EHPAD – Coronavirus : Des avocats plaident pour le regroupement des plaintes contre les Ehpad…

Plus de 10.000 personnes sont mortes du Covid-19 dans les Ehpad depuis le début de la crise.

Coronavirus : Des avocats plaident pour le regroupement des plaintes contre les Ehpad

Des avocats ont demandé samedi le regroupement au pôle santé publique de Marseille des plaintes visant la gestion par les Ehpad de la crise du coronavirus, afin que la justice puisse « remonter vers les décideurs économiques et politiques ». « Au nom des familles que nous représentons et au nom d’une bonne organisation de la justice, nous exigeons que la ministre de la Justice décide de réunir toutes les plaintes pénales auprès d’un pôle d’instruction unique », par exemple « Marseille qui a fait ses preuves dans les dossiers PIP ou Levothyrox », plaident Me Géraldine Adrai-Lachkar (barreau de Marseille), Christophe Lèguevaques (barreau de Paris) et François Ruhlmann (barreau de Strasbourg), dans une tribune publiée sur franceinfo.

Les Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ont été frappés de plein fouet par l’épidémie : le nombre de morts y a franchi le 14 mai la barre symbolique des 10.000. Trois parquets distincts (Grasse, Nanterre, Paris) ont ouvert depuis fin mars des enquêtes, notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui », concernant la gestion d’Ehpad où des résidents sont morts suite à l’épidémie.

Deux juridictions compétentes

Depuis une loi de 2002, deux juridictions ont une compétence interrégionale spécialisée en matière sanitaire : ces pôles de santé publique sont situés à Paris, avec une compétence sur une large partie du territoire national, et à Marseille, avec une compétence sur un grand quart sud-est. Pour ces avocats, l’ouverture d’enquêtes par trois parquets distincts pourrait être « un piège procédural ». Ils craignent qu’échappent ainsi à la justice les « politiques délibérées décidées au siège des sociétés cotées qui exploitent les Ehpad », « la carence de l’Etat et les négligences des Autorités régionales de santé (ARS) ».

Ce regroupement « serait cohérent, je l’ai demandé à plusieurs reprises », souligne Me Fabien Arakelian, qui a déposé 15 plaintes devant les parquets de Grasse et de Nanterre ayant mené à l’ouverture d’enquêtes préliminaires. Me Fabrice di Vizio, qui défend le collectif de soignants C19 dont trois membres ont porté plainte fin mars devant la Cour de justice de la République contre le Premier ministre Edouard Philippe et l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, a au contraire estimé sur Twitter qu’« une juridiction unique, c’est le meilleur moyen pour enterrer l’affaire ».

Source 20 MINUTES.

 

Déconfinement, étape 2 : ce que l’on peut faire… ou pas …

La plupart des restrictions sont levées en zone verte ce mardi, mais cela ne signifie pas le retour à la normale.

Les gestes barrière restent de rigueur… et des possibilités de “reconfinement” sont prévues.

Déconfinement, étape 2 : ce que l’on peut faire… ou pas

Nous y sommes ! L’étape 2 du déconfinement débute ce mardi.

«La liberté redevient la règle et l’interdiction constitue l’exception», avait expliqué le Premier ministre, Édouard Philippe. Passage en revue des points les plus marquants.

100 kilomètres

D’abord, nous sommes de nouveau libres de nos mouvements. La restriction des 100 kilomètres autour de son domicile est levée.

Toutefois, les préfets pourront si nécessaire à nouveau les restreindre afin de lutter contre la propagation du virus, à l’échelle des départements voire de manière plus localisée. Pour l’instant, les voyages vers l’Outre-mer sont interdits sauf «motif impérieux d’ordre personnel ou familial».

Cafés et restaurants

En zone verte (soit toute la France, sauf l’Ile-de-France, la Réunion et Mayotte), bars, cafés et restaurants sont autorisés à rouvrir, avec des règles sanitaires strictes : dix personnes maximum par table, un mètre au moins entre chaque groupe, consommation debout interdite dans les bars.

En zone orange, seules les terrasses pourront rouvrir. Le masque est obligatoire pour les serveurs, et pour les clients qui voudront se déplacer au sein du restaurant.

Plages

Outre les cafés, la réouverture de l’ensemble des plages mardi est également attendue avec impatience, de la Manche à la Méditerranée.

Musées et monuments

Les musées et monuments nationaux peuvent rouvrir dès ce 2 juin théoriquement. Mais en pratique, ils vont échelonner leurs réouvertures pendant un mois et demi. Le Louvre, à Paris, par exemple, rouvrira ses portes en juillet seulement.

Collèges, lycées et écoles

Tous les collèges et écoles de France métropolitaine vont rouvrir, ainsi que les lycées des départements classés verts, mais de manière progressive, ce qui fait que tous les élèves ne reprendront pas dès mardi.

Trains

Retour à la normale ou presque pour la SNCF. La restriction d’un siège sur deux saute (dès la mi-juin), tandis que l’offre de trains va retrouver son niveau habituel. Attention toutefois les masques demeurent obligatoires pour les personnes de 11 ans ou plus, et une attestation est toujours nécessaire aux heures de pointe dans les transports (trains, métros, bus) en Ile-de-France.

Ehpad

Les directeurs d’établissements hébergeant des personnes âgées vont pouvoir mettre en place à partir de vendredi «une reprise des visites des proches» quand «la situation sanitaire le permet», avec la possibilité de faire venir des mineurs.

La reprise des visites de proches pourra se faire à «plus de deux personnes à la fois», lorsqu’elle se déroulera à l’extérieur, et à deux personnes maximum dans une chambre.

Ces visites ne se feront plus sous la surveillance d’un membre du personnel de l’établissement.

Mariages

Les mariages pourront à nouveau être célébrés : le décret autorise l’accueil du public pour la «célébration de mariages par un officier d’état-civil».

Voyages

Les frontières de l’espace Schengen restent fermées. Cela signifie que les Français ne peuvent toujours pas voyager hors d’Europe. Édouard Philippe a évoqué une «concertation» en vue d’une décision mi-juin.

Concernant les déplacements en Europe, cela commence à s’ouvrir. Andorre a rouvert sa frontière lundi, l’Italie doit suivre mercredi.

Masques, gel et gestes barrières

Le décret paru lundi qui organise cette phase 2 rappelle que «les mesures d’hygiène» et de «distanciation sociale» doivent «être observées en tout lieu et en toute circonstance».

Le port du masque est obligatoire dans les transports, prescrit pour les collégiens et lycéens lors de leurs transports.

Enfin, le décret plafonne les prix des gels ou solutions hydroalcooliques, ainsi que des masques à « 95 centimes d’euros toutes taxes comprises par unité, quel que soit le mode de distribution ».

