Charente-Maritime : un centre spécialisé accueille les adultes autistes à Gémozac… Vidéo…

En Charente-Maritime, à Gémozac, un centre spécialisé accueille des adultes autistes en logement définitif.

C’est une initiative de l’association Emmanuelle qui oeuvre pour la prise en charge et la réinsertion des personnes atteintes de troubles autistiques.

Le centre pour adultes autistes de Gémozac a été conçu comme un village avec une place centrale propice aux rencontres. / © France Télévisions

La France compte environ 600 000 personnes touchées par l’autisme mais les centres pour accueillir les adultes souffrant de ce handicap ne sont pas assez nombreux et de très nombreux malades doivent être placés en hôpital psychiatrique ou des dans structures qui ne leur sont pas adaptées.

Le nombre de structures adaptées nettement insuffisant

Le nombre des établissements spécialisés pour les adultes est nettement insuffisant et moins important que ceux destinés aux enfants.
En février 2018, la HAS (Haute Autorité de Santé) constatait dans une recommandation que “l’offre d’accompagnement des adultes autistes est moins développée et structurée que pour l’enfant.”

“Pourtant, arrivée à l’âge adulte, une personne autiste doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement favorisant son autonomie, son inclusion dans la vie de la cité et la mise en œuvre de ses droits au quotidien.” ajoutait la HAS.

La Haute Autorité de Santé recommandait alors de développer à la fois les services pouvant maintenir les adultes autistes à domicile et de renforcer l’offre en établissements médico-sociaux spécialisés. Pour certains adultes autistes, il s’agit parfois de la seule solution adaptée.

“On note là aussi que l’offre est insuffisante : moins de 7 000 places en 2014 et plus de 1 000 adultes vivant encore dans des établissements pour adolescents faute de place.” constate l’HAS.

“Redonner l’espoir de vivre”

La  Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) de Haute Saintonge que l‘association Emmanuelle a ouvert à Gémozac est le second de ce type en Charente-Maritime après la maison de Châtelaillon-Plage. Il propose 28 logements individuels.

Les repas sont pris en commun mais ils sont adaptés à chacun. Les résidents trouvent ici un accueil mais aussi un véritable apprentissage de la vie avec différents ateliers dont ceux tournés vers l’agriculture.

“Ces ateliers les apaisent pour certains et leur permet de prendre conscience qu’il existe d’autres choses en dehors d’eux, d’autres êtres vivants qu’eux” explique Valérie Vincent, la directrice de la MAS de Haute Saintonge.

Les effets de cette pédagogie et de l’accueil spécialisé proposé à chaque résident se font déjà sentir et ont permis dans certains cas de diminuer le traitement médicamenteux. Une étape importante pour l’Association Emmanuelle qui affiche ses ambitions : “permettre aux autistes adultes de retrouver leur dignité et de retrouver un espoir de vivre et un avenir”.

Le reportage réalisé à la MAS de Haute saintonge par Alain Darrigrand, Julia Vandal et Jennifer Russeil :

Source FR3.

Un job coach pour aider les jeunes autistes à trouver du travail… Vidéo…

Depuis 2012, l’association Handisup basée à Rouen, propose aux jeunes autistes qui le souhaitent d’être accompagné par des job coachs.

Un job coach pour aider les jeunes autistes à trouver du travail

Ils les aident à décrocher des stages ou des emplois dans des entreprises. Les job coachs réalisent en amont un travail avec les jeunes autistes mais ils se déplacent également dans les entreprises pour sensibiliser le personnel à l’autisme. Exemple chez Thales à Ymare où Sébastien, jeune bachelier, va travailler cet été.

L’autisme touche aujourd’hui 1 enfant sur 1000 en France, des chiffres qui ne cessent de progresser. Pour aider les jeunes autistes dans leurs démarches pour trouver des stages ou des emplois, depuis 2012 l’association a mis en place des job coachs. Ils permettent de préparer le jeune et l’entreprise qui l’accueille pour que tout se passe bien.

