Accompagnement d’élèves en situation de handicap : « Des problèmes de recrutement » dans le Calvados…

Face aux voix qui s’élèvent ici et là pour déplorer le manque d’effectifs d’accompagnants d’élèves en situation de handicap, la direction académique du Calvados fait le point et évoque un problème de recrutement.

Un accompagnant d'élèves en situation de handicap (AESH) auprès d'une élève (photo d’illustration).

 

Pour les élèves en situation de handicap du Calvados, bénéficier de l’accompagnement d’un AESH n’est pas toujours chose aisée, à en croire le témoignage de plusieurs parents. Et ce malgré une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

La rédaction de Caen a interrogé Françoise Lay, secrétaire générale de la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) du Calvados, à ce sujet.

Françoise Lay, quelle est la situation dans le département pour les élèves en situation de handicap ?

Ils sont 4 414 dans le Calvados, scolarisés de la maternelle à la terminale, dont 2 234 qui ont fait l’objet d’une notification de la part de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Ces notifications précisent les besoins en termes d’accompagnement humain et matériel.

Pour permettre la scolarisation de ces jeunes, nous avons recruté 1 206 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Ces AESH sont répartis dans des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial).

Ces structures, basées sur le principe de la mutualisation, permettent un accompagnement au plus près des élèves et autorisent davantage de réactivité et de souplesse. C’est une expérimentation que nous menons depuis deux années maintenant.

Plusieurs témoignages évoquent des problèmes de moyens qui empêcheraient de mettre en œuvre efficacement cet accompagnement. Qu’en est-il ?

Je pense que les moyens affectés à l’organisation des Pial sont conformes aux besoins recensés. J’ajoute qu’un plus des effectifs que je vous ai cités, nous consacrons une enveloppe annuelle de 200 000 € pour l’acquisition de mobilier, de matériel informatique et bureautique. Et je précise également que nous traitons, chaque semaine depuis la rentrée, une trentaine de nouvelles situations d’élèves en situation de handicap.

Dans ce cas, pourquoi certains élèves ne bénéficient-ils pas du nombre d’heures prévu par les notifications de la MDPH ?

Il faut reconnaître que nous rencontrons une problématique de recrutement dans certaines zones, essentiellement des zones rurales. Nous manquons de candidats.

Le principe des Pial implique une mobilité de la part des AESH qui doivent intervenir parfois sur plusieurs établissements. Cela peut peut-être décourager certaines personnes. Mais je le répète, cette organisation est conçue pour coller au plus près des besoins des élèves.

Source OUEST FRANCE.

Corte : le dispositif Ulis pour accompagner les collégiens en situation de handicap…

Le dispositif Ulis – à la cité scolaire Pascal-Paoli – permet à des collégiens ayant des difficultés d’apprentissage de pouvoir suivre une scolarité la plus normale possible, à l’aide de cours individualisés et du soutien d’un AESH.

Claude Le Goff leur apporte un enseignement individualisé.

 

Chacun d’eux a des atouts. Et des faiblesses différentes. Pour permettre à ces élèves de suivre une scolarité la plus normale possible, le dispositif Ulis (unité localisée d’inclusion scolaire) les accompagne de la 6e à la 3e. « Chacun d’eux est inclus dans une classe du collège, avec un pourcentage plus ou moins important selon ses capacités. Certains sont inclus à 100 %« , décrit Claude Le Goff, coordonnatrice du dispositif à la cité scolaire Pascal-Paoli de Corte, et enseignante avec service extérieur de poste.

Ils sont réunis pour certains cours en commun.

Les élèves du dispositif Ulis partagent certains cours en commun. - Photo José Martinetti

Leur enseignante prépare des cours spéciaux, adaptés à chacun, pour leur permettre d’acquérir les apprentissages qui leur manquent. Un AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap) se rend avec eux en classe – pour aider à la prise de notes ou à comprendre une consigne – et apporte un soutien pour faire leurs devoirs et préparer leurs contrôles. Certains auront des difficultés de mémorisation ou de concentration. D’autres, d’apprentissage du langage ou de l’écriture. D’autre encore à effectuer des calculs, ou même pour exécuter certains gestes… « C’est à moi de m’adapter à leurs difficultés d’apprentissage et non l’inverse », poursuit l’enseignante.

Apprendre de manière ludique et concrète

Et pour y parvenir, rien de mieux que des exercices concrets et ludiques. Lundi matin, la première partie du cours était consacrée aux mathématiques. Pour comprendre de grands nombres abstraits, rien de mieux que de redonner une valeur concrète aux chiffres. Ainsi les unités seront des jetons, les dizaines des boîtes (de 10 jetons), les centaines des valises et les unités de milliers des malles. Pendant que les plus grands travaillent sur le calcul, les plus jeunes se penchent sur la symétrie en reproduisant une image de jardin à la française sur un calque, reporté ensuite en miroir sur la feuille afin de « poursuivre le jardin ».

Au bout d’une heure, place à l’orthographe, à l’aide d’une plateforme éducative ludique. Et là, on sent que les élèves s’amusent beaucoup. Un des jeux demande de mémoriser très vite un mot. Puis viennent des petites phrases de dictée, qu’ils s’amuseront à changer de temps ou à conjuguer au pluriel. Avant de passer au traditionnel jeu du pendu. Ici pas de note, seulement des apprentissages acquis, non acquis ou en cours d’acquisition. Sans l’aide du dispositif Ulis, ces élèves risqueraient tout simplement le décrochage.

