Vendée : malgré son handicap, la sexagénaire est contrainte de vivre dans un mobile-home cet hiver…

Impossibilité d’accéder à un logement privé, logements sociaux trop rares : elle doit affronter le froid dans un mobile home qu’il lui faudra de toute façon quitter au printemps.

Mireille est contrainte de passer l'hiver dans un mobile-home.

 

En ce petit matin de la fin du mois de novembre, le thermomètre affiche 6 degrés dans la pièce de vie de Mireille. « Rien n’est isolé ici, et comme l’éthanol est cher, je ne chauffe plus la nuit », explique la sexagénaire.

Et pour cause : Mireille (prénom d’emprunt) vit dans un mobile-home, sur la commune de Talmont-Saint-Hilaire. Et son histoire illustre toute la difficulté à trouver un logement social en Vendée.

Divorcée, Mireille est originaire de Mayenne. Elle est arrivée en Vendée en 2017 pour se rapprocher de sa fille. Elle s’installe alors dans un pavillon de deux chambres dont elle devient locataire. « Un loyer de 650 euros par mois. C’était compliqué. J’étais toujours à découvert. Heureusement que je touchais l’APL et j’ai toujours eu de bonnes relations avec ma banque. »

En mobile-home malgré son handicap

Hélas, la maison est vendue le 31 mars dernier. Mireille est donc contrainte de quitter son logement. 

Entretemps, elle dépose une demande de logement social sur Talmont-Saint-Hilaire ou aux Sables-d’Olonne. Des démarches qui demeurent infructueuses. Elle admet avoir refusé deux propositions pour un logement de 20 m2 « qui ne correspondait pas à ma fiche demandeur. » Et pour cause : Mireille est atteinte d’un handicap consécutif à de graves problèmes de santé : embolie pulmonaire, deux comas, quatre interventions chirurgicales abdominales. Au-delà de la fragilité générale de sa santé, l’un de ses genoux a perdu toute sensibilité. Le deuxième est très fragile.

Il n’a pas été possible de donner suite à une troisième proposition, Mireille n’étant pas en mesure de répondre à temps à des demandes de compléments d’information.

La voici donc contrainte de se rabattre sur un mobile-home. Une solution qu’elle espérait temporaire, mais qui se prolonge alors que l’hiver s’installe. 

Aux 385 euros par mois plus les charges, il faut désormais ajouter le coût de cinq bidons d’éthanol par mois pour le chauffage. Des bidons qui peuvent coûter jusqu’à 39 euros. La retraite de l’ancienne assistante maternelle s’élève à 795 euros.

Le froid et l’humidité

Une solution coûteuse et insuffisante, le mobile-home n’étant évidemment pas conçu pour une vie à l’année. Surtout pas pour la période hivernale. Le froid et l’humidité abiment les affaires de la locataire. Surtout, ils nuisent à sa santé. « Elle doit impérativement être relogée en raison de son état de santé », écrit son médecin qui évoque « des pathologies multiples avec des troubles articulaires multiples. » La locataire désespère de trouver une solution :

 » Je ne me reconnais plus. Je ne tiens pas à retourner à l’hôpital. »

Le chauffage d'appoint peine à apporter une température acceptable dans la pièce de vie.

Une urgence qui a été prise en compte par le service logements de la ville des Sables-d’Olonne, selon un courrier adressé début novembre. Après examen du dossier de Mireille, cette dernière est « positionnée en rang 2 et rang 3 en tenant compte des dossiers similaires. »

Les places en logement social sont rares et Mireille est désormais disposée à accepter toute proposition. D’autant que les logements privés accessibles à la location sont également rares, mais aussi inaccessibles :  « On exige une caution qui correspond à trois mois de loyer. »  Une somme impossible à avancer.

Outre les difficultés qui sont les siennes aujourd’hui, il y a urgence pour Mireille. Le mobile-home dans lequel elle vit va être vendu et elle devra quitter les lieux, quoi qu’il en soit, le 31 mars 2022.

Source ACTU.FR

Handicap et habitat. A Rennes, Imène et Ercan privés d’un logement faute d’assurance pour leur prêt…

Imène et Ercan, tous les deux en situation de handicap ont souhaité s’investir dans un projet d’habitat participatif à Rennes et acheter un logement pour y vivre avec leur fils.

Alors qu’un appartement les attend, les assurances refusent d’assurer leur prêt. 

Ercan et Imène devant le logement dans lequel ils veulent habiter mais pour l'instant la banque ne leur accorde pas le prêt car Imène ne trouve pas d'assurance pour la couvrir

 

« C’est un projet humain, avec des valeurs d’entraide, de vivre ensemble, d’écologie, de mixité ». Voilà comment Ercan résume l’habitat participatif de la Bara-K à Rennes, qu’il veut intégrer avec sa compagne Imène et leur fils de 5 ans. Sauf que pour l’instant, l’appartement qu’ils devaient occuper est vide, alors que tous les autres habitants ont pu s’installer comme prévu fin juin.

Imène et Ercan ne peuvent y accéder sans avoir un prêt immobilier, inaccessible aujourd’hui car ils n’arrivent pas à trouver une assurance.

