Valdoie -Territoire de Belfort – Ehpad de la Rosemontoise : le contenu « glaçant » du rapport des administrateurs provisoires…

Le conseil départemental du Territoire de Belfort et l’Agence régionale de santé ont prolongé de trois mois l’administration provisoire de l’Ehpad de la Rosemontoise à Valdoie.

Une décision motivée par le rapport établi par les administrateurs provisoires qui ont œuvré ces deux derniers mois.

Ehpad de la Rosemontoise : le contenu « glaçant » du rapport des administrateurs provisoires

Vendredi, Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort (CD90) et Pierre Pribile, directeur de l’Agence régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté (ARS BFC), ont signé un arrêté conjoint prolongeant l’administration provisoire de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) la Rosemontoise de Valdoie.

Trois mois reconductibles

À partir du 7 août, Sylvie Petrella assurera pour trois mois reconductibles cette mission, prenant la suite de Françoise Betoulle et Robert Creel qui ont assuré cette même fonction depuis le 6 juin.

Cette décision a été motivée par le rapport rendu par ces derniers. Un rapport « glaçant » comme le résumait Florian Bouquet vendredi après-midi lors d’une réunion avec les familles, représentants du personnel et des résidents.

« Mise en danger »

« Les dysfonctionnements relevés reflètent des manquements d’une particulière gravité de nature à mettre en danger notamment la sécurité et le bien-être des personnes âgées dépendantes », peut-on lire notamment dans l’arrêté.

Les deux premiers administrateurs nommés pour deux mois le 6 avril avaient déjà dressé un constat dans ce sens. Dans leurs conclusions, ils notaient qu’il y avait « urgence à prendre des mesures permettant de sécuriser non seulement la prise en charge des résidents de l’Ehpad mais également les conditions d’exercice de son personnel ».

Nombreux dysfonctionnements et défaillances

Quant aux seconds administrateurs, leur rapport d’une soixantaine de pages que nous avons pu nous procurer éclaire sur un nombre important de dysfonctionnements et de défaillances que ce soit dans le domaine du management, de la gestion des soins, des ressources humaines ou encore de la réalisation de travaux.

« Risque de maltraitance passive »

Dans leurs conclusions, les deux administrateurs provisoires soulignent que dorénavant «  l’ensemble des précautions est pris pour prévenir un second épisode de la Covid-19 si celui se confirmait ».

Toutefois, « s’agissant de la gestion managériale et de l’organisation des soins, la gravité des constats tenant à la non-sécurisation des soins dans leur organisation ainsi que dans la gestion des ressources humaines », ils sont amenés à « indiquer qu’un risque de maltraitance passive n’est pas à exclure si les conditions de sécurisation pérenne n’étaient pas réunies » à leur départ le 7 août.

Trouver une solution « viable et pérenne »

Si le fait de nommer une administration provisoire d’un Ehpad relève de l’exceptionnel, celui de la prolonger à deux reprises démontre que le mal est profond au sein de la Rosemontoise.

« Ces reconductions se sont imposées d’elles-mêmes », remarquait Florian Bouquet qui souhaite que soit mis en place tout ce qui permettra de donner une réponse « viable et pérenne aux résidents, à leurs familles et aux personnels ».

Source EST REPUBLICAIN.

Nouvelles pistes de traitement contre Alzheimer : de récentes études scientifiques changent radicalement d’approche dans la recherche des causes de la maladie…!

L’amyloïde, principale cible des développements de traitements de la démence, suscite désormais le scepticisme après les échecs de plusieurs pistes de médicaments.

Une étude publiée dans la revue Scientific American montre que l’amyloïde suscite désormais le scepticisme, après l’échec du développement de plusieurs médicaments. Que nous révèle cette nouvelle étude sur la maladie d’Alzheimer?

Nouvelles pistes de traitement contre Alzheimer : de récentes études scientifiques changent radicalement d’approche dans la recherche des causes de la maladie

Fabrice Gzil : Près de cinquante millions de personnes dans le monde – environ un million de personnes en France – vivent avec les symptômes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

Jusqu’à présent, la recherche de médicaments s’est soldée, dans ce domaine, par une série d’échecs. Beaucoup de molécules ont paru prometteuses chez la souris ou dans les premières étapes de leur développement, mais se sont finalement avérées inefficaces ou toxiques. Ces dernières années tout particulièrement, les déceptions se sont enchaînées. Des essais majeurs ont été interrompus. Des laboratoires ont jeté l’éponge. Certains chercheurs se sont même demandé s’il ne fallait pas abandonner les hypothèses sur lesquelles ces traitements expérimentaux étaient bâtis. C’est dans ce contexte morose – marqué également en France par le déremboursement des médicaments symptomatiques – qu’intervient ce qu’il faut bien appeler la surprenante histoire de l’aducanumab.

Cet anticorps monoclonal, développé par le laboratoire américain Biogen en association avec le japonais Eisai, est une biothérapie dirigée contre les agrégats de peptide amyloïde, l’une des anomalies cérébrales fréquemment observées dans l’Alzheimer. Bien qu’ils fassent l’objet d’essais cliniques depuis les années 2000, ces thérapies n’ont jamais montré d’efficacité contre cette pathologie, peut-être parce qu’ils avaient été administrés trop tard.

