Un site Internet s’adapte au handicap intellectuel…

Pas facile de s’informer sur des droits de citoyen sur internet lorsque l’on est en situation de handicap intellectuel.

Le site internet CAP’acité propose une solution adaptée.

Isabelle de Groot, cheffe de projet digital à Plérin, a bénévolement aidé l’association Nous Aussi à créer le site CAP’acité.

Depuis mars 2019, les personnes sous mesure de protection n’ont plus besoin de l’accord du juge des tutelles pour voter. Cependant, faute d’information et d’accompagnement, ce droit risque de n’être que théorique. Pour faire connaître les droits et les devoirs de tous citoyens au plus grand nombre, Nous Aussi, une association créée par et pour les personnes handicapées intellectuelles, a lancé CAP’acité, un site d’information accessible et citoyen.

« Sur internet, on a tendance à faire compliqué, pour faire joli. »

Pour le créer, les délégations de Nous Aussi du Morbihan et des Côtes-d’Armor ont fait appel à Isabelle de Groot, salariée à l’Adapei Les Nouelles de Plérin et cheffe de projet digital.

Une navigation simple

« À quoi sert un maire ? », « Pourquoi voter ? » . A quelques semaines des élections municipales, CAP’acité répond à ces questions, à la fois élémentaires et fondamentales. Certes, ces informations se trouvent déjà en ligne. Mais elles sont loin d’être compréhensible par tous. « Sur internet, on a tendance à faire compliqué, pour faire joli, pour montrer sa science », explique Isabelle de Groot. Résultat : « On a des sites qui ne sont pas du tout intuitifs et avec un langage compliqué ». La navigation sur CAP’acité se veut plus simple : « La lecture est linéaire, on a juste à faire défiler. Chaque thème est accompagné d’une vidéo animée et d’une bande sonore. »

Faire entendre sa voix

Durant la conception du site, les membres de Nous Aussi craignaient de se rendre visibles sur internet. « Ils se disaient : on va se moquer de nous, de notre handicap »,  déplore Isabelle de Groot. Alors pour se protéger, sur les vidéos, ils ont remplacé leurs visages par des avatars. Mais pour le son, ils ont fait fi de leur peur. « Ils tiennent à faire entendre leur voix, pour que les utilisateurs sachent qu’ils sont aidés par leurs pairs.»

Capture d’écran du site CAP’acité.
Capture d’écran du site CAP’acité.

Pour un langage plus clair, le site utilise le Facile à Lire et à Comprendre (Falc), une simplification du discours. « En Falc, on fait des phrases courtes, on utilise des mots simples et on explique systématiquement les termes compliqués. Le but est d’aller à l’essentiel et de rester neutre. Sur ce dernier point, c’est un véritable engagement : le site donne les informations mais laisse la personne son libre choix.

Pratique
https://www.capacite.net/

Source LE TELEGRAMME.

Schéma handicap : le CAPH 29 déçu des places en foyer de vie…

Le collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (CAPH 29) ne décolère pas, déçu des 120 places en foyer de vie annoncés dans le futur schéma départemental des personnes en situation de handicap.

« Nombreuses sont celles qui sont proches du désespoir » écrit le président du collectif, Pierre Dubois au sujet des familles en attente d’une place en foyer de vie dans le département.

« Nombreuses sont celles qui sont proches du désespoir » écrit le président du collectif, Pierre Dubois au sujet des familles en attente d’une place en foyer de vie dans le département.

Le 30 janvier prochain, le conseil départemental du Finistère devrait valider le cinquième schéma départemental (2020-2026) des personnes en situation de handicap. Fort d’un budget annuel de 10 M€, il prévoit la création de 307 places d’accueil pour les adultes handicapés : 120 en foyer de vie, 100 en accompagnement à la vie sociale, 35 en unités personnes handicapées vieillissantes en Ehpad, 32 en habitat inclusif et 20 en service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (cofinancé avec l’ARS).

Une liste d’attente de 500 personnes

Ravi des grandes orientations de cette mouture, le collectif des associations de personnes handicapées du Finistère, qui rassemble la quasi-totalité des associations finistériennes de personnes handicapées et de leurs proches, demande en revanche à ce que le volet des foyers de vie soit revu. Le collectif estime que la liste d’attente dans ces structures qui accueillent les personnes handicapées les plus fragiles et dans l’impossibilité d’exercer une activité professionnelle, est de près de 500 personnes.

« Or, la programmation prévisionnelle mentionnée dans le projet actuel se monte à seulement 120 places. Vous pouvez imaginer les inquiétudes et les souffrances de toutes sortes pour ces centaines de personnes concernées par un handicap important, et pour leurs familles ou leurs proches, et qui attendent, pour certaines depuis quelques années, de pouvoir être enfin accueillies là où elles le demandent. Nombreuses sont celles qui sont proches du désespoir » écrit le président du collectif, Pierre Dubois.