« C’est un dossier compliqué, on ne rentre pas dans les cases »

Imène

Imène et Ercan se déplacent en fauteuil roulant. En 2017, lors du lancement du projet, ils font appel à un courtier en banque. Ce dernier estime qu’ils sont en capacité de supporter un prêt, avec l’AHH (allocation adulte handicapée) dont ils bénéficient tous les mois. Pour donner un peu plus de poids à leur demande, il conseille tout de même au couple de se constituer un apport. « C’est ce que nous avons fait. En quatre ans, nous avons mis 16 000 euros de côté », explique Imène.

En octobre 2020, la banque d’Imène accepte le dossier et donne un pré-accord. Mais là tout se complique, il faut forcément une assurance. Ercan se voit assuré sans difficulté, sans surcoût. Imène, elle, voit se fermer toutes les portes à cause de sa maladie neuro-musculaire. « Parfois on me dit non direct, juste en lisant un mot dans mon questionnaire médical. On ne me pose pas plus de questions. Je n’ai jamais été vue par un expert. Je sais que d’autres personnes ayant la même maladie que moi ont déjà pu accéder à un prêt. Je ne comprends pas ». L’assurance pourrait être totalement imputée à Ercan mais la banque refuse.

« Il faut soit être riche, soit être en bonne santé »

Ercan

Pour l’instant, la situation d’Ercan et Imène est bloquée. Les habitants de la Bara-K se mobilisent pourtant autour d’eux. Certains ont même voulu se porter caution. Aiguillon, le bailleur social et partie prenante du projet propose aussi de s’engager, bien au-delà de son rôle.

« Toutes les démarches auprès des banques et assurances sont pesantes mais nous mettons encore toute notre énergie pour concrétiser ce projet. Si nous nous accrochons toujours, c’est grâce au soutien indéfectible des habitant de la Bara-K et d’Aiguillon. Ce n’est pas le combat de David contre Goliath car nous ne sommes pas seuls »

Imène et Ercan

« On savait que ce serait difficile, depuis le début, banque et assurances se renvoient la balle », résume Thomas Duke directeur général d’Aiguillon – La Coop. Il se dit pourtant prêt à se mettre en limite avec la loi et en a fait un combat. « Nous on est un bailleur social, on ne peut pas prêter d’argent mais pour leur permettre d’aller au bout de leur projet, nous sommes prêts à bloquer la somme qui correspond à leur bien et à la mettre de côté comme une garantie ». Selon lui, une garantie existe déjà « en cas de pépin » dans le cas d’un achat auprès d’un bailleur social. Cette dernière prévoit le rachat, le relogement, la revente pendant 10 ans, même en cas de décès. Mais rien à faire. « Pour les banques, ce n’est pas entendable ».

Il rappelle qu’Imène et Ercan se sont investis dès le début de la Bara-K, que c’est un projet de vie. « Rennes Métropole leur a accordé une dérogation, parce qu’ils n’avaient pas d’accord de prêt au départ ».

Il poursuit : « Le logement dans lequel ils vivent actuellement n’est pas adapté. L’appartement à la Bara-K a été construit pour eux, il est fait pour eux ». Il souligne également que sur les dix ménages de l’habitat participatif, certains présentent des ressources plus faibles que celles d’Imène et Ercan.

Des discussions sont en cours, dit-il, avec une compagnie d’assurance qui pourrait accepter la proposition d’Aiguillon. « Nous on ne veut pas faire machine arrière ». 

Sollicitée et après plusieurs échanges, la banque du couple répond mercredi soir que « c’est un dossier complexe » mais indique « une volonté d’aider ces gens ». « Le dossier est en cours d’instruction. Un travail est en cours pour trouver une solution et aboutir à une réponse positive », précise-t-on. Et d’insister sur son éthique qui est « d’accompagner les projets de vie ».

Handicap et accès à la propriété

Les personnes handicapées peuvent rencontrer d’importante difficultés, voire être carrément exclues des circuits de prêt classiques, tout spécialement lorsqu’elles présentent une pathologie ou un handicap constituant un risque de santé aggravé. L’octroi d’un crédit sur une longue durée va de pair avec la souscription d’une assurance emprunteur, que les personnes malades peinent à trouver, ou qui deviennent hors de prix du fait des majorations sur la prime.

Depuis 2007 pourtant, la Convention AERAS doit faciliter l’accès à l’assurance et à l’emprunt des personnes ayant ou ayant eu un problème de santé. Dans les faits, les obstacles se font si nombreux que certains acheteurs finissent par renoncer à l’accès à la propriété.

« AERAS est censée nous protéger mais les assurances font ce qu’elles veulent et ont le dernier mot. »

Témoignage de Emmanuel sur Slate

Dans un article paru sur le site de Slate, les témoignages recueillis évoquent la lourdeur des démarches et la violation du secret médical, les délais pour obtenir gain de cause, pour finalement devoir payer plus cher pour une couverture qui exclut l’handicap.

Source FR3.

Rouen. En situation de handicap, ils ont enfin leur propre logement : « J’ai pris mon envol »…

Grâce au dispositif d’habitat inclusif, et au soutien d’associations locales, Cyrille et Fabienne ont pu s’installer dans un appartement situé dans une belle résidence, à Rouen.

Fabienne et Cyrille sont installés depuis mai 2021 dans une résidence à Rouen (Seine-Maritime) grâce au dispositif d'habitat inclusif.