En 2015, Biogen et Eisai ont ainsi lancé deux essais parallèles de phase III (EMERGE et ENGAGE) pour évaluer l’efficacité de l’aducanumab chez des personnes au stade très précoce (maladie d’Alzheimer prodromale et légère). Les patients inclus dans ces essais – conduits dans 300 hôpitaux de 20 pays, dont 16 centres en France – recevaient pendant 18 mois des doses croissantes de produit, par injection mensuelle en intraveineuse, ou un placebo.

Début 2019, premier coup de théâtre. Une étude de futilité a été réalisée par les statisticiens de Biogen. C’est une procédure habituelle dans les essais de grande ampleur, qui consiste à calculer la probabilité qu’une molécule puisse s’avérer efficace, afin d’éviter d’engager des dépenses superflues et de soumettre les malades à des risques inutiles. Ces analyses, menées sur la base des données de 1 748 patients, suggéraient qu’il y avait très peu de chances pour que la molécule démontre une efficacité. En conséquence, en mars 2019, Biogen et Eisai annoncent l’arrêt des deux essais.

En octobre 2019, deuxième coup de théâtre. Dans un communiqué aux investisseurs, les deux laboratoires indiquent qu’après l’interruption des essais, des données plus complètes ont été analysées, qui suggèrent que l’aducanumab n’est peut-être pas inefficace. Chez certains patients, non seulement il aurait fait régresser les anomalies cérébrales, mais il aurait aussi ralenti le déclin cognitif et fonctionnel. Ainsi, dans l’essai EMERGE, chez les patients ayant reçu pendant une longue période la dose maximale d’anticorps (10mg/kg), on observerait une réduction de l’amyloïde cérébrale et une diminution de la protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien, ainsi qu’un ralentissement du déclin clinique. Bien que ces résultats n’aient pas pu être reproduits dans l’essai ENGAGE, Biogen annonce alors qu’il déposera « début 2020 » un dossier auprès de la Food and Drug Administration, l’autorité américaine en charge d’autoriser la mise sur le marché des médicaments.

Il y a quelques jours, on a appris que ce dossier ne sera, finalement, déposé à la FDA qu’au troisième trimestre 2020. Mais Biogen a d’ores et déjà entrepris de relancer ces essais qui avaient été interrompus. Proposés aux patients qui avaient été inclus dans EMERGE et ENGAGE, ces essais de stade III de réadministration en ouvert auront pour but d’évaluer l’innocuité et la tolérance de la molécule. Les 2 400 patients éligibles recevront des injections intraveineuses mensuelles d’aducanumab à forte dose (10mg/kg) pendant une durée de deux ans.

La faible efficacité et les doses élevées nécessaires à la réussite du ciblage de la protéine responsable de la maladie d’Alzheimer rendent-ils l’usage de ce traitement commercialisable ?

Vous posez plusieurs questions essentielles.

Premièrement, quelle est l’efficacité clinique de l’aducanumab ? Les avis sur le sujet divergent considérablement. Bien qu’il ait été présenté dans de nombreux médias comme « le premier médicament efficace contre l’Alzheimer », trois raisons invitent à faire preuve d’une grande prudence. D’abord, les critères d’efficacité n’ont été atteints que dans l’une des deux études, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Ensuite, dans le meilleur des cas, on ne constate pas une amélioration des fonctions cognitives et de l’autonomie dans la vie quotidienne, mais tout au plus un déclin cognitif et fonctionnel très légèrement moindre dans le groupe traité, par rapport au groupe contrôle. Les patients ayant reçu la molécule continuent de perdre des capacités, même s’ils semblent les perdre très légèrement moins vite. Enfin, analyser a posteriori des résultats est un exercice très périlleux d’un point de vue méthodologique. C’est pourquoi de nombreux experts refusent de se prononcer avant d’avoir davantage de preuves. Pour savoir si l’aducanumab peut avoir une quelconque efficacité, il va falloir attendre la fin des deux essais qui devaient débuter en mars 2020, et devraient durer au moins jusqu’en 2023. On ignore pour l’instant à quel point l’épidémie de Covid-19 a perturbé le démarrage de l’étude.

Deuxièmement, vous rappelez à juste titre que le traitement ne paraît pouvoir avoir d’efficacité qu’administré à haute dose, en continu, sur une longue période. Cela soulève la question de la toxicité de la molécule. Les anticorps ont un effet inflammatoire. Dans EMERGE et ENGAGE, des œdèmes cérébraux ont été observés, qui peuvent occasionner de violents maux de tête. Il conviendra de mettre en balance ces risques et inconvénients avec les bénéfices potentiels du traitement.

Troisièmement, avant de mettre un médicament sur le marché, les autorités de santé évaluent son rapport coût / bénéfice. Les anticorps monoclonaux sont des traitements coûteux. Celui-ci pourrait revenir à 9 000 euros par an et par patient. Compte tenu de ce coût et du nombre considérable de patients potentiellement concernés, les autorités de santé pourraient exiger que la molécule démontre une efficacité relativement importante. Elles pourraient également demander une stricte adhérence au label. En d’autres termes, il se pourrait que ne soient éligibles au remboursement que les patients au stade prodromal ou léger ayant, comme dans les essais, une charge amyloïde importante dans le cerveau. Les autorités de santé pourraient aussi décider de restreindre le traitement aux patients à haut risque, ayant un profil génétique particulier (qui représentait les deux-tiers des patients inclus dans l’essai). Il est donc très improbable que l’aducanumab puisse, dans les prochains mois, et même dans les toutes prochaines années, être accessible en pharmacie pour tous les malades d’Alzheimer.

