Près de Nantes. Il lance une pétition pour un logement adapté au handicap de son fils…

À Rezé, le père de Tom 16 ans, a décidé de lancer une pétition sur Internet. La famille souhaite être transférée dans un logement adapté au handicap de son fils.

Fabrice Muszynski, le papa de Tom et sa conjointe, Stéphanie Le Pévédic.

 

Trois semaines après la mise en ligne de la pétition, plus de 24 000 signatures ont déjà été recueillies. C’est le papa de Tom qui en est à l’initiative. À Rezé, au sud de Nantes, Tom âgé de seize ans, est atteint d’un syndrome d’Angelman. Ce trouble neurologique l’empêche, entre autres, de pouvoir parler et marcher depuis la naissance. Cette pétition a pour but d’alerter sur l’état d’insalubrité du logement dans lequel vit la famille. Leur appartement de 79 m2 n’est pas adapté au handicap de Tom.

Plus d’un an que Fabrice Muszynski et ses trois enfants, dont Tom, ont emménagé dans l’appartement de sa conjointe Stéphanie Le Pévédic. L’appartement, situé au troisième étage, n’a pas d’ascenseur. Le père de Tom doit le porter. Il pèse plus de 50 kg : « Je n’en peux plus de porter Tom dans les escaliers surtout qu’en ce moment, il a une jambe dans le plâtre, explique, exténué, le père de famille de 44 ans. Je suis déjà tombé en montant les marches avec lui. »

Un logement inadapté et vétuste

En plus d’un accès difficile au logement, l’appartement, trop petit, ne permet pas d’accueillir tout le matériel médical dont Tom a besoin. À cause de ses difficultés, l’adolescent devrait bénéficier d’un élévateur ainsi que d’un lit médicalisé. Difficile, aussi, d’y prodiguer les soins indispensables. Conséquences : « On ne peut pas prendre Tom comme on le devrait, confie Stéphanie Le Pévédic, conjointe du père de Tom. On le voit un week-end sur deux, et la moitié des vacances scolaires au lieu d’une semaine sur deux, comme prévu. Le reste du temps, il est chez sa maman. »

La famille a fait la demande d’un logement adapté à son bailleur social, Atlantique Habitations. En plus d’être inadapté, l’appartement « est vétuste, avec des infiltrations, poursuit, à bout de nerfs, Stéphanie Le Pévédic. Nos volets tombent, on est obligé de mettre du scotch. Les gonds des portes ne tiennent plus non plus ».

Il y a un mois, Atlantique Habitations fait une proposition à la famille pour un bien situé à deux pas. Pas de chance, ce bien a été destiné à une autre famille par une commission d’attribution. Ça a été la goutte d’eau qui a déclenché la pétition : « On était si content de pouvoir s’imaginer dans cette habitation, exprime avec regret, le père de Tom. Après cette annonce, nous avons eu le sentiment d’être incompris. Nous sommes déçus. » Ils veulent se faire entendre aussi. Cette pétition a trouvé un écho rentable sur Internet.

Une recherche difficile

De son côté, le bailleur social a entrepris des travaux de peinture pour réhabiliter le logement : « Nous avons bien conscience des difficultés auxquelles est confrontée cette famille, explique Maxime Leroux, responsable à Atlantique Habitations. Par ailleurs, cet appartement a été initialement attribué à Madame Le Pévédic et le bail n’est pas prévu pour une famille aussi nombreuse. »

Le bailleur explique : « Pour le moment, aucun logement ne correspond au handicap de Tom, affirme Maxime Leroux. Pour eux c’est long, on le comprend mais ce n’est pas de notre fait. On va les accompagner et on souhaite qu’une issue soit trouvée rapidement . »

La demande de logement social est très importante en Loire-Atlantique. En 2020, Atlantique Habitations a mis à disposition 1 044 logements en location. Le taux de rotation sur le parc locatif était de 8,09 %, ce qui est faible.

Atlantique Habitations a transmis leur dossier aux autres bailleurs de Loire-Atlantique pour multiplier les chances de trouver un logement adapté à la famille.

Source OUEST FRANCE.

 

ENTRETIEN. « En habitat groupé, les personnes handicapées ont leur univers »…

Spécialiste du logement des personnes handicapées, Sylvain Bernu explique les bénéfices des logements regroupés, partagés et inclusifs où les personnes bénéficient d’un maximum d’indépendance.

Rémy dans son appartement de la résidence partagée Azelyte prépare ses croque-monsieur, accompagné par Laetitia.

