Handicap à l’école : trop d’élèves sans moyens en Haute-Garonne…!

Sur près de 15 000 élèves en situation de handicap dans l’académie de Toulouse, 800 enfants ne bénéficiaient pas d’un accompagnant (AESH) fin 2020 en Haute-Garonne, selon les syndicats enseignants et la FCPE.

Ils ont manifesté ce mercredi 13 janvier devant le rectorat.

Une nouvelle manifestation de la FCPE et des syndicats enseignants pour demander plus de moyens pour l’inclusion scolaire.

 

C’est un sujet malheureusement récurrent en Haute-Garonne et à Toulouse : il manque toujours autant d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), de l’école au lycée, alors que l’académie de Toulouse compte près de 15 000 élèves qui font l’objet d’une notification de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).

Le ministère de l’Education nationale a beau en faire une priorité – « le droit à l’éducation pour tous les enfants, quel que soit leur handicap, est un droit fondamental » –, sur le terrain, les organisations de parents d’élèves et les syndicats enseignants ne cessent de dénoncer le manque de moyens. Des actes au lieu d’une communication bien rodée. Ils sont venus le redire, ce mercredi 13 janvier, devant le rectorat de Toulouse.

Classes surchargées

Ce nouveau rassemblement a eu lieu suite à l’appel de la FCPE 31 et de l’Intersyndicale éducation départementale (Snuipp-FSU, Snes-FSU, Snuep-FSU, CGT éduc’action 31 et Sud-éducation). Pour les manifestants, « tous les voyants sont au rouge » en matière d’école inclusive.

Ils fustigent des dépassements d’effectifs dans les classes Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) ; des conditions de travail dégradées pour les enseignants référents de scolarité; un manque d’AESH ; personnels des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) « décimés » ; la formation continue pour les enseignants au point mort et des « structures de soins saturées ».

Le manque d’accompagnants est criant dans le département où l’inspection académique assure « recruter » en permanence, même s’il y a peu de candidats. Le métier étant jugé peu rémunérateur – environ 750 euros par mois – et précaire, dénoncent les syndicats. Selon la FCPE, qui a enquêté sur 36 établissements de la Haute-Garonne, il manquerait 68 AESH.

«Soit l’équivalent de 1 200 heures d’enfants accompagnés, précise la secrétaire générale adjointe Muriel Quaranta-Nicaise. C’est de la maternelle au lycée».

«C’est un manque de moyens structurel, explique Charlotte Andrieux, cosecrétaire du Snuipp-FSU. Le gouvernement affiche des priorités mais ne donne pas de moyens sur le terrain de la mise en œuvre d’une école inclusive. En octobre dernier, on savait que 800 enfants dans le département étaient notifiés mais non-accompagnés. »

Source LA DEPECHE.

 

Mayenne : mobilisation de parents d’élèves, pour Charlotte, une petite fille en situation de handicap…

Charlotte a 3 ans et demi. En situation de handicap, elle a besoin d’une aide pour aller à l’école Charles Perrault de Mayenne.

Mais, faute de budget suffisant, son AESH, malade, n’a pas pu être remplacé et Charlotte a été privée d’école.

Les parents de l’école se mobilisent pour elle.

Mayenne : mobilisation de parents d'élèves, pour Charlotte, une petite fille en situation de handicap

 

Charlotte a 3 ans et demi. Elle souffre d’une paralysie cérébrale. Elle ne peut pas parler et ne peut pas marcher seule, pour le moment. Depuis la rentrée de la Toussaint, elle peut, cependant se rendre en classe de petite section, à l’école Charles Perrault de Mayenne. Une satisfaction pour ses parents qui se réjouissent qu’elle puisse profiter de l’enseignement public. Une joie pour elle. Sauf que, il y a quelques jours, ses parents, contactés par l’école, doivent la ramener d’urgence à la maison. Son AESH ( Accompagnant pour Eleves en Situation de Handicap), est tombée malade et, faute de budget, personne ne peut la remplacer.

