Audierne. La rentrée chaotique de Thomas, polyhandicapé. “Il n’y a pas de place pour lui en structure adulte”…

Thomas Cajean, 25 ans, est épileptique. Depuis 2005, il est accueilli en Institut médico-éducatif à Briec, dans le Finistère.

Mais depuis cette rentrée, le jeune Audiernais ne peut plus être pris en charge de nuit par la structure pour enfants.

Et les places en foyers pour adultes manquent. 

À ses 20 ans, le jeune polyhandicapé aurait dû intégrer l'une des sept Maisons d'accueil spécialisées (MAS). Malgré cinq ans et demi d'attente, il n'y a toujours aucune place de disponible pour Thomas

 

La nouvelle année scolaire s’annonce comme un fiasco pour Nadine et Xavier Cajean. Mardi 7 septembre, leur fils Thomas retrouvera le chemin de l’Institut médico-éducatif (IME) de Briec, où il est accueilli depuis 2005.

Mais à compter de cette rentrée, le temps d’accueil du jeune homme de 25 ans sera réduit. Seulement deux nuits par semaine contre 4 d’habitude. Un rythme impossible pour ce polyhandicapé et ses parents, au bout du rouleau.

Entièrement dépendant

Thomas souffre d’épilepsie pharmaco-résistante et traverse au moins une crise par jour. Son handicap ne lui permet ni de se nourrir ni de se laver ni de s’habiller ni de se déplacer tout seul. Il ne peut pas non plus communiquer.

Cela implique la préparation de repas mixés, de boissons adaptées, “lui laver les dents, lui changer les couches, l’habiller, le déshabiller, l’occuper” déroule sa maman.

Nadine Cajean s’est occupée de Thomas, de sa première crise à 3 mois jusqu’à ses 9 ans, âge auquel il a rejoint les Gênets d’Or de Briec. “C’était dur. J’avais envie de reprendre le travail et surtout j’étais épuisée.

Un quotidien intenable

Alors l’idée d’un retour de Thomas presque tous les soirs, et chaque week-end, n’est pour les parents pas pérenne. “On tenait le coup mais là, ce n’est plus possible. On a 50 ans, on aspire à autre chose, à un peu de repos, à une vie sociale, à une vie professionnelle. Non pas par égoïsme mais tout simplement parce que c’est la vie” confie Nadine Cajean.

Un quotidien d’allers-retours qui ne semble pas non plus supportable pour Thomas. Les trajets, d’une heure trente environ avec les arrêts, induisent de la fatigue, “et la fatigue provoque l’épilepsie donc je sais pertinemment qu’il va faire de plus en plus de crises” souffle la maman.

Aucune place en structure pour adultes

À ses 20 ans, le jeune polyhandicapé aurait dû intégrer l’une des sept Maisons d’accueil spécialisées (MAS). Malgré cinq ans et demi d’attente, il n’y a toujours aucune place de disponible pour Thomas. L’Audiernais est autorisé à rester en IME grâce à l’amendement Creton : la mesure dérogatoire permet aux jeunes adultes de plus de 20 ans de rester en établissements médico-éducatifs, dans l’attente d’une place en structure pour adultes.

“Une personne, une place. Ça devrait être comme ça non ? Vraiment je ne comprends pas

Nadine,”  maman de Thomas

Cette réduction du temps de prise en charge de Thomas permet à l’IME d’accueillir d’autres enfants en liste d’attente. La famille comprend la décision de l’établissement, “victime du système“, mais n’en est pas moins dépitée.

Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de places ou de structures suffisantes. Ce sont des volontés politiques. Une personne, une place. Ça devrait être comme ça non ? Vraiment je ne comprends pas” répète Nadine Cajean avec amertume.

Pas de solution concrète

Les parents ont interpellé plusieurs personnalités politiques du Département du Finistère, l’Agence régionale de santé et même Brigitte Macron. “On nous répond, certes. Tout le monde comprend, compatit, mais il ne se passe rien.

Dès la semaine prochaine, Nadine et Xavier Cajean devront faire appel à un professionnel pour garder Thomas quelques heures après son retour à la maison. Car les horaires sont incompatibles avec leurs emplois respectifs.  “On va payer quelqu’un à domicile pour s’occuper de Thomas, alors que cette personne devrait être embauchée pour l’accueillir en structure adaptée. Ça n’a vraiment pas de sens.

Ils portent tous leurs espoirs sur une place, au moins temporaire, en établissement pour adultes.

