Reims : le premier restaurant inclusif ouvrira dans quelques mois…

Le premier restaurant inclusif devrait voir le jour dans les prochains mois à Reims. Une association s’est créée, pour mettre en place ce projet. Il fera travailler des personnes en situation de handicap.

Le restaurant inclusif de Reims devrait ouvrir d'ici quelques mois. / © Document remis

“Un restaurant inclusif est un restaurant avec une majorité d’employés en situation de handicap “, précise Gonzague Peugnet, le président de l’association RB22 initiatrice de ce concept. Depuis un an, le président de l’association et plusieurs personnes de l’équipe réfléchissent à la mise en place de ce projet qui leur tient à cœur. Ce concept existe dans plusieurs villes de France, mais pas encore à Reims. Il était donc nécessaire selon Gonzague Peugnet d’y remédier, afin d’intégrer ces personnes qu’il qualifie d’extraordinaires.

“Une personne porteuse d’un handicap mental ou d’une autre déficience intellectuelle a besoin de vivre et d’être comme tout le monde.”
Gonzague Peugnet, président de l’association RB22

Une expérience humaine pour les clients

La restauration est le lieu idéal selon ce dernier, “elle peut s’articuler autour de tâches simples et régulières, c’est une activité très adaptée pour ces personnes”. Ce projet est différent des Esat (établissements d’aide par le travail), une structure médico-sociale où travaillent des personnes en situation de handicap. Gonzague Peugnet précise : “Nous voulons créer un restaurant classique où les employés seront considérés comme n’importe quel salarié.”

“C’est plus qu’un job, mais une possibilité d’acquérir un métier. Les personnes seront formées à la production en cuisine et au service à table.”
-Gonzague Peugnet

L’expérience pour les clients sera très “enrichissante et complète” selon le président de RB22. “Ces personnes en situation de handicap apportent une ambiance humaine au restaurant”, s’enthousiasme-t-il.

Un restaurant humain et écologique

Ce projet aura deux piliers : le premier sera un côté profondément humain en employant des personnes handicapées et le second aura un objectif écoresponsable en favorisant une cuisine de qualité, les circuits courts et la réduction des déchets.

L’association RB22 s’est donc constituée afin de mettre en œuvre ce restaurant. Lancée depuis le 12 février, elle compte déjà une vingtaine d’adhérents. L’objectif est d’ouvrir ce lieu en 2020, affirme Gonzague Peugnet. Il reste toutefois prudent : “Nous n’avons pas encore de local définitif, si des travaux sont nécessaires, l’ouverture pourrait être retardée.”

“Nous ne souhaitons pas créer un lieu où les personnes iraient spécifiquement, mais un restaurant tout à fait classique dans le centre-ville, là où il y a du passage”, explique le président de RB22. Pour mettre en œuvre ce projet, ils recherchent des bénévoles. “Une campagne participative et des adhésions sont possibles via le site helloasso“, détaille-t-il.

Les personnes intéressées peuvent contacter l’association sur ce mail : rb22reims@gmail.com.

Source FR3.

 

Limousin : pas facile de trouver un travail quand on est autiste….

Les personnes atteintes d’autisme peinent à trouver un emploi.

Une conférence sur “autisme Asperger et emploi” a été donnée à la faculté de droit de Limoges le mardi 28 janvier 2020 pour battre en brèche les idées reçues…

Limousin : pas facile de trouver un travail quand on est autiste

En octobre 2019, une équipe de France 3 Limousin avait rencontré Tom Hannane, jeune autiste atteint du syndrome d’Asperger. Après une déconvenue avec un 1er employeur, il a finalement trouvé un emploi à BRAm’FM, une radio de Tulle. Une situation qui reflète bien la difficulté d’accèder à un métier pour les personnes atteintes de tels troubles.

Autiste et sans-emploi

L’autisme est reconnu comme un handicap depuis 1996. De nombreuses personnes affectées pourraient s’insérer dans la vie active mais restent sans-emploi.

La grande majorité est sans-emploi alors que ces personnes sont très brillantes, loyales, honnêtes, s’investissent dans leur travail. (Marie-José Treuil-le-Guilloux, présidente association Actions pour l’Autisme Asperger Limousin)

Lorsque les troubles autistiques ne sont pas sévères, une personne autiste peut complètement s’épanouir dans un emploi. A titre d’exemple, il existe 400 000 autistes atteints du syndrome Asperger en France. Ils n’ont pas de déficience intellectuelle, nul besoin de gros amènagements au sein de l’entreprise, de petits suffisent :

Parfois un bureau un peu à l’écart pour le bruit, des lumières indirectes, des aides visuelles voire une liste quotidienne des tâches à effectuer…un aménagement individualisé dans l’organisation du travail. (Marc Dexet, chef de services autisme Association Pour les Jeunes Adultes Handicapés 87)

L’informatique est l’un des secteurs porteurs mais de nombreux métiers conviennent aux personnes atteintes d’autisme. L’APAJH 87 suit depuis 2 ans une vingtaine de jeunes adultes dans leur volonté de s’insérer dans la vie active aussi bien dans la grande distribution, les collectivités territoriales, l’informatique, la comptabilité voire la restauration rapide.

Des besoins, pas assez de moyens

Un accompagnement qui débute souvent par un stage dans les entreprises afin qu’elles se rendent compte de la capacité des personnes autistes. Des dispositifs légaux ainsi que des structures (Pôle Emploi, Cap Emploi, missions locales) existent afin d’inciter les sociétés à embaucher.

Cependant, mettre en lien demandeurs d’emploi et entreprises, cela demande des moyens. Rien qu’à Limoges, on estime à près de 800 les adultes autistes dont bon nombre n’ont pas accès à l’emploi, la route est encore longue…

Source FR3.

 

 

Réforme des retraites : Comment booster l’emploi des seniors en France ?…

Alors qu’il faudra travailler plus tard pour bénéficier d’une retraite à taux plein, les plus de 50 ans peinent à garder leur boulot ou à en trouver un.

Un senior au chômage.

