Handicap : Le Covid-19 plombe les chances professionnelles des jeunes…

EMPLOI – Les jeunes demandeurs d’emploi en situation de handicap sont doublement vulnérables face à la crise économique et sanitaire.

Handicap : Le Covid-19 plombe les chances professionnelles des jeunes

 

Janvier 2020. Samy est en année de césure en Chine. Il achève un stage dans un grand groupe, après un double master en marketing entre l’université de finance et d’économie de Chengdu (Sichuan, Chine) et l’École de management de Strasbourg. Grâce à sa formation, il ne doute pas de trouver du travail à son retour en France : « La situation économique était au beau fixe. Rien ne laissait présager ce qui allait nous tomber sur le coin de la figure. » S’il éprouve de l’appréhension, c’est quant à la possibilité de bénéficier d’aménagements adéquats dans sa future entreprise, car il est hémiplégique, « paralysé de tout un côté du corps ».

Lorsque survient la pandémie de coronavirus, il est rapatrié et propulsé dans un marché du travail en pleine crise économique, aux côtés de 750.000 jeunes demandeurs d’emploi. Cette année-là, le chômage atteint 20,2 % chez les 15-24 ans (Insee). Le chiffre monte à 30 % pour ceux en situation de handicap ( APF France handicap). Une inégalité antérieure à la crise, ainsi que le souligne Pierre Mignonat, président de 100 % Handinamique, association vouée à l’insertion professionnelle des jeunes en situation de handicap.

« Beaucoup vont s’inscrire en bac professionnel ou en CAP, sur les conseils de leurs professeurs. » Valérie Viné Vallin, docteur en sciences de l’éducation

C’est en amont de la vie active que s’ancrent les différences de traitement entre les porteurs de handicap et les autres. « Peu d’entre eux envisagent d’effectuer des études dans le supérieur, regrette Valérie Viné Vallin, docteure en sciences de l’éducation et de la formation. Beaucoup vont s’inscrire en bac professionnel ou en CAP, sur les conseils de leurs professeurs. Lorsqu’on regarde les chiffres de l’Insee, le taux de chômage de cette tranche de diplôme est de 22 %. Ces jeunes ont certes une qualification à l’issue de leurs études, mais parviennent-ils à s’insérer dans la société ? De surcroît, ces formations dites “plus faciles” correspondent-elles à ce qu’ils souhaitent être et devenir ? »

Des « handicafés » par visioconférence

Pour accompagner les jeunes en situation de handicap dans leur insertion professionnelle, des associations comme 100 % Handinamique redoublent d’inventivité face aux difficultés posées par la crise sanitaire. « Avec la visioconférence, nous avons pu maintenir et étendre géographiquement nos “handicafés”, des sessions de rencontres entre jeunes et employeurs », se réjouit le président de l’association. Grâce à cette initiative, Samy a décroché son premier CDD comme recruteur de talents chez Accenture, un an après l’obtention de son diplôme.

« La crise a compliqué mon entrée dans la vie active, mais, paradoxalement, elle m’a ouvert des portes. Comme je ne trouvais pas d’emploi après mon retour en France, j’ai fait un stage de six mois au secrétariat d’État chargé des Personnes handicapées. Moi qui pensais suivre le parcours type d’un étudiant d’école de commerce, je me suis pris de passion pour les questions de diversité et les ressources humaines. » Un exemple à suivre pour les jeunes en situation de handicap, mais également pour les employeurs. « Nous avons besoin de témoignages de réussite, pour faire comprendre aux recruteurs que ces jeunes ont des capacités qu’ils pourraient mettre à profit dans leur entreprise », insiste le président de 100 % Handinamique. À bon entendeur…

Source 20 MINUTES.

 

Handicap : une réforme pour améliorer l’autonomie des personnes handicapées…

Sophie Cluzel est en Sarthe ce lundi. La secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées vient présenter une réforme des aides techniques mise en place par le gouvernement.

Son objectif : faciliter des démarches et améliorer l’autonomie des bénéficiaires de ces aides.

Sophie Cluzel, Secrétaire d'Etat en charge des personnes en situation de handicap

 

« Bénéficier d’une aide technique adaptée au projet de vie de la personne relève du parcours du combattant« . C’est Olivier Véran, le ministre de la santé qui le dit.  Sophie Cluzel le reconnait, les personnes souffrant d’un handicap ont parfois du mal à s’y retrouver dans les aides qui leur sont allouées.  C’est pourquoi  » cette réforme a pour but de leur faciliter la vie » explique la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées .

