Rentrée scolaire : les parents d’enfants en situation de handicap appelés à témoigner…

Chaque année, la rentrée scolaire est un parcours du combattant pour les parents d’enfants en situation de handicap.

En 2020, l’Unapei relance son opération #jaipasecole et appelle à témoigner sur le nouveau site www.marentree.org.

Rentrée scolaire : les parents d’enfants en situation de handicap appelés à témoigner...

Cette année plus qu’une autre, suite à la crise sanitaire liée au coronavirus, la rentrée ne sera pas la même pour tous les enfants, en France. Et d’autant plus pour les enfants en situation de handicap. C’est pour agir dans ce sens que l’UNAPEI a relancé l’opération #jaipasecole. Son but : révéler les difficultés rencontrées par les enfants en situation de handicap à chaque TEXTE DU LIEN rentrée scolaire.

L’organisme associatif encourage les parents d’enfants en situation de handicap qui ne peuvent pas aller à l’école à venir déposer leur témoignage sur le site www.marentree.org.

Un confinement imposé depuis des années

« Alors que la crise sanitaire et le confinement ont aggravé les conditions de vie des enfants en situation de handicap et de leurs aidants familiaux engendrant fatigue, isolement, lassitude… leur parcours du combattant perdure », commente les responsables de l’opération à l’UNAPEI.

En effet, pour de nombreux élèves, pas d’école. Pourquoi ? Il n’y a pas de solution de scolarisation adaptée à leurs besoins et à leurs attentes pour la rentrée 2020/2021. Ainsi, la situation de confinement se prolonge. Et en fait, cet isolement imposé, ils le vivent au quotidien depuis des années…

Aussi, l’Unapei et ses partenaires sont dans l’obligation, comme l’année dernière, de reprendre la mobilisation citoyenne #jaipasecole, avec une ambition claire : révéler les situations réelles des familles et dénoncer la non-effectivité du droit à l’éducation”.

Le site internet www.marentree.org a été mis en ligne courant juillet, afin que les parents, les enfants et le personnel éducatif concerné puissent faire connaître leurs difficultés de parcours scolaires à travers leurs récits.

Rappeler à Emmanuel Macron ses engagements

Autre objectif : interpeller les pouvoirs publics suite à l’engagement pris par Emmanuel Macron. L’éducation est un droit pour tous les élèves officialisé par les textes législatifs. L’association cite notamment la Convention internationale relative aux droits de l’enfant : « art-28. Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation ».

L’UNAPEI prend aussi pour référence la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui réaffirme le principe de la priorité de la scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, et la nécessité d’un parcours scolaire continu et adapté.

n février 2020, lors de la Conférence nationale du handicap, Emmanuel Macron s’est engagé à ce qu’aucun enfant en situation de handicap ne soit privé d’école à la rentrée

2020-2021, en s’appuyant principalement sur le service public de l’École inclusive qui a débuté en 2019. Cette réforme a pour finalité d’assurer une scolarisation de qualité à tous les enfants, de la maternelle au lycée, en prenant en compte leurs particularités et leurs besoins éducatifs.

L’UNAPEI a peur pour de nombreux enfants en situation de handicap. Comme de nombreux enfants français, ils subiront le retard en matière d’éducation inclusive. Mais à cela s’ajoutera l’absence de place à l’école ordinaire ou dans une école spécialisée, accueil par défaut dans une structure qui ne convient pas ou plus, scolarisation partielle, inadaptée à leurs besoins ou inexistante…

Une mobilisation obligatoire

C’est pour contrer toutes ces possibilités que l’association reprend du service. « C’est à contrecœur que notre mobilisation citoyenne est – cette année encore – relancée », commente Luc Gateau, président de l’Unapei.

« Nous devons remettre à la disposition des familles, la plateforme marentree.org pour qu’elles puissent s’exprimer publiquement et révéler leur situation individuelle… en espérant que cette seconde édition soit la dernière », termine Luc Gâteau.

Vous êtes parent d’un enfant en situation de handicap et vous appréhendez qu’il se retrouve sans école à la rentrée ? N’hésitez pas à témoigner via www.marentree.org

Source PARENTS.

Guingamp. Une maman au tribunal pour avoir mis une claque au jeune qui harcelait son fils…

Pendant de longs mois, son fils a été harcelé dans un collège, près de Guingamp.

Une maman était poursuivie pour avoir porté une claque au visage du harceleur de son fils.

Guingamp. Une maman au tribunal pour avoir mis une claque au jeune qui harcelait son fils

« Personnellement je ne comprends pas ! Je ne comprends pas pourquoi ce dossier a été renvoyé devant le tribunal correctionnel », a déclaré le procureur à l’issue de l’instruction d’une affaire impliquant une maman de trois enfants prise dans les affres de la justice pour avoir donné une claque à un adolescent qui l’avait menacée physiquement, insultée et craché dessus.

« Évidemment il y a eu une claque, c’est vrai, c’est un acte de violence, mais le contenu de la procédure me fait penser à des circonstances exonératoires. C’était au minimum suite à des provocations, la claque pourrait être même considérée comme un acte de légitime défense devant l’attitude de ce jeune ado qui était un grand jeune ado agressif, intimidant et qui pouvait provoquer chez madame ce réflexe de peur. Cette claque si on la remet dans le contexte, est une claque réflexe dans une attitude de protection », considère le procureur… « Je ne comprends pas ces poursuites, je ne les soutiens pas, Je demande au tribunal d’entrer en voie de relaxe de condamnation », s’insurge le procureur.

