Quels contrats sont dédiés à l’embauche de travailleurs handicapés ?…

JOB – L’accès à l’emploi reste plus compliqué pour les personnes en situation de handicap que pour le reste de la population.

Quels contrats sont dédiés à l'embauche de travailleurs handicapés ?

 

Quelque 12 millions de Français sont actuellement en situation de handicap, selon les données de l’Agefiph, l’association nationale chargée de soutenir le développement de l’emploi de ce public spécifique. Or, leur insertion professionnelle reste plus compliquée que pour le reste de la population. C’est la raison pour laquelle la reconnaissance en tant que travailleur handicapé permet de prétendre à certains dispositifs d’accompagnement. La nature des programmes dépend toutefois du secteur concerné.

S’insérer dans le milieu ordinaire

Depuis 1987, les entreprises privées d’au moins 20 salariés ont l’obligation de recruter un minimum de 6 % de personnes handicapées. Hélas, trois décennies plus tard, le taux effectif n’atteint que 4 %, selon l’Agefiph. Pour booster les chiffres, l’État alloue tout d’abord des subventions aux employeurs : aide à l’embauche, à l’intégration, à l’apprentissage ou à l’adaptation des situations de travail, auxquelles ont été ajoutés des coups de pouce spéciaux Covid-19.

Au-delà des CDD, CDI, intérim et stages classiques, les travailleurs handicapés sont éligibles au contrat unique d’insertion, décliné en contrat initiative emploi (CUI-CIE) pour les entreprises et en contrat d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) pour les associations et établissements publics. Dans ce cadre, un référent est chargé d’assurer un suivi personnalisé, tandis qu’un employé joue le rôle de tuteur. Le contrat peut être conclu pour 6 mois minimum et durer jusqu’à 5 ans pour un salarié en situation de handicap. Des conditions plus souples sont également prévues pour la signature de contrats en alternance (absence de limite d’âge, durée adaptée…).

Des entreprises adaptées

On recense par ailleurs près de 800 entreprises dites « adaptées » qui balaient un panel de plus de 200 métiers, sachant que 42 % de leur activité est réalisée par des prestations de services, selon les données de l’Unea (Union nationale des entreprises adaptées). Si elles fonctionnent comme des sociétés privées classiques, ces structures poursuivent un objectif d’insertion renforcé. En contrepartie d’aides financières, elles s’engagent à embaucher entre 55 % et 100 % de travailleurs handicapés dans leurs effectifs. Elles proposent également un parcours d’accompagnement individualisé qui tient compte des besoins et capacités de chacun. Ce sont alors le plus souvent Pôle emploi, Cap emploi ou encore les missions locales qui leur adressent les travailleurs handicapés. Néanmoins, le recrutement peut se faire en direct, sous certaines conditions d’éligibilité.

Côté contrats, on retrouve les CDI (91 % des effectifs) et CDD classiques mais également, à titre expérimental jusqu’à fin 2022, des « CDD tremplin ». Proposés par plus de 300 entreprises adaptées, ces contrats de 4 à 24 mois visent à former les travailleurs handicapés pour leur permettre de réaliser leur projet professionnel.

L’Ésat, en dernier recours

En cas de handicap particulièrement lourd, la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) peut vous orienter vers un établissement d’aide par le travail, couramment appelé Ésat. Cette structure allie activité professionnelle, soutien médico-social et éducatif et peut parfois disposer d’un foyer d’hébergement. Pour y prétendre, vous devez vous adresser à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). En cas d’acceptation, vous signerez un contrat de soutien et d’aide par le travail pour une durée d’un an renouvelable, moyennant une « rémunération garantie » (comprise entre 5,71 euros et 11,35 euros de l’heure).

Source 20 MINUTES.

Montpellier. Handicap : ateliers, animations, webinaire et dîner dans le noir…

Le projet Handicap est porté par six clubs FACE de la région d’Occitanie : au programme, des ateliers, des animations, un webinaire et un dîner dans le noir.

Une personne handicapée dans un emploi chez une fleuriste.

 

Le projet handicap a été créé dans un contexte régional et est co-animé par six clubs FACE de la région Occitanie. Celui-ci a deux objectifs : sensibiliser et accompagner les entreprises pour une meilleure prise en compte et intégration professionnelle des personnes en situation de handicap ; sensibiliser et accompagner les personnes en situation de handicap dans leur posture professionnelle et le recherche d’emploi.

