En Loire-Atlantique, les personnes à mobilité réduite font les frais d’une nouvelle réglementation du contrôle technique…

Pierre Emeriau, tétraplégique ne peut plus utiliser son véhicule adapté.

Sur sa carte-grise, la mention “handicap”, obligatoire depuis 2019, n’y figure pas.

Le véhicule de Pierre Emeriau, tétraplégique ne peut plus passer le contrôle technique sans modification de la carte grise. Chaque modification doit être présentée au moment du contrôle

Depuis le mois de juin, Pierre Emeriau, 29 ans, devrait techniquement  être à l’arrêt car son véhicule ne passe plus le contrôle technique. Problème, cet habitant de La Regrippière, à 37 kilomètres de Nantes est tétraplégique et le mini van garé devant sa maison est donc, entièrement aménagé pour qu’il puisse le conduire.

D’après un arrêté ministériel de 2013, entré en vigueur l’année suivante, il est nécessaire de préciser qu’il s’agit d’une carrosserie “HANDICAP” sur la carte grise. Mais cela ne posait pas de problème au moment du contrôle technique.

C’est en octobre 2019, avec une évolution de la réglementation européenne en 2018, que cette non-conformité est considéré comme une défaillance majeure, dans quel cas le véhicule est refusé au contrôle technique. C’est le cas de Pierre, dont le véhicule date de 2008.

Parcours administratif

La suite, c’est un nouvel handicap, cette fois-ci administratif. Pierre avait deux mois pour faire la modification de sa carte grise, avant la contre-visite. Or, le délai ayant été dépassé, il a repassé un nouveau contrôle technique le 3 septembre afin de s’assurer de rouler pendant deux mois supplémentaires. Si ces visites continuent de se multiplier, c’est son porte-monnaie qui en prendra un coup.

Prochainement, il devra se rendre à Bordeaux pour faire vérifier le véhicule avec tous les procès-verbaux. “C’est un système très sécurisé et très aménagé. J’ai contacté la Dreal (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) à Nantes qui ne connaissait pas mon système de fixation. Ils m’ont demandé un dossier vraiment énorme.” 
Si Pierre Emeriau a finalement réussi à fournir un dossier complet comprenant l’ensemble des procès-verbaux d’essais et de tests, de chaque partie transformée du véhicule, de nombreux autres utilisateurs et propriétaires se retrouvent sans solution.

La solution : “c’est poubelle”

Les scénarios varient : le transformateur ayant cessé l’activité, la transformation n’ayant pas de PV, le véhicule acheté d’occasion en provenance de l’étranger… “Pour eux, c’est poubelle” s’énerve Marc Verove, conseiller APF France handicap en Loire-Atlantique. “Nous aussi à l’APF, nous avons deux véhicules qui ne passeront pas le contrôle technique. Et on s’en sert tous les deux jours. Nous allons devoir jeter un véhicule de 50.000 euros. C’est dramatique”. 

Pierre Emeriau, tétraplégique, a vidé l'aménagement de son van et y a installé un siège spécifique pour pouvoir conduire

Difficile d’envisager de se débarrasser de précieux véhicule dont le coût d’achat et d’aménagement est conséquent. “J’en ai eu pour plus de 130.000 euros de transformation” précise Pierre.

L’autre solution serait de trouver un centre de contrôle technique qui prendrait le risque d’accepter le véhicule en l’état. “Mais au niveau des assurances, personne ne va se risquer à cela” répond Marc Verove.

Une mauvaise lecture de la loi

Le conseiller pointe un autre problème. Les centres de contrôle technique n’appliquent pas la même règle. “Certains me parlent de l’adaptation du poste de conduite, or dans la loi de 2013, c’est uniquement le fait qu’il y ait un fauteuil roulant attaché au véhicule et avec une ceinture de sécurité” explique Marc Verove.

“Si une personne conduit avec un système de frein à main et l’accélérateur au volant, ce n’est pas un véhicule handicap, mais des accessoires. Et pourtant, des contrôles techniques me disent qu’ils ne le passeront pas.”

Il ajoute que pour les véhicules entrés en circulation après 2014, les services administratifs en charge ou les entreprises de transformation ont pu elles-mêmes “oublier de faire le changement de carte grise, “mais tout le monde se tourne contre l’utilisateur”. 

“C’est l’autonomie de milliers de personnes qui est menacée”

Pour l’association, cette situation est “inacceptable” et il est nécessaire de modifier la législation actuelle. “C’est l’autonomie de milliers de personnes qui est menacée” écrit-elle dans un communiqué. De son côté, Pierre Emeriau ne veut pas non plus lâcher l’affaire.

Il s’est adressé aux hautes sphères de l’Etat pour sensibiliser sur sa situation. Il a ainsi pu transmettre son message à Damien Abad, député LR de l’Ain, et lui-même en situation de handicap, qui a ainsi attiré l’attention du ministre de l’Intérieur à la fin du mois juillet. À ce jour, aucune réponse de sa part n’a été transmise.

Source FR3.

Manque de personnel dans les Ehpad : “Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés”, alerte une directrice… Vidéo.

Alors qu’on assiste à une recrudescence de cas positifs de coronavirus dans les Ehpad, certains établissements déplorent un manque de personnel.

A La Pommeraie en Charente-Maritime, la directrice lance un cri d’alarme pour alerter sur les difficultés de recrutement.

L'Ehpad La Pommeraie à l'heure du déjeûner.

