Handicap : les familles en colère contre le manque d’enseignants dans les instituts médico-éducatifs…

Pour l’Unapei, principale association de familles de personnes avec handicap intellectuel ou psychique, de nombreux enfants « sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins ».

Handicap : les familles en colère contre le manque d’enseignants dans les instituts médico-éducatifs

 

Porteur d’un handicap intellectuel, Bastien, 15 ans, n’a bénéficié l’an dernier que de deux heures de classe par semaine dans son institut médico-éducatif (IME). Une situation anormale, dénoncent les associations qui, à l’approche de la rentrée, demandent davantage d’enseignants pour les enfants « à besoins particuliers »

Comme chaque année, le gouvernement aborde cette rentrée scolaire en vantant les progrès de « l’école inclusive », qui accueille plus de 400 000 élèves handicapés (en hausse de 4 % en un an et de 19 % en cinq ans), épaulés par 125 500 accompagnants (AESH). Cependant, pour l’Unapei, principale association de familles de personnes avec handicap intellectuel ou psychique, le compte n’y est pas : de nombreux enfants « sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins », dénonce le mouvement, qui a recueilli et publié sur un site web dédié 675 témoignages de familles en colère.

Les difficultés, pointe du doigt l’Unapei, ne concernent pas que l’école proprement dite, mais aussi les IME : dans ces structures dépendant du ministère de la Santé, l’Éducation nationale doit en théorie détacher des enseignants pour faire classe aux enfants handicapés qui, le reste du temps, sont pris en charge par des ergothérapeutes, kinés et autres orthophonistes.

Mais à l’IME René-Coutant d’Évreux, où est accueilli Bastien, une seule enseignante doit faire classe à 34 enfants et adolescents, se désole Jacques Serpette, le directeur général de l’Adapei 27, qui gère la structure. Pour être efficace, les cours ne peuvent avoir lieu que par petits groupes, si bien que les enfants ne voient l’enseignante que quelques heures par semaine.

« Les derniers servis »

L’Éducation nationale est certes constamment sollicitée, reconnaît-il, « mais nous, on est toujours les derniers servis. Comme si l’administration pensait que ces enfants ne peuvent pas apprendre, ou que ce n’est pas si grave que ça », enrage-t-il. « Ce sont des enfants qui ont besoin d’être stimulés plus que les autres », souligne Florence Alavin, la mère de Bastien, inquiète que son fils « perde ses acquis ». « J’aimerais qu’il puisse se débrouiller au moins pour la lecture et l’écriture, mais je sens que ça va être compliqué ».

Dans l’ensemble du pays, l’Éducation nationale déploie un peu plus de 3 500 enseignants dans les IME, pour environ 70 000 enfants et adolescents, selon le ministère. Des chiffres qu’il faut remettre en perspective, relève l’Unapei, puisque l’enseignement ne peut avoir lieu qu’en petits groupes.

L’administration « a une vision d’éducation de masse, mais pour ces enfants (handicapés), il faut faire du cas par cas », souligne Jean-Baptiste De Vaucresson, responsable de cinq IME dans le Val-de-Marne, qui comptent huit enseignants pour 450 enfants. « Bien sûr que ces jeunes ne pourront pas aller jusqu’au bac. Mais ils sont capables d’apprendre, il ne faut pas les ostraciser », insiste-t-il.

Pour beaucoup de familles, l’entrée à l’IME est certes souvent vécue comme un soulagement, après des années sans solution de prise en charge. Ce qui ne les empêche pas d’être « en colère » face au manque d’enseignants, observe Sabine Calarnou, dont le fils Titouan, 14 ans, atteint d’une maladie génétique, est accueilli dans un IME de Saint-Maur, dans le Val-de-Marne.

« Je n’attends plus qu’il sache lire et écrire, mais au moins qu’il acquière une autonomie fonctionnelle : aller acheter seul sa baguette, se débrouiller dans les transports en commun », résume la mère de famille, convaincue que son fils « aurait pu apprendre plus de choses » s’il avait bénéficié d’un temps d’enseignement plus conséquent.

« Tous les enfants ont le droit à la scolarisation, en milieu ordinaire ou pas », estime Sonia Ahehehinnou, de l’Unapei. Ce problème du manque d’enseignants, doublé d’une « disparité territoriale anormale », « ça fait longtemps qu’on le fait remonter à l’Éducation nationale, mais ça ne bouge pas beaucoup », se désole-t-elle.

Source SUD OUEST.

Hautes-Pyrénées : Laurent veut porter la cause du handicap au sommet…

À partir du 4 septembre, le traileur originaire des Hautes-Alpes va traverser le massif pyrénéen d’Ouest en Est.