La prévenue, une mère de famille de 42 ans résidant dans une commune située au nord de Guingamp, a répondu à la convocation du parquet en se présentant à la barre du tribunal correctionnel de Guingamp vendredi 17 juillet.

Violence sur mineur

Elle était accusée de violence sur mineur de 15 ans sans incapacité.

Les faits se sont déroulés le 5 octobre 2018 à la sortie d’un collège de Pontrieux. Les parents de la « victime » étaient absents à l’audience ainsi que leur fils.

Ils ont préféré s’exprimer par courrier précisant par la même occasion qu’ils ne souhaitaient pas se constituer partie civile. Leur dépôt de plainte visait uniquement à stopper toute velléité de la part de la prévenue à l’égard de leur fils, âgé de 14 ans au moment des faits.

« Nous espérons que le passage de madame devant votre tribunal lui fera prendre conscience de la gravité de ses agissements », déclarent-ils.

« Il y a un certificat médical qui ne fait mention d’aucune blessure ni d’ITT, simplement un état d’appréhension dû à la situation », précise le juge.

Il poursuit : « On vous reproche d’avoir mis une gifle à un élève à la sortie d’un cours. Vous aviez appris par votre fils qu’il était victime dans le collège de violence et de harcèlement. Vous avez pris parti de retrouver celui qui pouvait être l’auteur des faits », détaille le juge.

« Il s’approche de vous en vous disant qu’est-ce que j’ai fait ? Il dit que vous l’auriez insulté et que vous lui aviez reproché de menacer de mort votre fils. Ensuite il indique avoir tenté de quitter les lieux mais que vous l’avez suivi. Vous vous êtes placé devant lui en mettant votre tête contre la sienne en l’insultant et en le menaçant de lui casser la figure », poursuit le juge.

L’adolescent crache sur la maman

« Comme vous le bloquez contre des barrières et qu’il était complètement paniqué, il a reculé la tête le plus loin possible et à ce moment-là il admet vous avoir craché dessus pour vous faire reculer. Il a tenté de partir et vous l’avez attrapé par le bras droit, vous lui avez mis une grosse claque sur la joue et ensuite vous le poussez en direction du collège pour aller voir le directeur », détaille le juge.

« Vous aviez peut-être des raisons de vous énerver vis-à-vis de cet auteur ? Mais comment saviez-vous qu’il s’agissait de cet élève ? », demande le juge à la prévenue.

« Parce que cela fait deux ans et demi que mon fils recevait des coups de fil de menaces dans la violence, la haine, la méchanceté, l’humiliation. Il était mis à l’écart, à l’isolement dans la cour, dans la classe, partout dans le collège », explique la mère de famille, visiblement à bout émotionnellement d’une situation qui a pris sa source sur fond de harcèlement scolaire à l’encontre de son fils.

L’adolescent ayant été persécuté durant plus de deux ans par la « victime » à travers des brimades, insultes, menaces…

« Tous les soirs, mon fils me parlait de ce qui lui arrivait dans le collège mais il ne voulait pas porter plainte parce qu’il avait justement des menaces de mort tous les jours dans l’établissement et qu’il avait peur tous les jours de venir à l’école mais il aimait tellement ses profs qu’il voulait rester dans cette école », poursuit-elle.

« Je suis allée voir plusieurs fois le directeur pour me plaindre. Le directeur disait à mon fils que par sa maturité il était capable de s’adapter à ses harceleurs », déplore la maman des sanglots dans la voix.

« L’élève disait à mon fils que s’il quittait l’établissement et qu’il allait dans une autre école les enfants mettraient dix secondes pour le détester et qu’il serait détesté toute sa vie entière. Mon fils avait peur d’être détesté », poursuit-elle.

« Ce n’est pas normal effectivement, on a assez parlé du harcèlement à l’école. Ce garçon était dans sa classe ? », demande le juge.

Des menaces de mort

« Oui il a été dans sa classe. On a pris la décision de le faire quitter l’école après une agression à l’arrêt du car quand ce garçon a mis un briquet sur le visage de mon fils et lui a placé sous la gorge. Il lui a dit en l’allumant que s’il continuait de se plaindre à nous ou au directeur il le tuerait. Sa petite sœur a assisté à la scène, elle nous a prévenus parce que mon fils avait tellement peur qu’il n’osait pas nous en parler. On a pris la décision ce jour-là de le changer définitivement de l’école. C’était en février 2018 ».

Mais le 5 octobre suivant, cette maman ordinaire voulait faire une surprise à sa fille en allant la chercher à l’école. C’est à ce moment-là qu’elle croise l’adolescent qui avait harcelé son fils.

« Je vois le garçon sortir de l’école et au lieu d’aller vers son car il vient vers moi », essaie-t-elle d’expliquer encore sous le choc.

« Il vient vers moi, me regarde avec un regard méprisant, haineux, il sait qui je suis et je sais qui il est. Je n’étais là pour faire de mal à personne, j’étais là pour faire une surprise à ma fille. Il arrive à ma hauteur et là je lui dis arrête de faire ton malin et j’ai peur. J’ai peur. Il vient vers moi. Plus grand, il commence à me crier dessus… « Je t’emm…, c’est quoi ton problème ? » J’ai très peur, je lui dis tu recules, tu ne me parles pas comme ça, j’essaie de me calmer, et lui dis ‘arrête de me tutoyer’… Et là il me regarde en reculant et me dit : « Allez va s… la b… de ton fils »

En pleurs, elle ajoute : « Je ne comprends pas qu’on parle comme ça à une mère de famille. On doit le respect »

« Et là vous l’accrochez », en déduit le juge. « Je lui dis tu as fait assez de mal à ma famille, aux gens, mon fils n’est plus dans l’école alors laisse le tranquille ! Et là il me crache littéralement au visage. Je suis humiliée, je trouve ça écœurant et j’ai ce trait de violence, dans un réflexe de défense. J’ai peur ».