Alors que les Ehpad se préparent à gérer une augmentation des cas de Covid dans les semaines qui viennent, certains établissements tirent déjà la sonnette d’alarme.
C’est le cas à “La Pommeraie” situé à Périgny près de La Rochelle. Dans cette structure qui emploie 50 salariés pour 70 résidents, la pression est permanente.

C’est clairement pas assez, on a besoin d’être plus nombreux pour accompagner 24 heures sur 24 et toute l’année, les 70 résidents.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

“On a toujours beaucoup de travail, on fait face à des situations d’urgence parfois de manière quotidienne, on a besoin de personnel, on a besoin aussi d’être rassurés quand on est dans l’équipe, d’être sûr qu’on aura assez de monde le lendemain parce que sinon, on réajuste au coup par coup” se désole Katia Ruffin, infirmière de l’Ehpad.

Un courrier au ministère de la santé

La directrice a décidé d’alerter les autorités.  Avec d’autres directeurs d’établissements, elle a adressé un courrier au Ministère de la Santé, la semaine dernière. Les professionnels font part de leurs inquiétudes concernant la pénurie de personnel et les difficultés de recrutement.
“Habituellement, nous considérons que le taux d’encadrement est trop faible pour accompagner les personnes âgées mais en situation de crise avec le Covid, il est indispensable que nous puissions renforcer les équipes parce que les besoins vont être plus importants, la difficulté que nous rencontrons aujourd’hui, c’est la difficulté de recrutement, même par intérim, on a beaucoup de mal à trouver des professionnels qualifiés. Il y a un désengagement des métiers concernant la personne âgée qui nous inquiète” avertit la directrice de “La Pommeraie”.

Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés. Lorsque nous recrutons pour un poste, nous avons peu ou pas de candidatures,et surtout peu de candidatures diplômées. C’est inquiétant.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

Trois cas positifs

Alors que cet avertissement est resté sans réponse, l’Ehpad de Périgny se prépare à une possible nouvelle vague avec un assouplissement des mesures sanitaires.
Les nouvelles modalités de confinement ont été aménagées, elles seront beaucoup moins strictes que la première fois. En cas de covid, c’est la personne infectée qui sera isolée et non plus l’établissement en entier. “C’est seulement avec trois cas positifs que nous pratiquerons un isolemment total avec l’arrêt des sorties et les entrées, on isole tout le monde mais sur un temps court”explique la responsable de La Pommeraie. Au-delà de trois cas positifs avérés, l’établissement devra fermer ses portes pendant sept jours.

VIDEO – Ecoutez les témoignages des soignant(e)s

Source FR3.

Justice. Un clandestin, en provenance du Maghreb, tabassait et escroquait une femme handicapée de Lannion…. 10 mois de prison… avec sursis !!!

Affaire sordide à Lannion. Le prince charmant, clandestin en provenance du Maghreb, rencontré sur Internet par une quinquagénaire sous curatelle n’était qu’un homme violent et sans scrupules.

Le prévenu avait entre autres détourné l'argent prévu par une femme de Lannion pour la pierre tombale de son fils...

Jeudi 24 septembre, c’est une affaire sordide d’escroquerie et de violences qu’avait à examiner le tribunal à Saint-Brieuc. La victime : une personne en état de vulnérabilité physique, sous curatelle renforcée à Lannion.

En provenance du Maghreb, le prévenu, âgé de 46 ans et en situation irrégulière sur le territoire, est sans papier ni emploi. Il n’a pas jugé utile de se présenter devant le tribunal malgré son placement sous contrôle judiciaire depuis le 3 avril dernier.

C’est en 2017 qu’il est entré en relation avec cette femme de 58 ans, sur un site de rencontre très connu.

La présidente : « Pourquoi lui ? » La plaignante avait été conquise par les photos sur le site :

“Je trouvais qu’il était beau.”

Très vite le prince charmant dévoile son vrai visage, celui d’un homme violent, lâche et sans scrupule. Il s’installe au domicile de sa proie, il lui avait promis le mariage, elle récolte l’enfer.

Enfermée à double tour, interdiction de parler à un homme

Pour cette dame handicapée et déficiente, commence un quotidien fait de peur et de coups. La règle est simple, interdiction de parler avec un homme, interdiction de sortir du domicile, il a récupéré les clés et l’enferme à double tour à chacune de ses sorties.

Il s’approprie l’argent d’une stèle mortuaire

La victime avait sollicité auprès de sa curatrice la permission de retirer de son compte la somme de 2 500 € pour la pause d’une stèle sur la tombe de son fils décédé récemment. Mais le prévenu avait d’autres projets : il envoie une partie de l’argent dans sa famille pour passer le ramadan et confisque le reste de la somme.

Coups de poing et des coups de tête

Une spirale qui ne prendra fin que le 2 avril dernier. Violemment tabassée, la victime se retrouve une fois de plus enfermée, mais elle décide cette fois d’alerter les gendarmes.

Arrivés très vite sur les lieux, ils trouveront la dame gisant sur le sol, baignant dans son sang. L’examen confirmera des coups de poing et des coups de tête en plein visage.

Les militaires trouvent aussi le concubin : sa valise était prête, mais ils contrarieront ses projets de voyage. 1 700 € seront récupérés, et il sera immédiatement embarqué et placé sous contrôle judiciaire.