A Rouen, cette année, l’association Handisup accompagne ainsi 135 lycéens ou étudiants autistes. Parmi eux Sébastien, qui vient toujours d’avoir le baccalauréat. Il effectuera cet été son premier job d’été chez Thales à Ymare.
Cet été 6 jeunes suivis par l’association Handisup seront embauchés en emploi d’été ici chez Thales.

Des CDD d’été, qui ont été préparés en amont par la job coach d’Handisup en plusieurs étapes. Une préparation du jeune pour qu’il soit prêt à découvrir le monde de l’entreprise sans stress.

Quelques semaines avant l’été, Handisup organise une visite d’entreprise afin que les jeunes découvrent leur environnement de travail. La plupart veulent également savoir quel sera leur fonction exacte.

Au sein de l’entreprise, chaque jeune un parrain, un référent en cas de besoin. Après un premier temps consacré à la visite, la deuxième partie de l’après midi est une sensibilisation qui s’adresse aux futures collègues des jeunes autistes.

Un Nouveau métier et un guide

La sensibilisation est menée par Marion qui est job coach , un métier crée en 2012 dans l’association pour répondre à l’augmentation du nombre de jeunes étudiants autistes. La job coach explique aux salariés les spécificités de l’autisme et leur donne quelques conseils sur l’attitude à adopter.
Elle leur distribue également un guide, appelé SIMON, qui donne quelques exemples concrets. C’est le seul guide de ce type aujourd’hui, il est téléchargeable en ligne.

Médiatrice entre le jeune et l’entreprise, la job coach sera ainsi joignable en cas de problème au moment du stage et du CDD.

Cet accompagnement n’est pas systématique, il a lieu uniquement pour les jeunes qui en expriment le besoin.

Une méthode efficace

“Dans quelques semaines, Louis, 18 ans occupera ici son premier emploi d’été. Grâce à la visite et au travail de Marion en amont, il est aujourd’hui plus serein.”
Le site Thales d’Ymare travaille depuis 10 ans avec l’association Handisup, un partenariat qui a permis plusieurs embauches en CDI.
A Ymare le taux d ’emploi de personnes en situation de handicap est de 6.71%, au dessus des obligations légales, un élément de diversité devenu culture d’entreprise.

Cet été 9 jeunes autistes ont été embauchés grâce au travail des jobs coachs.

Source FRANCE 3.

Saint-Etienne : Chloé, autiste Asperger, a eu son bac littéraire mention “très bien”…

Chloé Girardi est autiste Asperger, malgré son handicap, elle a obtenu son bac mention “très bien” ce vendredi.

Prochain objectif pour elle : la fac d’anglais.

Saint-Etienne : Chloé, autiste Asperger, a eu son bac littéraire mention "très bien". Chloé Girardi et sa maman Marie.

Réussir le bac brillamment avec un handicap, c’est possible !  Chloé, jeune Stéphanoise de 18 ans et autiste Asperger a obtenu son bac littéraire avec la mention “très bien” ce vendredi.  

Malgré son handicap, la jeune fille a besoin plusieurs fois par semaine de l’aide d’un AVS (auxiliaire de vie scolaire). Chloé est brillante mais ce résultat reste une surprise pour elle. “C’est un rêve qui se réalise, c’est incroyable,  je n’arrive pas à y croire” s’étonne encore la jeune fille qui a eu 16 de moyenne au bac. 

Tout est possible selon le handicap que l’on a — Chloé Girardi

La jeune fille va maintenant s’inscrire en fac d’anglais pour être “prof d’anglais“. “Je refuse de faire une croix dessus malgré ma situation, je veux prouver que c’est possible à toutes les personnes qui ont moins de chance à cause de leur handicap” ajoute Chloé.