« Comment peut-on être irrespectueux à ce point-là ? »

Après une petite pause, la prévenue poursuit : « J’ai extrêmement peur et j’ai peur que ça parte en « cacahuète » et je me demande ce qu’il est encore capable de faire à ce moment-là ! Je lui dis de descendre la rue et de me rejoindre dans le bureau du CPE. J’ai besoin d’un adulte, de quelqu’un à mes côtés. J’ai l’impression que le monde marche sur la tête. Comment on peut être irrespectueux à ce point-là ? Et là il recommence à faire des gestes en descendant toute la rue en m’insultant… ».

« On comprend bien qu’il y a de fortes circonstances atténuantes. Au niveau de la procédure il y aurait eu d’autres choix à envisager », estime le président du tribunal.

« Ma cliente a porté plainte le lendemain », intervient l’avocate de la défense.

« D’être convoquée aujourd’hui, madame a ressenti une injustice et une incompréhension. Elle dit que oui effectivement il y a eu cette claque qu’elle a tout de suite regrettée », explique l’avocate.

« Il y a le témoignage d’une AVS du collège qui intervient dans la classe du fils de madame. Elle confirme que l’adolescent était bien victime de harcèlement, d’humiliations, de violence, cela a été son quotidien. Ce sont des situations douloureuses pour un jeune qui peuvent amener à une tentative de suicide », ajoute-t-elle.

« Le passage du briquet est extrêmement grave. L’attitude de cet adolescent est extrêmement inquiétante. Si les parents ne prennent pas en considération l’attitude de leur fils et si l’éducation nationale de fait rien non plus il peut se croire intouchable. C’est extrêmement inquiétant pour la suite. Malheureusement, comme dans tous ces dossiers-là, c’est la victime qui finit par changer de collège ! », déplore l’avocate qui approuve et remercie le procureur pour ses réquisitions.

Après examen du dossier, le tribunal a relaxé la maman des faits qui lui étaient reprochés. « Il n’y aura rien sur votre casier judiciaire vous êtes libérée de toute pression par rapport à la justice », conclut le président du tribunal.

Source L’ECHO.

Covid-19 : près de 10 millions d’enfants risquent de ne jamais retourner à l’école…

L’ONG britannique Save the Children appelle à un moratoire sur la dette des pays pauvres, qui pourrait selon elle permettre de débloquer 14 milliards de dollars pour investir dans l’éducation.

Jusqu'à 1,6 milliard d'élèves ont dû quitter les cours, de l'école à l'universit, en raison de la pandémie de coronavirus.

usqu’à près de 10 millions d’enfants dans le monde pourraient ne jamais retourner à l’école après le confinement en raison des conséquences économiques de la pandémie de nouveau coronavirus, affirme lundi l’ONG britannique Save the Children. Avant la pandémie, 258 millions d’enfants et adolescents se trouvaient déjà en dehors du système éducatif. Depuis, jusqu’à 1,6 milliard d’élèves ont dû quitter les cours (de l’école à l’université) en raison du coronavirus, selon le rapport. «Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une génération entière d’enfants aura vu son parcours scolaire bouleversé», souligne Save the Children dans son rapport.

L’association, qui appelle gouvernements et donateurs à agir face à cette «urgence éducative mondiale», estime que jusqu’à près de 9,7 millions d’élèves risquent de quitter définitivement les bancs de l’école d’ici à la fin de l’année. Sans cela, les inégalités qui existent déjà «exploseront entre les riches et les pauvres, et entre les garçons et les filles», a déclaré dans un communiqué Inger Ashing, directrice générale de Save the Children. Dans douze pays, principalement en Afrique centrale et de l’Ouest, ainsi qu’au Yémen et en Afghanistan, les enfants sont confrontés à un risque «extrêmement fort» de ne pas retourner à l’école après le confinement, particulièrement les filles.

“Ce serait inadmissible que les ressources dont on a désespérément besoin pour maintenir en vie l’espoir qu’apporte l’éducation soient utilisées pour rembourser des dettes.”

Save the Children

L’association appelle les créanciers commerciaux à suspendre le remboursement de la dette des pays pauvres, mesure qui pourrait selon elle permettre de débloquer 14 milliards de dollars pour investir dans l’éducation. «Ce serait inadmissible que les ressources dont on a désespérément besoin pour maintenir en vie l’espoir qu’apporte l’éducation soient utilisées pour rembourser des dettes», selon la directrice générale de Save the Children.

«Si nous laissons cette crise de l’éducation se développer, l’impact sur les enfants sera durable», a-t-elle poursuivi. «La promesse que le monde a faite de garantir à tous les enfants l’accès à une éducation de qualité d’ici à 2030 sera retardée de plusieurs années», a-t-elle ajouté, citant l’objectif fixé par les Nations Unies. L’association estime à 77 milliards de dollars la chute des dépenses pour l’éducation dans un scénario budgétaire moyen, dans les pays les plus pauvres dans les 18 mois. Dans le pire scénario où les gouvernements attribueraient les ressources de l’éducation à d’autres domaines pour répondre à la pandémie de Covid-19, le chiffre pourrait atteindre 192 milliards de dollars.

Source LE FIGARO.

Alsace : une association de parents aide au recrutement d’assistants de vie scolaire (AVS)…

Chaque année de nombreux parents d’enfants en situation de handicap se demandent si leur enfant aura un assistant de vie scolaire à la rentrée.