  • Avec la création d’un âge pivot fixé à 64 ans en 2027, la réforme des retraites a remis sur la table la question de l’emploi des seniors. Or, le taux d’emploi des 55-64 ans était de 52,3 % en 2019.
  • Pour l’améliorer, les entreprises développent des politiques de ressources humaines afin de mieux accompagner les secondes parties de carrière.
  • Des mesures émanant des pouvoirs publics pour inciter les entreprises à davantage recruter les plus de 50 ans devraient aussi être déployées. Un rapport sur le sujet, confié à Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration de Sodexho, sera remis au gouvernement en janvier.

Travailler plus longtemps, d’accord. Mais encore faut-il en avoir un, de job. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé ce mardi la création d’un âge pivot fixé à 64 ans en 2027 pour les retraites. En deçà de cet âge, il serait possible de partir mais en gagnant moins (décote), et après 64 ans, de prolonger et de gagner plus (surcote). Problème : le taux d’emploi des seniors n’est pas mirobolant en France. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en octobre, il était de 52,3 % en 2019 pour les 55-64 ans. Et les disparités sont grandes selon les âges, car le taux d’emploi des 55-59 ans est de 72 % quand celui des 60-64 ans est de 31 %.

Un triste état de lieux qui s’explique d’abord par l’attitude des entreprises à l’égard des seniors. « Beaucoup d’entreprises ne se préoccupent pas réellement des secondes parties de carrière et n’offrent plus de perspectives professionnelles à partir de 50 ans », constate Frédéric Guzy, directeur général d’Entreprise & Personnel, organe de conseil en ressources humaines pour les entreprises. Pire, certaines entreprises préfèrent même s’en séparer : «Les ruptures conventionnelles pour les salariés à deux ou trois ans de la retraite sont utilisées de manière sauvage comme préretraite. Elles représentent pour ces salariés 25 % des fins de CDI, contre 16 % pour l’ensemble des salariés », constate Jean-Paul Domergue, administrateur à l’association Solidarités nouvelles face au chômage.

« Les recruteurs ont une approche négative à leur égard »

Autre souci : les quinquagénaires ont un mal fou à se faire embaucher. « Les grilles salariales prévoient que l’on progresse avec l’ancienneté. Ce qui aboutit à ce qu’un salarié senior coûte cher. Or, certains salariés qui ont la même productivité coûtent moins cher », analyse Eric Heyer, directeur du département Analyse et prévision de l’OFCE. Mais ce ne sont pas les seules réticences des entreprises. « Les recruteurs ont une approche négative à l’égard des seniors. Ils les trouvent résistants au changement, difficiles à manager et à intégrer à une équipe plus jeune. Ce qui est faux car ils sont capables de concessions, sont prêts à se former et à baisser leur salaire pour trouver un emploi », soutient Jean-Paul Domergue.

Depuis une quinzaine d’années, les gouvernements successifs ont tenté de mettre quelques coups de sparadrap sur cette plaie en instaurant des plans seniors, un CDD senior, le contrat de génération, la taxe contre les licenciements des plus de 50 ans, la suppression progressive de la dispense de recherche d’emploi, la mise en place d’un contrat de professionnalisation pour les plus de 45 ans… « Mais ces différentes mesures n’ont pas permis de booster très efficacement l’emploi des seniors, parce qu’elles étaient trop complexes ou pas assez incitatives pour les entreprises », souligne Eric Heyer.

Améliorer leur employabilité en continuant à les former

Si la situation de nos têtes blanches sur le marché du travail est grave, elle est loin d’être désespérée. Car des leviers pour aider les entreprises à conserver leurs seniors n’ont pas été suffisamment actionnés. « L’enjeu est de maintenir l’employabilité des plus de 50 ans et de booster leur productivité », résume Eric Heyer. « Il faut systématiser les entretiens de deuxième partie de carrière où l’on va interroger le senior sur ses souhaits d’évolution et où l’on va adapter ses compétences aux besoins des entreprises », indique Frédéric Guzy. Les seniors ayant tendance à peu utiliser leur compte personnel de formation , car ils ne se projettent pas toujours vers de nouveaux horizons, « l’idée de créer pour eux une obligation de formation, comme c’est le cas dans certains pays nordiques, est à étudier », poursuit-il.

« Il faut leur offrir une évolution professionnelle, mais pas forcément ascendante. En utilisant leurs atouts (autonomie, bonne gestion des relations humaines, expérience…) pour leur confier de nouvelles missions ou leur faire mentorer des plus jeunes », suggère aussi Jean-Paul Domergue. Mais le mentorat peut fonctionner dans les deux sens, indique Frédéric Guzy : « Certaines entreprises ont mis en place le mentorat inversé. Ce sont alors les jeunes qui initient les plus âgés à certaines avancées technologiques, à une approche plus à jour des pratiques professionnelles… » indique-t-il.

Un « index » pour l’emploi des seniors ?

Pour améliorer l’employabilité de leurs salariés plus âgés, il est aussi impératif que les entreprises adoptent une culture de la prévention pour prendre en compte les contraintes physiques pesant sur certains métiers, afin de mieux anticiper leurs effets sur la santé. « Cela permettrait de prévoir des aménagements de poste ou à certains salariés, de changer de métier », insiste Jean-Paul Domergue.

De son côté, l’Association nationale des DRH (ANDRH) suggère la création d’un index pour l’emploi des seniors, afin que les entreprises affichent leur effectif, le taux de ceux qui sont formés, les recrutements des plus de 45 ans et les taux de départs à la retraite après l’âge légal… « Les RH peuvent y voir une contrainte administrative supplémentaire, mais l’index senior peut déclencher une prise de conscience », explique Jean-Paul Charlez, le président de l’association au Monde. Dans son  rapport, la Cour des Comptes recommande aussi d’inscrire l’emploi des seniors comme un volet obligatoire de la négociation sur la gestion prévisionnelle des emplois et des parcours professionnels.