Pour y parvenir, le gouvernement veut déployer des équipes locales dans les régions pour orienter les bénéficiaires dans cette jungle administrative.  » Pour simplifier le parcours de l’usager, des ergothérapeutes vont évaluer les besoins, proposer les différentes aides techniques et surtout s’assurer qu’elles sont bien prise en charge« . Car acquérir un fauteuil roulant ou un déambulateur coûte cher. Et même si la Sécurité sociale prend en charge une partie du coût, le bénéficiaire doit parfois mettre la main à la poche. « Il faut diminuer le reste à charge qui est très important« .  Car ces aides sont loin d’être un luxe. Elles doivent améliorer l’autonomie des personnes âgées ou handicapées. « Avoir du matériel adapté, c’est être capable de surmonter les obstacles du quotidien » rappelle Olivier Véran.

Sophie Cluzel attendue au tournant

Mais la venue de la secrétaire d’Etat est aussi l’occasion pour certaines personnes de manifester leur colère à propos du mode de calcul de l’allocation adulte handicapé. Depuis 1975, les associations se battent pour que cette aide ne tienne pas compte des revenus du couple mais uniquement de ceux du bénéficiaire. Ce qui permettrait là aussi aux personnes handicapées de ne pas dépendre financièrement de leurs conjoints.

Stéphanie Simon souffre depuis 17 ans d’une maladie neuro-musculaire qui l’empêche de travailler. En compensation, elle percevait, chaque mois, jusqu’à cet été,  904 euros d’allocation adulte handicapé. Mais depuis que ses deux enfants ne sont plus à charge, cette aide a fondue puisqu’elle ne touche plus que 29 euros par mois. Car son époux travail ( il touche 1.800 euros par mois) et son revenu est pris en compte dans le calcul.

« Je me restreint au maximum, il faut que je demande à chaque fois si je peux faire un achat, je suis obligée de réclamer comme une enfant« , raconte celle qui est aussi la représentante en Sarthe d’APF France handicap. Elle souhaite donc que les députés de la majorité ne s’opposent pas à cette réforme de justice sociale selon elle.

« Cette allocation adulte handicapé est un minima social qui existe depuis plus de 30 ans, qui est calculé comme tous les minima sociaux sur le revenu des conjoints » répond Sophie Cluzel au micro de France Bleu Maine. La secrétaire d’Etat explique que d’autres aides existent pour garantir l’indépendance financière des personnes handicapées.  » C’est la prestation de compensation du handicap dont nous avons justement augmenté le plafond. Plus de 120.000 personnes en couple vont voir leurs allocations adultes handicapés remonter en moyenne de 120 à 150 euros » se défend la ministre.

Source FRANCE BLEU.

Handicap. En Ille-et-Vilaine, un guide sur les transports adaptés disponibles…

L’APF d’Ille-et-Vilaine signe un guide sur les possibilités de transports dans tout le département, accessibles aux personnes en situation de handicap moteur. 

Les transports, un enjeu pour la mobilité des personnes en situation de handicap. En Ille-et-Vilaine, un guide répertorie désormais tous les transports adaptés, par commune.

Les transports, un enjeu pour la mobilité des personnes en situation de handicap. En Ille-et-Vilaine, un guide répertorie désormais tous les transports adaptés, par commune.

Un guide des transports adaptés en Ille-et-Vilaine est disponible en ligne, à l’initiative de la délégation APF (Association des paralysés de France) du département.

Selon Mathieu Cailleau, chargé de missions et coordinateur régional Bretagne Handi-Droits, l’information à ce sujet peine encore à circuler ou n’est pas forcément facile à trouver. « On s’est rendu compte que beaucoup de gens nous appelaient pour savoir ce qui existait » explique-t-il.

Fruit d’un travail de 400 heures d’une dizaine de bénévoles, 50 pages détaillent donc les possibilités, avec les contacts nécessaires, pour le transport ferroviaire, aérien, maritime ou encore les réseaux de bus et les transports adaptés à la demande. En préambule, le guide rappelle que l’accessibilité des transports est inscrite dans la loi et que chaque commune y est soumise ainsi que les différentes compagnies du secteur.