« J’ai des difficultés à l’écrit, remarque Mathis, élève de 5e. Avec mon ergothérapeute je travaille sur ordinateur et je fais beaucoup de progrès ! Bientôt je vais avoir un ordinateur pour mieux suivre. » Le collégien assiste à la plupart des cours en inclusion, mêlés aux autres élèves de son âge : physique, SVT, histoire, musique, EPS… il a surtout des difficultés en français et à l’écrit. D’autres seront plus embêtés par les maths comme Lætitia et Andrea (qui a aussi un peu de mal en français). Certains ont une mémoire plus gestuelle, visuelle ou encore auditive.

Parfois, ces difficultés ne sont pas acceptées par leurs camarades de classe, ou leur famille. Parfois aussi, ils ont des difficultés pour trouver un spécialiste dans le Cortenais (orthophoniste, spécialistes du développement psychomoteur…) « Je me fiche de savoir quel est leur trouble, remarque leur enseignante. Ce qui m’intéresse est comment faire pour qu’ils avancent. J’ai quatre ans pour trouver une solution. Souvent ils s’orientent vers un CAP ou un Bac Pro. Mon but est que, lorsqu’ils sortent d’ici, ils puissent avoir un métier. »

Source CORSE MATIN.

Rentrée scolaire. « L’accompagnement des élèves en situation de handicap est insuffisant »…

C’est la rentrée aussi pour les enfants en situation de handicap et leurs accompagnants.

Une aide humaine « indispensable » pour ces élèves, mais bien souvent « insuffisante ».

Le manque d'accompagnement peut entraîner l'échec scolaire de l'élève.

 

Jeudi 2 septembre, c’était aussi la rentrée pour les enfants porteurs de handicap. Une rentrée souvent synonyme de stress pour eux et pour leurs parents, car non seulement il faut être prêt à débuter une nouvelle année scolaire, mais c’est aussi à la rentrée qu’ils vont connaître l’accompagnement réel dont bénéficiera l’élève.

12 heures d’aide… Au lieu de 18

Enola entre en CP à l’école de Boissey-le-Châtel. Elle est atteinte d’un trouble autistique. La Maison départementale des personnes handicapées de l’Eure (MDPH) a reconnu sa pathologie et lui a octroyé une « aide humaine individuelle » à hauteur de 18 h par semaine.

Pourtant, l’an passé, ses parents ont appris par le biais de l’école qu’elle n’allait être accompagnée que 12 h. Ses parents remuent alors ciel et terre pour qu’elle puisse avoir l’accompagnement dont elle a besoin. « J’ai appelé l’Académie, le collège de Grand Bourgtheroulde qui distribue les heures d’accompagnement… Puis j’ai fini par appeler la presse », raconte Julien Castro, le père d’Enola.

Il en informe alors l’Académie, qui « dans l’heure qui suit a débloqué les 6 h manquantes ».

« C’est grave d’avoir à en arriver là, il faut faire du bruit pour obtenir justice »

Julien CastroPère d’Enola

Cette année, la fillette devrait avoir droit à ses 18 h d’accompagnement. « Cela devrait bien se passer, on espère », appuie le papa, en précisant que « l’école a tout fait pour que cela se passe au mieux ». Car sans accompagnant d’élèves en situation de handicap (les AESH), Enola a des troubles de l’attention et a du mal à se concentrer en classe. « L’AESH lui réexplique les consignes, la rassure. »

Sans AESH, c’est aussi plus difficile pour l’instituteur de faire classe, car Enola a besoin d’une attention particulière. C’est en partie pour cela, et aussi parce qu’elle se fatigue vite, que Julien Castro devra garder sa fille à la maison, « au moins tous les lundis matin » cette année, comme l’an passé.

Une situation possible car le papa travaille à la maison, mais qui révèle une autre problématique du manque d’accompagnement des élèves en situation de handicap. « Si je ne travaillais pas chez moi, comment on ferait ? »

Problème récurrent

Pour Élise Saegaert, présidente de l’association Préhandys276 au Thuit de l’Oison, qui vient en aide aux familles d’enfants porteurs de handicap, le manque d’accompagnement est une problématique « récurrente ».

C’est le Pial (pôle inclusif d’accompagnement localisé), mis en place par l’Éducation nationale, qui coordonne la distribution des heures d’aide humaine et organise le travail des AESH. Chaque année, en fonction du nombre d’enfants à accompagner, un nombre d’heures d’accompagnement est déterminé et c’est au collège référent du Pial de distribuer les heures en fonction des élèves.

« Le problème, c’est que bien trop souvent les heures calculées ne correspondent pas au besoin sur le terrain et qu’il faut donc priver des enfants d’heures d’accompagnement pour que d’autres puissent être aidés, eux aussi »

Elise SaegaertPrésidente de Préhandys276

Témoignage d’une AESH. « J’ai adoré ce métier, mais j’arrête »

Lucie* est accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) depuis bientôt 9 ans. Elle dit avoir « adoré » ce métier mais décide aujourd’hui d’y renoncer.
Sur des feuilles, Lucie* a noté toutes les raisons pour lesquelles elle choisit aujourd’hui de ne pas continuer à être AESH, pour être sûre de ne rien oublier lors de notre rencontre. Cela fait bientôt neuf ans que la jeune maman exerce cette profession, et quelques années qu’elle travaillait dans des écoles du Neubourg. Aujourd’hui en arrêt maladie longue durée pour des raisons de santé, l’accompagnante l’affirme : elle ne reprendra pas le chemin de l’école.