Depuis son enfance ses parents se battent pour qu’elle soit scolarisée alors aujourd’hui ce résultat est une vraie fierté pour Marie sa maman mais elle appréhende surtout le passage à la fac. “C’est un peu la grande inconnue, on était tellement concentré sur le bac. Mais maintenant il n’y aura plus les mêmes encadrements qu’au lycée comme une auxiliaire de vie qu’on a eu jusqu’en terminale” s’inquiète la maman.

Toutes deux vont aller se renseigner au bureau des personnes handicapées à la faculté de Saint-Etienne. La maman envisage également d’accompagner Chloé en cours les premiers jours.

Source FRANCE BLEU.

Bientôt un congé indemnisé pour les aidants…

La ministre de la Santé a annoncé la création d’un congé rémunéré pour les personnes qui soutiennent un proche âgé, malade ou handicapé.

L’objectif est de leur permettre de concilier vie professionnelle et vie d’aidant.

Bientôt un congé indemnisé pour les aidants

Le gouvernement va créer en 2020 un congé indemnisé pour les “aidants” qui soutiennent un proche âgé, malade ou handicapé, a assuré mercredi 3 juillet la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buyzn. Elle a précisé que cette mesure figurerait dans le prochain budget de la Sécurité Sociale.

“Je peux déjà vous dire que parmi les axes majeurs de ce plan figurera la conciliation de la vie professionnelle et de la vie de proche aidant. Pour la faciliter, nous allons créer un congé de proche aidant, indemnisé, dès la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale“, a déclaré Mme Buzyn lors d’un discours devant des professionnels du secteur médico-social

Un plan prévu pour l’automne

Cette question des aidants, qui “dépasse la question des personnes âgées”, fera l’objet d’un “plan” dont les détails seront annoncés à l’automne avec la secrétaire d’Etat chargée du handicap, Sophie Cluzel, a précisé la ministre .

Lors de sa conférence de presse du 25 avril, le président Emmanuel Macron avait souligné la nécessité de mieux “reconnaître” le rôle des aidants familiaux.

Des droits à la retraite spécifiques ?

Il faudra notamment “leur bâtir une place pendant la réforme des retraites et leur construire des droits”, avait dit le chef de l’Etat, évoquant “celles et ceux, souvent les femmes, qui ont mis entre parenthèses ou sacrifié leur vie professionnelle pour s’occuper d’un enfant en situation de handicap, d’un proche, une personne de la famille devenue dépendante”.

En avril, Mme Buzyn avait également évoqué la possibilité d’instaurer des “droits contributifs à la retraite” pour les aidants.

Un congé pour l’instant non rémunéré et limité à 3 mois

Dans l’état actuel de la législation, les aidants ont le droit de prendre un congé pour s’occuper de leur proche, pendant trois mois maximum (sauf éventuelle disposition plus favorable dans la convention collective). Mais ce congé n’est pas rémunéré, et seul un très petit nombre de personnes demande donc à en bénéficier.

Source FRANCE INFO.

Rennes. L’inclusion au cœur d’un projet scolaire…

Des élèves des Cloteaux et de l’unité d’enseignement pour autistes ont coécrit un livre pour une maison d’éditions.

Pendant six mois, les enfants ont contribué avec leur singularité et leurs talents spécifiques à une création collective

« Je pense que les élèves qui ont participé à ce projet vont garder en mémoire ces moments partagés pendant longtemps », confie Anne Rousseau, enseignante.

« Ce parcours nous a marqués aussi, renchérit son collègue, Bruno Commarmond. Faire travailler ensemble enfants valides et en situation de handicap était un pari. Finalement, l’entraide et l’acceptation des différences ont fonctionné, et chacun y a trouvé son compte. »

À l’origine, l’idée était de créer un album jeunesse. C’était le défi de l’Amisep, Association bretonne qui agit pour l’insertion sociale et professionnelle. Elle a donc confié aux Ateliers Art Terre la conception et la mise en œuvre de ce projet.

Pendant six mois, les enfants ont contribué avec leur singularité et leurs talents spécifiques à une création collective à leur image.

