Face au manque de personnel soignant, l’impossible quotidien des familles de personnes handicapées…

Les associations du réseau de l’Unapei sont confrontées à une pénurie de professionnels médico-sociaux qualifiés. Avec des conditions de travail difficiles et des salaires peu élevés, ces « oubliés du Ségur de la Santé » déclinent peu à peu les offres d’emploi pour se tourner vers d’autres secteurs, laissant les personnes handicapées et leur famille sur le carreau. 

Le réseau de l'Unapei est confronté à une pénurie de professionnels médico-sociaux. En Haute-Savoie, 120 postes sont vacants.

 

« On ne peut pas reprendre nos chers handicapés à la maison ». Véronique, 51 ans, et son époux, 53 ans, s’occupent de leur fils Loris, atteint du syndrome de Pitt Hopkins, une maladie génétique orpheline. À 19 ans, le jeune homme a un âge cognitif de 6 à 12 mois. « En comptant son frère aîné, ça fait 21 ans que l’on change des couches tous les jours et parfois avant même le petit déjeuner ». Jusqu’à présent, la famille a pu compter sur la prise en charge de leur cadet par le foyer des Mésanges, en Haute-Savoie, 3 nuits par semaine. Mais, faute d’effectifs, ces périodes se sont successivement réduites. « À cinquante ans, on ne peut pas s’organiser un week-end », regrette Véronique. « Il y a pire, mais c’est lourd à porter ».

Depuis la rentrée, le secteur médico-social subit une « crise profonde, sans pareille, représentant un grave danger pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap », alerte l’association de parents d’enfants inadaptés (APEI) dans une pétition signée plus de 50.000 fois. « Rien qu’à l’APEI de Chambéry, on a 50 postes vacants », regrette François Cleyet-Merle, représentant au conseil de vie sociale. Cette baisse d’effectif demande un effort supplémentaire aux familles qui s’épuisent au fil des années.

Colette a 73 ans. Depuis 50 ans, elle s’occupe de Pierre, son fils unique. Ce dernier, victime d’un accident lors de la naissance, n’est pas autonome. « Il doit suivre une routine, sinon il a de fortes angoisses », explique Colette. « On cherche pour son enfant ce qu’il y a de mieux », raconte la retraitée qui n’a pas hésité à quadriller la région de la Seine et Marne pour dénicher un établissement qui corresponde aux besoins de son fils. Après avoir quitté un IMPro à 22 ans, Colette a inscrit son fils en Esat. « Il faisait 2h15 aller et 2h15 retour par jour », souligne-t-elle. Puis elle trouve une place dans un foyer en novembre après être restée sur liste d’attente. Pour l’instant, Pierre peut dormir la semaine sur place, mais il passe le week-end chez sa mère obligeant cette dernière à parcourir les 70 kilomètres en voiture. Si pour l’instant, elle est en capacité de les effectuer, cette solution n’est pas pérenne. « Ca fait peur pour la suite », conclut-elle

« Il ne faut pas que ça devienne du gardiennage » 

« La crise du Covid-19 a été le détonateur », précise François Cleyet-Merle, « elle a mis le doigt sur les disparités salariales que subit le milieu médico-social ». Malgré la présence d’infirmiers, de dentistes, ces « oubliés du Ségur de la Santé » n’ont pas reçu de prime, les établissements de l’Unapei relevant du secteur privé. « Aujourd’hui, un moniteur éducateur touche 1,17 fois le Smic (1.736 euros) pour des horaires et des conditions de travail difficiles, touchant à l’humain. En 1989, pour le même poste, le professionnel touchait 1,8 fois le Smic, (à l’époque 1.242 euros) », rapporte François Cleyet-Merle.

Pour pallier le manque de personnel, certains centres se sont tournés vers des intérimaires moins qualifiés entraînant des accidents tels que des chutes de fauteuil ou des soins de moins bonne qualité. « Un jeune homme dont la main est détraquée s’est blessé à l’intérieur sur la paume. Le temps que le personnel s’en rende compte, des asticots rongeaient la plaie », raconte Véronique, membre de l’association A bout de Souffle, créée quelques semaines auparavant. « Les professionnels n’ont pas les moyens de faire leur travail », soupire la quinquagénaire. « Mon fils mérite une vraie vie, mais à force de couper les financements, ça ne sera plus que du gardiennage ».

Source ETXSTUDIO.

Confrontés à la maltraitance des malades d’Alzheimer, ils défendent un projet d’habitat alternatif…

Gérard, Chrystèle et Josiane, aidants de malades d’Alzheimer, veulent construire une maison collective à Poligné (Ille-et-Vilaine), pour mieux accueillir les personnes atteintes.

Gérard Gautron, Chrystèle Gérard et Josiane Pinard (absente), ont monté un projet alternatif d'accueil de malades d'Alzheimer, et viennent de trouver un terrain à Poligné (Ille-et-Vilaine).

 

Accompagner le malade le plus longtemps possible. Lui trouver une place, quand le garder à la maison n’est plus envisageable. Le changer d’endroit, lorsque l’établissement n’est pas adapté à la maladie. En parallèle, gérer une montagne de papiers administratifs. Et au milieu de tout ça, accuser le coup comme on peut.

C’est le parcours qu’a connu Gérard Gautron, en tant qu’aidant d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer. Avec Chrystèle Gérard et Josiane Pinard, le Castelbriantais (Loire-Atlantique) a fondé en 2018 l’association Raison d’Êtres, qui œuvre en faveur d’un meilleur traitement des malades et leurs aidants.

Des Ehpad non adaptés à la maladie

Lorsque sa femme est tombée malade, Gérard Gautron est resté à ses côtés le plus longtemps possible. « Une crise plus grave que les autres l’a emmenée à l’UCC (Unité cognitivo-comportementale) de Pouancé. Mais c’est un accueil temporaire. »

L’homme, âgé de 68 ans, trouve ensuite une place dans un Ehpad du coin. Une expérience courte et traumatisante :

J’ai été prié de récupérer ma femme au bout de trois semaines. Ils l’ont foutue dehors. Une malade d’Alzheimer qui déambule jour et nuit, ça dérange les autres résidents.