A Brumath, dans le Bas-Rhin, une association de parents a décidé de lancer un appel à candidatures, pour donner un coup de pouce au recrutement.

Qui aidera Eve à la rentrée ? Joëlle Suss cherche dans son réseau des mamans intéressées par le métier d'assistant de vie scolaire (avs) pour la rentrée 2020

Chaque année, c’est le dilemme pour certains parents : leur dossier sera-t-il accepté par la Maison départementale des handicapés (MDPH)? Et si le handicap de leur enfant est reconnu, aura-t-il droit à un assistant de vie scolaire (AVS) ? Chaque étape met parfois plusieurs mois, et le parcours  n’est pas simple pour ces familles.

La présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves du Bas-Rhin (FCPE) de Brumath, Joëlle Suss, a décidé de leur donner un coup de main. Il y a trois ans, elle avait bénévolement aidé au recrutement d’AVS (officiellement appelés désormais AESH, accompagnants des élèves en situation de handicap). Grâce à son réseau de parents d’élèves sur Brumath et ses environs, et via Facebook, elle a aidé à trouver des candidats. Cette année, elle a réactivé son réseau une nouvelle fois, dès qu’elle a su qu’il manquait beaucoup d’AVS dans son secteur.

Joëlle Suss a lancé un appel à candidature le 1er juillet dans ce post Facebook, partagé 54 fois.

Depuis, elle a été contactée par beaucoup de personnes. Elle a aussi fait marcher le bouche-à-oreille, parmi les parents d’élèves qu’elle cotoie. “J’ai un grand réseau de parents, et parfois ça intéresse une maman, qui souhaite retravailler tout en restant disponible pour ses enfants. Ce genre de postes correspond très bien à ces mamans, et ce ne sont pas forcément des personnes qui vont s’inscrire à Pôle Emploi.” Le salaire est de 700 euros à 900 euros maximum, puisque ce sont sont des contrats de 24 à 28 heures par semaine généralement.

Le référents AVS du secteur concerné reçoit finalement les candidatures et organise les entretiens d’embauches pour l’académie de Strasbourg. Le niveau bac est requis, et une formation est prévue. Chaque année, 2000 à 3000 AVS sont recrutés dans les écoles, collèges et lycées du Bas-Rhin. Mais de nombreux enfants doivent finalement être déscolarisés par manque d’AVS ou continuent leur scolarité dans des conditions difficiles, qui peut les mener à l’échec.

Eve a 11 ans, elle passe en 6e en septembre prochain. “Elle est multi-dys“, explique Marion Lasbroas, sa maman : elle cumule dyslexie, dysgraphie, dysorthographie et dyscalculie, un handicap reconnu depuis décembre 2019. “Elle n’a pas pu avoir une AVS en cours d’année, alors que pourtant elle y avait droit. On espère vraiment que pour son passage au collège, elle en aura un. Heureusement, sa maîtresse de CM2 a été très à l’écoute de ses problèmes, elle s’est même formée pour pouvoir comprendre son handicap et l’aider. Grâce à elle, Eve aime apprendre et n’a pas été dégoûtée de l’école, l’année s’est très bien passée.

Marion Lasbroas espère que sa grande fille pourra avoir une AVS à la rentrée

Au quotidien, une page d’exercices de français se passe ainsi : Marion aide sa fille à comprendre et à bien lire les questions. Puis, Eve écrit les réponses. Au bout de quelques lignes, la petite fille tend le crayon à sa maman pour qu’elle continue d’écrire à sa place. Elle lit ensuite chaque question et y répond à l’oral, et Marion écrit les réponses sous sa dictée, en s’assurant bien qu’elle a compris et qu’elle connaît l’orthographe des mots.

Eve parle sans problème de son handicap. Elle est heureuse d’aller au collège et elle espère qu’elle pourra compter sur une AVS pour l’aider. “Parfois j’ai mal aux mains, et même si je fais des étirement ça peut rester pendant 20 minutes“, explique-t-elle. “Quand je regarde les phrases à écrire, on dirait une montagne pour moi, donc c’est assez dur. Et pour la lecture, je dois d’abord lire dans ma tête, avant de lire à voix haute. Mais personne ne connaît ma technique, donc la prof ne comprend pas et passe à un autre élève.”

Une AVS pourrait prendre en note ses réponses et l’aider à se concentrer sur ses apprentissages. Eve est aussi en train d’apprendre à taper sur un clavier d’ordinateur, ce qui pourrait l’aider dans quelques années pour la prise de note. L’aide d’une AVS permet à certains de ces enfants d’accéder à l’autonomie en fin de scolarité.

Pour devenir AVS, sur Brumath ou environ, n’hésitez pas à contacter Joëlle Suss, FCPE : joelle.suss@fcpebrumath.fr. D’autre associations de parents d’élèves se mobilisent aussi pour relayer l’appel à candidature.

Source FR3.

Maux de dos, perte de cheveux : ces maladies secondaires qui ont émergé pendant le Covid-19…

Des patients fatigués, stressés, inquiets : les médecins généralistes reçoivent aujourd’hui dans leurs cabinets les effets collatéraux du confinement et de l’anxiété liée à la crise du Covid-19.

Ils savaient qu’il y aurait un prix à payer, mais ne pensaient pas qu’autant seraient touchés.

Une consultation dans un cabinet de médecine générale. Image d'illustration.

