Covid-19 : le lait maternel contiendrait des anticorps jusqu’à 10 mois après l’infection…

Selon les chercheurs, les anticorps présents dans le lait maternel pourraient même aider à traiter des personnes atteintes de formes graves.

Covid-19 : le lait maternel contiendrait des anticorps jusqu’à 10 mois après l’infection

 

Les conclusions doivent être confirmées mais ce pourrait être une avancée majeure pour protéger les enfants du Covid-19 et traiter les personnes atteintes de formes graves de la maladie. S’il était déjà connu que le lait maternel d’une mère infectée par le Covid-19 ou vaccinée présente des anticorps bénéfiques pour le nourrisson, une nouvelle étude vient démontrer que leur efficacité pourrait être plus importante qu’estimée, détaille The Guardian lundi 27 septembre.

Selon le journal britannique, des données suggèrent que les femmes allaitantes qui ont été infectées par le Covid-19 continuent à sécréter dans leur lait des anticorps neutralisant le virus jusqu’à 10 mois après l’infection. Les résultats ont été présentés par une chercheuse en maladies infectieuses, lors du quinzième Symposium international sur l’allaitement maternel et la lactation, qui s’est tenu les 21 et 22 septembre dernier. Ils n’ont toutefois pas encore été validés par la communauté scientifique.

Protéger les enfants…

Pour atteindre ces résultats, Rebecca Powell et son équipe de l’hôpital Mont Sinaï, à New York, ont analysé le lait maternel de 75 mères rétablies d’une infection au Covid-19. 88% d’entre elles présentaient ainsi des anticorps reconnaissant spécifiquement le coronavirus avec, pour certains, la capacité de le neutraliser. Une présence qui pourrait se prolonger entre quatre et dix mois après l’infection.

Cette nouvelle étude vient renforcer une hypothèse déjà avancée en juin dernier par une étude espagnole, rappelle BFMTV qui avançait que nourrir les enfants au sein pourrait être un moyen de les protéger du virus. Selon les chiffres avancés par The Guardian, près d’un enfant sur dix de moins d’un an aurait besoin d’être hospitalisé en cas d’infection au Covid-19.

… mais aussi les malades

Mais plus surprenant encore, les anticorps présents dans le lait maternel pourraient aider à traiter des personnes atteintes d’une forme grave du Covid-19. « Cela pourrait être un traitement incroyable », s’est enthousiasmée Rebecca Powell car les anticorps étudiés, les IgA, sont « censés se trouver dans des muqueuses, telles que la muqueuse des voies respiratoires, et ils y survivent très bien ».

Ainsi, selon la scientifique : « On peut imaginer que si elle était utilisée dans un traitement de type inhalateur, elle pourrait être très efficace pendant cette fenêtre de temps où la personne est tombée très malade, mais n’en est pas encore au point » d’être en soins intensifs. Un nouvel espoir, peut-être, pour aider les personnes développant des formes graves au Covid-19.

Source CAPITAL.

Un vaccin contre le Covid découvert en moins d’un an… Contre une autre infection, l’herpès, qui concerne les 3/4 de la population, on n’a toujours pas trouvé. Mais les traitements sont efficaces….

Les trois quarts de la population en sont porteurs, sans forcément en subir des crises. Le virus de l’herpès est un virus hyper courant, parfois douloureux, handicapant.

On a des traitements pour atténuer les crises, mais curieusement, pas encore de vaccin.

70 à 75% de la population serait porteuse du virus

 

Le virus de l’herpès simplex, c’est le nom complet, est de deux types, il y a le HSV1 et le HSV2. Le HSV1 correspond plutôt à la forme labiale, le HSV2 à la forme génitale, même si ce n’est pas exactement aussi binaire. On estime que 67% de la population serait porteuse du HSV1, et 17% du HSV2, certains patients hébergent les deux virus. L’herpès labial, ce sont les fameux boutons de fièvre. L’herpès génital touche la sphère ano-génitale au sens large, il peut donc aussi se manifester sur la fesse.

C’est une infection très contagieuse. Heureusement, tout le monde ne subit pas des crises,  avec des démangeaisons douloureuses et l’apparition de boutons groupés, des petites vésicules remplies de virus qui vont mettre plusieurs jours à disparaitre. Certains en subissent plusieurs fois dans l’année, parfois plusieurs dans le mois. Des crises favorisées souvent par le stress, le cycle ovarien, le soleil. Mais la plupart des porteurs du virus ne vont jamais l’exprimer : le virus est là, bien présent, dans nos ganglions nerveux sensitifs, on dit qu’il est latent. Il faut qu’il soit réactivé pour donner des crises. Pourquoi est il réactivé chez certains et pas chez d’autres ? Mystère. La génétique joue surement un rôle, l’état immunitaire aussi : les patients immunodéprimés font plus souvent des crises.

Les traitements actuels sont très efficaces pour réduire l’ampleur des crises : l’antiviral Aciclovir et sa forme orale aussi le Valaciclovir vont empêcher la multiplication du virus, ils seront donc efficaces si on les prend dès les premiers picotements. Autre avantage, ils ne sont pas chers. On peut les prendre aussi en continu si les crises sont trop rapprochées. D’autres traitements et molécules (une nouvelle classe d’antiviraux en fait) sont à l’étude et ont montré des résultats encourageants pour réduire durablement les crises. Ils pourraient notamment arriver en 2e ligne de traitement si des résistances se développent vis-à-vis de l’Aciclovir. En revanche, alors que pour un virus proche comme la varicelle on a trouvé un vaccin, on ne guérit pas l’herpès et les essais de vaccin à ce jour n’ont pas été concluants regrette le Docteur David Boutolleau, il est responsable du Centre National des Herpesvirus de la Pitié-Salpétrière:  » Il a eu des grands essais cliniques dans plusieurs pays il y a quelques années qui n’ont pas été concluants, et depuis, on patine… A ma connaissance, il y a plusieurs vaccins en préparation, mais au stade pré-clinique, pas encore à l’essai chez l’homme. En fait, dans les vaccins, on cherche toujours la bonne protéine ou le bon morceau de virus à injecter pour générer la défense. Mais il n’y a pas de recette miracle, ça dépend des virus : on trouve la bonne formule pour certains virus, et parfois on ne trouve pas. Et là, ça ne marche pas. »

A noter que l’herpès, s’il est douloureux et pénible à vivre, n’est pas grave sauf dans certains cas particuliers bien précis. Notamment dans sa forme néonatale, si le nourrisson est infecté par la mère à la naissance, chez la femme enceinte aussi, le patient immunodéprimé. L’encéphalite herpétique est une forme grave également, qui doit être traitée sans délai.