10 mois de prison avec sursis

Le procureur demandait une peine de 8 mois de prison ferme avec exécution immédiate, une interdiction de territoire de 5 ans.

Le tribunal ne suivra pas complètement le réquisitoire et condamnera le prévenu à 10 mois de prison avec sursis, une interdiction de séjour et 2 800 € au titre des différents préjudices.

Source Actu.fr

A Vertou, près de Nantes, les locataires d’un immeuble sont sans ascenseur depuis 19 mois…! Certains locataires sont pourtant handicapés…

Depuis février 2019, les habitants d’un immeuble comprenant un rez-de-chaussée et trois étages n’ont plus d’ascenseur.

Ils ont beau appeler la société, un bailleur social de Loire-Atlantique, ils ne savent toujours pas quand il sera réparé.

Certains locataires sont pourtant handicapés.

Marie-Thérèse Fraquet est handicapée. Elle habite au deuxième étage de cet immeuble qui est sans ascenseur depuis 19 mois.

Marie-Thérèse sort de la chemise cartonnée rose le dossier qu’elle a constitué. Lettres au bailleur, courriers recommandés, constat d’huissier… Avec d’autres locataires de l’immeuble, elle a notamment signé une pétition exigeant que l’ascenseur soit réparé.

Lassés de ne recevoir aucune réponse satisfaisante, ils ont fixé une date butoir. Ils ne paieront plus leur loyer si l’ascenseur n’est pas réparé d’ici le 20 septembre.

Voilà 19 mois, que les habitants des étages de cet immeuble de Vertou sont contraints de prendre les escaliers. Certes, il n’y a qu’un rez-de-chaussée et trois étages mais Marie-Thérèse est handicapée par des opérations successives des hanches et un accident. D’autres locataires ont des enfants en bas âge et sont obligés de descendre les escaliers avec les plus petits dans la poussette.

Lyzzie, qui habite elle aussi au deuxième, a deux enfants. Elle doit prendre la poussette dans ses bras avec le petit dernier sanglé pour descendre.

“C’est la galère souffle-t-elle, la poussette, les courses…”

Un couple croisé dans le hall d’entrée, près de l’escalier, commence à chercher ailleurs. Ils habitent au troisième. Ils n’en peuvent plus. Eux aussi ont un tout petit.

En 2015 déjà des malfaçons

Marie-Thérèse bénéficie de la solidarité de ses voisins qui lui montent ses courses mais cela fait trop longtemps que ça dure. Alors, elle a pris les choses en main et s’est faite la porte-parole des habitants.

Elle avait déjà haussé le ton lorsque, peu de temps après avoir emménagé dans cet immeuble alors récent en 2015, elle avait obtenu que les nombreuses infiltrations d’eau soient réparées. Cela avait débouché sur des mois de travaux qui avaient contraint certains à déménager momentanément.

voir le reportage réalisé en 2015 sur les malfaçons dans ce même immeuble

Marie-Thérèse vit dans un T3 avec son compagnon Michel, qui souffre du diabète. “On (Atlantique Habitations) nous a proposé de nous trouver un autre logement, dit-elle, mais ils nous proposent une maison avec un étage. C’est comme ici. Et puis ici, on a tout sous la main, commerces, bus…” Alors elle ne veut pas partir.

Comme les autres locataires, elle voudrait qu’on répare cet ascenseur pour lequel tous continuent de payer des charges, même si “un geste commercial” a été fait par le bailleur qui leur a octroyé 80 euros de remboursement. Pour 19 mois de galère.

“Quand l’ascenseur est tombé en panne, raconte Marie-Thérèse,  j’avais peur de prendre l’escalier, de tomber, c’est mon compagnon qui m’aide.”

Un constat d’huissier

Le constat fait par l’huissier sollicité par les locataires est accablant. Daté du 11 août 2020, photos à l’appui, il confirme : “l’ascenseur ne fonctionne pas. À droite de la porte, il est affiché « ascenseur à l’arrêt », en dessous « date prévisionnelle de remise en service :   » Pas de date.

Je note encore, précise le procès-verbal que nous nous sommes procuré, à gauche de la porte, la présence d’une affichette autocollante avec la mention « service de dépannage 08 … ». J’ai appelé ce numéro en déclinant mes nom, prénoms et qualité et la raison de mon appel. Mon interlocutrice m’a déclaré transmettre ma demande au service compétent, sans préciser de date d’intervention prévisible.”

L’huissier de justice poursuit son PV en notant d’autres dysfonctionnements comme la fermeture électromagnétique de la porte d’entrée qui ne fonctionne pas non plus. “La porte reste donc ouverte” constate-t-il.

“Le bâtiment a été livré le 6 août 2012, se souvient Marie-Thérèse, il est encore sous la garantie décennale.” Alors, elle ne comprend pas pourquoi rien ne se passe.

Dans un courrier, Atlantique Habitations informe les locataires que, suite à des problèmes sur les portes, elle a fait faire un diagnostic et deux expertises qui ont conduit à la mise à l’arrêt de l’ascenseur.

“A ce jour, dit le courrier daté du 22 août 2019, notre expert est en attente de devis pour la remise en état de votre ascenseur et nous n’avons pas de date à vous communiquer quant à la remise en fonctionnement de cet appareil.”

C’était il y a plus d’un an…

Une réponse d’Atlantique Habitations

Ce mercredi 9 septembre, Atlantique Habitations nous a fait savoir dans un mail que “Le début des travaux est programmé mi-octobre, pour une remise en service prévisionnelle de l’ascenseur fin décembre 2020.”

