave d’avoir à en arriver là, il faut faire du bruit pour obtenir justice »

Julien CastroPère d’Enola

Cette année, la fillette devrait avoir droit à ses 18 h d’accompagnement. « Cela devrait bien se passer, on espère », appuie le papa, en précisant que « l’école a tout fait pour que cela se passe au mieux ». Car sans accompagnant d’élèves en situation de handicap (les AESH), Enola a des troubles de l’attention et a du mal à se concentrer en classe. « L’AESH lui réexplique les consignes, la rassure. »

Sans AESH, c’est aussi plus difficile pour l’instituteur de faire classe, car Enola a besoin d’une attention particulière. C’est en partie pour cela, et aussi parce qu’elle se fatigue vite, que Julien Castro devra garder sa fille à la maison, « au moins tous les lundis matin » cette année, comme l’an passé.

Une situation possible car le papa travaille à la maison, mais qui révèle une autre problématique du manque d’accompagnement des élèves en situation de handicap. « Si je ne travaillais pas chez moi, comment on ferait ? »

Problème récurrent

Pour Élise Saegaert, présidente de l’association Préhandys276 au Thuit de l’Oison, qui vient en aide aux familles d’enfants porteurs de handicap, le manque d’accompagnement est une problématique « récurrente ».

C’est le Pial (pôle inclusif d’accompagnement localisé), mis en place par l’Éducation nationale, qui coordonne la distribution des heures d’aide humaine et organise le travail des AESH. Chaque année, en fonction du nombre d’enfants à accompagner, un nombre d’heures d’accompagnement est déterminé et c’est au collège référent du Pial de distribuer les heures en fonction des élèves.

« Le problème, c’est que bien trop souvent les heures calculées ne correspondent pas au besoin sur le terrain et qu’il faut donc priver des enfants d’heures d’accompagnement pour que d’autres puissent être aidés, eux aussi »

Elise SaegaertPrésidente de Préhandys276

Témoignage d’une AESH. « J’ai adoré ce métier, mais j’arrête »

Lucie* est accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) depuis bientôt 9 ans. Elle dit avoir « adoré » ce métier mais décide aujourd’hui d’y renoncer.
Sur des feuilles, Lucie* a noté toutes les raisons pour lesquelles elle choisit aujourd’hui de ne pas continuer à être AESH, pour être sûre de ne rien oublier lors de notre rencontre. Cela fait bientôt neuf ans que la jeune maman exerce cette profession, et quelques années qu’elle travaillait dans des écoles du Neubourg. Aujourd’hui en arrêt maladie longue durée pour des raisons de santé, l’accompagnante l’affirme : elle ne reprendra pas le chemin de l’école.

Manque de formation

C’est pourtant un métier qu’elle a « adoré ». « On voit l’enfant progresser, on le rassure, le guide, c’est satisfaisant. » Mais elle en est aujourd’hui « dégoûtée ».
Il y a déjà le manque de formation. Il y a neuf ans, alors qu’elle était à la recherche d’un travail, elle répond à une offre de Pôle emploi. Elle se retrouve rapidement engagée et envoyée dans une première école. « Je n’avais pas été formée. » Ce n’est que quelques mois plus tard que Lucie recevra des formations, 60 heures au total. « C’est complètement insuffisant. »

« Travailler la boule au ventre »

En neuf ans, Lucie a principalement accompagné des enfants atteints d’autisme, mais aussi une fillette dyslexique ou encore un garçon en fauteuil roulant.
Malgré l’expérience, la femme se retrouve parfois démunie face à ces enfants « compliqués à gérer ». « Il y en a qui font des crises de nerfs, une fillette était insultante, violente envers ses camarades et envers moi. Des fois, je ne savais pas gérer la situation », confie-t-elle.
Si elle a toujours pu compter sur l’équipe enseignante, Lucie estime s’être sentie souvent « seule ». « Lorsque j’ai demandé au rectorat de changer d’enfant car je n’en pouvais plus, on me l’a refusé. » Lucie se retrouve alors à « travailler la boule au ventre ».
L’accompagnante ressent aussi un grand manque de reconnaissance. « On est des pions », dit-elle. D’une année à l’autre, les accompagnants peuvent être changés d’établissement, changer d’enfant. « On nous dit de ne pas nous attacher, mais on est humains. Souvent à la rentrée on ne sait même pas dans quel établissement on va travailler, quel enfant on va accompagner ni quelle est sa pathologie. » Les accompagnants en « aide humaine mutualisée », comme Lucie, aident plusieurs enfants, parfois dans des établissements différents. « Il faut jongler avec le planning. »