Source EST REPUBLICAIN.

 

Déconfinement : dans les EHPAD, éviter le glissement des résidents vers la mort…

Les conditions de visite dans les EHPAD et maisons de retraites seront assouplies à partir du vendredi 5 juin.

Depuis plusieurs semaines, le personnel de ces établissements alertait sur l’ennui grandissant des résidents et leur possible glissement vers la mort. Reportage au Mans.

La visite d'une demi-heure a lieu dans le jardin, sous un tente.

André Foucault quitte la tente blanche installée dans le jardin. Pour la première fois depuis deux mois, il a pu discuter avec sa mère, âgée de 95 ans. Chacun est assis à un bout de la table, masque sur le visage. C’est mieux que rien, reconnaît ce Sarthois, encore ému : “On sent qu’elle est contente de nous voir. Pour elle, c’est important. Pour nous aussi“. Chaque visite est limitée à une demi-heure, “mais en tout, il faut compter une heure“, explique Catherine Chéreau, aide-soignante : “le temps d’aller chercher le résident, de le raccompagner et de désinfecter les lieux après chaque passage”. André Foucault, comme de nombreuses familles, espère que prochainement, les règles pour les visites vont s’assouplir. (Ce sera le cas dès le vendredi 5 juin). “Les conditions ne sont pas idéales. Mais ça va peut-être s’arranger“, imagine-t-il.

Bientôt la venue des familles habitant à plus de 100 km

De fait, une certaine impatience commence à se faire sentir chez les résidents comme chez les familles confirme Anne-Sophie Mureau, animatrice chargée d’organiser les visites au sein de l’EHPAD Beaulieu au Mans. “Notamment celles qui habitent loin“, dit-elle. “Avec la possibilité de circuler au-delà de 100 km, je reçois des appels de familles qui vont enfin pouvoir venir voir leur parent!” 

L’ennui et la crainte du “syndrome de glissement” vers la mort

En attendant que l’étau se desserre légèrement, à partir du vendredi 5 juin, le personnel veille au bien-être des 86 résidents de l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes. Le kiné et le pédicure ont repris les soins, explique Isabelle Mangard, la directrice : “Le but est d’éviter que les personnes âgées deviennent grabataires en ne marchant pas suffisamment. Bien souvent aussi, les résidents se laissent aller car pour eux, rester dans leur chambre, ne pas pouvoir sortir, ne serait-ce que pour voir leur enfants est très difficile“. La responsable de de l’EHPAD Beaulieu au Mans ne cache pas son inquiétude : “Il ne faut pas que nos résidents meurent d’autre chose que du Covid!”, affirme-t-elle.

Apporter de la vie et de la joie car “ça va durer encore longtemps !”

Pour maintenir le lien et éviter l’ennui pouvant entraîner un “syndrome de glissement”, l’établissement continue aussi fréquemment que possible les appels vidéo avec les enfants et petits enfants des résidents. Cette habitude a été prise dès le début du confinement avec tous les outils à disposition. Chaque jour, un journal (Famileo) dans lequel les familles donnent des nouvelles est distribué. “On se réinvente pour apporter un peu de légèreté dans ce cadre“, résume Anne-Sophie Mureau, l’une des animatrices de l’EHPAD. “Par exemple, nous proposons à ceux qui apprécient l’accordéon une heure d’émission musicale par jour à la télévision. Nous avons fait venir deux musiciens pour remettre un peu de vie, un peu de joie, des sourires au lèvres. Nous sortons les résidents dans le parc. Tout cela nous demande beaucoup de temps et de personnel. Mais nous faisons cet effort car nous savons que c’est nécessaire“. L’animatrice reconnaît qu’elle s’inscrit dans le temps long : “Nous prenons notre mal en patience car nous savons que ce mode de fonctionnement va durer encore un bon moment“.

Source FRANCE BLEU.

 

Une Youtubeuse se sépare de son enfant autiste adopté il y a trois ans et suscite l’indignation…

Dans une vidéo de sept minutes, le couple adoptif revient sur cette étape douloureuse de leur vie.

Un acte qui fait polémique sur la toile.

La vidéo a atteint près de trois millions de vues en trois jours

  • La Youtubeuse américaine Myka Stauffer et son mari ont adopté un petit garçon autiste il y a trois ans.
  • Le couple a annoncé avoir donné son fils à une autre famille, se sentant dans l’incapacité de subvenir à ses besoins médicaux.
  • Sur les réseaux sociaux, les critiques pleuvent et accusent la Youtubeuse d’avoir profité de cette adoption pour gagner en notoriété.

« C’est de loin la vidéo la plus difficile que nous ayons jamais eue à faire. » C’est avec ces mots que commence un discours de plus sept minutes publié sur la chaîne de Myka Stauffer. Cette vidéaste américaine, suivie par plus de 700.000 personnes sur YouTube, a posté le 26 mai une vidéo qui suscite la controverse. Accompagnée de son mari, la mère de famille explique avoir dû « trouver une nouvelle famille » à leur fils, adopté trois ans auparavant en Chine.

D’après les parents, le petit Huxley avait souffert d’une tumeur au cerveau et d’une attaque cérébrale in utero. « Avec l’adoption internationale, il y a parfois des inconnues et des choses qui ne sont pas transparentes dans les fichiers. Une fois que Huxley est rentré, il y avait beaucoup plus de besoins spéciaux que nous ne le savions et on ne nous l’a pas dit », commente James, le mari de la Youtubeuse.

En pleurs, Myka et James expliquent que le petit garçon autiste avait besoin d’un soutien médical adapté après avoir passé plusieurs évaluations. « Aujourd’hui, il est heureux, il va très bien, sa nouvelle maman est une professionnelle médicale et elle lui correspond très bien », précisent-ils.

Entre 1 % et 5 % d’enfants « réadoptés » aux Etats-Unis

Cumulant près de trois millions de vues, la vidéo suscite de vives réactions sur le Web. Dans des tweets partagés des dizaines de milliers de fois, certains internautes s’en prennent à la mère de famille, accusée d’avoir adopté Huxley uniquement pour entretenir sa notoriété sur Internet.

L’adoption du petit garçon a été un véritable fil conducteur sur la chaîne YouTube de la maman, habituée à poster des moments de sa vie de famille sur le Net. Au total, 27 vidéos ayant pour thème « le chemin vers l’adoption » ont été postées depuis le 6 juillet 2016. Pendant plusieurs années, Myka Stauffer a donc raconté le processus d’adoption de Huxley, ainsi que les différentes étapes de sa nouvelle vie.