 

Sylvain Bernu est président d’Azelyte, résidence partagée pour les personnes handicapées à Pontivy. Il est spécialiste du handicap, notamment des problématiques de logement, et mène des projets permettant aux résidents d’avoir une vie le plus autonome possible tout en étant aidés.

Sylvain Bernu, président d’Azelyte, est souvent consulté en matière de logement pour les personnes handicapées.

Comment les personnes handicapées sont-elles hébergées en France ?

La majorité est à domicile. Sinon, la France privilégie l’hébergement collectif. Le secteur est issu du caritatif. Dans les années 1970, beaucoup d’établissements ont été créés. Les associations ont reçu des dons, des châteaux… Certaines ont pris une place très importante. D’autres pays ont fait des choix différents, comme la Suède, où à cause des théories d’eugénisme remontant autrefois de l’Allemagne nazie, on a évité les regroupements de personnes. Quoi qu’il en soit, s’il y a trente ans, la France était pionnière, il lui faut se renouveler. On a commencé à déconstruire le modèle collectif dans les années 1995-2000.

Quelles alternatives proposez-vous ?

Des habitats regroupés, partagés, inclusifs, sur différents modèles. À Pontivy, où une seconde structure va bientôt voir le jour, une SCI possède les appartements, et une association gère l’aide à domicile. Dans les Côtes-d’Armor, où je monte des projets avec Gwitibunan, association de parents d’enfants autistes, des sociétés coopératives d’intérêt collectif posséderont et géreront les logements. Elles associent familles, professionnels et collectivités. Des projets sont en cours à Pommeret, où la mairie a donné un terrain, Loudéac, Landéhen, Plérin…

Quel est l’intérêt de ces habitats ?

Ils conviennent parfois mieux que la collectivité. Les personnes ont leur univers. Votre construction identitaire se joue dans votre habitat ! Cela permet aussi de mieux gérer la relation à l’autre que lorsque vous avez quarante résidents. Pour certains, qui vivaient seuls chez eux, cela permet de briser la solitude.

Qui est à l’initiative des projets ?

Ce sont souvent des petites associations, des parents, qui montent leurs projets avec le cœur, mais se retrouvent en fragilité. Ce n’est pas la NASA, mais le sujet est un peu technique !

Le privé ne s’en empare-t-il pas ?

Non, le secteur du handicap est géré à 99 % par les associations. Ce n’est pas comme pour personnes âgées, où il n’y a pas d’associations militantes et où le privé intervient beaucoup. Mais cela va peut-être venir.

Ce type d’habitat n’est-il pas plus cher ?

Non, parce que dans un établissement, il y a beaucoup de frais de structure, de personnel…

Y a-t-il des freins ?

Oui, notamment socioculturels. Et en accueil collectif, c’est l’assurance maladie qui intervient pour le prix de journée, alors que pour la prestation de compensation du handicap, c’est le Département. Cela nécessite des transferts de fonds et de revoir toute l’organisation ! Mais j’espère que nous pourrons bientôt donner un vrai choix aux gens.

Source OUEST FRANCE.

Toulouse : Juchée sur une grue, une mère d’enfants handicapés lance un appel au secours et obtient une réponse…

Pour alerter les pouvoirs publics sur sa situation, la mère de deux enfants handicapés a décidé de monter dans une grue jeudi matin.

Elle est redescendue en milieu de journée après avoir obtenu un logement et deux places dans des instituts spécialisés pour ses enfants.

Toulouse : Juchée sur une grue, une mère d’enfants handicapés lance un appel au secours et obtient une réponse

 

  • Depuis ce jeudi matin, 5h30, une mère d’enfants handicapés est juchée sur une grue.
  • Epuisée, cette Gersoise demande l’intervention des pouvoirs publics afin d’obtenir un logement à Toulouse et se rapprocher des centres de soins de ses deux enfants.
  • En milieu de journée, elle est redescendue après avoir obtenu un logement au sud de Toulouse et deux places en institut spécialisé

Ce jeudi matin, vers 5h30, une femme s’est réfugiée dans la cabine d’une grue sur un chantier en cours à Toulouse, dans le quartier de Purpan. C’est l’ultime moyen qu’a trouvé Leila Ketrouci, mère de deux enfants lourdement handicapés, pour se faire entendre. A bout, cette Gersoise qui élève ses trois enfants, a indiqué avoir épuisé tous les recours pour pouvoir obtenir un logement adapté et se rapprocher du CHU de la Ville rose, fréquenté par son fils de huit ans et sa fille de cinq ans, tous deux lourdement handicapés, atteints d’une maladie génétique rare et de  troubles autistiques.