« Chacun a été mis à contribution »

« Cela nous a énormément mobilisés », racontent les enseignants qui ont été assistés par des éducatrices. « Il a fallu créer des personnages, des univers, écrire un scénario. » Tout a été complété par des sorties sur le terrain pour collecter des matériaux et créer un labyrinthe, un volcan, une jungle, une île…

« Chacun a été mis à contribution pour avancer des propositions, faire des choix… »

L’excitation est montée d’un cran lorsque Paskal Martin, photographe aux Ateliers Art Terre, est venu faire des photos pour l’illustrer l’album. Puis, tout ce petit monde a pris la direction de l’imprimerie.

Au final, cela donne un album d’une grande humanité. L’histoire du petit renard Akiro qui vient en aide à des habitants en traversant des contrées inconnues, peuplées de monstres et aussi de bons génies est à la fois touchante et poétique. « En quelque sorte, une belle histoire sur la confiance en soi et le courage qui font grandir », selon les porteurs du projet.

Akiro, édition atelier Art Terre, 10 €

Source OUEST FRANCE.

La jeune autiste du film “La vie rêvée d’Amanda” s’est éteinte…

Amanda Rousseille s’est éteinte lundi 24 juin à l’âge de 44 ans des suites d’une longue maladie.

Sa maman Jill Eméry lui a consacré son premier film : « La vie rêvée d’Amanda ». Un long-métrage diffusé au cinéma et à la télévision.

La jeune autiste du film "La vie rêvée d’Amanda" s’est éteinte

Amanda Rousseille s’est éteinte lundi 24 juin à l’âge de 44 ans des suites d’une longue maladie. Sa vie fut un rêve dont la mort l’a réveillé.

Elle était autiste. Cette maladie qui enferme les personnes dans leur monde. Amanda, on la connaît bien. Jill Eméry, sa maman, célèbre réalisatrice de films documentaires, demeurant à Besançon, lui a consacré son magnifique premier film : « La vie rêvée d’Amanda ». Un long-métrage plébiscité par la critique en 2003, diffusé au cinéma et de nombreuses fois à la télé.

Jill Eméry a filmé avec une extrême justesse le quotidien de sa petite fille Amanda , qui avait alors 26 ans, au foyer pour autistes de Moirans-en-Montagne.

Pleine de vie

Elle en a dressé un portrait sensible, à fleur de peau et plein d’amour. Amanda est pleine de vie, elle est amoureuse, elle parle, elle rit, elle chante mais demeure enfermée dans son monde de rêves peuplé de princesses et de princes charmants.

La jeune autiste à la bouille ronde et aux grands yeux expressifs, est profondément elle-même. Ce qui la rend d’autant plus touchante. Après Moirans-en-Montagne, Amanda passera les 20 dernières années de sa vie au foyer d’Hérimoncourt.

L’autisme d’Amanda s’est révélé progressivement. « Bébé, elle faisait beaucoup de crises d’épilepsie », raconte sa maman, « C’était une petite fille différente. Trop franche et sincère, elle a été longtemps rejetée par tout le monde. Elle a grandi dans un milieu protégé entre sa sœur, Amélie et moi-même. Face au rejet, dont elle était victime, la famille était devenue son cocon qu’il lui a été très difficile de quitter pour un institut spécialisé. Finalement, elle a trouvé sa place au foyer. Elle a été heureuse de vivre jusqu’au bout et très courageuse dans l’épreuve », ajoute-t-elle.

Nombreuses distinctions

D’origine gallo-anglaise, Jill Eméry est la collaboratrice du réalisateur Jean-Michel Carré, dont le travail a toujours consisté à donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais. Elle a réalisé de nombreuses coproductions internationales. Son dernier film : « L’Ukraine, de la démocratie au chaos » en 2013 a décroché de nombreuses distinctions. Il a été diffusé dans 20 pays à travers le monde. La maman d’Amanda fut aussi professeure d’anglais en lycée et classes préparatoires à Besançon.