Manque de formation

C’est pourtant un métier qu’elle a « adoré ». « On voit l’enfant progresser, on le rassure, le guide, c’est satisfaisant. » Mais elle en est aujourd’hui « dégoûtée ».
Il y a déjà le manque de formation. Il y a neuf ans, alors qu’elle était à la recherche d’un travail, elle répond à une offre de Pôle emploi. Elle se retrouve rapidement engagée et envoyée dans une première école. « Je n’avais pas été formée. » Ce n’est que quelques mois plus tard que Lucie recevra des formations, 60 heures au total. « C’est complètement insuffisant. »

« Travailler la boule au ventre »

En neuf ans, Lucie a principalement accompagné des enfants atteints d’autisme, mais aussi une fillette dyslexique ou encore un garçon en fauteuil roulant.
Malgré l’expérience, la femme se retrouve parfois démunie face à ces enfants « compliqués à gérer ». « Il y en a qui font des crises de nerfs, une fillette était insultante, violente envers ses camarades et envers moi. Des fois, je ne savais pas gérer la situation », confie-t-elle.
Si elle a toujours pu compter sur l’équipe enseignante, Lucie estime s’être sentie souvent « seule ». « Lorsque j’ai demandé au rectorat de changer d’enfant car je n’en pouvais plus, on me l’a refusé. » Lucie se retrouve alors à « travailler la boule au ventre ».
L’accompagnante ressent aussi un grand manque de reconnaissance. « On est des pions », dit-elle. D’une année à l’autre, les accompagnants peuvent être changés d’établissement, changer d’enfant. « On nous dit de ne pas nous attacher, mais on est humains. Souvent à la rentrée on ne sait même pas dans quel établissement on va travailler, quel enfant on va accompagner ni quelle est sa pathologie. » Les accompagnants en « aide humaine mutualisée », comme Lucie, aident plusieurs enfants, parfois dans des établissements différents. « Il faut jongler avec le planning. »

780 euros par mois

Lucie s’estime en situation de précarité. Travaillant 24 heures par semaine (avant d’être arrêtée), elle touchait 780 euros par mois. « J’étais obligée de compléter avec une autre activité, mais je n’atteignais même pas les 1 000 € par mois », avance-t-elle. « C’est un métier qui est dur physiquement et moralement et on n’a pas de reconnaissance financière. » Les AESH n’obtiennent d’ailleurs pas de contrat en CDI tout de suite, Lucie a dû attendre six ans avant qu’on lui en propose un, qu’elle a finalement refusé.

*Lucie a souhaité garder l’anonymat

« Question d’argent »

La situation est d’autant plus délicate qu’avant la création des Pials, il y a trois ans, chaque enfant se voyait octroyer un nombre d’heures d’accompagnement par semaine, comme c’est le cas pour Enola. « Maintenant, ceux qui ont des heures dans leur notification MDPH bénéficient d’une aide individuelle, mais la majorité des enfants en situation de handicap a une aide mutualisée. »

Cela signifie qu’un AESH doit s’occuper de plusieurs enfants par semaine, donc répartir son temps entre eux. « En aide mutualisée, la moyenne des heures d’accompagnement est de 12 h par semaine, mais ça peut être beaucoup moins, vu que ce n’est plus indiqué sur la notification. »

C’est d’ailleurs cette question qui a été au cœur d’une polémique, en décembre dernier à l’école du Thuit-de-l’Oison. Les enfants en situation de handicap, qui étaient tous accompagnés 12 h par semaine, ont vu leurs heures d’aide réduite à 8 h, déclenchant la colère des parents et une manifestation devant l’école.

« Comme il n’y a pas d’heures indiquées dans la notification MDPH, on peut nous retirer des heures et on a très peu de recours », déplore Élise Saegaert. Face à la mobilisation, l’Académie avait fini par maintenir les enfants aidés 12 h par semaine.

« Une réelle souffrance pour l’enfant »

« Tout est une question d’argent. On nous fait comprendre que les enfants handicapés, ça coûte cher à la société. Mais ne vaut-il pas mieux investir pendant 15 ans pour que ces enfants sachent lire, écrire, compter, plutôt que devoir, tout le reste de leur vie, les assister ? »

Elise SaegaertPrésidente de Préhandys276

Pour les familles qu’aide Élise Saegaert dans le cadre de son association, le manque d’accompagnement est un poids en plus. « C’est la double peine. Le dossier MDPH est déjà dur à monter. Et au final, on se retrouve avec des heures manquantes, insuffisantes. »

Le manque d’accompagnement est aussi « une réelle souffrance pour l’enfant, qui provoque des phobies scolaires, les met en situation d’échec scolaire ».

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Source ACTU.FR

Handicap à l’école : « Il faut toujours batailler », témoigne une maman…

Maman d’une petite fille handicapée de 7 ans, Constance Tiranzoni témoigne de difficultés autour de la prise en charge de son enfant à l’école. Port du masque, interventions de professionnels de santé, propos maladroits…

« Il faut toujours batailler », explique-t-elle.

Handicap à l’école : "Il faut toujours batailler", témoigne une maman

 

« Madame, nous n’avons pas à nous soumettre à vos exigences ». Ce fut la phrase de trop. Celle qui a littéralement fait bondir Constance Tiranzoni, maman d’une petite Rose, âgée de 7 ans et lourdement handicapée à cause d’une maladie dégénérative progressive. Une phrase en réponse à sa demande, en juin dernier – « portée par une enseignante référente », insiste-t-elle de faire intervenir une ergothérapeute dans la classe de sa fille, scolarisée en CP dans une école du département. Rose devant changer d’établissement à la rentrée de septembre, l’objectif était de « repérer les aménagements pour favoriser ses apprentissages » dans sa nouvelle école et éviter ainsi « qu’elle ne reparte à zéro ».

« Elle ne voyait pas l’intérêt »

Dès le départ, la maman dit avoir senti des réticences venant de l’enseignante. « Elle m’a dit qu’elle ne connaissait pas l’ergothérapeute et qu’elle ne voyait pas l’intérêt », rapporte-t-elle. Ses craintes s’avèrent fondées. L’Éducation nationale refuse l’intervention de l’ergothérapeute. L’enseignante évoque l’organisation d’« une sortie scolaire » ainsi que « deux AESH et une maîtresse du Rased déjà présente les mardis », expliquant ne pas vouloir « surcharger davantage sa classe ».