Le collectif a rédigé une lettre ouverte, envoyée aux conseillers départementaux, pour demander une réduction de la liste d’attente de moitié dans les cinq années à venir.

Source LE TELEGRAMME.

« L’école française se contente d’offrir un strapontin aux élèves handicapés »…

Dans « L’effet Louise », Caroline Boudet raconte toutes les étapes de son combat pour que sa fille, porteuse de trisomie 21, trouve sa place à l’école de la République.

« L’école française se contente d’offrir un strapontin aux élèves handicapés ». Caroline Boudet

  • Caroline Boudet et son conjoint ont dû se battre pour que leur fille Louise, porteuse de trisomie 21, soit scolarisée dans une école maternelle publique dans de bonnes conditions.
  • Selon elle, l’école française n’est pas encore pleinement inclusive, car il faut lutter pour obtenir des heures d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) et pour qu’un enfant handicapé soit scolarisé à plein temps et durablement.
  • Mais l’accueil que les autres enfants ont réservé à sa fille a montré que sa différence ne constituait pas un obstacle à son intégration dans la classe.

« L’inclusion scolaire, c’est un peu comme la paix dans le monde ou la fin du cancer. Tout le monde est pour jusqu’à ce que ça coûte : du temps, de l’argent, des efforts personnels, le confort de son propre enfant, le ralentissement du rythme de la classe ». Des mots forts qui témoignent du combat incessant que Caroline Boudet et son conjoint ont dû mener pour que leur fille Louise, porteuse de trisomie 21, soit scolarisée dans une école maternelle publique dans de bonnes conditions.

Dans L’effet Louise*, qui paraît ce mercredi, elle évoque aussi avec pudeur la complexité de sa vie de famille, les doutes et les moments de découragement. Un livre émouvant et utile, qui interroge sur la politique du handicap menée en France.

Votre récit témoigne de la difficulté à faire scolariser un enfant porteur de handicap en milieu ordinaire. Comment expliquez-vous le fait que la loi de 2005 pose le principe de l’école inclusive, mais qu’il soit difficilement applicable sur le terrain ?

Cette loi va avoir 15 ans, mais beaucoup de parents ignorent encore que la scolarisation en milieu ordinaire est un simple droit pour leur enfant. Et beaucoup de chefs d’établissement ignorent aussi qu’ils ne peuvent pas refuser d’accueillir un enfant handicapé à plein temps. Or, certains d’entre eux demandent aux parents d’adapter le temps de scolarité de leur enfant au temps de présence des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

L’école française n’est donc pas encore inclusive. Elle se contente d’offrir un strapontin aux élèves handicapés, mais ne les intègre pas vraiment en adaptant l’enseignement. Dès la grande section de maternelle, pour certains handicaps, on oriente les parents vers les instituts spécialisés. Ils doivent mener chaque année un combat pour que leur enfant ne soit pas éjecté du système.

Est-ce un problème de moyens ou de volonté politique ?

Les deux. La scolarisation des enfants handicapés nécessite un investissement public important. Mais force est de constater que les heures AESH sont saupoudrées. Et le fait même de mal payer les AESH témoigne d’un manque de considération pour les enfants handicapés de la part de nos gouvernements successifs. Quand la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, annonce que 361.500 enfants handicapés sont accueillis en milieu ordinaire à la rentrée 2019, soit 23.500 en plus par rapport à l’an dernier, elle oublie de préciser que tous ne sont pas accueillis à temps plein, faute de solutions. Et que certains AESH sont mutualisés, c’est-à-dire qu’ils interviennent auprès de plusieurs enfants, voire dans différents établissements.

Vous décrivez votre lutte pour obtenir des heures d’AESH. Pensez-vous que la médiatisation de votre situation a accéléré votre dossier ?

Oui, certainement. Et nous avons obtenu 15 heures d’accompagnement pour notre fille sur 24 heures de classe. Mais cette victoire administrative a un goût amer, car nous l’avons obtenu en communiquant sur notre situation et aussi parce que nous comprenons le langage administratif. Ce qui nous a permis de faire des recours contre certaines décisions. Mais que se passe-t-il pour les parents qui n’ont pas les mêmes ressources ? C’est une injustice qu’ils n’obtiennent pas les mêmes aides.

On sent vos moments de découragement, de solitude… Comment parvenez-vous à vous régénérer sans cesse pour continuer à vous battre ?