Dans cette rue populaire du XIIe arrondissement de Paris, Lucie Imbert est une vigie. De mars à avril, cette médecin généraliste a reçu beaucoup de patients contaminés et, aujourd’hui, elle constate une recrudescence des effets secondaires. “Le dernier patient juste avant que vous arriviez, il faisait du travail à domicile (ce qui n’est pas la même chose que le télétravail)”, raconte-t-elle. “Ça veut dire pas de bureau ni de chaise adaptée, il y a des positions qui sont douloureuses”, constate Lucie Imbert qui dénombre beaucoup de lombalgie ou de tendinites, notamment aux poignets.

“Je me suis retrouvée avec des plaques d’eczéma alors que je n’en avais jamais fait de ma vie et surtout un trou dans le crâne”, témoigne une autre patiente, Marie. Un trou, c’est à dire une perte de cheveux, brutale : “Du jour au lendemain, mon mari a découvert ça. Moi, je me suis mise face à une glace et j’ai vu en effet un trou, un trou blanc et donc c’était un gros coup de massue.”

“Ça a été tellement violent que je me doutais bien qu’il y allait avoir des répercussions, mais je ne savais pas trop de quelle nature.”

La docteure Imbert note, parmi ses patients, quatre cas d’alopécie à savoir trois femmes et un jeune externe en médecine qui était sur le front du Covid-19.

Des parents inquiets, des enseignants stressés

Lucie Imbert reçoit aussi des parents inquiets comme ce couple dont l’enfant s’est mis subitement à bégayer. “Ça prend la forme de blocages, de répétitions de syllabes, jusqu’à ce que quelquefois, l’enfant puisse lui même s’en agacer et se mettre en colère”, raconte Hélène Girard, orthophoniste.

“C’est à dire que l’enfant est en train tranquillement de vous parler de sa petite voiture. Et tout à coup, les syllabes se répètent et quelquefois, le mot ne peut même plus venir. Ce qui m’étonne beaucoup et ce qui est nouveau pour moi, c’est ce langage quand même élaboré, avec un bon lexique, une bonne communication et vraiment un bégaiement net et présent de façon indubitable.”

“Je ne peux pas mettre de côté l’idée que le confinement a eu un effet sur la parole des enfants.”

Confinement puis déconfinement, la gestion quotidienne a été particulièrement lourde pour Sophie, directrice d’école. Elle aussi se retrouve chez le médecin : “Je suis très fatiguée. J’ai appelé le docteur pour avoir un petit truc pour me détendre parce que j’étais stressé. Le retour progressif des élèves à l’école a été assez compliqué parce que c’est hyper stressant. On fait, on refait, on défait… Je ne fais plus de pédagogie ni d’interventions auprès des élèves. Donc on a tout un travail monumental qui est toujours dans l’urgence.” Elle raconte également avoir “récupéré des collègues” dans “un état de stress à l’idée de reprendre”.

Si la plupart des adultes retrouvent un peu de sérénité, il y a aussi les autres : “Une partie des gens sont affolées à l’idée de voir des gens sans masque dans la rue. Pour eux, Covid égale mort. Pour vous dire, j’ai même un patient qui a posé son dossier médical à mon sol de peur d’être contaminé sur mon bureau”, relate Lucie Imbert.

Elle se veut d’ailleurs rassurante sur l’état de l’épidémie : elle n’a pas vu de cas de Covid-19 depuis huit semaines dans son cabinet. “Est-ce qu’on ne devrait pas recommencer une vie ?” Même avec quelques effets secondaires, qui dureront sans doute encore un peu…

Source FRANCE INTER.

Vacances apprenantes. Les Éclaireuses Éclaireurs ne pourront pas proposer le dispositif…Les personnes en situation de handicap ont été les grands oubliés…

En Normandie, les Éclaireuses Éclaireurs de France accueillent des personnes en situation de handicap.

L’association ne pourra pas proposer le dispositif de vacances apprenantes cet été.

Les Éclaireuses Éclaireurs ne pourront ouvrir que 16 séjours en août à destination des personnes en situation de handicap.

Pour les Éclaireuses Éclaireurs de France, il n’est pas possible de mettre en place les vacances apprenantes, excepté dans certaines antennes, notamment dans le Nord. En Normandie, la spécificité du mouvement de scoutisme laïque est d’accueillir des personnes, mineures et adultes, en situation de handicap. « Nous n’entrons pas dans le dispositif de vacances apprenantes et, pour autant, on nous impose tellement de protocoles sanitaires. Nous n’arrivons pas à couvrir nos frais de fonctionnement, indique Véronique Gaillard, directrice de l’antenne normande. Les protocoles s’allègent un peu mais nous n’avons aucune aide pour compenser les surcoûts et nous n’aurons que 16 centres au mois d’août : 11 pour des mineurs et 5 pour adultes. » Les effectifs passeront de 850 à 350 jeunes accueillis.

L’association n’a pu bénéficier d’aucune aide régionale, « pourtant je suis soucieuse de notre utilité publique et du besoin de répit des familles. Les personnes en situation de handicap ont été les grands oubliés des dispositifs ».

Source OUEST FRANCE.

Retour obligatoire à l’école : les maires jugent impossible de respecter le protocole sanitaire…

L’Association des maires de France (AMF) s’interroge sur la mise en œuvre du protocole sanitaire lié au retour obligatoire des élèves à l’école dès le 22 juin.

 

.Nettoyage d’une école dans le cadre du protocole sanitaire lié

L’Association des maires de France (AMF) s’est félicitée ce mardi 16 juin du retour obligatoire de tous les élèves à l’école le 22 juin, mais s’interroge sur la mise en œuvre du protocole sanitaire, tout comme l’Association des petites villes de France (APVF), qui demande un assouplissement plus significatif des mesures.

L’AMF salue la décision du retour obligatoire à l’école, qui si elle prend effet à 15 jours de la fin de l’année scolaire, n’en revêt pas moins un caractère symbolique fort.