Quelles autres pistes de recherche sont actuellement en cours pour lutter contre cette maladie ? Pouvons-nous imaginer guérir un jour de la maladie d’Alzheimer ?

Pour certains experts, l’aducanumab est le premier médicament qui agit à la fois sur les symptômes de la maladie et sur ses lésions. C’est le premier traitement qui, au-delà d’une action purement symptomatique, « bloque le processus pathologique ». Selon ces experts, cela validerait l’hypothèse de la cascade amyloïde, que l’on était – à tort – sur le point d’enterrer. Cela justifierait de viser le peptide amyloïde. Et cela encouragerait les autres anticorps monoclonaux en cours de développement, qui agissent par un mécanisme proche.

D’autres experts ont une analyse différente. Pour eux, l’hypothèse amyloïde explique bien les formes de la maladie d’Alzheimer qui surviennent de manière précoce (avant 65 ans). Les formes qui surviennent plus tardivement, notamment après 80 ans, sont beaucoup plus nombreuses et résulteraient quant à elles de mécanismes multiples. Pour cette raison, les approches thérapeutiques qui ne ciblent que la protéine amyloïde risquent de ne pas fonctionner dans ce cas : c’est une combinaison d’interventions qui constituera la meilleure approche.

Deux autres éléments majeurs doivent être pris en considération. D’abord, la prévention. Les personnes qui ont 85 ans aujourd’hui ont significativement moins de risques de développer une maladie d’Alzheimer que les personnes qui avaient le même âge dans les années 1980 ou 1990. L’explication ? Un mode de vie plus favorable à la santé, des mesures de santé publique et des facteurs sociaux, comme l’augmentation du niveau d’études et de l’activité professionnelle des femmes. Ce fait majeur – que l’on ne souligne et dont on ne se réjouit pas assez – est porteur de grands espoirs. Parallèlement aux efforts pour guérir les maladies cérébrales, essayons de conserver le plus longtemps possible notre cerveau en bonne santé.

Ensuite, la compensation et l’adaptation de l’environnement. On peut continuer d’avoir une bonne vie avec des troubles cognitifs, à condition que l’environnement (matériel, humain, technologique, économique, juridique…) soit adapté. C’est tout l’effort de la recherche psychosociale et de la recherche en sciences humaines et sociales : essayer de réduire au maximum l’impact des troubles sur l’autonomie fonctionnelle et la qualité de vie des personnes malades, et faire en sorte que la société de demain soit plus sensibilisée, plus accueillante, plus « inclusive » vis-à-vis des personnes en situation de handicap cognitif.

En somme, se demander si nous pourrons un jour « guérir de la maladie d’Alzheimer », c’est faire l’hypothèse que ce que nous appelons aujourd’hui « maladie d’Alzheimer » – et que l’on appelait il n’y a pas si longtemps « sénilité » – est une réalité monolithique. Or, tous les travaux menés ces dernières années, que ce soit par les sciences biomédicales ou par la recherche psychosociale, suggèrent au contraire que « le phénomène Alzheimer » est une réalité complexe, contrastée, diversifiée. Les choses sont très différentes selon que l’on a affaire à une maladie d’Alzheimer ou à une maladie dite apparentée, comme la maladie à corps de Lewy ; selon que le syndrome démentiel survient avant 65 ans ou après 85 ans ; selon les soutiens et les ressources, internes mais aussi externes, dont la personne peut bénéficier.

Il faut garder à l’esprit cette complexité et cette diversité quand on conduit des recherches thérapeutiques sur la maladie d’Alzheimer. Bâtir une réponse globale au phénomène Alzheimer, c’est à la fois mener de la recherche thérapeutique, réfléchir à des stratégies de prévention et de compensation, et rendre la société plus habitable pour les personnes qui, lorsqu’elles avancent en âge, développent un handicap cognitif.

Il convient surtout de rendre un très vif hommage aux personnes malades d’Alzheimer et à leurs familles qui acceptent de se prêter à la recherche, que celle-ci soit biomédicale ou psychosociale. Car c’est d’abord grâce à elles, à leur patience, à leur engagement en vue du bien commun, que notre réponse au phénomène Alzheimer pourra, demain, être plus efficace et plus pertinente qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Source ATLANTICO.

Un Diplôme Universitaire pour mieux prévenir les fragilités de l’âge….

Créé à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté, il connaît sa première promotion en 2018.

Originalité, il aborde principalement l’aspect social.

Un DU pour mieux prévenir les fragilités de l’âge

Lors de la rentrée 2018, 9 étudiantes étaient en formation continue expérimentant le DU évaluateur social de l’autonomie des personnes âgées à domicile. Un diplôme de l’Université de Bourgogne-Franche-Comté porté par la fac de droit. L’évolution démographique, les avantages du maintien à domicile en termes de coût et bien-être accentuent le besoin en démarche préventive.