La colère des parents

Les parents de Charlotte sont donc obligés de trouver une solution en catastrophe, pour faire garder leur petite fille, privée d’école. En colère, ils écrivent à l’inspection d’académie, au rectorat et même au ministère, pour raconter la situation. Autour d’eux, tout le monde est choqué de la situation et les parents d’élèves commencent à se mobiliser. La ville de Mayenne propose l’un de ses agents pour accompagner la petite fille. Finalement, la direction de l’école est informée qu’un remplaçant va pouvoir prendre le relai auprès de Charlotte.

Le manque de moyens pour les enfants en situation de handicap

Ce mercredi matin, à 11h 30, les parents d’élèves de l’école Charles Perrault de Mayenne se sont donnés rendez-vous. Ceux qui pourront garder leur enfant à la maison, le feront, pour laisser du personnel pour Charlotte. Ils veulent dénoncer le manque de moyens pour ces enfants en situation de handicap.

Source FRANCE BLEU.

À l’école du handicap, l’inclusion de tous les élèves…

Jeudi 3 décembre dernier était la Journée internationale des personnes handicapées.

L’occasion de faire le point sur la scolarisation des quelque 6 700 élèves en situation de handicap dans les premier et second degré au sein de l’académie de Besançon.

À l’école du handicap, l’inclusion de tous les élèves

 

« Le principe est que l’école accueille sans aucune distinction, et heureusement ! C’est l’article 111-1 du Code de l’Éducation », indique Julien Roche, conseiller technique ASH (adaptation scolaire et scolarisation des élèves handicapés ) après du recteur d’académie. En visite à l’école des Vieilles-Perrières, à Besançon, il est escorté de Valérie Boucard, inspectrice ASH (en charge de la scolarisation des élèves handicapés) et de Marie Dietsch-Volkringer, conseillère pédagogique, pour présenter un exemple d’inclusion.

Pour l’heure, l’Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) qui accueille huit enfants sourds – dont un est toutefois en permanence dans sa classe d’inclusion de CM1 – vient de passer du français aux mathématiques.

12% des effectifs cette année

« Sur les quelque 6 700 enfants porteurs de handicaps scolarisés dans l’académie, 70 % ont des handicaps invisibles », soulignent les représentants du rectorat. « Sachant que les effectifs sont évolutifs, nous avons des rectifications tous les mois, la tendance étant à la hausse : + 12 % cette année, contre + 9 % les années précédentes, en raison notamment d’une progression des droits liée au contexte sanitaire. »

La moitié des élèves ont une accompagnante

Parmi ces 6 700 élèves, 3 200 sont en scolarisation individuelle dans les premier et second degrés, c’est-à-dire en classe ordinaire, avec ou sans accompagnement d’AESH (accompagnant des élèves en situations de handicap). Environ 2 000 autres bénéficient du dispositif Ulis, qui constitue un appui ponctuel dans leur journée ou leur semaine, avec un enseignant spécialisé, en plus de leur scolarisation dans leur classe ordinaire de référence. Sachant que sur ces 5 200 élèves en tout, 2 600, soit la moitié, sont accompagnés d’un AESH, ou plutôt d’une AESH, la profession étant féminine à 95 %.

À l’école du handicap, l’inclusion de tous les élèves

Sur-mesure

« Il y a aussi 1 500 élèves en établissements spécialisés, médico-social ou sanitaire, mais qui peuvent être également scolarisés, avec des personnels médico-sociaux et des enseignants spécialisés », ajoute Julien Roche. « Plus des scolarités partagées où les élèves font des allers-retours entre établissements scolaires et spécialisés. »

Du sur-mesure, autrement dit ? « C’est toute la logique de l’évolution de la prise en compte des élèves en situation de handicap », atteste Valérie Boucard. « C’est à nous de faire en sorte que le parcours soit le plus adapté possible à la situation de l’élève. Et cela vaut aussi pour les enfants malades, ou allophones, ou intellectuellement précoces, ou en milieu carcéral … Bref, l’école inclusive, concerne non seulement élèves en situation de handicap mais tous ceux qui ont besoin d’un accompagnement particulier. »
Source EST REPUBLICAIN.

Le travail des accompagnants scolaires fait le bonheur des jeunes en situation de handicap…

Fabien a 10 ans.