Source FRANCE INTER.

Alzheimer, l’une des causes probables de la maladie identifiée par des scientifiques…

La maladie d’Alzheimer est l’une des principales causes de décès prématuré et la forme de démence la plus répandue à travers le monde.

Alzheimer, l’une des causes probables de la maladie identifiée par des scientifiques

 

La communauté scientifique mondiale redouble d’efforts pour cerner les mécanismes de la maladie afin de la prévenir et de proposer des traitements efficaces. Des chercheurs australiens ont découvert une cause probable de la maladie, offrant de nouvelles possibilités de prévention et de traitement.

Des scientifiques australiens de l’université Curtin affirment dans une nouvelle étude que la fuite d’un composé toxique dans l’organisme appelé « bêta-amyloïde » pourrait être la cause de la maladie d’Alzheimer.

L’étude, aux résultats potentiellement révolutionnaires a été publiée dans la très sérieuse revue scientifique PLOS Biology. En étudiant une version induite de la maladie chez des souris, les chercheurs ont constaté qu’une fuite — du sang vers le cerveau — de particules de graisse transportant des protéines toxiques, pouvait être l’une des causes principales de la maladie.

Qu’est-ce que la bêta-amyloïde ?

La bêta-amyloïde est un composé créé principalement dans le foie et le cerveau qui est depuis longtemps déjà associé à l’apparition de démences chez l’être humain. En effet, les scientifiques avaient déjà noté une accumulation toxique de bêta-amyloïde dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Grâce à cette nouvelle étude, il a été découvert que ce composé se forme surtout dans le foie avant d’être transporté dans la circulation sanguine par les lipoprotéines. L’équipe a testé la « voie sang-cerveau » en modifiant génétiquement des modèles de souris pour produire de la bêta-amyloïde humaine uniquement dans le foie.

Les chercheurs se sont appuyés sur des souris blanches pour mener leur étude. (Photo : Gorodenkoff / stock.adobe.com)

Les chercheurs se sont appuyés sur des souris blanches pour mener leur étude. (Photo : Gorodenkoff / stock.adobe.com)

« Nous savions déjà que la caractéristique principale des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer était l’accumulation progressive de dépôts de protéines toxiques dans le cerveau, appelées bêta-amyloïdes, mais on ne savait pas d’où provenait l’amyloïde, ni pourquoi elle se déposait dans le cerveau », explique notamment le professeur John Mamo, directeur du Curtin Health Innovation Research Institute (CHIRI).

« Nos recherches montrent que ces dépôts de protéines toxiques qui se forment dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer s’y infiltrent très probablement à partir de particules porteuses de graisses dans le sang, appelées lipoprotéines. Cette voie sang-cerveau est importante car si nous pouvons gérer les niveaux de lipoprotéine-amyloïde dans le sang et empêcher leur fuite dans le cerveau, cela pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements potentiels pour prévenir la maladie d’Alzheimer et ralentir la perte de mémoire », précise-t-il.

Inflammation du cerveau

L’étude a révélé que les modèles de souris produisant des lipoprotéines-amyloïdes dans le foie souffraient d’une inflammation du cerveau, d’une accélération de la mort des cellules cérébrales et d’une perte de mémoire.

Bien que d’autres travaux soient maintenant nécessaires, cette découverte montre que « l’abondance de ces dépôts de protéines toxiques dans le sang pourrait potentiellement être traitée par le régime alimentaire et certains médicaments qui pourraient cibler spécifiquement la lipoprotéine amyloïde, réduisant ainsi leur risque ou ralentissant la progression de la maladie d’Alzheimer », souligne le chercheur.

Cette découverte constitue une véritable avancée et suscite beaucoup d’espoir dans la lutte contre cette maladie dégénérative. Le professeur Warren Harding, président de l’Alzheimer’s WA, une association australienne dont le but est de fournir des soins ou encore des informations aux personnes souffrant de la maladie, à leurs familles ou aux soignants, a déclaré que ces résultats pourraient avoir un impact mondial important pour les millions de personnes confrontées à la maladie. « Il est important que des universités comme Curtin travaillent avec l’industrie pharmaceutique si nous voulons nous attaquer à cette maladie dévastatrice », insiste-t-il dans un communiqué.

Dans le monde, environ 230 000 personnes reçoivent un diagnostic d’Alzheimer chaque année. « En l’absence de progrès médicaux significatifs tels que la percée réalisée par l’équipe du professeur Mamo, on estime que le nombre d’Australiens vivant avec une démence dépassera le million d’ici 2058. Cela a un impact considérable sur les familles, les soignants et les communautés », ajoute-t-il. Cela donne un aperçu de l’impact mondial que la maladie aura dans les prochaines décennies.

En France, environ un million de personnes vivent aujourd’hui avec la maladie, selon la Fondation Vaincre Alzheimer.

L’équipe mène à ce jour un essai clinique nommé « Probucol in Alzheimer’s-Clinical Trial », qui repose sur des découvertes antérieures selon lesquelles un agent cardiovasculaire historique réduit la production de lipoprotéine-amyloïde et favorise les performances cognitives chez la souris.

Source OUEST FRANCE.

TÉMOIGNAGE. « On fait notre vie avec eux » : à la maison, elles ouvrent la porte au handicap…

Accueillantes familiales, Hélène et Élodie s’occupent, chez elles, de personnes en situation de handicap.

Un métier souvent méconnu.

Elles lancent un appel pour trouver de nouvelles familles.

Hélène Bougon (en noir à gauche) et Élodie Pouessel (au milieu) sont accueillantes familiales dans le pays de Vitré : elles lancent un appel pour trouver de nouvelles familles.