Lorsqu’on a un enfant handicapé, on ne peut pas juste s’asseoir par terre pour pleurer. Il faut rebondir sans cesse. Et le fait d’écrire des livres et des posts Facebook m’a permis d’obtenir le soutien de ceux qui traversent les mêmes épreuves.

Les équipes pédagogiques que vous avez croisées semblent peu formées au handicap. Que faudrait-il améliorer, dans leur formation initiale, pour rendre l’école plus inclusive ?

On ne peut pas demander à un enseignant de connaître les spécificités de tous les handicaps, mais on peut le former à adapter ses méthodes pédagogiques aux enfants qui apprennent différemment. On pourrait aussi décider que dès lors qu’il y a un enfant handicapé dans une classe, celle-ci est dédoublée ou qu’un enseignant spécialisé y est nommé en plus.

La véritable école inclusive ne se trouve-t-elle pas, finalement, dans l’accueil qui a été réservé à Louise par les autres enfants…

J’avais peur qu’elle n’ait pas de copains, que les enfants se moquent d’elle. Mais les autres élèves l’ont acceptée, s’occupent d’elle dans la cour. Et le fait qu’elle ne parle pas et qu’elle porte encore des couches ne leur pose pas de problème. Ils n’ont pas d’idée préconçue sur elle et ont des interactions très touchantes.

Votre ouvrage dépeint aussi « l’effet Louise », à savoir que son handicap fait aussi sortir, parfois, le meilleur de chacun…

Certaines personnes sont des alliées : parents d’élèves, enseignants, animateurs, hôtesse de l’air… Le sont-ils parce qu’ils ont un proche handicapé ou parce qu’ils ont envie d’aider naturellement ? Je ne le sais pas. Mais leurs gestes ou leurs mots nous aident au quotidien.

Vous évoquez souvent votre sentiment de culpabilité vis-à-vis du frère de Louise. Comment parvenez-vous à vous en défaire ?

En dégageant du temps pour lui, afin que toute notre vie de famille ne tourne pas autour du handicap de Louise. Et nous passons beaucoup de temps à lui expliquer les différentes démarches que nous effectuons pour sa sœur.

Vous évoquez pudiquement l’épreuve que représentent, pour le couple, tous ces combats incessants. Comment parvient-on a la surmonter ?

Le handicap ajoute des raisons d’être stressés, de ne pas être d’accord et réduit le temps du couple amoureux. D’où notre vigilance à garder des moments de légèreté pour nous retrouver.

Vous parlez d’une forme de discrimination au travail que subissent les parents d’enfants handicapés. Est-il exact qu’ils ont moins de promotion, qu’ils sont moins bien intégrés dans l’entreprise ?

Comme les autres aidants familiaux, ils doivent prendre des jours de congé pour accompagner leur enfant à des soins médicaux, ou gérer des problèmes administratifs. Ils partent aussi parfois un peu plus tôt du travail et ratent des soirées entre collègues. Cela peut freiner leur carrière et conduire à ce que certaines promotions leur passent sous le nez.

Par ailleurs, beaucoup de mères d’enfants handicapés réduisent leur temps d’activité ou cessent de travailler. Ce qui prouve aussi les progrès que la société française doit faire pour prendre en compte les différentes conséquences du handicap.

Source 20 MINUTES.

PORTRAIT. Enduropale Quaduro 2020 : Stéphane Paulus est le premier paraplégique à participer à la course…

17 ans après son accident de moto, le pilote vit son rêve.

PORTRAIT. Enduropale Quaduro 2020 : Stéphane Paulus est le premier paraplégique à participer à la course © FTV

C’est un challenge physique, mécanique et humain.” Dans quelques jours, Stéphane Paulus sera le premier pilote paraplégique à participer à l’Enduropale, dans la course quaduro prévue samedi.

Il y a une prise de risque qui est minime, parce qu’on est déjà en fauteuil roulant et on n’a pas envie de se faire plus mal, mais voilà, on est là pour faire du bon résultat, pour donner du spectacle et se faire plaisir“, glisse le pilote de 38 ans, qui a une activité de commercial.

Son quad est adapté à son handicap : les commandes sont sur le guidon, et son pilote est attaché à des harnais.  Pourtant, Stéphane revient de loin. “À l’âge de 21 ans, j’ai eu un accident de moto sur la route, dûe à une erreur de ma faute. Je me retrouve paraplégique.

“J’ai retrouvé ma passion depuis 10 ans”

Il m’a fallu deux ou trois années pour me reconstruire, personnellement, professionnellement. Aujourd’hui, j’ai un job que j’adore, une femme, mon fils, mes amis… et j’ai retrouvé ma passion depuis 10 ans, qui est la moto.” Et le quad, dans le cas de la course qui s’annonce.