Quels enjeux ?

Un webinaire sur  le maintien dans l’emploi des personnes souffrant  de maladies invalidantes est organisé mardi 14 septembre 2021, de 17h à 18h30. Au menu : de quoi parle-t-on ? Quels enjeux pour les entreprises et les salarié.e.s, problématiques des entreprises et des salariés vivant ces situations. Quelles solutions et acteurs à mobiliser pour accompagner au mieux les salarié.e.s ?

Des visites d’ESAT et d’EA sont programmées le mardi 21 septembre de 10h30 à 13h (10h30-12h : visite ; 12h-13h : déjeuner), puis, mercredi 22 septembre de 10h à 13h (visite et déjeuner » à l’ESAT L’Envol UNAPEI 34. Au programme : échanges avec les acteurs locaux du handicap, valoriser les compétences des personnes en situation de handicap.

Enfin, un dîner dans le noir aura lieu mi-octobre dans le cadre ce projet. Objectif : sensibilisation au handicap visuel et lutter contre les stéréotypes.

Pratique : le webinaire se déroulera en ligne mardi 14 septembre de 17h à 18h. La visite EA APF Entreprises 34 aura lieu le mardi 21 septembre de 10h à 13h, rue du Walhalla, à Montpellier. La visite ESAT l’Envol UNAPEI 34 aura lieu le mercredi 22 septembre de 10h à 13h, 650 avenue Blaise Pascal, à Castelnau-le-Lez.

Source ACTU.FR

ChickyPop, la marque de maroquinerie de l’ESAT du Territoire de Belfort, reçoit un prix régional …

L’ESAT du Territoire de Belfort a reçu vendredi matin le prix régional de l’économie sociale et solidaire (ESS) 2020 pour récompenser le lancement réussi de sa marque ChickyPop l’année dernière.

ESAT du Territoire de Belfort, atelier de Cravanche, 4 rue du Salbert.

 

ChickyPop, la marque de maroquinerie de l’ESAT du Territoire de Belfort, reçoit un prix régional ...

 

Quatre des huit artisans maroquiniers de l’ESAT étaient présents à l’atelier de Cravanche, vendredi matin, pour recevoir ce prix des mains de Tatiana Desmarets, président de la chambre régionale de l’ESS. Les quatre femmes ont été longuement applaudies et ont parfois paru gênées par tant de reconnaissance. « Ne dissimulez pas votre fierté, vous la méritez », leur a lancé Jean-Paul Granger, président de l’Adapei du Territoire de Belfort.

« On cherchait quelque chose de créatif »

Ce prix régional vient récompenser le lancement de la marque ChickyPop en octobre 2020. L’aboutissement d’un projet imaginé dès 2013 par les représentants de l’ESAT et développé en partenariat avec le CFA du pays de Montbéliard. « On avait envie de créer une nouvelle activité pour les travailleurs de l’ESAT, quelque chose de plus créatif et artisanal. Et on a pensé au cuir, la filière étant en plein développement dans le Nord Franche-Comté », explique la directrice Corinne Redersdorff.

Huit travailleurs ont été formés au métier de maroquinier dès 2018, en s’inscrivant dans un programme de cinq ans. Mais sans attendre la fin de cette formation, l’ESAT a créé ChickyPop pour commercialiser des petits objets de maroquinerie , comme des ceintures, des porte-monnaie et des porte-cartes. « ChickyPop car on a un assemblage de couleurs un peu pop, avec des produits qui restent chics », sourit la directrice, « fière du chemin parcouru ».

Journée portes ouvertes ce samedi

ESAT du Territoire de Belfort, atelier de Cravanche, 4 rue du Salbert.

La démarche se veut inclusive, forcément, mais aussi écoresponsable, avec la volonté de produire moins et mieux. « Ce prix récompense le professionnalisme de nos travailleurs et de nos formateurs. C’est très stimulant pour tout le monde », apprécie le président de l’Adapei 90 en regardant Samia, Julie, Kheira et Nathalie, pas peu fières de présenter leur savoir-faire vendredi matin, en retraçant le parcours de création d’un porte-cartes en cuir.