Les obsèques d’Amanda auront lieu ce samedi 29 juin à 10 h, au temple protestant, 5, rue Goudimel, suivies de l’inhumation au cimetière des Champs-Bruley

Nos condoléances.

Source EST REPUBLICAIN.

Francis Perrin et son fils autiste jouent Molière au festival Arts Musez Vous de Gradignan…

Père et fils ont créé ensemble cette pièce pour combattre les préjugés sur l’autisme.

Francis Perrin et son fils autiste jouent Molière au festival Arts Musez Vous de Gradignan

Francis et Louis Perrin brossent Un portrait de Molière en 50 minutes à deux voix, dans le cadre du festival Arts Musez Vous de l’Institut Don Bosco à Gradignan. Une création originale émouvante pour repousser les préjugés sur l’autisme.

Depuis le jour où le diagnostic est tombé, il y a 14 ans, Francis Perrin et son épouse se battent pour donner à Louis les mêmes chances qu’aux autres enfants. Ils se battent aussi contre la fatalité, et contre les assertions définitives. En 2004, un spécialiste de l’autisme leur enjoint de “faire le deuil de leur enfant”. Une phrase indélébile qu’ils n’acceptent pas. Ils optent pour l’Analyse appliquée du comportement (Applied Behavior Analysis), un traitement de stimulation non médicamenteux.

Ils ont raconté leur combat dans un livre Louis, pas à pas (JC Lattès, 2012) qui donna ensuite naissance à Presque comme les autres, un téléfilm de France 2, en 2016.

Aujourd’hui, Louis a 17 ans et se produit sur scène avec son père dans cette pièce inspirée de la vie de Molière. “Je suis vraiment étonné de ce que fait Louis maintenant, quand je sais d’où il est parti…de son autisme sévère, jusqu’à maintenant, c’est une belle réussite pour lui et surtout il est heureux”, confie Francis Perrin.

Père et fils se produisent ce jeudi 20 juin à 21h à Gradignan, dans le cadre de la huitième édition du festival Arts Musez Vous, organisé par l’Institut Don Bosco.

L’institution oeuvre dans le domaine médico-social et accueille plus de 850 jeunes et adultes. “Nous sommes toujours surpris par les capacités de ces enfants ou de ces jeunes qui, au-delà de l’idée que l’on s’en fait, sont avant tout des hommes et des femmes qui ont des potentiels et il est important que le public les regarde”, estime Michel Labardin, le directeur général de l’Institut Don Bosco.

Source FRANCE INFO.

Education: L’Etat promet d’améliorer l’accueil des élèves atteints de handicap… et peine à convaincre…!

EDUCATION Différentes mesures sont prévues pour la rentrée prochaine.

Education: L'Etat promet d'améliorer l'accueil des élèves atteints de handicap... et peine à convaincre.

  • Comme l’a promis ce mardi le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, et la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, Sophie Cluzel, le gouvernement souhaite mettre en place une école pleinement inclusive.
  • Parmi les moyens évoqués, figurent l’accompagnement des parents, la formation des enseignants et la reconnaissance du métier d’accompagnant.
  • Autant de mesures qui peinent à convaincre syndicats et associations.

L’école pour tous. Et vraiment pour tous. En déplacement ce mardi à l’école Anatole France de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et la secrétaire d’État en charge des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, ont annoncé une série de mesures pour parvenir à une école pleinement inclusive pour les enfants atteints de handicap à la rentrée prochaine.

Le but : offrir à chacun de ces élèves « une rentrée similaire à celle de tous les autres enfants », via l’accompagnement des parents, la formation des enseignants, ou encore la professionnalisation du métier d’accompagnant. Car les enfants scolarisés dans des établissements dits ordinaires sont de plus en plus nombreux. Ainsi, selon les derniers chiffres du ministère de l’Education, 340.000 élèves en situation de handicap étaient scolarisés en France en 2018, contre 118.000 en 2006. Et le nombre d’élèves accompagnés par un adulte était de 166.000 l’an dernier, contre 26.000 en 2006.