Casser les préjugés des recruteurs, un impératif

Reste à trouver des solutions pour les seniors demandeurs d’emplois. « Si l’on fait baisser le chômage, cela créera de l’emploi. Les seniors ne seront pas les premiers à en bénéficier, mais ils en profiteront à un moment », indique Eric Heyer. En attendant, pour que les entreprises soient moins réticentes à les recruter, une des idées serait « de baisser le coût du travail pour l’embauche d’un senior, via des allégements de charges proposées aux entreprises », indique Eric Heyer. A condition « de les coupler avec des mesures d’accompagnement (formation, tutorat…) », insiste Frédéric Guzy. Une idée préconisée aussi par la Cour des Comptes dans un récent rapport qui suggérait « d’expérimenter une aide à l’employeur pour les CDD seniors ».

Autre objectif : casser les préjugés des recruteurs envers les tempes grisonnantes. Notamment en utilisant des pratiques de recrutement non disciminantes. « Il faut aussi sensibiliser les managers opérationnels à la lutte contre les stéréotypes envers les seniors », insiste Jean-Paul Domergue « Il faut un vrai positionnement des directions générales sur cette question, pour inciter les managers à changer de regard », complète Frédéric Guzy.

Un rapport sur le sujet en janvier

Autre levier : « Faire en sorte que Pole emploi forme davantage les chômeurs seniors à des métiers en tension, car selon la Darès, ce sont les formations qui ont le meilleur taux de retour à l’emploi », observe Éric Heyer. L’association Solidarités nouvelles face au chômage prône aussi la simplification du mécanisme de « retraite progressive », pour permettre à un senior de travailler par exemple à mi-temps, tout en continuant de cotiser à la retraite.

A coup sûr, certaines de ces idées seront reprises dans le rapport confié par Edouard Philippe à Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration de Sodexo, sur l’emploi des séniors, qui sera remis en janvier.

Source 20 MINUTES.

Emmanuel Macron n’a pas totalement convaincu le monde du handicap…

Ecole, diagnostic, allocation, retraite…

Le président de la République a fait des annonces mardi 11 février, à mi-mandat, lors d’une conférence nationale sur le handicap, qui touche 12 millions de Français.

Certaines mesures sont appréciées, mais toutes les associations ne sont pas convaincues que le quotidien des handicapés va en être amélioré.

En France, douze millions de personnes sont en situation de handicap.

« Le chemin n’est pas terminé », a admis ce mardi 11 février 2020 Emmanuel Macron concernant l’amélioration de la vie des 12 millions de personnes handicapées en France. Devant 500 personnes (associations, chefs d’entreprises, élus…) invitées à l’Élysée pour cette conférence nationale sur le handicap, il a salué les actions engagées par son gouvernement et annoncé une série de mesures applicables d’ici la fin de son mandat.

Aucun élève sans solution

C’était déjà la promesse du gouvernement à la rentrée 2019, or 8 000 enfants n’avaient pas d’accompagnant pour leur scolarité (AESH) à la rentrée dernière (contre 15 000 en 2018). Il n’empêche. Emmanuel Macron a redit ce mardi qu’« aucun enfant ne sera sans solution de scolarisation en septembre prochain. Le 8 000 doit passer à zéro. On ne doit rien lâcher. » Il a ainsi annoncé l’embauche de 11 500 AESH supplémentaires d’ici à 2022 et « un contrat digne » pour ces professionnels trop souvent à temps partiel et payés au Smic. « Nous devons travailler à leur stabilisation pour leur donner au moins 35 heures par semaine. » Jusque-là inexistant, un module sur le handicap sera aussi intégré dans la formation initiale des professeurs de l’Éducation nationale dès septembre.

Elargir le diagnostic de l’autisme et des troubles du comportement

Existant pour les enfants de moins de 6 ans, le forfait précoce du diagnostic de l’autisme et de sa prise en charge (ergothérapeute, psychologue…), sans reste à charge pour les familles, sera étendu aux enfants jusqu’à 12 ans et aux troubles dys (dyslexie, dyspraxie…) à compter de 2021. Une maison de l’autisme, lieu de ressources pour les familles et les professionnels, sera aussi créée.

Un numéro unique

Pour éviter la « montagne administrative » et « l’errance de guichet en guichet », un numéro de téléphone (le 360) dédié à l’appui des adultes et enfants handicapés sera mis en place en 2021. Il sera relayé par 400 équipes locales qui seront créées d’ici à 2022. Emmanuel Macron, conscient qu’il y a « trop de différences » selon les départements, souhaite aussi associer les Maisons France service, afin de définir un lieu unique d’accès. Concernant, le temps de traitement des dossiers, très variables selon les territoires (de 2 à 8 mois pour une réponse de l’AAH), le Président a affirmé qu’au 1er janvier 2021, « aucune demande ne doit être traitée en plus de trois mois ».

Pour Jean-Luc Duval, du collectif Citoyen handicap (celui qui monte dans les grues pour réclamer des accompagnants scolaires), ces mesures ne changeront rien au quotidien des personnes handicapées. Il ne croit pas au numéro unique : Nous avons l’habitude de ceux qui ne répondent plus : Aide handicap école, ceux des maisons du handicap…

1 000 places supplémentaires

Afin d’éviter les exils vers la Belgique, 1 000 places supplémentaires seront créées dans les établissements spécialisés dans trois régions prioritaires (Île-de-France, Hauts-de-France, Grand-Est), en plus des 2 500 places déjà programmées pour 2021-2022 sur tout le territoire. Son objectif ? Il ne souhaite « d’ici fin 2021, plus aucun départ contraint vers l’étranger » et veut permettre des retours vers la France.

Pas touche à l’allocation adulte handicapée

Le président a affirmé clairement que l’allocation adulte handicapée (AAH), actuellement versée à 1,2 million de personnes, ne serait pas « diluée » dans le futur revenu universel d’activité (RUA). Le RUA doit fusionner plusieurs allocations : RSA, prime d’activité, allocations logement. Une réponse à l’inquiétude d’associations qui avaient claqué la porte des négociations sur le RUA, la semaine dernière, pour marquer leur refus de voir l’AAH intégrée dans ce dispositif. Cette clarification sur l’AAH a été saluée par Alain Rochon, de l’APF France handicap, qui pointe toutefois l’absence de chiffre sur les financements.