827 km et 40 000 m de dénivelé pour l’Adapei 65. 

Plusieurs des personnes accompagnée0s par l’Adapei 65 ont déjà pris rendez-vous avec Laurent Lachaume afin de courir avec lui.

 

C’est un défi colossal. Mais finalement pas forcément plus difficile que ceux affrontés dans la discrétion du quotidien. Le 4 septembre, Laurent Lachaume s’élancera d’Hendaye. Devant lui, les 827 km du GR10 qui serpente le long du massif pyrénéen jusqu’à la Méditerranée et Banyuls que le traileur alpin compte atteindre le 30 septembre. “C’est un gros défi pour lequel je me suis préparé, j’ai beaucoup travaillé sur du longue distance, en cumulant 30000m de dénivelé cet hiver en ski de rando, explique Laurent Lachaume, qui avait déjà réalisé un tour de France à vélo, en 2013, pour l’association France Alzheimer dont sa mère était malade. J’avais fait le tour des courses. Je n’avais plus de plaisir à avoir un dossard. Là ça me motive et c’est un plaisir de prêter mes jambes pour l’association Adapei 65.”

Lui-même touché

Dans les Hautes-Pyrénées, la structure accompagne plus de 800 personnes vivant avec un handicap ou une fragilité, en proposant des dispositifs d’accompagnement adaptés au projet de vie de chacun. C’est par un jeu de rencontres que Laurent, 55 ans, a épousé la cause de l’Adapei 65, via Michel et Sylvie croisés à Arrens-Marsous en 2013. Une cause qui tient à cœur de ce sportif affirmé atteint de troubles cognitifs. “À force d’accumuler des mini-comas, je dois composer avec un handicap léger, qui fait qu’il y a des choses que je ne vais pas capter de suite. C’est pour ça que j’ai énormément d’empathie pour cette cause. Je sais comment ils peuvent percevoir certaines remarques, comment certains en viennent à déprimer. Ce sont des insultes légères, du genre “t’es con ou tu le fais exprès”. Ou alors quand on vous fait comprendre que tel ou tel poste n’est pas pour vous. Ça fait mal.”

Pour militer pour davantage d’intégration, d’inclusion et de respect, Laurent va accumuler les kilomètres, entrecoupés par eux journées de fête et de partage : la première à Arrens-Marsous le 11 septembre et la seconde le 17 septembre à Luchon. Un répit dans près d’un mois d’effort. “Bien sûr que ça fait peur, mais ça fait partie du défi. Même si les conditions peuvent être difficiles, j’aurais du monde avec moi.” À commencer par les agents et les bénéficiaires de l’Adapei 65 qu’il a rencontré à Lourdes il y a quelques semaines. “Mon aventure motive aussi des personnes en situation de handicap qui vont m’accompagner sur une partie du trajet. Ça aussi, c’est une récompense qui me poussera à aller plus loin.”

Le but du challenge est de sensibiliser aux attentes des personnes en situation de handicap. Les fonds récoltés serviront à développer des actions et projets en lien avec le sport pour les personnes accompagnées par l’Adapei des Hautes-Pyrénées. Une cagnotte est accessible sur le site de l’Adapei : www.adapei65.fr
Source LA DEPÊCHE.

ChickyPop, la marque de maroquinerie de l’ESAT du Territoire de Belfort, reçoit un prix régional …

L’ESAT du Territoire de Belfort a reçu vendredi matin le prix régional de l’économie sociale et solidaire (ESS) 2020 pour récompenser le lancement réussi de sa marque ChickyPop l’année dernière.

ESAT du Territoire de Belfort, atelier de Cravanche, 4 rue du Salbert.

 

ChickyPop, la marque de maroquinerie de l’ESAT du Territoire de Belfort, reçoit un prix régional ...

 

Quatre des huit artisans maroquiniers de l’ESAT étaient présents à l’atelier de Cravanche, vendredi matin, pour recevoir ce prix des mains de Tatiana Desmarets, président de la chambre régionale de l’ESS. Les quatre femmes ont été longuement applaudies et ont parfois paru gênées par tant de reconnaissance. « Ne dissimulez pas votre fierté, vous la méritez », leur a lancé Jean-Paul Granger, président de l’Adapei du Territoire de Belfort.