Aux Etats-Unis, cette affaire soulève un problème inhérent au système d’adoption américain : le « rehoming ». D’après une étude menée outre-Atlantique, entre un et cinq pourcents des enfants adoptés l’ont déjà été une fois dans le passé. Un business lucratif se crée alors sur Internet, les bambins devenant de simples marchandises publiées sur des sites de petites annonces.

Source 20 MINUTES.

VIDÉO. Déconfinement : des familles retrouvent leurs enfants handicapés placés en Belgique après trois mois sans se voir…

3000 enfants et adultes handicapés des Hauts-de-France sont accueillis dans des structures belges en Wallonie.

Avec la fermeture des frontières, ils n’ont pas pu se voir pendant trois mois.

Depuis deux semaines, l’heure est aux retrouvailles, chargées en émotions.

Vanessa n'avait pas vu ses parents depuis trois mois. / © FRANCE 3 HDF

En tant que maman c’est très difficile d’être coupée de ses enfants, même si elle est adulte maintenant“, s’émeut la mère de Vanessa. La jeune femme est pensionnaire d’une maison d’accueil spécialisée à Vaulx près de Tournai, où elle vit avec 36 Français, tous en situation de handicap.

Mesures sanitaires obligent, les week-ends en famille ont tous été suspendus au début du mois mars. Depuis le week-end dernier, les parents vivant de l’autre côté de la frontière peuvent récupérer leurs enfants pour quelques heures de bonheur ensemble.

Aucun cas de coronavirus depuis le début de l’épidémie

Cet assouplissement des règles sanitaires a été possible après que tous les résidents de la maison spécialisée ont été testés négatifs au coronavirus. Le port du masque des parents est obligatoire et ils se sont engagés à signaler toute suspicion de Covid-19 dans leur entourage 15 jours avant et après les visites.

Parmi les six personnes à rentrer voir leur famille ce week-end, Kristina retrouve sa maman. “Embrasser ma fille maintenant ce n’est pas possible mais bientôt j’espère“, témoigne-t-elle, tout de même très heureuse de la revoir.

Si tout se passe bien, le centre prévoit de rétablir de droit de visite sur place dès la semaine prochaine.

Source FR3.

L’étude du Lancet sur la chloroquine suscite des questions de scientifiques…

On pensait la controverse sur la chloroquine – vantée par le professeur Raoult – close depuis la publication de la vaste étude du Lancet mettant en cause son efficacité.

Mais des questionnements sur des biais de l’étude sont apparus.

On pensait la controverse autour de la chloroquine terminée, mais c'est l'étude du Lancet qui est maintenant remise en cause

Que se passe-t-il avec l’étude du Lancet ? C’est en ces termes que de nombreux scientifiques se sont exprimés, pointant des erreurs et une méthodologie discutable concernant cette vaste étude fondée sur les données de quelque 96 000 patients hospitalisés pour Covid-19 entre décembre et avril dans 671 hôpitaux. Cette étude, qui va dans le même sens que plusieurs autres études à plus petite échelle, a été à l’origine de l’arrêt de l’utilisation de l’hydroxychloroquine en France et dans d’autres pays.

L’étude en cause, publiée le 22 mai dans la revue scientifique The Lancet, se fonde sur environ 96 000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 hôpitaux et compare l’état de ceux qui ont reçu le traitement à celui des patients qui ne l’ont pas eu. Le Dr Mandeep Mehra et ses collègues concluent que le traitement ne semble pas être bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et pourrait même être néfaste.

Des doutes, y compris chez les détracteurs de la chloroquine

Mais, rebondissement, des chercheurs, y compris certains déjà sceptiques sur l’intérêt de la molécule contre le Covid-19, ont exprimé leurs doutes sur l’étude du Lancet. Dans une lettre ouverte, des dizaines de scientifiques du monde entier demandent des éclaircissements aux auteurs et à la prestigieuse revue britannique.

Ils soulignent ainsi que l’examen minutieux de l’étude du Lancet soulève “à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données”. Ils dressent une longue liste des points problématiques, d’incohérences dans les doses administrées dans certains pays à des questions éthiques sur la collecte des informations sur les patients, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes.

Des incohérences dans lesquels se sont engouffrés les nombreux soutiens, très mobilisés sur internet, du professeur Raoult, qui défend l’usage de la chloroquine contre le Covid-19.

“Soit ce sont des erreurs, soit c’est une fraude”

Ces données émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d’analyse de données de santé, basée aux États-Unis. L’entreprise dirigée par Sapan Desai a assuré que les accords avec les hôpitaux partenaires lui interdisent de partager les données, dont elle a défendu l’intégrité.

En France, le Professeur Gilbert Deray, néphrologue à la Pitié-Salpêtrière, n’a jamais défendu l’usage de cette molécule. Mais aujourd’hui, il fait partie de ceux qui s’interrogent. “On s’étonne, voyant que par exemple le nombre de morts en Australie, serait supérieur au nombre de morts total qui a jamais été annoncé en Australie. On s’étonne de constater que certains hôpitaux ont été inclus, alors que les mêmes hôpitaux disent ‘non on n’a pas été inclus'”, explique le spécialiste à France Inter. “Soit ce sont des erreurs, et pourquoi pas, soit c’est une fraude”.

Le Monde rappelle qu’une enquête du Guardian a déjà permis de lever une partie du mystère à propos du décompte des morts en Australie : “La différence serait due à un mauvais codage des données, un hôpital asiatique s’étant par erreur identifié comme australien”, selon Sapan Desai, co-auteur de l’étude et fondateur de l’entreprise américaine spécialisée dans les données médicales Surgisphere.

Pour le professeur Deray, “on doit déterminer deux choses : premièrement est-ce que les données sont vraies ou sont fausses ? La deuxième chose à déterminer c’est, si c’est faux, pourquoi ? Parce que ça a un impact sur la vie des gens !” Le néphrologue tient à signaler qu’il n’a pas d’à priori concernant la chloroquine : “Je n’ai pas de camp moi, ne suis ni pour ni contre. Nous  cherchons où est la vérité.” 

On devrait connaître les explications des auteurs de l’étude et de la revue dans quelques jours. Des erreurs, voire une fraude, jetterait un discrédit considérable sur le monde scientifique et viendrait rouvrir ce dossier hydroxychloroquine qu’on pensait, pourtant, clos.

Les auteurs de l’étude maintiennent leurs résultats

L’un des auteurs a indiqué à l’AFP qu’ils maintenaient les résultats en dépit des erreurs qu’il y a eu : “Nous sommes fiers de contribuer aux travaux sur le Covid-19” en cette période d’“incertitude”, a déclaré vendredi Sapan Desai.