«L’Etat a fléché la prévention comme un des leviers pour mieux vieillir explique Isabelle Moesch, responsable du DU. Ce diplôme doit donner les outils pour repérer les fragilités.

Cela concerne la dépression mais aussi des thèmes plus tabous, comme le suicide ou la sexualité. Il existe beaucoup de DU en expertise gérontologique et médicale mais sur l’aspect social, c’est un peu une première». Le nombre de suicides des plus de 80 ans est par exemple évalué à 3000, mais ce chiffre est certainement très sous-estimé selon elle.
Les évaluatrices en formation sont la plupart en emploi. Pour 3 d’entre elles, le DU représente un complément à leurs études en licence pro encadrement des services à la personne ou en master vieillissement, également proposés à l’UBFC. Toutes sont des femmes, ce qui n’est pas étonnant : les métiers de l’accompagnement du vieillissement sont très majoritairement féminisés.

La formation doit répondre au besoin d’une nouvelle démarche préventive : anticiper et repérer les fragilités des personnes âgées pour les combattre, «car elles sont réversibles».

«Les notions d’estime de soi ou de rapport au monde des personnes âgées sont très peu abordées mais fondamentales». Mis en place en collaboration avec le PGI et la Carsat (1), le DU aborde des modules spécifiques : connaissance de l’environnement, expertise sociologique et psychologique du sujet âgé, démarche évaluatrice, conduite d’action, droit de la personne et de la famille. «Une partie est en lien avec la cybersécurité et l’utilisation des données. On insiste beaucoup sur l’aspect déontologie» assure Isabelle Moesch.

Plus d’information, cliquez ici.

Source TOPO.

L’épreuve du Coronavirus peut-elle permettre de changer notre rapport au monde vivant, à la vieillesse ou bien encore à la mort ?

Nous avons posé ces questions à Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, dans le deuxième volet de notre grand entretien.

Boris Cyrulnik :
« On a oublié qu’on fait partie du monde vivant »

Boris Cyrulnik : « On a oublié qu’on fait partie du monde vivant »

Au sujet de la pandémie, vous avez dit refuser de parler de « crise » : comment alors qualifieriez-vous ce que l’on est en train de vivre ?

Le terme de « crise » vient du monde médical à la base, avec l’idée de revenir ensuite à un état antérieur. Je pense qu’on vit plutôt une catastrophe, dans le sens où elle va induire un changement – en grec ancien, la « katastrophê », c’est le renversement, le tournant. La catastrophe suppose de reprendre son développement dans une tout autre direction.

Et on peut effectivement penser que pas mal de choses vont changer, comme notre organisation économique, par exemple : va-t-on mieux partager le travail, revaloriser les métiers utiles, etc. ? Il me semble aussi certain que nos pratiques culturelles vont évoluer, en accordant peut-être plus de place au lien social. Il faut aussi espérer que cela nous permette enfin de changer notre rapport au reste du vivant… Dans l’histoire de la vie sur la Terre, il y a déjà eu cinq extinctions où toute la faune et la flore disparaissaient complètement. Et je crois qu’on est en train de préparer la 6e extinction.

C’est cela qui est profondément en cause, dans cette catastrophe : la place de l’humain dans son environnement ?

S’il y a une telle pandémie, c’est parce qu’on a oublié qu’on fait partie du monde vivant, qu’on partageait la planète avec les animaux. On a cru qu’on était une espèce à part, au-dessus de la condition naturelle, soit à cause de la religion, soit à cause de l’artifice de la technique et de la parole. Alors qu’on est régi par les mêmes principes que tous les animaux sexués, nous sommes engendrés de la même façon que les mammifères, nous avons les mêmes besoins alimentaires, etc. On est en train de redécouvrir que si l’on néglige et abîme les animaux, par des élevages intensifs ou en détruisant leur écosystème, on crée toutes les conditions pour développer des virus qui peuvent nous faire disparaître… En somme, si on massacre le monde vivant, on part avec lui.

Mais on a cru pendant 70 ans que les épidémies appartenaient au passé. On réalise en fait que l’hyper-technologie ne nous en protège pas, au contraire, elle crée même les conditions de sa propagation accélérée : avec l’aviation et les transports rapides, c’est nous qui avons déplacé le virus aussi rapidement ! Et si on ne change pas cela, d’autres épidémies arriveront.

Vous avez beaucoup pratiqué l’éthologie : est-ce une discipline qui pourrait nous aider à mieux appréhender nos relations avec le reste du monde vivant ?

Je regrette que l’on n’ait pas plus développé l’éthologie. Les stéréotypes culturels restent très forts, les décideurs – ceux qui financent les laboratoires et créent des postes de recherche – pensent encore que les animaux ne sont pas une priorité : dans ma carrière, je me suis souvent entendu dire qu’il était inutile d’étudier la sexualité chez les babouins, qu’on n’allait pas donner de l’argent pour interroger le transport des virus par les chauves-souris…

« S’il y a une telle pandémie, c’est parce qu’on a oublié qu’on fait partie du monde vivant, qu’on partageait la planète avec les animaux. »

Pourtant, on le sait depuis longtemps : toutes les épidémies de virus, les pestes bacillaires, la tuberculose, le choléra, la syphilis, etc., toutes ces maladies-là sont parties des animaux et c’est notre monde humain qui les a ensuite distribuées sur la planète entière. C’est un processus qui se répète régulièrement ! La seule différence, c’est qu’avant, quand une épidémie se propageait, l’explication était magique : cela venait d’un mauvais œil, de Dieu qui nous punissait parce qu’on avait commis un péché, etc. Là, on analyse beaucoup mieux les processus biologique, technique et culturel qui fabriquent le virus et qui le mondialisent. Et on se rend donc compte que si on avait développé l’éthologie, ça nous aurait peut-être permis de limiter l’épidémie.