Handicapé moteur depuis son plus jeune âge, il peut compter sur le soutien de Mylènne Bertrand, son accompagnante scolaire.

Fabien Tilly doit sa progression à son agent de vie scolaire, qui a su canaliser son attention et son trop-plein d’énergie.

Dix-sept enfants en situation de handicap sont inscrits dans l’ensemble des écoles de la commune, dont sept aux Villes-Moisan. Ils sont accompagnés par cinq accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Ces AESH, même s’ils souhaitent rester dans l’ombre, se considèrent comme les « oubliés » de la crise sanitaire.

Audrey Le Roux, mère de Fabien Tilly, 10 ans, en CM2 à l’école des Villes-Moisan, témoigne de l’efficacité des AESH et rappelle ô combien leur travail aux côtés de ces jeunes est précieux. « Fabien est accompagné par Mylènne Bertand depuis trois ans. Sans elle, il aurait du mal à suivre une scolarité normale. Elle sait le recadrer lorsque, parfois, il relâche son attention ».

« Tous mes progrès, c’est grâce à Mylènne »

À six mois, le jeune Ploufraganais est diagnostiqué d’une infirmité motricité cérébrale. Un handicap qui n’effraie pas le principal intéressé. « Fabien déborde d’énergie, souligne sa mère. Ses trois sœurs ne lui font pas de cadeaux mais de son côté, il a du répondant. Cet éveil, c’est le résultat d’un travail de groupe avec son AESH et ses camarades de classe. Il est bien intégré et apprécié de tous les élèves ».

Et ce petit a un caractère bien trempé. « Tous mes progrès, c’est grâce à Mylènne. Elle m’encourage ». Lui veut devenir historien et s’intéresse « à tous les événements du passé ». « J’ai même suivi les épisodes sur la vie du Général De Gaulle », lâche fièrement Fabien. Rien n’échappe à celui qui aurait aimé faire du foot pour les mal marchant, à Ploumagoar. « Cela n’a pas pu se faire à cause d’un manque de joueurs ». Reste que Fabien, a pu se tester avec les activités proposées par le Comité départemental handisport le 28 octobre. « J’ai pu faire plusieurs activités dans la journée. J’ai apprécié cette animation, avec la pratique du tir à l’arc, de la boccia et du basket ».

Source LE TELEGRAMME.

 

Les accompagnants d’enfants atteints de handicap dénoncent leurs conditions de travail…

Les AESH, accompagnants d’enfants en situation de handicap, se sont rassemblés samedi 17 octobre, dans l’après-midi à Dijon.

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées place de la Libération à Dijon.

Un rassemblement en signe de protestation contre la précarisation grandissante de leur profession, et pour réclamer plus de reconnaissance.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre, place de la Libération, à Dijon. Des accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) se sont réunis pour dénoncer leurs conditions de travail, et réclamer plus de reconnaissance. Ils étaient accompagnés de représentants syndicaux, de professeurs et de parents d’élèves.

Une précarisation grandissante

Tout commence avec une circulaire éditée au mois de juin 2019 par le ministère de l’Education Nationale, dans le but d’une reconnaissance et valorisation du travail des AESH. Une bonne nouvelle, au premier abord, mais qui a dégénéré au fil des mois. La circulaire promettait une reconnaissance sur le temps de travail des AESH, notamment lors des tâches connexes “qui sont autres que l’accompagnement physique de l’élève, à l’école“, selon Françoise Lyon, professeure des écoles et co-secrétaire de la Fédération FSU.

Le souci c’est que cette reconnaissance n’a pas vraiment eu lieu, ici. Nous avons des AESH qui travaillent en moyenne une heure de plus hebdomadaire et par enfant, pour un même salaire” explique Françoise Lion. Les accompagnants sont contraints de cumuler plusieurs emplois pour boucler les fins de mois difficiles. 