Interrogée vendredi sur cette affaire, l’OMS a noté que la suspension des essais impliquant l’hydroxychloroquine était “temporaire” et que ses experts rendraient leur “opinion finale” après l’examen d’autres éléments (notamment les analyses provisoires de l’essai Solidarity), probablement d’ici à la mi juin.

Des données devraient aussi venir de l’essai britannique Recovery, dont la partie hydroxychloroquine se poursuit. Se basant sur leurs propres données de mortalité, ses responsables estiment qu’il n’existe “pas de raison convaincante de suspendre le recrutement pour des raisons de sécurité”.

Source FRANCE INTER.

Retour à l’école des élèves handicapés : “On m’a demandé de laver les roues du fauteuil de ma fille”…

La rentrée post-confinement concerne aussi les élèves en situation de handicap, considérés comme prioritaires par le gouvernement.

En réalité, le retour à l’école n’est pas toujours si simple.

Illustrations en Ille-et-Vilaine avec Titouan et Clara*.

Titouan, 11 ans, porte un masque en classe, sur les recommandations de son médecin rééducateur

“Il s’adapte, même si c’est un peu frustrant.” Estelle est la mère de Titouan, âgé de 11 ans. Atteint d’un handicap moteur, en fauteuil roulant électrique, il va à l’école de Courtoisville, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Comme ses camarades, il a fait la rentrée après deux mois de confinement, une rentrée bienvenue pour lui mais aussi pour ses parents qui avaient besoin de reprendre le travail. “On a eu beaucoup d’échanges avec les enseignants et la direction pendant le confinement, pour préparer le retour.” 

Un peu plus isolé que d’habitude

Habituellement, Titouan partage son temps. Le matin, il reste dans la classe ULIS (unités localisées pour l’inclusion) puis l’après-midi il rejoint celle des CM2. Pas de gros changements dans cette organisation depuis le 12 mai, sauf que les déplacements sont limités : “Titouan reste dans la classe ULIS toute la journée car les élèves sont peu nombreux à avoir repris le chemin de l’école. Il est pris en charge par l’institutrice spécialisée et son auxiliaire de vie scolaire (AVS, désormais appelés AESH) le matin. L’après-midi, c’est l’institutrice de CM2 qui lui donne du travail à faire mais physiquement, il reste en classe ULIS.“Il voit moins ses camarades du coup” explique Estelle.

Titouan porte un masque à l'école par précaution / © DR

Pour les récréations, elles ont désormais lieu par petits groupes, pas forcément avec les copains de Titouan. “Ce n’est pas facile de les voir et de ne pas pouvoir leur parler. Comme pour tous les enfants, c’est aussi embêtant de ne pas aller et venir où l’on veut dans la cour, pour se défouler.” 

Titouan passe au final beaucoup de temps avec Marine, son AVS et se retrouve un peu plus isolé que d’habitude. “A la cantine, il mange avec son AVS car personne à droite et à gauche, ni en face. La communication est plus limitée du coup.”

Alors que le port du masque n’est pas obligatoire à l’école primaire, Titouan en met un, sur les conseils de son médecin rééducateur. Il lui tient chaud. “C’est contraignant mais il le garde”, souligne Estelle.

Titouan appréhende son nouveau quotidien, pas toujours évident. Estelle se souvient : “Lorsqu’il est revenu de l’école le 12 mai, Titouan était vraiment déçu et triste de cette journée passée. Il ne voulait plus y retourner. Il n’a pas retrouvé “l’école d’avant”Malgré tout, la direction de l’école, les institutrices et l’AESH mettent tout en œuvre pour que tout se passe au mieux. C’est une situation compliquée pour tout le monde et chacun fait comme il peut.” 

Marine, l’AESH, connaît Titouan depuis sept ans. Pour elle aussi cette rentrée a été particulière. “On a eu une réunion avec tout le personnel. J’avais des appréhensions les premiers jours. On se demandait où on allait…” “Avec Titouan, on est en contact très proche : je porte une blouse de protection, un masque. Je mets des gants dans certaines situations. On se lave les mains régulièrement. Je lave les miennes et ensuite je l’aide à laver les siennes. On passe des coups de lingettes sur son ordinateur.” 

“La directrice m’a demandé de laver les roues du fauteuil à chaque entrée dans l’école”

Sandrine est la maman de quatre enfants, dont Clara * une petite fille de 7 ans, handicapée moteur et se déplaçant en fauteuil manuel. Scolarisée en CP en Ille-et-Vilaine, un auxiliaire de vie scolaire l’accompagne, comme Titouan, pour les gestes du quotidien, toute la journée. Pour elle, après le confinement, pas de retour à l’école. “La direction m’a appelée au dernier moment et m’a demandé de laver mon véhicule à chaque fois que je dépose ma fille, de laver son fauteuil et ses roues, son ordinateur, son matériel etc…” Sandrine s’interroge : “Est-ce qu’on demande aux autres enfants de laver leurs semelles de chaussures ?” Elle remarque que la situation sanitaire accentue des relations déjà complexes avec la direction qui “cherche constamment la petite bête depuis deux ans.”

Du côté de l’auxiliaire de vie, elle n’a pas eu de contact avec lui pour une éventuelle reprise. Là aussi, elle aurait aimé en savoir plus notamment sur l’adaptation des gestes barrières. “Avec ma fille, pour l’aider il faut forcément la toucher, la porter.” Faute de mieux, elle continue donc d’assurer elle-même l’enseignement auprès de ses enfants, avec l’aide de la maîtresse. La rentrée de septembre reste floue, Sandrine n’a aucune idée des conditions dans laquelle elle va se dérouler. Pour le moment, on lui a seulement parlé de “classe virtuelle”.

Des consignes et du matériel de protection

Le rectorat n’est pas en mesure de préciser des chiffres, sur le retour à l’école des élèves en situation de handicap car “chaque cas est particulier.” Cette reprise fait l’objet d’une organisation dédiée, depuis le 11 mai jusqu’au 2 juin.

“Les élèves en situation de handicap font partie des élèves prioritaires pour reprendre leur scolarité en école ou établissment” précise-t-on. Le rectorat ajoute : “Les parents et responsables légaux d’élèves en situation de handicap sont informés des dispositions prises pour favoriser un retour à l’école ou en collège par l’intermédiaire des enseignants référents.”

“Des moyens spécifiques de protection des personnels sont prévus compte tenu de la difficulté pour certains élèves en situation de handicap de respecter la distanciation physique. Pour l’aide humaine portant sur les gestes de la vie quotidienne une dotation spécifique en gants, gel désinfectant, visières ou lunettes de protection est mise en place.”