Au total, neuf communautés de commune sont balayées :

  • Saint-Méen Montauban-de-Bretagne
  • Côte d’Emeraude
  • Liffré Communauté
  • Vallon de Haute Bretagne Communauté
  • Redon Agglomération
  • Vitré Agglomération
  • Saint-Malo Agglomération
  • Fougères Agglomération
  • Rennes Métropole

L’APF espère pouvoir enclencher un dialogue avec le Conseil départemental ou d’autres institutions comme les mairies, pour pouvoir diffuser ce guide le plus largement possible. Elle lance aussi un appel pour recueillir d’autres données qui pourraient manquer dans cette première édition.

Source FR3.

Finistère. APF–France Handicap a vécu la crise sanitaire comme une « exclusion supplémentaire »…

Devant une soixantaine d’adhérents venus de tout le Finistère et d’une partie des Côtes-d’Armor, l’association APF-France Handicap a dressé, vendredi 29 octobre 2021, son rapport d’activité 2020.

L’assemblée départementale de l’APF « France Handicap » s’est tenue vendredi après-midi, à la salle socioculturelle de Pluguffan (Finistère).

 

« La crise sanitaire a été vécue comme une exclusion supplémentaire par les personnes en situation de handicap, témoigne Denis Langlet, directeur intérimaire du territoire Bretagne Nord-Ouest de l’APF – France Handicap, qui comprend la délégation du Finistère et celle des Côtes-d’Armor. Même si les actions collectives ont dû être mises entre parenthèses pendant les différents confinements, nos équipes se sont mobilisées pour apporter soutien et réconfort par téléphone, faire les courses, fournir des masques et poursuivre l’accompagnement juridique et administratif. »

L’association APF – France Handicap, qui tenait son assemblée départementale vendredi 29 octobre 2021, à la salle socioculturelle de Pluguffan (Finistère), a présenté les rapports d’orientation, d’activité et financier de la singulière année 2020.

646 adhérents

Pour le Finistère, on dénombrait, en 2020, 646 adhérents – personnes en situation de handicap, membres de leurs familles ou sympathisants. L’association finistérienne est très dynamique avec un réseau de bénévoles qui interviennent régulièrement ou ponctuellement : accompagnement de séjours et sorties, organisation des opérations ressources, ramassage et tri du textile, organisation de braderies, foires aux livres…

En 2020, seul un séjour de vacances, au lieu de plusieurs, a pu être organisé, au Terrou (Lot) pour 23 participants. Dès la fin de l’été, les activités de loisirs et les rencontres ont pu reprendre à la satisfaction de tous.

Dysfonctionnements

L’équipe de salariés du territoire Bretagne Nord-Ouest compte douze personnes. Chaque année, l’association AFP accueille de nombreux stagiaires et des personnes en service civique qui viennent se former à leur futur métier.

« Pour l’année 2021, nous axerons nos actions sur l’accessibilité et la mobilité. Nos revendications porteront sur l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) et sur les dysfonctionnements de la Maison des personnes handicapées qui, par la lenteur du traitement des dossiers, impactent le quotidien des personnes en situation de handicap », ajoute Denis Langlet.

Le prochain grand rendez-vous sera la fête de Noël, le 11 décembre, à Logonna-Daoulas.

Contact : AFP France Handicap, 65, rue de Bénodet, Quimper, tél. 02 98 90 06 10, dd.29@apf.asso.fr

Source OUEST FRANCE.

 

Nadège, près de Dinan, vit avec le handicap depuis ses 12 ans.Témoignage…

Nadège Simon, de Saint-Carné, est handicapée depuis ses 12 ans, à la suite d’une tumeur.

Elle a créé une antenne des paralysés de France pour les aider à sortir de la solitude.

Nadège Simon, Paralysés de France

 

Nadège Simon, 44 ans, n’est pas du genre à se plaindre. Elle dit même qu’elle a de la chance d’avoir ses parents à côté, à Saint-Carné, commune où elle réside. Dans l’impossibilité de passer son permis de conduire, en raison d’un œil quasi aveugle, elle est dépendante de sa mère qui l’amène faire ses courses.

« Sinon, je pourrais les faire toute seule », assure-t-elle, puisqu’elle est en mesure de marcher. Enfin, pas longtemps.