 

« Avant, je vivais chez ma mère. Maintenant, j’ai le sentiment d’avoir pris mon envol », confie avec le sourire Cyrille. En situation de handicap, cet habitant de Rouen nous a ouvert les portes de son appartement mardi 28 septembre 2021 à l’occasion de la journée de l’habitat inclusif organisée par le Département de Seine-Maritime. Avec Fabienne, sa colocataire, il est installé dans une résidence moderne depuis le 3 mai 2021, située dans le quartier Ouest. Et tout cela a notamment été rendu possible grâce au soutien de l’ARRED (Association Rouennaise de Réadaptation de l’Enfance Déficiente).

L’habitat inclusif est une solution de logement destinée aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Les bénéficiaires, comme Cyrille et Fabienne, y vivent dans des espaces privatifs, mais partagent des lieux de vie communs et un projet de vie. Ils peuvent, selon leurs besoins, solliciter une aide sociale ou médico-sociale, comme c’est le cas avec l’ARRED.

S’approprier son logement

Retour chez Cyrille et Fabienne, qui assurent en cœur, que « tout se passe bien avec les voisins. On est vraiment bien installés ». Fan d’automobiles, Cyrille a ramené ses petites voitures d’enfance qu’il a installées sur une étagère. Il montre aussi ses nombreux films en Blu-ray, ses jeux vidéos et sa console, et surtout, la grande télévision du salon, dont il est très fier.

Fabienne, elle, préfère plutôt la tranquillité de ses puzzles, qui sont dispersés dans l’appartement. Le dernier en cours, exposé sur la table de la cuisine, comporte plusieurs milliers de pièces. Dans ce petit cocon moderne et finement aménagé, les deux résidents se situent juste en face du foyer de l’ARRED, un lieu d’hébergement pour travailleurs handicapés. Là-bas, ils peuvent s’y retrouver avec les équipes de l’association, échanger et boire un café avec les pensionnaires du foyer, ainsi que les autres bénéficiaires de logements inclusifs dans le secteur.

Nous avons 13 habitants accompagnés par l’ARRED depuis le mois de juin. C’est un projet mené depuis 1 an et demi, et dont nous sommes très fiers.

Fabrice Barthélémy,directeur général de l’ARRED.

Mélanie, Coralie et Armand vivent ensemble dans une grande collocation.

« Depuis que l’on m’a proposé cette possibilité d’habitat inclusif, j’ai dit oui, car je veux avancer dans ma vie », confie Armand. Avec Coralie et Mélanie, il est depuis mai installé dans un grand appartement situé au sein de la même résidence que Fabienne et Cyrille.

« On se connaissait avant au foyer avec Coralie et Mélanie. La colocation se passe très bien. On se fait à manger, chacun nos tours. On est vraiment plus indépendants », informent les résidents. Travaillant dans la région rouennaise, les trois colocataires ont ainsi pu découvrir le plaisir d’avoir un lieu de vie qu’ils ont pu s’approprier.

Une aide personnalisée

S’ils jouissent d’une autonomie propre au fait d’habiter dans un appartement qui leur appartient, les résidents ne sont pas livrés à eux-mêmes. Emeline Lesage est éducatrice à l’ARRED. C’est elle qui s’occupe d’accompagner les pensionnaires de la résidence. « On fait le lien avec leur lieu de travail, on organise des activités en groupe, comme des sorties à la piscine, dans des parcs », explique-t-elle, insistant sur le fait que l’accompagnement est fait « selon leurs besoins et leur demande ».

Sous curatelle, les résidents sont aussi assistés pour des tâches comme le paiement de leurs charges et de leurs loyers. « Même s’ils vivent en autonomie, ils ont besoin de repères », poursuit l’éducatrice.

Une initiative soutenue par le Département

À l’occasion de la journée de l’habitat inclusif, le département de Seine-Maritime a, via son Président Bertrand Bellanger, rappelé le fait que « nous militions depuis de nombreuses années pour valoriser et soutenir l’habitat inclusif. Il faut être dans une logique de proximité avec chacun de nos habitants » et « continuer à développer l’habitat inclusif dans la région ».

Le président a aussi insisté sur l’engagement de la collectivité dans la création de l’aide à la vie partagée (AVP), une aide individuelle aux personnes qui font le choix de l’habitat inclusif, et dont l’objectif est d’accélérer le déploiement de ce type de dispositif.

Permettre à des personnes en situation de handicap de ne pas se sentir exclues et isolées, et leur offrir la possibilité d’avancer dans leur projet de vie, tels sont les objectifs auxquels tentent de répondre les habitats inclusifs.

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Source ACTU 76.

Genève: une Maison de l’autonomie pour faciliter la vie du handicap…

Genève regroupe en un seul lieu les prestations destinées aux personnes souffrant de handicap.

La Maison de l’autonomie accueille huit associations, dont Pro Infirmis.

Genève: une Maison de l'autonomie pour faciliter la vie du handicap

 

Genève a inauguré sa première Maison de l’autonomie dans le quartier de Pont-Rouge. Destinée aux personnes en situation de handicap physique ou psychique, elle se situe dans l’ancien bâtiment de la poste et des douanes des Ports-Francs. Elle réunit 8 associations, dont Pro Infirmis, Handisport ou encore « Un brin créatif » qui propose des activités artistiques. La Maison de l’autonomie devient ainsi le plus important pôle de prestations facilement accessible aux personnes handicapées du canton. Une situation destinée à créer des synergies, selon la Directrice de Pro Infirmis, Véronique Piatti Bretton.