780 euros par mois

Lucie s’estime en situation de précarité. Travaillant 24 heures par semaine (avant d’être arrêtée), elle touchait 780 euros par mois. « J’étais obligée de compléter avec une autre activité, mais je n’atteignais même pas les 1 000 € par mois », avance-t-elle. « C’est un métier qui est dur physiquement et moralement et on n’a pas de reconnaissance financière. » Les AESH n’obtiennent d’ailleurs pas de contrat en CDI tout de suite, Lucie a dû attendre six ans avant qu’on lui en propose un, qu’elle a finalement refusé.

*Lucie a souhaité garder l’anonymat

« Question d’argent »

La situation est d’autant plus délicate qu’avant la création des Pials, il y a trois ans, chaque enfant se voyait octroyer un nombre d’heures d’accompagnement par semaine, comme c’est le cas pour Enola. « Maintenant, ceux qui ont des heures dans leur notification MDPH bénéficient d’une aide individuelle, mais la majorité des enfants en situation de handicap a une aide mutualisée. »

Cela signifie qu’un AESH doit s’occuper de plusieurs enfants par semaine, donc répartir son temps entre eux. « En aide mutualisée, la moyenne des heures d’accompagnement est de 12 h par semaine, mais ça peut être beaucoup moins, vu que ce n’est plus indiqué sur la notification. »

C’est d’ailleurs cette question qui a été au cœur d’une polémique, en décembre dernier à l’école du Thuit-de-l’Oison. Les enfants en situation de handicap, qui étaient tous accompagnés 12 h par semaine, ont vu leurs heures d’aide réduite à 8 h, déclenchant la colère des parents et une manifestation devant l’école.

« Comme il n’y a pas d’heures indiquées dans la notification MDPH, on peut nous retirer des heures et on a très peu de recours », déplore Élise Saegaert. Face à la mobilisation, l’Académie avait fini par maintenir les enfants aidés 12 h par semaine.

« Une réelle souffrance pour l’enfant »

« Tout est une question d’argent. On nous fait comprendre que les enfants handicapés, ça coûte cher à la société. Mais ne vaut-il pas mieux investir pendant 15 ans pour que ces enfants sachent lire, écrire, compter, plutôt que devoir, tout le reste de leur vie, les assister ? »

Elise SaegaertPrésidente de Préhandys276

Pour les familles qu’aide Élise Saegaert dans le cadre de son association, le manque d’accompagnement est un poids en plus. « C’est la double peine. Le dossier MDPH est déjà dur à monter. Et au final, on se retrouve avec des heures manquantes, insuffisantes. »

Le manque d’accompagnement est aussi « une réelle souffrance pour l’enfant, qui provoque des phobies scolaires, les met en situation d’échec scolaire ».

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Source ACTU.FR

La galère de trois familles franciliennes pour scolariser leur enfant handicapé…

PARCOURS DE COMBATTANTES – Deux mamans et un papa racontent les difficultés qu’il et elles ont rencontrées pour que leur enfant handicapé puisse apprendre comme les autres.

La galère de trois familles franciliennes pour scolariser leur enfant handicapé

 

  • Des familles galèrent à scolariser leur enfant handicapé en Ile-de-France et pointent des inégalités territoriales.
  • « L’inclusion telle qu’on veut nous la montrer aujourd’hui est à l’opposé de celle qu’on veut nous montrer sur le terrain », estime un père, qui critique la communication gouvernementale.
  • Près de 12.000 enfants handicapés rencontrent chaque année des difficultés de prise en charge à l’école, selon le gouvernement, un chiffre sous-évalué selon l’Unapei, qui regroupe 550 associations autour du handicap.