 

« Notre grand truc avec Sylvie, c’est la musique. » Hélène Bougon a le sourire quand elle se remémore les dernières fois où sa protégée l’a fait rire aux éclats. Sylvie a 59 ans et souffre d’un handicap. Depuis deux ans, elle vit chez Hélène et son fils de 9 ans, à Vitré. « Il a fallu un an d’adaptation entre les deux mais maintenant, ça se passe très bien. »

De la même manière, à Vergéal, à quelques kilomètres de Vitré, Élodie Pouessel et son mari Cédric, qui ont un agrément de couple (ils peuvent tous les deux assurer les responsabilités), accueillent Linda, 40 ans, Katy, 21 ans et Amélie, 23 ans. Elles sont venues agrandir la famille aux côtés de leurs deux filles de 3 et 6 ans.

Hélène et Élodie sont accueillantes familiales pour personnes handicapées, et très dévouées. Mais aujourd’hui, elles militent pour plus de reconnaissance de leur métier et de leurs droits. Les accueils familiaux constituent une alternative aux hébergements collectifs pour les personnes en situation de handicap ou âgées de plus de 60 ans mais sont souvent méconnus.

« Un métier qui mérite d’être connu et reconnu »

« C’est un métier qui tend à se professionnaliser, mais cela prend du temps. » Quand un contrat s’arrête, elles n’ont pas par exemple pas de droits au chômage. Pour les vacances, elles doivent s’y prendre un an à l’avance et trouver des familles relais pour accueillir les personnes dont elles ont la charge.

« Au départ, j’ai commencé par du relais, explique d’ailleurs Hélène Bougon, qui a en parallèle l’agrément d’assistante maternelle et garde des enfants. Sylvie a commencé à venir un été en vacances, puis est revenue et enfin de façon permanente car son accueil familial précédent a arrêté. » La petite famille apprend petit à petit à se connaître. Ils ont passé le confinement ensemble.

« Au début, j’en faisais trop pour elle alors qu’elle est capable. » Toute une équipe est constituée autour avec infirmier, kiné, taxi pour le transport en centre la journée à Rennes, à raison d’une journée sur deux en temps de Covid. « J’ai un parcours d’aide-soignante et j’ai aussi travaillé en maison de retraite. J’ai eu un déclic, il fallait faire quelque chose. Et puis au quotidien, ils nous ramènent tellement à l’essentiel. On fait notre vie avec eux, on les emmène au restaurant, au cinéma… »

« Katy rêvait depuis dix ans de faire de la danse »

Élodie Pouessel, elle, a marché dans les pas de sa maman. L’accueil à la maison fait partie du quotidien. Aide-soignante de formation, elle a passé dix ans à Saint-Hélier à Rennes et est accueillante familiale depuis 2018. L’agrément permet d’accueillir jusqu’à trois personnes. Sa plus grande fierté est de voir le bonheur dans leurs yeux. « Katy rêvait depuis dix ans de faire de la danse. La danse Louvignéenne a accepté de la prendre et elle est revenue toute heureuse après son premier cours. »

Linda, aussi, avait deux rêves : devenir mannequin ou serveuse. Son accueillante s’est démenée pour elle. « On a postulé dans plusieurs restaurants et le café Bulle (café associatif à Vitré) a accepté de la prendre une fois par mois. C’est de l’autonomie et la réalisation de ses rêves. »

Élodie ne regrette pas une seule seconde de s’être lancée dans l’aventure et d’avoir embarqué toute sa famille avec. « Ce sont de bons moments. Ils ont parfois un lourd passé mais ont un besoin d’affectif. »

Les deux jeunes femmes veulent désormais alerter les pouvoirs publics et sensibiliser de nouvelles familles. « On cherche du relais, notamment pour les vacances. » La formation dure quinze jours.

Contact : Ludivine Belan, référente accueil familial social à l’ADMR, tél. 07 87 50 92 25.

Source OUEST FRANCE.

 

 

Saint-Brieuc. Malgré un handicap au bras, Sarah, 20 ans, trouve un poste dans la restauration…

À Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), Sarah Dornadic, titulaire d’un BEP cuisine, recherchait un poste dans la restauration, mais pas dans la cuisine pure en raison d’un handicap à un bras.

Elle vient de signer un CDD de six mois à La Pôse de Valentine, géré par le restaurateur Gwenaël Lavigne.

Témoignage.

Sarah Dornadic, 20 ans, a trouvé un poste d’employée polyvalente de restauration à La Pôse de Valentine, lancé par Gwenaël Lavigne il y a un an.

 

Un café pour un client, une pâtisserie pour un autre. En ce milieu de matinée, Sarah Dornadic est aux petits soins pour ceux qui font une escale à La Pôse de Valentine, derrière la gare de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Depuis presque deux mois, la Briochine de 20 ans a pris ses marques dans le point de vente de restauration à emporter, ouvert par le chef Gwenaël Lavigne il y a un an.

« Je suis déjà moins timide », mesure la jeune fille, qui vit dans le quartier des Villages. « Je recherchais un travail depuis début 2020 », rembobine-t-elle. Amoureuse de la cuisine depuis toute petite – « je n’ai jamais voulu faire autre chose » –, Sarah Dornadic a obtenu son BEP cuisine en 2018, au lycée hôtelier de La Closerie, à Saint-Quay-Potrieux. Et poursuivi par un apprentissage pour évoluer vers un brevet professionnel cuisine. Mais le scénario s’est compliqué avec un problème au bras, l’empêchant de rester dans la cuisine « pure et dure ».

Un accompagnement intensif

Cependant, la passion reste plus forte que tout. Les colombos de poulet, la cuisine familiale… Sarah Dornadic aime les plats qui lui rappellent le goût de l’enfance. « Je voulais rester dans le milieu de la restauration. Mais c’est difficile de trouver un employeur avec un handicap. »

Elle s’inscrit à Pôle emploi début 2021. Et débute un accompagnement intensif avec la structure. Aides pour le permis de conduire, qu’elle a commencé, contrats possibles, stages… La conseillère de Pôle emploi met Sarah Dornadic dans la boucle des dispositifs qui existent.