Je me promène un peu mais j’ai des problèmes d’équilibre, de coordination et je tremble, donc je ne peux pas trop faire d’efforts.

Une tumeur à 12 ans

C’est ainsi depuis ses douze ans. Nadège Simon venait d’entrer en 6e, au collège Broussais, à Dinan, lorsqu’elle fut victime d’une tumeur :

« Un caillot de sang s’était formé au niveau de mon cervelet ».

Elle n’est pas sortie indemne de son opération :

« Il a fallu réapprendre à manger, à marcher, à parler, à écrire. J’étais comme un bébé. »

Volonté de fer

D’une volonté de fer, elle n’est pas restée longtemps sur son fauteuil roulant et a refusé d’utiliser un déambulateur.

Sa scolarité a continué par les cours à distance mais la jeune fille « voulait être comme tout le monde et aller à l’école. Je suis revenue au collège jusqu’à la 3e à raison d’une heure ou deux heures quotidiennes car je fatiguais. J’ai passé le brevet dans une salle à part avec un professeur ».

Mais elle a déchanté.

« Au lycée de la Fontaine des Eaux, où je comptais intégrer la filière des langues, le proviseur m’a invitée à trouver un plus petit établissement car je risquais de me faire bousculer. Je me suis donc retrouvée à Sainte-Marie à Broons, à suivre un BEP secrétariat qui ne me plaisait pas. »

Elle s’y rendait quelques heures par jour, en ambulance, jusqu’à ce que la section ferme.

« On ne m’a pas invitée à poursuivre ailleurs. De toute façon, mon handicap m’a empêchée d’avoir la vie que je voulais. »

Nadège Simon a cependant su transférer son énergie vers le bénévolat. Elle s’était même installée à Saint-Brieuc pour apporter son aide aux Paralysés de France. « Dans la même rue ! »

Elle donne des conseils de lecture aux écoliers et aux abonnés de la bibliothèque de Saint-Carné. Lire, c’est son plaisir, limité par la taille des caractères : « Si c’est trop petit, je prends la loupe. »

Il y a aussi l’activité physique.

Elle a créé Din’Handisports avant de rejoindre Handisports Loisirs Aucaleuc, fondé par Luc Hamoniaux.

Elle y pratique, assise, la sabarcane et la boccia, un jeu de boules en cuir de couleur. Une discipline qui fera l’objet d’une présentation, à l’antenne des paralysés de France qu’elle vient de créer dans la région de Dinan.

Besoin des valides

« Nous ne sommes pour l’instant qu’une dizaine parmi lesquels des bénévoles. »

Autrement dit des personnes valides car les handicapés ont besoin d’être aidés pour certains de leurs gestes :

 » Parfois pour porter une fourchette à la bouche, parfois pour aller aux toilettes ou en ce qui me concerne pour couper la viande. »

Mais aussi pour les transports car le bus Dinamo ne va pas jusqu’à Saint-Carné, où se dérouleront, une ou deux fois par mois des réunions pour aborder des thématiques, faire des jeux de société, de petits repas. Et sortir de la solitude !

« Certaines personnes handicapées sont vraiment seules. Je ne sais pas comment elles font. Imaginez vous ainsi dans un fauteuil, sans aide. »

Nadège Simon, paralysés de France

Nadège Simon connaît, elle aussi, cette solitude :

« Après ma tumeur, j’ai perdu beaucoup d’amis. J’en ai aujourd’hui trois véritables rencontrés depuis. »

Elle s’est notamment reconstruite avec le théâtre :

« J’en ai fait pendant plus de quinze ans. C’était un défi car je m’étais repliée sur moi-même. Là, j’ai pu jouer en public. »

La déception fut de s’entendre dire qu’elle ne devait pas faire d’improvisation car il faut réagir de façon physique et rapide. La quadragénaire ne joue plus depuis la Covid. Son esprit est désormais branché sur l’antenne des Paralysés de France.

Contact : 06 82 11 44 61. Renseignements sur l’APF au 06 96 33 00 75

Source ACTU.

Pourquoi les défenseurs des droits des personnes en situation de handicap se mobilisent le 16 septembre…?

L’autonomie financière des bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés est au centre de cette journée nationale.