« On cherchait quelque chose de créatif »

Ce prix régional vient récompenser le lancement de la marque ChickyPop en octobre 2020. L’aboutissement d’un projet imaginé dès 2013 par les représentants de l’ESAT et développé en partenariat avec le CFA du pays de Montbéliard. « On avait envie de créer une nouvelle activité pour les travailleurs de l’ESAT, quelque chose de plus créatif et artisanal. Et on a pensé au cuir, la filière étant en plein développement dans le Nord Franche-Comté », explique la directrice Corinne Redersdorff.

Huit travailleurs ont été formés au métier de maroquinier dès 2018, en s’inscrivant dans un programme de cinq ans. Mais sans attendre la fin de cette formation, l’ESAT a créé ChickyPop pour commercialiser des petits objets de maroquinerie , comme des ceintures, des porte-monnaie et des porte-cartes. « ChickyPop car on a un assemblage de couleurs un peu pop, avec des produits qui restent chics », sourit la directrice, « fière du chemin parcouru ».

Journée portes ouvertes ce samedi

ESAT du Territoire de Belfort, atelier de Cravanche, 4 rue du Salbert.

La démarche se veut inclusive, forcément, mais aussi écoresponsable, avec la volonté de produire moins et mieux. « Ce prix récompense le professionnalisme de nos travailleurs et de nos formateurs. C’est très stimulant pour tout le monde », apprécie le président de l’Adapei 90 en regardant Samia, Julie, Kheira et Nathalie, pas peu fières de présenter leur savoir-faire vendredi matin, en retraçant le parcours de création d’un porte-cartes en cuir.

Une présentation qu’elles espèrent partager à un plus large public ce samedi, à l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée de 10 h à 18 h.

ChickyPop crée un étui à lunettes

ChickyPop crée un étui à lunettes

Après les ceintures, les porte-cartes et les porte-monnaie, ChickyPop ajoute un nouveau produit à sa gamme avec un étui à lunettes. L’idée est née d’une rencontre avec l’opticien belfortain Jérôme Collard, lequel a décidé de commercialiser les trois modèles fabriqués par les maroquiniers de l’ESAT. « L’argent des ventes sera intégralement reversé à l’Adapei », précise l’opticien, « ravi de faire partie de cette aventure ».

« Presque tous les fabricants d’étuis sont partis en Chine. On manquait d’un vrai ancrage local », précise Jérôme Collard. Les étuis, disponibles dans divers coloris, sont vendus au prix de 30 € en magasin ou sur la boutique en ligne de l’ESAT ( www.chickypop.fr ). La marque sera aussi présente sur les marchés de Belfort Tourisme tous les mercredis d’été, ainsi qu’aux Flâneries d’été, partout dans le Département les mardis soir.

Source EST REPUBLICAIN.

Handicap : un fauteuil ergonomique qui fait des heureux…

Sympathique intermède solidaire à l’Adapei Éveil avec la remise par l’association Axel’Aire d’un fauteuil Lalloo pour polyhandicapés.

Une demoiselle dans le fauteuil Lalloo (au centre) entourée des ses petits copains du service le Bel Aubépin et (de g. à dr.) d’Axel Dumon et Françoise Deruelle, de l’association Axel’Aire, et de Nathalie, Carole et Aziza, les éducatrices du service.  Photo ER

Une demoiselle dans le fauteuil Lalloo (au centre) entourée des ses petits copains du service le Bel Aubépin et (de g. à dr.) d’Axel Dumon et Françoise Deruelle, de l’association Axel’Aire, et de Nathalie, Carole et Aziza, les éducatrices du service. Photo ER

 

Que du bonheur ce jeudi au service “le Bel Aubépin” de l’Adapei Éveil, quand Vanessa Dumon et Françoise Deruelle, respectivement trésorière et secrétaire de l’association Axel’Aire présidée par Martine Troup, ont remis un fauteuil ergonomique Lalloo. « Un fauteuil enveloppant très confortable et pas discriminatoire, qui est adapté aux jeunes polyhandicapés du groupe », explique Carole, éducatrice. Elle ajoute : « Il permet aux utilisateurs de se tenir assis en tailleur sans être attaché. Bien installés, ils sont plus disponibles et plus à l’écoute quand on leur fait écouter de la musique ou quand on leur raconte des histoires. »

Un second fauteuil à venir

« C’est d’une grande aide pour les jeunes, nécessaire et très cher », confie la directrice, Anne Fesquet. « Un don d’une valeur de 1 000 €, plus des appareils photos, dont nous sommes fiers car la solidarité et l’engagement pour Axel’Aire jouent à plein », déclare Vanessa Dumon. Elle annonce la donation d’un second fauteuil Lalloo très prochainement.