Une présentation qu’elles espèrent partager à un plus large public ce samedi, à l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée de 10 h à 18 h.

ChickyPop crée un étui à lunettes

ChickyPop crée un étui à lunettes

Après les ceintures, les porte-cartes et les porte-monnaie, ChickyPop ajoute un nouveau produit à sa gamme avec un étui à lunettes. L’idée est née d’une rencontre avec l’opticien belfortain Jérôme Collard, lequel a décidé de commercialiser les trois modèles fabriqués par les maroquiniers de l’ESAT. « L’argent des ventes sera intégralement reversé à l’Adapei », précise l’opticien, « ravi de faire partie de cette aventure ».

« Presque tous les fabricants d’étuis sont partis en Chine. On manquait d’un vrai ancrage local », précise Jérôme Collard. Les étuis, disponibles dans divers coloris, sont vendus au prix de 30 € en magasin ou sur la boutique en ligne de l’ESAT ( www.chickypop.fr ). La marque sera aussi présente sur les marchés de Belfort Tourisme tous les mercredis d’été, ainsi qu’aux Flâneries d’été, partout dans le Département les mardis soir.

Source EST REPUBLICAIN.

Handicap. Les capacités d’hébergement posent question dans le Finistère…

À l’approche des élections départementales (20 et 27 juin 2021), le Collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (CAPH 29) s’inquiète des listes d’attente de plus en plus longues pour intégrer les structures d’hébergement dans le département.

Le Collectif des associations de personnes handicapées du Finistère s’inquiète notamment des listes d’attente de plus en plus longues pour intégrer les structures d’hébergement dans le département.

 

C’est un cri d’alerte que lance le Collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (CAPH 29), lors d’une conférence de presse tenue mardi 2 juin 2021 à Quimper par Pierre Dubois (président), Myriam Cussonneau et Michel Leblois. « Une alerte pour l’opinion », selon son président Pierre Dubois, mais aussi pour les candidats aux élections départementales (à moins de trois semaines du premier tour le 20 juin 2021), que le CAPH 29 se prépare à solliciter pour connaître leurs programmes en faveur des personnes handicapées.

Des listes d’attente de plus en plus longues

Le collectif, qui rassemble 40 associations, s’inquiète notamment du manque de places en hébergements, avec des listes d’attente qui grossissent chaque année. Selon les estimations datant de la fin de l’année 2020, environ 500 personnes attendent ainsi de pouvoir être accueillies dans les foyers de vie du Finistère, pour 876 places recensées fin 2018 dans le département. Même constat pour les foyers d’accueil médicalisés (451 places fin 2018, 180 personnes estimées sur listes d’attente) et les maisons d’accueil spécialisées pour les handicaps très lourds (206 places, environ personnes en attente).

Une situation qui crée un « effet domino » selon Michel Leblois, ancien président des Papillons Blancs du Finistère : « Les jeunes en institut médico-éducatif (IME) ou institut d’éducation motrice (IEM) sont censés quitter ces structures à l’âge de 20 ans pour les établissements et services d’aide par le travail (Esat). Mais comme il n’y a pas de place pour eux dans le monde adulte, ces jeunes y restent jusqu’à 24, 25, 26, voire 27 ans. Du coup, les IME ne peuvent plus faire rentrer les plus jeunes. Les services du travail et de l’enfance sont bloqués. »

Le CAPH 29 met également en lumière les délais de traitement et de paiement des dossiers pour les obtentions de droits, fixés à quatre mois par les textes officiels mais calculés à 7,1 mois par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du Finistère, ainsi que le manque de formation des décideurs et de certains intervenants.

Autant de points chauds qui sont mis à l’attention du Conseil départemental, actuel et futur.

Source OUEST FRANCE.

POINT DE VUE. « Reconnaître le rôle des personnes en situation de handicap dans l’économie du pays »…

« Chaque ESAT [Établissement et Service d’Aide par le Travail], chaque entreprise adaptée, chaque dispositif d’emploi accompagné se donne pour mission d’accompagner les personnes en situation de handicap dans et vers l’emploi », rappelle Luc Gateau, président de l’Unapei.