La construction de la Maison de l’autonomie a été rendue possible grâce aux Ports-Francs et à des donateurs privés. Pour Ntsoli Hermann, qui se déplace en chaise roulante, la Maison de l’autonomie va lui changer la vie.

Genève: une Maison de l'autonomie pour faciliter la vie du handicap

L’immeuble a été conçu pour accueillir tous types de handicap. Pour les personnes malvoyantes, le sol a été marqué comme l’explique l’architecte chef de projet Luigi Corrado.

Genève: une Maison de l'autonomie pour faciliter la vie du handicap

Parmi les huit associations, Handisport qui propose des activités sportives, Un brin créatif qui propose des activités créatives ou encore Yolo Factory, un coaching spécialisé dans la réinsertion des personnes souffrant de handicap. Mais aussi le Service de relève aux proches-aidants ou encore L’AGIS qui se charge de recruter des bénévoles.

Au coeur de la cité

La Maison de l’autonomie se trouve au coeur d’un futur quartier, celui de la Praille-Acacias-Vernet. Indispensable pour la Directrice de Pro Infirmis, Véronique Piatti Bretton.

Des salles de réunion sont à disposition des usagers mais elles peuvent aussi être louées par les personnes externes au lieu. Ce qui devrait favoriser les échanges.

La grande salle fait 130 m2 et peut accueillir 100 personnes. Elle est modulable.

Source RADIO LAC. CH

Des projets d’habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap…

Le Croisic, un charmant petit village sur la côte sauvage de la presqu’île Guérandaise.

La Fondation Saint-Jean-de-Dieu y est présente depuis la fin du XIXe siècle.

 Des projets d'habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap©CMS Saint Jean de Dieu Le Croisic

 

Elle gère un centre médico-social dont l’équipe dynamique et exigeante fourmille de projets sur-mesure pour ses résidents.

Et notamment un projet d’habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap sévère. 

Le Croisic, un modèle de village inclusif ?

Installé sur une presqu’île non loin de Guérande, Le Croisic attire de nombreux vacanciers chaque été. Dans ce petit village de 4.000 âmes, les axes principaux ont été aménagés pour que ce soit facile de circuler en fauteuil. « Ici, l’inclusion se fait très facilement. »

Et c’est sans doute lié à la présence de la Fondation Saint-Jean-de-Dieu depuis… 1893 ! Date à laquelle les Frères hospitaliers ont fait l’acquisition des locaux d’un grand hôtel, à la pointe de la presqu’île. Depuis, « au Croisic, il y a toujours eu des personnes en fauteuil qui circulent… Ici c’est très ouvert », remarque Marie-Françoise. Les problèmes, ça arrive plutôt « avec les estivants » !

« Les résidents, ce sont eux notre essence quotidienne »

Le centre médico-social, géré par la Fondation Saint-Jean-de-Dieu, c’est une équipe « très chouette », « dynamique et exigeante », au regard de sa directrice Geneviève Delostal. Parmi les bénévoles, il y a Marie-Françoise – aussi appelée « Mamie » ou « Tata ». Retraitée de l’enseignement, elle est aux petits soins avec les résidents depuis huit ans. « J’ai appris en vivant à leur côté, à dépasser le handicap pour avoir une relation de personne à personne… Ce sont mes amis, j’ai envie de partager leur vie… Ils n’ont pas besoin qu’on pleure avec eux, ils ont besoin qu’on vive avec eux, qu’on partage leur vie. » C’est d’ailleurs ce que souligne Rock : « Je ne suis pas que résident, je suis aussi chanteur et musicien. »

Au CMS du Croisic, « on est toujours en projet dans le souci dans une dynamique d’innovation et de faire du sur-mesure », explique Geneviève Delostal. La maison d’accueil spécialisée (MAS) du centre accueille 89 personnes qui ont un handicap plus important. « Les résidents, ce sont eux notre essence quotidienne. » Parmi les projets que le CMS a menés, l’accessibilité de la plage Saint-Goustan, en lien avec la municipalité. Il a fallu faire avec les contraintes de la loi littoral, et l’opposition de certains riverains qui « n’ont pas toujours envie d’avoir des personnes en situation de handicap sous leurs fenêtres ».

Vers l’habitat inclusif

Après avoir été hébergées toute leur vie en institution, certaines personnes ont envie de vivre une expérience autonome en appartement. Pour elles, deux projets sont en cours : l’aménagement de six habitats inclusifs dans la ville voisine du Pouliguen, pour des personnes qui ont un handicap plutôt sévère. Et aussi un projet d’appartements « passerelle » où les résidents pourront apprendre à vivre en habitat inclusif avant de se lancer.

Sylvie, par exemple, née sans bras ni jambes, se « verrait bien dans un appartement ». C’est même l’un des rêves qu’elle caresse. Mais elle va devoir apprendre. Et le personnel encadrant également. « Ce n’est pas notre spécialité à la base, mais nous aussi on va apprendre du coup, confie Hélène Retaillé, coordinatrice Soins et Accompagnement, on va aussi apprendre à lâcher sur certaines représentations qu’on en terme de sécurité. On a tendance à surprotéger les résidents et à ne pas forcément voir leurs capacités aussi en termes d’autonomie dans un domicile. »

Source RCF.