Pari sur l’apprentissage

D’ici à 2021, 10 000 places en apprentissage seront réservées aux personnes handicapées. L’idée est d’atteindre le cap de 6 % de recrutement de personnes handicapées. Aujourd’hui, il n’est qu’à 3,5 %.

Retraite anticipée garantie

Dans le cadre du système universel, la retraite anticipée à partir de 55 ans sera simplifiée pour les travailleurs handicapés, qui pourront bénéficier d’une bonification de points. Emmanuel Macron s’est aussi dit favorable à une retraite progressive dès 55 ans pour les travailleurs handicapés et à une majoration spécifique pour la retraite des parents d’enfants handicapés. Enfin, les congés de proches aidants ouvriront des droits.

Réactions : des satisfactions et des déceptions

Regroupant 48 associations, le collectif Handicaps a salué l’humilité dans le bilan des actions passées et des engagements qui répondent pour certaines d’entre elles aux attentes. Néanmoins, il pointe le manque de débats. On a beaucoup entendu parler les ministres et les associations étaient juste là pour applaudir, regrette Jean-Louis Garcia, président de l’Apajh, premier mouvement regroupant tous les handicaps. Dénonçant des discussions difficiles avec la secrétaire d’État Sophie Cluzel et son mépris, il est satisfait du discours ferme et engagé du Président.

Mais davantage de mesures concrètes étaient sans doute attendues. Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Unafam (Union de familles de handicapés psychiques), est en colère. Elle déplore que lors de la conférence, il n’y ait pas eu un mot sur le handicap psychique, qui touche trois millions de personnes. Il est grand temps de rendre visible le handicap lié aux troubles bipolaires, aux troubles obsessionnels compulsifs, à la schizophrénie…

Source OUEST FRANCE.

Emploi et handicap : “Dès que les employeurs voient le fauteuil roulant, cela efface mes compétences”…

La loi Handicap fête ses 15 ans, une loi qui, selon Caterina, ne favorise pas l’intégration des personnes handicapées.

“La standardisation impose les mêmes règles pour tout le monde alors que nous sommes différents.”

Caterina possède deux Masters. Elle espère trouver un emploi de chargée de projet ou business developer mais son handicap représente un frein. / © DR

“Je ne pensais pas avoir autant de difficultés pour trouver du travail. Des fois je me dis que je ne vais pas y arriver.” À 32 ans, Caterina envoie CV et lettres de motivation depuis trois mois.

Titulaire de deux Master 2 (Bac + 5) en psychologie sociale et du travail ainsi qu’en management des administrations et des entreprises, la jeune femme, en fauteuil roulant, se heurte aux biais d’un système parfois absurde, où ses compétences sont reléguées derrière des problèmes de logistique.

Premier emploi, premiers obstacles

Caterina décroche un premier emploi un an après son premier Master. Un contrat aidé de 12 mois, à Rennes. Elle devient chargée de projet pour une association de photographes. Les locaux de la structure ne sont pas accessibles, avec des marches à l’entrée. “L’équipe a bien voulu s’adapter” raconte Caterina. “Ils me portaient chaque matin, pour m’aider à monter. Ils ont accepté le télétravail.” La jeune femme salue la volonté de ses collègues, lesquels ont essayé de trouver des solutions pérennes par la suite. En vain. “Les aménagements coûtaient trop cher. Il n’y avait pas d’autres bâtiments de disponible.”

La situation est loin d’être idéale. “Au bout d’un moment cela m’a pesé. Je n’étais pas indépendante. Il faut que ce genre de solutions humaines soient temporaires, sinon ça devient problématique.” 

Caterina choisit de reprendre des études. Elle refait un Master 2 via l’IAE de Rennes, en se disant que cela va renforcer ses atouts. Toutes les autres élèves de sa promotion ont trouvé du travail depuis, alors qu’elle non.
Comment présenter son handicap ? Son fauteuil ? À quelle moment dans la candidature ? Caterina a vu sa stratégie évoluer. “Je sais de toute façon que ça va être discriminatoire, comme la Reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH). Jusqu’à maintenant, je ne le mentionnais pas. Avant les entretiens, je me renseignais discrètement sur l’accessibilité des locaux, en passant un coup de fil ou en allant voir sur Internet. Aujourd’hui, je mets une phrase, que je tourne sur le ton de l’humour. ‘Depuis plusieurs années, j’ai opté pour un déplacement 100% écologique, sans moteur et qui me permet de rouler tous les jours, à n’importe quelle heure…'” 

Dès que les employeurs voient le fauteuil, le handicap efface mes compétences

“Quand quelqu’un postule, on le prend en considération, d’abord avec ses compétences puis après avec ses autres facettes. Un sportif de haut niveau peut par exemple voir ses horaires aménagés, une maman peut ne pas travailler le mercredi. Dans mon cas, le fauteuil annule tout, cela efface tout le reste.”
Elle relève : “Les gens ne connaissent pas le handicap, ils ont peur et donc ne posent pas de questions.” Là encore, Caterina prend les choses en main.

Désormais, je donne toutes les informations : que je vis seule, que j’ai une voiture, que je vais aux toilettes toute seule…

L’anecdote peut faire sourire mais les candidatures de Caterina finissent par échouer, à cause des toilettes.

“L’an dernier, j’ai eu un entretien à Bordeaux, pour un stage dans le cadre de mon second Master. J’ai eu un premier entretien par Skype, qui s’est bien passé. Je me suis rendue sur place. Tout était bon sauf les toilettes qui n’étaient pas aux normes. Sauf que je n’ai pas besoin que cela soit adapté. Les ressources humaines ont alors commencé à me dire que je ne pouvais pas venir dans le bâtiment, qu’ils risquaient de fermer l’entreprise à cause de moi. J’avais interdiction d’y entrer. On m’a donné un ordinateur pour aller travailler dans un bar ou chez moi.” Caterina se retrouve sans rien alors que sa convention de stage a été signée. Elle a même quitter son appartement rennais pour venir s’installer sur place.