Son épouse, en revanche, n’est pas rassurée… “Pour moi, ça me fait peur cette moto. Là, en l’occurrence, c’est un quad, donc j’espère que tout ira bien, et je le soutiendrai parce que pour lui c’est un rêve qu’il vit aujourd’hui.

17 ans après l’accident, “je suis très fier d’être là”

Un rêve qui a notamment pris la forme d’une association, que Stéphane a créé pour aider les motards handicapés à reprendre la route. Parallèlement, il brille sur les championnats handisport à plus de 300 km/h.

On m’aurait prédit tout ça le jour de mon accident, j’y aurais jamais cru !” s’amuse-t-il. “Dix-sept ans après, je suis très fier d’être là.”

Source FR3

Une clinique dentaire pour enfants et personnes handicapées…

Une clinique dentaire pédiatrique, spécialisée dans les soins aux personnes en situation de handicap, va ouvrir dans les anciens locaux de la CPAM de Ploemeur.

À l’origine du projet, une jeune pédodontiste et son compagnon. 

Mélanie Recuero et son compagnon Jordan Le Creour ont acheté les anciens locaux de la CPAM de Ploemeur pour y installer une clinique dentaire pédiatrique.

André de Decker, le président de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Morbihan avait confirmé, le 9 janvier, à l’occasion des vœux, la vente des anciens locaux de Ploemeur. « Une vente d’autant plus bienvenue qu’elle se calque sur nos valeurs, avec la création d’une maison de santé autour de la prise en charge des personnes en situation de handicap et une activité de chirurgie dentaire spécialisée en pédiatrie ».

Des soins dentaires moins traumatisants pour les enfants

Le projet est porté par Mélanie Recuero. Âgée de 31 ans, la Nantaise s’est formée, pendant ses études, dans la prise en charge des enfants et personnes en situation de handicap. « Ma thèse a porté sur la mise en place d’une action d’éducation thérapeutique dans des établissements et services d’aide par le travail (Esat) », indique la jeune dentiste.

Aujourd’hui, elle veut se spécialiser en pédodontie. « Une prise en charge bucco-dentaire des 0-16 ans, moins traumatisante et plus pédagogique, pour des enfants considérés comme peu coopérants». Idéal pour dédramatiser le soin et faire du dépistage précoce.

Un plateau technique adapté aux patients handicapés

La clinique dentaire pédiatrique prévoit aussi des séances dédiées aux soins spécifiques pour les personnes handicapées. Des handicaps qui nécessitent un plateau technique particulier et du matériel adapté. « Cela va du handicap mental léger et modéré au handicap moteur qui implique un fauteuil et un espace de soins spécifique. On travaille en relation avec la CPAM et en fonction des demandes des structures spécialisées, on y consacrera des journées entières ». Avec une troisième personne (en plus de l’assistante) qui gérera le plateau technique.

Son compagnon, Jordan Le Creour, engagé aussi dans le projet, imagine déjà des séances avec un chien thérapeutique. « Le chien sert de médiateur, comme à Kerpape avec le club canin Celtic’Agility de Guidel ».

Livraison dans un an

Acheté récemment par le couple, le bâtiment de la CPAM (500 m²), situé boulevard François-Mitterrand, sur la zone de Kerloudan à Ploemeur, est inoccupé depuis 2015.

« L’étage sera dédié à la chirurgie dentaire pédiatrique et aux soins pour les patients en situation de handicap ». Le rez-de-chaussée sera mis en location à une dizaine de praticiens libéraux (professions médicales et paramédicales).

« Nous avons l’intention d’étendre l’offre de soins à tout public pédiatrique et handicapé». De construction récente (1990), le bâtiment sera rénové, façade comprise, avec installation d’un ascenseur. « Les travaux commenceront avant cet été, poursuit le conjoint de la pédodontiste. Le chantier devrait se terminer en début d’année 2021 pour une mise en service prévue au cours du premier trimestre ».

Une première en Bretagne

En libéral, cette initiative est unique dans le Morbihan, en Bretagne même. « Ce n’est pas une activité concurrentielle des autres cabinets. Plutôt complémentaire qui va permettre de désengorger les services hospitaliers. Les besoins sont grandissants. 70 % de ma patientèle à Quimperlé est déjà composée d’enfants qui viennent parfois de très loin ».

Source LE TELEGRAMME.

Municipales 2020 : France Handicap s’invite dans le débat…

Acteur majeur dans la représentation et la défense des personnes en situation de handicap, l’association attend un engagement écrit des candidats sur des propositions rendant leurs communes plus inclusive et solidaire.

Municipales 2020 : France Handicap s'invite dans le débat

«Nous ne demandons pas de passe-droit mais de vivre comme tout le monde, au milieu de tout le monde, avec tout le monde. Nous demandons simplement que le droit soit appliqué».