« Aujourd’hui, mon action, c’est plus qu’un appel au secours », a-t-elle confié à l’AFP, brandissant une banderole où l’on peut lire « handicap scandale français ». Si elle cherche à se rapprocher de la Ville rose c’est aussi pour accéder aux établissements et services médico-sociaux spécialisés et adaptés, qui n’existent pas dans le Gers.

En milieu de journée, après des discussions avec les autorités, elle a réussi à obtenir deux places à temps complet dans des instituts spécialisés et le conseil départemental de la Haute-Garonne a réussi à lui trouver un logement social au sud de la Ville rose.

Il y a quelques années, en 2014, une autre maman d’enfant autiste était montée sur une grue pour se faire entendre.

Sophie Cluzel alertée

Depuis Estelle Ast se bat pour faire entendre les parents et a plaidé il y a encore peu la cause de Leila Ketrouci auprès de la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées Sophie Cluzel, qui s’est dite « attentive ».

« Depuis sept ans, ça a très peu évolué, c’est pour ça que les parents continuent de monter sur des grues », a regretté Estelle Astn déplorant une situation « scandaleuse » en France, « qui fait partie des derniers de la classe » en Europe concernant la prise en charge des enfants autistes.

Source 20 MINUTES.

Une famille galère pour trouver un logement adapté au handicap…

Loïc Leclaire, paraplégique depuis un accident en 1993, réside avec ses parents à Germagny.

Mais leur maison ayant trouvé acquéreur, ils doivent quitter les lieux le 15 juillet et n’arrivent pas à trouver une location adaptée aux personnes à mobilité réduite.

Une famille galère pour trouver un logement adapté au handicap

 

Un appel en dernier recours. En 1993, Loïc Leclaire a été victime d’un accident de la route. Adolescent alors âgé de 17 ans, au guidon de sa mobylette, il a été percuté par un automobiliste.

Ce choc violent l’a projeté contre un panneau indicateur. Évacué en urgence par hélicoptère à l’hôpital de Dijon, le diagnostic a révélé une fracture de la colonne vertébrale qui l’a laissé paraplégique, bouleversant à jamais son quotidien. Ont suivi pour la victime des années de galère avec rééducation, allers-retours à l’hôpital, escarres, etc.

Malgré ces périodes compliquées, Loïc n’a jamais baissé les bras, suivant une reconversion totale dans l’horlogerie, qui ne lui a apporté que déception due au manque d’accessibilité et à son handicap.

Le temps presse

Depuis cet épisode, il réside avec ses parents. Si ces derniers l’ont pris en charge durant toutes ces années, désormais, suite à leurs problèmes de santé respectifs, Loïc a dû leur renvoyer l’ascenseur.

Mais un autre problème vient aujourd’hui s’ajouter à leur vie quotidienne. Leur maison, en vente depuis plusieurs années, a récemment trouvé acquéreur. Les occupants doivent quitter les lieux au plus tard le 15 juillet. Or, depuis la signature du compromis, cette famille cherche activement une maison de plain-pied, avec un intérieur adapté à l’usage d’un fauteuil roulant.

Mais c’est sans succès malgré la coopération des mairies, d’une assistante sociale, et de la mise en contact avec les bailleurs sociaux du Comité local de l’habitat. Quelques opportunités se sont bien présentées, mais elles n’ont pas abouti. Selon Loïc, « la conjoncture actuelle ne permet pas de faire face à la concurrence des nombreux demandeurs sur la région, suite au Covid. Nos démarches, les unes après les autres, se révèlent stériles ».

Si l’idéal pour eux serait de trouver une résidence en Côte chalonnaise, ils seraient prêts à s’éloigner dans une commune qui dispose de commodités et de commerces à proximité. C’est donc un appel qu’ils lancent, en dernier recours, auprès de particuliers qui seraient susceptibles de leur proposer une location adaptée. Soit un F3 pour la famille, soit deux appartements séparés, dont un équipé pour personne à mobilité réduite.

➤  CONTACT Tél. 06.46.73.46.07.

Source JSL.

Adapter la ville, le logement, les transports… Ces propositions pour « bien vieillir chez soi »…

Un rapport remis mercredi 26 mai au gouvernement propose quatre-vingts mesures pour accompagner le vieillissement des 75-84 ans, dont le nombre va exploser ces dix prochaines années.

Il doit inspirer un prochain projet de loi.