« Une fois sur trois, les candidats ne viennent pas »

Mais la crise sanitaire plane toujours et les restaurants restent fermés. « Je n’avais pas pour autant abandonné l’idée de la restauration. J’ai toujours voulu faire quelque chose avec mes mains » , explique la jeune fille.

En juin, une immersion professionnelle positive la conforte dans son projet. En juillet, son profil est proposé à Gwenaël Lavigne, à la tête du restaurant Ô Saveurs. Un CV tombé du ciel pour le restaurateur, qui recherche quelqu’un en urgence. « Après avoir passé l’entretien, la personne qui devait commencer n’est jamais venue. Et elle n’a pas donné d’explication. C’est devenu courant aujourd’hui. Une fois sur trois, les candidats ne viennent pas », se désole le professionnel.

« J’apprends des nouvelles choses »

Préparation des produits pour le snacking et mise en place de la vitrine, familiarisation avec le logiciel de caisse, relationnel avec les clients… Sarah Dornadi est formée par Gwenaël Lavigne et découvre les facettes du métier d’employée polyvalente de restauration. « Ça me plaît ! J’apprends des nouvelles choses. J’apprécie le rapport avec les clients. »

Un contrat initiative emploi (CIE) est signé, fin juillet, pour une durée de six mois. Le CIE permet aux entreprises du secteur marchand d’embaucher des jeunes de moins de 26 ans ou un jeune reconnu travailleur handicapé (jusqu’à 30 ans inclus) dans le cadre du contrat unique d’insertion.

Une expérience formatrice

« C’est du gagnant-gagnant, estime Gwenaël Lavigne. Je guide Sarah et elle acquiert aussi de l’expérience. Je suis très content de son travail. » Cette entrée en matière ne peut être que bénéfique pour la suite. « On peut conseiller son profil à d’autres confrères de l’agglomération… ou elle pourrait rester dans l’entreprise si c’est possible. »

La nouvelle vendeuse polyvalente, qui va bientôt avoir une nouvelle collègue pour la seconde partie de la journée, voit l’avenir d’un bon œil. Aujourd’hui, elle a aussi davantage confiance en elle.

Source OUEST FRANCE.

7 chaînes YouTube qui sensibilisent au handicap en toute sincérité… 7 Vidéos…

Lorsqu’on pousse les portes de YouTube, on tombe dans une spirale envoûtante. On enchaîne les tutoriels, on se délecte devant des recettes, on s’inspire des dernières tendances mode…

7 chaînes YouTube qui sensibilisent au handicap en toute sincérité... 7 Vidéos...

 

Mais au milieu de ce brouhaha virtuel, certaines voix hissent le drapeau de la tolérance. Dans cette caverne d’Ali Baba 2.0, ces youtubeur·euse·s bienveillants s’apparentent à des pierres précieuses d’une grande rareté. Pour les dénicher, il suffit de taper les bons mots clefs. Sur YouTube, le handicap est leur cheval de bataille et il.elle.s entendent bien mettre K.O les idées préconçues.

12 millions de personnes en situation de handicap

Malentendant, malvoyant, autiste asperger, tétraplégique… tou.te.s muni.e.s de leur signature et de leur particularité, il.elle.s prouvent que le handicap est loin d’être un frein. L’an dernier, la France comptait près de 12 millions de personnes en situation de handicap. Sous-représenté.e.s dans la sphère publique, il.elle.s restent volontairement laissé.e.s dans l’ombre. Mais YouTube est devenu un terrain de jeu favorable pour leur donner de la résonance.

Armé.e d’une grande éloquence et d’une énergie débordante, ces as de la vidéo jonglent avec les mots et transforment les « maux » pour les rendre plus beaux. Aux antipodes des discours dramatiques que les médias adoptent, ces vidéos résonnent comme des hymnes à la vie. Prenez une belle dose d’optimisme.

1 – Mélanie Deaf : l’art de démystifier la surdité

Avec ses 65 900 abonné.e.s au compteur, Mélanie est l’incarnation même de la positivité. Avec son visage solaire et son sourire angélique, sur YouTube elle désamorce les idées préconçues qui entourent le handicap et notamment la surdité. Elle-même sourde de naissance, elle apprend la langue des signes (LSF) à l’âge de 16 ans. Pour la jeune Normande, c’est une révélation : elle veut propulser sa carrière dans cette voix et devenir professeure de LSF.

C’est principalement pour se débarrasser de cette phrase « Une personne sourde est forcément muette », qu’elle a créé sa chaîne « Mélanie Deaf ». À travers des vidéos pédagogiques et sur un ton presque amical, elle détache ces étiquettes qui lui collent à la peau. Avec les internautes, elle partage des moments de son quotidien, cocasses et drôles, mais aussi des détails plus poignants sur sa vie personnelle comme le harcèlement.

2 – Zaroule : croquer la vie à pleine dent en fauteuil roulant

Isabelle, connue sous le pseudo comique « Zaroule » est une femme pleine de vie, toujours à la conquête de nouvelles aventures. Née avec un Spina Bifida, une malformation de la colonne vertébrale, elle n’hésite cependant pas à se lancer dans des activités pimentées. La Québecquoise dynamique affiche toujours un sourire communicatif dans ses vidéos.

Relativiser, profiter et savourer chaque instant… un crédo omniprésent dans chaque contenu. Malgré son handicap, elle prouve que rien n’est impossible. Tantôt au sport d’hiver, en kayak, en randonnée, au camping… avec son allié à quatre roues, elle tord le cou aux clichés. Sa chaîne est un condensé de joie et d’optimisme.

3 – Just One Hand : le gamer à la main d’argent

Flavien Gelly s’est créé une identité virtuelle à son image : sincère et bienveillante. Atteint d’une atrophie congénitale du bras, cet as de la manette partage sa passion pour les jeux vidéo. Son handicap ne l’empêche pas de multiplier les parties et c’est ce qu’il prouve sur YouTube. Cependant, il regrette le manque de matériel adapté pour les gamers dans la même situation que lui. La route vers le progrès est encore longue. En lançant « Just One Hand » sur YouTube, il ouvre donc le dialogue et raconte ses expériences personnelles face aux jeux et aux consoles.

