Manque de personnel dans les Ehpad : “Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés”, alerte une directrice… Vidéo.

Alors qu’on assiste à une recrudescence de cas positifs de coronavirus dans les Ehpad, certains établissements déplorent un manque de personnel.

A La Pommeraie en Charente-Maritime, la directrice lance un cri d’alarme pour alerter sur les difficultés de recrutement.

L'Ehpad La Pommeraie à l'heure du déjeûner.

Alors que les Ehpad se préparent à gérer une augmentation des cas de Covid dans les semaines qui viennent, certains établissements tirent déjà la sonnette d’alarme.
C’est le cas à “La Pommeraie” situé à Périgny près de La Rochelle. Dans cette structure qui emploie 50 salariés pour 70 résidents, la pression est permanente.

C’est clairement pas assez, on a besoin d’être plus nombreux pour accompagner 24 heures sur 24 et toute l’année, les 70 résidents.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

“On a toujours beaucoup de travail, on fait face à des situations d’urgence parfois de manière quotidienne, on a besoin de personnel, on a besoin aussi d’être rassurés quand on est dans l’équipe, d’être sûr qu’on aura assez de monde le lendemain parce que sinon, on réajuste au coup par coup” se désole Katia Ruffin, infirmière de l’Ehpad.

Un courrier au ministère de la santé

La directrice a décidé d’alerter les autorités.  Avec d’autres directeurs d’établissements, elle a adressé un courrier au Ministère de la Santé, la semaine dernière. Les professionnels font part de leurs inquiétudes concernant la pénurie de personnel et les difficultés de recrutement.
“Habituellement, nous considérons que le taux d’encadrement est trop faible pour accompagner les personnes âgées mais en situation de crise avec le Covid, il est indispensable que nous puissions renforcer les équipes parce que les besoins vont être plus importants, la difficulté que nous rencontrons aujourd’hui, c’est la difficulté de recrutement, même par intérim, on a beaucoup de mal à trouver des professionnels qualifiés. Il y a un désengagement des métiers concernant la personne âgée qui nous inquiète” avertit la directrice de “La Pommeraie”.

Il est grand temps que nos métiers soient revalorisés. Lorsque nous recrutons pour un poste, nous avons peu ou pas de candidatures,et surtout peu de candidatures diplômées. C’est inquiétant.

Clarisse Reydant-Coupey Directrice de l’Ehpad “La Pommeraie”

Trois cas positifs

Alors que cet avertissement est resté sans réponse, l’Ehpad de Périgny se prépare à une possible nouvelle vague avec un assouplissement des mesures sanitaires.
Les nouvelles modalités de confinement ont été aménagées, elles seront beaucoup moins strictes que la première fois. En cas de covid, c’est la personne infectée qui sera isolée et non plus l’établissement en entier. “C’est seulement avec trois cas positifs que nous pratiquerons un isolemment total avec l’arrêt des sorties et les entrées, on isole tout le monde mais sur un temps court”explique la responsable de La Pommeraie. Au-delà de trois cas positifs avérés, l’établissement devra fermer ses portes pendant sept jours.

VIDEO – Ecoutez les témoignages des soignant(e)s

Source FR3.

Covid-19 : mobilité, travail, logement, des chercheurs de GEM ont observé à la loupe les habitants lors du confinement…

Le confinement a-t-il changé les comportements des habitants de la métropole grenobloise ?

C’est-ce qu’ont voulu savoir Corinne Faure et Frédéric Bally, chercheurs à Grenoble Ecole de Management, en interrogeant plus de 1000 personnes lors du confinement.

En voici les résultats.

Ce 22 avril 2020, en plein confinement au coeur de Grenoble, la pelouse des voies de tramway appartient... aux joggers

Cette étude a été menée dans le cadre du Panel de recherche de Grenoble Ecole de Management. De quoi s’agit-il? D’une initiative unique en France, qui existait déjà dans des villes comme Hambourg ou Hong-Kong. A Grenoble, ce Panel de recherche,” dédié à ses habitants“, a été créé au mois de mai 2020. Sa mission? “favoriser l’identification et l’émergence de solutions pour notre territoire”. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a pu opérer ses tous premiers pas dans un contexte exceptionnel, totalement inédit, avec l’arrivée brutale du Covid-19.

Dans quelle mesure ce virus virulent, et le… confinement allait-il, ou non, bouleverser les comportements, modifier les pratiques d’usage, voire …déclencher certains sentiments? Corinne Faure et Frédéric Bally, les deux chercheurs de Grenoble Ecole de Management, ont interrogé 1014  personnes “représentatives de la population de Grenoble-Alpes Métropole” via de longs questionnaires en ligne, sur la toute dernière semaine du confinement, dans plusieurs domaines de la vie quotidienne.

“Une photographie instantanée à cet instant T du confinement “

Après dépouillement et analyse, ils en publient ce mardi 22 septembre les résultats. Focus sur plusieurs enseignements, dans le domaine des transports d’abord, Semaine européenne de la mobilité  oblige.

“Moins tentés par les transports en commun”

Les personnes interrogées déclaraient  “utiliser avant le confinement, à proportion quasiment égale les modes de transports doux, les transports en commun, ou leurs véhicules personnels pour leurs déplacements quotidiens ou leurs déplacements domicile-travail “.

Une pratique remise en cause par l’assignation à résidence forcément, et la faible amplitude des déplacement autorisés pendant le confinement mais pas seulement . A la question du mode de transport le plus sûr en cette période de crise sanitaire, environ 60% des répondants choisissent la voiture individuelle, un peu moins de 40% les modes de transport doux, et seulement 1% les transports en commun.