Le bailleur explique ce retard par la longueur de la procédure. La décision de mettre l’ascenseur à l’arrêt faisait suite au constat d’un défaut important “Il ne s’agit pas de problématiques techniques liées à l’ascenseur, mais d’un problème structurel complexe de la trémie ascenseur.” précise le courrier du bailleur.

“Courant 2019 explique-t-il, Atlantique Habitations a réalisé les démarches dans les délais réglementaires auprès de toutes les parties prenantes, notamment l’assurance et le certificateur de l’ascenseur, dans l’objectif de remplacer l’ascenseur existant et de sécuriser son fonctionnement. Après consultation des prestataires en capacité de réaliser les travaux, la commande définitive a été passée en juillet 2020, dès validation du dossier par l’assurance.”

Une nouvelle remise sur les charges sera accordée au locataires.

Source FR3.

Angers : Théo Moreau, sélectionné pour le championnat du monde d’Ironman “Ma surdité me permet de rester dans ma bulle”…!

Son handicap l’a poussé à aller toujours plus loin.

Théo est sourd depuis ses deux mois, suite à une méningite. Ses études lui ont demandé beaucoup d’efforts.

Aujourd’hui, il met son énergie dans sa passion : les courses extrêmes.

Il ira aux championnats du Monde Ironman en 2021.

Théo Moreau a découvert la course à pied il y a seulement six ans, il aime aussi la natation et le vélo.

“La surdité, c’est dur à vivre” dit son père qui, lorsqu’il appelle son fils en vidéo, peine parfois à se faire comprendre. Même si Théo lit sur les lèvres.

Mais Serge est tellement fier de son garçon. Il est un peu son agent aujourd’hui et il le soutient tant qu’il peut. Alors, quand Théo a voulu participer à un Ironman, une course de l’extrême, il l’a suivi.

Pourtant, ce défi semblait bien présomptueux. Théo n’a découvert la course à pied qu’en 2014 en participant à une épreuve, à Chemillé, dans le Maine-et-Loire. Ça lui a plu. Vraiment.

Une volonté hors du commun

Né à Angers il y a 26 ans, Théo a survécu à une méningite lorsqu’il avait deux mois. Il en a gardé une surdité profonde et sans doute une volonté hors du commun.

Ça lui a servi pour son parcours. “J’ai beaucoup travaillé pour mes études, explique-t-il sur son site internet, avec mon handicap, cela me demandait plus d’heures de travail, c’est peut-être là que j’ai appris que la persévérance payait.”

Quant au sport, il a essayé d’abord le judo puis s’est mis au foot. “Il en faisait à Champtocé-sur-Loire, raconte son père. Mais il n’entendait pas les coups de sifflet de l’arbitre ni les consignes de ses coéquipiers.” Gênant.

Théo aurait pu se mettre aux échecs. Mais échec n’est pas dans son vocabulaire. Alors, Théo s’est tourné vers le sport individuel. La course. La course extrême.

Ironman, le but

Licencié à l’ASPTT Angers, il participe à ses premières compétitions. Les résultats arrivent vite, ils sont prometteurs. 2018, les premiers podiums. Théo termine 5 ème en course en ligne et 5 ème en contre la montre lors des championnats de France handisport .

Mais il veut aller encore plus loin et rêve de la course mythique des fondus de l’extrême, l’Ironman. Une compétition de triathlon très longue distance qui exige un bon niveau dans les trois disciplines, natation, vélo et course à pied.

“C’est la diversité de ce sport qui m’a plu, explique Théo, le dépassement de soi.”

Pour cela, il s’est adjoint les services et le soutien de “Méch”, Antoine Méchin, un triathlète licencié aux Sables d’Olonne, champion du monde Ironman des 25/29 ans en 2018 , aujourd’hui devenu coureur professionnel et entraîneur de quelques jeunes motivés. En septembre 2019, Théo prend le départ de l’Ironman 70.3 (moitié de la distance d’un Ironman) de Cascais au Portugal. Il termine 56ème au général sur 3 000 participants. Et dire qu’il y allait juste pour tenter de finir la course !

On ne se refait pas. Théo a quand même une petite (grande) déception, il a raté de peu une qualification pour le championnat du monde des 25/29 ans. Ce ne sera que partie remise.

Le 6 septembre dernier, lendemain de ses 26 ans,  Théo est au départ de l’Ironman 70.3 des Sables d’Olonne et termine 4ème des 25/29  ans. Qualifié pour le championnat du monde Ironman 2021 à St George (Utah USA) !

Antoine, son entraîneur, lui a concocté un programme pour se mettre à niveau, le défi est ambitieux.

Théo Moreau à l'arrivée de la course Iroman des Sables d'Olonne en septembre 2020.

“C’est un gamin assez rigoureux, dit-il de Théo, et ce qu’il fait, il le fait avec beaucoup d’envie et de volonté. On travaille à distance, je lui donne toutes les séances qu’il doit faire chaque jour dans chacune des disciplines.”

“S’il termine dans les 40 premiers, ce sera vraiment bien !”

Pour cet Ironman 70.3, Théo devra enchaîner 1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 kms de course à pied ! Il s’entraîne donc 15 à 20 heures par semaine.

“Le niveau de sa catégorie d’âge est très élevé, confirme Antoine Méchin. S’il termine dans les 40 premiers de sa catégorie, ce sera vraiment bien !”