Je ne peux pas choisir mon parcours professionnel alors que j’ai deux Masters, je dois toujours m’adapter.

“La loi handicap, ça ne marche pas. Les entreprises préfèrent payer plutôt que de s’engager”

Ce genre de loi peut fonctionner dans le public mais dans le privé beaucoup moins, à cause du manque d’argent ou des objectifs de productivité. Je me retrouve bloquée. Comme les entreprises sont obligées, cela nous empêche d’accéder à l’emploi. Cette standardisation des règles ne laisse aucune marge d’adaptation, selon l’individu.”

Elle regrette que personne “ne pense aux capacités qu’on a développées, grâce à notre handicap, comme le sens de la logistique, de l’optimisation, les relations humaines.” Elle se retrouve à postuler à des offres, en dessous de son niveau de compétences. Et on lui demande pourquoi. “Tout cela me fait perdre un peu confiance en moi. Cela affecte mon envie qui elle est forte” lâche-t-elle. Financièrement, cela devient serrée. Elle vit avec l’AHH (allocation adulte handicapée) soit 900 euros par mois. Elle reste optimiste. “Ma recherche s’annonce plus longue car il faut que je tombe sur quelqu’un qui aura cette ouverture d’esprit, le courage, de voir au-delà du fauteuil ambulant.”

Source FR3.

Nantes. Dans ce restaurant bilingue en langue des signes, on dit merci avec la main…

La Papotière, premier restaurant nantais bilingue en langue des signes, a ouvert en centre-ville.

On y déjeune du lundi au vendredi, des produits bios et locaux cuisinés maison.

Nantes. Dans ce restaurant bilingue en langue des signes, on dit merci avec la main

Presque deux ans qu’elles attendaient ça. Imane Gourire et Kanyaman Brossaud accueillent leurs clients derrière le comptoir. En décembre, elles ont ouvert la Papotière, le premier restaurant bilingue français langue des signes de Nantes.

« Trouver un local en centre-ville a été compliqué, confie Kanyaman. Celui-ci était idéalement placé, sur le parcours de la ligne verte, mais il y avait tout à refaire. » Aidées de bénévoles, elles ont retapé l’intérieur, du sol au plafond.

Au menu, des produits bio et locaux.

L’ambiance est épurée : murs blancs, comptoir en bois brut, cuisine ouverte, deux salles (dont l’une avec un espace enfants). Aux fourneaux, Lila Bensebaa ; au service, Imane Gourire. Toutes les deux sourdes. « Les gens avaient un peu peur au début, ne sachant pas trop comment réagir quand ils comprenaient qu’Imane n’entend pas, raconte Kanyaman, qui reste toujours en retrait, en cas de besoin. Ils voient vite que tout se passe bien. Ça apprend à se regarder. »

Pour aider ceux qui le souhaitent, des cartons représentant les mots les plus utiles en langue des signes (bonjour, merci, entrée, plat, dessert, etc.) ont été placés sur le comptoir. « Ici, tout le monde doit être à l’aise, entendant comme mal entendant,  assène Kanyaman Brossaud. C’est la vocation de La Papotière : être accessible à tous, aux personnes signantes ou non, aux familles, aux travailleurs qui cherchent un endroit où se poser le midi. »

Des dessins en langue des signes pour apprendre à commander en signant.

Dans les assiettes, les deux cogérantes ont fait le choix du bio et du local. Deux entrées (4 €), deux plats (7 €) et trois desserts (3,50 €) sont proposés chaque midi, du lundi au vendredi. Le menu change chaque semaine. « On commence à avoir des habitués, se réjouissent Imane et Kanyaman. Et certains se mettent à signer. »

La Papotière , 16, rue Saint-Léonard, à Nantes, de 10 h à 18 h, du lundi au vendredi (sur réservation le soir) ; formules déjeuner à 10 € (entrée-plat ou plat-dessert) et 13 € (entrée-plat-dessert).

Source OUEST FRANCE.

Nantes : Elles créent un resto en langue des signes pour faire entendre la voix des sourds…

INITIATIVE Kanyaman, entendante, et Imane, sourde, viennent d’ouvrir leur propre restaurant en centre-ville de Nantes.

Kanyaman, entendante (à gauche) et Imane, sourde, ont monté leur propre restaurant à Nantes.

  • La Papotière est un nouveau restaurant bilingue en langue des signes, ouvert dans le centre-ville de Nantes.
  • Ses créatrices veulent sensibiliser le grand public et améliorer l’insertion professionnelle des personnes atteintes de surdité.

Elle prévient, avec humour : elle s’occupe de tout mais ne comptez pas sur elle pour la playlist. Depuis quelques semaines, Imane est la cogérante d’un nouveau resto un peu particulier situé rue Saint-Léonard, dans le centre-ville de Nantes. Cette jeune femme de 28 ans, sourde de naissance, a monté avec Kanyaman, une amie entendante, un restaurant bilingue français/langue des signes. C’est d’ailleurs samedi soir qu’aura lieu l’inauguration officielle de la Papotière.

Pour passer commande, directement au comptoir, les clients peuvent pointer du doigt, à travers la vitrine, le mets qui les a séduits. Tous les plats (entrées et desserts) exposés sont faits maison. A côté, un petit dessin donne la traduction en langue des signes. « Je leur montre comment on fait, lentement pour qu’ils comprennent bien, comme à un touriste qui parle une langue étrangère, indique Imane, seule à l’accueil. C’est sûr qu’on n’est pas les plus rapides à servir, mais les clients sont en général curieux et jouent le jeu ! L’objectif est que l’on arrive à communiquer ensemble, que les gens n’aient plus peur quand ils se retrouvent face à une personne sourde. »

Un accès difficile au monde du travail

S’il ne s’agit pas d’un handicap visible, les difficultés sont pourtant bien réelles lorsqu’on est atteint de surdité. Et notamment dans le milieu professionnel, raconte la jeune restauratrice, qui a dû attendre de créer sa propre affaire pour travailler. « Pendant les entretiens d’embauche, on me disait que je n’allais pas pouvoir m’intégrer, ou que prendre un interprète n’entrait pas dans le budget », se souvient Imane, qui a obtenu un diplôme de prothésiste dentaire.