Entretien avec Luc Broussy, auteur du rapport.

Pour Luc Broussy, « il faut anticiper en adaptant son logement ».

 

Comment bien vieillir chez soi ? Luc Broussy, spécialiste de l’économie des seniors, a remis ce mercredi 26 mai un rapport à Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’Autonomie, mais aussi à Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement et Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des Territoires. Un rapport qui fera date ​et qui fera acte ​a dit Brigitte Bourguignon. J’en prends l’engagement. Un projet de loi sur l’autonomie est attendu de longue date et ces propositions pourraient s’en inspirer. Il pourrait voir le jour à l’automne.

Président de France Silver Eco, directeur d’EHPA Presse & Conseil et cofondateur du Think tank Matières grises, Luc Broussy décrypte les grandes lignes de son rapport baptisé « Nous vieillirons ensemble… »​, quatre-vingts propositions pour un nouveau Pacte entre générations.

Luc Broussy, auteur d’un rapport intitulé « Nous vieillirons ensemble ».

Luc Broussy, auteur d’un rapport intitulé « Nous vieillirons ensemble ».

Nous avons une autre « transition » à affronter, dites-vous, qui est démographique…

Dire que la population va vieillir ne suffit pas. La catégorie qui va exploser dans les dix prochaines années 2020-2030, ce sont les 75-84 ans. Leur nombre va augmenter de 47 %, passant de 4 millions aujourd’hui à 6 millions en 2030. On n’a jamais connu une telle croissance. Pendant cette décennie, les « 85 ans et plus » ​vont voir leur nombre stagner avant de croître fortement après 2030 et ce qui va avec : la dépendance, le besoin de places en Ehpad, etc. Mais la priorité du moment ce sont les 75-84 ans.

« Anticiper pour bien vieillir »

Qui sont les 75-84 ans ?

Des hommes et des femmes qui vivent chez eux mais qui commencent à connaître les premières fragilités. Nul besoin d’Ehpad à ces âges-là. Mais c’est un moment où on commence à abandonner sa voiture, où on peut devenir incontinent, où les liens sociaux peuvent commencer à se raréfier. C’est aussi l’âge du veuvage pour les femmes. Une période cruciale.

Il faut que ces personnes puissent continuer de se déplacer, d’avoir des liens sociaux, d’aller au théâtre, d’avoir accès aux commerces, à la vie de quartier, aux services publics… D’autant plus que ceux qui auront 85 ans en 2030 sont issus de la génération qui a eu 20 ans en 1968, celle qui a transformé la société et qui s’apprête désormais à transformer la vieillesse. Face au vieillissement, elle sera moins passive et voudra anticiper pour bien vieillir.

« Une autre forme de chez soi »

Pour bien vieillir chez soi, il faut…

Un logement adapté mais pas que. Il faut aussi adapter la ville, la voirie, l’habitat, les transports, les territoires… Je me réjouis d’avoir remis mon rapport à Brigitte Bourguignon, ministre chargée de l’Autonomie, mais aussi à Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement et Jacqueline Gourault, ministre à la cohésion des Territoires. Là est tout le sens de mon rapport : montrer que la question du vieillissement ne se limite pas à sa dimension sanitaire et sociale.

Parlons des logements…

Il faut citer un chiffre effrayant : 10 000 personnes âgées meurent chaque année des suites d’une chute à domicile. Ceux qui ne meurent pas se fracturent le col du fémur. Voilà comment on finit à l’hôpital, en Ehpad et c’est le syndrome du glissement. Il faut donc anticiper en adaptant son logement. Et si le logement n’est pas adaptable, il faut à 70 ou 80 ans, avoir le courage de déménager. C’est une révolution sociétale.

Demain, vieillir « chez soi » ne signifiera pas forcément rester dans la maison dans laquelle on vit depuis des décennies et dans lequel on a vu grandir ses enfants. Beaucoup se choisiront une autre forme de « chez soi » ​ : résidence seniors, résidence autonomie, habitat intergénérationnel.

Car si votre logement est situé à 5 km de la première boulangerie, rester « à domicile » ​s’apparentera en réalité à une forme d’assignation à résidence. À l’inverse, un logement en centre-ville, accessible, permettant un maintien des liens sociaux constituera la meilleure prévention de la dépendance. Un déménagement au bon moment peut faire gagner plusieurs années d’espérance de vie.

« Rendre la ville bienveillante aux personnes âgées »

Au-delà, donc, c’est aussi le territoire qu’il faut transformer ?