Des couturières solidaires

L’entité a été créée en septembre 2020 par des couturières bénévoles amies de Martine Troup, patronne de la boutique De Toile à Soie, avenue Léon Jouhaux à Héricourt. Partageant la passion de la couture elles confectionnent une kyrielle d’articles en tissu, à partir de restes de rouleaux et de chutes d’étoffes donnés par les clientes du magasin de Toile à Soie.

Elles créent et cousent des balles de préhension, des hochets, des fruits et légumes pour dînette… et aussi des vêtements pour enfants pour bébés et jeunes enfants. Des articles qui sont exposés et vendus dans la vitrine de la boutique. L’intégralité des ventes est donnée à Axel’Aire dont le but est de financer des structures de l’Aire urbaine (Belfort, Montbéliard, Héricourt) accueillant des enfants et jeunes adultes polyhandicapés.

Source EST REPUBLICAIN.

 

Handicap. Les places manquent et les listes d’attente s’allongent dans le Finistère, l’Adapei alerte…

L’Adapei 29 s’inquiète et le fait savoir : dans le Finistère, les listes d’attente s’allongent pour accueillir au mieux les personnes handicapées mentales.

Jean-François Marandola (vice-président de l’Adapei 29), Jacques Michel (président de l’association), Cécile Le Saout (maman d’une jeune femme autiste), et Daniel Brenterch (secrétaire de l’association).

 

Alors que les élections départementales se profilent, les 20 et 27 juin 2021, l’Adapei 29 (association départementale de parents et amis de personnes en situation de handicap mental du Finistère, qui regroupe 1 000 familles) interpelle les candidats : « dans le département, 2 000 personnes (1 300 adultes et 700 enfants) sont soit en attente d’une place dans une structure soit ont une place mais elle est en inadéquation avec leur situation », déplorent d’une même voix Jacques Michel, Jean-François Marandola, Daniel Brenterch, respectivement président, vice-président et secrétaire de l’association. Le Collectif des associations de personnes handicapées du Finistère (Caph 29) avait fait de même il y a quelques jours.

Tous les âges concernés

Cécile Le Saout, maman d’Enora, autiste, témoigne : « Enora a 22 ans ; elle est en IME (Institut médico-éducatif) grâce à l’amendement Creton (qui permet, pour les plus de 20 ans, de rester dans un établissement médico-social en attendant une autre solution adaptée). Elle a une orientation pour un Foyer d’accueil médicalisé (Fam) mais quand on visite des établissements, on nous annonce quinze à vingt ans d’attente… Si on me disait un jour qu’elle doit retourner à la maison, ça serait dramatique : pour elle car elle régresserait, mais aussi pour moi et pour son entourage. »

Au niveau du schéma départemental, il est prévu « 120 places de plus en foyers de vie d’ici 2024 ; or le besoin est de 480 places », pointe l’Adapei 29.

Au niveau de l’Agence régionale de santé (ARS), « aucune création de place n’est prévue d’ici 2022 ». Ils rappellent aussi que « le tout inclusif a ses limites » et que « le médico-social prendre de plus en plus en charge des personnes atteintes de maladies psychiques et psychiatriques. Nous ne sommes pas contre mais cela se fait sans moyens supplémentaires… »

Source OUEST FRANCE.

Bretagne : depuis neuf ans, elle demande le rapprochement de son frère atteint de trisomie…

Jérôme est atteint de trisomie 21. Il vit depuis plusieurs années en foyer de vie à Taulé dans le Finistère.

Sa sœur Sophie demande son placement dans un foyer de vie à Rennes depuis neuf ans sans obtenir satisfaction.

Elle a décidé de lancer un appel sur Facebook.

Sophie Plassart a posté un message sur les réseaux sociaux, "une bouteille à la mer".

 

“Franchement, ce que je fais c’est une bouteille à la mer !” Sophie Plassart garde le sourire mais elle est épuisée. Depuis neuf ans, elle se bat pour que son frère Jérôme, 47 ans, atteint de trisomie 21, soit déplacé de son foyer de vie à Taulé dans le Finistère. Elle aimerait qu’il se rapproche d’elle et de sa famille à Rennes. Pour sensibiliser le public à sa situation, elle a réalisé une publication sur Facebook, partagée des milliers de fois.

Un éloignement de plus en plus pesant

“Jérôme est placé en institut depuis l’âge de deux ans. Nous avons perdu nos parents il y a 22 ans et depuis je suis sa tutrice. En 2012, il a été hospitalisé et on s’est rendu compte que l’éloignement était pesant,” raconte Sophie qui travaille et vit à Rennes depuis 2004. Jérôme demande alors à déménager pour rejoindre un foyer en Ille-et-Vilaine.