La croissance des transports doux se fait donc surtout aux dépens des transports en communCe rejet assez massif des transports en commun dans cette étude doit être interprété avec prudence” précise Corinne Faure, “il s’agit de réactions à chaud, puisque l’étude a été collectée au cours de la dernière semaine de confinement. Les bénéfices des politiques de distanciation sociale et de port obligatoire du masque dans les transports en commun n’étaient pas encore très discutés à ce moment-là”.

“Pas très chauds pour le télétravail”

Quel a été le ressenti des habitants de la métropole sur cette nouvelle situation de travail et sont-ils prêts à poursuivre l’expérience?

La part des actifs en télétravail dans la Métropole grenobloise est passée de 20 à près de 40% pendant le confinement, mais seulement 20% des actifs souhaitent travailler en télétravail dans le futur.

Contrairement à nos attentes, le pourcentage de personnes souhaitant continuer à travailler en télétravail après le confinement n’a pas augmenté suite à l’expérience de télétravail durant le confinement. 20% le souhaitent, 20% le faisaient déjà avant le confinement” s’étonne la chercheuse.

En revanche, 25% pensent que leur employeur leur demandera de faire du télétravail, et 30% pensent que d’autres employés vont demander à passer en télétravail.

Partants pour des horaires de travail décalés, et même le week-end”

Pendant le confinement : 44% des actifs de la Métropole ont pu remplacer leurs déplacements professionnels par des visio-conférences. Environ 1/4 des personnes interrogées pensent qu’au moins une partie de leurs déplacements professionnels sera remplacée par des visio-conférences dans le futur.

Le confinement a entraîné un décalage des horaires habituels de travail (en raison de différents facteurs comme la garde des enfants en parallèle par exemple). 2/3 des actifs sont prêts à envisager des horaires de travail décalés et plus de 40% seraient prêts à travailler le week-end.

“Effectivement, c’est surprenant” analyse la co-auteure de l’étude  “42% des actifs se déclarent prêt à travailler le week-end.  Peut-être pour profiter des avantages des montagnes avoisinantes en semaine sans la foule ?  En tout cas, pour 15%, travailler le week-end se monnaye et ils attendraient une prime en échange. “

“Besoin de rencontrer son médecin, en chair et en os” 

La téléconsultation médicale a eu le vent en poupe pendant le confinement. A vrai dire, il a bien fallu faire contre mauvaise fortune “bon coeur” mais manifestement personne n’a été enchanté du résultat. Le chiffre est sans appel:  plus des 2/3 ne souhaitent pas renouveler l’expérience et préfèrent une consultation en face à face.

28% sont prêts à faire appel à la télé-consultation de temps en temps, 7% seulement le plus souvent possible,

“Une furieuse envie de… déménager”

C’est l’une des conséquences directes du confinement, …l’envie de déménager pour s’éloigner de l’hyper centre urbain tenaille les citadins.   Les habitants de la métropole grenobloise sont  40%  à penser déménager dans les trois ans.  Pour 40%  d’entre, le déclic a eu lieu pendant le confinement.

67% pensent rester dans la Métropole grenobloise, ce qui marque à la fois leur attachement au territoire. Un tiers des actifs et la moitié des étudiants se disent ainsi prêts à considérer à emménager ” au vert ” plus loin de leur lieu de travail si leur part de télétravail augmente dans les années à venir”.

Cette étude reste une photographie d’un instant T de la période de confinement,  les situations et les avis des habitants ont pu évoluer depuis” souligne Corinne Faure qui espère “pouvoir faire un suivi de l’évolution des mentalités sur le sujet” et qui annonce d’autres chantiers .

La prochaine étude sera lancée le 30 septembre. Thème imposé : “Vagues de chaleurs : comment sont-elles vécues par les habitants de la métropole grenobloise ?”…

Si vous avez envie de vous inscrire c’est ICI.   Il faut habiter la métropole et avoir au moins 18 ans.

Source FR3.

Un clip pour les soignants des Ehpad : “Notre métier est dévalorisé, mal payé et peu reconnu”… Découvrez le Clip.

David Ranger, auxiliaire de vie depuis 13 ans dans des Ehpad de la Vienne, a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes”.

Dans cet hymne aux soignants, l’auteur souhaite faire connaître une profession mal payée et dévalorisée.

Image du clip, David avec les résidents d'un Ehpad.

Il est auteur, compositeur et rapeur à ses heures perdues mais dans le quotidien, David Ranger est auxilliaire de vie dans des Ehpad.
Ce Poitevin de 38 ans a réalisé un clip intitulé “Soignantes bientraitantes” qui raconte le quotidien de ce personnel qui prend soin des plus anciens.

“Notre métier est mal reconnu et dévalorisé, j’ai voulu montrer que malgré tout, la plupart des soignants aiment ce qu’ils font, j’ai voulu mettre en avant le soutien psychologique apporté aux personnes âgées, les résidents vivent dans des petites chambres, parfois, ils n’ont pas beaucoup de visites, on leur remonte le moral”assure David Ranger qui souhaite mettre en lumière la bientraitance et le relationnel entre soignants et résidents.

35 soignantes ont participé au clip

Ce métier, David l’exerce depuis 13 ans dans différents Ehpad de la Vienne dont Le Logis du Val de Boivre à Vouneuil-sous-Biard  et Les Jardins de Montplaisir à Ligugé, deux établissements qui ont servi de décor pour le tournage de son clip dans lequel figurent 35 soignantes qui incarnent leur propre rôle.
Et si les Ehpad peinent à recruter du personnel alors que la demande est d’autant plus urgente avec la crise sanitaire, le manque de candidats ne surprend pas l’auteur du clip.
Nous sommes vraiment mal payés, s’insurge David Ranger.