Théo avoue que son premier plaisir c’est de prendre le départ d’une course dans cette période d’annulations du fait du contexte sanitaire. “J’essaie de faire les séances d’entraînement dans des endroits que je ne connais pas, poursuit-il, pour les visiter en même temps, surtout en vélo. 150 kilomètres, tu vas assez loin !”

“Ma surdité me permet de rester dans ma bulle”

Quant à sa surdité, Théo a réussi à en tirer une force. “Elle me permet de rester dans ma bulle, raconte-t-il, de rester concentré longtemps. Mais d’un autre côté,  je n’entends pas l’ambiance qu’il y a sur la course. Je regarde les gestes des spectateurs pour ressentir l’ambiance et trouver d’autres sources de motivation, de coups de boost.”

Pendant qu’il court, nage ou pédale, Théo dit ne penser à rien sauf à l’effort qu’il fournit. Il se focalise sur chacune des disciplines.

“Je ne pense pas qu’il va aller aux USA pour faire de la figuration” dit son père.

Faire de la figuation, ce n’est effectivement pas ça qui fait courir Théo.

Source FR3.

Clermont-Ferrand : la belle leçon de courage de Guillaume, handicapé, devenu chef d’entreprise…

A Clermont-Ferrand, Guillaume Vachias est un chef d’entreprise qui force le respect.

Il a su dépasser son handicap pour créer sa société, une agence de graphisme. Guillaume créations va bientôt fêter ses 5 ans.

Guillaume Vachias est un jeune chef d'entreprise qui surmonte son handicap pour exercer son métier de graphiste.

A 28 ans Guillaume Vachias est déjà chef d’entreprise depuis 5 ans. Il a créé une agence de graphisme, Guillaume créations, avec une volonté de fer. Malgré son handicap moteur, rien ne le freine pour exercer son métier de graphiste. Installé à Turing 22, un espace de coworking situé à La Pardieu, Guillaume innove chaque jour pour améliorer l’image des entreprises et des clients qui lui font confiance. Il a appris à vivre avec ses troubles moteurs et ses problèmes d’élocution. Un handicap de naissance qui ne la jamais découragé dans la poursuite de ses études et aujourd’hui dans son travail. Guillaume explique : « Ca me demande plus d’efforts, peut-être plus de concentration, mais on est une agence qui doit tenir des délais, des plannings. J’ai envie de prouver tout le temps que mon handicap n’empêche rien. Je vois des clients, je rencontre beaucoup de monde en réseau. J’ai une personne qui est en appui avec moi pour m’accompagner et du coup ça n’empêche rien ».

Il dégage quelque chose d’extraordinaire

Une agence de communication fait régulièrement appel à ses services pour mettre en valeur les sites web de ses clients. Sébastien Le, gérant de l’agence de communication, souligne : « Quand on l’a rencontré, la difficulté n’était pas de travailler avec Guillaume, qui est en situation de handicap mais c’était plutôt de savoir s’il avait les compétences pour assurer la prestation vis-à-vis de nos clients. Ca s’est extrêmement bien passé, il n’y a pas de problème de délai ni de compréhension. Techniquement, il est fort. Ce qui m’a plus c’est qu’il a une force, une puissance, il dégage quelque chose d’extraordinaire ».

Aidé par son associé

Lorsque la fatigue se fait trop pesante, il peut compter sur son associé pour le soulager dans certaines tâches. Alain Collombet, chef de projet, affirme : « C’est un chef d’entreprise qui a une vraie vision et c’est aussi à ça que l’on reconnaît une vrai chef d’entreprise. Pour moi il n’y a pas de handicap. Au quotidien, évidemment, je l’aide dans des gestes un peu simples de temps en temps, pour l’accompagner dans des choses qu’il ne peut pas faire ou pour lesquelles ça lui prendrait trop de temps ». Guillaume créations fêtera prochainement son 5e anniversaire dans ses locaux. L’occasion pour la société de rencontrer de nouveaux entrepreneurs et de poursuivre son développement.

Source FR3.

 

 

Salariés Handicapés. Emplois menacés chez Earta : les dirigeants de l’entreprise reçus à Bercy la semaine prochaine …

Après des semaines de mobilisation, les dirigeants d’Earta ont obtenu d’être reçus au ministère de l’économie.

Ils se battent pour sauver cette entreprise adaptée qui emploie 250 personnes dont 150 en Sarthe, victime collatérale de la liquidation de Presstalis.

L'entrepôt d'Earta à Voivres-lès-le-Mans fait travailler une cinquantaine de salariés handicapés

Selon les informations recueillies par France Bleu Maine, les dirigeants d’Earta seront reçus le mercredi 30 septembre 2020 au ministère de l’économie pour exposer les difficultés de cette entreprise sociale implantée en Sarthe et en Loire-Atlantique. Spécialisée dans le tri des invendus de presse, Earta emploie 250 personnes, majoritairement des travailleurs handicapés, dont 150 en Sarthe.

L’entreprise est menacée depuis la liquidation de Presstalis, le principal distributeur de presse en France, qui lui assurait deux millions d’euros de chiffre d’affaires et représentait 30% de son activité. Salariés et encadrement d’Earta ont manifesté jeudi 24 septembre au Mans pour demander le soutien des pouvoirs publics.

Source FRANCE BLEU.