Gérard Gautron

En septembre 2018, son épouse revient à l’UCC de Pouancé, avant d’être placée dans la nouvelle unité d’hébergement renforcée (UHR) de Châteaubriant, où elle est toujours aujourd’hui. « C’est une unité spécialisée pour accueillir des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou de maladies neuro-dégénératives », précise-t-il.

Gérard Gautron a encore la gorge nouée aujourd’hui lorsqu’il parle de ces mois d’incertitude.

À l’annonce de la maladie, on vous donne juste un rendez-vous avec un neurologue six mois plus tard. À l’Ehpad, on m’a demandé si je m’étais occupé des mesures juridiques, testament, curatelle, démarches de fin de vie… On m’a dit qu’il fallait faire vite et on m’a laissé me débrouiller. C’est quand on est déjà dedans qu’on cherche à vous enfoncer.

Gérard Gautron

Mort de dénutrition

À l’UCC de Pouancé, Gérard Gautron rencontre Chrystèle Gérard, fin 2018. Lorsqu’il entend l’infirmière parler de l’approche humaniste Carpe Diem, qui donne la priorité à la relation humaine, à la personne atteinte d’Alzheimer avant la maladie elle-même, ses mots lui font aussitôt écho.

Elle-même est là pour accompagner Josiane Pinard et son mari, Charles, atteint d’une maladie neurodégénérative de type Alzheimer. « Je travaille dans une petite structure d’accompagnement personnalisé. J’ai accompagné Josiane pendant huit mois, jusqu’à la mise en structure de Charles », précise l’infirmière naturopathe de 41 ans.

Le couple est confronté aux mêmes difficultés que Gérard Gautron et son épouse. Charles est placé dans un premier temps dans un Ehpad à Pornichet. « J’ai vu la dégringolade, confie Chrystèle Gérard. Perte de 11 kg, perte du langage, des comportements de plus en plus compliqués… »

Elle poursuit :

« J’ai vu Josiane démunie, beaucoup de tristesse et surtout avec un fort sentiment de culpabilité et de perte de contrôle. En tant que professionnelle, je me suis dit que ce n’était pas possible de ne pas laisser de place comme ça aux aidants. C’est là que j’ai commencé à avoir l’idée d’une petite maison pour aidants et malades, avec un accompagnement personnalisé. »

Chrystèle Gérard

Au bout de sept mois, Charles est retiré de cet Ehpad. Après un passage à l’UCC de Pouancé, il est placé dans le même Ehpad que celui où l’épouse de Gérard était restée trois semaines.

Le mari de Josiane est décédé à l’hôpital. Sur le rapport, Josiane a lu qu’il était mort de dénutrition. Comme il faisait des fausses routes, le personnel de l’Ehpad avait arrêté de le nourrir. Quand elle a vu ça, elle a fait un AVC. Elle n’a pas pu assister à son enterrement.

Chrystèle Gérard

L’approche Carpe Diem

Marqués par leurs expériences individuelles traumatisantes, l’infirmière et les deux aidants décident dès leur rencontre de fonder leur association, pour accompagner au mieux les malades et leurs proches. « Alzheimer est une maladie très mal appréhendée de manière globale, et encore plus en France, où les personnes atteintes sont mises dans le même lot que les autres malades », explique Gérard Gautron.

Chrystèle Gérard abonde :

La maladie touche des personnes de plus en plus jeunes. Les Ehpad ne sont pas adaptés, ni les établissements de masse. En 2017, il y avait 616 personnes diagnostiquées par jour contre 739 en 2018. En 2034, une personne sur quatre sera aidante.

Chrystèle Gérard

Dès la naissance de Raison d’Êtres germe l’idée de créer une structure d’accueil, complètement adaptée aux malades d’Alzheimer, qui mettrait en application l’approche humaniste Carpe Diem, que Chrystèle Gérard a découvert lors de ses études au Québec. « C’est une approche de Nicole Poirier. Elle avait une maison de famille, au Canada, qui ne servait plus. Elle a décidé d’accueillir des personnes malades et leurs aidants. Le but était que les malades se sentent chez eux. »

L’infirmière précise :

Avec Carpe Diem, on cherche à connaître le fond de la personne, savoir ce qu’elle sait encore faire ou aimerait faire, utiliser ses compétences. On définit un projet de vie individuel, avec ses besoins et ressentis. Il faut qu’elle garde sa dignité et le contrôle de sa vie. On met la personne au centre de sa prise en charge.

Chrystèle Gérard

Le projet d’habitat

Depuis trois ans, le trio a travaillé sur son projet, avec l’incubateur Tag35, ainsi qu’un architecte. Gérard, Chrystèle et Josiane ont mis au point un concept d’habitat novateur, qui comporterait trois éco-bâtiments : un hébergement à temps plein, pour huit personnes, un accueil de jour, du lundi au vendredi, pour huit personnes également, et un habitat inclusif, pour cinq à sept personnes.

« Dans ce dernier espace, les personnes seraient locataires et auraient leur appartement, tout en profitant d’espaces communs, comme une buanderie, un lieu de restauration… On pourrait accueillir des couples dont une personne est malade et l’autre non. »

L’accueil de jour disposerait par ailleurs d’un espace de formation, ainsi que d’une chambre, pour les aidants. « Ils pourraient recevoir une aide juridico-administrative, être formé pour mieux connaître la maladie, accéder à des groupes de parole… », précise l’infirmière.

Pour fonctionner, la structure aurait besoin de 21 personnes en équivalent temps plein, soit un soignant pour moins de deux résidents, contre un pour six à 11 résidents en Ehpad actuellement.