Je gagne le smic, environ 1200 euros net, j’arrive à gagner un peu plus avec une prime de précarité car je travaille en intérim. Mes 13 ans d’ancienneté représente une somme insignifiante d’une vingtaine d’euros, c’est tout. Je fais ce métier parce que j’aime ce que je fais,
David Ranger.

Un métier difficile

“C’est aussi un métier difficile, dans certains Ehpad, il faut travailler vite et il nous arrive négliger le résident faute de temps, de ne pas avoir le temps d’échanger avec eux, de parler alors ça forcément ça décourage car le but de ce métier, c’est d’avoir du temps pour les personnes âgées”, explique David qui a décidé de mettre en musique le malaise de ces soignants, sous la plume de Vida, son nom d’artiste rapeur, il a composé un texte dans lequel il détaille le quotidien de ses collègues. Dans cet extrait de chanson, il rend hommage à la profession.

Elle rentre avec du réconfort, c’est de l’espoir qu’elle apporte pour tous ceux qui sont fragilisés après tant d’années, elle sait les rassurer avec quelques sourires, elles font de leur mieux sans attendre d’applaudissements.

Avec ce clip, David espère toucher le grand public et “d’autres soignants partout en France”.

Vida est nominé aux Trophées SilverEco 2020 dans la catégorie Loisirs/Culture, qui se dérouleront le 10 décembre 2020 au Palais des Festivals de Cannes.

Vous pouvez découvrir le clip qui est sorti en février 2020.

Source FR3.

 

Brive : cinq mois après avoir été touchée par le Covid-19, Patricia Bordas a encore des symptômes… Vidéo.

Le 15 avril dernier, Patricia Bordas apprend qu’elle est touchée par une forme de Covid-19. Cinq mois plus tard, le virus est présent au quotidien, les symptômes n’ont toujours pas disparu.

A 63 ans, l’ancienne sénatrice se livre et appelle à la plus grande prudence.

Brive : cinq mois après avoir été touchée par le Covid-19, Patricia Bordas a encore des symptômes

Depuis le 15 avril dernier, Patricia Bordas vit quotidiennement avec le virus, “ce jour-là, le monde m’est tombé sur la tête”. Encore aujourd’hui, le virus se manifeste de façon aléatoire et provoque chez l’ancienne sénatrice corrézienne, une fatigue très intense et difficilement gérable, “je vie chaque jour avec l’inconnu“.

 

En avril 2020, Patricia Bordas se fait tester pour la première fois, “il s’agissait d’un faux négatif“. Elle est en fait touchée par une forme alternative du virus. Confinée quatre semaines à son domicile au mois d’avril, elle est aujourd’hui encore suivie par son médecin généraliste. Depuis le printemps dernier, Patricia Bordas se sent différente, “j’ai l’impression d’avoir gardé une hypersensibilité“.

Guérir et prévénir

Si Patricia Bordas prend la parole, c’est avant tout pour alerter. Son cas n’est pas unique, elle pense d’ailleurs que ce phénomène est “plus courant qu’on ne le croit mais que les gens n’osent pas en parler“, “personne ne la voit cette maladie, c’est comme une maladie imaginaire“.

Elle a retrouvé le goût et l’odorat, mais la fatigue persiste. Son témoignage fait donc office de prévention. Sur les réseaux sociaux, des personnes atteintes du Covid-19 et aux symptômes persistants postent de nombreux messages introduits par : #ApresJ20 #ApresJ60, etc.

Une longue période de réflexion

Employée administative à la mairie de Cosnac, Patricia Bordas envisage son avenir professionnel autrement, “je pense à prendre ma retraite en janvier 2021“.

Son avenir politique n’est quant à lui pas remis en question pour le moment. Déjà référente LREM de la Corrèze, elle a été nommée présidente de la commission électorale du bureau exécutif de la République en Marche, le 21 septembre dernier.

Source FR3.

Mulhouse : une start-up fabrique des gants auto-désinfectants contre le coronavirus…

L’entreprise mulhousienne Spinali Design, spécialisée dans les vêtements connectés, a conçu une paire de gants intelligents auto-désinfectants.

Traités au dioxyde de titane, les gants sont capables de détruire bactéries, virus et coronavirus, par la seule exposition à la lumière.

Les gants connectés conçus par l'entreprise mulhousienne Spinali Design sont composés d'un tissu traité au dioxyde de titane permettant de détruire le coronavirus.

Spinali Design revient à la lumière grâce à sa dernière innovation. Après les maillots de bain connectés il y a cinq ans, l’entreprise mulhousienne spécialisée dans le textile intelligent lance son nouveau produit phare: une paire de gants auto-désinfectants. “De beaux gants. Qu’on a envie de porter, contrairement aux masques qui sont tout sauf élégants“, souligne Romain Spinali, responsable de l’innovation de la PME.

Comment ça marche ?

De beaux gants donc et surtout, utiles. Grâce au dioxyde de titane, un composé que l’entreprise utilise par ailleurs dans ses crèmes solaires, ils peuvent se désinfecter tout seuls. “Le textile subit un traitement au dioxyde de titane, composé permettant de détruire les particules polluantes, les bactéries et les virus grâce au principe de la photocatalyse”, explique Romain Spinali. Cela veut dire que lorsque le textile est exposé au rayonnement UV de la lumière naturelle ou artificielle, le gant élimine toute trace de virus, et en particulier de coronavirus. Il se débarrasse par la même occasion des tâches organiques.