C’est après avoir rencontré Kanyaman dans un centre de formation à la langue des signes que l’idée de créer ce restaurant a germé. Un lieu, comme il en existe quelques autres en France, où n’importe qui peut être sensibilisé à la LSF, et pas uniquement les proches de personnes sourdes, disent-elles. Mais là encore, il a fallu s’accrocher. « Ça a mis deux ans, raconte Kanyaman, 27 ans. Moi, étant entendante, j’ai eu accès à toutes les formations très rapidement. Mais pour Imane, ça a vraiment été très long… » Après une campagne de financement participatif réussie, les deux associées ont aussi pu compter sur plusieurs artisans malentendants, qui ont participé bénévolement aux travaux.

« L’échange se fera, tout naturellement »

Pour le moment, à la Papotière, ça semble rouler comme sur des roulettes. Pour les réservations, les clients passent par Facebook. Et pour les fournisseurs, beaucoup communiquent de toute façon par texto. Mais la communication dans l’équipe se passera encore mieux quand le système de vibreurs sera installé entre la salle et la cuisine, pourtant ouverte. Car aux fourneaux, Lila aussi est sourde. « Je me suis formée il y a sept ans mais personne n’a voulu m’embaucher depuis », explique la cuisinière, qui a enseigné l’histoire de l’art mais qui a « toujours eu une passion pour la cuisine et les produits locaux ».

Dès les prochains jours, des ateliers seront dispensés dans une deuxième salle de l’établissement. « Ce ne sera pas des cours pour devenir bilingue mais on pourra y apprendre les bases du vocabulaire, sur différentes thématiques, explique Imane. Il y aura aussi de la couture, des ateliers pour bébé, animés par des personnes sourdes. » Kanyaman sera présente « pour rassurer ». « Mais l’échange se fera, tout naturellement », espèrent les jeunes femmes.

Source 20 MINUTES.

Grâce à Cap intérim, les travailleurs handicapés de l’Oise trouvent un emploi…

Ils seraient près de 2000, dans le département, à être en situation de handicap et en recherche d’un travail.

Cet organisme spécialisé apporte des solutions.

Unique dans l’Oise, l’agence de Cap intérim est installée au centre d’affaires Sarcus, à Nogent-sur-Oise. LP/J.B.

« Jamais je n’ai vu d’intérimaires aussi impliqués! » Après plusieurs expériences dans des agences classiques, Döndü Alkaya recrute désormais pour Cap intérim, qui possède une agence dans l’Oise. Cette entreprise de travail temporaire spécialisée dans l’accompagnement des personnes physiquement handicapées est unique en son genre.

« On estime à près de 2000 le nombre de demandeurs d’emploi en situation de handicap dans le département, indique Jean Michel Guittenit, le directeur, alors que débute ce lundi la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH). Et 53 000 dans les Hauts-de-France. » La majorité des intérimaires ayant un handicap lié à des problèmes de dos.

Un vrai « coaching » qui peut durer deux ans

Depuis Nogent-sur-Oise, Cap intérim a trouvé du travail à « 451 personnes l’an passé et formé 188 salariés », indique le responsable. « Nous rayonnons sur toute l’Oise, précise Döndü Alkaya. Beauvais, Formerie, Crépy-en-Valois, etc. »

Des chômeurs avec une problématique particulière, donc, dirigés vers Cap interim par les structures classiques ( Pôle emploi, missions locales, etc.) ou le bouche-à-oreille. « Le premier entretien dure généralement une heure ou une heure trente, indique Jean Michel Guittenit. Puis nous revoyons les gens régulièrement. Le handicap doit devenir accessoire, seules les compétences comptent. »

Souvent, un travail est nécessaire en amont. « Dans un cas sur dix, la personne a été licenciée pour inaptitude à la suite d’une maladie ou d’un accident. Il y a alors un deuil à faire, ou on court vers l’échec. » Un partenariat avec Pôle emploi permet à Cap intérim de financer « un coaching » de deux ans, qui peut exceptionnellement être allongé de six mois.

Convaincre les entreprises ? Une tâche difficile

Reste à trouver les entreprises. « On démarche, on essaie de convaincre, explique Döndü Alkaya. Certains sont sensibles à la question, d’autres non, ce n’est pas simple. » Une quinzaine de grosses sociétés travaillent aujourd’hui avec Cap intérim : industrie, logistique, services, transports… Comme Chanel, dans le Compiégnois, qui « emploie en permanence trois ou quatre de nos salariés ».

Cap intérim se révèle aussi précieuse pour de petites sociétés, comme en témoigne Isabelle Dhamy, directrice générale d’Agri-indus, spécialiste des pièces détachées agricoles installé à Eraine, un hameau de Bailleul-le-Soc, à l’est de Compiègne. « Il y a deux ans, j’ai appris par mon comptable que nous ne remplissions pas nos obligations dans ce domaine. »

Une aide au recrutement pour les petites strucures

Une omission involontaire de trois ans sanctionnée par une pénalité « d’environ 14 000 €, ce qui n’est pas rien pour une petite structure ». La responsable se penche alors, seule, sur la question. « C’est un parcours du combattant… Nous sommes isolés, sans transport en commun, avec un travail qui peut être physique et se faire dans le froid… »

Dans un premier temps, on lui conseille de verser 4 000 € à un fonds dédié. « En échange, on recevait des enveloppes ou des rames de papier… Je trouvais que cela n’avait pas de sens, mais je n’avais pas d’interlocuteur viable. Je ne savais pas comment faire. »

C’est par hasard qu’elle entend finalement parler de Cap intérim, en 2017. « Ils ont été d’une efficacité redoutable, sourit Isabelle Dhamy. Ils m’ont fourni trois personnes pour un inventaire et cela s’est bien passé. » Parmi eux, « il y en a un dont on a été particulièrement satisfait, avec lequel on travaille toujours. Il vient dès qu’on a un surcroît d’activité. »

Denis Lefevre en est persuadé : « Sans eux, je serais toujours au chômage » LP/Julien Barbare

Il s’agit de Denis Lefevre. Pour lui, Cap intérim a été une planche de salut. Licencié en 2015 pour des raisons économiques, ce dernier est reconnu travailleur handicapé depuis le début des années 2000. « J’ai été opéré trois fois pour des hernies discales », détaille l’homme de 57 ans.