Si dès que vous sortez, l’environnement se révèle hostile voire anxiogène, d’anxiété, vous resterez coincé chez vous, ce qui est la pente la plus radicale vers la perte d’autonomie. Si on est incontinent, que l’on veut sortir mais qu’il n’y a pas de toilettes publiques, la personne âgée va adopter une stratégie d’évitement et rester chez elle. De même, si le conducteur de bus freine brutalement, arrive le moment où on ne prend plus le bus parce qu’on a peur. Idem avec un feu piéton trop rapide qui vous empêche de traverser. Voilà la somme des petits détails qui demain rendront ou non la ville bienveillante pour les plus âgés.

La situation a-t-elle évolué depuis votre premier rapport sur le vieillissement en 2013 ?

Clairement oui. Les élus, les bailleurs sociaux, les entreprises sont bien plus conscientes des défis. En Seine-Saint-Denis par exemple, le Département, à la faveur des opérations de rénovation urbaine, installe des tiers lieux en bas des immeubles pour faire se rencontrer les générations. Les territoires innovent. Il reste à orchestrer tout cela au niveau de l’État pour que cela fasse sens.

Source OUEST FRANCE.

Ardèche : des conseils pour rester à domicile malgré l’âge ou le handicap…

L’association Solidaires pour l’habitat (Soliha) accompagne les personnes âgées et en situation de handicap pour aménager leur logement.

Ardèche : des conseils pour rester à domicile malgré l’âge ou le handicap

 

Adaptation du mobilier à la bonne hauteur, sécurisation de la salle de bains… il existe de nombreux équipements pour se maintenir à domicile.

Depuis le début de l’année 2020, l’association a aménagé un bus grandeur nature pour représenter trois pièces de la maison importantes dans la vie quotidienne : cuisine, salle de bains et toilettes. L’association n’effectue pas les travaux, elle accompagne les gens dans les demandes de subventions. « Si la personne est éligible, on effectue une visite du logement puis on monte les dossiers auprès des financeurs », indique Laëtitia Courmont, conseillère technique en accessibilité et adaptation. Le bénéficiaire choisit l’artisan qu’il souhaite ou demande conseil auprès de l’association.

Le bus sera à Vallon-Pont-d’Arc ce 27 mai, à La Voulte-sur-Rhône le 28 mai et à Joyeuse le 9 juin.

Source LE DAUPHINE.

Bordeaux : « Cela m’aide à aller vers les autres », le succès d’un habitat partagé pour de jeunes adultes autistes…

SOCIAL Depuis un an, de jeunes adultes porteurs d’autisme se relaient dans un appartement partagé qui leur permet d’avancer vers davantage d’autonomie.

Bordeaux : « Cela m’aide à aller vers les autres », le succès d’un habitat partagé pour de jeunes adultes autistes

 

  • L’association ARI, soutenue par le département de la Gironde, gère un appartement partagé à Bordeaux, dans lequel neuf jeunes adultes autistes se relaient.
  • Ils y apprennent à se connaître depuis un an en partageant des activités et des sorties.
  • L’objectif est de les accompagner vers une plus grande autonomie avec, en 2024, un emménagement dans des logements individuels d’une résidence en construction.

« Dans ma vie, j’ai été beaucoup isolée donc cela m’aide à aller vers les autres et à avoir un contact avec eux », explique Mathilde, 21 ans. Elle et huit autres jeunes adultes autistes fréquentent un appartement partagé, géré par l’ Association pour la Réadaptation et l’Intégration (ARI), à Bordeaux et soutenu par le département. Situé dans le centre historique, ce bel appartement qui comporte deux chambres, ressemble à une colocation très organisée. Un tableau pour la répartition des tâches ménagères est installé à l’entrée de la cuisine et des indications sont disposées un peu partout, pour que les jeunes aient le maximum de repères.

Mathilde, 21 ans, fréquente le logement partagé pour les personnes porteuses d'autisme et piloté par l'association ARI.

 

« Ils partagent des centres d’intérêt »

L’appartement est occupé par neuf jeunes qui s’y relaient depuis un an. Mathilde y passe un à deux après-midi par semaine. Elle a déjà son propre appartement à Cestas où elle réside la semaine et retourne voir ses parents le week-end. « J’ai une passion pour le foot et quand il y a un match, je reste dormir », explique pour sa part Léo, 24 ans, qui vit chez ses parents et apprécie de s’être « fait des amis », grâce à ce logement partagé.