Landes : un nouveau lieu de vie pour accueillir les jeunes autistes à Mont-de-Marsan…

Le Conseil départemental des Landes a voté la création d’une structure spécialisée pour les jeunes autistes, vendredi 23 juillet.

Les adolescents pourront vivre sur place avec leur famille. Ils seront également accompagnés par des spécialistes.

Les adolescents atteints d'autisme pourront vivre au sein de la structure spécialisée avec leur famille

 

Le Conseil départemental des Landes a voté la création d’une structure spécialisée pour les jeunes autistes, vendredi 23 juillet. Elle doit voir le jour à Mont-de-Marsan d’ici à deux ans. Le lieu accueillera une quinzaine d’adolescents, âgés de 15 à 25 ans. Les jeunes pourront vivre sur place avec leur famille. Ce lieu d’habitation doit favoriser l’autonomie des jeunes et leur apprendre à vivre en communauté.

« La structure se trouve dans un quartier avec des services et des commerces à proximité, explique Magali Valiogue, conseillère départementale en charge du handicap. L’idée, c’est de trouver une solution adaptée à chacun, à leur envie, à leur besoin et à leur trouble ».

Les adolescents seront également accompagnés par des spécialistes avec un pôle innovation et recherche au sein de la structure.

Dans les Landes, ce sera la première structure de ce type. Chaque année, 30 enfants naissent avec un trouble du spectre autistique dans le département.

Source FRANCE BLEU.

 

 

Près de Nantes. Il lance une pétition pour un logement adapté au handicap de son fils…

À Rezé, le père de Tom 16 ans, a décidé de lancer une pétition sur Internet. La famille souhaite être transférée dans un logement adapté au handicap de son fils.

Fabrice Muszynski, le papa de Tom et sa conjointe, Stéphanie Le Pévédic.

 

Trois semaines après la mise en ligne de la pétition, plus de 24 000 signatures ont déjà été recueillies. C’est le papa de Tom qui en est à l’initiative. À Rezé, au sud de Nantes, Tom âgé de seize ans, est atteint d’un syndrome d’Angelman. Ce trouble neurologique l’empêche, entre autres, de pouvoir parler et marcher depuis la naissance. Cette pétition a pour but d’alerter sur l’état d’insalubrité du logement dans lequel vit la famille. Leur appartement de 79 m2 n’est pas adapté au handicap de Tom.

Plus d’un an que Fabrice Muszynski et ses trois enfants, dont Tom, ont emménagé dans l’appartement de sa conjointe Stéphanie Le Pévédic. L’appartement, situé au troisième étage, n’a pas d’ascenseur. Le père de Tom doit le porter. Il pèse plus de 50 kg : « Je n’en peux plus de porter Tom dans les escaliers surtout qu’en ce moment, il a une jambe dans le plâtre, explique, exténué, le père de famille de 44 ans. Je suis déjà tombé en montant les marches avec lui. »

Un logement inadapté et vétuste

En plus d’un accès difficile au logement, l’appartement, trop petit, ne permet pas d’accueillir tout le matériel médical dont Tom a besoin. À cause de ses difficultés, l’adolescent devrait bénéficier d’un élévateur ainsi que d’un lit médicalisé. Difficile, aussi, d’y prodiguer les soins indispensables. Conséquences : « On ne peut pas prendre Tom comme on le devrait, confie Stéphanie Le Pévédic, conjointe du père de Tom. On le voit un week-end sur deux, et la moitié des vacances scolaires au lieu d’une semaine sur deux, comme prévu. Le reste du temps, il est chez sa maman. »

La famille a fait la demande d’un logement adapté à son bailleur social, Atlantique Habitations. En plus d’être inadapté, l’appartement « est vétuste, avec des infiltrations, poursuit, à bout de nerfs, Stéphanie Le Pévédic. Nos volets tombent, on est obligé de mettre du scotch. Les gonds des portes ne tiennent plus non plus ».

Il y a un mois, Atlantique Habitations fait une proposition à la famille pour un bien situé à deux pas. Pas de chance, ce bien a été destiné à une autre famille par une commission d’attribution. Ça a été la goutte d’eau qui a déclenché la pétition : « On était si content de pouvoir s’imaginer dans cette habitation, exprime avec regret, le père de Tom. Après cette annonce, nous avons eu le sentiment d’être incompris. Nous sommes déçus. » Ils veulent se faire entendre aussi. Cette pétition a trouvé un écho rentable sur Internet.

Une recherche difficile

De son côté, le bailleur social a entrepris des travaux de peinture pour réhabiliter le logement : « Nous avons bien conscience des difficultés auxquelles est confrontée cette famille, explique Maxime Leroux, responsable à Atlantique Habitations. Par ailleurs, cet appartement a été initialement attribué à Madame Le Pévédic et le bail n’est pas prévu pour une famille aussi nombreuse. »

Le bailleur explique : « Pour le moment, aucun logement ne correspond au handicap de Tom, affirme Maxime Leroux. Pour eux c’est long, on le comprend mais ce n’est pas de notre fait. On va les accompagner et on souhaite qu’une issue soit trouvée rapidement . »

La demande de logement social est très importante en Loire-Atlantique. En 2020, Atlantique Habitations a mis à disposition 1 044 logements en location. Le taux de rotation sur le parc locatif était de 8,09 %, ce qui est faible.