L’ergothérapeute proposait pourtant deux autres dates et aussi d’intervenir avant ou après la classe. À la maman, qui demande des explications, la directrice de l’établissement oppose une fin de non-recevoir. Le ton monte jusqu’à cette phrase : « Madame, nous n’avons pas à nous soumettre à vos exigences ». « Ça m’a étranglée. Ce ne sont pas des exigences. C’est un droit. Je dirais plutôt que c’est l’enseignante qui ne veut pas se soumettre à sa fonction ! Je pense que quand on est enseignant, on a envie d’aider son élève ! Trouver 20 minutes après la classe… »

« Si je n’avais pas grondé, il ne se serait rien passé ! »

Au lendemain de cette discussion houleuse, la maman reçoit un mail annonçant que d’autres dates seront proposées. Finalement, l’intervention de l’ergothérapeute se déroulera bel et bien. « Mais si je m’étais arrêtée là, si je n’avais pas grondé, il ne se serait rien passé ! », soutient Constance Tiranzoni. « C’est toujours très difficile. Il faut toujours batailler. J’ai assez de combats comme ça ! », lâche la jeune femme qui a quitté son emploi pendant trois ans pour répondre aux besoins de sa fille et travaille désormais une semaine par mois.

« Vous n’avez pas envie que votre fille soit heureuse comme les autres ? »

Et de relater un second « incident », en novembre 2020, au moment de l’obligation de port du masque. Rose, du fait de son handicap, avait une dérogation médicale pour ne pas le porter en classe. Mais l’école aurait proposé de faire passer l’enfant chez les maternelles -qui ne portaient pas de masques- pour ne pas « perturber » le reste de sa classe. Ou de la laisser avec ses camarades à condition de poser des parois de plexiglas autour d’elle. « J’ai entendu : “Vous n’avez pas envie que votre fille soit heureuse comme les autres enfants ?”», rapporte Constance Tiranzoni. « Dans ces cas-là, qu’est-ce qu’on fait ? Comment doit-on faire ? On a juste envie d’aller se pendre », regrette la maman. « Il y a des enseignants formidables, mais il faudrait revoir la formation », poursuit la jeune femme, appelant à davantage de modules sur le handicap. Elle affirme avoir souhaité témoigner « non pas pour que l’on s’apitoie sur [son] sort » mais « pour tous les autres parents  ». « Pour les encourager à ne pas se taire. »

Source EST REPUBLICAIN.

Côtes-d’Armor. La grogne des accompagnants d’enfants en situation de handicap…

Dans les Côtes-d’Armor, les accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, liée à la mutualisation des moyens.

Les accompagnants d’enfants en situation de handicap devant la direction académique ce mercredi 15 septembre 2021.

 

Dans les Côtes-d’Armor, il y a un millier d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), qui exercent de la maternelle au lycée. Sans eux, beaucoup d’élèves perdraient en autonomie ou en socialisation.

Depuis cette rentrée 2021, ils dénoncent une « dégradation » de leurs conditions de travail. Car ils dépendent désormais de pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial) qui leur impose de parcourir jusqu’à 45 km entre deux établissements. « Mes revenus d’AESH sont de 700 € pour 24 heures de travail. Je vais dépenser jusqu’à 95 € par mois en gasoil si je circule sur tout le territoire du Pial », explique Davy, qui accompagne des écoliers.

Connaître son affectation

La multiplication du nombre d’élèves accompagnés simultanément, l’impression d’être inutile, les emplois du temps instables, l’affectation à un territoire et non plus à un élève… Les AESH revendiquent l’abandon des Pial et de la politique de mutualisation des moyens. « Car c’est au détriment des enfants handicapés », ajoutent les représentants syndicaux, qui exigent que tous les AESH aient connaissance de leur affectation pour l’année.

Source OUEST FRANCE.

Accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), « Un métier de passion », mais de précarité aussi…

Pour Sandrine Leclerc, accompagnante d’enfants en situation de handicap (AESH) au collège de Brezolles et représentante des AESH à la FSU 28, il y a encore des progrès à faire du côté de l’Éducation nationale pour donner à ce métier toute la place qu’il mérite au sein de l’institution scolaire. 

Accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), « Un métier de passion », mais de précarité aussi

 

Sandrine Leclerc reconnaît volontiers un « bon dialogue social avec les services académiques de l’Eure-et-Loir » : « On sent une volonté du Service de l’école inclusive d’augmenter les contrats des gens en place » et « de l’académie d’harmoniser les contrats », qui étaient gérés jusqu’ici par deux gestionnaires différents, ce qui occasionnaient des incohérences.

Selon elle, ce qui manque aux AESH, ce sont « des avancées au niveau national ». Même si les discussions entre les syndicats et le ministère de l’Éducation nationale ont permis quelques avancées (notamment une revalorisation des salaires, qui sera effective à la rentrée), il reste du chemin à accomplir pour sortir les AESH de la situation précaire dans laquelle les place leur contrat.

« Dans le département, et c’est pareil partout ailleurs, la grande majorité est engagée en temps partiel imposé, à 62 % d’un temps plein. Cela amène des collègues à avoir deux emplois. Beaucoup cumulent avec du temps d’accompagnement aux devoirs le soir ou de la surveillance de cantine à midi. Mais on doit se tenir à disposition, car notre emploi du temps est par nature fluctuant. On emploie des gens à 760 € par mois, certes en CDI, mais en leur demandant d’être compétents, souple sur les horaires et en les formant très peu… », constate la syndicaliste.