C’est le cas Guy Vial. Il a 60 ans, et s’occupe de quatre enfants. Pas le choix, quand un seul ne suffit pas pour boucler les fins de mois.C’est vraiment difficile, parce qu’il faut adapter les emplois du temps des quatre enfants, et ça donne des puzzles impossibles !” confie-t-il. Guy Vial est AESH depuis 8 ans maintenant, et a rejoint cette profession par conviction. “On court toute la journée entre tous les établissements… Et avec quatre enfants, on a moins de temps à leur consacrer individuellement, et impossible de leur accorder le temps qu’ils méritent” conclut-il.

Un travail de fond impossible

Les AESH accompagnent physiquement à l’école les enfants atteints de handicap, mais ils font également du travail individuel avec eux. C’est-à-dire qu’ils revoient les leçons, refont les exercices ensemble pour favoriser l’assimilation des cours. Mais plus on a d’enfants, moins on a de temps à leur consacrer en tête à tête. 

Une inquiétude que les parents d’enfants atteints de handicap partagent. Marc Thiellet est père d’un garçon de 13 ans, atteint d’une maladie génétique rare, une maladie dont il est aussi atteint. En en tant que personne concernée, il s’inquiète des conditions de travail des AESH. “Nos enfants ne sont pas des sous-élèves. Ils ont le droit à l’éducation au même titre que n’importe qui, et si on veut réussir l’intégration de nos enfants, il faut du personnel formé, compétent et surtout considéré !” s’insurge-t-il.

Pour lui, cette considération passe aussi par une rémunération à hauteur de leur travail. Un travail qu’ils font avec les enfants, mais aussi avec les parents.Tous les parents n’ont pas les mêmes capacités pour épauler leurs enfants. Pour ceux qui ont ces capacités, c’est déjà difficile… Mais pour les parents qui ne les ont pas, ils ont forcément besoin d’aide, et si les AESH ne peuvent pas aller au bout des choses, on ne s’en sortira pas” conclut-il.

Au printemps dernier, les représentants syndicaux ont pu rencontrer Fadila Khattabi, députée de la 3e circonscription de la Côte d’Or.Elle nous a reçus, et écoutés” explique Françoise Lyon. Fadila Khattabi a rédigé une question à l’attention du Parlement, pour le moment restée sans réponse.

Source FRANCE BLEU.

Handicap : dans la Manche, « il manque environ 150 accompagnants scolaires »…

Dans la Manche, comme dans d’autres départements, les Accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) ne sont pas assez nombreux.

Pour quelles raisons ?

Dans le département de la Manche, il y aurait un manque de 150 AESH en cette rentrée scolaire 2020.

Qu’est-ce qu’un Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) ?

Crée dans le cadre de la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, l’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) répond aux besoins d’enfant ou d’adolescent qui requièrent une attention soutenue pendant la scolarité, de la primaire au collège. Le but étant de favoriser l’autonomie, sans se substituer à l’enseignant.

Il existe trois types d’AESH. Le premier, à titre mutualisé, permet l’accompagnement de plusieurs élèves, simultanément ou successivement ; à titre individuel, lorsque l’aide mutualisée ne permet pas de répondre aux besoins d’accompagnement de l’élève ; à titre collectif, un accompagnement des élèves orientés en Unités localisés pour l’inclusion scolaire (Ulis) à l’école, au collège, en lycée général et technologique ou professionnel.

Pour être AESH, il est indispensable de suivre une formation de soixante heures, dispensée par l’Éducation nationale. Depuis la rentrée 2019, chaque AESH bénéficie d’un contrat d’une durée de trois ans renouvelable une fois, avec la possibilité d’obtenir, à terme, un contrat à durée indéterminée.

Comment sont attribués les AESH ?

Pour qu’une AESH soit attribuée, il faut d’abord qu’un enfant en soit inscrit à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui instruit un dossier pour l’attribution d’un accompagnant. Puis, c’est à la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de décider d’une notification.