Séverine Bellier raconte son quotidien d’accueillante familiale, « une alternative aux Ehpad encore méconnue »…!

Dans un livre, Séverine Bellier raconte son métier d’accueillante familiale pour des personnes âgées, une solution intéressante alors que la France manque de places en Ehpad.

Séverine Bellier raconte son quotidien d’accueillante familiale, « une alternative aux Ehpad encore méconnue »

  • Séverine Bellier a mis du temps à trouver sa voie. Mais elle est désormais passionnée par son métier : accueillante familiale.
  • Comme son nom l’indique, elle accompagne, chez elle, des personnes âgées dépendantes.
  • Pour faire découvrir cette solution aux familles et ce métier à ceux qui pourraient l’exercer, elle publie ce mercredi son témoignage, où elle raconte avec humanité et humour son quotidien.

« Mon rôle, c’est de donner du bonheur jusqu’au dernier souffle. (…) On me dit parfois ” c’est dur, ce que tu fais… ” Pas du tout ! J’exerce le plus beau métier du monde. » Dès les premières pages de son témoignage sur sa vie d’accueillante familiale, Séverine Bellier, 47 ans, tord le bras à un préjugé répandu : s’occuper 24 heures sur 24 de personnes âgées dépendantes serait un fardeau pour une personne sainte.

Dans Bienvenue chez Séverine*, une autobiographie à quatre mains avec Catherine Siguret, cette quadra détaille ses journées en compagnie de deux à trois personnes âgées et de sa famille, dans sa maison dans l’Orne . « Une alternative aux Ehpad encore méconnue » qui mérite qu’on s’y attarde.

Faire connaître son métier

« Le livre est un cadeau de Catherine Séguret, avoue Séverine, coupe au carré et pull bleu, les mains toujours en mouvement et le sourire aux lèvres, quand nous la rencontrons dans les locaux de Flammarion ce mardi. Quand elle m’a parlé de son projet, écrire sur ma vie, je me suis dit : “elle n’est pas bien la dame !” Et maintenant, j’ai la boule au ventre. »

Elle espère faire connaître ce métier aux familles sans solution, mais aussi donner envie à d’autres de se lancer. « On a le temps de bien s’occuper des personnes âgées. En Ehpad, il y a tant de soignants qui aiment leur travail, mais qui n’ont plus les moyens de le faire bien. » Pour Séverine, on ne lésine pas avec le soin. Il faut dire que l’attention aux autres, elle connaît, elle qui a grandi dans une fratrie de onze enfants. Si elle n’a pas eu la chance de connaître ses grands-parents, sa mère avait déjà pris sous son toit une femme âgée, Lui montrant ainsi la voie. « Je ne pourrais pas me passer des personnes âgées, elles nous apprennent tellement », confie-t-elle.

Marier métier et vie familiale

Une fois la formation et l’agrément en poche du Conseil général, Séverine s’aménage un nid adapté pour recevoir trois personnes dépendantes, chez elle, à temps complet. Avec son mari, ils réaménagent une vieille grange pour en faire une maison de 250 m². Au rez-de-chaussée, les trois mamies s’affairent autour de la cuisine de Séverine la journée et dorment chacune dans leur chambre. Au premier, c’est l’étage pour la famille nucléaire : son mari et ses trois enfants. Mais le soir, tout le monde se retrouve autour de la table du dîner.

« Je ne vais pas changer mon quotidien ! Si on vient chez moi, il faut aimer les enfants et les animaux », prévient-elle sans ambages. Car la famille Bellier héberge aussi un chat, un chien et un perroquet… Et actuellement Marianne, 61 ans, Estelle, 52 ans, et Tonton, 89 ans, le premier homme accueilli de cette famille élargie. « Elle mène bien sa barque, toujours aux petits soins avec nous », assure Marianne, qui vit là depuis trois ans après un AVC qui a dévoré sa mémoire immédiate. « C’est comme si on était chez soi, renchérit Estelle, elle aussi handicapée. Je me sens moins seule, elle est toujours là quand j’ai besoin de parler. »

Séverine dévoile les rencontres, souvent heureuses, parfois ratées avec ses accueillies. Il y a les malades imaginaires et celles qui cachent une tumeur énorme sous une montagne de pudeur. Il y a celles qui deviennent une mamie pour ses propres enfants et celles qui gardent leur froideur. « Il faut que le feeling passe des deux côtés. J’apprécie d’autant plus mon métier que je choisis mes accueillies. Et puis je peux faire mes tâches ménagères tout en m’occupant d’elles et être beaucoup plus présente pour mes enfants qu’avant. »

Les petits soins et les bons petits plats

Elle raconte l’attention décuplée, les visites des familles, les jeux, les gâteaux très attendus du samedi midi, les Noël tous ensemble. « Mes proches savent que si je suis invité aux mariages, baptêmes et communions, je viens avec tout le monde ! » Les bons petits plats deviennent une carotte, mais Séverine sait aussi manier l’autorité pour sauvegarder l’hygiène, l’autonomie et la santé. Son récit ne tait pas les peurs bleues, quand une des accueillies fait un malaise à table, ni les bleus à l’âme, quand l’aînée de la maisonnée s’« éteint comme une bougie ». « Mémère Jeannine, elle me manquera toujours, mais il ne faut pas être égoïste et savoir les laisser partir, analyse Séverine. Elle voulait mourir chez moi. » Alors Séverine a fait tout ce qu’elle a pu pour la soulager jusqu’au bout. « Quand elle est revenue après trois jours à l’hôpital, elle était recourbée en fœtus sur son brancard, le poignet de biais. On l’a installé dans son lit, j’ai pris sa main et j’ai senti qu’elle se relâchait, apaisée. »