« Thomas était un cuisinier émérite. Thomas est aussi en situation de handicap intellectuel. Et non, cela ne change rien à ses compétences. »

 

Nous sommes mardi matin, il est 8 h, Thomas arrive sur son lieu de travail. Il y est cuisinier. Après s’être préparé et avoir rejoint ses collègues, Didier son responsable, lui donne les consignes du jour. Aujourd’hui, il faut préparer pour un client trois recettes différentes de biscuits, qui seront par la suite conditionnés puis commercialisés dans plusieurs boutiques. Thomas suit la recette avec application et cuisine la commande du jour. Didier vérifie : tout est parfait ! Il le sait, son client sera satisfait. Tous deux sont fiers de la journée passée.

La déficience n’empêche pas d’acquérir des compétences

À la lecture de cette brève, vous avez retenu que Thomas était un cuisinier émérite.

Thomas est aussi en situation de handicap intellectuel.

Et non, cela ne change rien à ses compétences.

Thomas travaille depuis 4 ans à l’Esatco Le Grand Large, un ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail) où il y exerce son métier de cuisinier. Thomas ne sait pas lire, ni écrire et pourtant il cuisine seul, en parfaite autonomie. Le professionnel qui l’accompagne sur son poste a adapté la recette avec des pictogrammes que Thomas comprend. La situation de handicap de Thomas n’a pas d’incidence sur ses compétences. Car toute déficience quelle qu’elle soit n’empêche pas une personne en situation de handicap d’acquérir des compétences ni d’être professionnelle !

Chaque ESAT, chaque entreprise adaptée, chaque dispositif d’emploi accompagné se donne pour mission d’accompagner les personnes en situation de handicap dans et vers l’emploi. C’est dans l’ADN de chacune de ces structures. En leur proposant un accompagnement adapté à leurs capacités, ils leur permettent d’exercer une activité professionnelle. Ces organisations apprenantes révèlent les talents des personnes en situation de handicap qu’elles accompagnent, en leur proposant de nombreuses formations professionnelles et activités de soutiens, en adaptant les postes de travail et en proposant un parcours professionnel adapté. C’est cet accompagnement sur-mesure des professionnels encadrants qui contribue au renforcement de la citoyenneté des personnes accompagnées. Et qui permet à Thomas d’exceller.

Une société réellement solidaire et inclusive

Le réseau Unapei & Entreprises et ses professionnels œuvrent au quotidien pour l’emploi des personnes en situation de handicap intellectuel, psychique ou avec autisme. Tenant compte de la singularité et des capacités de chacun, les professionnels de ce réseau innovent continuellement et déploient une large palette de solutions pour permettre à chaque personne accompagnée d’exercer l’activité professionnelle qui lui convient, parmi les très nombreux secteurs d’activité proposés (restauration, industrie, conditionnement, culture, développement durable, espaces verts etc.)

Aujourd’hui, de nombreuses entreprises françaises et collectivités territoriales n’hésitent plus à faire appel aux services et aux prestations des personnes en situation de handicap. En s’instituant comme de véritables partenaires, entreprises et collectivités s’engagent fermement et durablement sur la voie d’une société réellement solidaire et inclusive. Et nous osons espérer qu’il est enfin venu le temps où chacun d’entre nous puisse reconnaître le rôle essentiel des personnes en situation de handicap en tant que forces vives de l’activité économique de notre pays.

Plus qu’un réseau, Unapei & Entreprises, c’est une démarche : celle de plus de 60 000 personnes en situation de handicap, de milliers de professionnels de l’accompagnement, de chefs d’entreprise, de salariés de TPE-PME, de grands groupes ou de collectivités territoriales qui clament haut et fort qu’ils sont fiers. Fiers de bien faire !

Source OUEST FRANCE.

 

 

Alençon. Orienté en milieu “ordinaire” de travail malgré son handicap, sa situation pourra être réexaminée…

Le tribunal administratif de Caen a donné raison à un habitant d’Alençon, travailleur handicapé qui avait été orienté en milieu “ordinaire” de travail plutôt qu’en Esat.

Le tribunal administratif de Caen a examiné la situation d'un habitant d'Alençon, handicapé, envoyé en milieu de travail ordinaire

 

Le tribunal administratif de Caen a donné raison, lundi 12 avril 2021, à un habitant d’Alençon, travailleur handicapé qui avait été orienté en milieu « ordinaire » de travail plutôt qu’en Etablissement et service d’aide par le travail (Esat).