Se former à la diversité des handicaps

La formation est en effet un autre des chevaux de bataille des syndicats. « Il y a soixante heures de formation la première année, puis dix-huit par an de formation continue. Mais il existe tellement de handicaps différents qu’on se forme sur notre temps personnel, et parfois sur nos propres deniers », constate Sandrine Leclerc, qui vient elle-même de se former « sur le sujet du TDAH [trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, NDLR] sur un mooc [cours en ligne, NDLR] canadien ».

Bonne nouvelle pour les AESH, un panel de formations va leur être proposé à partir de cette rentrée, « enfin », lâche Sandrine Leclerc, qui se réjouit également du plan national de formation des AESH en cours d’élaboration.

L’implication qu’elle voit parmi ses collègues vient selon du fait qu’AESH est « un métier de passion, qui plaît à beaucoup des gens » qui l’exercent.

L’école inclusive, un système complexe à mettre en œuvre.

Depuis la rentrée dernière, les services de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés sont organisés sous forme de pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial). Une forme de mutualisation qui permet, selon l’Éducation nationale, « plus de réactivité et plus de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement humain dans les établissements scolaires ».

« Une situation temporaire »

Les 620 AESH du département sont « tous affectés sur un Pial depuis le 30 juin et la plupart savent déjà sur quel(s) établissement(s), mais on ne met pas un AESH en face d’un nom d’enfant », précise Pascal Grimoin, qui sait l’attente des parents d’élèves en situation de handicap. Les services académiques doivent en effet jongler entre les notifications de la Maison départementale des personnes handicapées qui tombent tout au long de l’année et attribuent des heures d’accompagnement à certains élèves, les besoins des enfants et la répartition géographique des AESH.

« Parfois, nous recrutons un accompagnant à Dreux, mais à la rentrée, nous apprenons que l’enfant a déménagé à Châteaudun. Il faut alors recruter quelqu’un à Châteaudun, car il n’est pas question de faire traverser tout le département à l’AESH, ni de laisser un enfant sans accompagnant. »

C’est cette gymnastique complexe qui explique que 2 % des enfants « notifiés MDPH » dans le département se retrouvent sans AESH. « Une situation temporaire », assure Pascale Grimoin.

Source L’ECHO REPUBLICAIN.

Handicap : les familles en colère contre le manque d’enseignants dans les instituts médico-éducatifs…

Pour l’Unapei, principale association de familles de personnes avec handicap intellectuel ou psychique, de nombreux enfants « sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins ».

Handicap : les familles en colère contre le manque d’enseignants dans les instituts médico-éducatifs

 

Porteur d’un handicap intellectuel, Bastien, 15 ans, n’a bénéficié l’an dernier que de deux heures de classe par semaine dans son institut médico-éducatif (IME). Une situation anormale, dénoncent les associations qui, à l’approche de la rentrée, demandent davantage d’enseignants pour les enfants « à besoins particuliers »

Comme chaque année, le gouvernement aborde cette rentrée scolaire en vantant les progrès de « l’école inclusive », qui accueille plus de 400 000 élèves handicapés (en hausse de 4 % en un an et de 19 % en cinq ans), épaulés par 125 500 accompagnants (AESH). Cependant, pour l’Unapei, principale association de familles de personnes avec handicap intellectuel ou psychique, le compte n’y est pas : de nombreux enfants « sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins », dénonce le mouvement, qui a recueilli et publié sur un site web dédié 675 témoignages de familles en colère.

Les difficultés, pointe du doigt l’Unapei, ne concernent pas que l’école proprement dite, mais aussi les IME : dans ces structures dépendant du ministère de la Santé, l’Éducation nationale doit en théorie détacher des enseignants pour faire classe aux enfants handicapés qui, le reste du temps, sont pris en charge par des ergothérapeutes, kinés et autres orthophonistes.

Mais à l’IME René-Coutant d’Évreux, où est accueilli Bastien, une seule enseignante doit faire classe à 34 enfants et adolescents, se désole Jacques Serpette, le directeur général de l’Adapei 27, qui gère la structure. Pour être efficace, les cours ne peuvent avoir lieu que par petits groupes, si bien que les enfants ne voient l’enseignante que quelques heures par semaine.

« Les derniers servis »

L’Éducation nationale est certes constamment sollicitée, reconnaît-il, « mais nous, on est toujours les derniers servis. Comme si l’administration pensait que ces enfants ne peuvent pas apprendre, ou que ce n’est pas si grave que ça », enrage-t-il. « Ce sont des enfants qui ont besoin d’être stimulés plus que les autres », souligne Florence Alavin, la mère de Bastien, inquiète que son fils « perde ses acquis ». « J’aimerais qu’il puisse se débrouiller au moins pour la lecture et l’écriture, mais je sens que ça va être compliqué ».

Dans l’ensemble du pays, l’Éducation nationale déploie un peu plus de 3 500 enseignants dans les IME, pour environ 70 000 enfants et adolescents, selon le ministère. Des chiffres qu’il faut remettre en perspective, relève l’Unapei, puisque l’enseignement ne peut avoir lieu qu’en petits groupes.

L’administration « a une vision d’éducation de masse, mais pour ces enfants (handicapés), il faut faire du cas par cas », souligne Jean-Baptiste De Vaucresson, responsable de cinq IME dans le Val-de-Marne, qui comptent huit enseignants pour 450 enfants. « Bien sûr que ces jeunes ne pourront pas aller jusqu’au bac. Mais ils sont capables d’apprendre, il ne faut pas les ostraciser », insiste-t-il.

Pour beaucoup de familles, l’entrée à l’IME est certes souvent vécue comme un soulagement, après des années sans solution de prise en charge. Ce qui ne les empêche pas d’être « en colère » face au manque d’enseignants, observe Sabine Calarnou, dont le fils Titouan, 14 ans, atteint d’une maladie génétique, est accueilli dans un IME de Saint-Maur, dans le Val-de-Marne.