Ce contact physique, ces petits soins, comme crémer les mains chaque jour, cette écoute, ces silences partagés à éplucher les légumes font partie des petits plaisirs du quotidien. Et puis, il y a les grandes victoires. « L’accueil dont je suis le plus fière, c’est Greta. Car elle a pu retourner vivre chez elle. Pas dans son grand appartement avec escalier, mais dans un foyer-logement avec cantine. » Aucun doute, ce métier la comble. Ce qui ne l’empêche pas de s’octroyer quelques (rares) bouffées d’oxygène. En partant en voyage avec son mari et sa fille, quand les accueillies restent à la maison confiées aux soins de sa sœur.

Trouver la bonne distance

Pas facile pour autant de trouver la bonne distance. Séverine n’est ni infirmière, ni médecin. Mais elle peut compter sur son généraliste de campagne, qui suit toutes ses accueillies avec bienveillance. Si elle s’attache souvent, c’est son métier et elle ne peut suppléer la famille des accueillies. Chacun à sa place. « En général, ça se passe très bien avec les familles », nous assure-t-elle. Par contre, elle doit parfois tracer des limites. « Greta avait offert un synthé à ma fille. Mais quand cette femme, aisée et généreuse, a voulu lui payer des cours de musique, j’ai dû dire non. »

« Le système de l’accueil à la maison a fait la démonstration que c’était mieux, pour la sécurité comme contre l’isolement parce que nos accueillis n’ont pas souffert de la solitude non plus. »

Elle glisse aussi les détails pratiques de ce métier méconnu. Sur la formation, sur la logistique et le coût pour les familles. « Le prix varie en fonction de la dépendance de la personne, rappelle-t-elle. Par exemple, pour Estelle et Marianne, mes deux “jeunettes” qui ont un handicap mais sont encore assez autonomes, je perçois 1.300 euros par mois tout compris, c’est-à-dire loyer, nourriture, produits d’hygiène. Avec les charges, les familles payent autour de 1.500 euros. Mais pour une personne âgée beaucoup plus dépendante, alitée, ce sera plutôt 1.800 euros. » Tout en rappelant que beaucoup de ces familles reçoivent des aides financières…

« Le Covid, on ne l’a pas vraiment vécu », souffle-t-elle pendant notre entretien. Claquemurée dans sa grande maison, vigilante sur tout, mais sans jamais lâcher la main de ses accueillies, elle a pris soin de ses pensionnaires, mais aussi de sa propre mère, devenue dépendante. Qu’elle se félicite de ne pas avoir envoyé en Ehpad, particulièrement endeuillés par l’épidémie. « Le danger sanitaire m’a confirmé plus que jamais que j’étais utile aux autres au quotidien, écrit-elle. Le système de l’accueil à la maison a fait la démonstration que c’était mieux, pour la sécurité comme contre l’isolement, parce que nos accueillis n’ont pas souffert de la solitude non plus. » Séverine ne risque pas de manquer de tendresse pour ses vieux jours, entre sa large famille et les liens forts qu’elle a noués dans sa vie professionnelle. « Même à la retraite, je pense que je garderai une personne chez moi. Les gens sont tellement beaux à l’intérieur… »

* Bienvenue chez Séverine, Flammarion, 23 septembre 2020, 19 €.

Source OUEST FRANCE.

ENTRETIEN – Maladie génétique. Concarneau. Pour Éva, « on a reçu tellement de messages d’espoir… »…

En septembre 2018, Emmanuelle et Morgan créaient l’association ÉVA La Vie Devant Toi.

Deux ans plus tard, la mobilisation autour de la petite fille, atteinte d’une maladie génétique rare, ne faiblit pas.

Éva, trois ans et demi, souffre d’une maladie génétique rare, l’hypoplasie pontocérebelleuse.

Emmanuelle Corre est la maman d’Éva et la présidente de l’association ÉVA La Vie Devant Toi.

Vous fêtez les deux ans de l’association ÉVA La Vie Devant Toi. Que de chemin parcouru depuis septembre 2018

On est sidéré par la mobilisation qui s’est créée autour de l’association. Par la bienveillance des gens. On a reçu tellement de messages de solidarité et d’espoir ces deux dernières années…

D’un point de vue personnel, que vous apporte l’association.

Elle nous aide à avancer au quotidien, à parler de la maladie d’Éva de façon très libre, à normaliser notre vie. Comme Éva est désormais connue, les gens ne sont pas gênés lorsqu’ils la voient. Au contraire, ils viennent facilement vers nous. À travers l’association, on parle de la maladie de façon positive en s’attardant d’abord sur les énormes progrès qu’Éva a effectués et non pas sur les choses qu’elle ne sait pas faire.

L’association vous a également permis de financer des stages de rééducation neuromotrice en Espagne, d’acheter du matériel…

Le polyhandicap est un gouffre financier. Lorsque l’on va en Espagne, c’est 3 000 € a minima. Éva a besoin de matériel spécifique. L’année prochaine, comme elle grandit, il faudra changer de véhicule afin de pouvoir mettre un siège adapté. On a également prévu de lui aménager une chambre, au rez-de-chaussée, dans notre maison. Car on ne pourra pas continuer à la porter pour accéder à l’étage. Tout ça a un coût. Mais grâce à l’association, on peut offrir le meilleur à Éva.