Une puce électronique intégrée au textile renseigne l’utilisateur, via une application smartphone, sur la quantité d’UV absorbée par le gant, “ce qui permet de savoir si le gant a reçu suffisamment de rayonnements UV pour être considéré comme désinfecté”, explique Romain Spinali. A la lumière du soleil, avec un bon ensoleillement, dix secondes suffisent. En automne et en hiver, “on pourra les exposer à la lumière artificielle d’une lampe UV qui complète le dispositif s’il n’y a pas assez de soleil“. Il faudra compter alors 30 secondes à une minute pour se débarrasser de quasiment toutes traces de virus. “Le gant peut alors jouer son rôle de geste barrière, comme un masque, et participer à un ensemble de comportements protecteur”.

Pour qui et quel usage ?

Le produit s’adresse aussi bien au grand public qu’aux professionnels. Le grand public parce que susceptible d’être intéressé par un produit plutôt esthétique et par les bonnes pratiques des gestes barrières complémentaires au gel hydroalcoolique. Les professionnels, comme les médecins, parce que ce produit les met par exemple à l’abri d’une pénurie de gants en latex. Dans de nombreux secteurs d’activités (policiers, contrôleurs, caissières…), le gant connecté évite d’avoir à se laver les mains plusieurs fois par heure avec du gel hydroalcoolique.

D’une durée de vie d’environ trois cents jours à raison de huit heures d’utilisation par jour, il peut et “doit” même être retourné après usage à Spinali Design en échange d’un bon d’achat. “Ce n’est pas un produit qu’on jette à la poubelle”, insiste Romain Spinali. “On récupère l’électronique et tous les composants qui sont valorisables selon le processus vertueux du recyclage”.

Les utilisateurs de transport en commun sont concernés.

Un produit innovant made in France

La jeune pousse mulhousienne, avec ses six salariés, est implantée localement et tient à le rester, fait savoir Romain Spinali. C’est que, selon lui, l’Alsace est au cœur d’un réseau de compétences dont il entend bien faire profiter son entreprise spécialisée dans des produits innovants. Produits innovants à l’intersection de différentes disciplines: textile, design, chimie, électronique, numérique, etc.

On travaille régulièrement avec l’Universite de Haute-Alsace sur la partie informatique. Sur ce projet de gants, on collabore avec Aya Kadjo  fraîchement diplômée de l’école de Chimie de Mulhouse”. Cette toute jeune ingénieure en chimie a créé sa propre entreprise. “J’étais chargée par Spinali Design de mettre au point le bain dans lequel est plongé le gant pour fixer le dioxyde de titane”, explique Aya Kadjo.

Avec ses voisins suisses et allemands, l’entreprise a noué des liens de partenariat, sur la partie électronique avec les premiers, pour la partie fil avec les seconds. Aujourd’hui, après quelques tâtonnements, le procédé est opérationnel: “On a eu plein d’échecs avant d’y arriver mais ça fait partie du processus de création”, ajoute Romain Spinali qui indique par ailleurs que le dépôt de brevet est en cours.

La commercialisation a débuté

Les gants sont vendus 59 euros sur le site internet de l’entreprise. Les commandes, quelques centaines, ont démarré à la mi-septembre et la fabrication a suivi dans la foulée. Sur le site de Mulhouse pour les particuliers, “où on peut en fabriquer huit cents par semaine”,  à Strasbourg pour les professionnels, où l’entreprise Médivice spécialisée dans les dispositifs à vocation médicale se charge de les commercialiser. Romain Spinali dit avoir reçu des demandes de la part des Anglais et des Américains. Pour faire face au flux de commandes qui se dessine, l’entreprise a pris contact avec des partenaires locaux pour pouvoir accélérer la production. En attendant, tout est prêt pour les premières livraisons début octobre.

Coup de gueule

Face à la volonté affichée par son entreprise de trouver des débouchés dans des produits innovants, Romain Spinali déplore, à l’inverse, l’apparent désintérêt des institutionnels et des élus locaux : “Excepté l’Adira, on n’a pas eu un acteur de développement économique mulhousien ou alsacien qui s’est intéressé à ce qu’on fait et c’est triste. Ni la CCI ni aucun développeur économique ne jouent leur rôle, ils sont aux abonnés absents”.

C’est à Bâle, par exemple, que l’entreprise développe et produira prochainement ses pansements connectés.Les Suisses viennent nous chercher pour qu’on aille là-bas et ici tout le monde s’en fiche. Ce qui se passe dans les coulisses du monde économique en France est affligeant”, se désespère Romain Spinali, tout en espérant que les choses bougent parce que pour lui “l’Alsace, c’est la Californie de l’Europe”. Puisse sa fibre d’entrepreneur innovant être reconnue à sa juste valeur, c’est tout ce qu’on peut souhaiter à Romain Spinali et à l’entreprise Spinali Design.

Source FR3.

“On a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête” : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19…

Plusieurs Ehpad ont dû reconfiner leurs résidents après des cas positifs de Covid-19. D’autres, qui ont pour l’instant échappé à l’épidémie, redoublent de vigilance pour limiter au maximum les risques de contamination.

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”, nous explique-t-on.

"On a l'épée de Damoclès au-dessus de la tête" : les Ehpad redoublent de vigilance pour éviter un retour du Covid-19. Archives.

Alors que le nombre de cas positifs au coronavirus augmente, certaines maisons de retraites ont été contraintes de reconfiner leurs résidents. C’est le cas par exemple à Digoin en Saône-et-Loire, où les visites sont suspendues à l’Ehpad des Opalines après la découverte d’un cluster. On y déplore deux décès et trois personnes hospitalisées. La campagne de dépistage engagée sur place a mis en évidence la contamination de 15 résidents sur 39. Lors de la première vague de l’épidémie, cet Ehpad comme les deux autres de la commune avaient été épargnés par le coronavirus.

À Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes, dans l’Yonne, le coronavirus est pour l’instant resté à la porte de l’Ehpad Bois-Lancy. C’est là où, au plus fort de l’épidémie, le personnel avait décidé de se confiner volontairement avec les 72 résidents. “En date du 29 mars, on a constitué deux équipes. La première est restée quinze jours à dormir avec les résidents de l’établissement. Et la deuxième équipe a pris le relais sur la deuxième quinzaine”, raconte Sonia Vast, la directrice. “On a eu quasiment 70% du personnel qui est resté confiné. C’était essentiellement des infirmières, des aides-soignantes et puis un membre de la direction dans chaque équipe”.

Quand on a eu le pic de l’épidémie en France, nous étions relativement protégés parce qu’on vivait en autarcie avec les résidents dans la structure.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

“Si on devait refermer de nouveau, on est prêt”

Depuis, le confinement a été levé et les portes de l’établissement icaunais ont pu rouvrir en juin. Mais des consignes strictes ont été mises en place. Outre le port du masque et le lavage des mains, les visiteurs doivent venir sur rendez-vous et il ne leur est pas possible d’aller en chambre. “On a aménagé deux salons à l’entrée du bâtiment, ça nous permet de nous assurer que les mesures barrières sont bien respectées, que le port du masque est bien maintenu”, détaille la directrice. Après le départ des visiteurs, le mobilier est entièrement désinfecté.

Depuis le mois de juin, le protocole n’a pas changé. Il n’est pas question pour l’instant de restreindre les visites. “Tant qu’on n’aura pas la recommandation de fermer les portes, je laisse les visites comme elles le sont aujourd’hui. C’est quand même important que les résidents aient une vie familiale. L’année est compliquée”, indique Sonia Vast. “Les personnes qui viennent visiter sont très sérieuses et ont bien pris en considération tout l’engagement que nous avions pris d’avoir dormi sur site.”

Je ne sais pas comment les semaines à venir vont se dérouler. Les équipes sont formées. Si on devait refermer de nouveau, on est prêt. On est capable de réagir en l’espace de quelques minutes.

Sonia Vast, directrice d’Ehpad

À Dijon, à l’Ehpad Les Cassissines, un petit tour de vis a été donné le 9 septembre. Alors que la visite en chambre était possible pendant quelques temps, il faut désormais se contenter des espaces communs. “De nombreux dysfonctionnements ont été constatés”, justifie Lorène Badet, la directrice de l’établissement qui appartient au groupe Korian.

Les horaires de visite ont cependant été élargis. Avant le 9 septembre, c’était possible de 14 à 17h en semaine et de 14h à 16h le week-end. Désormais, les visiteurs peuvent venir entre 13h et 18h tous les jours. “Le but est vraiment de garder la liberté des résidents et des familles, tout en maintenant la prévention et en les protégeant du Covid”, ajoute Lorène Badet.

Les sorties temporaires des résidents sont déconseillées. “Si toutefois les familles voulaient sortir leur résident, elles le pourront. Cependant il sera considéré à son retour comme un nouvel arrivant. Donc il aura un dépistage à son arrivée, un autre cinq jours après et il sera mis en confinement en chambre sept jours”, explique la directrice.

On ne sait pas ce qu’il se passe à l’extérieur, c’est beaucoup trop dangereux. Les chiffres montent, on le voit. On ne peut pas prendre de risque pour un résident et mettre en danger 86 résidents et nos salariés.

Lorène Badet, directrice d’Ehpad

“On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête”

Port du masque, lavage des mains, signature d’un registre et d’une charte par les visiteurs et prise de température : les mesures sont strictes mais elles sont là pour éviter un reconfinement. “Je n’espère pas en arriver là. Ce serait dramatique pour tout le monde. Aussi bien pour nos résidents, que pour les familles ou pour nos salariés. On y pense. On a forcément l’épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais c’est vraiment en faisant de la prévention auprès des familles, auprès des résidents, qu’on arrivera à garder le virus à l’extérieur”, indique Lorène Badet. Pour l’instant, l’établissement dijonnais n’a subi aucune contamination au Covid-19.

Dans plusieurs métropoles, les contraintes sanitaires sont durcies. À Lyon, les visites ont été réduites à deux personnes par résident et par semaine. À Marseille, la limite est fixe à deux visites par jour. Le maire de Nice, Christian Estrosi, a lui choisi de stopper toute visite dans les Ehpad municipaux.

Le président de la République Emmanuel Macron a assuré mardi 22 septembre ne pas vouloir “isoler à nouveau nos aînés”, lors d’une visite dans un Ehpad du Loir-et-Cher. Il a promis une loi “ambitieuse”, au début de l’année prochaine, pour répondre aux difficultés du secteur.

“Nous allons accompagner les responsables d’établissements pour que des règles soient édictées qui permettent justement une réaction proportionnée” face à l’épidémie, a déclaré le président à l’issue de sa visite. Il faut permettre aux personnes âgées de “continuer à voir la famille, celles et ceux qu’on aime, et continuer à avoir […] un minimum d’activité, de continuer à avoir des interactions parce que c’est aussi cela la vie”, a-t-il poursuivi.

Source FR3.

Montceau : la fausse médecin mise en examen et placée en détention provisoire…

Elle a été interpelée mercredi matin. Samantha A. a exercé comme médecin généraliste durant 4 mois au sein du centre de santé de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).

Elle avait été inscrite à l’ordre des médecins après avoir présenté un faux diplôme.

L’un de ses patients a été plongé dans le coma.

Le centre de santé Filiéris de Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire.