Des parents renseignés

Jean-Michel Blanquer et Sophie Cluzel jugent « indispensable de mieux accompagner les familles ». Concrètement, cela passe par une meilleure écoute auprès de parents, avec la mise en place d’une « cellule de réponse » aux familles. Instaurée dans chaque département à partir du mois de juin jusqu’en octobre, elle sera opérationnelle tous les ans. Le but est de pouvoir renseigner les parents sur les dispositifs existants pour l’accueil, mais aussi d’apporter des réponses centrées sur le cas spécifique d’un élève. Et le gouvernement a l’ambition que chaque appel passé trouve une réponse dans les 24 heures.

Toujours dans le but de « simplifier les démarches pour les familles », la rentrée 2019 doit voir apparaître un entretien d’accueil entre la famille de l’élève, le prof (l’enseignant de la classe s’il s’agit du premier degré, le professeur principal dans le second degré) et le ou les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Une rencontre qui devra se faire lors de la prérentrée, ou, si ce n’est pas possible, au plus tard avant les vacances de la Toussaint.

Une initiative qui répond à un véritable besoin, car comme le fait remarquer Jean-Louis Garcia, président de l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh), « pour un couple ayant un enfant atteint de handicap, voir arriver la rentrée sans savoir comment cela se passe, comment l’élève est accompagné, c’est une forme de maltraitance ». Reste que, selon le responsable, même en cherchant le plus vite possible des réponses aux questions des parents, le délai annoncé de 24 heures est « tout simplement ingérable ».

Une formation accrue des enseignants

Autre volonté du gouvernement : améliorer la formation des enseignants vis-à-vis des élèves présentant une situation de handicap. Sera mise en place, pour la rentrée prochaine, une plateforme dédiée, baptisée Cap École inclusive. Elle est censée donner aux enseignants des références et conseils simples à appliquer directement en classe. Autre outil utilisable via cette plateforme, une carte interactive pour savoir, selon le département, quels sont les professeurs « ressources » à contacter pour obtenir des conseils pédagogiques. Par ailleurs, le ministère veut mettre l’accent sur la formation continue des enseignants en matière de handicap, via des modules supplémentaires, mais sans toutefois évoquer la question de la formation initiale. Et c’est là que le bât blesse, selon Bénédicte Kail, de l’association APF France Handicap, interrogée par France Info : ​« Ce qui manque, c’est la formation initiale des enseignants. On sait bien que faire avancer l’école inclusive, c’est avant tout faire en sorte que les enseignants soient à même de répondre en termes d’aménagements et d’adaptation pédagogique ». Même son de cloche chez Jean-Louis Garcia, pour qui les enseignants sont formés « en cas de besoin, grâce à leur conscience professionnelle, mais pas de manière généralisée. Il faut une véritable volonté politique et financière, et le compte n’y est pas ». Déçue aussi Hélène Elouard, AESH à Bordeaux et représentante du Collectif AESH National CGT Educ’Action, estime qu’on « demande déjà aux enseignants de gérer de nombreuses taches en parallèle ». Il faudrait donc aller, selon elle, vers des formations groupées, pour une meilleure cohésion : « Des modules entre les enseignants et les accompagnants sont indispensables ».