Pourquoi les défenseurs des droits des personnes en situation de handicap se mobilisent le 16 septembre

La plupart des associations défendant les droits des personnes en situation de handicap se mobilisent ce 16 septembre. Nous vous expliquons pourquoi :

Les revendications

L’allocation aux adultes handicapés (AAH) est versée à un million de bénéficiaires. Pour ceux qui vivent en couple, l’AAH est soumise au montant des revenus du conjoint. 270.000 d’entre-eux ne la perçoivent plus ou avec un montant amoindri. Il est réclamé depuis des années que l’AAH soit individualisée, pour permettre aux personnes en situation de handicap de conserver une autonomie financière.

« Ce que nous réclamons, c’est l’autonomie financière des personnes handicapées. Le système actuel entraîne une dépendance vis-à-vis du conjoint »

Annie Vuong (Représentante du Loiret et du Centre-Val de Loire d’APF France handicap)

Ce qui fâche

Les partisans de la « déconjugalisation » de l’AAH ont cru qu’ils avaient enfin été entendus lorsqu’en février 2020 une proposition de loi allant dans ce sens a été adoptée, en première lecture, à l’Assemblée nationale en février 2020, puis au Sénat en mars 2021. Mais en juin dernier, le gouvernement a bloqué le vote en seconde lecture. Le sujet sera de nouveau débattu au Sénat le 12 octobre prochain.

Mobilisation en France et dans le Loiret

Des manifestations vont avoir lieu le 16 septembre dans de nombreuses villes de France. Il n’y en aura pas à Orléans. « Nos adhérents sont fatigués en cette rentrée », regrette Annie Vuong, représentante du Loiret et de la région Centre-Val de Loire d’APF France handicap.

Une délégation de l’association a, en revanche, rencontré la députée (LREM) du Loiret Caroline Janvier et la préfète de région Régine Engström pour expliquer son point de vue. L’association invite, par ailleurs, le public à signer une pétition en ligne.

Source REPUBLIQUE DU CENTRE.

Handicap : des experts de l’ONU appellent la France à améliorer sa copie…

Problèmes d’accessibilité des logements ou de scolarisation des enfants, approche « paternaliste » : des experts de l’ONU ont appelé la France mercredi à améliorer sa politique en faveur des personnes handicapées.

Handicap : des experts de l’ONU appellent la France à améliorer sa copie

Le gouvernement a certes posé quelques jalons positifs ces dernières années, comme le rétablissement du droit de vote de toutes les personnes atteintes d’un handicap mental. Mais les politiques publiques en matière de handicap sont encore trop marquées par une approche « médicale » qui cantonne les personnes concernées dans des foyers spécialisés, a estimé le Comité des Nations unies pour les droits des personnes handicapées.

Ces experts indépendants, chargés de surveiller l’application par les États de la Convention des droits des personnes handicapées (en France depuis 2010), ont rendu ces conclusions après trois séances d’auditions de responsables gouvernementaux, organisées en août.

Le Comité onusien s’étonne que les associations représentant les personnes handicapées soient en même temps gestionnaires d’institutions spécialisées financées par les pouvoirs publics : selon lui, cela conduit à des « conflits d’intérêts » et constitue un « obstacle » pour que les personnes concernées puissent « passer des soins médico-institutionnels à une vie indépendante ».

Lenteur

L’association APF France handicap, elle-même gestionnaire de nombreux lieux de vie, a réagi à ce rapport en soulignant qu’elle en partageait de nombreuses conclusions, notamment sur la lenteur des progrès en matière d’accessibilité des infrastructures.

Le gouvernement « partage la volonté du comité de changer le regard de la société sur le handicap » et « lever les préjugés », a réagi de son côté la secrétaire d’État en charge du dossier Sophie Cluzel. Concernant les critiques sur la trop grande place laissée aux institutions spécialisées, elle a souligné que la France avait « engagé une mutation ».

Les experts de l’ONU critiquent par ailleurs les modalités d’octroi de l’Allocation pour adulte handicapé (AAH), qui ne devraient pas selon eux dépendre des revenus du conjoint, car cela va à l’encontre de l’« autonomie » des femmes handicapées. Une vision partagée par l’APF, qui organise justement une journée de mobilisation sur ce thème jeudi.

Source SUD OUEST.

Moulins : manifestation pour qu’Intermarché libère ses places de parking réservées aux personnes handicapées…

Voilà plus d’un an que les places normalement réservées aux personnes handicapées sur le parking de l’Intermarché de Moulins (Allier) sont occupées par le stock de bonbonnes de gaz.