Atlantique Habitations a transmis leur dossier aux autres bailleurs de Loire-Atlantique pour multiplier les chances de trouver un logement adapté à la famille.

Source OUEST FRANCE.

 

ENTRETIEN. « En habitat groupé, les personnes handicapées ont leur univers »…

Spécialiste du logement des personnes handicapées, Sylvain Bernu explique les bénéfices des logements regroupés, partagés et inclusifs où les personnes bénéficient d’un maximum d’indépendance.

Rémy dans son appartement de la résidence partagée Azelyte prépare ses croque-monsieur, accompagné par Laetitia.

 

Sylvain Bernu est président d’Azelyte, résidence partagée pour les personnes handicapées à Pontivy. Il est spécialiste du handicap, notamment des problématiques de logement, et mène des projets permettant aux résidents d’avoir une vie le plus autonome possible tout en étant aidés.

Sylvain Bernu, président d’Azelyte, est souvent consulté en matière de logement pour les personnes handicapées.

Comment les personnes handicapées sont-elles hébergées en France ?

La majorité est à domicile. Sinon, la France privilégie l’hébergement collectif. Le secteur est issu du caritatif. Dans les années 1970, beaucoup d’établissements ont été créés. Les associations ont reçu des dons, des châteaux… Certaines ont pris une place très importante. D’autres pays ont fait des choix différents, comme la Suède, où à cause des théories d’eugénisme remontant autrefois de l’Allemagne nazie, on a évité les regroupements de personnes. Quoi qu’il en soit, s’il y a trente ans, la France était pionnière, il lui faut se renouveler. On a commencé à déconstruire le modèle collectif dans les années 1995-2000.

Quelles alternatives proposez-vous ?

Des habitats regroupés, partagés, inclusifs, sur différents modèles. À Pontivy, où une seconde structure va bientôt voir le jour, une SCI possède les appartements, et une association gère l’aide à domicile. Dans les Côtes-d’Armor, où je monte des projets avec Gwitibunan, association de parents d’enfants autistes, des sociétés coopératives d’intérêt collectif posséderont et géreront les logements. Elles associent familles, professionnels et collectivités. Des projets sont en cours à Pommeret, où la mairie a donné un terrain, Loudéac, Landéhen, Plérin…

Quel est l’intérêt de ces habitats ?

Ils conviennent parfois mieux que la collectivité. Les personnes ont leur univers. Votre construction identitaire se joue dans votre habitat ! Cela permet aussi de mieux gérer la relation à l’autre que lorsque vous avez quarante résidents. Pour certains, qui vivaient seuls chez eux, cela permet de briser la solitude.

Qui est à l’initiative des projets ?

Ce sont souvent des petites associations, des parents, qui montent leurs projets avec le cœur, mais se retrouvent en fragilité. Ce n’est pas la NASA, mais le sujet est un peu technique !

Le privé ne s’en empare-t-il pas ?

Non, le secteur du handicap est géré à 99 % par les associations. Ce n’est pas comme pour personnes âgées, où il n’y a pas d’associations militantes et où le privé intervient beaucoup. Mais cela va peut-être venir.

Ce type d’habitat n’est-il pas plus cher ?

Non, parce que dans un établissement, il y a beaucoup de frais de structure, de personnel…

Y a-t-il des freins ?

Oui, notamment socioculturels. Et en accueil collectif, c’est l’assurance maladie qui intervient pour le prix de journée, alors que pour la prestation de compensation du handicap, c’est le Département. Cela nécessite des transferts de fonds et de revoir toute l’organisation ! Mais j’espère que nous pourrons bientôt donner un vrai choix aux gens.

Source OUEST FRANCE.

Autisme et habitat inclusif, le long chemin…

À côté de Montpellier, la MIA, Maison inclusive pour autistes, ouvre la voie de l’habitat inclusif pour jeunes adultes autistes déficitaires.

Elle est le fruit de l’engagement entrepreneurial d’une mère, déterminée à créer un modèle économique hybride incluant la dimension formation.

Récit d’un parcours engagé. 

Fabienne Such, fondatrice de la Maison inclusive pour autistes à côté de Montpellier.

Fabienne Such, fondatrice de la Maison inclusive pour autistes à côté de Montpellier.

 

Elle a porté et porte encore le projet à bout de bras. Et elle est pionnière dans la démarche… Fabienne Such est la mère d’Adrien, jeune autiste non verbal de 25 ans, diabétique insulinodépendant. Cette professeure des écoles, diplômée d’un DU Autisme et d’un DU troubles des apprentissages et du neuro-développement, s’est transformée en entrepreneuse quand elle a compris qu’elle ne trouverait pas de solution d’accompagnement et de prise en charge adaptée pour son fils.

En 2015, une étude estimait à 340 (a minima) le nombre de personnes autistes dépourvues de solution d’accueil en Languedoc-Roussillon. Une carence encore plus forte pour les adolescents en sortie de vie scolaire et les jeunes adultes. Alors Fabienne Such a décidé de créer elle-même cette solution : un dispositif innovant et durable d’habitat inclusif pour un accompagnement social et professionnel de personnes adultes autistes.