Dans le cadre des prochaines élections municipales, la délégation haut-pyrénéenne de l’APF France Handicap, acteur majeur dans la représentation et la défense des personnes en situation de handicap et de leurs proches, veut être partie prenante du débat public.

Candidats interpellés

De façon objective et apolitique, l’association va interpeller dans les prochains jours l’ensemble des candidats du département.

«Comme avant chaque scrutin, nous ne serons plus invisibles car les politiques se rappelleront que nous glisserons nous aussi un bulletin de vote dans l’urne. Nous allons faire le plein de promesses. Mais au-delà des paroles, nous voulons des actes et des engagements écrits», souligne Marie-Christine Huin.

Les prétendants aux magistratures des communes de plus 3 000 habitants recevront une charte d’engagement, contenant 16 propositions déclinées autour des thématiques de l’accessibilité, de l’exercice des droits fondamentaux, du logement, de la scolarisation et de l’emploi.

Une lettre ouverte sera également publiée dans la presse, rappelant à chaque futur édile l’ensemble de leurs propositions pour une société réellement inclusive, solidaire et durable.

«Ce sont des sujets qui touchent directement à leurs compétences. À ce titre, elles se devront de mettre en œuvre des politiques locales facilitant la vie de chacun quelles que soient ses particularités : physiques, sensorielles, psychiques, cognitives, mentales, ou liées à l’âge».

«L’accessibilité c’est mieux vivre pour tout le monde»

«La prise de conscience est collective et des améliorations se dessinent. Mais cela ne se fait pas à la même vitesse, et dépend de la volonté politique des municipalités. D’où notre exigence parce que depuis les premières lois en 1975 sur l’accessibilité et l’adaptabilité, un retard immense s’est accumulé», explique Odile Le Gaillotte.

Si la question budgétaire reste encore trop souvent le principal frein à la mise aux normes, la directrice territoriale de l’action associative met en parallèle le montant de l’inaccessibilité. «Certains trop lâches , quelles que que soient leurs étiquettes, mettent en avant cet argument. Mais ont-ils conscience que la mise en danger, l’isolement social quotidien du fait de leur inaction a un coût bien supérieure pour la société ?»

L’ensemble des réponses des candidats sera rendu public fin février. «Au-delà d’une signature, nous serons là pour exercer un droit de suite et leur rappeler leur paraphe».

Source LA DEPÊCHE.

 

Nantes : Elles créent un resto en langue des signes pour faire entendre la voix des sourds…

INITIATIVE Kanyaman, entendante, et Imane, sourde, viennent d’ouvrir leur propre restaurant en centre-ville de Nantes.

Kanyaman, entendante (à gauche) et Imane, sourde, ont monté leur propre restaurant à Nantes.

  • La Papotière est un nouveau restaurant bilingue en langue des signes, ouvert dans le centre-ville de Nantes.
  • Ses créatrices veulent sensibiliser le grand public et améliorer l’insertion professionnelle des personnes atteintes de surdité.

Elle prévient, avec humour : elle s’occupe de tout mais ne comptez pas sur elle pour la playlist. Depuis quelques semaines, Imane est la cogérante d’un nouveau resto un peu particulier situé rue Saint-Léonard, dans le centre-ville de Nantes. Cette jeune femme de 28 ans, sourde de naissance, a monté avec Kanyaman, une amie entendante, un restaurant bilingue français/langue des signes. C’est d’ailleurs samedi soir qu’aura lieu l’inauguration officielle de la Papotière.

Pour passer commande, directement au comptoir, les clients peuvent pointer du doigt, à travers la vitrine, le mets qui les a séduits. Tous les plats (entrées et desserts) exposés sont faits maison. A côté, un petit dessin donne la traduction en langue des signes. « Je leur montre comment on fait, lentement pour qu’ils comprennent bien, comme à un touriste qui parle une langue étrangère, indique Imane, seule à l’accueil. C’est sûr qu’on n’est pas les plus rapides à servir, mais les clients sont en général curieux et jouent le jeu ! L’objectif est que l’on arrive à communiquer ensemble, que les gens n’aient plus peur quand ils se retrouvent face à une personne sourde. »

Un accès difficile au monde du travail

S’il ne s’agit pas d’un handicap visible, les difficultés sont pourtant bien réelles lorsqu’on est atteint de surdité. Et notamment dans le milieu professionnel, raconte la jeune restauratrice, qui a dû attendre de créer sa propre affaire pour travailler. « Pendant les entretiens d’embauche, on me disait que je n’allais pas pouvoir m’intégrer, ou que prendre un interprète n’entrait pas dans le budget », se souvient Imane, qui a obtenu un diplôme de prothésiste dentaire.