Le jeune homme donne des clefs pour appréhender le jeu de façon décomplexée. Il lève aussi le voile sur d’autres formes de handicap en parlant de surdité par exemple. Porte-voix des personnes rendues invisibles par la société, il mêle pédagogie et expérimentation. Plus récemment, il a publié des capsules vidéos remplies d’humanité qui mettent en relation e-sport et handicap.

4 – La vie ordinaire d’une personne de petite taille : 1m30 de bonne humeur

Sur fond d’humour et d’autodérision, Bernard appréhende le handicap sereinement. Né avec une achondroplasie, maladie génétique qui se manifeste par une « petite carrure », le quarantenaire a transformé sa particularité physique en emblème de caractère. Il mesure 1m30 et par le biais de ses vidéos décontractées, le youtubeur lyonnais nous rappelle que chaque être humain est unique. La normalité est un mythe.

Pour délier les paroles et enfin mettre en lumière les questions que tout le monde se pose, mais que personne n’ose prononcer à haute voix, Bernard se met à nu et se confie sans filtre. « Comment fais-tu pour retirer de l’argent au distributeur automatique ? », « Comment fais-tu pour conduire ? », « Tu arrives à t’habiller ailleurs que dans le rayon enfant ? »… autant d’interrogations « atypiques » qui trônent dans l’esprit des internautes. Au fond, Bernard éduque les mentalités et met un « stop » devant les préjugés.

5 – Vivien apprendre à écouter : une chaîne pour se faire entendre

Vivien, trentenaire, tient les rênes de cette chaîne YouTube, presque d’utilité publique tant elle est enrichissante. Sourd de naissance, Vivien n’a pas appris la langue des signes, mais l’oralité. Un parcours qui dénote aux yeux du grand public. Pourtant, comme il l’explique dans sa première vidéo : « Un sourd peut aussi parler, signer, lire sur les lèvres… Il peut aussi utiliser plein de moyens de communication pour se faire comprendre ». Dans cette logique, l’éducateur spécialisé multiplie les vidéos explicatives pour que les internautes posent un regard plus juste sur ce handicap.

Sa chaîne est un vivier d’informations utiles. Le youtubeur explore des thèmes variés : dans « Allô, ici un sourd à l’appareil », il donne des renseignements sur l’appareil auditif. Dans « Un sourd, pas un idiot », il explique ainsi aux entendants les sons et tonalités que les personnes sourdes perçoivent mal.

6 – Vivre avec : le poids des maux en vidéo

La cohabitation d’un jeune homme qui vit avec le Syndrome d’Ehlers Danlos : c’est le fil rouge de la chaîne « Vivre avec ». Après des années d’errance médicale, Matthieu, a découvert cette maladie chronique à l’âge de 16 ans. Il s’agit d’une maladie génétique rare qui touche le tissu conjonctif et provoque une anomalie du collagène.

Des douleurs articulaires, une grande fatigue, une peau fragile… les répercussions sur le corps et l’esprit sont nombreuses. Pourtant, Matthieu a longtemps souffert du regard méprisant de ses camarades. « T’es juste un peu fatigué », « Il n’y a pas de quoi en faire des tonnes, tu pourrais faire des efforts »… une minimisation qui pèse sur Matthieu. Pour lui, YouTube fait ainsi office de défouloir où il peut s’exprimer en toute liberté. Son but ? Éveiller les esprits sur cette forme de handicap encore méconnue.

7 – Fashioneyesta : la mode sous un nouveau jour

Malvoyante de naissance, Emily Davidson se lance sur YouTube pour prouver que la mode peut s’apprécier par le biais de nos quatre autres sens. Munie d’une douceur inégalable, la jeune femme fait tomber les préjugés sur les déficients visuels. Aussi, selon elle, la vue n’est que secondaire dans l’achat d’un vêtement, ce qui compte ce sont toutes les sensations qu’il procure. La youtubeuse explique également que cette forme de handicap n’est pas une barrière au style et que la mode peut s’apprécier sous toutes ses coutures.

De fil en aiguille, on devine son quotidien presque poétique. On sent l’odeur du cuir, les couleurs qui glissent sous les doigts, la finesse des broderies… Avec un brin d’humour, elle donne aussi des conseils pour mieux appréhender le handicap. « À quoi ça ressemble d’avoir ses règles quand on est malvoyant ? », « Comment un malvoyant utilise-t-il les nouvelles technologies »… Des thématiques aussi originales que salutaires.

De nombreux autres profils ingénieux et admirables mettent sur YouTube à plat les tabous qui planent encore au-dessus du handicap. En appuyant sur « play », on reçoit une bonne piqûre de rappel. Ainsi, grâce à ces chaînes YouTube, les « invisibles » sortent de l’ombre et tous les pans du handicap sont décortiqués.

 

Face au handicap, des collégiens solidaires à Amiens…

A Amiens, 80 élèves de 6 classes du collège Guy Mareschal ont vécu des ateliers à la place d’une personne handicapée.

Les élèves ont notamment découvert la vie d'une personne aveugle

 

Sensibilisés, les élèves du collège Guy Mareschal à Amiens sont maintenant « différents comme tout le monde ».

80 élèves de 6 classes ont participé à ce programme du même nom, dans le cadre des « Inclusives », les journées de l’accessibilité et de l’inclusion amiénoises, qui se sont terminées ce mardi soir.

Principalement en classe de 5e, 80 élèves du collège Guy Mareschal ont participé aux ateliers

Se déplacer en fauteuil roulant, marcher avec une canne blanche

Les élèves ont vécu une expérience inédite : se mettre à la place d’une personne handicapée pour vivre son quotidien. Exemple en se déplaçant dans un fauteuil roulant, autour d’un parcours semé d’obstacles, à l’image de la vie réelle. Pour Zoé, élève de 5e « c’est très difficile » de faire rouler le fauteuil !

Les élèves ont aussi participé à une session de basket-fauteuil. Autre épreuve, marcher avec une canne blanche, les yeux bandés. De quoi donner des idées pour améliorer l’accessibilité des élèves handicapés.