« Cette décision se prend à la suite d’un vote. Une équipe pluridisciplinaire se réunit pour ça. L’Éducation nationale a une voix sur 23, explique François Chenal, conseiller technique pour l’école inclusive auprès de la rectrice. Le premier tiers des voix correspond aux conseillers départementaux, le deuxième tiers aux représentants d’associations de parents d’enfants en situation de handicap et le troisième correspond aux différentes instances, Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), Caisse d’allocations familiales (CAF) et des représentants syndicaux. »

La CDAPH fait savoir à la famille la décision. Si une notification d’AESH est envoyée aux parents, c’est à l’Éducation nationale de trouver un accompagnant. Dans le cas contraire, la famille a le droit d’effectuer un recours en cas de désaccord.

Les AESH sont ensuite attribués en fonction du lieu et des besoins de l’enfant. « Des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) ont été mis en place dans tout le département, cette année, pour redonner aux directeurs d’école et aux inspecteurs la responsabilité des accompagnements », explique François Chenal.

Combien d’enfants disposent d’une notification dans la Manche ?

« Dans le département, 2 200 enfants sont en situation de handicap et 1 350 enfants sont accompagnés », ajoute François Chenal. Dans une lettre ouverte, le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles (SNUIPP) et les Professeurs d’enseignement général de collège (PEGC), affilié à la FSU, soulignent un manque de 150 AESH dans le département.

Pour quelles raisons le département manque-t-il d’AESH ?

François Chenal reconnaît que l’Éducation nationale a « des difficultés de recrutement. Il y a un problème de ressource et de calendrier, car les notifications tombent en fonction des besoins des enfants. Il y a aussi eu un retard dans les formations pour les AESH à cause de la crise sanitaire. »

Mais, selon Sandrine Aubry, trésorière du syndicat FSU, « ce sont plutôt des moyens budgétaires qui posent problème. Nous sommes un département qui se prétend pourtant inclusif à 100 %, mais il n’y a pas de moyens. » Le métier d’AESH est aussi peu reconnu et valorisé. Dépendants de l’Éducation nationale, « les accompagnants ne sont pas fonctionnaire et leur salaire reste faible. Pour un temps partiel, 24 heures par semaine, il est de 750 € net par mois. »

Source OUEST FRANCE.

 

LE + INFO : Les accompagnants d’enfants atteints de handicap dénoncent leurs conditions de travail…

Les AESH, accompagnants d’enfants en situation de handicap, se sont rassemblés ce samedi 17 octobre, dans l’après-midi à Dijon.

Un rassemblement en signe de protestation contre la précarisation grandissante de leur profession, et pour réclamer plus de reconnaissance.

Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées place de la Libération à Dijon.

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi 17 octobre, place de la Libération, à Dijon. Des accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) se sont réunis pour dénoncer leurs conditions de travail, et réclamer plus de reconnaissance. Ils étaient accompagnés de représentants syndicaux, de professeurs et de parents d’élèves.

Une précarisation grandissante

Tout commence avec une circulaire éditée au mois de juin 2019 par le ministère de l’Education Nationale, dans le but d’une reconnaissance et valorisation du travail des AESH. Une bonne nouvelle, au premier abord, mais qui a dégénéré au fil des mois. La circulaire promettait une reconnaissance sur le temps de travail des AESH, notamment lors des tâches connexes “qui sont autres que l’accompagnement physique de l’élève, à l’école“, selon Françoise Lyon, professeure des écoles et co-secrétaire de la Fédération FSU.

Le souci c’est que cette reconnaissance n’a pas vraiment eu lieu, ici. Nous avons des AESH qui travaillent en moyenne une heure de plus hebdomadaire et par enfant, pour un même salaire” explique Françoise Lion. Les accompagnants sont contraints de cumuler plusieurs emplois pour boucler les fins de mois difficiles. 

C’est le cas Guy Vial. Il a 60 ans, et s’occupe de 4 enfants. Pas le choix, quand un seul ne suffit pas pour boucler les fins de mois.C’est vraiment difficile, parce qu’il faut adapter les emplois du temps des quatre enfants, et ça donne des puzzles impossibles !” confie-t-il. Guy Vial est AESH depuis 8 ans maintenant, et a rejoint cette profession par conviction. “On court toute la journée entre tous les établissements… Et avec quatre enfants, on a moins de temps à leur consacrer individuellement, et impossible de leur accorder le temps qu’ils méritent” conclut-il.