« Je n’attends plus qu’il sache lire et écrire, mais au moins qu’il acquière une autonomie fonctionnelle : aller acheter seul sa baguette, se débrouiller dans les transports en commun », résume la mère de famille, convaincue que son fils « aurait pu apprendre plus de choses » s’il avait bénéficié d’un temps d’enseignement plus conséquent.

« Tous les enfants ont le droit à la scolarisation, en milieu ordinaire ou pas », estime Sonia Ahehehinnou, de l’Unapei. Ce problème du manque d’enseignants, doublé d’une « disparité territoriale anormale », « ça fait longtemps qu’on le fait remonter à l’Éducation nationale, mais ça ne bouge pas beaucoup », se désole-t-elle.

Source SUD OUEST.

Rentrée scolaire : « Nous avons normalisé le chemin des élèves handicapés vers l’école », affirme Sophie Cluzel…

La secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, nous a accordé son interview de rentrée et fait le bilan de l’action du gouvernement depuis cinq ans.

Rentrée scolaire : « Nous avons normalisé le chemin des élèves handicapés vers l’école », affirme Sophie Cluzel

 

  • A quelques jours de la rentrée scolaire, Sophie Cluzel, fait le point, dans une interview accordée à 20 Minutes, sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.
  • La secrétaire d’Etat annonce que 4.000 accompagnants (AESH) supplémentaires ont été recrutés cette année, ce qui porte leur nombre à 125.000. La formation à « l’école inclusive » devient obligatoire cette année pour tous les nouveaux enseignants.
  • Elle annonce également que des élèves polyhandicapés vont être accueillis cette année dans des établissements ordinaires.

La rentrée, c’est un moment crucial pour eux. En septembre, plus de 400.000 élèves en situation de handicap ​ prendront le chemin de l’école, ce qui correspond à une augmentation de 19 % en cinq ans. Un progrès dont se félicite la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel. Elle a accordé à 20 Minutes son interview de rentrée et détaille les grandes nouveautés qui seront mises en place dès septembre. Un entretien en forme de bilan, puisque son mandat ministériel s’achève dans quelques mois.

L’Unapei (qui regroupe 550 associations défendant les intérêts des personnes handicapées) relance l’opération « #jaipasecole » pour recenser les élèves privés de solution de scolarisation adaptée à leurs besoins. Comment allez-vous limiter ces cas en cette rentrée ?

Cette opération est anxiogène pour les familles et peu constructive. Je ne nie pas qu’il existe des soucis d’inscription, parce que des familles ont déménagé, parce que des dossiers MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) n’ont pas été traités à temps… Mais nous sommes prêts à étudier toutes les situations individuelles pour résoudre les problèmes. Depuis deux ans, je réclame en vain à l’Unapei de me transmettre les coordonnées des personnes pour trouver des solutions ensemble. En vain, donc je m’interroge sur le sens profond de cette campagne.

Depuis le 1er juillet 2020, un numéro vert unique – 0 805 805 110 ou le 0 800 730 123 (accessible aux personnes malentendantes) – permet aux parents de nous soumettre leurs difficultés. Et dans chaque département, des commissions d’affectation ont été ouvertes en juin afin de proposer une solution de scolarisation à chaque élève. Je répète aux familles : « N’ayez pas d’angoisse, tout le monde est mobilisé pour résoudre les problèmes à la rentrée. »

La fermeture de classe dès le premier cas de Covid-19 en primaire pourrait pénaliser davantage les élèves handicapés, pour lesquels l’école à distance est parfois difficile à suivre. Quelles solutions avez-vous prévues pour eux ?

Nous avons recruté 4.000 accompagnants (AESH) en plus cette année, ce qui porte leur nombre à 125. 000. Ils peuvent intervenir à domicile pour aider les élèves dans l’enseignement à distance, tout comme les professionnels de la rééducation.

Vous souhaitiez raccourcir les délais de traitement des dossiers au sein des Maisons départementales des personnes handicapées. Y êtes-vous parvenue ?

Il existe une vraie iniquité territoriale dans ce domaine. Nous voulons que ce grand service public s’améliore. Et c’est la feuille de route que nous avons fixée aux MDPH pour 2022, avec l’objectif de parvenir à un traitement du dossier dans les 3 mois, contre 4 aujourd’hui. Un baromètre publié chaque trimestre fait désormais le point sur les délais de traitement des dossiers observés dans chaque département. Et l’on constate que peu à peu, les délais se réduisent. Et même si ce sont les départements qui sont en responsabilité sur la gestion des MPDH, l’Etat a versé 10 millions pour aider à embaucher des agents afin de réduire les délais.

Les notifications des MDPH concernant le nombre d’heures d’accompagnement par un AESH auxquelles ont droit les élèves ne sont pas toujours respectées, faute de moyens humains. Comment améliorer la situation ?

Nous avons augmenté de 35 % le nombre d’accompagnants entre 2017 et 2021. L’effort a été colossal ! Mais il manque encore parfois des AESH, car les notifications arrivent au fil de l’eau pendant l’année. Pour que l’organisation soit optimisée, nous avons aussi mis en place les Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisés) qui coordonnent les AESH et les affectent aux élèves en fonction des besoins du terrain. Aujourd’hui, il y a deux sortes de notifications : soit un AESH mutualisé qui accompagne plusieurs enfants en même temps, soit un AESH individuel parce que l’enfant a un besoin soutenu.

Les AESH sont encore trop souvent à temps partiel, mal rémunérés et en CDD. Ce qui rend difficile leur fidélisation. Que faire ?