« On en profiterait pour promouvoir les dynamiques locales, en faisant travailler les associations, artisans et producteurs du coin », ajoutent Chrystèle et Gérard.

Au total, l’association aurait besoin de 2,5 millions d’euros pour construire les maisons, et 2,5 millions supplémentaires pour les deux premières années de fonctionnement.

Une rencontre avec le ministre en septembre

Ces dernières semaines, le projet de Chrystèle, Gérard et Josiane a pris un tournant. Le trio a rencontré l’ARS, le bailleur social officiel d’Ille-et-Vilaine et le député Gaël le Bohec. « Il nous a vraiment ouvert des portes », soulignent-ils.

Le député a notamment fait remonter leur projet dans les hautes sphères, jusqu’au ministre de la Santé.

Dans le cadre de la loi Grand âge et Autonomie, étudiée à l’automne, on pourrait obtenir un agrément et les financements nécessaires, en tant que concept novateur reproductible ailleurs.

Chrystèle, Gérard et Josiane rencontreront Olivier Véran et Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, en septembre 2021.

En parallèle, la municipalité de Poligné a voté le 30 juin 2021, à l’unanimité, l’implantation du projet dans la commune, avec l’affectation d’un terrain de 6000 m2, en face de l’IME. « Cela permettrait de mutualiser certaines ressources », souligne Chrystèle Gérard.

Une fois les financements obtenus, Chrystèle, Gérard et Josiane visent trois à cinq ans pour donner naissance à leur projet d’habitat, pour que d’autres malades et aidants n’aient plus à vivre ce qu’ils ont traversé.

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Source ACTU BRETAGNE.

 

Montpellier : à l’aéroclub, pilotage et handicap deviennent compatibles…

Doté d’un ULM conçu spécialement pour accueillir des personnes en situation de handicap, l’aéroclub de Montpellier rend accessible le pilotage. 

Le coût d’un appareil comme celui-ci est d’environ 120 000 €.

Le coût d’un appareil comme celui-ci est d’environ 120 000 €.

Permettre à tout le monde, sans distinction, de côtoyer les nuages. L’Aéroclub de Montpellier en a fait l’un de ses engagements. En 2018, le club a accueilli un ULM un peu spécial. Avec ses ailes surélevées et un grand cockpit, l’appareil peut accueillir des personnes en situation de handicap « en faculté d’accéder, de façon autonome à un aéronef », indique Pierre Sartre, président du club.

Quelques modifications

Un ULM classique possède un palonnier. Il s’agit de deux pédales permettant au pilote de diriger un avion. Il a donc fallu trouver une solution pour permettre aux personnes n’ayant plus l’usage de leurs jambes d’utiliser cet outil essentiel. Un malonnier a donc été créé. Contraction du mot « manche » et du mot « palonnier », cette commande a le même but sauf qu’on la manipule avec les mains.

Une formation de pilote

L’acquisition de cet ULM a plusieurs buts. D’abord, il permet aux personnes en situation de handicap d’effectuer des baptêmes de l’air mais aussi de s’initier au pilotage. Surtout, la section handivol de l’aéroclub de Montpellier propose une formation permettant de devenir pilote d’ULM.

Depuis la création d’Handivol, deux personnes ont été brevetées. Aujourd’hui, deux autres sont en formation. Pour obtenir le précieux sésame permettant de voler seul, il faut passer par des dizaines d’heures d’initiations.

En totale autonomie

Comme le but est de piloter en totale autonomie, l’aéronef a été équipé, derrière les deux sièges, d’une cabine permettant de stocker deux fauteuils roulants. De ce fait, tout est pensé pour permettre à la personne d’être complètement libre et de voler seule.

Le coût des cours au sein de la section Handivol défie toute concurrence. 100 € la séance dont 70 € remboursés tous les trimestres. « Grâce à plusieurs dons et événements, nous arrivons à rembourser les pilotes pour, qu’au final, la séance revienne à 30 € », explique le président. Alors, partant pour s’envoler ?

Source MIDI LIBRE.

Handicap. La campagne pour « dépasser les préjugés » ne convainc pas les associations…

« Voir les personnes avant le handicap » car il ne les « définit pas ». Le gouvernement a lancé, ce lundi 18 octobre, une campagne nationale de communication pour « faire changer le regard » et « dépasser les préjugés ». Des associations se disent sur leur faim.

Des personnes en fauteuil roulant.

 

Voilà plus de quinze ans que les pouvoirs publics n’avaient plus lancé de campagne de sensibilisation autour du handicap. Déclinées sur internet, à la télévision, au cinéma et par affichage, vidéos, affiches, photos, diffusées depuis ce lundi 18 octobre veulent « interpeller les spectateurs sur leur propre regard », indique-t-on au secrétariat d’État chargé du handicap.

Dans les trois clips réalisés par le comédien et cinéaste Yvan Attal, des personnes handicapées sont confrontées à des regards surpris mais pour une autre raison que leur handicap. Comme dans cette vidéo où un collégien s’attable à la cantine au côté d’un jeune de son âge qu’il ne connaît pas.

Au moment où le premier laisse apercevoir sa prothèse de bras, le second s’exclame « j’y crois pas ! » Mais pour ajouter aussitôt : « Enfin quelqu’un qui aime les betteraves et les choux de Bruxelles comme moi ! »

Voilà plus de quinze ans que les pouvoirs publics n’avaient plus lancé de campagne de sensibilisation autour du handicap. Déclinées sur internet, à la télévision, au cinéma et par affichage, vidéos, affiches, photos, diffusées depuis ce lundi 18 octobre veulent « interpeller les spectateurs sur leur propre regard », indique-t-on au secrétariat d’État chargé du handicap.

Dans les trois clips réalisés par le comédien et cinéaste Yvan Attal, des personnes handicapées sont confrontées à des regards surpris mais pour une autre raison que leur handicap. Comme dans cette vidéo où un collégien s’attable à la cantine au côté d’un jeune de son âge qu’il ne connaît pas.