Samantha A. est mise en examen pour faux et usage de faux en écriture publique, exercice illégal de la médecine, blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui. La fausse médecin de Montceau-les-Mines a été présentée ce vendredi matin devant le juge A l’issue de son audition, elle a été placée en détention provisoire.

Samantha A.,  a 36 ans, se faisait passer pour médecin généraliste. Durant 4 mois, elle a pu exercer à Montceau-les-Mines avant que la supercherie ne soit découverte. La faussaire a été interpelée mercredi 23 septembre dans la matinée par la brigade de sureté urbaine de Montceau-les-Mines avant son placement en garde à vue. Après la consultation d’un expert psychiatrique en milieu d’après midi mercredi, son état a été jugé compatible avec la garde à vue. Jeudi matin, celle-ci a été prolongée. Samantha A. sera présentée au parquet vendredi matin en vue de l’ouverture d’une information judicaire et de la nomination d’un juge d’instruction.
La jeune femme a été placée en détention provisoire.

Depuis le mois de mai, la jeune femme donnait des consultations de médecine générale au centre de santé Filieris à Montceau-les-Mines. Ce groupe de santé, issu du régime minier, est ouvert à tout le monde, quel que soit le régime de sécurité sociale du patient. Filieris propose une offre de soins complète (centres de santé, établissements de santé, Ehpad et résidences pour personnes âgées, services de soins infirmiers et d’aide à domicile, vente et location de matériel médical, laboratoire de biologie, optique).

Le conseil de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire a tenu une conférence de presse mercredi 23 septembre 2020 pour faire le point sur le sujet. La jeune femme avait présenté un faux diplôme de docteur en médecine, prétendument délivré par la faculté de Paris 13 Sorbonne.

Un patient dans le coma

Un des patients de la fausse médecin a dû être placé dans le coma artificiel. Agé de 67 ans, il a placé près de 6 semaines en réanimation. ” Je ne lui pardonnerai jamais ! s’exclame Régine Gauthier son épouse. Je ne souhaite qu’une chose. S’il y a un procès, je voudrais me trouver en face d’elle. Je voudrais lui dire ce que j’ai à lui dire pour me soulager un peu. En espérant que mon mari se tire de ce mauvais pas, parce qu’il est vraiment au fond du gouffre !”

Deux plaintes ont été déposées auprès du procureur de Chalon-sur-Saône. Une enquête est ouverte pour faux et usage de faux en écriture publique, exercice illégal de la médecine, blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui. L’information judiciaire, qui devrait être ouverte vendredi matin, devra déterminer le nombre de victimes et l’ampleur du préjudice, notamment en collectant les dossiers médicaux.
L’auteur risque jusqu’à 5 ans d’emprisonnement.

“Aucun signe” détecté

De son coté, la direction de la maison médicale où la fausse médecin a travaillé durant 4 mois a, elle aussi, déposé plainte. Hervé Laborde, le directeur régionale de Filièris Est affirme qu’aucun signe n’avait été décelé. “Aucun signe depuis sa prise de poste jusqu’à lundi matin où je l’ai relevée de ses fonctions ! On a jamais eu aucune plainte de qui que ce soit. Jamais. C’est surprenant d’ailleurs”

Sur les raisons qui ont permis à cette personne d’exercer, le groupe de santé se contente de répondre : “Il y a un cadre légal pour autoriser des médecins à exercer. Il ne relève pas de Filiéris.”

La semaine dernière, le centre de santé Filieris a donné l’alerte et a informé le conseil de l’ordre qu’un médecin était suspecté de fraude au diplôme. La faussaire a été interrogée par le directeur général de Filieris lundi 21 septembre. C’est là qu’elle a reconnu qu’elle n’avait jamais fait d’études de médecine. Selon nos informations, elle a de nouveau reconnu les faits en garde à vue.

Comment ce faux médecin a pu être recruté ?

Chaque médecin qui veut exercer doit être reçu d’abord par un conseiller de l’ordre. On lui rappelle notamment ses obligations en matière d’ordonnance, d’information de la patientèle, etc.
Puis, chaque mois, l’ensemble des dossiers d’inscription sont examinés en séance plénière. Si aucun problème n’est évoqué, le conseil de l’ordre procède à l’inscription ce qui permet au médecin de commencer à travailler.

Mais, cette procédure a été bouleversée par l’épidémie de covid-19, plaide le conseil de l’ordre.
“Elle a téléphoné au mois d’avril pour demander son inscription. Comme on était alors en pleine période de confinement, toutes les formalités ont été effectuées par mail et par téléphone, car on n’avait pas le droit de recevoir les postulants”explique Gérard Montagnon, président de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire.

“A la vue de son dossier, rien n’a attiré notre attention. Quand je l’ai eue au téléphone, elle m’a dit qu’elle n’avait pas travaillé depuis trois ans, car elle avait élevé sa fille. Elle a indiqué qu’elle avait signé un contrat avec le centre de santé Filieris. On ne les interroge pas sur leurs connaissances médicales, car cela est fait par l’université et a été validé par un diplôme.” 

La jeune femme prétendait également avoir fait des stages d’interne dans plusieurs hôpitaux dont ceux de Bondy et Avicenne à Bobigny.

De son côté, le conseil de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire a alerté le procureur de la République de Chalon-sur-Saône et a également porté plainte pour exercice illégal de la médecine et abus de confiance.

Comment le faux médecin a été repéré ?

Un membre du personnel administratif du centre de santé Filieris, qui mettait de l’ordre dans ses documents, a trouvé une alerte lancée par l’ARS (Agence régionale de santé) en 2019 sur une personne portant le même nom que le docteur de Montceau.