Désormais, « je ne peux plus travailler en poste fixe, ni conduire trop longtemps ». Pendant deux ans, il peine avec les structures classiques, jusqu’à rencontrer l’agence spécialisée. « Ils ont été très sympas et ont très bien compris mes besoins. » Ce travail chez Agri-indus, à quelques kilomètres de chez lui, cela a été une aubaine. « Quand il y a un truc que je n’arrive pas à faire, je demande de l’aide, ça se passe bien. »

Objectif final : un retour pérenne vers l’emploi

Denis Lefevre en est persuadé, sans Cap intérim, « je serais encore au chômage » Une belle histoire, humaine, comme l’agence spécialisée en compte beaucoup. « Notre objectif principal reste un retour pérenne vers l’emploi, insiste Jean Michel Guittenit. Sur l’ensemble de nos intérimaires, 63 % nous quittent avec une formation, un CDI ou un CDD de plus de six mois. »

Sa SARL n’a qu’un seul actionnaire, une association, Cap énergie. « Nous n’avons jamais versé un dividende », assure-t-il. Les bénéfices servent uniquement au développement. Créée il y a dix ans dans la Somme, Cap intérim possède dix agences, dont neuf dans la région et une en Ile-de-France, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

Quasi unique en France, l’entreprise reçoit des demandes de partout. « De Seine-Maritime, Champagne-Ardenne, Alpes-Maritimes… » Une croissance nécessaire. Dans un futur proche, les travailleurs handicapés devraient représenter 10 % de la population active… « Il y a un vrai enjeu. »

Cap intérim, centre d’affaires Sarcus, 9, rue Ronsard à Nogent-sur-Oise. Contact : 03.44.25.20.40, accueil60@capinterimfrance.fr.

Source LE PARISIEN.

À Champs-sur-Marne, une agence d’intérim dédiée aux travailleurs handicapés…

Pour aider les personnes en situation de handicap à trouver un emploi, Agnès Dotte a créé l’entreprise Dragon Fly.

Rencontre.

 Champs-sur-Marne, le 9 janvier 2020. Agnès Dotte a baptisé son entreprise Dragon Fly (NDLR : « libellule » en anglais) car comme ces insectes, « les personnes handicapées s’adaptent et trouvent toujours des solutions pour avancer ».

Ils seraient plus de 6 000, dans le département, à être en situation de handicap et à la recherche d’un travail. Pour les aider à trouver un emploi, Agnès Dotte a créé Dragon Fly.

Cette agence d’intérim est dédiée aux personnes atteintes d’un handicap physique ou psychique. Unique structure du genre en Seine-et-Marne, celle-ci accueillera les demandeurs d’emploi à partir du mois de mars à Champs-sur-Marne.

Directrice d’un établissement et service d’aide par le travail à Chelles pendant quinze ans, Agnès Dotte a décidé de créer son entreprise adaptée de travail temporaire car elle estime que « le handicap n’est pas un obstacle mais bien un talent ».

C’est la raison pour laquelle elle a baptisé son entreprise Dragon Fly, « libellule » en anglais. « Les libellules possèdent cette capacité inégalée à pouvoir changer brusquement de vitesse et de direction », explique l’entrepreneuse. Selon elle, « ces personnes développent cette même aptitude, elles s’adaptent et trouvent toujours des solutions pour avancer ».

Seule condition pour s’inscrire : être reconnu comme travailleur handicapé

Accompagnée l’an dernier par le dispositif de l’agglomération Paris – Vallée de la Marne « Boostez votre projet », la Seine-et-marnaise a ensuite rejoint l’incubateur départemental Émergence.

« Là-bas j’ai appris à élaborer un business plan, à convaincre les banques et j’ai intégré tout un réseau d’entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire », raconte-t-elle. Elle rencontre notamment Sophiatou Ndiaye, aujourd’hui son associée à la tête de la seconde agence Dragon Fly bientôt implantée sur le territoire de Paris-Saclay (Essonne).

Actuellement à la recherche de locaux, la quadragénaire a trouvé plusieurs PME intéressées à l’idée d’embaucher des travailleurs handicapés. « Je me suis concentrée sur les secteurs de la restauration, la logistique et l’industrie car ce sont des domaines qui recrutent », précise-t-elle.

Elle cible des entreprises situées près des stations des lignes de RER A et E, où l’on effectue des tâches répétitives et où l’ambiance y est sereine. Pour rappel, selon la loi, toute entreprise d’au moins 20 salariés doit compter 6 % de travailleurs handicapés dans ses effectifs.

Agnès Dotte a aussi démarché les missions locales, Cap emploi ou encore le réseau écoles de la deuxième chance. « Là aussi, les différentes structures étaient partantes pour participer au projet », se félicite-t-elle. Comme sur n’importe quel site d’intérim, les demandeurs d’emploi pourront déposer leur CV et prendre rendez-vous en ligne.

Pour s’inscrire, la seule condition est d’être reconnu travailleur handicapé. Deux profils devraient se dégager parmi les demandeurs d’emploi selon l’entrepreneuse : « Les jeunes qui sortent des institutions à 21 ans et les adultes handicapés à la suite d’une maladie ou d’un accident. »

Le premier jour de travail, «je suis là pour dédramatiser la situation»

« La première rencontre sert à faire le point sur le projet de la personne, évaluer ses compétences et son handicap afin de savoir si elle n’a pas des restrictions », indique-t-elle. Une fois un poste adéquat trouvé, Agnès Dotte accompagnera le travailleur pour son premier jour. C’est là que son rôle est déterminant.