C’est après avoir rencontré Kanyaman dans un centre de formation à la langue des signes que l’idée de créer ce restaurant a germé. Un lieu, comme il en existe quelques autres en France, où n’importe qui peut être sensibilisé à la LSF, et pas uniquement les proches de personnes sourdes, disent-elles. Mais là encore, il a fallu s’accrocher. « Ça a mis deux ans, raconte Kanyaman, 27 ans. Moi, étant entendante, j’ai eu accès à toutes les formations très rapidement. Mais pour Imane, ça a vraiment été très long… » Après une campagne de financement participatif réussie, les deux associées ont aussi pu compter sur plusieurs artisans malentendants, qui ont participé bénévolement aux travaux.

« L’échange se fera, tout naturellement »

Pour le moment, à la Papotière, ça semble rouler comme sur des roulettes. Pour les réservations, les clients passent par Facebook. Et pour les fournisseurs, beaucoup communiquent de toute façon par texto. Mais la communication dans l’équipe se passera encore mieux quand le système de vibreurs sera installé entre la salle et la cuisine, pourtant ouverte. Car aux fourneaux, Lila aussi est sourde. « Je me suis formée il y a sept ans mais personne n’a voulu m’embaucher depuis », explique la cuisinière, qui a enseigné l’histoire de l’art mais qui a « toujours eu une passion pour la cuisine et les produits locaux ».

Dès les prochains jours, des ateliers seront dispensés dans une deuxième salle de l’établissement. « Ce ne sera pas des cours pour devenir bilingue mais on pourra y apprendre les bases du vocabulaire, sur différentes thématiques, explique Imane. Il y aura aussi de la couture, des ateliers pour bébé, animés par des personnes sourdes. » Kanyaman sera présente « pour rassurer ». « Mais l’échange se fera, tout naturellement », espèrent les jeunes femmes.

Source 20 MINUTES.

Accident du No Limit Day : la victime, tétraplégique, enfin sur la voie de la reconstruction…

En 2016, Gauthier Deconihout devenait tétraplégique après une mauvaise chute lors du No Limit Day, une course d’obstacles organisée par le centre d’entraînement golfique de Bois-Guillaume.

Après plusieurs recours en justice le jeune homme a enfin pu construire une maison adaptée à son handicap.

Accident du No Limit Day : la victime, tétraplégique, enfin sur la voie de la reconstruction. © France 3 Normandie

Près de trois ans et demi après l’accident du No Limit Day qui l’a rendu tétraplégique, Gauthier Deconihout peut enfin vivre auprès de sa famille dans un pavillon de plain-pied de 200 mètres carré, entièrement adapté à son handicap.
Il y a emménagé en octobre 2018. Une maison où la domotique tient un rôle clé et lui permet de retrouver une certaine autonomie, même relative.

Une telle installation a pu être possible grâce aux avances sur indemnisation qu’il a reçu de la part de Generali, l’assureur du golf de Bois-Guillaume où a eu lieu le drame en octobre 2016.

Une indemnisation …à vie

Une première somme de près de 600 000 euros lui a d’abord été versée. Puis une nouvelle avance d’un million d’euros pour assurer les dépenses du quotidien avec les auxiliaires de vie à domicile.

Cette aide humaine est cruciale car Gauthier a besoin de 28 heures par jour pour l’assister : 3 aides de vie et une infirmière viennent ainsi se relayer chez lui.
L’assureur va donc devoir encore verser de l’argent au jeune homme. Une soutien financier …à vie !

Selon son avocat, Maître Marc Absire, “cette aide humaine a été déterminée par la justice et elle le suivra tout au long de sa vie; à raison de 15 000 à  20 000 euros par mois !” 

Alors bien sûr, l’assureur paye toujours, mais, au ralenti car il conteste systématiquement en appel. Des appels pourtant à chaque fois rejetés.

Heureusement, il peut aussi compter sur d’autres sources de soutien:
Il a ainsi pu récolter des fonds grâce à l’association « Tous solidaires pour Gauthier » fondée juste après l’accident.
Elle organise plusieurs animations dans l’année, comme cette pièce de théâtre tout récemment à Belbeuf.

Et pour son président, Vincent Letellier, les résultats sont là, encourageants :

“En 3 ans, nous avons déjà collecté plus de 25 000 euros, ce qui a permis de financer son premier véhicule adapté et équipé, puis l’aménagement de son second véhicule, et aussi tout le matériel médical non remboursé par la sécurité sociale et les mutuelles.”