Au moment où le premier laisse apercevoir sa prothèse de bras, le second s’exclame « j’y crois pas ! » Mais pour ajouter aussitôt : « Enfin quelqu’un qui aime les betteraves et les choux de Bruxelles comme moi ! »

La campagne, d’un coût de 3,5 millions d’euros, se décline également sous forme de 10 portraits photographiques, réalisés par Sylvie Lancrenon, dont les légendes évoquent les passions ou compétences des modèles (le sport, les jeux vidéo, le théâtre…) mais pas leur handicap.

Sortir des valeurs négatives

« Le but, c’est de dire qu’on s’arrête encore trop au handicap des gens, alors qu’il faut voir la personne avant tout », a expliqué à l’AFP la secrétaire d’État chargée du dossier Sophie Cluzel. « Il y a encore une trop grande défiance, trop de gens qui pensent par exemple : « Le handicap à l’école, c’est possible, mais pas dans la classe de mon enfant » », a-t-elle ajouté.

Une des affiches avec une photo réalisée par Sylvie Lancrenon.

Les valeurs spontanément associées au handicap sont encore globalement négatives, trop souvent liées au malheur, à la difficulté ou à la souffrance, souligne le gouvernement.

Selon une étude Harris Interactive menée en avril pour la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), 64 % des personnes interrogées estiment que le handicap est un « obstacle au bonheur et à une vie épanouie », et 19 % que les personnes handicapées « ne sont pas capables de travailler » – un chiffre qui monte même à 35 % chez les moins de 35 ans.

Un parti pris qui laisse les associations sur leur faim

Face à ces préjugés, les promoteurs de la campagne assument leur choix d’un « ton bienveillant et engageant ». Un parti pris qui, justement, « laisse sur leur faim » les associations, a indiqué à l’AFP Arnaud de Broca, président du Collectif Handicaps.

Source OUEST FRANCE.

Formation professionnelle : surmonter son handicap pour intégrer le monde des soignants…

Qu’ils changent de vie après un coup dur ou tentent d’aller au bout d’un rêve, ces futurs infirmières ou aides-soignants veulent rendre de cette attention qu’ils ont eue dans les hôpitaux. 

Sacré défi pour Laurianne, Sophia, Adrien et Sarah.

 

Dans la salle de réunion du Centre de rééducation et d’insertion professionnelle (Crip) de Castelnau-le-Lez, quatre visages, quatre volontés parfois contrariées par le destin et dont les handicaps restent totalement invisibles, ensevelis sous un enthousiasme rafraîchissant. Qu’ils aient vécu une rupture ou mené un combat depuis la naissance, le même obstiné point de mire dans leurs regards : aller au bout de leur formation de soignants.

Une énième vie pour Laurianne, la quarantaine, après avoir été assistante maternelle, auxiliaire de vie ou monitrice d’équitation, après dix ans de lutte contre ces anévrismes qui la martyrisaient. « Certains me conseillaient de rester en maladie, mais le métier d’aide-soignant de mon mari m’attirait, sourit-elle. Il faut parfois se battre aussi contre le système. »

Et contre les préjugés : « Ici, on n’a plus d’étiquette avec handicap marqué dessus. On est considérés comme dans la vie de tous les jours. » Ce qui n’est pas toujours le cas quand ils arrivent sur leur lieu de stage. « Ça peut paraître paradoxal mais le personnel soignant stigmatise pas mal les personnes en situation de handicap alors que si on est là, c’est qu’on est en capacité d’assurer sans frein. Est-ce par peur ? », s’interroge Sophia, en formation d’infirmière.

« Notre vécu de malade est un atout »

Sarah, lancée sur le même cursus, ose cette évidence : « Handicap est un mot fort que j’ai moi-même eu du mal à accepter. » Surtout quand on a vécu tout son parcours scolaire comme une lutte pour « ne pas passer pour une flemmarde parce que ma dyslexie et ma dyscalculie ne se voyaient pas ».

Avant de lancer un élève sur une formation, le Crip vérifie l’adéquation entre le handicap et le métier choisi. « Il y a des tests, un travail avec un ergothérapeute. Par exemple, pour quelqu’un qui n’a pas assez de force dans un bras ou une main, on se projette pour voir s’il y a des compensations possibles », explique Patrice Thuaud, en charge des métiers du soin.

Adrien, 40 ans, n’aurait pas cru possible d’intégrer des études d’infirmier après des années passées dans un hôtel cinq étoiles à Courchevel et ses soucis de santé. « Le bilan de compétences m’a prouvé le contraire, raconte-t-il. Ici, on nous apprend à faire différemment pour surmonter notre handicap et ne pas avoir besoin d’aménagements une fois en situation. »

« Accueillir les gens, prendre soin d’eux »

Trente-cinq heures de cours ou de stage par semaine, un régime normal mais, sous la coupe du Crip, la possibilité inestimable d’être « orienté, accompagné par une équipe remarquable, tout en étant rémunéré ».

Et puis, il y a cette volonté farouche de passer de l’autre côté du miroir. Car, comme le rappelle Sarah, « nous concernant, la barrière entre malade et soignant est infime. C’est important d’avoir été patient pour comprendre les attentes, avoir envie de donner plus. »

« Notre vécu de malade est un atout », appuie Laurianne. Adrien, lui, découvre qu’il a toujours été dans la recherche du bien-être : « Je croyais faire le grand écart mais on m’a appris à faire des passerelles dans mon vécu : s’occuper d’un cinq-étoiles n’est pas si éloigné que de travailler dans une clinique. On est là pour accueillir les gens, prendre soin d’eux. »

Prêts à relever le défi, malgré le Covid-19, malgré le mal-être qui entoure ces professions. Parce que, comme le conclut Sarah, « on a fait une force de notre handicap ».