“A l’époque, on m’a dit que le délai était de quatre à cinq ans d’attente. Tous les ans, je renvoie un dossier pour relancer la demande,” poursuit Sophie. A l’issue du premier confinement passé en compagnie de son frère, la quinquagénaire envoie un nouveau courrier à l’Adapei (Association départementale de parents et d’amis des personnes handicapées mentales) afin de trouver une solution. “Au mois de juillet, après un passage en commission, on m’a expliqué qu’au regard des différents critères, notre situation n’était pas critique.”

Jérôme, 47 ans, ne serait pas prioritaire

Invitée à contacter les communautés 360, un dispositif mis en place pour accompagner les aidants, Sophie apprend que son frère ne sera jamais prioritaire. “On m’a dit que les personnes privilégiées étaient celles qui n’avaient pas de place en foyer d’hébergement, mais Jérôme a 47 ans, il est plutôt sur la fin de sa vie et nous voulons l’avoir plus près de nous. Il rate de nombreux fêtes de famille. On se rend de plus en plus compte que l’éloignement nous pèse.” 

Samedi dernier, comme lors de chaque vacances scolaires, la Bretonne est allée chercher son frère dans le Finistère. “Avec le confinement j’ai fait un aller-retour dans la journée, j’ai mangé un sandwich dans le froid en un quart d’heure et je me suis dit que je ne pouvais plus supporter cette situation… j’ai fait un post sur Facebook.” Sa publication a été partagée des milliers de fois et commentée des centaines d’autres. Un soutien qui fait chaud au cœur de Sophie mais ne règle pas sa solution.

1.000 personnes en attente à l’Adapei 35

Joint par nos soins, le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine indique que la demande de Jérôme ne relève pas des compétences des maisons départementales des personnes handicapées. “Les MDPH font des propositions d’ouverture de droits mais ne sont pas compétentes pour la mise en œuvre de ces droits. Le ou la directeur.rice de l’établissement d’accueil est seul(e) souverain(e) dans la décision d’admission de la personne.”

De son côté, l’Adapei explique que plus de 1.000 personnes “souhaiteraient être accompagnées par les services de l’association sur le territoire d’Ille-et-Vilaine, dont certaines sans solution d’accueil, prioritaires,” mais elle ne semble pas en mesure pour le moment de fournir une solution à Jérôme.La proposition d’échanges de places entre personnes d’établissements et services qui en expriment le souhait où qui pourraient être intéressées est pertinente. L’ARS, la MDPH, le Département et l’ensemble des acteurs du médico-social travaillent sur ces problématiques pour répondre au mieux à l’ensemble des besoins des personnes en situation de handicap et des familles.”

Source FRANCE BLEU.

Handicap : à Chambray-lès-Tours, un peu de répit pour les parents…

L’IME Les Tilleuls, à Chambray-lès-Tours, a décidé de rouvrir pour une semaine afin de permettre aux parents d’enfants en situation de handicap mental de souffler un peu.

Moment de détente pour un enfant en situation de handicap avec une éducatrice spécialisée.

 

« Je respire, je souffle et j’ai à nouveau une vie sociale », confie Karine, mère d’Alex, atteint d’un autisme sévère. Depuis lundi 19 avril, Karine amène son enfant à 9 h devant les grilles de l’IME Les Tilleuls. Elle le récupère en fin de journée, à 16 h 30. Une pause indispensable qui s’est d’autant plus fait ressentir avec la crise sanitaire : « Je passais mon temps uniquement à m’occuper de mon enfant, c’était un vrai marathon ». Les insultes, la violence s’immiscent dans le quotidien des parents, un contexte éprouvant.
« Ils ont juste envie d’être parents » Pour répondre rapidement à la détresse de ces parents, l’Adapei 37 (1) a rapidement réagi pour proposer une solution : un séjour de répit. « Ils ont juste envie d’être parents. Ils n’ont pas envie d’être des techniciens du handicap. Nous, on a les codes pour répondre à une crise », révèle Lounis Boulaouche, directeur adjoint du dispositif Éducation, apprentissage et scolarisation de l’Adapei 37.

Pour Alex et les dix autres enfants accueillis à l’IME Les Tilleuls, les journées se rythment d’activités en tout genre : activité manuelle et sensorielle, balade, vélo, poterie, jeux… Un programme digne de vraies vacances !

Parents et enfants sortent de leur isolement

Quant au personnel soignant et éducatif, c’était une évidence. Il a répondu tout de suite présent à cette initiative comme le souligne Christelle, éducatrice spécialisée en accueil de jour : « On est volontaire et nous sommes là pour les enfants mais aussi pour les familles ».