« Les interactions sociales chez les autistes restent quand même quelque chose de particulier, relève David Gimel-Servan, animateur coordinateur sur le projet habitat inclusif. Le but c’est de prendre le temps qu’ils apprennent à se connaître, en se servant du jeu, d’une soirée à thèmes, de repas, etc. Au bout d’un an, les jeunes partagent des centres d’intérêt et s’organisent eux-mêmes des après-midi ensemble. » Il est présent au quotidien pour les aider à structurer leur semaine et à s’organiser pour les tâches ménagères et, il fait aussi le lien avec leurs éducateurs, chargés de leur suivi médico-social.

Leur propre logement en 2024

Ce projet expérimental doit permettre à ces jeunes d’être le plus autonomes possible à l’avenir. « L’idée c’est qu’en 2024, ils aient chacun leur appartement dans un ensemble résidentiel en construction qui s’appelle le petit Bruges et qui sera construit notamment par Mésolia, bailleur social », explique Dominique Espagnet-Veloso, directeur général de l’association ARI.

Le projet immobilier comporte huit logements T1 indépendants et un neuvième avec une vocation de convivialité pour que les jeunes s’entraident et s’organisent une vie sociale. On comprend alors tout l’intérêt qu’il y a à ce qu’ils se connaissent et sympathisent avant d’y emménager. « L’idée est que ces jeunes demain ne vivent pas dans des établissements mais en logements individuels, avec le plus d’autonomie possible », souligne le directeur de l’ARI.

Un modèle à suivre

Le département soutient « une trentaine de projets d’habitat partagé, beaucoup autour de la cérébro-lésions », fait valoir Sébastien Saint Pasteur, président de la commission handicap et inclusion au département de la Gironde. « Nous sortons du modèle qui consistait à estimer que les personnes en situation de handicap devaient être dans des lieux dédiés mais qui ne soient pas forcément intégrés dans la société, là nous sommes en contraire dans une logique d’inclusion », analyse Jean-Luc Gleyze, le président du conseil départemental.

L’intégration de ces jeunes passe aussi par l’emploi et là aussi ils sont dans une dynamique positive. « J’ai fini une formation pour être animateur-soigneur assistant équitation, et cette semaine je fais un stage dans une association A cœur et à crin. A l’issue du stage, elle verra si elle peut me prendre en service civique ou pas », explique fièrement Mathilde. Titulaire d’un CAP aide à la personne, Léo a lui déposé sa candidature pour travailler dans un établissement et service d’aide par le travail (ESAT), en blanchisserie.

Source 20 MINUTES.

 

Fougères. Un projet d’habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap va voir le jour…

S’il existe des exemples au niveau national, les programmes d’habitats inclusifs sont rares dans la région.

Cet établissement novateur va permettre aux personnes en situation de handicap, de vivre aux côtés de familles « valides ».

Le projet d’habitat inclusif va se situer au niveau du nouveau quartier de La Placardière, à Fougères (Ille-et-Vilaine). Il sera près des moyens de transport « de façon à assurer le plus d’autonomie possible pour les habitants et favoriser les déplacements en circulation douce. »

 

Un nouveau projet d’habitat inclusif va être construit à Fougères (Ille-et-Vilaine). L’originalité de ce programme ? Mêler des personnes en situation de handicap avec d’autres familles « valides ». Autre singularité : l’établissement s’adressera non pas à un seul, mais à tout type de handicaps.

Quand a commencé ce projet ?

À l’initiative d’un couple fougerais, un petit collectif s’est constitué depuis 2014 pour lancer un programme d’habitat inclusif pour des personnes en situation de handicap. Le collectif a été soutenu au fil du temps par différentes associations fougeraises : Droit de cité, familles actives, la MAIA, ou encore, par les services communaux.

Et après ?

L’association Le Parc, qui mène une action d’intérêt général au bénéfice d’enfants et d’adultes en situation de handicap, s’est engagée, avec le constructeur Néotoa, auprès du collectif de parents d’enfants en situation de handicap à monter à Fougères, un habitat inclusif adossé à un habitat partagé. Le terrain sera, quant à lui, mis à disposition par la ville de Fougères.

En quoi consiste ce projet d’habitat inclusif ?

L’idée est de coupler un habitat pour six personnes en situation de handicap, et un habitat participatif regroupant cinq à six familles qui souhaitent s’engager dans une démarche citoyenne pour concevoir ensemble leur lieu de vie.

Ainsi, des espaces communs seront partagés entre les personnes valides et en situation de handicap. « L’objectif est d’accoler l’habitat inclusif à un habitat partagé, décrit Gilles Denis, directeur de plusieurs établissements de l’association Le Parc, qui sera en charge du projet.