« Accompagner à l’extérieur du centre »

Le Crip de Castelnau dépend de l’Assurance maladie. Il accompagne chaque année 600 personnes en situation de handicap, dont une centaine sur diverses formations, la plupart sur des métiers de santé mais aussi du bâtiment, comptabilité, informatique, commerce, secrétariat…

« La réadaptation professionnelle constitue la plus grande partie de notre activité, explique le directeur Pierre-Yves Cade. Il y a une mise en réflexion, un soutien psychologique, de l’ergothérapie et on vérifie que l’envie correspond au métier choisi. »

75 % des formés trouvent un emploi à douze mois. Conscient que trop de candidats restent encore sur liste d’attente, M. Cade souhaite « accompagner aussi des gens à l’extérieur du centre, leur apporter appuis médicaux, sociaux ou pédagogiques ».

Source MIDI LIBRE.

50 jours de marche pour rejoindre sa mère atteinte d’Alzheimer : l’incroyable défi d’un habitant du Tarn…

Martin Koning a décidé de marcher 50 jours pour rejoindre sa mère atteinte d’Alzheimer aux Pays-Bas et alerter sur cette maladie. Cet habitant du Tarn est parti depuis le 21 septembre 2021 et devrait atteindre son but aux alentours du 7 novembre.

Au total, il aura parcouru près de 2 000 km à pied.

Martin Koning est un marcheur aguerri.

 

Au téléphone, Martin Koning n’a pas l’air d’un homme fatigué. Pourtant, le périple qu’il est en train de réaliser force l’admiration. Il est parti du Ségur, son petit village du Tarn, le 21 septembre dernier. « Une date symbolique puisqu’il s’agissait de la journée mondiale Alzheimer », nous confie le quinquagénaire. Son objectif : marcher 2 000 km en 50 jours pour rejoindre Bilthoven. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, sa mère réside dans cette ville située près d’Utrecht aux Pays-Bas où il est né.

Ce mardi 26 octobre, Martin Koning est parti de Reims (Marne) pour se rendre à Asfeld (Ardennes). « Je me mets en route tous les jours vers 6 h et je marche jusqu’à la tombée de la nuit. » Quotidiennement, il parcourt plus que la distance d’un marathon avec environ 44 km de moyenne. Du moins, lorsque tout se passe bien. « Lors du huitième jour, je me suis trompé dans mon itinéraire. Résultat, j’ai marché plus de 62 km. C’était très dur », poursuit-il.

Il n’a pas vu sa mère depuis deux ans

L’homme de 52 ans reconnaît qu’il est très sportif mais il n’avait jamais réalisé un défi de cette envergure. « J’ai connu des soucis dès la première semaine. Ma première paire de baskets s’est usée très rapidement et je me suis retrouvé avec d’énormes ampoules au niveau des deux talons. » Le Néerlandais raconte avoir énormément souffert. « C’était très douloureux. À un moment, je me suis dit que j’allais arrêter mais il en était hors de question. Je me suis vite ressaisi. »

Cela fait désormais 33 jours que Martin Koning a entamé son périple. Sa principale source de motivation ? Sa maman, qu’il n’a pas vue depuis deux ans à cause du Covid-19. Elle fêtera ses 91 ans le 9 novembre. « Je devrais arriver deux jours plus tôt pour pouvoir fêter cela avec elle. » La nonagénaire sait qu’il vient la rejoindre mais risque de l’oublier à cause de sa maladie. Chaque jour, en enfilant ses baskets et son sac à dos, il ne pense donc qu’à accomplir son défi au plus vite.

Six nuits à la belle étoile

Durant les 1 400 km qu’il a déjà parcourus, Martin Koning a eu l’occasion de faire « des rencontres incroyables. » Des inconnus l’accueillent chez eux. « Chaque nuit, je dois trouver un endroit où dormir. Je n’ai dormi que six nuits à la belle étoile. » Ses hôtes lui offrent une douche, un lit, de la nourriture… tout ce qu’il lui faut pour faire le plein d’énergie et repartir en forme une fois le jour levé.

Il a souvent croisé la route de personnes qui étaient directement ou indirectement liées à la maladie d’Alzheimer. Une rencontre en particulier l’a marqué. « J’étais dans un petit village et j’avais besoin de trouver de l’eau. J’ai frappé à une porte et une dame m’a ouvert. Je lui ai expliqué mon aventure et elle a fondu en larmes. Elle m’a ensuite confié que sa mère avait cette maladie et qu’elle avait du mal à gérer la situation. Cela m’a beaucoup touché. »

Il collecte des fonds pour une association

Si l’objectif numéro un de Martin Koning est de retrouver sa maman, il souhaite également sensibiliser le plus de monde autour de la maladie d’Alzheimer, rappelle France 3 Grand Est. « Beaucoup de gens évoquent la souffrance des malades, qui est bel et bien réelle malheureusement. Mais il faut aussi parler de tous les aidants qui voient leur vie basculer du jour au lendemain », assure-t-il.

Pour cela, il a décidé de partager son périple sur les réseaux sociaux où il reçoit « énormément de soutien. » Près de 450 personnes suivent sa page Facebook. Il a également lancé deux collectes, une pour les Français, une autre pour les Néerlandais. « Il ne me manque plus que 200 € pour atteindre mon objectif fixé à 10 000 €. » Les fonds seront ensuite reversés en intégralité à une association néerlandaise qui se bat contre la maladie d’Alzheimer.

Source OUEST FRANCE.

Carrefour met en place une formation en langue des signes pour ses salariés…

En présence de Sophie Cluzel, Carrefour a lancé, lundi 11 octobre 2021 en Essonne, un dispositif national de formation et de sensibilisation à la langue des signes française.

Carrefour met en place une formation en langue des signes pour ses salariés. Sophie Cluzel, Alexandre Bompard

 

Lundi 11 octobre 2021, la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, s’est rendue au magasin Carrefour de La Ville-du-Bois (Essonne).