Une professionnalisation des accompagnants

Le ministère souhaite aussi professionnaliser le statut d’AESH. Dans le cadre du projet de loi pour une « école de la confiance », les députés ont notamment voté, en février, le fait qu’ils soient recrutés en CDD de trois ans, renouvelable une fois, avant de passer en CDI. Une annonce qui ne satisfait pas Hélène Elouard, qui parle de « toute petite avancée » et met en avant la « précarité » des personnes effectuant cette mission. « Deux CCD de trois ans avant un CDI, mais dans quelle autre profession voit-on une telle période d’essai ? Où est la reconnaissance ? », s’indigne-t-elle. Sans compter qu’ « il n’y a aucune hausse des salaires, ni plan de carrière annoncé ». Autre levier que souhaite activer le gouvernement : augmenter le temps de travail moyen des AESH, qui est actuellement de 24 heures par semaine. La majorité d’entre eux n’est pas donc pas à temps plein – aux 35 heures –, avec des salaires compris entre 600 et 700 euros nets par mois. « L’objectif est d’arriver à 30 % de temps plein à la rentrée », annonce le ministère, sans préciser le budget qui sera alloué à cette mesure. Enfin, la formation des AESH, de 60 heures, doit être garantie à la rentrée prochaine. Un total « ridicule », estime Hélène Elouard.

Une mutualisation des personnels

Expérimentés dans toutes les académies depuis la rentrée dernière, les pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) seront pour leur part progressivement généralisés dans les écoles, collèges et lycée concernés d’ici à 2022. Leur mission : coordonner les membres de l’équipe éducative pour répondre aux besoins pédagogiques de l’enfant. Et ce, notamment, en mutualisant les AESH pour accompagner les élèves. « Un accompagnant va ainsi devoir passer moins de temps avec un enfant, et plus avec un autre », explique Hélène Elouard. Même si « les choses commencent à bouger concernant les PIAL, reconnaît Jean-Louis Garcia, cette mutualisation généralisée ne permettra pas de prendre en compte les besoins spécifiques de certains enfants. L’intérêt premier de l’enfant est abandonné, et cela signifie une gestion comptable du handicap ». Regrettant au final de « ne pas avoir été concerté » concernant ces mesures, le président de l’Apajh « attend de voir » si les annonces de ce mardi seront suivies d’effets. L’attente ne devrait pas être trop longue, puisque la rentrée aura lieu… dans moins de trois mois.

Source LE PARISIEN.

 

La mère d’un petit garçon autiste a essayé d’interpeller Emmanuel Macron à Ornans (25)…

Charlotte Dodet, mère du petit César 6 ans se bat pour trouver une structure d’accueil adaptée pour son fils autiste.

Ce lundi, elle a essayé d’interpeller le président Emmanuel Macron à Ornans. 

La mère d'un petit garçon autiste a essayé d'interpeller Emmanuel Macron à Ornans . Le petit César a des difficultés à s'exprimer selon sa mère mais a fait des progrès en structures adaptées.

Malgré son insistance, les gendarmes n’ont rien voulu savoir.  Charlotte Dodet la mère du petit César, 6 ans et atteint d’autisme, n’a pas pu interpeller le président de la République Emmanuel Macron. “C’est frustrant et épuisant“, confie la maman. “Je voulais lui parler de la situation de mon fils autiste“, explique-t-elle.

10 familles concernées

Depuis deux ans, son fils César était en structure adaptée à l’accueil d’enfants autistes, en unité d’enseignement maternelle. Mais à la rentrée prochaine, César n’aura plus de place, l’enfant est actuellement neuvième sur liste d’attente pour intégrer un établissement spécialisé. 

Concrètement, nous ne savons pas que ce fera César à la rentrée, s’il sera scolarisé, et où. C’est extrêmement pesant comme attente“. “Déjà la première fois, nous avons dû nous battre un an pour obtenir une place dans cette structure“, abonde la maman de César.

Porter plainte contre l’Etat

Dans le Doubs, 10 familles seraient concernées selon Charlotte Dodet. “Pour nous c’est un calvaire, nous ne comprenons pas pourquoi des places supplémentaires ne sont pas ouvertes par le gouvernement, les financements sont là“, peste Mme Dodet.

Aujourd’hui pas question de rester sans solution assure la Bisontine, les dix familles concernées par le manque de place pour leurs enfants handicapés envisagent de porter plainte contre l’Etat si aucune solution n’est trouvée d’ici le 15 juin.