Un avenir qui s’éclaircit

Gauthier va aussi pouvoir enfin retravailler très bientôt. Quatre heures par semaine en télétravail dans l’entreprise de conseil en environnement où il était en poste au moment de l’accident. Une perspective qui, forcément, le réjouit!

Mais en attendant et pour s’occuper l’esprit, Gauthier et sa femme Annabelle s’organisent aussi des sorties depuis plusieurs mois maintenant ensemble : restos, dîners chez des amis.
Ils envisagent même cet été des vacances à Narbonne…

Source FR3.

La maman d’un enfant autiste accuse une accompagnante d’une école d’Aix de maltraitance…

La mère du jeune Ilyes, 7 ans porte plainte contre l’accompagnante de son enfant à l’école Jules Isaac à Aix-en-Provence.

Un autre enfant de la classe dit que son camarade a été suspendu à un porte manteau pour le punir.

L'école Jules Isaac à Aix-en-Provence

C’est une affaire qui bouleverse des parents de l’école primaire et maternelle Jules Isaac à Aix-en-Provence. La maman d’un petit garçon atteint d’autisme porte plainte pour maltraitance. Elle soupçonne l’AESH (accompagnante des élèves en situation de handicap) de violences morales et physiques sur Ilyes. Âgé de 7 ans, ce petit garçon est atteint d’autisme, mais peut rester scolarisé dans un école tout à fait classique.

Avant les vacances de Noël, Ilyes aurait été suspendu à un porte manteau par cette AESH parce qu’il aurait levé la main sur elle. La scène a été rapportée par un camarade de classe à sa mère. “Est-ce que ça mérite un châtiment pareil, s’interroge Ikram Siari, la maman d’Ilyés. C’est pas un animal. C’est un enfant atteint d’handicap qui a toute sa place dans la société. J’en dors pas. J’ai essayé d’établir le dialogue avec l’école, mais j’étais face à des murs“.

Des soupçons de violences verbales et physiques

L’assistante dément formellement ces accusations et envisage elle aussi de porter plainte. Mais une de ses collègues dit avoir signalé d’autres faits de violences sur Ilyes : “Il y a eu violences verbales et physique, assure Isabelle. Des violences verbales comme tous les jours : “tu es méchant”.  Et des violences physiques comme quand on relève la tête de l’enfant en le maintenant par le front“. En arrêt maladie, Isabelle affirme que son signalement n’a pas été pris au sérieux. « Ces enfants ne sont pas comme les autres, dit-elle. Mais comme les autres, ils sont des enfants ».

Le rectorat d’Aix-Marseille appelle à la plus grande prudence face à ces accusations. Les rapports entre la famille d’Ilyes seraient tendus avec la direction de l’école contre laquelle la maman aurait déjà porté plainte.  L’assistante soupçonnée de violences et sa directrice n’ont pas répondu à nos sollicitations. Aujourd’hui, Ilyes a une nouvelle AESH et une enquête interne est ouverte.

Des SMS envoyés à la maman d'Yliès par la mère d'un camarade de classe - Aucun(e)

Source FRANCE BLEU.

 

Vieillissement et handicap : ce difficile passage à la retraite…

Annie Doubey est la sœur de jumeaux trisomiques retraités, hébergés il y a encore quelques mois dans un foyer d’accueil spécialisé à Nozeroy.

Moins autonomes, ils ont dû quitter l’établissement.

Ils se retrouvent désormais en Ehpad.

Vieillissement et handicap : ce difficile passage à la retraite

Annie Doubey, habitante de Gevingey, est la sœur de Daniel et Rachel, deux frères trisomiques âgés de 61 ans.

Les jumeaux étaient tous deux hébergés au Foyer d’accueil spécialisé (FAS) de Nozeroy, jusqu’à ce que l’un des deux, Rachel, intègre l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Saint-Julien-sur-Suran en octobre 2019. Daniel a finalement rejoint son frère ce 8 janvier 2020. Pourquoi ont-ils dû quitter l’établissement de Nozeroy ? Pourquoi ont-ils été séparés pendant plusieurs mois ? Pourquoi vivent-ils aujourd’hui dans un Ehpad ? Toutes ces choses, Annie ne les comprend pas.