Les élèves étaient guidés pour l'atelier avec la canne blanche

La visite d’Erika Sauzeau

Des idées et un état d’esprit applaudi par Eric Lima, le principal adjoint du collège Guy Mareschal, à l’origine des ateliers

Ce qui est sûr, c’est que certains ont compris le message : il faut respecter les personnes en situation de handicap. Exemple avec le petit Christophe « ce qu’on a fait pendant 2 jours m’a beaucoup ouvert les yeux » a souligné l’élève en classe de 5e.

Au final, les deux jours se sont clôturés ce mardi avec la remise d’un diplôme à tous les élèves par l’Académie d’Amiens. Des élèves qui ont eu de la visite, celle de l’athlète handisport Erika Sauzeau, la native de Beauval (près de Doullens), médaillée de bronze en aviron avec l’équipe de France aux derniers Jeux Paralympiques de Tokyo.

Source FRANCE BLEU.

AIN : FACILITER L’ACCÈS DES ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP AUX CENTRES DE LOISIRS…

Le dispositif « Loisirs pour tous 01 », lancé début 2021, a pour objectif de favoriser l’inclusion des enfants de 3 à 17 ans, en situation de handicap ou à besoins spécifiques, dans les accueils de loisirs.

AIN : FACILITER L'ACCÈS DES ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP AUX CENTRES DE LOISIRS
« Loisirs pour tous 01 » est un dispositif lancé il y a quelques mois dans l’Ain. Le but est d’aider les familles qui auraient des difficultés pour la prise en charge de leur enfant mais aussi d’accompagner les centres de loisirs à accueillir au mieux ces enfants.

Aider les familles et les centre de loisirs

Le dispositif concerne les enfants et les adolescents de 3 à 17 ans, en situation de handicap, ou qui ont des besoins spécifiques. Ils souffrent par exemple de troubles du comportement ou de maladies chroniques.

Avec un double objectif : aider les familles qui auraient des difficultés d’accès pour leur enfant, mais surtout intervenir et aider les centres de loisirs à accueillir au mieux ces enfants, et favoriser ainsi leur inclusion.

L’équipe du dispositif est composée d’un éducateur spécialisé, d’une animatrice et du responsable du dispositif.

« On va déjà observer sur site, ensuite, suivant le handicap ou les besoins spécifiques de l’enfant, on peut faire une sensibilisation des membres de l’équipe de la structure de loisirs pour qu’ils aient un niveau de connaissance de la problématique de l’enfant« , explique Jean-Francois Roy, le responsable du dispositif.

« On regarde ce qui est mis en place, on réorganise si besoin. Suite aux diverses interventions, on établit un document de préconisations« , poursuit-il. Enfin, « on suit ce qui se passe, et on reste à l’écoute de la structure si elle se pose encore des questions« , conclut-il.

Depuis son lancement début 2021, une trentaine de structures de loisirs ont fait appel au dispositif.

Aucune participation financière n’est demandée aux familles ni aux centre de loisirs. Ce dispositif est financé par la CAF, la MSA, le Département et l’État.

Il est porté par l’Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement Public de l’Ain (PEP 01) et les Francas de l’Ain.

Pour contacter l’équipe du dispositif, vous pouvez envoyer un mail à loisirspourtous01@lespep01.org

Source RADIO SCOOP.

Corte : le dispositif Ulis pour accompagner les collégiens en situation de handicap…

Le dispositif Ulis – à la cité scolaire Pascal-Paoli – permet à des collégiens ayant des difficultés d’apprentissage de pouvoir suivre une scolarité la plus normale possible, à l’aide de cours individualisés et du soutien d’un AESH.

Claude Le Goff leur apporte un enseignement individualisé.

 

Chacun d’eux a des atouts. Et des faiblesses différentes. Pour permettre à ces élèves de suivre une scolarité la plus normale possible, le dispositif Ulis (unité localisée d’inclusion scolaire) les accompagne de la 6e à la 3e. « Chacun d’eux est inclus dans une classe du collège, avec un pourcentage plus ou moins important selon ses capacités. Certains sont inclus à 100 %« , décrit Claude Le Goff, coordonnatrice du dispositif à la cité scolaire Pascal-Paoli de Corte, et enseignante avec service extérieur de poste.

Ils sont réunis pour certains cours en commun.

Les élèves du dispositif Ulis partagent certains cours en commun. - Photo José Martinetti

Leur enseignante prépare des cours spéciaux, adaptés à chacun, pour leur permettre d’acquérir les apprentissages qui leur manquent. Un AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap) se rend avec eux en classe – pour aider à la prise de notes ou à comprendre une consigne – et apporte un soutien pour faire leurs devoirs et préparer leurs contrôles. Certains auront des difficultés de mémorisation ou de concentration. D’autres, d’apprentissage du langage ou de l’écriture. D’autre encore à effectuer des calculs, ou même pour exécuter certains gestes… « C’est à moi de m’adapter à leurs difficultés d’apprentissage et non l’inverse », poursuit l’enseignante.

Apprendre de manière ludique et concrète

Et pour y parvenir, rien de mieux que des exercices concrets et ludiques. Lundi matin, la première partie du cours était consacrée aux mathématiques. Pour comprendre de grands nombres abstraits, rien de mieux que de redonner une valeur concrète aux chiffres. Ainsi les unités seront des jetons, les dizaines des boîtes (de 10 jetons), les centaines des valises et les unités de milliers des malles. Pendant que les plus grands travaillent sur le calcul, les plus jeunes se penchent sur la symétrie en reproduisant une image de jardin à la française sur un calque, reporté ensuite en miroir sur la feuille afin de « poursuivre le jardin ».

Au bout d’une heure, place à l’orthographe, à l’aide d’une plateforme éducative ludique. Et là, on sent que les élèves s’amusent beaucoup. Un des jeux demande de mémoriser très vite un mot. Puis viennent des petites phrases de dictée, qu’ils s’amuseront à changer de temps ou à conjuguer au pluriel. Avant de passer au traditionnel jeu du pendu. Ici pas de note, seulement des apprentissages acquis, non acquis ou en cours d’acquisition. Sans l’aide du dispositif Ulis, ces élèves risqueraient tout simplement le décrochage.