La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de l’Orne a un mois pour réexaminer sa situation.

Le requérant déclarait s’être vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé depuis 2015. Il soutenait que son handicap ne lui permettait pas de trouver un emploi en milieu ordinaire de travail, vers lequel la commission des droits l’avait orienté pour une période comprise entre 2017 et 2022.

Nouvel examen de son handicap

Une mise en demeure avait été adressée en septembre 2019, par le greffe du tribunal, à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Orne, qui en avait accusé réception en novembre 2020. Cette dernière n’avait produit aucun mémoire en défense avant la clôture de l’instruction de ce litige.

« Ainsi, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête », ont déduit les juges, selon qui l’administration se devait de produire l’ensemble du dossier de l’intéressé, permettant d’apprécier sa demande d’orientation professionnelle. Ce qu’elle n’a pas fait.

L’homme était ainsi en droit de réclamer « l’annulation de la décision attaquée par laquelle la CDAPH de l’Orne l’a orienté en milieu ordinaire de travail ».

Faute d’avoir pu consulter ce dossier justement, le tribunal n’était pas en capacité de se prononcer sur sa situation actuelle.

Les juges ont ainsi renvoyé le requérant devant la CDAPH de l’Orne pour un nouvel examen de son handicap et une nouvelle évaluation de ses possibilités d’accès à un emploi.

Source L’ORNE HEBDO.

 

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés…

À l’image de ce qu’ont vécu les personnes suivies par l’Adapei du Doubs, la crise sanitaire que le pays traverse depuis un an n’a pas été facile à vivre pour les personnes en situation de handicap.

Un public qui manque toujours de considération et de visibilité.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés

 

« Cette crise sanitaire nous a rappelé que l’inclusion des handicapées dans la société était loin d’être acquise. » Responsable de l’Atlas, une structure bisontine de l’Adapei 25 (association départementale de parents et d’amis de personnes handicapées mentales) qui s’occupe du temps libre de personnes handicapées intellectuelles, Romaric Vieille n’a pu que constater le mal-être et les difficultés de ces gens qu’ils côtoient au quotidien.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés

Au service L’Atlas, à Besançon, les personnes handicapées suivies par l’Adapei peuvent venir se ressourcer. Une structure indispensable pour maintenir du lien social, alors que certains travailleurs en Esat ont perdu leur activité professionnelle pendant la crise sanitaire. Photo ER /Ludovic LAUDE 

« La plupart des personnes que nous suivons, qui sont assez autonomes, ont mal vécu le premier confinement. Du jour au lendemain, leur vie sociale, s’est quasi arrêtée. Et ces personnes ont manqué d’informations claires et accessibles. »

Privés de travail

Exemple avec les attestations de sortie, que raconte Marilyne Jeannier, 42 ans, mère de famille bisontine suivie par l’Adapei : « L’an dernier, nous avons dû faire des attestations faciles à lire et à comprendre car celle de l’État n’était pas compréhensible pour de nombreuses personnes handicapées. » Souhaitant agir, Marilyne Jeannier a créé l’association « Droits devant 25 » en juin dernier, juste après le premier confinement.

Olivier Piard, un Bisontin de 55 ans, l’a aidée. Travaillant en Esat (établissement de service d’aide par le travail), lui aussi n’a pas bien vécu le confinement : « Ne pas aller au boulot pendant trois mois, ç’a été très dur », confirme ce Bisontin qui travaille en sous-traitance industrielle pour l’Adapei 25.

Il fallait maintenir un lien

« Certaines personnes suivies à l’Adapei vivent seules et pour eux, le travail en Esat représente un véritable lien social », enchaîne Thierry Del’Hozanne. Le directeur du pôle travail et insertion professionnelle de l’Adapei précise que les travailleurs handicapés qui œuvrent dans les Esat peuvent être des déficients intellectuels, ou des personnes ayant développé des troubles psychiques.