Un travail de fond impossible

Les AESH accompagnent physiquement à l’école les enfants atteints de handicap, mais ils font également du travail individuel avec eux. C’est-à-dire qu’ils revoient les leçons, refont les exercices ensemble pour favoriser l’assimilation des cours. Mais plus on a d’enfants, moins on a de temps à leur consacrer en tête à tête. 

Une inquiétude que les parents d’enfants atteints de handicap partagent. Marc Thiellet est père d’un garçon de 13 ans, atteint d’une maladie génétique rare, une maladie dont il est aussi atteint. En en tant que personne concernée, il s’inquiète des conditions de travail des AESH. “Nos enfants ne sont pas des sous-élèves. Ils ont le droit à l’éducation au même titre que n’importe qui, et si on veut réussir l’intégration de nos enfants, il faut du personnel formé, compétent et surtout considéré !” s’insurge-t-il.

Pour lui, cette considération passe aussi par une rémunération à hauteur de leur travail. Un travail qu’ils font avec les enfants, mais aussi avec les parents.Tous les parents n’ont pas les mêmes capacités pour épauler leurs enfants. Pour ceux qui ont ces capacités, c’est déjà difficile… Mais pour les parents qui ne les ont pas, ils ont forcément besoin d’aide, et si les AESH ne peuvent pas aller au bout des choses, on ne s’en sortira pas” conclut-il.

Au printemps dernier, les représentants syndicaux ont pu rencontrer Fadila Khattabi, députée de la 3e circonscription de la Côte d’Or.Elle nous a reçus, et écoutés” explique Françoise Lyon. Fadila Khattabi a rédigé une question à l’attention du Parlement, pour le moment restée sans réponse.

Source FRANCE BLEU.

Dans la Manche, 80 élèves handicapés attendent toujours leur accompagnant…

Un mois après la rentrée, il manque encore des AESH, les Accompagnants d’élèves en situation de handicap, dans les écoles de la Manche.

Une situation mal vécue par les familles.

La Manche compte près de 800 accompagnants AESH.

Dans la Manche, 1330 élèves en situation de handicap bénéficient cette année d’une aide par un AESH (autrefois appelé AVS). Or depuis la rentrée, près de 80 d’entre eux n’ont pas l’accompagnement spécifique auxquels ils ont droit, alors que leur dossier est à jour et qu’ils se sont vus attribuer un nombre d’heures d’aides.

Nous étudions des possibilités pour que ça puisse évoluer favorablement dans les jours prochains” assure François Chenal, conseiller technique sur l’école inclusive au rectorat à Caen.

J’ai l’impression qu’on le laisse sur le bord de la route

Des familles se retrouvent désemparées et en colère. C’est le cas de Sophie Fourmond, de Baudre, à côté de Saint-Lô. Son fils de 8 ans, Lucas est en CE2. Il a un handicap moteur et un retard dans les apprentissages. Il bénéficie depuis deux ans d’une AESH, une aide mutualisée à mi-temps. Mais cette année, personne !

De plus en plus d’élèves aidés

Pour l’inspection académique de la Manche, la situation est “assez similaire aux années précédentes” car le nombre d’élèves aidés augmente plus vite que les moyens accordées au département. “Nous avons tous les ans une augmentation du nombre de notifications d’accompagnement pour des élèves en situation de handicap. C’est une hausse significative de  près de 10% cette année“.

Elle reconnait des difficultés de gestion, de recrutement, des difficultés géographiques aussi au regard de l’étendue du département pour limiter les déplacements des AESH et “placer la bonne personne au bon endroit, en fonction de ses formations“.

Nous devons nous adapter en permanence. C’est un travail cousu main, que nous faisons habituellement en juin, juillet mais que la crise sanitaire ne nous a pas permis de faire de manière optimale, explique François Chenal.

Source FRANCE BLEU.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »…

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »

En France, les AESH assurent des missions d’aide aux élèves en situation de handicap. Bordelais, Sébastien Cazaubon veut alerter sur les difficultés et la précarité de ce métier.