Sous le précédent quinquennat, 60 % AESH étaient en contrat aidé et leur contrat s’arrêtait au bout de 10 mois. Il n’y en a plus aucun sous ce statut aujourd’hui. Tous sont en CDD renouvelable une fois ou en CDI au sein de l’Education nationale. En moyenne, ceux qui exercent en primaire travaillent 24 heures, ceux qui sont affectés en collège, 30. Et la proportion de ceux qui travaillent à temps complet est en augmentation. Une grille indiciaire va être créée pour les AESH afin d’améliorer leur rémunération. Et à partir de cette rentrée, les AESH bénéficieront d’une formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures.

La formation à « l’école inclusive » devient obligatoire cette année pour tous les nouveaux enseignants. Mais pourquoi ne pas la rendre aussi obligatoire pour tous les enseignants déjà en poste ?

Impossible d’obliger les enseignants à se former en cours de carrière, mais s’ils le souhaitent, des formations à l’école inclusive sont à leur disposition. Quant à la formation des nouveaux enseignants, c’est une grande avancée. Car ils auront tous 25 heures d’enseignement obligatoire sur le sujet.

De nouvelles classes « polyhandicap » vont ouvrir à cette rentrée, de quoi s’agit-il ?

Elles accueilleront des élèves polyhandicapés dans des établissements ordinaires, alors que ces enfants sont habituellement scolarisés en IME (institut médico-éducatif). Cela va leur permettra d’être visibles, de grandir au milieu des autres. Et cela contribuera à ce que les autres élèves acceptent mieux la grande différence. Les futures générations vont ainsi peu à peu changer leur regard sur le handicap.

Où en est la généralisation des équipes mobiles d’appui à la scolarité prenant en charge les élèves ayant des troubles du comportement, mais qui n’ont pas eu de diagnostic posé ?

Elles ont été généralisées à l’ensemble du territoire et il y en a plus d’une par département désormais. Et à cette rentrée, il y en aura 166 supplémentaires pour permettre l’intervention d’équipes pluridisciplinaires (par exemple un ergothérapeute ou un psychomotricien et un éducateur spécialisé ou un psychologue), afin qu’il n’y ait pas de rupture de parcours scolaire pour les enfants qui n’ont pas encore de dossier MDPH.

Bien souvent, les élèves en situation de handicap décrochent au moment du secondaire. Comment comptez-vous agir sur ce phénomène ?

C’est un vrai sujet. Un enfant doit pouvoir poursuivre en lycée Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) pro et en Ulis générale. Il n’y a pas de raison qu’un collégien qui a été scolarisé en milieu ordinaire, bifurque en IMPRO (Institut médico-professionnel). Nous y travaillons avec le ministre de l’Education nationale.

Vous avez été nommée secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées en 2017. De quoi êtes-vous la plus fière concernant la scolarisation des élèves handicapés ?

Depuis cinq ans, nous avons normalisé le chemin des élèves handicapés vers l’école. Il est perfectible, mais on regarde désormais les élèves handicapés comme des élèves en capacité d’apprendre avec les autres. On ne me pose plus la question du « pourquoi », mais du « comment ».

Source 20 MINUTES.

Déceptions après le comité interministériel du handicap…

Les associations sont loin d’avoir été convaincues par le comité interministériel du handicap, qui s’est tenu à Matignon le 5 juillet 2021.

Un appel à manifester en septembre a même été lancé.

Déceptions après le comité interministériel du handicap

 

En réaction à « l’obstination [du gouvernement] dans son refus de la déconjugalisation de l’AAH », APF France handicap appelle à une manifestation le 16 septembre. La déception des associations vis-à-vis des annonces du 5comité interministériel du handicap, qui s’est tenu le 5 juillet, se traduira dans la rue, à quelques mois des élections présidentielles.

« Plus que quelques mois pour une politique du handicap enfin à la hauteur des enjeux », interpelle APF France handicap dans un communiqué de presse. L’association déplore « fortement l’absence de dispositions ambitieuses pour l’effectivité des droits fondamentaux » et estime que « les mesures déjà mises en œuvre et celles à venir sont loin d’être suffisantes au regard des situations dramatiques vécues par les personnes en situation de handicap et leurs familles ».

Ainsi de la PCH dont trop de personnes sont exclues « du fait de critères d’éligibilité trop restrictifs et encore inadaptés », de la PCH « parentalité » « encore loin d’être opérationnelle et adaptée aux besoins des parents en situation de handicap » et des mesures pour l’emploi « à concrétiser ». APF France handicap reconnaît la prise en compte de la vie affective et sexuelle et demande d’autoriser la création de services d’accompagnement à la vie sexuelle en France. Idem pour l’habitat inclusif et la montée en puissance de l’aide à la vie partagée, une « bonne nouvelle », pour laquelle « la coconstruction avec les personnes comme avec les associations est indispensable ».

« Rendez-vous manqué »

L’Apajh regrette un « rendez-vous manqué » et égrène les sujets de mécontentement : pas d’amélioration du statut et de la formation des AESH, pas de déploiement à grande échelle des Pial intégrant les équipes mobiles d’appui à la scolarisation, pas de revalorisation de tous les professionnels du secteur social et médicosocial ni de réponses concrètes pour mieux accompagner les jeunes en situation de handicap confiés à l’aide sociale à l’enfance…

Surtout, l’Apajh se dit « consternée quant aux choix faits notamment sur la PCH dont de trop nombreuses personnes en situation de handicap mental ou psychique sont exclues, ou le déni de démocratie lorsque le gouvernement a fait le choix de l’obstruction avec un vote bloqué, interdisant le débat, ne permettant pas la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé, et de ce fait l’autonomie des personnes en situation de handicap ».