Lors de la fermeture des Esat, les structures accompagnantes ont mis en place des organisations pour maintenir le lien avec les travailleurs, mais aussi pour assurer la continuité de l’activité.Illustration à l’Adapei, les écoles étant fermées, la production de repas par la cuisine centrale de l’association est soudainement passée de 6 000 à 400 repas par jour.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés

L’Adapei 25 accueille 867 enfants et adolescents dans le Doubs. En tout, elle suit 3 600 personnes handicapées, polyhandicapés, autistes. Photo ER /Ludovic LAUDE

Un personnel obligé de s’adapter

« Malgré les difficultés, on a pu compter sur la capacité d’adaptation de nos personnels », ajoute Thierry Del’Hozanne. « Pour appeler le plus souvent possible nos bénéficiaires qui pouvaient souffrir d’une forme d’isolement, mais aussi afin de changer d’emploi au pied levé. »

Preuve que tous les employés de l’Adapei ont dû s’adapter : « Un jour, pendant le premier confinement, seuls 36 de nos 210 salariés bisontins occupaient leur poste d’origine », explique Thierry Del’Hozanne.

Inclusion

Des efforts ont été faits, mais les professionnels sont toujours unanimes : la prise en charge du handicap et de la déficience intellectuelle en France n’est pas assez développée.

Le directeur général de l’Adapei cite l’exemple de la vaccination  : « Les handicapés, notamment ceux que nous hébergeons, n’ont pas eu le même traitement que les résidents d’Ehpad qui ont bénéficié d’une campagne de vaccination », explique Franck Aigubelle. « Le parcours pour se faire vacciner est beaucoup plus dur pour les publics que nous aidons. Ce qui n’est pas juste au regard de leur handicap. »

Et Romaric Vieille de conclure sur la notion d’inclusion, si chère aux défenseurs de la prise en charge de la déficience mentale : « L’inclusion c’est très bien, mais pour y parvenir, il faut absolument que la société s’adapte aux personnes en situation de handicap. » Et pas l’inverse.

Doubs – Publics handicapés dans le Doubs : quelques repères

Un poulailler qui a fait mieux que résister

L’Adapei 25 est financée par le Département, l’agence régionale de santé (ARS) mais aussi par ses activités de production. Ses Esat proposent de la sous-traitance industrielle, des activités de blanchisserie, de préparation et livraison de repas et même de l’agroalimentaire. Si la plupart de ces activités ont vu leur chiffre d’affaires baisser durant le premier confinement, d’autres secteurs ont fait mieux que résister. C’est le cas du poulailler de Pelousey. « Certains clients ont eu des problèmes d’approvisionnement et ont été contents de nous acheter nos volailles produites localement », explique-t-il. « Notre activité a augmenté de 20 % en 2020. La difficulté a été de maintenir l’activité de l’abattoir en l’absence des 23 personnes handicapées qui le font tourner en temps normal, mais qui n’étaient pas là durant le premier confinement. »

Des masques produits à l’Esat de Pontarlier

C’est une nouveauté de 2021 : l’Esat de Pontarlier de l’Adapei produit des masques chirurgicaux. Le pôle enfance-adolescence en commande 150 000 par mois.

Fin de prises en charge

Durant cette période de crise sanitaire dure à vivre pour certains travailleurs d’Esat, il est arrivé que les troubles psychiques prennent le dessus. « Nous avons enregistré cinq arrêts de prise en charge en un an », regrette Thierry Del’Hozanne. Autant de personnes qui n’ont pas été en mesure de reprendre leur activité professionnelle après les différents arrêts d’activité liés à la crise de la Covid.

160 adultes handicapés suivis pendant le confinement

Dans la région de Besançon, l’Adapei fait travailler 350 personnes en Esat. Dès le 17 mars, les Esat ont fermé. Mais les services de l’association ont assuré un suivi par téléphone, ou à domicile, pour 160 personnes.

Des personnels éprouvés

« La crise sanitaire a été éprouvante pour les personnels qui ont beaucoup travaillé, et dont les emplois n’ont pas été valorisés comme ils le souhaitaient », résume Franck Aigubelle. Le directeur de l’Adapei 25 fait référence au mouvement du médico-social privé pour obtenir notamment les augmentations de salaires qui ont été accordées aux soignants de l’hôpital public , dans le cadre du Ségur de la Santé. Des revalorisations qu’ils n’ont pas obtenues.

Source EST REPUBLICAIN.

La nouvelle éco : un vélo électrique breton assemblé à Quimper par des personnes handicapées…

Des vélos à assistance électrique bretons sont assemblés depuis l’été dernier à Quimper dans le Finistère par des personnes handicapées de l’ESAT de l’Odet.