Mais ce retour de tous les élèves à l’école implique cependant le respect d’un certain nombre de conditions, tout particulièrement la présence des enseignants ainsi qu’un allègement conséquent du protocole sanitaire, note l’association, présidée par le maire LR de Troyes François Baroin.

Des interrogations sur la distanciation sociale

Les premières précisions relatives à l’instauration de la distanciation sociale d’un mètre latéral et le maintien du non-brassage des groupes d’élèves soulèvent dès à présent des interrogations, poursuit-elle.

Pour l’Association des Petites Villes de France, le respect du nouveau protocole sanitaire ne permet pas à la plupart des maires de petites villes d’accueillir l’ensemble des écoliers, explique-t-elle.

Malgré la bonne volonté des élus locaux et des directeurs d’école, dans la plupart des locaux il n’est pas possible de faire respecter la distance d’un mètre entre chaque élève en accueillant des classes entières.

Et le fait d’interdire aux élèves de différentes classes de se croiser au sein de l’établissement semble en décalage avec les mesures sanitaires préconisées à l’extérieur des écoles, ajoute l’APVF, qui demande au gouvernement d’assouplir encore davantage le protocole sanitaire.

Source OUEST FRANCE.

Le monde d’Elodie. Gregory Cuilleron : “Le handicap, c’est normal que ça fasse peur. Mais après, on rebondit, on avance !…

Le cuisinier, ancien de Top Chef, se bat pour l’inclusion des handicapés.

Grégory Cuilleron, chef cuisinier et ambassadeur de l'insertion professionnelle des handicapés.

Elodie Suigo : Gregory Cuilleron, vous publiez La vie à pleines mains chez Albin Michel. Vous êtes chef cuisinier français, vous avez été découvert par le grand public à travers le petit écran dans deux émissions sur M6, Un dîner presque parfait et Top Chef. Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce livre ?

Gregory Cuilleron : L’idée, c’est d’aborder des thématiques inhérentes au handicap. C’est parti de ma propre expérience. L’idée m’est venue à la suite d’un échange sur les réseaux sociaux entre enfants agénésiques, c’est-à-dire des enfants à qui, comme moi, il manque un bout de bras et des parents d’enfants agénésiques.  Quelque chose m’a beaucoup énervé : des parents qui demandaient comment faire pour faire un procès à l’échographe parce qu’il n’avait pas vu qu’il manquait une main à leur gamin. En soi, je comprends le deuil de l’enfant parfait. Mais ça m’a gonflé, parce que, techniquement, il n’y a pas eu d’erreur médicale. Il n’a juste pas vu. Mais on estime qu’il y a un dommage parce que, “Mon chéri, tu comprends, si tu n’as qu’une main, tu n’es quand même pas ultra viable !” Passé l’énervement, je me suis dit, il va falloir faire preuve de pédagogie. Le handicap, c’est normal que ça fasse peur. Parce qu’on a peur de ce qui est différent. Il est normal d’être triste quand on a un enfant handicapé. Mais après, on arrête, on rebondit, on avance ! Et on verra que le gamin pourra tout faire dans sa vie, tout simplement.

Dans ce livre, vous parlez de handicap, mais en même temps, il y a beaucoup de pudeur, de sincérité. Et vous expliquez qu’avoir un handicap et se sentir handicapé, ce sont deux choses complètement différentes…Comment avez-vous vécu le fait qu’il soit question de ce handicap quand vous êtes apparu à la télévision ?

Pas trop mal. Ce n’était pas traumatisant mais ça m’a fait me poser des questions. En France, on est très latins, on aime bien mettre les gens dans des petites cases. C’est vrai que du jour au lendemain, on m’a mis dans la case handicapé. On ne me disait pas “Wow, tu cuisines bien !” on me disait “Wow, tu cuisines bien pour un handicapé !”  Vous savez, moi je n’ai pas de handicap. Le handicap c’est quelque chose qui t’empêche de faire ce que tu veux. Moi, ce n’est pas le cas. C’est de naissance et ça a été double jeu : ça a été ça, faire ce que je veux et en plus, je me suis retrouvé porte étendard de la cause des personnes handicapées et c’est un monde que je ne connaissais absolument pas.

Ce qui est bien, dans cet ouvrage aussi, c’est que vous rectifiez des choses. Vous dites que dans l’émission un dîner presque parfait, la production ne vous a en aucun cas choisi en raison de votre handicap…

Je ne pense sincèrement. C’est-à-dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont ça a été traité par les journalistes. Je me suis dit “Purée, je vais être le handicapé de service, ça va être compliqué”. Et en fait, pas du tout ! Ils n’ont pas joué les trémolos. C’est quand même une chaîne grand public, grande écoute, on sait bien comment ça se passe, pour vendre le truc… Et c’est quelque chose que j’ai grandement apprécié. Alors c’est sûr que, de par mon handicap, j’étais plus visible que d’autres. Mais ça a été assez anecdotique.

Vous parlez beaucoup du handicap et de l’importance de faire changer le regard des gens. Ce qui est important pour vous, c’est l’inclusion des handicapés plutôt que leur intégration.

La vision que les gens ont du handicap, c’est qu’il faut les convaincre de la performance. C’est-à-dire qu’on part du principe qu’un handicap sera un boulet, une contrainte. Alors qu’en fait, il faut d’abord penser à ce que la personne pourra apporter avant de voir tout de suite une notion de contrainte. Contrainte qui n’est pas forcément palpable. On se dit juste “Houla, problème !” Le handicap n’est pas un problème, je vous rassure.