Source FR3.

La Saison des tourteaux : le film-documentaire réalisé à Étretat bouleverse des spectateurs dans le monde entier. Vidéo…

Le film diffusé en 2020 sur France 3 Normandie brosse un portrait émouvant de Christophe, le “pêcheur à la tâte” malvoyant qui traque les crabes au toucher.

Le documentaire a été récompensé en Inde et aux Etats-Unis.

Il est projeté ce vendredi 3 septembre au Havre en ouverture de la fête de la mer. 

La Saison des tourteaux : le film-documentaire réalisé à Étretat bouleverse des spectateurs dans le monde entier

 

La mer est nourricière. Encore faut-il se donner un peu de peine. Depuis toujours, les habitants d’Étretat allaient “au rocher” pêcher les étrilles et les tourteaux à mains nues. Cette pêche “à la tâte” est tombée en désuétude. La modernité est passée par là, laissant ses outils qui permettent aujourd’hui de ne pas se mouiller.

Christophe pêche à la tâte depuis sa plus tendre enfance. Chaque année, dès le mois de mars, il entre dans l’eau, presque insensible au froid. Ses doigts caressent le rocher, glissent sur les algues, à la recherche de la proie. “C’est comme lire du braille”, dit-il en ouverture de La saison des tourteaux. Christophe est malvoyant profond. Sur les cailloux, il voit avec les mains.

“Nous avons suivi une saison de pêche, explique Martin Benoist, le résalisateur. Elle commence en mars, quand l’eau se réchauffe un peu et elle se termine en décembre, quand la température devient trop basse”. Depuis quarante ans, Christophe lit dans les cailloux. “Il a accumulé une telle connaissance de l’endroit, ça tient aujourd’hui de la magie. C’est presque cosmique”, observe Martin Benoist.

“Il se sent à sa place, en communion avec la nature. Dans l’eau, le fait d’être malvoyant n’est plus un handicap, mais une force.”

Martin Benoist, réalisateur de La saison des tourteaux

Le film a été tourné en 2019. Il a été diffusé sur France 3 Normandie l’année suivante. Depuis, La saison des tourteaux voyage. Le documentaire a été sélectionné dans une dizaine de festivals à travers le monde. Il a déjà raflé cinq prix, “en Inde, à Saint-Petersbourg en Russie, en France et deux fois aux Etats-Unis”. Pandémie et confinement obligent, la plupart de ces événements n’ont existé qu’en ligne, “mais j’ai reçu des tas de messages du monde entier”. L’histoire de cet homme qui surmonte son handicap en faisant corps avec la nature bouleverse sur tous les continents.

“La figure du pêcheur, le geste à mains nues, le fait de se glisser dans l’océan et de renaître un peu à chaque fois, c’est presque mythologique.”

Martin Benoist, réalisateur de La saison des tourteaux

La saison des tourteaux doit être projetée lors de la soirée d’ouverture de la Fête de la mer au Havre le vendredi 3 septembre. “On a déjà fait une petite tournée en Bretagne. C’est génial de se sentir ensemble au contact d’un film”, jubile Martin Benoist. Christophe sera là pour expliquer comment la mer le nourrit :

“Moi ce que je vois, la beauté que je vois là-dedans, c’est je te dis, le fait que ça soit immensément présent, que ça soit là depuis longtemps avant moi (…). Et ça c’est une beauté écrasante, une beauté qui te dit que t’es rien (…) C’est ça que j’aime. Et je me sens bien. Je me sens bien parce que je me sens épaulé dans un monde… où je me sens petit.”

Christophe, dans La saison des tourteaux7

Source FR3.

Archéologie : De l’amputation à la prothèse, comment nos ancêtres « réparaient » leurs handicapés…

Des découvertes archéologiques confirment que les humains ont recours à l’amputation et aux prothèses depuis (très) longtemps, selon notre partenaire The Conversation.

Archéologie : De l’amputation à la prothèse, comment nos ancêtres « réparaient » leurs handicapés

  • On a même établi que les hommes préhistoriques avaient recours à la trépanation au silex et que 70 % des « patients » y survivaient !
  • L’analyse de ce phénomène a été menée par Valérie Delattre, archéo-anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives et à l’Université Bourgogne Franche-Comté.