Après une manifestation, la direction promet de faire intervenir le prestataire avant la fin du mois.

Une trentaine de manifestants sont venus réclamer au supermarché de libérer les places handicapées occupées par des bonbonnes de gaz.

 

« Libérez nos places. » La banderole des manifestants emmenés par la délégation Allier de l’APF France Handicap est explicite, la situation aussi. Sous les rangées de bonbonnes de gaz alignées devant ce magasin Intermarché de Moulins (Allier), dépasse une partie du siglage au sol indiquant des places de parking réservées aux personnes handicapées. Places, de fait, inaccessibles.

« Il y a un soutien total des clients du magasin« , décrit Sandrine Raynal, la directrice territoriale de l’association qui décrit ces consommateurs en situation de handicap, obligés d’aller faire leurs courses plus loin, ou encore cette cliente qui fait désormais les courses pour son père handicapé puisque accéder au magasin devient trop contraignant pour lui.

Depuis plus d'un an, les places réservées aux personnes handicapées sont occupées par des bonbonnes de gaz devant cet Intermarché de Moulins.

 

Une situation réglée d’ici la fin du mois ?

Avant d’en arriver à manifester, l’APF France Handicap Allier dit pourtant avoir échangé avec la directrice de cet Intermarché. Le 8 mars dernier, elle a même reçu un courrier du préfet de l’Allier lui rappelant l’obligation légale de mettre à disposition des places pour les personnes à mobilité réduite. « C’est la première fois que nous avons une telle résistance« , assure Sandrine Raynal, la directrice territoriale de l’association.

La directrice du magasin, elle, explique que ces bonbonnes de gaz ont été déposées là malencontreusement à la fermeture de la station-service du supermarché, et assure qu’après les signalements, elle a relancé plusieurs fois le prestataire pour qu’il les déplace et promet que ce sera fait d’ici la fin du mois. La commerçante plaide la bonne foi et pour le prouver, s’engage à mobiliser des salariés, dès le vendredi 20 août pour libérer au moins une place de parking handicapé.

Source FRANCE BLEU.

 

Déceptions après le comité interministériel du handicap…

Les associations sont loin d’avoir été convaincues par le comité interministériel du handicap, qui s’est tenu à Matignon le 5 juillet 2021.

Un appel à manifester en septembre a même été lancé.

Déceptions après le comité interministériel du handicap

 

En réaction à « l’obstination [du gouvernement] dans son refus de la déconjugalisation de l’AAH », APF France handicap appelle à une manifestation le 16 septembre. La déception des associations vis-à-vis des annonces du 5comité interministériel du handicap, qui s’est tenu le 5 juillet, se traduira dans la rue, à quelques mois des élections présidentielles.

« Plus que quelques mois pour une politique du handicap enfin à la hauteur des enjeux », interpelle APF France handicap dans un communiqué de presse. L’association déplore « fortement l’absence de dispositions ambitieuses pour l’effectivité des droits fondamentaux » et estime que « les mesures déjà mises en œuvre et celles à venir sont loin d’être suffisantes au regard des situations dramatiques vécues par les personnes en situation de handicap et leurs familles ».

Ainsi de la PCH dont trop de personnes sont exclues « du fait de critères d’éligibilité trop restrictifs et encore inadaptés », de la PCH « parentalité » « encore loin d’être opérationnelle et adaptée aux besoins des parents en situation de handicap » et des mesures pour l’emploi « à concrétiser ». APF France handicap reconnaît la prise en compte de la vie affective et sexuelle et demande d’autoriser la création de services d’accompagnement à la vie sexuelle en France. Idem pour l’habitat inclusif et la montée en puissance de l’aide à la vie partagée, une « bonne nouvelle », pour laquelle « la coconstruction avec les personnes comme avec les associations est indispensable ».