En nous renvoyant à notre propre fragilité humaine, le Coronavirus bouleverse peut-être aussi notre rapport à la mort : peut-il ouvrir à un regain de spiritualité, selon vous ?

La mort fait partie de la condition humaine. Tout comme la spiritualité, d’ailleurs, puisqu’on parle et qu’on est doué d’une capacité de représentation. Pour autant, je suis sceptique sur la nature « spirituelle » de ce qui va suivre. Je parlerais plutôt d’un regain de « spiritualisme », plus proche des fanatismes, religieux ou politiques.

Après de telles catastrophes, on voit souvent s’opérer une flambée du religieux. J’ai pu le constater à Haïti après le tremblement de terre, ou en Colombie après la guerre avec les Farcs. L’angoisse pousse les foules à se soumettre à une autorité suprême pour chercher une forme d’apaisement, avec un comportement expiatoire. Encore une fois, s’il y aura forcément des changements, il ne faut surtout pas croire qu’ils seront forcément pour le mieux…

Ne croyez-vous pas, par exemple, que la triste situation actuelle dans les EHPAD peut nous amener à reconsidérer la place de nos aînés dans notre société ?

J’espère qu’il y aura ce changement de regard, mais je ne suis pas sûr. La vieillesse est un phénomène relativement nouveau, c’est la première fois qu’elle existe de manière aussi longue. En milieu naturel, chez les animaux, il n’y a pas vraiment de vieux : à la première défaillance, ils se font éliminer. Et c’est ce qu’il se passait dans la condition humaine, il y a encore quelques générations… On a donc vu apparaître la vieillesse, en très peu de temps. Aujourd’hui, dans les pays riches, les femmes approchent les 100 ans, et les hommes, les 90 ! La vieillesse vient de naître, d’une certaine façon.

Or cette vieillesse n’a aucune fonction de productivité, elle est vue comme un frein au sprint commercial et capitaliste. Les vieux sont des charges sociales, des poids pour la famille, et c’est pour cela que les EHPAD se sont rapidement développés. En fait, avant le confinement généralisé, on faisait déjà un confinement de vieux, qui tiennent par de minuscules fils affectifs – un coup de téléphone ou une visite de temps en temps. Et si ces visites sont interrompues, ils se laissent mourir : c’est ce qu’on appelle le syndrome du glissement, où les vieux se laissent mourir sans s’en rendre compte… On parle alors de mort naturelle, alors que c’est de carence affective. C’est en tout cas, effectivement, l’un des enjeux du « monde d’après » : il faut inventer un nouveau statut à la vieillesse dans nos sociétés.

Source Bouddhanew.

Ehpad de la Rosemontoise : le parquet de Belfort ouvre une enquête pour « homicide involontaire »…

Le dossier est désormais sur le bureau du procureur de la république de Belfort.

La justice va devoir faire la lumière sur les circonstances de la mort de plus de 30 personnes au sein de cet Ehpad à la suite de la pandémie.

L'Ehpad de la Rosemontoise à Valdoie.

En mai dernier, Laurence et Marie France, les deux sœurs de Patricia Boulak, l’aide-soignante de la Rosemontoise décédée du Covid 19, avaient déposé plainte pour « homicide involontaire », « non assitance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui ».

Le procureur n’a finalement retenu que le chef d’accusation « d’homicide involontaire ».

La justice va donc avoir pour mission de déterminer pour quelles raisons l’Ehpad de la Rosemontoise a subi une telle hécatombe au moment de la pandémie, et surtout si des erreurs ont été commises par la direction de l’établissement.

” Nous ne savons pas de quoi sont morts nos proches…”

Aujourd’hui plusieurs familles de personnes décédées à la Rosemontoise veulent comprendre comment une telle situation a pu survenir. C’est le cas de Sébastien Léveque, qui a été le premier à porter plainte en avril dernier. Aujourd’hui plus que jamais, il veut faire part de sa colère. « Mon père était âgé de 73 ans, il est décédé le 28 mars dans l’Ehpad. Il y vivait depuis 2015. Aujourd’hui nous ne savons toujours pas, ma famille et moi de quoi il est mort et nous voulons que la lumière soit faite sur les circonstances de son décès..».

” Il n’y a eu aucune communication de la part de la direction de l’établissement..”