Pérennité et gouvernance

Le chemin pour faire naître son projet est passé par la création de l’association ASF34-Col’Oc Autisme, « pour réfléchir à une alternative », se souvient-elle. Rapidement, Fabienne Such s’intéresse au modèle de la Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) dans le champ de l’économie sociale et solidaire.

« Quand vous êtes présidente d’une association, vous êtes déjà entrepreneure – sans salaire – et le jour où vous quittez le navire, personne ne veut votre place. Dans le secteur du handicap, ce sont souvent des associations de parents ou de professionnels, les personnes ne se forment pas et s’épuisent. La première raison de passer par une Scic, c’était de créer une structure pérenne avec un projet économique viable. La seconde, c’est que nous ne voulions pas vivre ce qu’on avait connu en établissements médico-sociaux : les professionnels voulaient que leur avis soit entendu, que les gens qui votent le budget soient sensibilisés à la cause et aux besoins, que les parents n’aient pas qu’un avis consultatif mais un droit de vote. La Scic offre cette gouvernance de toutes les parties prenantes. »

Son projet est accompagné pendant dix-huit mois par Alter’Incub, l’incubateur régional d’innovation sociale de l’Union régionale des Scop à Montpellier.

« La valeur ajoutée d’Alter’Incub, c’était de m’accompagner dans la réflexion sur le modèle économique, sur le benchmarking ou le business plan », souligne Fabienne Such.

Aujourd’hui, la Scic Autisme Inclusion Services Formation compte 25 sociétaires et quatre collèges au conseil d’administration : professionnels, bénéficiaires, partenaires et garants porteurs de projet.

« La spécificité de ce projet d’innovation sociale, c’est de vouloir sortir d’un système de financements publics pour aller vers un modèle hybride, de mieux utiliser les financements et de créer un modèle marchant avec la formation. La Maison inclusive pour autistes (MIA, ndlr) a rencontré engouement et adhésion, et aujourd’hui, c’est l’Urscop qui les accompagne », observe Théo Cousyn, délégué régional innovation chez Alter’Incub.

Le pied à l’étrier

Depuis 2019, la MIA ouvre la voie de l’habitat inclusif pour autistes déficitaires. À Saint-Gély-du-Fesc, à côté de Montpellier, elle accueille cinq jeunes adultes autistes déficitaires en colocation, accompagnés par une équipe de six éducateurs. Les familles n’ont pas de reste à charge : un jeune autiste perçoit globalement 1.150 euros d’aides et allocations, et paie 900 euros/mois tout compris pour la location. La Scic emploie quatre salariés en CDI à temps plein et six salariés chez son partenaire d’aide à domicile.

L’approche globale du projet prévoit d’accompagner les jeunes autistes vers l’emploi en les faisant intervenir dans des entreprises locales. L’association ACE de Pic (120 commerçants et entrepreneurs du Pic Saint-Loup) a déjà signé une lettre d’engagement pour les accueillir quand ils seront prêts.

« Nous sommes très sensibles à la RSE, à ce qui permet de donner du sens à notre travail, et nous ne voulons pas être en marge du volet handicap de la loi PACTE, donc nous soutenons cette démarche. Les jeunes pourront suivre des stages dans un restaurant, la grande distribution ou les entreprises de services. L’objectif, c’est de leur mettre le pied à l’étrier », déclare le président de l’association, Chaouki Asfouri.

Un centre de formation intégré

La Scic perçoit un forfait habitat inclusif (60.000 euros pour un an) dans le cadre d’un contrat Fonds d’intervention régional de l’ARS. La Fondation Orange, la Fondation Autisme France et Autistes sans Frontières National soutiennent la mise à disposition de mobilier et de matériel éducatif et pédagogique pour les colocataires de la MIA.

Mais l’équilibre du modèle économique – « complexe », pointe Fabienne Such – repose aussi sur les ressources provenant de diverses activités que la Scic propose : « Nous vendons des prestations d’accompagnement en mobilisant les salariés d’Autisme Inclusion pour animer des projets comme les cafés-parents, les cafés « Asperger«  ou la mise en place de projets personnalisés, etc. pour ASF34-Col’Oc Autisme, Solidarité Autisme LR ou nos partenaires ».

Mais surtout, le projet faisant appel à une connaissance fine des spécificités neuro-développementales de l’autisme ou à des méthodes de communication et d’enseignement spécifiques, la Scic comprend un centre de formation certifié (une formatrice salariée et des vacataires) à destination du personnel de la MIA ou d’autres établissements, mais aussi des proches et aidants.

« Cela permet par ailleurs d’offrir du travail à des personnes autistes, et nous proposons des formations sur ce concept d’habitat inclusif, innovant en France, ce qui contribuera à équilibrer le budget », ajoute la gérante de la Scic.

Car le projet vise l’autofinancement, et Fabienne Such veut essaimer sur d’autres territoires afin de multiplier les réponses adaptées à l’autisme : « Nous ouvrirons une deuxième maison en juillet 2021 à Prades-Le-Lez, avec cinq autistes déficitaires et trois autistes de profil Asperger. L’équilibre financier ne peut être atteint qu’à partir de deux habitats. En ouvrant cette deuxième maison, nous créerons douze emplois, et il nous sera alors possible de mutualiser des ressources humaines entre les deux MIA ».