La qualité du travail accompli va permettre à la structure de monter en charge à la demande de Starway, la marque des vélos.

Les vélos arrivent en pièces détachées à Quimper

Des vélos à assistance électrique bretons sont à l’honneur de notre rendez-vous “La nouvelle éco” ce mercredi. Il s’agit de vélos avec des roues fabriquées dans le bassin de Rennes, et assemblés à Quimper à l’ESAT de l’Odet, une structure qui emploie des personnes en situation de handicap moteur.

Une dizaine de travailleurs

Nous avons une équipe d’une dizaine de travailleurs“, indique Gwenaelle Kermarrec, la directrice de l’ESAT. Les vélos arrivent en pièces détachées, venues de France et d’Europe pour les équipements, “et d’Asie pour ce qui est motorisation et électronique“, précise Claude Grégoire, le patron de Starway, la marque de ces vélos.

“On a une qualité très appréciée de nos détaillants.”

Quatre chaînes de montage sont installées dans les murs de l’ESAT de Quimper, tous les travailleurs sont formés pour effectuer le montage et le contrôle. “Nos produits nécessitent beaucoup de soin sur l’assemblage“, reprend Claude Grégoire, “on ne demande pas des volumes industriels et on a une qualité qui convient bien, très appréciée de nos détaillants.

Vers une montée en charge

Le premier vélo “est sorti le 10 juin 2020” précise Olivier, l’encadrant, “l’objectif est de faire dix vélos par jour.” Deux modèles différents, vendus environ 2.000 euros, sont assemblés ici avant d’être contrôlés sur place. “Au fil des semaines, on a réussi à acquérir un service de qualité“, reprend Gwenaelle Kermarrec, directrice de l’ESAT, “que le client apprécie.” Si bien que le nombre de vélos assemblés par les handicapés volontaires va augmenter sous peu. Eux perçoivent un petit salaire en complément de l’Allocation Adulte Handicapé.

Les vélos sont assemblés et contrôlés par les travailleurs volontaires de l'ESAT

Source FRANCE BLEU.

 

 

 

Plœmeur. « Le travail est souvent, pour eux, le seul lien social »…

Les travailleurs en situation de handicap de l’Esat de Kerlir de Plœmeur, près de Lorient (Morbihan), ont repris doucement leur activité après le confinement.

Depuis quelques semaines, ils mettent les bouchées doubles car la vente d’automne a débuté.

Les salariés de l’Établissement et service d’aide par le travail de Kerlir de Plœmeur sont sur le pont pour que les plantes et les fleurs d’automne soient prêtes pour la Toussaint. 

L’Établissement et service d’aide par le travail (Esat) de Kerlir, de Plœmeur, près de Lorient (Morbihan) a ouvert ses portes en 2013. Géré par la Mutualité Française 29-56, il est spécialisé dans l’accueil d’adultes traumatisés crâniens ou cérébro-lésés. À la suite d’un nouvel agrément obtenu en 2020, y sont désormais rattachés 50 travailleurs en situation de handicap. Ils étaient 18 à l’ouverture de l’établissement. En quelques années, l’Esat s’est agrandi et a enrichi son offre en termes d’activités et de prestations.

Une équipe de dix aides lingères travaille à la blanchisserie Kerlouclean, à Kerloudan. Une autre, composée de huit salariés, participe à la vie du centre de réhabilitation des animaux de la faune sauvage de Pont-Scorff, en tant qu’aides soigneurs animaliers.

Les 32 autres salariés exercent directement sur le site de Kerlir, pour les espaces verts ou dans les 1 800 m2 de serres, en floriculture. Six moniteurs d’ateliers sont présents pour les encadrer, ainsi qu’un service composé d’une psychologue, d’une éducatrice spécialisée, avec des interventions d’un médecin de Kerpape, pour le suivi médical. Romain Le Discot est le responsable de l’Esat de Kerlir.

Impacté par le confinement

« Le confinement a coïncidé avec le début de la saison de printemps, pour la floriculture », explique Romain Le Discot. Nos travailleurs ont été obligés de s’isoler à la maison. Les serres étaient pleines à craquer.