La transformation des Esat saluée

Cependant, les associations sont unanimes quant au plan de transformation des Esat. L’Apajh estime que ce sont des « mesures qui vont parfaitement dans le bon sens, d’autant plus qu’elles proviennent d’une réelle concertation menée avec les acteurs engagés ». Paralysie cérébrale France se félicite des « avancées positives qui concourent à la sécurisation et aux dynamiques des parcours professionnels des personnes en situation de handicap ». Tout en regrettant que le gouvernement n’ait « pas retenu sa proposition de plateforme de parcours rassemblant tous les acteurs favorisant/accompagnant l’emploi sur chaque bassin de vie ».

Alors que le comité des droits de l’ONU examinera en août la politique du handicap de la France et à quelques mois de la présidence française de l’Union européenne, les associations restent « attentives ». Rappelons qu’une réclamation collective pour violation des droits fondamentaux des personnes handicapées, portée par plusieurs d’entre elles (APF France handicap, Clapeaha, Fnath, Unafam, Unapei), sera examinée cet automne par le Conseil de l’Europe.

Source LA GAZETTE DES COMMUNES.

 

Rentrée 2021 : Quelles mesures sont prévues pour la scolarité des enfants handicapés ?…

EDUCATION – Le nombre d’accompagnants d’enfants en situation de handicap a beaucoup augmenté sous cette mandature, mais des soucis demeurent sur le terrain.

Rentrée 2021 : Quelles mesures sont prévues pour la scolarité des enfants handicapés ?

 

  • Autour de Jean Castex, une dizaine de ministres, mais aussi des représentants d’associations, se sont réunis ce lundi pour le 5e comité interministériel du handicap (CIH) de cette mandature.
  • L’occasion d’aborder les conditions de la rentrée scolaire pour les enfants concernés.
  • Le gouvernement se félicite d’avancées sur les recrutements d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et sur la formation des enseignants dans ce domaine, mais les associations en demandent davantage.

« Va-t-il trouver sa place à l’école ? », « Sera-t-il aidé au quotidien ? »… Telles sont les questions que se posent les parents d’élèves en situation de handicap à chaque rentrée. La scolarisation de ces enfants a été abordée ce lundi, une dizaine de ministres s’étant réunis à Matignon autour de Jean Castex, pour le 5e comité interministériel du  handicap (CIH) de cette mandature.

En septembre, plus de 400.000 élèves en situation de handicap seront scolarisés. Et ils disposeront de 125.500 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), puisque 4.000 supplémentaires seront recrutés. Un chiffre dont se félicite le ministère de l’Education, soulignant que leur nombre a augmenté de 35 % entre 2017 et 2021. Mais selon Nicolas Eglin, président de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph), cette hausse des AESH ne se perçoit pas toujours sur le terrain : « Les notifications des maisons départementales des personnes handicapées [courriers qui spécifient le nombre d’heures d’accompagnement auxquelles l’élève à droit] ne sont pas toujours respectées. Car les AESH sont parfois en arrêt maladie et de nouvelles demandes d’accompagnement d’élèves tombent tout au long de l’année ».

Le nombre d’heures d’accompagnement encore trop variable

Même son de cloche chez Arnaud de Broca, président du Collectif HandicapS, qui représente 49 associations : « On peut saluer l’effort inédit, mais la scolarisation reste encore un leurre pour des enfants handicapés à chaque rentrée », souligne-t-il. « Certains feront encore leur rentrée en décalé, faute d’accompagnant », anticipe aussi Jean-Louis Garcia, président de la fédération APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés). Pour Caroline Boudet, mère de Louise, porteuse de trisomie 21*, le compte n’y est pas non plus : « Nous aimerions réellement comprendre pourquoi le nombre d’heures d’aide humaine pour les élèves avec un même handicap peut différer énormément entre départements – ce que tous les parents concernés savent très bien ».

Et si les AESH ont changé de statut – ils sont passés de contrats aidés à des CDD de trois ans renouvelables une fois et transformables en CDI –, seulement 5 % sont pour l’heure en CDI. Leur rémunération est toujours peu attractive, ce qui ne permet pas toujours de les fidéliser. Quant aux Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé), qui organisent le travail des AESH pour les répartir en fonction des besoins et des emplois du temps des élèves concernés, ils vont encore être développés. Mais ne font pas l’unanimité. « Leur fonctionnement est très disparate. Nous plaidons pour qu’ils soient à taille humaine et qu’ils ne gèrent qu’une trentaine d’AESH », indique Nicolas Eglin.

Un effort de formation qui reste à confirmer

Pour le gouvernement, le mois de septembre devrait signer une autre amélioration : à partir de la rentrée, « tous les nouveaux enseignants seront systématiquement formés à l’école inclusive (soit un module de 25 heures) », a rappelé Jean-Michel Blanquer. Par ailleurs, une formation de 60 heures est prévue pour tous les nouveaux AESH, et les enseignants déjà en poste pourront, comme chaque année, être formés à cette thématique. Selon le ministère, le nombre de stages de formation continue sur la scolarisation des élèves handicapés a d’ailleurs été multiplié par deux et demi depuis 2017.

Un effort qui est tout de même à tempérer, selon Caroline Boudet : « Les mentalités n’évoluent pas aussi vite que les discours officiels. En ce qui concerne notre fille, par exemple, qui est seulement en grande section de maternelle, on a déjà pu ressentir une forte pression pour l’orienter en milieu spécialisé, alors même que nous envisageons un dispositif de scolarisation en Ulis ». Nicolas Eglin reste également prudent : « Certaines formations dispensées aux AESH ne sont pas toujours de qualité. Et il va falloir être vigilant sur le contenu de la formation proposée par les Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) aux nouveaux enseignants. Quant à la formation continue, il faudrait imposer un minimum d’heures consacrées à l’école inclusive et non attendre que ce soit l’enseignant qui en fasse la demande ». Car cette rentrée encore des enseignants se retrouveront devant des élèves en situation de handicap, sans savoir comment les accompagner au mieux.

Source 20 MINUTES.