Habitat inclusif et bailleurs sociaux

Pour l’heure, la Scic loue les maisons à des bailleurs privés. Mais Fabienne Such a déjà en tête l’étape suivante : faire entrer les bailleurs sociaux dans la danse. L’habitat inclusif s’articule autour d’un projet de vie sociale et partagée, dont l’objectif est de favoriser le vivre-ensemble pour limiter le risque d’isolement de publics fragiles et qui, seuls ne pourraient accéder à un logement.

« Passer un accord d’intermédiation locative avec un bailleur social nous permettrait d’accéder à des loyers encadrés. On est en discussion avec certains », explique Fabienne Such, déterminée. Notamment avec Croix-Rouge Habitat, où Corinne Archer, responsable Développement solidaire, confirme les difficultés du concept : « Le déploiement des opérations nécessite de lever les nombreux freins existants pour le montage immobilier : aides à la pierre complémentaires pour financer les adaptations, l’investissement et la gestion des espaces communs, adaptation de la réglementation des attributions inadaptée à ces formules, ouverture au parc existant, sécurisation dans la durée des opérations via le financement pérenne du projet de vie sociale, etc. Mais nous réfléchissons à investir dans des projets d’hébergement de personnes autistes, c’est un souhait, et nous envisageons d’accompagner Fabienne Such pour la création d’autres Maisons inclusives ».

Source LA TRIBUNE.

Maintien chez soi, trottoirs et transports adaptés : un rapport de 80 pistes pour améliorer la vie des seniors…

Un rapport remis au gouvernement préconise 80 mesures pour aider les seniors à mieux vieillir, sans forcément passer par les maisons de retraite.

Parmi les pistes, des aides au maintien à domicile repensées et facilitées, des transports adaptés, ou davantage de bancs publics.

Le rapport préconise notamment des transports adaptés et davantage de bancs publics.

 

Des aides préventives pour adapter son logement avant de perdre son autonomie, des financements pour des « résidences seniors » à loyer modéré, un tissu urbain et des transports aménagés pour les personnes âgées : un rapport remis ce mercredi au gouvernement propose 80 mesures pour accompagner le vieillissement, sans forcément recourir aux Ehpad.

Permettre au plus grand nombre de « vieillir chez soi » implique « un logement adapté à ses fragilités présentes ou futures », mais également un urbanisme et des transports permettant que « la vie à domicile ne se transforme pas en assignation à résidence », résume auprès de l’AFP l’auteur de ce rapport, Luc Broussy, spécialiste de la « silver économie », l’économie liée aux seniors.

Repenser et simplifier l’accès aux aides pour rester chez soi

Pour permettre aux seniors de rester vivre « chez eux », Luc Broussy plaide pour un guichet unique d’aide aux travaux d’adaptation des logements, qui s’inspirerait du dispositif « Ma Prime Renov » pour les rénovations écologiques. Par ailleurs, pour lui, il faut « entièrement repenser » ces aides financières, actuellement accordées uniquement si la personne a déjà perdu beaucoup de son autonomie. Il faut plutôt privilégier la prévention, fait valoir le spécialiste, et entamer des travaux « en amont », notamment pour éviter les chutes, qui provoquent chaque année des milliers d’accidents mortels.

Construire des résidences seniors accessibles aux personnes modestes

Vieillir « chez soi » peut aussi parfois passer par un « autre chez soi », comme par exemple une résidence autonomie. Pour les développer et les rendre accessibles aux seniors modestes, il faut aider les organismes HLM à en construire, via des prêts bonifiés, mais également simplifier certaines règles d’urbanisme qui imposent, de manière « absurde », que ces bâtiments soient dotés d’un parking ou d’un local à vélos.

Des transports, trottoirs et passages piétons adaptés

Le rapport insiste aussi sur la nécessité de faciliter la mobilité des seniors, ce qui passe par des trottoirs et passages-piétons mieux conçus, davantage de toilettes et de bancs publics, mais aussi des transports plus accueillants – les conducteurs de bus devraient ainsi être systématiquement formés à la fragilité des clients âgés, afin d’éviter par exemple les freinages trop brusques.

Le nombre de 75-84 ans va augmenter de 50% d’ici dix ans

Ces propositions arrivent alors que la question du vieillissement est souvent considérée dans le débat public sous le seul angle du très grand âge, des Ehpad et des services d’aide à domicile. Pour Luc Brousssy, cette question nécessite une « révolution culturelle » pour répondre aux besoins des 75-84 ans. Cette génération des baby-boomers est composée de « citoyens actifs » qui sont encore autonomes, mais « vont commencer à subir les premières fragilités ».

Le nombre de personnes dans cette tranche d’âge va augmenter de quasiment 50% d’ici la fin de la décennie, a souligné l’auteur, qui remet son travail ce mercredi matin aux ministres chargées de l’Autonomie, du Logement et de la Cohésion des territoires, Brigitte Bourguignon, Emmanuelle Wargon et Jacqueline Gourault.

Ces propositions arrivent également alors que le projet de loi « grand âge », très attendu, n’a cessé d’être reporté en raison de la pandémie de coronavirus.

Source FRANCE BLEU.