Cette dernière est venue assister au lancement d’un plan d’action au sein de l’enseigne visant à développer l’apprentissage de la langue des signes française dans tous ses magasins. L’objectif : proposer la meilleure expérience aux clients sourds ou malentendants.

Dix signes pour faciliter l’accueil

Développée en partenariat avec l’Association Régionale pour l’Intégration des Sourds (ARIS), cette campagne doit sensibiliser et former les salariés du groupe à la langue des signes française.

Pour ce faire, Carrefour vient donc de lancer le dispositif « Oui » qui prévoit l’apprentissage de dix expressions par le personnel de chaque magasin.

Entre « bonjour », « oui », « merci » ou « ticket de caisse », ces signes serviront à accueillir correctement la personne sourde ou malentendante. « Un simple geste en langue des signes française constitue un premier pas vers le client », explique Bertrand Swiderski, le directeur développement durable et RSE.

Pour perfectionner cet accueil, une fiche mémorielle sera également installée à chaque caisse des magasins. Elle rappellera les dix signes enseignés pour faciliter le passage.

Un salarié formé dans chaque magasin d’ici 2022

Pour faciliter cet apprentissage, l’enseigne se propose d’organiser des séances de sensibilisation et de formation pour les salariés volontaires. « Le but est qu’au moins un collaborateur par magasin puisse être formé à l’accueil en langue des signes française d’ici fin 2022 », précise Bertrand Swiderski.

Si « un pas » est fait vers les clients sourds ou malentendants, le plan d’action du groupe Carrefour est également à destination des salariés victimes de surdité. Pour cela, une journée de formation aura lieu dans chaque hypermarché de la marque embauchant une personne sourde.

Source ACTU.

La difficile bataille contre l’illectronisme, le handicap de l’informatique…

Alors que la dématérialisation des démarches administratives s’accélère, se servir d’un ordinateur et naviguer sur Internet est une véritable épreuve pour des millions de Français.

Plusieurs dispositifs donnent des clés pour se familiariser avec ces outils.

À l’heure du tout numérique, près d’un Français sur cinq se sent perdu lorsqu’il doit compléter une démarche en ligne, que ce soit pour les impôts, la sécurité sociale, ou encore les allocations familiales, révélait l’Insee en 2019. Ce handicap porte un nom : l’illectronisme.

« J’ai mis mon code Pôle Emploi dans ce petit carré-là, et je n’arrive pas à accéder à mon profil », peste-t-il en pointant son écran.

« Le sentiment de se confronter à un mur de plomb »

Au quotidien, c’est « un enfer », raconte-t-il : « Il y a toujours un moment où ça frotte, ça coince, on y perd du temps, on s’énerve, c’est chronophage, alors qu’on a autre chose à faire ». Il a décidé de se déplacer sur place au bureau de Pôle Emploi le lendemain.

L’agence publique propose des formations à l’utilisation d’Internet. Parmi les inscrits, Vitaline, ancienne secrétaire médicale de 48 ans en reconversion, qui a décidé de se reprendre en main après s’être sentie, elle aussi, handicapée face au numérique. « C’est le sentiment de se confronter à un mur de plomb, explique-t-elle. C’est pourtant bien écrit en français, mais c’est très difficile. » Elle raconte également qu’elle n’a pas appris à utiliser un ordinateur à l’école mais « sur le tas, par moi-même et par le travail aussi ».

Au cours de l’atelier, la dizaine de participants découvre notamment comment envoyer un mail. Pour Louis Pluvinage, professeur de numérique, la tâche est délicate, car certains manquent de confiance. « Des gens sont arrivés en disant que l’ordinateur était leur ennemi, et qu’ils venaient pour renouer avec lui, pointe-t-il. On se dit que l’on n’est pas capable, qu’on n’y arrivera pas, donc on essaie même plus. »

Le calvaire des professionnels et des précaires déconnectés

Tous les profils sont touchés par ces difficultés, y compris les plus jeunes et les professionnels. Avec des sacs entiers de factures qu’elle remet à sa comptable, Emmanuelle Pertula, patronne de deux restaurants, n’a pas honte de dire qu’à 40 ans, elle se sent « en décalage, en retard, dépassée même ». « Scanner un document, ça a l’air simple, mais pour moi, ce n’est pas naturel, déplore-t-elle. S’il y a un problème avec l’imprimante ou l’ordinateur, je ne sais pas le régler. »

Conséquence : son expert-comptable, Nadia Angely, a deux fois plus de travail. Selon elle, la moitié des artisans avec qui l’équipe travaille, soit une centaine d’entreprises, ne sont pas rodés aux outils numériques. « Ils n’utilisent pas l’informatique au quotidien, remarque-t-elle. Ils savent peut-être faire une facture, un devis, et encore… Et après ça, ça s’arrête là. »

« Vous vous sentez vraiment un peu exclu de la société » – Farida, bénéficiaire d’un atelier Erasmus
Si pour certains la dématérialisation simplifie la vie, elle exclut aussi les plus vulnérables, qui n’ont pour certains aucune base informatique. Dans des ateliers d’Emmaüs, on forme des personnes qui ne connaissent pas la souris et ne maîtrisent ni le double-clic, ni la molette.

Parmi les participants, certains n’ont pas d’ordinateur et n’ont donc pas d’adresse mail, pourtant indispensable pour ouvrir par exemple un compte en banque. « Jusqu’à présent, c’était mon fils qui s’occupait de mes mails, explique une participante, Farida. Vous vous sentez vraiment un peu exclu de la société, parce qu’il y a tellement de choses qui passent par Internet. » 

Source LCI.

Duo Day : Leroy-Merlin lance sa semaine du handicap…

L’enseigne Leroy-Merlin fera encore plus que participer au DuoDay, cette initiative permettant l’intégration des personnes en situation de handicap. 

À Leroy-Merlin, près d’une dizaine de collaborateurs accueilleront un binôme en situation de handicap à l’occasion de la journée du DuoDay.