Pourquoi est-ce un programme innovant ?

Ces logements seront accessibles à tout type de handicaps (moteur, sensoriel ou encore psychique) de façon à ne pas créer d’exclusion.

Si ce type de structure existe depuis dix ans au niveau national, comme le souligne Gilles Denis, en revanche, il y en a très peu au niveau régional.

Elle permettra aux personnes en situation de handicap d’avoir accès à des logements, plutôt que de vivre dans des foyers. Et concernera en particulier, des personnes autonomes, souvent des travailleurs d’Esat (Établissement et service d’aide par le travail), qui ont une autonomie et qui leur permet de ne pas avoir de présence la nuit mais de pouvoir alerter. »

Quand et où sera construit cet habitat ?

Le projet pourrait être construit d’ici deux ans ou deux ans et demi, indique Gilles Denis. Il sera situé au niveau du nouveau quartier de La Placardière, à Fougères. L’habitat inclusif sera l’un des derniers à sortir de terre. Il sera proche des commerces et des moyens de transport de façon à assurer le plus d’autonomie possible pour les habitants et favoriser les déplacements en circulation douce.

Comment aider à l’élaboration du projet ?

Une réunion publique aurait dû avoir lieu pour que des personnes en situation de handicap et/ou leurs proches puissent élaborer avec l’association Le Parc un premier cahier des charges pour le constructeur Néotoa. Le contexte sanitaire ne le permettant pas, pour participer, il suffit de contacter l’association Le parc (Perrine Obonsawin, directrice générale au 02 99 94 86 70).

Source OUEST FRANCE.

 

À Lescar, une résidence “inclusive et partagée” pour jeunes déficients intellectuels, seniors et étudiants …

Le projet devrait voir le jour au premier semestre 2023 après sept ans de préparation.

Un projet “innovant”, jamais vu ailleurs en France, pour permettre à des jeunes déficients intellectuels et des personnes âgées de vivre de manière autonome, autour d’activités et de lieux communs.

Les présidents de l'association l'Ostalada ont présenté le projet cette semaine avec la maire de Lescar Valérie Revel et le bailleur social Office 64.

 

Cela fait cinq ans que Pascal Rupert et Pascal Leblond travaillent sur le projet. Tous deux membres de l’association de parents d’enfants porteurs de handicap mental “Grandir Ensemble”, ils ont imaginé une résidence “inclusive et partagée”, où cohabiteront des jeunes déficients intellectuels, des seniors autonomes et des étudiants. “L’Ostalada”, ‘la maisonnée’ en Béarnais, devrait voir le jour en 2023 à Lescar (Pyrénées-Atlantiques).

37 logements

Sur ce foncier communal de 5.800 mètres carrés, à l’entrée de la ville, rue de Lacaussade, une quinzaine d’appartements seront destinés à des personnes de 20 à 50 ans, porteurs d’un handicap mental léger/moyen. Une quinzaine de logements seront attribués à des personnes âgées et cinq appartements seront disponibles pour des étudiants. Les deux derniers seront réservés à des personnes qui souhaitent tester la cohabitation. Ils partageront des espaces communs et des activités : un jardin partagé, une mini-ferme, une ludothèque, un café associatif tenu par les résidents, un espace de jeux pour enfants ou encore des agrès de sport “spécial senior”. “L’idée, expliquent les deux Pascal, est de permettre à nos jeunes de quitter le cocon familial, de travailler sur l’autonomie, la relation à l’autre, d’apprendre à entretenir leur logement, de prendre part à des ateliers, informatiques par exemple, partagés avec des seniors, d’apprendre à rendre la monnaie [au café, par exemple]…”

Nous avons remarqué que nos jeunes s’entendent particulièrement bien avec les seniors, qui sont bienveillants et à l’écoute, et avec les jeunes, qui ne les voient pas du tout comme des personnes en situation de handicap mais bien comme des personnes

Les différents publics, seniors et étudiants, n’ont pas été choisis au hasard. “Nous avons remarqué que nos jeunes s’entendent particulièrement bien avec les seniors, qui sont bienveillants et à l’écoute, et avec les jeunes, qui ne les voient pas du tout comme des personnes en situation de handicap mais bien comme des personnes”. Des animateurs, un agent d’entretien et des aides à domicile seront sur place quotidiennement pour accompagner les résidents.