Les chiffres sur la scolarité des élèves en situation de handicap en Bretagne

Selon le rectorat et à la rentrée 2019, l’académie de Rennes comptait 17 454 élèves scolarisés dans les écoles et établissements publics et privés relevant du ministère de l’Éducation nationale : 8 998 dans le premier degré et 8 456 dans le second degré. Selon les situations, la scolarisation peut se dérouler sans aide spécifique (humaine ou matérielle) ou avec des aménagements lorsque les besoins de l’élève l’exigent.

L’académie de Rennes compte actuellement 11 476 AESH. Les élèves présentant des besoins plus importants sont scolarisés avec l’appui d’unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS). Ces dispositifs sont encadrés par un enseignant spécialisé et bénéficient d’un accompagnant des élèves en situation de handicap-collectif. 188 ULIS-école, 129 ULIS-collège, 38 ULIS-lycée professionnel sont en place dans l’académie de Rennes.

Lors des annonces sur la phase 2 du déconfinement, Jean-Michel Blanquer a réaffirmé l’engagement du gouvernement sur la scolarité des élèves en situation de handicap. Il a annoncé que 100 % des ULIS seraient ouvertes la semaine prochaine.

*Le prénom a été modifié

Source FR3.

Documentaire. “Ferplay” : quand le handisport offre une nouvelle vie à des victimes d’accidents de la vie…

“Ferplay”, un film documentaire de Lucie Mizzi et Marion Dupuis qui évoque trois histoires extraordinaires.

Des jeunes fauchés dans leur vide de valide et qui ont du repartir de zéro.

L’occasion d’évoquer le handicap et le sport sous un angle positif.

Ferplay, un documentaire de Lucie Mizzi et Marion Dupuis / © Tandem Image

ls s’appellent Raphaël, Tojo et Geoffrey. Trois personnes fauchées en pleine ascension vers l’objectif de vie qu’ils s’étaient fixé et qui ont su repartir de zéro. Trois personnes qui se sont découvertes sportifs. Ensemble, nous parlons sans tabou de ce que signifie aujourd’hui « être handicapé » avec tolérance, sans méfiance et pour appréhender le handicap par le biais du handisport.

Ce documentaire veut permettre de mieux appréhender le handisport et, plus globalement, le handicap, en suivant le quotidien de trois personnes, toutes nées valides mais aujourd’hui en situation de handicap. Avec humour, sans gêne ni tabou, ces sportifs ont accepté d’ouvrir les portes de leur intimité. Ils ont raconté leur reconstruction, leurs parcours, leurs envies, mais aussi leurs amours et leurs nouveaux projets de vie. Dans le Loir-et-Cher, à Cour-Cheverny, rencontre avec Raphaël Beaugillet, 28 ans, double champion de France 2017 du kilomètre sur piste et poursuite, en cyclisme en tandem. A Orléans, découvrons l’étoile montante du tennis fauteuil, Geoffrey Jasiak, 24 ans, ainsi qu’avec le club de basket fauteuil d’Orléans, qui mélange personnes en fauteuil et valides, dans lequel Tojo Rajohnson est le capitaine de l’équipe.

Le tandem avec Raphaël Beaugillet en Loir-et-Cher

Raphaël avait tout prévu avant de perdre la vue, il y a huit ans. À 20 ans, il jouait au foot et travaillait dans la maçonnerie. Il venait de passer son CAP puis un Brevet professionnel et bientôt il construirait sa maison de ses propres mains. Une vie toute tracée, tranquille, rythmée entre potes et famille près de sa ville d’origine, Cour-Cheverny.

Durant l’hiver 2009, alors qu’il est en classe un matin, il s’alarme quand il remarque qu’il ne voit quasiment plus d’un oeil, et bien qu’il mette cela sur le compte de la fatigue, il décide de consulter un ophtalmologiste. « Il s’est rendu compte que je ne voyais plus qu’à un 1/10e à l’oeil droit. Et puis le 14 juillet de la même année, j’étais au volant et je me suis rendu compte que je n’y voyais plus rien des deux yeux. » Le diagnostic des médecins est sans appel : il est atteint de la maladie de Leber, une maladie génétique. Pour Raphaël, c’est tout son monde qui s’écroule. Il est obligé d’abandonner sa vie professionnelle et les matchs de foot. Son moral flanche et il perd pied. Il se lance alors à fond dans le cyclisme pour évacuer sa colère accumulée. « J’avais besoin d’extérioriser. J’étais en colère contre tout, les autres et moi-même. Je me demandais « pourquoi moi ? ». Ce qui m’a beaucoup aidé pour le cyclisme, c’est le métier que je faisais avant. Comme ce n’était pas un métier facile, ça forge. Les hivers où il fait très froids, les étés où il fait très chaud… Bon, je dois admettre que c’est aussi dû à mon caractère. »

S’il n’y avait pas le sport, je ne sais pas ce que je ferai, dans le sens où je ne sais pas comment j’occuperai mes journées.

Un an seulement après, il débute avec succès la compétition sous les couleurs de l’ASH de Blois : en juin 2011, il devient champion de France 2e catégorie de cyclisme en tandem. En 2012, il arrache le titre de champion du monde. Depuis, il a décroché cinq fois consécutives le titre national et vise, en 2018, les championnats du monde car il fait partie du Top 10 des coureurs
internationaux.

À aujourd’hui 28 ans, le jeune homme explique voir comme s’il est « constamment dans le brouillard ». Raphaël peut compter sur le soutien indéfectible de sa mère, Martine, et ses amis. « J’habite juste derrière chez elle, mais c’est une coïncidence. Je vois beaucoup mes amis aussi qui m’accompagnent dès que j’en ai besoin. » Car pour aller faire ses courses, tant au supermarché qu’en entraînement, Raphaël doit toujours être conduit.

Pour pratiquer le cyclisme en tandem, Raphaël s’est entouré de deux pilotes, l’un pour la route, l’autre pour la piste, indispensables car comme il le dit lui-même, « les titres se gagnent à deux ». Si l’on félicite les handisportifs, on oublie souvent les personnes qui les accompagnent, avant, pendant et après la course. « Le tandem, c’est comme un couple ! Il faut qu’on soit homogènes, qu’on est le même coup de pédale, la même technique et le tout avec des pilotes non-professionnels, c’est la règle en cyclisme handisport. » Et c’est en effet ce qui complique parfois son parcours sportif. Difficile de trouver des pilotes volontaires, de motiver des amateurs à courir sous la pluie en plein hiver ou à sillonner les routes de France et d’Europe pour décrocher des titres qui ne rapportent pas d’argent.