Pour le directeur général de l’Adapei 37, le but était de trouver « une réponse globale » où parents et enfants puissent sortir de leur isolement. Ainsi Karine est épanouie et peut se reposer à présent mais toujours avec ce souci de bien-être pour son fils : « Ça permet pour lui de passer une bonne journée et moi de faire ce que j’ai à faire ». Pour Maxime (2), lui aussi atteint d’autisme, c’est le même plaisir de venir passer ses vacances dans l’enceinte de l’établissement : « Ça fait du bien d’être ici, de retrouver mes camarades ! ».

(1) Association départementale de parents et d’amis des personnes handicapées mentales.

(2) Prénom modifié.

en savoir plus

Fort de son succès et pour répondre à la demande, l’Adapei 37 ne s’arrête pas là et se prépare déjà pour cet été avec l’organisation de nouvelles formules de répit.
La métropole tourangelle n’est pas la seule à proposer ce type d’aide aux familles de personnes en situation de handicap.

À l’IME Les Altéas à Beaulieu-lès-Loches, quatre enfants ont été accueillis entre le lundi 19 avril et le mercredi 21 avril en internat.

Renseignements : adapei37.fr

Source LA NOUVELLE REPUBLIQUE.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés…

À l’image de ce qu’ont vécu les personnes suivies par l’Adapei du Doubs, la crise sanitaire que le pays traverse depuis un an n’a pas été facile à vivre pour les personnes en situation de handicap.

Un public qui manque toujours de considération et de visibilité.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés

 

« Cette crise sanitaire nous a rappelé que l’inclusion des handicapées dans la société était loin d’être acquise. » Responsable de l’Atlas, une structure bisontine de l’Adapei 25 (association départementale de parents et d’amis de personnes handicapées mentales) qui s’occupe du temps libre de personnes handicapées intellectuelles, Romaric Vieille n’a pu que constater le mal-être et les difficultés de ces gens qu’ils côtoient au quotidien.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés

Au service L’Atlas, à Besançon, les personnes handicapées suivies par l’Adapei peuvent venir se ressourcer. Une structure indispensable pour maintenir du lien social, alors que certains travailleurs en Esat ont perdu leur activité professionnelle pendant la crise sanitaire. Photo ER /Ludovic LAUDE 

« La plupart des personnes que nous suivons, qui sont assez autonomes, ont mal vécu le premier confinement. Du jour au lendemain, leur vie sociale, s’est quasi arrêtée. Et ces personnes ont manqué d’informations claires et accessibles. »

Privés de travail

Exemple avec les attestations de sortie, que raconte Marilyne Jeannier, 42 ans, mère de famille bisontine suivie par l’Adapei : « L’an dernier, nous avons dû faire des attestations faciles à lire et à comprendre car celle de l’État n’était pas compréhensible pour de nombreuses personnes handicapées. » Souhaitant agir, Marilyne Jeannier a créé l’association « Droits devant 25 » en juin dernier, juste après le premier confinement.

Olivier Piard, un Bisontin de 55 ans, l’a aidée. Travaillant en Esat (établissement de service d’aide par le travail), lui aussi n’a pas bien vécu le confinement : « Ne pas aller au boulot pendant trois mois, ç’a été très dur », confirme ce Bisontin qui travaille en sous-traitance industrielle pour l’Adapei 25.

Il fallait maintenir un lien

« Certaines personnes suivies à l’Adapei vivent seules et pour eux, le travail en Esat représente un véritable lien social », enchaîne Thierry Del’Hozanne. Le directeur du pôle travail et insertion professionnelle de l’Adapei précise que les travailleurs handicapés qui œuvrent dans les Esat peuvent être des déficients intellectuels, ou des personnes ayant développé des troubles psychiques.

Lors de la fermeture des Esat, les structures accompagnantes ont mis en place des organisations pour maintenir le lien avec les travailleurs, mais aussi pour assurer la continuité de l’activité.Illustration à l’Adapei, les écoles étant fermées, la production de repas par la cuisine centrale de l’association est soudainement passée de 6 000 à 400 repas par jour.

Covid-19 : la crise sanitaire a désorienté les publics handicapés

L’Adapei 25 accueille 867 enfants et adolescents dans le Doubs. En tout, elle suit 3 600 personnes handicapées, polyhandicapés, autistes. Photo ER /Ludovic LAUDE

Un personnel obligé de s’adapter

« Malgré les difficultés, on a pu compter sur la capacité d’adaptation de nos personnels », ajoute Thierry Del’Hozanne. « Pour appeler le plus souvent possible nos bénéficiaires qui pouvaient souffrir d’une forme d’isolement, mais aussi afin de changer d’emploi au pied levé. »

Preuve que tous les employés de l’Adapei ont dû s’adapter : « Un jour, pendant le premier confinement, seuls 36 de nos 210 salariés bisontins occupaient leur poste d’origine », explique Thierry Del’Hozanne.