Un silence assourdissant, c’est ce que dénoncent les familles de victimes. Elles déplorent une communication inexistante avec la direction, pendant la crise, mais également depuis que le déconfinement a été mis en place. Une situation intolérable pour Sébastien Lévêque. « Mon père avait un peu de diabète, mais il allait bien. Je lui parlais tous les jours au téléphone. Il n’a jamais évoqué le moindre souci de santé. J’ai juste été informé que son état se dégradait, qu’il était mis sous oxygène et il est mort dans la nuit du 28 mars. Lorsque l’établissement m’a prévenu, j’ai bien ressenti que l’urgence pour la direction c’était que je contacte au plus vite les services de pompes funèbres afin que le corps de mon père soit évacué. Mais je n’ai eu aucune précision. Rien. Je pense que l’on nous a caché la vérité, les portes de l’Ehpad étaient fermées et les familles n’étaient au courant de rien. Il n’y a eu aucune communication. Nous apprenions les décès par les médias et les réseaux sociaux. En pleine hécatombe il y avait bcp d’inquiétude de la part des familles et cette inquiétude était bien sûr amplifiée par l’attitude de la direction de la Rosemontoise..».

” Nous voulons des réponses, afin de pouvoir faire notre deuil…”

Déterminé à obtenir enfin des réponses à ses questions, Sébastien Lévêque va désormais prendre un avocat.      « Je n’ai pas revu mon père. Il repose dans une urne mais il est inconcevable de faire un deuil dans ces conditions. Nous attendons tous de cette enquête judiciaire qu’elle nous permette de comprendre comment cette hécatombe a pu avoir lieu. Comment et pourquoi nos parents sont morts. Nous avons besoin de ces réponses pour faire le deuil.. ».

Le travail de la justice sera de toute évidence long et complexe, mais les familles sont prêtes à cette attente, comme le confirme Sébastien Lévêque. « Les responsables doivent répondre de leurs actes. Nous vivons tous une souffrance terrible. Personnellement je rêve de mon père toutes les nuits. Ma mère est toujours vivante, elle non plus ne comprend pas pourquoi son mari n’est plus là. Elle n’arrive pas à refaire surface… »

Source FR3.

Toulouse : Quand des liposuccions débouchent sur un espoir de traitement de la maladie d’Alzheimer…

Un essai clinique contre la maladie d’Alzheimer va démarrer au CHU de Toulouse grâce aux cellules-souches fournies en quantité industrielle par la start-up Cell-Easy.

Elles sont recyclées après les liposuccions.

Dans les laboratoires de la start-up toulousaine Cell-Easy, spécialisée dans la médecine régénératrice.

  • Un essai clinique innovant contre la maladie d’Alzheimer va démarrer au CHU de Toulouse.
  • Il utilisera les cellules-souches fournies par la start-up Cell-Easy.
  • Elles ont la particularité d’être issues de déchets de liposuccions. La jeune entreprise sait désormais les produire en quantités industrielles et donc à un prix abordable.

Du superflu au super espoir scientifique. Quel est le lien improbable entre les liposuccions pratiquées par les chirurgiens esthétiques et la recherche contre la maladie d’Alzheimer ? Ce sont les cellules-souches, dont les tissus adipeux regorgent et que la start-up toulousaine Cell-Easy, spécialisée dans la médecine régénératrice, a eu l’idée de récupérer auprès des cliniciens.

« On prend ce déchet et on en fait un médicament, explique tout bonnement Pierre Monsan, le directeur général de la société et fondateur de la Fédération française des biotechnologies. Alors que généralement, les cellules-souches sont issues soit de cordons ombilicaux, soit de douloureuses ponctions lombaires, notre technologie permet de les multiplier ». De sorte qu’un donneur peut « fournir » des milliers de receveurs et, surtout, que le coût de la production, en quantité cette fois industrielle, est fortement diminué.

Des tests sur neuf patients au départ

A l’heure des médicaments de thérapie innovante (MIT) et où les scientifiques ambitionnent de « soigner le vivant par le vivant », le CHU de Toulouse a pris la balle au bond. Il vient de signer avec Cell-Easy une convention portant sur un essai clinique contre la maladie d’Alzheimer. Ce dernier devrait démarrer début 2021. « La maladie d’Alzheimer se caractérise par un état inflammatoire chronique du cerveau qui provoque des dépôts de protéines, détaille Pierre Monsan. L’équipe du CHU veut tester l’effet anti-inflammatoire des cellules-souches et leur capacité à ralentir l’évolution de la maladie. »

L’essai sera conduit par l’équipe du professeur Bruno Vellas au gérontopôle. Il devrait au départ concerner neuf patients suivis aux CHU de Toulouse et Montpellier, âgés de 50 à 85 ans, et qui en sont au tout début de la pathologie. Les cellules-souches leur seront injectées par voie sanguine. En fonction des résultats préliminaires, la cohorte des patients pourra ensuite passer à une cinquantaine. Avec de grands espoirs dans la balance.

Source 20 MINUTES.

Ségur de la santé. La Mutualité française propose de baisser la rémunération des soignants «isolés»…!

La Mutualité française a dévoilé ses propositions dans le cadre du Ségur de la santé. Parmi celles-ci, la baisse de la rémunération des soignants « isolés » pour pousser les médecins de ville à se regrouper.

La Mutualité française veut lutter contre l'exercice isolé de la médecine de ville (photo d'illustration).

Baisser la rémunération des soignants isolés pour les pousser à se regrouper, retirer aux agences régionales de santé (ARS) leur compétence en matière de prévention, renforcer la médicalisation des Ehpad : la Mutualité française a dévoilé mercredi ses propositions dans le cadre du « Ségur de la santé ».