Un intermédiaire entre la maison et l’Ehpad

Pour la maire de Lescar Valérie Revel, ce dossier ouvert par l’ancien maire Christian Laine, qu’elle a “mis sur le haut de sa pile dès le lendemain de son élection”, répond à une demande des Lescariens âgés. Celui d’un intermédiaire “entre la maison ou l’appartement classique, et l’Ehpad, que nous avons également à Lescar”. Elle souhaiterait également que l’Ostalada ne soit que “la première pierre d’un projet d’éco-quartier en entrée de ville”, sur lequel elle travaille.

La construction de la résidence, entreprise par le bailleur social Office 64 et largement soutenue par le Conseil départemental, devrait commencer d’ici la fin de l’année. Les seniors et étudiants intéressés pour y emménager peuvent prendre contact avec l’association l’Ostalada ou Grandir Ensemble. Une liste d’attente est déjà ouverte pour les jeunes en situation de handicap.

Source FRANCE BLEU.

Angers. Mère d’un jeune adulte autiste, elle milite pour que les familles soient mieux accompagnées…

Laurence Molières, institutrice près d’Angers (Maine-et-Loire), a connu beaucoup d’obstacles et de sacrifices pour accompagner au mieux son fils Léo, diagnostiqué autiste à l’âge de 3 ans et demi.

Aujourd’hui, le jeune homme de 23 ans, bac en poche, se destine à travailler dans la musique.

Léo, 23 ans, installé dans le fauteuil de la colocation où il devrait habiter à plein temps dans les prochaines semaines.

 

Les personnes autistes ou qui présentent des troubles du spectre autistiques (TSA) représentent 8 000 naissances chaque année en France. En Pays de la Loire, environ 500 personnes sont diagnostiquées chaque année. La journée du 2 avril est consacrée à la sensibilisation à l’autisme, une cause affichée comme une grande priorité par le gouvernement. Laurence Molières, institutrice dans la région d’Angers (Maine-et-Loire) et sa famille ont connu l’autisme avec leur fils Léo. Il a aujourd’hui 23 ans.

« Petit, il arrivait à répéter des mots entendus par ci, par là mais il y avait une absence totale de communication avec nous. Il se blessait beaucoup aussi, raconte Laurence. À l’époque, il a 3 ans et demi. « Je n’étais parfois pas capable d’expliquer les chutes de mon fils au médecin. Si bien qu’il soupçonnait des maltraitances. Il était à la limite du signalement. » Une situation d’une rare violence pour les parents.

L’entrée à l’école, « la chance de sa vie »

Mais la rencontre avec une pédopsychiatre et un médecin d’un centre médico-psychologique va changer la donne. « Il a toujours été accueilli avec bienveillance », souligne sa mère. Le diagnostic tombe, Léo est autiste. « La chance de sa vie ensuite, ça a été son admission à l’école par la directrice. Elle a accepté de le prendre en classe », poursuit-elle. Les progrès se manifestent.

Mais, après coup, Laurence exprime une certaine colère « pas envers les professionnels qui font de leur mieux », ni « à ceux à qui l’autisme fait peur ». Mais plutôt à l’abandon des parents face à l’état de leurs enfants. « Tant qu’on n’est pas dans une association de parents, il n’y a aucun référent. Léo fait partie de la génération d’autistes qui a essuyé tous les plâtres. Premiers à l’école, premiers au lycée. » Il réussit son baccalauréat scientifique et se destine à travailler en milieu adapté dans le monde de la musique.

« Le handicap a aussi un coût »

Pourtant, pour en arriver jusque-là, la famille de Laurence a fait des sacrifices. « Le handicap a aussi un coût, il ne faut pas l’oublier. Complètement à la charge des familles. Je n’aurais jamais pu me permettre de travailler à mi-temps », insiste Laurence. Dans les périodes du collège et du lycée, elle chiffre à 1 000 € par mois les dépenses liées au handicap de Léo.

Pour cette maman, « il faudrait que les familles puissent trouver des appuis pour faire le lien entre les professionnels. Sans qu’elles aient en permanence à anticiper pour l’avenir de leurs enfants ».

Une nouvelle étape vers l’autonomie

Aujourd’hui, Léo intègre progressivement – les week-ends seulement – une colocation à Angers (Maine-et-Loire). Il la partage avec trois autres jeunes adultes comme lui, qui ont besoin d’être guidés au quotidien.

Une nouvelle étape dans le parcours du jeune homme, qui lui permettra d’augmenter son autonomie et de construire sa vie en dehors du cocon familial.

Source OUEST FRANCE.