« Notre fils n’aura pas école pour la troisième année de suite », « Notre fils est déscolarisé depuis 2018 », « J’ai un enfant handicapé et je ne trouve malheureusement pas de place »… Sur marentree.org, les témoignages de parents d’enfants handicapés s’accumulent, dans la foulée de la campagne #jaipasecole, lancée par l’Unapei, mouvement associatif français qui regroupe 550 associations autour du handicap. En Ile-de-France, la situation n’est pas meilleure qu’ailleurs, avec ses spécificités départementales. 20 Minutes a recueilli le témoignage de trois familles, dont les enfants ont été orientées vers des structures inadaptées, ou qui sont carrément sans solution pour la rentrée.

C’est le cas d’Ewa Grajner, maman de Filip, 7 ans, diagnostiqué autiste à 22 mois, et qui habite à Villemomble, en Seine-Saint-Denis. Il est ce qu’on appelle « non verbal » : il ne parle pas du tout et communique en pointant avec le doigt, avec des pictogrammes. « Il ne saura sans doute jamais lire, ni écrire. Peut-être jamais parler », explique sa mère, et c’est la raison pour laquelle son fils a besoin d’une structure qui le prend en charge avec ergothérapeute, psychologue, psychomotricien, orthophoniste, etc. pour qu’il progresse.

Pendant quatre ans, Filip a été correctement pris en charge à l’hôpital de jour à Neuilly-sur-Marne selon sa mère, à raison de 32 heures par semaine. Mais en juillet dernier, le suivi s’est arrêté, et malgré les efforts des parents depuis un an, impossible de trouver une place en institut médico-éducatif (IME), la seule structure adaptée aux yeux des parents de Filip.

A l’IME de Soubiran, pourtant dans leur département, ils se sont même vus répondre que leur domicile était hors du « secteur géographique » de l’institution, qui n’est pourtant pas censée sectoriser. En juillet, une convention entre la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le département de Seine-Saint-Denis et la MDPH a été signée pour améliorer les délais de traitement.

« Cela va à l’encontre du droit à l’enfant »

D’autres parents ont dégoté une solution, mais au prix de coûteux sacrifices financiers. C’est ce qui s’est passé pour Marie*, mère d’une petite Mégane* de 7 ans et demi, porteuse d’un syndrome génétique rare, qui nécessite là aussi une prise en charge pluridisciplinaire. Pour scolariser l’enfant, Marie, qui habite Paris, s’est résolue à embaucher une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) privée, la directrice d’école lui ayant clairement dit, selon son témoignage, que l’enfant ne serait pas pris à l’école avec une AESH de l’Education nationale, qui ne reçoit que 60 heures de formation.

« Cela va à l’encontre du droit à l’enfant, c’est comme si on disait « votre enfant ne va pas rentrer dans cette classe-là car on n’a pas l’enseignant adapté ». C’est à l’école de s’adapter, pas à la famille », s’insurge Sonia Ahehehinnou, vice-présidente de l’Unapei.

Entre-temps l’enfant avait commencé à se mutiler

Les prises en charge inadaptées peuvent se révéler catastrophiques et rendre encore plus difficiles la situation des familles d’enfants handicapés, et surtout des enfants eux-mêmes. C’est ce qui est arrivé à Luc*, enfant autiste de 11 ans, qui réside dans le Val-de-Marne. Scolarisé au départ à l’école selon le récit de son père Sami*, l’enfant devait subir des changements incessants de classe, les enseignantes et enseignants de l’établissement ayant refusé de le prendre en charge plus d’une heure d’affilée. A quoi se sont ajoutés plusieurs changements d’institutrices, parties en congé maternité.

« Le pédopsychiatre a alerté le médecin scolaire dès le lendemain de la rentrée que cela allait majorer les troubles de l’enfant », explique Sami, mais ce n’est qu’en décembre, quand député et Défenseur des droits se sont déplacés, que l’enfant a été autorisé à intégrer normalement une classe. Entre-temps l’enfant avait commencé à se mutiler, et il a finalement été décidé de le déscolariser. A la rentrée, la formation à « l’école inclusive » deviendra obligatoire pour tous les nouveaux enseignants.