« J’ai des difficultés à l’écrit, remarque Mathis, élève de 5e. Avec mon ergothérapeute je travaille sur ordinateur et je fais beaucoup de progrès ! Bientôt je vais avoir un ordinateur pour mieux suivre. » Le collégien assiste à la plupart des cours en inclusion, mêlés aux autres élèves de son âge : physique, SVT, histoire, musique, EPS… il a surtout des difficultés en français et à l’écrit. D’autres seront plus embêtés par les maths comme Lætitia et Andrea (qui a aussi un peu de mal en français). Certains ont une mémoire plus gestuelle, visuelle ou encore auditive.

Parfois, ces difficultés ne sont pas acceptées par leurs camarades de classe, ou leur famille. Parfois aussi, ils ont des difficultés pour trouver un spécialiste dans le Cortenais (orthophoniste, spécialistes du développement psychomoteur…) « Je me fiche de savoir quel est leur trouble, remarque leur enseignante. Ce qui m’intéresse est comment faire pour qu’ils avancent. J’ai quatre ans pour trouver une solution. Souvent ils s’orientent vers un CAP ou un Bac Pro. Mon but est que, lorsqu’ils sortent d’ici, ils puissent avoir un métier. »

Source CORSE MATIN.

Les personnes non vaccinées contre le Covid se comportent-elles comme des enfants gâtés ?..

N’est-ce pas céder à une certaine facilité que de comparer les réfractaires à la vaccination à des gamins qui refuseraient leur assiette de brocolis alors que des enfants de leur âge meurent de faim dans d’autres pays ou d’autres familles ?

 

D’Arthur à Abnousse Shalmani, de Nathalie Heinich à Vie de Carabin, diverses et nombreuses voix se sont élevées au cours des derniers mois pour fustiger les réfractaires à la vaccination en les qualifiant d’«enfants gâtés».

Alors que seulement 20% des habitants des pays à revenu faible et moyen inférieur ont reçu une première dose de vaccin contre 80% dans les pays à revenu élevé et moyen supérieur, la comparaison semble être une évidence. Comment peut-on refuser quelque chose qui contribue à notre santé, à celle des autres et qui de surcroît est gratuit, alors que ce quelque chose n’est même pas une option à la portée de milliards de personnes à travers le monde? L’égoïsme, l’intolérance à la frustration, la propension à faire des «caprices» ou l’égocentrisme sont autant de caractéristiques pointées du doigt.

Pourtant, n’est-ce pas céder à une certaine facilité que de comparer les réfractaires à la vaccination à des gamins qui refuseraient leur assiette de brocolis tandis que des enfants de leur âge meurent de faim dans d’autres pays ou d’autres familles? La posture paternaliste et culpabilisante est-elle réellement pertinente? Pour aborder cette question, il convient de comprendre qui sont les personnes réfractaires et quelles sont leurs raisons, exprimées ou intériorisées.

Précarité sociale, économique et numérique

En premier lieu, il est absolument crucial de comprendre que les 14% de Français éligibles à la vaccination et n’ayant, à ce jour, reçu aucune dose, ne forment pas un groupe homogène. Parmi eux, il y a une proportion conséquente de personnes qui ne sont pas antivax mais qui subissent des inégalités sociales face au soin et/ou se trouvent dans une situation d’indifférence vaccinale.

Le Dr Thierry Lang, épidémiologiste, professeur émérite de l’Université Toulouse III et membre du bureau du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), est très clair: «Plus on est bas dans l’échelle sociale, plus la santé –et le rapport à la santé et à la prévention– sont dégradés. À ce titre, ce que l’on voit dans les hôpitaux est exemplaire: les médecins sont davantage vaccinés que les infirmiers et infirmières, eux-mêmes davantage vaccinés que les aides-soignants. Lorsque l’on est bas dans l’échelle sociale, on n’a pas les mêmes priorités en matière de prévention. Le rapport au temps est différent.»

On comprend fort bien que la priorité n’est pas forcément de prendre a minima une demi-journée pour se faire vacciner quand chaque heure travaillée est essentielle, que l’on doit se déplacer, faire garder les enfants, etc.

«Le système de soin n’a pas su prendre en compte les patients qui sont exclus ou qui ne fréquentent pas les supports numériques.»

Dr Thierry Lang, épidémiologiste

L’éloignement du soin ainsi que la précarité sociale et économique participent également d’un retrait de la stratégie vaccinale. Le spécialiste en santé publique poursuit: «Ce n’est que très récemment que la politique de vaccination a pris en compte le gradient social de santé en mettant en place des bus et en accentuant l’effort d’“aller vers” en employant des médiateurs. Auparavant, rien n’avait été fait pour se rapprocher des personnes éloignées du soin –y compris lorsque cela est dû, simplement, à un défaut de littératie numérique.»

Nous nous rappelons combien il a pu être difficile de prendre rendez-vous en centre de vaccination autrement que par des supports numériques… «Le système de soin n’a pas su prendre en compte les patients qui en sont exclus ou qui ne les fréquentent pas», signale Thierry Lang.

Aujourd’hui, aller vers ces patients, vers les populations les plus précaires qui subissent de plein fouet les inégalités sociales demeure une gageure. Mais, pour reprendre les termes de l’épidémiologiste, saisir tous les facteurs qui freinent la vaccination et les caractéristiques des personnes réticentes relève d’un patchwork indémêlable.

Perte de confiance en Macron, gain de méfiance envers «son» vaccin

Les facteurs sociaux peuvent faire le lit de l’antivaccinalisme, surtout lorsqu’il s’agit d’un antivaccinalisme que l’on pourrait qualifier d’opportuniste puisqu’il ne vise parfois que les vaccins anti-Covid.

Nous avons ici des vaccins proposés dans un contexte très particulier de crise sanitaire aussi majeure qu’inédite, crise qui a notablement augmenté les inégalités sociales. «L’épidémie accentue les inégalités sociales et le confinement a eu des effets très différenciés en fonction des populations», a révélé Nathalie Bajos, directrice de recherche Inserm, sociologue-démographe et cocoordinatrice du projet Sapris (Santé, perception, pratiques, relations et inégalités sociales en population générale pendant la crise Covid-19).