Car pratiquer le tandem coûte entre 20 000 et 30 000 euros par an selon le nombre de compétitions effectuées. « Rien que le vélo, c’est 7 000 euros à peu près », souligne le cycliste. 13

Tête brûlée, Raphaël ne veut pas résumer sa vie au handicap. « Je suis un peu casse-cou. Je prends ma canne seulement quand je vais sur Paris ou dans les grandes villes pour être vu parce que mon handicap ne se voit pas forcément, si je puis dire ! Même quand je suis dans un endroit inconnu, je vais faire plus attention mais je ne vais pas tâtonner des pieds ou prendre quelqu’un au bras. Quand je la prends, les gens me remarquent et viennent à moi me proposer leur aide. »

Longtemps son futur a été un réel point d’interrogation. « J’ai mal été accompagné et conseillé. On me proposait surtout un travail d’accueil qu’avec une synthèse vocale. Mais être assis sur une chaise toute la journée, pour moi, ce n’est pas possible. » Après un parcours du combattant, il vient d’ouvrir son petit cabinet de masseur bien-être en auto-entrepreneur et aborde la vie plus sereinement.

Le tennis-fauteuil avec Geoffrey Jasiak à Orléans

Avec son bac en poche, Geoffrey décide d’intégrer la fac de Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) de La Rochelle. En août 2014, alors qu’il est employé saisonnier comme livreur du côté d’Angoulême, Geoffrey est victime d’un accident de la route. Un portique trop bas vient s’écraser sur la cabine de son petit fourgon, le laissant pour tétraplégique. « J’avais
les vertèbres en morceau, on m’a mis des broches pour me stabiliser, et on les a retirées l’an dernier. » Sur le moment, Geoffrey ne se rend pas compte que son pronostic vital est engagé et qu’il ne pourra surement plus jamais remarcher s’il s’en sort. « Deux mois et demi après mon accident, j’ai réussi à faire quelques mouvements encourageants. Ce n’était rien du tout mais déjà bon signe. Six mois après, j’ai enfin pu m’asseoir dans un fauteuil roulant, et retrouver une forme de mobilité ». Contre toute attente, il passe de la catégorie « tétra » à « para », avec un paralysie incomplète qui handicapera surtout sa jambe droite. « Un peu comme Grand Corps Malade si vous voulez », plaisante-il.

Sur les conseils de son kiné, Geoffrey veut se remettre au sport et fait des essais en basket et tennis fauteuil. « Avant, je faisais du tennis, du foot, de l’athlétisme, et tous les sports que l’on pratiquait en Staps. Alors me retrouver sans rien c’était très difficile pour moi et je voulais faire autre chose que du fauteuil de ville ». Poussé par son kiné, sur l’île de Ré, il rencontre Yann Maître, qui n’est autre que l’ancien entraîneur de l’équipe de France de paratennis.

Il m’a dit que j’avais du potentiel. C’était le premier, et celui qui m’a redonné de l’espoir. Enfin, je voyais que j’avais des possibilités d’évolution, une première depuis l’accident.

Geoffrey doit attendre un an avant de vraiment se lancer corps et âme dans le tennis fauteuil. « Stéphane Goudou, le vice-président de l’Académie de paratennis me proposait quatre entraînements par semaine, avec Fabien Goueffon, et Romain Simmonet à Orléans. » Du beau monde puisqu’il s’agit de l’actuel entraîneur de l’équipe de France de paratennis, mais aussi de tennis tout court à Orléans, ainsi que de son poulain. « J’ai accepté à une condition : que ma petite copine Solène puisse intégrer son master 2 en Staps à Orléans et vienne avec moi. » Depuis, le couple a adopté la ville de Jeanne-d’Arc.

Après l’accident, Solène et Geoffrey ont longuement discuté du nouveau handicap de ce dernier. A l’époque, il ne savait pas s’il pourrait se relever un jour. Aujourd’hui, il marche, « lentement quand même », avec une ou deux cannes, et se sert de son fauteuil pour les jours difficiles. « Je lui avais dit de partir, de continuer sans moi, mais elle a refusé de m’abandonner. Sans elle, c’est sûr que je ne serai pas là aujourd’hui », confesse le jeune tennisman.

Pour se mettre au niveau, Geoffrey enchaîne les heures d’entraînement. « Je ne m’attendais pas à une telle progression, aussi rapide, même si je dois encore améliorer mes déplacements en fauteuil pour gagner en rapidité et couverture du terrain, car je ne vis pas dedans tous les jours contrairement à d’autres sportifs. » En un an, Geoffrey est tout de même devenu 113e mondial en simple et 111e en double sur environ 650 joueurs classés (car tous ne le sont pas). Il a réussi à se hisser en deuxième série, atteignant presque les meilleures places françaises.

A 24 ans, Geoffrey peut aujourd’hui se déplacer seul, à pied ou à bord sa voiture adaptée munie de commandes au volant. Mais son combat quotidien reste la planification. « La gestion du temps, c’est le plus difficile. Pour en gagner, je dois prévoir mes journées, savoir si je serais longtemps hors de chez moi ou non, si j’ai besoin de mon fauteuil ou pas, etc. Prévoir et anticiper me permettent de me ménager. »

Après sa licence de Staps, qu’il a réussi à valider dans l’année qui a suivi l’accident, Geoffrey a passé un diplôme universitaire de préparateur physique. « Je ne suis pas entraîneur mais j’accompagne les sportifs en développant leurs qualités physiques, leur endurance, leur force ». Fraîchement lancé dans le monde du travail, il cherche aujourd’hui un contrat à mi-temps pour lui permettre de poursuivre ses entraînements intensifs.

Le basket-fauteuil avec Tojo Rajohnson à Orléans

Pour Tojo, raconter son accident, c’est presque raconter une vieille histoire qu’on aurait oublié depuis quelques années. Cela fait 17 ans que le doyen de nos protagonistes, âgé de 37 ans, vit avec sa paraplégie et a su l’apprivoiser. « On met au moins quatre ans à vivre pleinement son nouvel handicap. Même si aujourd’hui je n’y pense presque plus en réalité », déclare-t-il. Alors jeune étudiant en droit à Orléans tout droit débarqué de Madagascar, Tojo subit un accident de la route qui lui brise les vertèbres D11 et D12. « J’ai été rapatrié à la Réunion parce qu’à Madagascar, tu ne peux pas te faire soigner. » Contrairement à d’autres paraplégiques qui mettent presque un an à sortir de rééducation, Tojo a vite été « remis sur pieds », comme il le dit.

Pour rebondir, Tojo s’est directement retourné vers le sport qu’il pratique depuis son plus jeune âge : le basket. « Une des premières choses qui m’a inquiété à l’hôpital était de savoir comment (et pas si) je pourrais rejouer au basket. Déjà à l’hôpital, je rejouais ! » Il faut dire que le basket est la grande passion de Tojo qui avait un niveau plus qu’honorable étant jeune. « J’étais en sélection nationale quand je jouais en cadet et junior », lance-t-il fièrement.