Parmi les 24 pistes avancées, celle-ci risque de braquer bien des soignants libéraux : pour mettre fin à l’exercice isolé des professionnels de santé du premier recours, la Mutualité préconise une minoration sensible de (leur) rémunération.

L’objectif est le même que celui affiché par Emmanuel Macron lors de la présentation du plan « Ma Santé 2022 », qui souhaitait que l’exercice isolé de la médecine de ville disparaisse d’ici la fin de son quinquennat.

«Balkanisation des professionnels de ville»

Le président de la République en parlait il y a deux ans, mais il ne s’est pas passé grand-chose. Il y a eu des incitations qui n’ont pas eu les effets escomptés, a déclaré le président de la Mutualité, Thierry Beaudet, durant un entretien avec des journalistes.

Depuis, le Covid est passé par là et on a fait face à la pandémie avec la moitié de nos ressources, car la balkanisation des professionnels de ville fait qu’on n’a pas su les mobiliser, a-t-il ajouté.

Ce qui aurait dû être fait par les ARS, que la Mutualité veut recentrer sur leurs missions régaliennes, à savoir la sécurité sanitaire et la régulation de l’offre de soins, avec une garantie de neutralité entre l’hôpital public et le secteur privé.

«Renforcer la médicalisation des Ehpad»

Au passage, la compétence en matière de prévention et une partie du budget de la Sécu (le fonds d’intervention régional, 3,5 milliards d’euros en 2020) seraient transférés aux régions – qui n’ont cependant pas été consultées sur le sujet.

Par ailleurs, il faut renforcer la médicalisation des Ehpad, avec davantage de médecins et d’infirmières pour s’adapter aux besoins croissants des résidents, a affirmé M. Beaudet.

Alors que le gouvernement a remis sur les rails la réforme maintes fois repoussée de la dépendance, le patron de la Mutualité défend toujours le principe d’une assurance associée à la complémentaire santé, avec une cotisation obligatoire, par exemple à partir de 50 ans, pour compléter un financement public encore insuffisant et ainsi limiter le reste à charge des ménages.

Source OUEST FRANCE.

 

Coronavirus : les maisons de retraite se préparent à leur déconfinement…

Les maisons de retraite “qui ne déclarent plus de cas possible ou confirmé de Covid-19” doivent présenter d’ici lundi un “plan de retour progressif à la normale”, pour autoriser notamment les visites sans rendez-vous et les sorties des résidents, a annoncé mardi Olivier Véran.

Coronavirus : les maisons de retraite se préparent à leur déconfinement.

Cette “étape supplémentaire dans le déconfinement” des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) doit être “adaptée à la situation” de chaque structure, a précisé dans un communiqué le ministre des Solidarités et de la Santé.

Communiqué  Mise en oeuvre de la phase suivante de déconfinement dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD et USLD).

Ces “plans de retour à la normale” doivent “permettre d’assurer prioritairement, le plus vite possible, la reprise des visites des proches sans rendez-vous”, ajoute le ministère.

Progressivement, les directeurs d’Ehpad devront également autoriser à nouveau les “sorties individuelles et collectives et la vie sociale au sein de l’établissement”, ainsi que la visite sur place des personnels paramédicaux. Et ils devront mettre fin au confinement en chambre, selon la même source.

Dans son intervention dimanche soir, le président Emmanuel Macron avait annoncé que les visites aux personnes âgées dans les maisons de retraites “devront désormais être autorisées”, sans plus de précisions.

“Ce sont des annonces importantes, car il faut permettre aux personnes âgées d’avoir plus de libertés. Faciliter les visites, ça va dans ce sens-là”, a réagi auprès de Romain Gizolme, de l’association de directeurs de maisons de retraite Ad-pa.

La déléguée générale du Synerpa (Ehpad privés), Florence Arnaiz-Maumé, s’est également félicitée de cette annonce, soulignant que le secteur était demandeur d’une “progressivité des mesures” d’assouplissement, pour accompagner le déconfinement d’ici la fin de l’état d’urgence sanitaire. “On se laisse la possibilité d’un bouton rouge, c’est-à-dire de revenir en arrière au moindre cas de Covid détecté”, a-t-elle ajouté.

Des annonces faites sans concertation

A contrario, la fédération de gestionnaires de maisons de retraite Fnaqpa a critiqué des annonces faites “sans concertation” et qui renvoient “encore la patate chaude aux responsables d’établissements”.

“Ballotés et méprisés, les professionnels se retrouvent, encore une fois, confrontés à des injonctions paradoxales, entre des pouvoirs publics incapables de porter un message clair d’un côté, et de l’autre des familles à l’impatience légitime de retrouver une relation normale avec leurs parents”, estime dans un communiqué cette organisation.

“Dans l’attente d’un message clair et précis de l’État”, la Fnaqpa “recommande” à ses adhérents de ne pas fournir le “plan de retour progressif à la normale” demandé.

Les visites interdites depuis le 11 mars

Les visites dans les établissements pour personnes âgées en perte d’autonomie avaient été interdites dès le 11 mars, six jours avant le confinement généralisé, pour freiner la propagation du coronavirus.