Alors même que se déroulent les Jeux paralympiques de Tokyo 2020, la thématique du handicap est, depuis quelques années, un sujet de recherches qui ancre l’ inclusion, l’exclusion, l’appareillage, la compensation et la prise en charge au plus lointain qu’il est possible d’étudier l’être humain. Si les athlètes paralympiques bénéficient des technologies de pointe et des matériaux futuristes, qu’en est-il pour les sociétés du passé ?

La longue histoire des prothèses est intimement liée à celle des hommes : les premiers humains debout ont très tôt su inventer des bâtons de support, des béquilles, des cannes et des appareillages improvisés, pour remplacer un membre absent ou défaillant. Reconnue à Shanidar (Irak) il y a plus de 45.000 ans sur un sujet présentant de lourdes lésions traumatiques, attestée en France vers 4700 ans av. notre ère, l’amputation va se déployer au Moyen-Âge comme en atteste l’archéologie funéraire : elle bénéficiera, au fil des siècles, des techniques chirurgicales qui feront éclore, notamment sur les champs de bataille de la Renaissance, les savoir-faire audacieux du barbier Ambroise Paré, puis ceux des chirurgiens des Invalides, appareillant les nombreux mutilés des guerres de Louis XIV.

Dents et crânes

Le plus simple, à l’évidence, est de remplacer une dent, perdue ou arrachée : si les plus grands orthodontistes, avant les prouesses des dentistes modernes, restent les Étrusques (notamment ceux de Tarquinia) et les Égyptiens, un implant en coquillage, en place dans une mâchoire, a déjà été retrouvé dans une nécropole de 5000 av. notre ère.

Crâne de jeune fille trépanée au silex, Néolithique (3500 av. J.-C.) ; la patiente a survécu ! © Rama / Wikimedia CC BY-SA 3.0

De la même manière, la trépanation est l’un des premiers gestes intrusifs, inventoriée dès la Préhistoire, à travers le monde et dans toutes les cultures, pratiquée par de véritables neurochirurgiens : il s’agissait de percer le crâne pour soulager le cerveau lésé, car comprimé. Le prélèvement de la rondelle osseuse – parfois remplacée – s’est d’abord effectué avec un silex, par grattage ou raclage ou percement. L’issue d’une telle opération de neurochirurgie restait aléatoire, même si près 70 % des patients survivaient. Elle était souvent lourde de séquelles fonctionnelles, entraînant parfois des hémiplégies, des paralysies faciales nécessitant une aide à la personne.

La représentation des sujets appareillés

Les sujets amputés et/ou appareillés n’ont jamais été dissimulés et on les retrouve sur tout type de supports.

Skyphos italiote du IVᵉ siècle avant J.-C (peintre du Primato) représentant un satyre infirme appareillé © H. Lewandowski / RMN (via The Conversation)

L’inventaire est pléthorique et propose, par exemple, une stèle funéraire égyptienne (1000 ans av. notre ère) représentant un sujet atteint de poliomyélite utilisant une béquille en bois pour se déplacer, un skyphos grec (4e s. av. notre ère) et son satyre dont la jambe droite, atrophiée, est enroulée autour d’un bâton, un vase précolombien mochica (-200 à 600 de notre ère) figurant un petit sujet amputé emboîtant sur son moignon une prothèse engainante en céramique ou un petit infirme acrobate sur son pilon de bois dessiné sur une bible du VIIe siècle.

Ainsi l’Occident médiéval va-t-il multiplier les sujets handicapés dont les prothèses sont des coques ou des arceaux en bois, parfois engainants, munis d’un pilon sur lequel le membre amputé est replié sur un textile : à l’image de ceux déployés sur les célèbres Mendiants de Brueghel (vers 1558), ils sont pleinement représentatifs des dispositifs en matériau périssable, longtemps utilisés pour pallier l’amputation tibiale.

Soins, praticiens et prothèses

L’archéologie funéraire confirme la forte présence de ce qu’il est prématuré d’appeler « handicap » au sein de sociétés dont les membres, affectés par des maladies congénitales et des accidents de vie, sont pris en charge et intégrés. C’est à Buthiers (Seine-et-Marne) que la plus ancienne amputation a été recensée en France. Un homme âgé, du néolithique ancien, inhumé en position fœtale a été amputé de son avant-bras gauche, grâce à une intervention chirurgicale, au silex, visant à couper les muscles et les tendons au niveau de l’articulation du coude.