Quand on va voir votre maman pour lui demander si elle a su avant votre naissance que vous alliez être handicapé, comment l’a-t-elle pris ?

Très naturellement. Moi, ça m’a fait un peu bizarre. Je n’étais pas sûr d’avoir envie d’avoir la réponse. Ce qui est dur, c’est de se dire rétrospectivement que sa naissance a pu être une source de peine. Je pense que dans la famille, il y en a deux-trois qui ont peut-être pleuré, qui ont du être un peu tristes, parce que justement, ils ne connaissaient pas. Ce qui me rassure, c’est quand je vois ce que c’est devenu, dans mes rapports à eux, dans ma famille, avec mes amis. Finalement, on était une famille normale sur laquelle est tombé ce problème entre guillemets et vu ce que c’est devenu et la manière dont ils m’ont traité, je me dis que si eux ont pu faire acte de résilience et avancer comme ça, toutes les familles peuvent le faire.

Les restaurants viennent de rouvrir, les terrasses aussi. Vous êtes inquiet pour le métier ?

Sincèrement, je pense que d’ici à septembre, voire janvier, il va y avoir de la casse. Je n’envie pas ceux qui ont des établissements avec des millions de crédit sur le dos. En ce moment, il vaut mieux avoir un petit chez soi qu’un grand chez les autres. Il va falloir avancer. Ce qui nous interpelle beaucoup, ça va être les nouveaux modes de consommation. Le télétravail s’est bien ancré et je pense que ça va commencer à devenir compliqué, la restauration le midi. À mon avis, les gens vont plus rester chez eux et donc plus déjeuner chez eux. Il va falloir se repenser et c’est difficile parce que moi-même en tant que consommateur, je ne sais pas ce que je veux ! Ce ne sera pas comme avant mais je n’arrive pas à me projeter. On serre les fesses, on essaie d’être imaginatif pour apporter au client ce qui lui aura manqué. Je ne me fais pas de souci pour ces 15 premiers jours, parce que les gens ont été  tellement frustrés qu’ils viendront tous en terrasse !

Source FRANCE INFO.

Covid-19 : une étude affirme que les enfants sont moins contagieux que les adultes…

D’après le professeur Robert Cohen, qui dévoile ce jeudi les résultats de son étude menée auprès de 605 enfants en Île-de-France, ces derniers sont beaucoup moins contagieux que les adultes.

Il prône une accélération du retour en classe.

Un élève dans une salle de classe du collège de Jastres à Aubenas en Ardèche. Reprise de l'école. 25 mai 2020.

Les enfants sont “de tout petits contaminateurs” d’après le professeur Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie. Il a mené, avec 26 autres pédiatres,  une étude sur 605 enfants en Île-de-France. Il a dévoilé son étude ce jeudi matin dans Le Parisien.

Les petits, jusqu’à l’âge de 15 ans seraient moins contagieux. En Île-de-France, la région la plus touchée par le coronavirus, à peine 0,6% des enfants contaminés étaient contagieux. Dans neuf cas sur dix, ce sont les adultes qui ont contaminé les petits et pas l’inverse.

Des enfants plus protégés que les adultes

D’après le médecin, les jeunes sont plus protégés parce qu’ils attrapent d’autres coronavirus (immunité croisée) et possèdent moins de récepteurs du virus sur la muqueuse nasale. Comme ils sont petits, les gouttelettes qu’ils projettent n’atteignent pas les adultes. Ils se défendraient aussi mieux contre les infections car ils ont le nez qui coule plus souvent. Selon Robert Cohen, les grands-parents courent donc moins de risque avec leurs petits-enfants qu’avec leurs enfants adultes.

Pour le pédiatre, il faut accélérer le retour en classe, même s’il ne reste qu’un mois de cours, car il craint les effets de l’isolement des enfants hyperactifs, et la surexposition aux écrans : “Ce n’est pas un hasard si on voit arriver dans nos cabinets un nombre considérable d’enfants tellement anxieux qu’ils développent des maux de ventre ou de tête.”

Source FRANCE BLEU.

Retour à l’école des élèves handicapés : “On m’a demandé de laver les roues du fauteuil de ma fille”…

La rentrée post-confinement concerne aussi les élèves en situation de handicap, considérés comme prioritaires par le gouvernement.

En réalité, le retour à l’école n’est pas toujours si simple.

Illustrations en Ille-et-Vilaine avec Titouan et Clara*.

Titouan, 11 ans, porte un masque en classe, sur les recommandations de son médecin rééducateur

“Il s’adapte, même si c’est un peu frustrant.” Estelle est la mère de Titouan, âgé de 11 ans. Atteint d’un handicap moteur, en fauteuil roulant électrique, il va à l’école de Courtoisville, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Comme ses camarades, il a fait la rentrée après deux mois de confinement, une rentrée bienvenue pour lui mais aussi pour ses parents qui avaient besoin de reprendre le travail. “On a eu beaucoup d’échanges avec les enseignants et la direction pendant le confinement, pour préparer le retour.” 

Un peu plus isolé que d’habitude

Habituellement, Titouan partage son temps. Le matin, il reste dans la classe ULIS (unités localisées pour l’inclusion) puis l’après-midi il rejoint celle des CM2. Pas de gros changements dans cette organisation depuis le 12 mai, sauf que les déplacements sont limités : “Titouan reste dans la classe ULIS toute la journée car les élèves sont peu nombreux à avoir repris le chemin de l’école. Il est pris en charge par l’institutrice spécialisée et son auxiliaire de vie scolaire (AVS, désormais appelés AESH) le matin. L’après-midi, c’est l’institutrice de CM2 qui lui donne du travail à faire mais physiquement, il reste en classe ULIS.“Il voit moins ses camarades du coup” explique Estelle.