 

Le handicap n’est pas une thématique « taboue » chez Leroy-Merlin. Depuis 2015, le magasin agenais de cette enseigne reine du bricolage s’est engagé dans un parcours permettant l’intégration des personnels en situation de handicap.

Depuis 2018, elle participe bien entendu à l’opération du DuoDay, cette initiative permettant l’intégration de personnel en situation de handicap dans les entreprises (lire notre encadré). « C’est un enjeu important et nous y travaillons tout au long de l’année », détaille Fabrice Rizzo, directeur du magasin situé à la zone O’Green. Pour cela, le magasin travaille depuis de nombreuses années avec l’ESAT Agnelis basé à Foulayronnes (et fer de lance du développement du DuoDay dans notre département).

Du personnel embauché

D’ailleurs, Leroy-Merlin ne dissimule pas sa fierté de voir ses équipes compter du personnel en situation de handicap. « A l’image de William », note Valériane Bergeret, responsable ressources humaines à Agen, « il est en CDI dans l’équipe logistique. C’est une véritable réussite. Il fait partie des personnes dans l’entreprise à faire l’unanimité ». Ces parcours réalisés par ces personnels en situation de handicap constituent de « belles histoires ». « Ils affichent une détermination et une envie incroyable », enchaîne le directeur, « en tout cas, le handicap n’est pas un sujet restrictif ».

De ce fait, Leroy-Merlin a décidé de profiter du DuoDay 2021 pour mettre en place de nombreuses actions en créant une semaine autour du handicap. « Nous avons 11 collaborateurs volontaires pour accueillir un binôme lors de cette journée du 18 novembre », révèle Cynthia Babot, assistance ressources humaines en charge de ce dossier, « pour l’heure, nous avons donc six binômes formés. Nous espérons compléter les autres d’ici la mi-novembre ».

Ces personnes en situation de handicap interviendront dans les différentes zones du magasin comme conseillers de vente, responsable de vente ou en logistique.

Des ateliers de sensibilisation

Dans la semaine, de plus, des ateliers de sensibilisation seront proposés aux collaborateurs. Notamment en matière de langue des signes. « C’est une manière aussi pour nous de favoriser l’accueil des clients en situation de handicap », place la responsable RH. Le directeur Fabrice Rizzo précise : « Des études montrent que les personnes sourdes ou malentendantes se déplacent généralement sur Toulouse ou Bordeaux pour faire leurs courses, mieux adaptés à leur handicap. C’est une piste de développement que nous devons prendre ».

Au cours de cette semaine, la collaboration entre l’enseigne de bricolage et l’ESAT Agnelis va s’étoffer encore plus. Le lundi 15 novembre, un car-wash sera proposé aux clients de Leroy-Merlin. « Ce sont eux qui s’occupent de l’entretien de nos véhicules de location », note Fabrice Rizzo.

En fin de semaine, les Bouchons d’amour seront également présents dans le magasin pour une collecte tout comme la Fédération française de sport adapté. Là encore, des actions primordiales pour favoriser l’intégration des personnes en situation de handicap. Le samedi, un atelier sera proposé pour tout public avec la construction d’une table à dessin modulable pour enfants valides et enfants handicapés. Un atelier accessible uniquement sur réservation et sous les conseils avisés de Vincent.

Source LA DEPECHE.

Alzheimer : « On essayait de dédramatiser sans se moquer »… L’humoriste Tom Villa raconte comment il a accompagné ses grands-parents. Découvrez les Vidéos….

L’humoriste et chroniqueur de 32 ans Tom Villa a réalisé deux spots vidéo visant à lever des fonds pour la recherche, lors de la Journée Alzheimer, du 21 septembre dernier.

L’humoriste Tom Villa raconte comment il a accompagné ses grands-parents.

 

  • Tom Villa, humoriste, s’était fait remarquer en 2017 avec une chronique très intime sur la maladie d’Alzheimer.
  • Depuis 2020, il collabore avec la Fondation pour la recherche médicale, en réalisant des spots vidéo pour sensibiliser à cette maladie qu’il connaît bien.
  • En effet, sa grand-mère a souffert d’Alzheimer pendant treize ans… puis son grand-père dès le décès de son épouse. Tom Villa raconte à 20 Minutes son vécu, son engagement et ses peurs.

On le connaît plus mordant que tendre. Mais l’humoriste Tom Villa, 32 ans, chroniqueur sur France Inter et comédien dans la série Munch, sait aussi se livrer quand on parle maladie d’Alzheimer. Une pathologie qui lui tient à cœur, car il l’a vue de près, et ce dès l’adolescence. Voilà pourquoi il a accepté de participer à la nouvelle campagne d’ appels aux dons* afin que la recherche continue à chercher des solutions pour ces personnes qui voient leur mémoire s’éteindre.

Alzheimer, c’est une maladie que vous connaissez bien…

C’est une maladie que j’ai connue en 2003 avec ma grand-mère diagnostiquée Alzheimer. J’avais 13 ans. On remarquait avec mes parents qu’elle avait des oublis. Ils l’ont emmenée chez un, puis plusieurs médecins. Le diagnostic est tombé. Elle a pris un traitement. Le problème, c’est qu’à l’époque ils n’étaient sans doute pas aussi aboutis qu’aujourd’hui. J’ai vu son déclin pendant treize ans. Jusqu’à son décès en 2016.

Comment a-t-elle changé ?

Je tire un immense chapeau à mon grand-père, qui s’en est occupé. Nous, on n’avait qu’un aperçu. On passait le samedi ou le dimanche. On essayait de dédramatiser, sans se moquer. Quand elle me posait pour la 8e fois la question : « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », je répondais « spationaute ». Il y avait beaucoup de répétitions, de fixettes, des fois des pics d’agressivité. Par exemple, elle bloquait quand elle ne trouvait pas ses clés et accusait quelqu’un de les avoir cachées. Mais il y a plein de formes et de nuances avec Alzheimer. A un moment, on s’est rendu compte que mon grand-père était de moins en moins en forme, on a mis ma grand-mère en maison de retraite.