Comment va Éva ?

Bien. Elle grandit, elle progresse. La plupart des gens qui ne l’avaient pas vu depuis longtemps sont scotchés par son développement. Elle est capable de tenir des objets, elle cherche à se déplacer à quatre pattes. Elle réalise des choses que les médecins ne la pensaient pas capable de faire. Elle affiche une énorme volonté qui nous booste et nous donne espoir.

Éva a-t-elle effectué sa rentrée scolaire ?

Oui, elle est au Rouz, en petite section, dans la classe de son frère jumeau (Hugo). Pour l’instant, elle va l’école deux demi-journées par semaine. Elle est accompagnée d’une AVS (auxiliaire de vie scolaire). Tout se passe très bien. La preuve : la semaine dernière, elle « chouinait » parce qu’elle ne voulait pas quitter l’école.

Vous aviez prévu d’aller à Madrid, à la rentrée, pour un nouveau stage de rééducation neuromotrice. Vous n’avez pu vous y rendre. Pourquoi ?

Pour des raisons sanitaires. On avait déjà réservé nos billets d’avion et l’hôtel, mais nous avons préféré annuler, de peur d’être bloqués en Espagne. À la place, Éva a effectué un stage de kinésithérapie intensive durant une semaine à Rennes, suivant la méthode Medek. Ce stage n’a pas remplacé ce qu’Éva peut faire à Madrid, mais il lui a permis de progresser. On espère maintenant pouvoir retourner en Espagne en mars 2021.

Après une pause en raison du confinement, plusieurs manifestions au profit de l’association sont prévues prochainement. La preuve que l’élan de solidarité autour d’Éva ne faiblit pas…

Tout à fait. L’association jouit même d’une petite notoriété. Dernièrement, des parents d’enfants en situation de handicap nous ont sollicités pour qu’on les conseille. On est heureux de pouvoir aider d’autres familles.

Contact : site internet : evalvdt.fr Facebook : EVA La Vie Devant Toi. Mail : evalvdt@gmail.com

Source OUEST FRANCE

REPORTAGE. Quand le handicap se dissout dans l’eau !…

À la plage de Kerhillio, à Erdeven (Morbihan), le week-end Handi-Glisse fut chargé en émotions et en rencontres entre personnes en situation de handicap et valides.

Une course de stand-up paddle était aussi organisée sur cette même plage.

Marin s’apprête à partir surfer avec Norman, Pascal et son père.

Pour les organisateurs du Handi-Glisse, – événement, à Erdeven (Morbihan), qui permet aux personnes en situation de handicap, d’accéder aux pratiques nautiques de glisse – « les conditions ont été au top pour le surf et le paddle le samedi après-midi, et le dimanche, pas trop mal, avec des vagues plus petites ». Les pratiquants valides étaient également accueillis.

Chez les participants, l’ambiance a été appréciée. Marin Edy, 17 ans, paralysé des jambes, est venu en famille. Il a pu surfer avec Norman Lainé, de l’école de surf, Dune de surf, qui participait à l’événement, avec du matériel adapté. « Les planches sont plus larges que les planches classiques, ça permet une meilleure stabilité », explique le moniteur.

Le jeune homme a pu surfer en même temps que son père, avec l’assistance de Pascal, membre de l’association Vagdespoir, de Guidel. « On est là pour les aider, et non les assister. Ils sont largement capables de se débrouiller, on est surtout là pour assurer leur sécurité. On est une vingtaine de valides présents pour l’association sur l’événement », détaille Pascal.

On n’a pas à affronter les regards parfois oppressants

« On apprécie pouvoir pratiquer, en toute sécurité, sur du matériel adapté et, surtout, dans un contexte de bienveillance par rapport au monde du handicap. Là, les gens sont au courant, on n’a pas à affronter les regards parfois oppressants, commente Laurent Edy, le père de Marin, qui a aussi réussi à prendre quelques vagues debout avec les deux ou trois conseils de Norman Lainé. On s’est régalé tous les deux. On a passé un super-moment… C’est génial ».

Toujours en surf mais cette fois avec l’aide de Jean, de Vagdespoir, Bénédicte Tardy, d’Auray, est venue surfer sur les conseils de sa kiné. « Je la vois, deux fois par semaine, pour aider à délier mes muscles. J’ai la maladie de Charcot. C’est une maladie neurodégénérative. Elle m’a conseillé de venir et effectivement, je me suis éclatée ! C’est la première fois que je surfe. J’ai réussi à prendre plusieurs vagues, allongée ! »

Sur la plage, une équipe s’est emparée du paddle géant et s’apprête à prendre la mer. Côté buvette, l’aide des Amis de Johanna a été très appréciée.

L’épreuve Waterman Challenge

Samedi 19 septembre 2020, une course de stand up paddle, l’Erdeven Waterman Challenge, avait également lieu à Kerhillio. L’épreuve a été remportée par Sandrine Berthe, du Sud Ouest, en 1 heure 50 pour la catégorie femme solo. Chez les hommes, en solo : 1er Mathieu Jolivet en 1 heure 30, 2e Boris Jinvresse en 1 heure 35, et 3e Pierre Le fort en 1 heure 38. Tous trois sont du Finistère.

Source OUEST FRANCE.