Les moniteurs, quant à eux, sont restés en poste et ont réussi, seuls, à sauver la récolte, tout en assurant le suivi téléphonique de nos salariés confinés, pour qui la situation était très anxiogène. « Le travail est souvent, pour eux, le seul lien social et cela rythme leur journée, poursuit le responsable. À notre grande surprise, ils ont plutôt bien réussi à gérer ces semaines de confinement. »

La reprise a été plus compliquée

La reprise a été plus compliquée, avec beaucoup de questionnements. « Jusqu’au 1er septembre, on a mis en place un rythme allégé, avec un accueil en demi-groupe, sur les deux demi-journées », précise Romain Le Discot.

À Kerlir, l’automne, tout comme le printemps, est le deuxième temps fort pour l’établissement. La grande majorité de la production proposée à la vente est produite sur place. « C’est un moment intense avec toujours beaucoup d’activité. Mais cette année, également, un moment très attendu par nos salariés, qui avaient envie de renouer avec les clients, en appliquant bien entendu les gestes barrières, explique le responsable. Pour la Toussaint, nous proposons un large choix de chrysanthèmes, de cyclamens, de pensées, de bruyères. On réalise aussi des jardinières et des compositions, à la demande. Le client choisit ses plants à l’unité et on s’occupe de l’assemblage. »

De nombreuses vivaces sont aussi proposées pour les jardins.

Jusqu’au samedi 31 octobre 2020, ouverture exceptionnelle des Serres de Kerlir (à proximité de Kerpape) pour la Toussaint, du lundi au samedi, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h.

Source OUEST FRANCE.

 

HANDICAP – ESAT – Saône-et-Loire : le succès de la farine en circuit court…

À la frontière entre la Loire et la Saône-et-Loire, la minoterie Megnaud qui ne fournissait que les professionnels s’est lancée dans la production de sac d’un kilo pour le grand public.

Une nouvelle activité pour l’entreprise et une action solidaire réalisée par des adultes handicapés d’un ESAT.

La minoterie Megnaud en Saône-et-Loire s'est lancée dans le conditionnement de sacs d'un kilo de farine.

Depuis juin dernier, des résidents de l’ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) de Charlieu, dans la Loire, travaillent pour la minoterie Megnaud, installée à quelques kilomètres de là à Chenay-le-Châtel (Saône-et-Loire). Ils mettent de la farine en sachet d’un kilo, destinés aux particuliers.

Pour l’ESAT, cette nouvelle activité est un plus pour former ces adultes handicapés. Chaque semaine, une tonne de farine est ainsi conditionnée. “C’est une activité intéressante puisque nous cherchons des activités pérennes dans le temps, de partenaires assez proches de chez nous. Et en même temps un travail qui soit adapté à notre population, détaille Pascal Romagny, directeur adjoint de l’ESAT de Charlieu. Souvent, cela surprend les personnes parce qu’après une période d’observation, on s’aperçoit qu’ils ont de grosses capacités en terme d’adaptabilité au travail et de savoir-faire”

Ces sachets d’un kilo sont une nouveauté pour la minoterie Megnaud. Jusqu’ici, elle se concentrait sur de plus gros contenants, à destination des professionnels. Avec le confinement, et la forte demande des consommateurs, l’entreprise s’est lancée. “La réflexion date de quand je suis arrivé il y a deux ans et demi. J’en avais parlé à mes parents et on a reporté le projet. Mais ça s’est accéléré avec le Covid qui était une situation particulière”, précise Yohan Barret, directeur de la minoterie.

La minoterie Megnaud est une entreprise familiale créée en 1836. Elle favorise depuis longtemps la solidarité et les circuits courts. Ici, tout le blé vient d’exploitations situées à moins de 120 kilomètres de la société. “Notre volonté est vraiment de travailler en circuit court. Aujourd’hui, on interagit sur 21 départements autour du moulin. Notre cœur de métier, c’est l’artisanat, ajoute le directeur de l’entreprise. Aujourd’hui, on a vraiment un vrai potentiel de la part des particuliers, avec une très forte demande de la part de la grande distribution sur le créneau du un kilo.”

Dans cette minoterie, cinq générations de meuniers se sont succédées. L’entreprise réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros et traite 1 200 tonnes de blé par an.

Saône-et-Loire : le succès de la farine en circuit court

Source FR3.