Les jumeaux habitaient chez leur mère jusqu’à son décès

« Ils ont vécu chez ma mère jusqu’à ses 80 ans », raconte Annie Doubey. Les jumeaux travaillaient à l’établissement et service d’aide par le travail (Esat) géré par l’Apei de Lons-le-Saunier, et dormaient chez leur mère. « Au décès de ma mère, il y a 24 ans, je ne pouvais pas les garder tout en travaillant, explique Annie Doubey. Il y a eu deux places pour eux au foyer rue du Château d’eau à Lons. L’Apei héberge ainsi les travailleurs de l’Esat. Quand ils ont arrêté de travailler, l’Apei a trouvé une place pour eux à Nozeroy. »

Rachel intègre le FAS de Nozeroy à 58 ans, il y a trois ans, et Daniel le rejoint à l’âge de 60 ans. Annie n’est pas la tutrice des jumeaux. « J’étais leur tutrice au début, après le décès de ma mère. Mais c’était compliqué, il fallait faire une facture pour tout. L’union départementale des associations familiales (Udaf) a nommé une tutrice. »

« Ce n’est pas une structure pour eux »

Il y a quelques mois, Annie apprend que Rachel va quitter Nozeroy. « L’établissement a dit que Rachel n’est plus assez autonome, qu’il a vieilli », explique-t-elle. Rachel a été placé dans un Ehpad à Saint-Julien-sur-Suran. « À Nozeroy, il était au rez-de-chaussée, il pouvait sortir lorsqu’il le souhaitait, il y avait beaucoup d’animations. À Saint-Julien, ce n’est pas un établissement spécialisé. »

Daniel a finalement pu rejoindre son frère. Une bonne nouvelle ? « Oui et non, répond Annie. Ils sont de nouveau ensemble. Mais ce n’est pas leur place d’être dans des Ehpad, ce n’est pas une structure pour eux, et Daniel est plus vaillant que son frère. Pour moi, l’idéal serait qu’ils soient dans un centre pour handicapés. À Aromas, par exemple, ils ont plein de copains qu’ils ont connu lorsqu’ils travaillaient. »

Où les personnes handicapées passent-elles leur retraite ?

Dans le Jura, deux établissements sont destinés spécifiquement à l’accueil de personnes handicapées vieillissantes : le Foyer d’accueil médicalisé (FAM) d’Arbois (22 places) et l’Ehpad Notre maison d’Aromas (40 places), soit au total 62 places. Il existe aussi des établissements pour personnes handicapées, qui accueillent un public plus large, « dont une partie de la capacité est réservée à des personnes handicapées vieillissantes », précise le Département du Jura.

« En l’absence de réponse adaptée, ces personnes sont également accueillies dans des résidences autonomie et des Ehpad (environ 180 personnes actuellement), ajoute le Département. Si cette solution ne semble pas satisfaisante dans la situation présentée, elle a démontré ses avantages : plutôt que d’accueillir ces personnes dans des maisons de retraite réservées uniquement aux personnes handicapées, ce qui les « enferme » encore plus dans leur condition, il paraît préférable de leur permettre d’accéder aux Ehpad, comme tout à chacun, pour être dans la logique d’une meilleure inclusion ».

Dix nouvelles places à Lons en 2020

Guy Coulon, président de l’Apei de Lons-le-Saunier n’est pas du même avis. « Il y a quelques années, peu de personnes handicapées mentales arrivaient à l’âge de la retraite, explique-t-il. Aujourd’hui, c’est très fréquent. Le drame, c’est que ces personnes sont en milieu protégé toute leur vie et il n’y a pas de structures pour elles quand elles arrivent à la retraite. Ces personnes se retrouvent dans un milieu inapproprié, poursuit Guy Coulon. Elles ont 60 ans et se retrouvent en Ehpad avec des personnes beaucoup plus âgées qui n’arrivent plus à se déplacer ». L’Apei de Lons construit un nouveau bâtiment de 66 logements à Lons, pour loger les travailleurs de l’Esat. Dix nouvelles places y seront créées pour accueillir les retraités handicapés, fin 2020.

Pour Nozeroy, les frères ont perdu de l’autonomie

Pourquoi les deux frères trisomiques ont-ils dû quitter le foyer d’accueil spécialisé (FAS) de Nozeroy ? « Le FAS, qui comporte 15 places, accueille des personnes vieillissantes mais autonomes, explique Brigitte Garcia, cadre de santé au FAS de Nozeroy. Ce n’est pas médicalisé. Le FAS est un tremplin avant d’intégrer une maison d’accueil spécialisé (MAS) ou un Ehpad. Les deux frères ont perdu beaucoup d’autonomie. »

Annie Doubey, la sœur des jumeaux, s’interrogeait également sur un autre point. « Lorsque Rachel a intégré Saint-Julien, il a été question que Daniel quitte aussi Nozeroy, mais pas pour se rendre à Saint-Julien. Je ne comprenais pas pourquoi ils allaient être séparés ». « À un moment, il y a eu une autre place à Saint-Julien pour Daniel, mais leur sœur n’a pas voulu, indique Olivier Bonnot, directeur de l’Udaf du Jura. La tutrice a fait des demandes dans six établissements ». Ce que réfute Annie Doubey.

Source LE PROGRES.