Sépulture du sujet néolithique amputé de Buthiers © Inrap (via The Conversation)

Multiples sont les sujets amputés, mis au jour appareillés ou non, dans leur tombe, après que leur communauté d’appartenance (un clan, un village, une paroisse, une abbaye…) les eut diagnostiqués, amputés, soignés et pris en charge et ce pour toutes les périodes étudiées. Les praticiens, depuis les guérisseurs du Néolithique, incluant Gallien (chirurgien des gladiateurs de Pergame), le français Guy de Chauliac et l’arabo-musulman Albucassis, se révèlent souvent habiles et ingénieux, malgré des techniques et des instruments très disparates !

Sépulture d’un sujet amputé des deux membres inférieurs de la nécropole du haut Moyen-Âge de Serris-les-Ruelles (Seine-et-Marne) © F. Gentili / Inrap (via The Conversation)

De fait, en parallèle à l’étude paléopathologique des interventions, des soins et des techniques, une véritable archéologie des prothèses et appareillages compensatoires se développe. On le sait, les plus anciennes mises au jour in situ, ont été retrouvées sur des momies égyptiennes, tel l’orteil du Caire, articulé et fonctionnel (1069-664 av. notre ère). De façon générale, l’ingéniosité des artisans et des forgerons semble toujours avoir été sollicitée : à Capoue (Italie), au IVe siècle av. notre ère, une prothèse de membre inférieur, composée de plusieurs éléments en bronze reliés les uns aux autres par des clous en métal a même été sculptée en forme de mollet puis décorée de motifs guerriers. Une même créativité et, soulignons-le, une forme de solidarité, semble s’être exercée à Cutry (Meurthe-et-Moselle), où un homme amputé des deux mains a été doté d’une prothèse d’avant-bras droit fabriquée à l’aide d’une petite fourche bifide (à deux extrémités) en fer maintenue par des courroies en cuir, une boucle de ceinture et une boucle de chaussures recyclées.

La vraie rupture avec ces appareillages s’instaure avec l’apparition de nouvelles prothèses dites militaires, proches des armures, qui se développent en parallèle aux progrès chirurgicaux générés par les ravages des champs de bataille et l’invention de l’artillerie lourde : la guerre est la meilleure amie de la prothèse !

La prothèse des riches

Autour des puissants hommes de guerre de la Renaissance, les corps de métier se surpassent pour forger des cuirasses, des armes, coudre des baudriers… Les plus fortunés compensent avec ostentation leur mutilation en se faisant fabriquer des appareillages dits « de riches » en raison de leur coût, de leur splendeur et de leur unicité. Ces nouvelles prothèses sont calquées sur les armures de chevalerie dont elles adoptent la technologie, comme celle retrouvée à Balbronn (Alsace) dans la tombe du chevalier Hans von Mittelhausen décédé en 1564.

Main articulée (et sa reconstitution) datée XVIᵉ siècle du chevalier Hans von Mittelhause (Balbronn) conservée au musée historique de Strasbourg © M. Bertola – Musées de Strasbourg (via The Conversation)

Le tournant décisif est initié par Ambroise Paré (1510-1590) : orthopédiste et chirurgien de formation, il parcourt les champs de bataille et constate les ravages sur le corps humain engendrés par l’introduction de nouvelles armes à feu. Humaniste et ingénieux, il développe des techniques réparatrices, œuvrant aux progrès de la ligature des vaisseaux et en concevant « des moyens artificiels pour ajouter ce qui fait défaut naturellement ou par accident ». Ses prothèses de mains, notamment, réalisées par le serrurier Le Lorrain, amorcent les temps modernes de l’appareillage : les doigts sont indépendants, mobiles et articulés. Paré abandonne le lourd métal, pour privilégier le cuir bouilli, la laine, la peau ou le velours. Sa « jambe des pauvres » est un cuissard en bois peu coûteux offert au plus grand nombre. Il veut que ces appareils servent « non seulement à l’action des parties amputées, mais également à l’embellissement de leur aspect… »

Les Invalides

Après la guerre de Trente Ans (1618-1648) les soldats estropiés grossissent les rangs des mendiants des quartiers insalubres parisiens. Louis XIV crée en 1670 l’hôtel des Invalides pour « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie [pour qu’ils] passent le reste de leurs jours dans la tranquillité ». Il peut accueillir 4.000 militaires que l’on appareille et qui devront encore servir l’État en travaillant dans des ateliers de confection de vêtements, de broderie, de calligraphie. Aujourd’hui encore, il accueille les militaires gravement blessés en opérations extérieures et ceux dont la vie a été à jamais figée, par exemple, sur la terrasse d’un café ou au Bataclan dans la soirée d’un funeste 13 novembre