A sa mort, c’est votre grand-père qui, lui aussi, a perdu la mémoire… Cela a-t-il été semblable pour lui ?

Il n’a pas été officiellement diagnostiqué Alzheimer. Je pense que le décès de ma grand-mère l’a libéré d’une responsabilité. Le corps et l’esprit se sont relâchés. Lui aussi, il s’est mis à échanger nos prénoms. Mais il a eu une forme plus douce, plus légère. La dernière année, il était en maison de retraite. Il est parti deux ans après ma grand-mère. Ils sont partis tous les deux à 89 ans pile. 89-89, on dirait un score de basket !

Diriez-vous que vous avez été aidant ?

Je les ai accompagnés. Mais le premier aidant, c’était mon grand-père. Puis il y avait mes parents. J’étais aidant d’aidant d’aidant. Spectateur, ou plutôt sur le banc de touche au cas où il se passe quelque chose. J’étais Adil Rami pendant la Coupe du monde de 2018​ [qui n’a pas joué une seule minute] ! J’essayais de mettre l’ambiance dans les vestiaires… Tous, on essayait d’aérer mon grand-père. Je me souviens que ma grand-mère me répétait tout le temps « qu’est-ce que t’as grandi ! » Alors je répondais : « pourtant, j’ai pas mis mes talons ! » J’essayais d’amuser les autres, sans jamais vexer ma grand-mère. Si le malade, fragile, se sent en danger, ça peut mener à des colères difficiles à gérer.

Pourquoi vous avez décidé d’appuyer la démarche de la Fondation pour la recherche médicale (FRM) ?

Rien de mieux que d’être concerné pour parler d’une cause ! J’ai rencontré les gens de la FRM il y a quatre ans après une chronique sur France Inter, dans laquelle je recevais Thierry Lhermitte pour parler d’Alzheimer. Je me suis dit « Mais qu’est-ce que je vais dire de drôle ? » J’ai raconté quelque chose de personnel, de tendre, de sincère. L’année dernière, la FRM m’a ouvert les bras. J’ai proposé de faire une vidéo. J’ai écrit le petit sketch, je l’ai envoyé à Thierry Lhermitte, un des parrains de la fondation, il a dit oui, et la semaine d’après, on tournait.

Mon engagement sur cette maladie est évident. Chacun sait faire des choses différentes. Je suis ni un chercheur, ni un médecin. Le but, c’est de sensibiliser les gens, d’essayer de les accrocher. La vidéo, on l’a pas vendue comme un message sur Alzheimer, pendant une minute trente, on ne sait pas trop de quoi on parle, et c’est seulement à la fin qu’on comprend. L’impact a été d’autant plus fort : 7 millions de vues sur Facebook.

Cette année, vous rempilez avec deux spots vidéo pour une nouvelle campagne d’appel aux dons…

Il ne fallait pas faire la même chose. Je voulais quelque chose de collégial, à la fois avec des gens de la société civile et deux ou trois personnes connues pour montrer que ça touche tout le monde. Connu, pas connu, jeunes, vieux, on peut être malade, aidant d’un proche ou d’un ami. On a fait un spot pour la télé de 30 secondes 00, pas facile. Sur le digital, on a fait une autre vidéo. On a réuni Matt Pokora, Nagui, moi, Elie Semoun, qui a bien connu cette merde avec son papa, Laury Thilleman, la chanteuse Pomme, Tristan Lopin et Marc Lévy. On y parle d’oublis.

Qu’y a-t-il de spécifique avec cette maladie ?

Elle est très dure pour le malade, mais presque encore plus compliquée pour l’entourage. On ne la voit pas, physiquement, le malade se porte bien. Parfois, il ne sait même pas qu’il en souffre. J’ai vu mon grand-père hésiter à aller dans des réunions familiales parce que tout le monde n’était pas forcément au courant de la maladie de ma grand-mère. Va expliquer à tous pourquoi elle repose la même question…

« C’est un peu le schéma de la feuille brûlée : tout ce qui est perdu, ça ne revient pas. »

Avez-vous l’impression qu’il y a encore un gros tabou ?

On sait bien mieux ce que représente cette maladie. Il y a vingt ans, on disait « Pépé, il perd la boule. » Mais il ne faut pas hésiter à se faire diagnostiquer. A emmener ses parents chez le médecin au moindre doute. Il faut prendre la maladie le plus tôt possible pour freiner l’avancée. C’est un peu le schéma de la feuille brûlée : tout ce qui est perdu, ça ne revient pas.

Peut-on faire rire sur cette maladie ?

Oui. Je la connais trop bien pour tomber dans la facilité du sketch « Tiens Mamie, tu peux me donner 10 euros ? » Dix minutes après : « Tiens Mamie, tu peux me donner 10 euros ? » L’humour, c’est subjectif, mais il n’y a rien de mieux pour sensibiliser les gens que d’essayer de faire des choses un peu originales et drôles. J’adorais l’émission Culture pub, je pleurais de rire devant certaines publicités sur la sécurité routière avec beaucoup d’humour noir. Ça plaît ou pas, mais ça fait réagir.

Cela vous arrive-t-il de vous dire « mince, j’ai un Alzheimer précoce » ?

Ça m’arrive de me dire « aïe, j’ai des petits trous de mémoire ». Alzheimer non, mais c’est un truc qui m’inquiète pour moi, et surtout mon entourage. Quand je vois le poids que ça peut être, ça fait très peur. Mais le cerveau est étonnant. Quand j’étais petit, je galérais à apprendre une poésie de dix lignes. Aujourd’hui, je connais par cœur mon spectacle de 1h30, celui d’Arnaud Ducret que j’ai coécrit aussi. Mais c’est ce qu’on dit, quand on apprend des choses qu’on aime, c’est plus facile.

Source 20 MINUTES.