« Rendez-vous manqué »

L’Apajh regrette un « rendez-vous manqué » et égrène les sujets de mécontentement : pas d’amélioration du statut et de la formation des AESH, pas de déploiement à grande échelle des Pial intégrant les équipes mobiles d’appui à la scolarisation, pas de revalorisation de tous les professionnels du secteur social et médicosocial ni de réponses concrètes pour mieux accompagner les jeunes en situation de handicap confiés à l’aide sociale à l’enfance…

Surtout, l’Apajh se dit « consternée quant aux choix faits notamment sur la PCH dont de trop nombreuses personnes en situation de handicap mental ou psychique sont exclues, ou le déni de démocratie lorsque le gouvernement a fait le choix de l’obstruction avec un vote bloqué, interdisant le débat, ne permettant pas la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé, et de ce fait l’autonomie des personnes en situation de handicap ».

La transformation des Esat saluée

Cependant, les associations sont unanimes quant au plan de transformation des Esat. L’Apajh estime que ce sont des « mesures qui vont parfaitement dans le bon sens, d’autant plus qu’elles proviennent d’une réelle concertation menée avec les acteurs engagés ». Paralysie cérébrale France se félicite des « avancées positives qui concourent à la sécurisation et aux dynamiques des parcours professionnels des personnes en situation de handicap ». Tout en regrettant que le gouvernement n’ait « pas retenu sa proposition de plateforme de parcours rassemblant tous les acteurs favorisant/accompagnant l’emploi sur chaque bassin de vie ».

Alors que le comité des droits de l’ONU examinera en août la politique du handicap de la France et à quelques mois de la présidence française de l’Union européenne, les associations restent « attentives ». Rappelons qu’une réclamation collective pour violation des droits fondamentaux des personnes handicapées, portée par plusieurs d’entre elles (APF France handicap, Clapeaha, Fnath, Unafam, Unapei), sera examinée cet automne par le Conseil de l’Europe.

Source LA GAZETTE DES COMMUNES.

 

Handicap – APF – Plérin. « Sans les bénévoles, nous ne pouvons rien faire »…!

L’association APF France Handicap s’appuie sur de nombreux volontaires, afin de pouvoir réaliser ses différentes activités, l’antenne de Plérin (Côtes d’Armor) cherche de nouvelles personnes et a besoin de dons divers.

L’APF France Handicap organisait, jeudi, une première grande rencontre entre bénévoles et adhérents. Des thèmes de travail ont aussi été abordés.

 

L’association APF France Handicap s’appuie sur de nombreux bénévoles pour réaliser ses activités. Une rencontre avec les adhérents a permis de cibler les actions à venir à Plérin, près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

« Sans les bénévoles, nous ne pouvons rien faire », ce constat est maintes fois répété au sein de l’association. Ce qui en dit long sur les besoins et difficultés des adhérents porteurs de handicaps, mais aussi des responsables de la gestion de la délégation.

Lors de la rencontre entre ces adhérents et les bénévoles, jeudi, une première pour la délégation départementale, des actions ont été ciblées. Plusieurs dizaines de personnes ont participé à cet échange qui s’est déroulé sous forme d’ateliers.

Les thèmes de réflexion ne manquaient pas. Guillaume Bellec, adhérent et représentant départemental au sein de l’APF, a insisté sur le besoin pour tous de se revoir. Pendant toute l’année passée, le Covid a fait beaucoup de mal : « Le bien-être apporté simplement par la présence d’autres personnes », est fondamental.

Un service vide-maison est proposé

Guillaume Bellec a fait part des questionnements des bénévoles : « Ils peuvent se retrouver dans des situations imprévues et se demandent quoi faire, à qui s’adresser en cas de problème »,

Dans d’autres circonstances, « l’accompagnement les conduit à rentrer dans la vie personnelle des personnes accompagnées. »

En fin de réunion, l’assemblée s’est mise d’accord sur des thèmes de travail, les ressources financières, les sorties, la sensibilisation au handicap.

Le soutien apporté par des bénévoles peut prendre plusieurs formes. Benjamin Assouline, chef de projets au niveau régional, rappelle aussi le besoin de ressources de l’APF. « La grande braderie du mois de juin a vidé le dépôt. Nous faisons de nouveau appel aux dons. »

Ils ont en effet toujours besoin de différents objets, vêtements, petits meubles, décorations, livres. De plus, « L’association propose un nouveau service, le vide-maison, indique le responsable. Il faut juste nous téléphoner pour l’organiser ».

Benjamin Assouline profite aussi de cette rencontre pour faire à nouveau appel aux bénévoles, « au local, pour le tri. »

APF France Handicap, contact au tél. 02 96 33 00 75.

Source OUEST FRANCE.