Inclusion

Des efforts ont été faits, mais les professionnels sont toujours unanimes : la prise en charge du handicap et de la déficience intellectuelle en France n’est pas assez développée.

Le directeur général de l’Adapei cite l’exemple de la vaccination  : « Les handicapés, notamment ceux que nous hébergeons, n’ont pas eu le même traitement que les résidents d’Ehpad qui ont bénéficié d’une campagne de vaccination », explique Franck Aigubelle. « Le parcours pour se faire vacciner est beaucoup plus dur pour les publics que nous aidons. Ce qui n’est pas juste au regard de leur handicap. »

Et Romaric Vieille de conclure sur la notion d’inclusion, si chère aux défenseurs de la prise en charge de la déficience mentale : « L’inclusion c’est très bien, mais pour y parvenir, il faut absolument que la société s’adapte aux personnes en situation de handicap. » Et pas l’inverse.

Doubs – Publics handicapés dans le Doubs : quelques repères

Un poulailler qui a fait mieux que résister

L’Adapei 25 est financée par le Département, l’agence régionale de santé (ARS) mais aussi par ses activités de production. Ses Esat proposent de la sous-traitance industrielle, des activités de blanchisserie, de préparation et livraison de repas et même de l’agroalimentaire. Si la plupart de ces activités ont vu leur chiffre d’affaires baisser durant le premier confinement, d’autres secteurs ont fait mieux que résister. C’est le cas du poulailler de Pelousey. « Certains clients ont eu des problèmes d’approvisionnement et ont été contents de nous acheter nos volailles produites localement », explique-t-il. « Notre activité a augmenté de 20 % en 2020. La difficulté a été de maintenir l’activité de l’abattoir en l’absence des 23 personnes handicapées qui le font tourner en temps normal, mais qui n’étaient pas là durant le premier confinement. »

Des masques produits à l’Esat de Pontarlier

C’est une nouveauté de 2021 : l’Esat de Pontarlier de l’Adapei produit des masques chirurgicaux. Le pôle enfance-adolescence en commande 150 000 par mois.

Fin de prises en charge

Durant cette période de crise sanitaire dure à vivre pour certains travailleurs d’Esat, il est arrivé que les troubles psychiques prennent le dessus. « Nous avons enregistré cinq arrêts de prise en charge en un an », regrette Thierry Del’Hozanne. Autant de personnes qui n’ont pas été en mesure de reprendre leur activité professionnelle après les différents arrêts d’activité liés à la crise de la Covid.

160 adultes handicapés suivis pendant le confinement

Dans la région de Besançon, l’Adapei fait travailler 350 personnes en Esat. Dès le 17 mars, les Esat ont fermé. Mais les services de l’association ont assuré un suivi par téléphone, ou à domicile, pour 160 personnes.

Des personnels éprouvés

« La crise sanitaire a été éprouvante pour les personnels qui ont beaucoup travaillé, et dont les emplois n’ont pas été valorisés comme ils le souhaitaient », résume Franck Aigubelle. Le directeur de l’Adapei 25 fait référence au mouvement du médico-social privé pour obtenir notamment les augmentations de salaires qui ont été accordées aux soignants de l’hôpital public , dans le cadre du Ségur de la Santé. Des revalorisations qu’ils n’ont pas obtenues.

Source EST REPUBLICAIN.

Romans-sur-Isère : un snack géré par des personnes handicapées ouvre à la Cité de la chaussure …

Un snack “engagé et solidaire” ouvre ses portes à la Cité de la chaussure de Romans-sur-Isère dans la Drôme.

Cet espace est géré par l’Adapei 26 (Association départementale de parents et d’amis des personnes handicapées mentales).

Fabienne, professionnelle de la restauration, va encadrer les travailleurs de l'Adapei au snack "Etic et Croq".

 

“C’est une grande fierté pour l’Adapei, lance Jean-Luc Chorier, président de l’association dans la Drôme, nous accueillons déjà du public dans les cafétérias de nos établissements, mais tenir un snack en plein centre-ville, c’est une première !”, explique-t-il. Paninis, bagels, ravioles…  Le menu est varié. Aux commandes : Nathalie et Mohamed, respectivement 19 et 21 ans. Ils ont déjà travaillé en cuisine mais jamais au contact du public. “Ça me plaît beaucoup de servir des clients. Avant j’étais timide mais j’ai appris à me laisser aller… Et puis, c’est rassurant de travailler dans un endroit adapté et bienveillant”, raconte Mohamed.