« Ça peut être compliqué de travailler avec une personne handicapée quand on n’a pas l’habitude, poursuit-elle. Je suis là pour dédramatiser la situation en expliquant qu’elle n’est pas un poids mais une aide. »

Par exemple, « si quelqu’un a un regard fuyant et ne regarde pas dans les yeux, ce n’est pas par ce qu’il est malpoli. Il est juste mal à l’aise et il ne faut pas le prendre contre soi. »

Agnès Dotte suit le travailleur pendant une journée ou jusqu’à cinq jours si c’est nécessaire. « Au départ, ce sont des contrats courts comme des remplacements de congé maladie ou si l’entreprise fait face à un surplus d’activité, précise-t-elle. L’objectif au bout de deux ans est de parvenir à une embauche durable. »

D’ici un an, Agnès Dotte prévoit d’accompagner quinze travailleurs, puis quarante-cinq la troisième année.

Source LE PARISIEN

 

Emploi des seniors : le patronat au pied du mur…

Un rapport remis le 14 janvier au Premier ministre propose des solutions pour remédier à un travers français : les plus de 54 ans ne sont pas assez nombreux à être encore au travail.

Mauvais pour les intéressés et pour le financement des retraites.

L’une des solutions, évoquée discrètement, serait que les employeurs cessent de licencier des salariés à 59 ans et de faire supporter à Pôle Emploi le coût de cette préretraite déguisée.

Le taux d’emploi des plus de 55 ans en France est inférieur à celui de la moyenne Européenne. Les employeurs n’y sont pas étrangers.

Encore un rapport sur l’emploi des seniors… Le sujet n’est pas nouveau. Mais il reste d’actualité, comme le rappelle le rapport remis hier par Sophie Bellon (du groupe Sodexo) et dont l’avait chargé le Premier ministre.

En France, le taux d’emploi des 55-64 ans n’est que de 52 % contre 59 % en moyenne dans l’Union européenne. Aux extrêmes, l’Islande, où 80 % des seniors travaillent, et le Luxembourg, où ils sont moins de 40 %.

Trop peu de seniors au travail, cela veut dire trop d’entre eux chez Pôle emploi. Ce n’est bon ni pour les intéressés, ni pour le financement des retraites (la seule cotisation prélevée sur l’allocation-chômage finance la retraite complémentaire et non le régime de base).

Ce n’est évidemment pas un hasard si le sujet revient à l’ordre du jour alors que l’État, le patronat et les syndicats, planchent sur le financement de la future caisse nationale de retraite universelle (CRNU).

Le rapport Bellon rappelle au passage que les mesures qui ont le plus développé l’emploi des seniors ont successivement été le report de 60 à 62 ans de l’âge l’égale de départ en retraite, ainsi que l’allongement de 40 à 41 puis 43 trimestres cotisés. Le report de l’âge du taux plein, quelle qu’en soit la modalité, est l’option défendue par le patronat (report de l’âge légal) et du gouvernement (âge d’équilibre).

Des situations inégales selon l’âge et la formation

À l’intérieur des statistiques moyennes, des disparités. Du fait de l’âge : les plus jeunes des seniors (50-54 ans) sont employés à 80 % mais ceux de 60-64 ans, pour un tiers seulement. Du fait de la formation : ne travaillent que 37 % des seniors sans formation, alors que le pourcentage est double pour ceux qui ont fait des études supérieures.

Comme c’était sa finalité, le rapport dresse une liste de solutions, déjà connues, pour améliorer la situation : davantage de formation continue, d’adaptation aux postes de travail, de prévention de l’usure au travail… Il relève tout de même, au détour d’un paragraphe, un travers majeur et déjà identifié il y a plus de vingt ans : les entreprises mettent volontiers leurs salariés de 59 ans en préretraite déguisée, aux frais de Pôle Emploi.

La « bosse » des 59 ans

Le régime du chômage le facilite. D’une part, la dégressivité des allocations cesse à partir de 57 ans. D’autre part, passé 55 ans, les allocations-chômage sont versées sur la durée maximale de 36 mois. Si l’on décompte 36 mois de l’âge de départ en retraite légal de 62 ans, on arrive à cet âge de 59 ans.

Auquel correspond une « bosse » statistique, mise en évidence par le rapport Bellon. Le Medef, qui se déclare prêt à se mobiliser pour l’emploi des seniors, au prix de quelques aides allégeant le coût des salariés les plus âgés, aura déjà fort à faire pour dissuader ses adhérents d’alléger leur masse salariale aux frais de l’assurance chômage.

Des situations inégales selon l’âge et la formation

À l’intérieur des statistiques moyennes, des disparités. Du fait de l’âge : les plus jeunes des seniors (50-54 ans) sont employés à 80 % mais ceux de 60-64 ans, pour un tiers seulement. Du fait de la formation : ne travaillent que 37 % des seniors sans formation, alors que le pourcentage est double pour ceux qui ont fait des études supérieures.

Comme c’était sa finalité, le rapport dresse une liste de solutions, déjà connues, pour améliorer la situation : davantage de formation continue, d’adaptation aux postes de travail, de prévention de l’usure au travail… Il relève tout de même, au détour d’un paragraphe, un travers majeur et déjà identifié il y a plus de vingt ans : les entreprises mettent volontiers leurs salariés de 59 ans en préretraite déguisée, aux frais de Pôle Emploi.

La « bosse » des 59 ans

Le régime du chômage le facilite. D’une part, la dégressivité des allocations cesse à partir de 57 ans. D’autre part, passé 55 ans, les allocations-chômage sont versées sur la durée maximale de 36 mois. Si l’on décompte 36 mois de l’âge de départ en retraite légal de 62 ans, on arrive à cet âge de 59 ans.

Auquel correspond une « bosse » statistique, mise en évidence par le rapport Bellon. Le Medef, qui se déclare prêt à se mobiliser pour l’emploi des seniors, au prix de quelques aides allégeant le coût des salariés les plus âgés, aura déjà fort à faire pour dissuader ses adhérents d’alléger leur masse salariale aux frais de l’assurance chômage.

Source OUEST FRANCE.