L’alerte indiquait que cette personne tentait de se faire passer pour infirmière et qu’elle avait essayé de s’inscrire dans le listing Ameli alors quelle n’avait pas de diplôme.
C’est ainsi que la fraude a été mise au jour. “Il n’y aurait pas eu ce document, elle passait à travers”, a précisé Gérard Montagnon.

“On va tirer les conséquences de cette affaire”, a assuré le président de l’ordre des médecins de Saône-et-Loire, notamment au niveau de “la vérification de l’authentification des diplômes”. “Il est évident qu’il y a une procédure à revoir et on sera beaucoup plus stricts à l’avenir.”

Source FR3.

Covid-19 : le bilan à l’Ehpad de Sévérac d’Aveyron est désormais de seize morts…!

Selon l’Agence régionale de santé, “la situation commence à se stabiliser”.

L'Ehpad de Severac d\'Aveyron (Aveyron), le 14 septembre 2020.

Seize résidents sur les 75 que compte l’Ehpad Gloriande de Séverac d’Aveyron sont morts du Covid-19 depuis le début du mois de septembre, annonce vendredi 25 septembre l’Agence régionale de santé d’Occitanie. “La situation commence à se stabiliser. Les personnes les plus fragiles, des personnes en fin de vie, sont décédées”, a relevé le responsable de l’ARS dans l’Aveyron, Benjamin Arnal.

Plus aucun résident de cet Ehpad n’est hospitalisé pour cause de Covid-19. Début septembre, des symptômes de la maladie sont apparus chez plusieurs résidents et salariés. Les tests réalisés les jours suivants avaient révélé une infection massive.

Seulement 16 occupants de l’établissement n’avaient pas été infectés par le virus. La plupart d’entre eux ont été placés dans une “unité protégée” de l’Ehpad, séparés du reste des résidents porteurs du virus.

Source FRANCE INFO.

Covid : “je veux continuer à faire classe”, le difficile port du masque pour les enseignants asthmatiques…

Télétravail et certificat d’isolement, c’est la solution proposée à une enseignante souffrant d’une pathologie incompatible avec le port du masque. Myriam Paolini-Fergani est asthmatique et refuse de lâcher ses élèves.

Elle demande un aménagement de poste.

Myriam Paolini-Fergani devant ses élèves du lycée Jeanne d'Arc de Bastia (Haute Corse)

S’il est un corps de métier ou le présentiel était affiché – par le ministre de tutelle lui-même – comme LA règle de cette rentrée sur fond de Covid, ce sont bien les enseignants.

Mais trois semaines après la reprise de l’école, force est de constater que cette règle a besoin d’exceptions.

Que faire des enseignants qui, en raison de pathologies, ne peuvent supporter le masque, mais veulent assurer leurs cours devant les élèves ?

J’y vais à reculons parce que je sais que je vais souffrir

Myriam Paolini-Fergani, enseignante

Myriam Paolini-Fergani, en poste à Bastia, croyait avoir trouvé la solution. Mais le rectorat lui a dit non.

Pour cette enseignante certifiée qui souffre d’asthme, dispenser des cours de 55 minutes, 55 minutes multipliées par le nombre de cours d’une journée, tout en portant le masque en permanence, c’est une torture.

“Pour la première fois de ma carrière, avec un métier que j’ai choisi et que j’adore, j’y vais à reculons parce que je sais que je vais souffrir “.

La visière ? refusée

Myriam s’en est ouvert à sa hiérarchie. “J’ai proposé de porter une visière, ajouté à une distanciation de deux mètres des élèves ; le médecin qui s’occupe de l’établissement n’y voyait pas de contre-indication, le chef d’établissement non plus. Mais le médecin référent du rectorat a refusé. On nous a répondu : le masque est obligatoire, sans aucune exception”.

Si Myriam ne peut travailler masquée, l’alternative proposée jusque-là était limpide : télétravail ou arrêt maladie.

“Je ne veux surtout pas arrêter ! A trois semaines de la rentrée, il sera impossible d’instaurer avec des élèves des relations de travail. J’ai 13 ans d’expérience, je sais que ça ne marchera pas. Je ne veux pas abandonner mes élèves, surtout ceux qui passent le bac”.

Pour l’arrêt maladie, Myriam est encore plus catégorique : “je ne suis pas malade !”.

Un certificat d’isolement… compris comme un confinement

Dans un courrier du 18 septembre, le rectorat vient de préciser sa position : plus question d’arrêt maladie lorsqu’on n’est pas souffrant, mais de “certificat d’isolement”.

“Le texte dit que je peux être trois jours en télétravail et le reste du temps en isolement. Ca veut dire confinée ! Ca dit aussi que sur avis du médecin, je peux demander une adaptation de poste sauf qu’on me l’a refusée !”.

Télétravail ou masque de type 2

Interrogé dans nos locaux à Bastia ce mardi, le directeur académique de Haute-Corse précise : “On a une liste de pathologies qui sont reconnues et validées par le Conseil scientifique. Ces enseignants vulnérables de santé ne peuvent pas être devant l’élève. Ils sont déjà en télétravail”.

Et Christian Mendivé d’ajouter : “Les enseignants qui ont d’autres pathologies, non répertoriées à risque, sont devant l’élève avec un masque de type 2”.

Quant à l’adaptation demandée par Myriam Paolini-Fergani, la visière, le représentant de l’Education nationale botte en touche : “Les choses ne sont pas stabilisées sur cette question-là. Pour l’instant, on reste sur le même type de masque, les masques tissus grand public distribués par le ministère”.