Les accompagnants des élèves en situation de handicap, « les grands oubliés de l’Éducation nationale »

Son combat sera long, compliqué. Sébastien Cazaubon, 39 ans, le sait. Mais il ne lâchera pas l’affaire, quitte à récolter les mauvais points auprès de sa hiérarchie. Originaire de Bordeaux (Gironde), l’homme a un objectif très clair: se battre pour que son métier, AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) soit revalorisé, (enfin) connu et reconnu à sa juste valeur.

En France, ils sont environ 100 000 AESH. Leur vocation: favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap (moteur, troubles « dys »…) sans se substituer à l’enseignant.

“On est vraiment un outil dans la trousse des élèves suivis. On est vraiment les acteurs de l’inclusion scolaire », dit-il, au téléphone.

Sébastien Cazaubon est AESH depuis janvier 2019.

Au départ, Sébastien n’était pas vraiment dans ce domaine. Lui a bossé une dizaine d’années dans la restauration, débutant à la plonge pour terminer comme cuistot. Il y a sept ans, ce célibataire, sans enfant, tombe gravement malade. On lui détecte un lymphome (un cancer du système immunitaire). Résultat : chimio pendant six mois et une nouvelle « façon de voir la vie. »

“Je me suis retrouvé dans un situation où je ne savais plus quoi faire. Je n’étais plus le même. Mon organisme avait pris un sacré coup. »

Avec Pôle Emploi, cet habitant des Landes tombe sur un diplôme d’État intitulé « Accompagnant éducatif et social ». Ça le botte. La formation dure un an avec plusieurs stages à effectuer dans l’univers du médico-sociale. Une fois son diplôme en poche, il postule, guère confiant, pour un poste d’AESH dans un collège, situé à Mont-de-Marsan.

“Je n’avais pas fait de stage dans le domaine de l’inclusion scolaire. Je voulais bien essayer. Finalement, je suis tombé amoureux de ce métier, moi qui a eu un parcours scolaire très compliqué avec de très mauvais souvenirs. »

« Psychologiquement, c’est dur »

Il démarre son job en janvier 2019 en accompagnant deux collégiens. Sébastien découvre les joies de ce métier. Comme la possibilité de les voir progresser au fil des mois, au fil d’une relation de confiance qui se tisse progressivement.

Bon attention, tout n’est pas tout rose, non plus. Loin de là. Les difficultés, importantes, sont quotidiennes :

“Psychologiquement, c’est dur. Il faut aussi être d’une concentration extrême. Les élèves sont très imprévisibles: on peut passer des journées très calmes comme des journées très très compliquées avec des crises. »

Et puis il faut parler des déconvenues, des « incohérences », des « injustices ». Celles que l’on n’étudie pas en formation, que l’on découvre sur le terrain. Comme le statut des AESH. « Du grand n’importe quoi », résume Sébastien, direct comme un uppercut.

“Aujourd’hui, nous avons un contrat de trois ans renouvelable une fois, avant d’être (ou non) en CDI. On a aucune sécurité de l’emploi. On est agent contractuel et non fonctionnaire. On ne peut rien prévoir, faire aucun projet. Par exemple, l’an dernier, j’ai dû changer de voiture et ça a été la croix et la bannière pour obtenir un crédit. »

Obligé de cumuler trois emplois pour s’en sortir

Sur le plan financier, le salaire est dérisoire. C’est bien simple, l’an passé, l’homme touchait 780 euros par mois pour 25 heures de travail hebdomadaire. Pour la nouvelle année scolaire, il ne connait toujours pas le nombre d’heures qu’il va effectuer. Ni le nombre d’enfants suivis. Il devrait probablement le découvrir « lors de la pré-rentrée. »

“Vous savez, j’ai déjà eu cinq ou six avenants sur mon contrat initial depuis janvier 2019. Je ne suis pas à l’abri de faire moins d’heures. »

Aujourd’hui, Sébastien Cazaubon doit cumuler trois emplois pour arriver à se tirer difficilement 1 100 euros à la fin du mois « avec un nombre d’heures pas possible. » Il s’occupe, en parallèle, d’enfants autistes. D’autres AESH changent carrément de métier, s’effondrent et tombent en dépression.