Après trois mois de convalescence, Tojo rentre en France pour terminer sa rééducation et  retrouver Gaëlle, sa copine de l’époque. Loin de sa famille, c’est elle qui l’aide à rattraper son retard en cours et à s’adapter à sa nouvelle vie. « Je lui dois beaucoup, d’ailleurs c’est aussi pour ça que je l’ai épousée ! »

Après sa licence de droit en poche, Tojo n’arrive pas réellement à trouver sa vocation. « J’ai fait divers boulots, mais j’ai finalement trouvé celui que je voulais exercer. Depuis quatre ans, je suis donc instituteur et travaille à l’école publique de Châteauneuf-sur-Loire (à une trentaine de minutes d’Orléans), avec une classe de CE2-CM1. » Il l’avoue, ses débuts n’ont pas été simples. « Alors moi je les cumule : je suis étranger, handicapé, et en plus j’étais sans expérience ! Au départ, l’éducation nationale, le directeur et les parents d’élèves avaient quelques réticences. Ils se demandaient si j’allais avoir besoin d’un aménagement, s’il faudrait faire des changements… Si je n’allais pas les emmerder en somme. Mais depuis, tout se passe très bien ».

Chaque année, à la rentrée scolaire, il prend le temps de répondre aux questions des enfants, d’ordre bien plus pratique, telles que savoir comment il se déplace de son fauteuil à sa voiture ou à son lit. Avec les années, il s’est rendu compte que les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que les adultes, et passent rapidement à autre chose sans l’appréhension des grandes personnes. « Ce
qui est super avec ce métier, c’est que je leur inculque une vision de la différence car ils prennent exemple sur leur professeur, ils se nourrissent de toi et donc tu deviens en quelque sorte leur modèle d’éducation ».

Depuis plusieurs années, Tojo pratique le basket avec l’équipe de Basket handi d’Orléans dont il est le capitaine. Ils étaient même montés en Nationale 1, mais sont redescendus en N2 la saison dernière. Ce club de basket fauteuil a la particularité de compter des valides au sein de l’équipe. Sur la dizaine de joueurs, trois le sont. Tous ensemble, ils s’entraînent une à deux fois par
semaine et partent en compétition du sud de la région Centre jusqu’à la frontière belge. « Le fauteuil n’est qu’une petite partie du handicap. Les gens se demandent comment on va aux toilettes, au lit, mais pour les paraplégiques, qui ont une santé plus fragile que les valides, le moindre petit pépin de santé nous ramène vite à réfléchir. »

Et le sport permet de s’entretenir, mais de tenir aussi.

Ce qui a renforcé le moral d’acier de Tojo, toujours jovial, c’est la naissance de son fils Mahéry, aujourd’hui âgé de quatre ans. « Chez les para, même si les nerfs sont touchés assez haut, par exemple au niveau du tronc, on se rend compte que les fonctions érectiles sont souvent préservées. Et donc, oui, nous pouvons faire l’amour et avoir des enfants », aborde-t-il sans tabou. A la venue de cette toute petite chose, Tojo s’est posé des questions. « Je me demandais comment j’allais pouvoir promener mon fils en poussette alors que je suis en fauteuil, comment j’allais faire pour le prendre dans mes bras ou le changer. Mais on ne renonce à rien, on s’adapte simplement sur tous les gestes quotidiens. Par exemple, j’ai trouvé une meilleur astuce pour l’attacher contre moi et qu’il ne bascule pas ». De sa paternité presque « normale », Tojo garde quelques frustrations concernant l’eau. « Il y a très peu de piscines adaptées pour les personnes en fauteuil et quand je vais me baigner avec lui, je ne peux pas le tenir et donc je risque de le couler. A la mer, c’est le même problème puisque le fauteuil ne peut pas aller jusque dans le sable. »

► “Ferplay”, un documentaire de 52 minutes réalisé par Lucie Mizzi et Marion Dupuis, produit par Tandem Image et TV Tours. Première diffusion en 2019.

Source FR3.

À 20 ans, il rêve d’être le premier athlète atteint de trisomie à terminer un Ironman…

Atteint de trisomie 21, le jeune Américain Chris Nikic a pour objectif de terminer un Ironman.

À 20 ans, il rêve d’être le premier athlète atteint de trisomie à terminer un Ironman
Il serait alors le premier athlète avec ce handicap à venir à bout d’une épreuve de ce genre.
Un but qu’il compte bien atteindre, en refusant d’utiliser sa différence comme excuse.

Parfois, les rêves que l’on pense inaccessibles sont à portée de main. Quand on a une motivation profonde, ni le regard des autres ni les obstacles ne sauraient vous empêcher d’atteindre votre but.

Le jeune Américain Chris Nikic a un rêve, qui pourrait se concrétiser très bientôt. En novembre 2020, quand aux États-Unis, tous les yeux seront tournés vers les résultats de l’élection présidentielle, lui aura son esprit tourné vers Panama City Beach. Son objectif ? Un Ironman. Une course composée de 3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et d’un marathon.

Chris Nikic a 20 ans et vit en Floride. Son objectif semble a priori banal. Mais ce jeune homme est atteint du syndrome de Down, plus connu en France sous le nom de trisomie 21. S’il atteint son objectif, Chris serait donc le premier athlète porteur de cette anomalie chromosomique à boucler une telle épreuve.

Son expérience de la vie lui sera utile pour atteindre son but, explique-t-il à USA Today : « Avoir le syndrome de Down signifie que je dois travailler plus dur que tout le monde, […] cela m’a aidé à être prêt pour un Ironman. »

Accomplir des objectifs avant ses 21 ans

Et pour cela, Chris Nikic s’inflige de lourdes charges de travail. Il s’entraîne quatre heures par jour, à raison de six jours par semaine. Et ce n’est pas la pandémie de coronavirus qui frappe le monde entier qui entame sa motivation. Même si les piscines et autres complexes sportifs ont dû fermer leurs portes.

Son premier objectif, le half-Ironman (la moitié d’un Ironman) de Panama City Beach, prévu en mai, a été reporté. Mais il ne s’est pas résigné pour autant. Le jeune homme a réalisé sa propre épreuve dans son État, l’Orlando Covid 70.3, qu’il a terminée. Un espoir qu’il souhaite transmettre : « Si vous connaissez une famille où quelqu’un a le syndrome de Down, s’il vous plaît, partagez ceci pour leur faire voir que tout est possible pour leurs enfants », a-t-il écrit sur son compte Instagram.