Titouan porte un masque à l'école par précaution / © DR

Pour les récréations, elles ont désormais lieu par petits groupes, pas forcément avec les copains de Titouan. “Ce n’est pas facile de les voir et de ne pas pouvoir leur parler. Comme pour tous les enfants, c’est aussi embêtant de ne pas aller et venir où l’on veut dans la cour, pour se défouler.” 

Titouan passe au final beaucoup de temps avec Marine, son AVS et se retrouve un peu plus isolé que d’habitude. “A la cantine, il mange avec son AVS car personne à droite et à gauche, ni en face. La communication est plus limitée du coup.”

Alors que le port du masque n’est pas obligatoire à l’école primaire, Titouan en met un, sur les conseils de son médecin rééducateur. Il lui tient chaud. “C’est contraignant mais il le garde”, souligne Estelle.

Titouan appréhende son nouveau quotidien, pas toujours évident. Estelle se souvient : “Lorsqu’il est revenu de l’école le 12 mai, Titouan était vraiment déçu et triste de cette journée passée. Il ne voulait plus y retourner. Il n’a pas retrouvé “l’école d’avant”Malgré tout, la direction de l’école, les institutrices et l’AESH mettent tout en œuvre pour que tout se passe au mieux. C’est une situation compliquée pour tout le monde et chacun fait comme il peut.” 

Marine, l’AESH, connaît Titouan depuis sept ans. Pour elle aussi cette rentrée a été particulière. “On a eu une réunion avec tout le personnel. J’avais des appréhensions les premiers jours. On se demandait où on allait…” “Avec Titouan, on est en contact très proche : je porte une blouse de protection, un masque. Je mets des gants dans certaines situations. On se lave les mains régulièrement. Je lave les miennes et ensuite je l’aide à laver les siennes. On passe des coups de lingettes sur son ordinateur.” 

“La directrice m’a demandé de laver les roues du fauteuil à chaque entrée dans l’école”

Sandrine est la maman de quatre enfants, dont Clara * une petite fille de 7 ans, handicapée moteur et se déplaçant en fauteuil manuel. Scolarisée en CP en Ille-et-Vilaine, un auxiliaire de vie scolaire l’accompagne, comme Titouan, pour les gestes du quotidien, toute la journée. Pour elle, après le confinement, pas de retour à l’école. “La direction m’a appelée au dernier moment et m’a demandé de laver mon véhicule à chaque fois que je dépose ma fille, de laver son fauteuil et ses roues, son ordinateur, son matériel etc…” Sandrine s’interroge : “Est-ce qu’on demande aux autres enfants de laver leurs semelles de chaussures ?” Elle remarque que la situation sanitaire accentue des relations déjà complexes avec la direction qui “cherche constamment la petite bête depuis deux ans.”

Du côté de l’auxiliaire de vie, elle n’a pas eu de contact avec lui pour une éventuelle reprise. Là aussi, elle aurait aimé en savoir plus notamment sur l’adaptation des gestes barrières. “Avec ma fille, pour l’aider il faut forcément la toucher, la porter.” Faute de mieux, elle continue donc d’assurer elle-même l’enseignement auprès de ses enfants, avec l’aide de la maîtresse. La rentrée de septembre reste floue, Sandrine n’a aucune idée des conditions dans laquelle elle va se dérouler. Pour le moment, on lui a seulement parlé de “classe virtuelle”.

Des consignes et du matériel de protection

Le rectorat n’est pas en mesure de préciser des chiffres, sur le retour à l’école des élèves en situation de handicap car “chaque cas est particulier.” Cette reprise fait l’objet d’une organisation dédiée, depuis le 11 mai jusqu’au 2 juin.

“Les élèves en situation de handicap font partie des élèves prioritaires pour reprendre leur scolarité en école ou établissment” précise-t-on. Le rectorat ajoute : “Les parents et responsables légaux d’élèves en situation de handicap sont informés des dispositions prises pour favoriser un retour à l’école ou en collège par l’intermédiaire des enseignants référents.”

“Des moyens spécifiques de protection des personnels sont prévus compte tenu de la difficulté pour certains élèves en situation de handicap de respecter la distanciation physique. Pour l’aide humaine portant sur les gestes de la vie quotidienne une dotation spécifique en gants, gel désinfectant, visières ou lunettes de protection est mise en place.”

Les chiffres sur la scolarité des élèves en situation de handicap en Bretagne

Selon le rectorat et à la rentrée 2019, l’académie de Rennes comptait 17 454 élèves scolarisés dans les écoles et établissements publics et privés relevant du ministère de l’Éducation nationale : 8 998 dans le premier degré et 8 456 dans le second degré. Selon les situations, la scolarisation peut se dérouler sans aide spécifique (humaine ou matérielle) ou avec des aménagements lorsque les besoins de l’élève l’exigent.

L’académie de Rennes compte actuellement 11 476 AESH. Les élèves présentant des besoins plus importants sont scolarisés avec l’appui d’unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS). Ces dispositifs sont encadrés par un enseignant spécialisé et bénéficient d’un accompagnant des élèves en situation de handicap-collectif. 188 ULIS-école, 129 ULIS-collège, 38 ULIS-lycée professionnel sont en place dans l’académie de Rennes.

Lors des annonces sur la phase 2 du déconfinement, Jean-Michel Blanquer a réaffirmé l’engagement du gouvernement sur la scolarité des élèves en situation de handicap. Il a annoncé que 100 % des ULIS seraient ouvertes la semaine prochaine.

*Le prénom a été modifié

Source FR3.