« Le ministère de l’Éducation nationale doit envoyer un message fort »

L’homme n’élude rien et entame ce combat pour la reconnaissance de cette profession. Contre « sa précarisation. » Il s’interroge :

“”Comment voulez-vous qu’on accompagne un élève en situation de handicap, alors que les AESH sont eux-mêmes en situation de vulnérabilité », s’interroge-t-il.

Pour lui,

“Le ministère de l’Éducation nationale doit envoyer un message fort avec une revalorisation de nos salaires. De nos jours, il est impensable de voir que le salaire moyen d’un AESH se situe entre 600 et 800 euros. Nous souhaitons des temps plein. En France, seulement 1% des AESH en CDD sont en temps plein et 4% en CDI (1). Au final, nous sommes les grands oubliés de l’Éducation nationale, les « fantômes » du ministère, tellement que nous sommes invisibles. »”

Source ACTU BORDEAUX.

Déconfinement. Élèves handicapés : retour en classe impossible ?…

Ils font partie des écoliers prioritaires pour la reprise des cours ce mardi 12 mai, d’après le gouvernement.

Mais appliquer les mesures barrières est très compliqué pour eux et leurs accompagnants.

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont dans l’attente d’un protocole sanitaire.

 Je n’ai pas eu le choix, l’école d’Ylhann ne veut pas l’accueillir !  Sophie, agente administrative et maman solo, ne décolère pas. Son garçon autiste de 5 ans, qui était scolarisé en moyenne section en Loire-Atlantique, ne reviendra pas en classe.

Comme tout élève en situation de handicap, il fait pourtant partie des écoliers prioritaires pour le retour à l’école dès le 12 mai, après deux mois de confinement, selon le ministère de l’Éducation nationale.

 Dire que leur retour est sur la base du volontariat, c’est faux, peste Sophie. J’ai reçu un refus d’accueil de la maîtresse, car le respect des gestes barrières est impossible.  Un témoignage loin d’être isolé parmi les parents d’élèves handicapés.

La distanciation imposée par le protocole sanitaire pour lutter contre le coronavirus est difficile à appliquer avec des enfants autistes ou atteints de troubles de l’attention. Or, le document ne précise pas le travail des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH, anciennement AVS).

« Morts de trouille »

 On est en extrême proximité avec l’élève, explique Hélène Élouard, représentante du collectif AESH CGT Éduc’action.Pour lui parler doucement, calmer ses peurs ou sa colère, guider sa main, le porter parfois… 

Depuis une semaine, elle reçoit près de  200 messages par jour  de la part d’AESH.  Rien n’est prêt pour la reprise. Mes collègues sont morts de trouille.  La secrétaire d’État chargée du handicap, Sophie Cluzel, a promis un protocole sanitaire spécifique. Mais il se fait attendre…

Lors du confinement, certains AESH ont pu télétravailler en visioconférence quand ils avaient des outils personnels, mais beaucoup n’ont reçu aucune directive lors des huit semaines. Et souvent, ils n’ont pas été conviés aux réunions de prérentrée.  On leur dit juste d’apporter leur propre masque, car les stocks sont insuffisants , relate Hélène Élouard, qui rappelle que les AESH, rémunérés au Smic à temps partiel, gagnent en moyenne 750 € par mois.

« Inextricable, révoltant »

Enfin, cette reprise a un goût amer pour beaucoup d’AESH, car des établissements veulent leur confier d’autres tâches.  On les fait revenir, même si leur élève n’est pas là, pour surveiller des couloirs, des groupes d’élèves, en accompagner aux toilettes, nettoyer les poignées de portes… Rien à voir avec leur fiche de poste ! , s’indigne Thomas Hardy, du syndicat Snes-FSU d’Ille-et-Vilaine.

Une situation  inextricable  que déplore la maman d’Ylhann :  Quand je pense à notre combat pour obtenir ses 12 heures d’accompagnement hebdomadaire pour que finalement notre AESH fasse du ménage, c’est révoltant ! On va devoir repartir à zéro pour que mon fils soit accepté en septembre… 

Source OUEST FRANCE.