Elles avaient été autorisées progressivement à partir du 20 avril, mais dans des conditions très strictes, les familles étant notamment obligées de prendre rendez-vous au préalable.

Un léger assouplissement supplémentaire avait été décidé début juin, autorisant la visite de plus de deux personnes à la fois et la possibilité de faire venir des mineurs, sous réserve qu’ils portent un masque.

Le ministère de la Santé avait alors indiqué que “près de 45% des Ehpad déclarent encore au moins un cas de Covid-19”.

Source EST REPUBLICAIN.

 

Ehpad: les règles des visites assouplies à partir de ce vendredi…

L’objectif de cet assouplissement est avant tout de permettre aux personnes âgées d’être entourées de leurs proches à l’occasion des fêtes des mères.

Certaines activités collectives vont également pouvoir reprendre dans les maisons de retraite, en petits groupes.

Les personnes âgées hébergées dans des Ehpad vont pouvoir plus facilement recevoir la visite de leurs proches. À partir de ce vendredi, quand «la situation sanitaire le permet», ils auront notamment la possibilité de faire venir des mineurs, a annoncé lundi le ministère de la Santé. Lorsque la rencontre a lieu à l’extérieur, les personnes âgées pourront désormais recevoir «plus de deux personnes à la fois». Les visites se feront sous la surveillance d’un membre du personnel de l’établissement, «le lavage des mains, la distanciation physique et le port du masque chirurgical restent obligatoires pour tous les visiteurs», a insisté le ministère.

«La reprise de davantage de visites médicales et paramédicales et des activités collectives en tout petits groupes peut être décidée, ainsi que l’intervention de bénévoles formés et encadrés», selon le ministère. De même pour les activités extérieures, lorsque l’établissement d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes (Ehpad) est doté d’un jardin ou d’une cour.

Ce sont les responsables d’établissements qui décident « des mesures applicables localement, après concertation collégiale avec l’équipe soignante et en particulier les médecins coordonnateurs», alors que, selon le ministère, «près de 45% des Ehpad déclarent encore au moins un cas de Covid-19».

L’objectif de cet assouplissement est avant tout de permettre aux personnes âgées d’être entourées de leurs proches à l’occasion des fêtes des mères, dimanche prochain, puis des pères, le 21 juin. «S‘il est essentiel d’assurer la santé physique des personnes âgées vulnérables, il est tout aussi indispensable de préserver leur santé psychique» avait souligné, avant ces annonces, l’AD-PA, association de directeurs d’Ehpad.

Source LE FIGARO.

Une étude souligne le douloureux isolement de certains seniors pendant le confinement…

4% des plus de 60 ans, soit 720.000 seniors, «n’ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement», selon un sondage révélé par l’association Les Petits frères des pauvres.

Près de 600.000 personnes vivent aujourd'hui en France dans l'un des 7200 Ehpad du territoire.

La plupart des personnes âgées ont eu davantage de contacts avec leurs familles pendant le confinement, mais une minorité, déjà très isolée habituellement, l’a été encore plus pendant la crise épidémique, révèle une étude publiée jeudi 4 juin par l’association Les Petits frères des pauvres.

«En dépit d’un bel élan de solidarité familiale et citoyenne, de nombreuses personnes âgées (…) ont encore davantage souffert de solitude et d’isolement», relève l’association, qui se consacre justement à rompre l’isolement des seniors. Une étude CSA, réalisée pour l’association auprès de 1503 personnes de plus de 60 ans, met certes en évidence un «renforcement des contacts familiaux» pendant le confinement: 43% des sondés disent avoir eu pendant cette période un contact tous les jours ou presque avec leur famille, contre 33% auparavant.

Mais à l’inverse, 4% des plus de 60 ans, soit 720.000 seniors, «n’ont eu aucun contact avec leur famille durant le confinement», alors que 1% seulement faisaient état d’une telle situation avant l’épidémie, selon le rapport. Ces personnes les plus isolées, qui «vivent une sorte de confinement permanent», ont pu se sentir «complètement abandonnées» pendant la crise sanitaire.

Les «invisibles»

Ce sont ces «invisibles» qui «ont le plus souffert», selon la déléguée générale des «Petits frères», Armelle de Guibert. Pour beaucoup d’aînés, le numérique a certes permis de rétablir des contacts: 59% des seniors disposant d’un accès à internet ont passé des appels en «visio» avec leurs proches (et même 43% des plus de 85 ans). Pour autant, soulignent les «Petits frères», «4,1 millions de Français de 60 ans et plus n’utilisent jamais internet, surtout les plus âgés et les plus modestes». Pour Mme de Guibert, l’enjeu va être de «faire perdurer la dynamique de solidarité» qui s’est manifestée pendant le confinement, «pour qu’on aille vers ceux qui sont passés à travers les mailles du filet».

Pour l’association, il importe de «prévenir» l’isolement des plus âgés. Pour ceux qui résident encore chez eux, cela doit passer par exemple par une amélioration de l’aménagement urbain, pour favoriser les déplacements, mais aussi par le maintien des services et commerces de proximité.

Et pour ceux qui vivent en maison de retraite, il faut «systématiser les lignes téléphoniques dans les chambres», ou encore «faciliter l’intervention de bénévoles d’accompagnement».

Source LE FIGARO.