Sauf qu’ils ne répondent pas aux besoins spécifiques de tous ces enseignants qui sans être malades ou très vulnérables, estiment ne pas pouvoir exercer leur métier dans des conditions acceptables pour eux et pour les élèves.
Source FR3.

Coronavirus à Bordeaux : « Les étudiants représentent une population fragile à risque », estime un chercheur…!

Le professeur d’épidémiologie de l’université de Bordeaux, Christophe Tzourio, explique les enjeux d’une étude menée depuis le printemps dernier sur les effets du confinement et de l’épidémie de Covid-19 sur la santé des étudiants.

Coronavirus à Bordeaux : « Les étudiants représentent une population fragile à risque », estime un chercheur

  • Une étude a été lancée au printemps sur les conséquences du confinement et de l’épidémie de Covid-19 sur la santé mentale des étudiants.
  • Elle va se poursuivre jusqu’au printemps 2021 mais les premiers résultats montrent que les indicateurs de santé mentale des étudiants sont dégradés par rapport aux non-étudiants.
  • Vivant des périodes marquées par de grands changements et à un âge où ils ont besoin de relations sociales, les étudiants sont considérés comme particulièrement vulnérables.

Christophe Tzourio, professeur d’épidémiologie à l’université de Bordeaux, coordonne l’étude I.share, qui suit différents aspects de la santé des étudiants sur dix ans. En parallèle, il collabore sur un an à l’étude Confins, qui s’intéresse aux effets spécifiques de l’épidémie de Covid-19 sur leur santé mentale.

Quel est l’objet de cette collaboration d’I. share à l’étude Confins, qui s’intéresse aux effets de l’épidémie sur la santé des Français ?

Avec cette étude, on veut connaître les répercussions psychologiques de l’épidémie et du confinement sur la santé mentale des étudiants. Les aspects infectieux, on les connaît et on les maîtrise plus ou moins bien, mais par contre, ce qu’on a appris aussi des épidémies antérieures comme le SRAS, c’est qu’elles s’accompagnent de conséquences psychologiques qui peuvent être redoutables.

Il y a la peur de l’épidémie en elle-même, qui touche tout le monde, l’appréhension des conséquences économiques mais aussi l’isolement social. Il a été extrême lors du confinement mais il reste d’actualité car la distanciation des liens sociaux continue alors que l’épidémie repart. On veut savoir quelles sont les conséquences sur la santé mentale des étudiants et les comparer à un public non étudiant.

Comment a été réalisée cette étude ?

On a commencé pendant le confinement en recrutant sur les réseaux sociaux quelque 2.000 étudiants et 3.500 participants au total. Les non-étudiants, s’ils sont plus âgés que les étudiants, présentent des caractéristiques comparables : par exemple, il y a le même pourcentage de femmes et ils partagent les mêmes représentations sur l’épidémie. Ce sont des groupes comparables et on constate que les indicateurs de santé mentale sont plus dégradés chez les étudiants. Ces derniers représentent une population fragile à risque au moment de cette épidémie et demandent une attention particulière.

Quels sont les chiffres marquants que vous retenez à ce stade de l’étude ?

Avec nos échelles classiques, on observe qu’en termes de fréquence, il y a presque deux fois plus d’étudiants que de non étudiants, stressés, déprimés, anxieux, ce qui est absolument considérable. Et, si on fait appel à des modèles un peu plus sophistiqués (appelés multivariés), les étudiants ont 50 à 70 % de risques supplémentaires d’avoir des symptômes anxieux ou dépressifs élevés. Ce sont des chiffres importants qui montrent que c’est une population fragile. Et les perturbations continuent actuellement, tout est encore haché.

Pourquoi le public étudiant est-il particulièrement fragile ?

Au tout début de la carrière universitaire, c’est un bouleversement très important. Les étudiants sortent d’un environnement familial enveloppant et se retrouvent dans un milieu très différent, avec des milliers d’étudiants. Tout est nouveau, et il y a du positif là-dedans bien sûr, mais cela crée de multiples ruptures difficiles à gérer. Les études sont difficiles et ils comprennent rapidement que leurs diplômes, s’ils vont les aider, ne suffiront sûrement pas pour trouver un travail. C’est aussi une époque où ils peuvent découvrir le binge drinking et différentes drogues. Pour la plupart cette période est simplement une étape mais d’autres peuvent basculer vers des pathologies psychiatriques.

On sous-estime le mal-être de cette catégorie de la population ?

On considère que c’est le plus bel âge de la vie, que les étudiants sont libres et qu’ils n’ont pas de problème de santé. Les « sachants » sous-estiment la tension qu’ils vivent et qui n’était pas la même il y a 10 ou 20 ans. Décrits comme insouciants et fêtards, la plupart ont pourtant pris l’épidémie très au sérieux. Pendant le confinement, certains ne profitaient même pas de l’heure de sortie autorisée et c’était les copains qui leur amenaient des sacs de courses. Ils entendent les messages sanitaires mais ce sont des êtres beaucoup plus sociaux qui ont besoin (physiquement) de se retrouver, de se voir. Il y a eu un relâchement, certes, mais parce qu’ils ne pouvaient pas faire autrement.

Comment accompagner les étudiants dans ce contexte ?

A l’université de Bordeaux, on est très attentifs et convaincus qu’ il faut être plus empathique dans nos actions. On réfléchit, par exemple, dans le cadre de la cellule Covid, dont je suis le référent, à un système de parrainage. Certains experts disent que la vraie épidémie sera une épidémie de maladies mentales, mais elle est décalée, moins perceptible et les gens sont moins vigilants là-dessus. En tout cas, le plus tôt on envoie des messages et on met en œuvre des actions de vigilance, et plus facilement on passera ce cap-là.

Source 20 MINUTES.