«Grâce à Sapris, nous avons pu observer que le confinement a davantage diminué les risques d’infection chez les cadres supérieurs que parmi les classes populaires, qui présentent par ailleurs une plus grande prévalence de comorbidités.» En outre, la pandémie a accru les inégalités économiques en aggravant les difficultés des plus pauvres tandis que les cadres et autres CSP+ demeurent plutôt privilégiés et n’ont pas vu leur pouvoir d’achat diminuer.

Alors même que le contexte pré-pandémique était celui d’une grogne sociale importante –on se souvient bien sûr du mouvement des «gilets jaunes»–, on comprend aisément la perte de confiance des plus fragiles et des plus démunis en un gouvernement qui les a délaissés.

Cette perte de confiance s’incarne dans une méfiance envers les vaccins contre le Covid, perçus comme étant les vaccins de Macron et de son gouvernement. «La vaccination demande une certaine confiance», expose Françoise Salvadori, docteure en virologie et immunologie, maîtresse de conférences à l’Université de Bourgogne et coautrice de Antivax – La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours. «Or on voit aujourd’hui que le motif politique est très présent dans les débats sur la vaccination, vue comme le bras armé de Macron. L’antivaccinalisme est devenu un motif des partis anti-système, de La France insoumise jusqu’au RN en passant par Debout la France ou l’UPR.»

C’est ce dont atteste d’ailleurs un sondage Odoxa de juillet 2021: «Plus d’un quart des sympathisants des partis antisystème, Insoumis (25%) et RN (28%) sont contre la vaccination alors que les sympathisants des partis classiques de gouvernement y sont largement favorables (seulement 2% des LaREM, 7% des LR et 8% des PS ne veulent pas se faire vacciner)», détaille Gaël Sliman, président d’Odoxa.

Se dessine alors cet antivaccinalisme opportuniste porté par des personnalités anti-système et intégré par des populations appartenant aux classes sociales délaissées durant la crise et qui entretiennent une méfiance –sinon une défiance– à l’égard du gouvernement.

«C’est historiquement une nouveauté», indique l’historien Laurent-Henri Vignaud, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Bourgogne et également coauteur de Antivax – La résistance aux vaccins du XVIIIe siècle à nos jours. «Traditionnellement, l’antivaccinalisme est davantage porté par les classes moyennes et supérieures. Au XIXe, par exemple, on a l’histoire d’une campagne de vaccination qui se heurtait à la réticence des habitants des communes les plus riches. Les communes les plus pauvres n’étaient pas vaccinées principalement parce que le vaccinateur ne venait pas jusqu’à elles. Lorsqu’il se déplaçait, les habitants se faisaient massivement vacciner, comprenant fort bien l’intérêt immédiat», relate-t-il.

On retrouve ici –et cela nous permet de ne pas généraliser un propos simpliste faisant des plus pauvres des antivax– ce que nous disions précédemment: pour peu que l’on mette en place une politique d’«aller vers» associée à de la pédagogie, nombreuses sont les personnes précarisées qui franchissent le pas de la vaccination par pragmatisme: c’est un moyen efficace de ne pas tomber malade et ainsi de pouvoir continuer à travailler, subvenir aux besoins de la famille, etc.

«Les personnes issues des classes populaires manifestent assez peu. Ces manifestations sont davantage portées par des gens des classes moyennes/supérieures.»

Laurent-Henri Vignaud, historien

Ces antivax politiques sont-ils des gamins capricieux? Sans doute pas. On peut penser qu’ils font un amalgame impropre entre lutte contre la pandémie et politique gouvernementale, que certains s’adonnent à des dérives idéologiques et adoptent une posture publique outrancière injustifiable et inexcusable. Mais pas que leur antivaccinalisme soit un «truc de riches».

Voilà pour ce qui relève d’un antivaccinalisme opportuniste profondément politique qui s’explique assez bien par la paupérisation et la fragilisation de certaines populations, et ce même si elles ne partagent pas l’outrance sinon l’obscénité des manifestations. «Les personnes issues des classes populaires manifestent assez peu, observe Laurent-Henri Vignaud. Ces manifestations sont davantage portées par des gens des classes moyennes/supérieures.»

L’antivax 2021 n’existe pas

En outre, et hors motifs politiques ponctuels, il y a bel et bien des bastions antivax dans les classes moyennes et supérieures. Ceux-ci sont davantage traditionnels et moins opportunistes. Il s’agit de personnes globalement rétives à la vaccination, quelle qu’elle soit.

Leurs motifs relèvent davantage de l’alterscience et d’une propension à penser que la nature fait bien les choses. «Il s’agit plutôt de cols blancs, de personnes issues des classes moyennes très attachées à la structure famille. Leur antivaccinalisme se construit autour de la famille vue comme un sanctuaire qui doit se protéger des agressions extérieures –dont le vaccin», décrit Laurent-Henri Vignaud. «Il s’agit souvent de femmes, ayant fait des études, et très perméables aux médecines et à l’éducation alternatives. Elles ont un certain bagage culturel qui leur permet d’aller chercher des informations alterscientifiques pour se forger une opinion demi-savante», note-t-il.

Les travaux de la géographe Lucie Guimier montrent que ces personnes traditionnellement antivax mettent souvent leurs enfants dans des écoles privées alternatives et sont proches des médecines dites «non conventionnelles», comme l’homéopathie et la naturopathie. Ceci peut d’ailleurs expliquer en partie le fait qu’elles vivent précisément dans des régions où les médecins qui pratiquent ce type de thérapeutiques sont plus nombreux, comme le sud de la France. Pour elles, les parents –et non les médecins, l’Éducation nationale, les politiques ou les journalistes– sont les meilleurs garants de la santé et du bien-être de leurs enfants et de la famille en général. Tout cela prend du temps et coûte cher… Dans leur cas, être antivax est un vrai luxe, une attitude de privilégiés. Pour autant, est-ce un caprice? Difficile à dire car ces personnes pensent vraiment bien faire.

Tout autant qu’il est impossible de dresser un portrait robot de l’antivax 2021, il est impossible de démêler toutes les raisons qui mènent ces gens à refuser l’injection. Toujours est-il que dire qu’ils font la fine bouche semble par trop simpliste.

Source SLATE.