Source FRANCE BLEU.

À Amiens, l’unité d’enseignement autisme est “une pépite à modéliser” pour la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel…

La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a visité ce jeudi l’école Louise-Michel d’Amiens, où 17 enfants autistes sont scolarisés aux côtés d’élèves “ordinaires”.

Pour Sophie Cluzel, cette unité doit servir de modèle sur l’ensemble du territoire national.

La secrétaire d'Etat est allée à la rencontre des jeunes autistes dans leur salle de classe.

Pour le gouvernement, c’est un modèle dont il faudrait s’inspirer au niveau national. La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, était ce jeudi à l’école Louise-Michel d’Amiens, un établissement du quartier Etouvie où des élèves autistes bénéficient d’un encadrement complet et côtoient des enfants “ordinaires”. Dans cette école, 17 jeunes souffrant de troubles autistiques sont scolarisés : 10 dans une unité d’enseignement élémentaire autisme (UEEA), et 7 en unité d’enseignement maternel.

“C’est une pépite, a estimé Sophie Cluzel à l’issue de la visite de l’établissement, par ailleurs classé REP+. Il est indéniable que ce système fonctionne, donc ça nous conforte qu’il faut développer ces unités.” 

La plupart des enfants autistes scolarisés ici ont d’abord été dans des écoles classiques, avec l’accompagnement ponctuel d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS), pas forcément apte à gérer les troubles autistiques.

A Louise-Michel, les autistes passent une partie de leur journée – 50% pour certains – dans une classe spécialisée, accompagnés par des professionnels formés à l’autisme : des enseignants, des éducateurs spécialisés, ou encore des psychologues.

“Le fait d’avoir une prise en charge globale, avec tous les professionnels dans un même lieu, c’est un vrai avantage, assure Alexia, la maman de Malo, un jeune autiste de 6 ans et demi. Avant, on devait jongler entre un suivi d’orthophonie quelque part, un suivi psychomoteur autre part.” 

Dans la cour de récréation de l'école Louise-Michel, tous les enfants se côtoient, par-delà le handicap.  - Radio France

Le reste du temps, les jeunes autistes sont en classe “normale” avec des enfants “ordinaires” de leur âge. Ils se côtoient aussi à la cantine, ou pendant la récréation. Une inclusion essentielle, pour Dorothée, la mère de Sacha, 4 ans. “Le regard des autres est différent et malgré leur handicap, ils sont acceptés comme enfants classiques.”

Des progrès quotidiens

Résultat, à en croire les parents et les professionnels, les progrès sont constants. “Ça peut paraître futile, mais récemment j’ai eu droit à mon premier ‘bonne fête maman’, reprend Alexia. Alors, certes, je suis certainement la seule à pouvoir comprendre ce que Malo a écrit, mais qu’importe. Son comportement a aussi changé, il communique mieux et arrive à se faire comprendre à l’aide d’un classeur à images.”

Comme les enfants “normaux”, ces jeunes handicapés vont à l’école toute la journée, ce qui permet aussi aux familles d’avoir un quotidien ordinaire. “J’ai par exemple repris une activité professionnelle, ce que je n’avais pas pu faire depuis sa naissance, explique Séverine, la maman de Lisa-Rose, 8 ans. On la dépose le matin, et on vient la chercher le soir, comme tous les parents !”

L’objectif, à terme, c’est que ces élèves handicapés réintègrent un milieu “ordinaire”, éventuellement avec une auxiliaire de vie scolaire. Preuve que ça porte ses fruits : l’an prochain, Lisa-Rose va rentrer en CE2 à temps complet dans une classe ordinaire. Ce sera aussi le cas d’un autre élève à Louise-Michel.

Dans le cadre du 4e plan autisme lancé l’an dernier – 340 millions d’euros sur 5 ans-  le gouvernement souhaite multiplier ce type d’unité. En 2022, il y en aura environ 350 en France, contre 120 actuellement.

Source FRANCE BLEU.