Lui sait où il veut aller. Il a d’ailleurs formulé plusieurs objectifs qu’il souhaite réaliser avant ses 21 ans. En plus des épreuves à Panama City Beach, il veut publier un livre, intitulé 1 % Better, comprenez « 1 % meilleur ». Un objectif « en cours », selon son site internet. Ce titre reflète sa philosophie, celle qu’il expose devant le public lors de conférences : comment être, chaque jour, 1 % meilleur que la veille pour atteindre ses objectifs. Une source de motivation qui l’aide lui-même, mais aussi d’autres personnes.

Quant au sport, il le pratique depuis de nombreuses années. Opéré du cœur à l’âge de 5 mois, Chris Nikic a intégré à l’âge de 9 ans le programme Special Olympics. Des compétitions faites pour les personnes ayant des déficiences mentales. Il a commencé par le golf, avant de se lancer également dans la natation, la course, le basket-ball, puis le triathlon.

À 20 ans, il rêve d’être le premier athlète atteint de trisomie à terminer un Ironman

« J’aime tous les événements sportifs, expliquait-il sur le site du programme. Plus que les événements en tant que tels, j’aime les interactions sociales qu’ils procurent : être avec des amis et aller danser quand c’est terminé. » Une proximité avec les gens qu’il confirme sur le site de l’équipe USA Triathlon qu’il a intégrée : « J’aime être auprès des gens et les encourager. »

« Je ne doute plus de mes rêves »

Véritable modèle pour certains, il dégage une énergie et une bonne humeur contagieuses. « Il apporte le soleil dans une pièce », résume Nik Nikic, son père, sur le site d’USA Triathlon.

Un père qui a mis du temps avant de voir ce dont son fils était capable, alors que sa fille avait, elle aussi, des prédispositions. « Ma fille était une athlète douée et je l’ai considérée comme telle alors que je traitais Chris comme quelqu’un de différent , confie-t-il à USA Today. Je ne lui ai pas donné la même chance qu’à sa sœur parce que je voulais le protéger. Mais, il y a deux ans, j’ai commencé à le traiter comme quelqu’un de doué. »

Pour le plus grand bien de son fils, qui ne veut pas se cacher derrière son handicap pour se trouver des excuses. « Je n’utilise pas ma condition comme excuse, martèle-t-il à USA Today. Au lieu de ça, je travaille plus dur. Mon père m’a dit : « Ne doute jamais de tes rêves, Chris. » […] Je n’en doute plus, maintenant. »

Handi’chiens victime du confinement : “On a des chiens qui auraient pu être remis à des enfants mais c’est impossible”…

Handi’Chiens forme des chiens d’assistance et d’accompagnement social qui partagent le quotidien de personnes malades ou handicapées.

Mais le confinement a fragilisé cette association créée à Alençon en 1989.

L’argent des donateurs se fait rare.

Plus de 1000 chiens d'assistance viennent actuellement en aide à des personnes malades ou handicapées dans toute la France. / © PHOTOPQR/LE PARISIEN

Les chiens aboient de nouveau. Le centre de formation a repris vie, presque normalement. Les éducateurs inculquent aux labradors et aux golden retriver les trucs du métier d’assistant ou d’accompagnant social.

“On essaye de réorganiser les formations. La difficulté, c’est qu’on nous ne pouvons pas faire de rassemblement. On ne peut pas prendre le risque de mettre ensemble des personnes qui ont une santé fragile,” explique Marie Wattiau, l’intervenante en médiation animale de l’association Handi’Chiens à Alençon.

Les stages de passation qui permettent la rencontre entre l’animal et son nouveau maître ne peuvent donc pas se tenir. “On a des chiens qui auraient pu être remis à des enfants atteints de myopathie. C’est impossible aujourd’hui”. Les remises aux bénéficiaires initialement prévues en mai et en juin sont reportées à plus tard.

Le confinement a joué un sale tour à l’association. Handi’Chiens compte quatre centres de formation en France et un établissement destiné aux éducateurs. Pendant plus de deux mois, toute l’activité s’est arrêtée. Le personnel a été placé en chômage partiel. Les chiens sont retournés dans les familles d’accueil. Leur formation dans les centres a été interrompue. “C’est certain que le travail des chiens en a pâti,” déplore Marie Wattiau. Ils ont repris leur apprentissage le 4 mai.

15 000 euros pour former un chien

Plus ennuyeux encore, l’épidémie qui a paralysé le pays a aussi contribué à gréver les budgets. “Beaucoup d’événements organisés à notre profit ont été annulés partout en France, explique Sophie Mary, la directrice du centre d’Alençon. Des lotos, des ventes de fleurs, des cross dans des écoles. Dans le nord, un Lion’s Club organise chaque année un vente d’oeuvres d’art qui nous rapporte 30 000 euros. C’est annulé, et ils ne peuvent pas reporter”. En temps normal, l’association bénéficie aussi de la générosité des donateurs. “Mais c’est bien naturel en ce moment, beaucoup reportent leur effort sur la recherche médicale”.

Handi’Chiens n’a pas encore chiffré les pertes. Mais la situation est assez critique. “Si on n’arrive pas à compenser le manque à gagner au second semestre, le risque, c’est qu’on soit obligé de faire encore appel à du chômage partiel, mais cette fois pour des raisons financières.” Personne au sein de l’association ne veut se résoudre à cette extrémité.

“Moins d’argent, c’est moins de chiens formés, et donc moins de personnes aidées. Aujourd’hui, le délai d’attente pour les bénéficiaires est déjà de deux ans…”
Sophie Mary, directrice du centre Handi’Choiens à Alençon

Handi’Chiens redoute les conséquences de ce trou d’air. “Aujourd’hui, nous achetons les chiots qui seront opérationnels d’ici deux ans. Un chien formé coûte 15 000 euros, et c’est un principe, il est remis gratuitement au bénéficiaire, souligne la directrice. Il faut compter les frais vétérinaires, la nourriture, les frais de déplacement des familles d’accueil qui les hebergent chez eux pendant un an et demi, et la formation qui dure six mois dans les centres.” L’association a donc entrepris de rappeler un à un ses donateurs réguliers en espérant pouvoir compter sur leur générosité. “Parce que la finalité de tout ce travail, c’est le sourire de nos bénéficiaires”.

Handi'Chiens

Handi’Chiens recherche aussi des bénévoles, des volontaires. “Ce n’est pas le travail qui manque, insiste Marie Wattiau. On a toujours besoin pour entretenir les espaces verts, bricoler, fabriquer des jouets en bois pour les chiens. On cherche des gens qui ont du temps et du coeur” Et ce temps donné n’a pas de prix.

Source FR3.