Mohamed et Nathalie se sont entraînés en condition réelle pendant une dizaine de jours, avant l'ouverture du snack au public.

Pour les encadrer, Fabienne, une professionnelle de la restauration, a été recrutée. “Je ne connaissais pas le monde du handicap, explique la Drômoise, j’ai l’habitude de parler et de travailler très vite, ici, j’apprends à ralentir, à prendre le temps d’expliquer les choses en donnant des détails. C’est une très belle aventure, et les jeunes sont extrêmement motivés”, détaille Fabienne. La restauratrice a d’ailleurs déjà constaté des progrès chez Nathalie. “Au début, certaines tâches la paniquaient et elle rougissait quand je lui parlais, maintenant elle me fait des blagues, elle gagne en confiance !”

Insertion professionnelle

Cet emploi peut servir de tremplin professionnel pour les personnes en situation de handicap, selon le président de l’Adapei, Jean-Luc Chorier. “Cela fait de nombreuses années que nous proposons des formations à l’école hôtelière de Tain-l’Hermitage mais c’est parfois compliqué pour les personnes handicapées de trouver un travail, de subir la pression du milieu de la restauration. Ce snack peut faire office de marche intermédiaire, pour se familiariser en douceur avec le métier, avant de travailler en milieu ordinaire”, précise-t-il. 

Les plats et sandwiches sont confectionnés dans les cuisines de l’établissement et service d’aide par le travail (ESAT) “La Salamandre” à Romans, avec des produits frais et locaux.

Source FRANCE BLEU.

 

Handicap : les blanchisseries de l’Adapeim obtiennent une certification de qualité…

Les blanchisseries de l’Association départementale des amis et parents d’enfants inadaptés de la Meuse ont obtenu la norme Iso 9001. Cette norme apporte des garanties en matière de qualité du travail et d’organisation. Elle signe ici la reconnaissance des travailleurs en situation de handicap.

 À gauche, Cyril Glanz, responsable de la blanchisserie de l’Adapeim à Bar-le-Duc.   Photo ER /Jean-Noël PORTMANN

 

« C’est une fierté. » Cyril Glanz, le responsable de la blanchisserie de l’Adapei (Association départementale des amis et parents d’enfants inadaptés) de la Meuse à Bar-le-Duc traduit le sentiment partagé par les travailleurs de l’ESAT (établissement et service d’aide par le travail) et les salariés en poste.

À Bar-le-Duc comme à Verdun, leur engagement a permis aux blanchisseries de l’Adapeim d’obtenir la certification Iso 9001, une norme « du management de qualité ». Elle vient s’ajouter à une première certification de qualité bactériologique du linge traité, le RABC.

Haut niveau de professionnalisation

« Nous en avons fait la demande. Un évaluateur a passé une semaine ici », rapporte Didier Rambeaux, le directeur du pôle industriel de l’Adapei de la Meuse.

Cette certification, réévaluée chaque année, Didier Rambeaux la qualifie « de prix d’excellence », distinctif sur un marché concurrentiel. « La norme Iso 9001 reconnaît la qualité d’organisation du travail et la capacité à la reproduire à un niveau constant d’exigence. Elle signe le haut niveau de professionnalisation des personnes qui sont chez nous. »

Baisse de 40 % sur le Nord meusien

Les blanchisseries de l’Adapeim emploient 70 personnes et traitent 500 tonnes de linge par an, sites de Bar-le-Duc et Verdun confondus.

À Bar-le-Duc, les principaux clients sont les EHPAD (établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes). À Verdun, l’Adapeim a plus un marché d’entreprises, hôtels et restaurants qui sont actuellement fermés. « Sur le Nord meusien, c’est une perte de 40 % du chiffre d’affaires », observe Didier Rambeaux.

Un tiers des effectifs est en réserve

Pour assurer la continuité de l’activité en période d’épidémie de coronavirus, un tiers des effectifs est en réserve. « Nous avons un taux de service de 100 % et un taux de satisfaction de 99 % », se félicite Didier Rambeaux.

« Pour faire le travail, il faut peut-être trois personnes ici contre une en entreprise », convient le directeur du pôle industriel de l’Adapeim. Ce n’est pas à cela qu’il demande qu’on juge. « Voyez la performance, c’est ce qui nous intéresse. »

Source EST REPUBLICAIN.