« On est en train de créer des cas complexes, tout cela parce qu’à la base le système n’est pas adapté aux enfants », se désole Sonia Ahehehinnou. Et Luc, qui suivait depuis les cours par le Cned, est aujourd’hui également privé de cette ressource, selon son père, parce que la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) a notifié une scolarisation en classe Ulis en juillet, alors que les dernières commissions d’attribution se tiennent en juin, rapporte-t-il.

Inégalité territoriale

Les délais d’attente peuvent être très longs, jusqu’à 4 ans, et varient selon les départements, provoquant une inégalité territoriale. « Tous les départements ne s’investissent pas de la même façon pour la prise en charge du handicap et la scolarisation : le Val-d’Oise et les Yvelines ont moins d’implication que la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne », explique Bruno Lefebvre, président de l’Unapei Ile-de-France. Les délais sont les plus longs dans le Val-d’Oise : il faut y compter quatre ans pour une place en institut médico-éducatif, contre « seulement » un an et demi ou deux ans en Seine-et-Marne ou dans l’Essonne.

Pour une place en milieu scolaire ordinaire, c’est dans l’académie de Versailles où cela pêche le plus, à cause d’un manque d’AESH, selon Bruno Lefebvre. « Les enfants sont dits « scolarisés » mais ne le sont en fait que sur une demi-journée par semaine. »

Familles sacrifiées

Les enfants trinquent mais les familles aussi. Ewa Grajner, qui était adjointe de direction dans une grande surface, a dû arrêter de travailler, tout comme Marie. « Je ne pouvais pas organiser l’agenda de ma fille jusqu’à 2 heures du matin tous les jours », dit-elle. Les vacances suivent pour cette dernière le rythme des thérapies de sa fille : « Quinze jours en Espagne l’an dernier pour des soins intensifs dans une clinique, cette année en Bretagne pour une rééducation neuro-fonctionnelle dans un centre spécialisé qui fait beaucoup de pédiatrie et de neurologie. » Sans compter les efforts financiers : les « vacances » de Mégane coûtent entre 2.000 et 3.000 euros, et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Au quotidien, comme Marie a choisi d’être aidée financièrement pour une prise en charge humaine, les soins qu’elle peut requérir pour sa fille ne lui sont pas remboursés. Il fallait choisir, c’était l’un ou l’autre. « On ne peut pas cumuler les deux », explique-t-elle.

Les familles qui font face à ces problèmes sont souvent surmenées, épuisées. Sami, le père de Luc, a lui aussi mis entre parenthèses son métier d’enseignant pour faire l’école à son fils à domicile, mais il a été rattrapé par des ulcères à l’estomac, qu’il attribue au stress généré par la situation de son enfant. Double peine, il a ensuite été déclaré inapte à toute fonction publique à vie à la suite du passage d’un expert, selon son témoignage, une décision contre laquelle il se bat aujourd’hui au tribunal. « N’importe quelle maman dira qu’elle est prête à se suicider quand elle doit refaire un dossier à la MDPH », abonde Marie.

Que fait le gouvernement ?

En face, le ministre de l’Education met en avant l’augmentation du nombre d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), passés de 70.000 à plus de 120.000 aujourd’hui. Mais ces chiffres sont largement contestés par les parents que nous avons interrogés, qui affirment ne voir aucun progrès sur le terrain. « Sur le papier c’est magnifique, mais on ne fait rien », se désole Ewa Grajner. « L’inclusion telle qu’on veut nous la montrer aujourd’hui est à l’opposé de celle qu’on veut nous montrer sur le terrain », renchérit Sami.

Pour Sonia Ahehehinnou, « l’école ne sera réellement inclusive que lorsqu’on aura une évaluation bien concrète des besoins du terrain ». Le gouvernement affirme que 12.000 enfants handicapés rencontrent chaque année des difficultés de prise en charge à l’école (sur 385.000 enfants en situation de handicap scolarisés en classe ordinaire à la rentrée 2020) mais l’Unapei considère que les chiffres sont largement sous-évalués, car ils englobent toutes les prises en charge y compris celles jugées déficientes ou insuffisantes par les parents. Contacté par 20 Minutes, le cabinet de la ministre Sophie Cluzel nous confirme que ce sont bien les heures prescrites par la MDPH qui sont comptabilisées, et non les heures effectives.

* Le prénom a été changé

Source 20 MINUTES.