Loin des épidémies dévastatrices, des guerres meurtrières et des dérèglements climatiques qui déstabilisent la nécessaire solidarité des sociétés et ostracisent les vulnérables dépendants, parfois avec cruauté et barbarie, l’histoire des hommes est aussi un long récit de comportements, souvent organisés en solidarité. Conformément au vieil adage « selon que vous êtes puissant ou misérable… », le handicap, et surtout le handicap de manque en ce qu’il suppose des appareillages compensatoires parfois sophistiqués et onéreux, est toujours un marqueur social et économique : atteint de la même manière, le rescapé d’un tremblement de terre à Haïti ne bénéficiera pas de la même technologie de pointe qu’un champion paralympique équipé de lames en carbone !

Cette analyse a été rédigée par Valérie Delattre, archéo-anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives et à l’Université Bourgogne Franche-Comté.

Source 20 MINUTES.

La galère de trois familles franciliennes pour scolariser leur enfant handicapé…

PARCOURS DE COMBATTANTES – Deux mamans et un papa racontent les difficultés qu’il et elles ont rencontrées pour que leur enfant handicapé puisse apprendre comme les autres.

La galère de trois familles franciliennes pour scolariser leur enfant handicapé

 

  • Des familles galèrent à scolariser leur enfant handicapé en Ile-de-France et pointent des inégalités territoriales.
  • « L’inclusion telle qu’on veut nous la montrer aujourd’hui est à l’opposé de celle qu’on veut nous montrer sur le terrain », estime un père, qui critique la communication gouvernementale.
  • Près de 12.000 enfants handicapés rencontrent chaque année des difficultés de prise en charge à l’école, selon le gouvernement, un chiffre sous-évalué selon l’Unapei, qui regroupe 550 associations autour du handicap.

« Notre fils n’aura pas école pour la troisième année de suite », « Notre fils est déscolarisé depuis 2018 », « J’ai un enfant handicapé et je ne trouve malheureusement pas de place »… Sur marentree.org, les témoignages de parents d’enfants handicapés s’accumulent, dans la foulée de la campagne #jaipasecole, lancée par l’Unapei, mouvement associatif français qui regroupe 550 associations autour du handicap. En Ile-de-France, la situation n’est pas meilleure qu’ailleurs, avec ses spécificités départementales. 20 Minutes a recueilli le témoignage de trois familles, dont les enfants ont été orientées vers des structures inadaptées, ou qui sont carrément sans solution pour la rentrée.

C’est le cas d’Ewa Grajner, maman de Filip, 7 ans, diagnostiqué autiste à 22 mois, et qui habite à Villemomble, en Seine-Saint-Denis. Il est ce qu’on appelle « non verbal » : il ne parle pas du tout et communique en pointant avec le doigt, avec des pictogrammes. « Il ne saura sans doute jamais lire, ni écrire. Peut-être jamais parler », explique sa mère, et c’est la raison pour laquelle son fils a besoin d’une structure qui le prend en charge avec ergothérapeute, psychologue, psychomotricien, orthophoniste, etc. pour qu’il progresse.

Pendant quatre ans, Filip a été correctement pris en charge à l’hôpital de jour à Neuilly-sur-Marne selon sa mère, à raison de 32 heures par semaine. Mais en juillet dernier, le suivi s’est arrêté, et malgré les efforts des parents depuis un an, impossible de trouver une place en institut médico-éducatif (IME), la seule structure adaptée aux yeux des parents de Filip.

A l’IME de Soubiran, pourtant dans leur département, ils se sont même vus répondre que leur domicile était hors du « secteur géographique » de l’institution, qui n’est pourtant pas censée sectoriser. En juillet, une convention entre la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le département de Seine-Saint-Denis et la MDPH a été signée pour améliorer les délais de traitement.

« Cela va à l’encontre du droit à l’enfant »

D’autres parents ont dégoté une solution, mais au prix de coûteux sacrifices financiers. C’est ce qui s’est passé pour Marie*, mère d’une petite Mégane* de 7 ans et demi, porteuse d’un syndrome génétique rare, qui nécessite là aussi une prise en charge pluridisciplinaire. Pour scolariser l’enfant, Marie, qui habite Paris, s’est résolue à embaucher une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) privée, la directrice d’école lui ayant clairement dit, selon son témoignage, que l’enfant ne serait pas pris à l’école avec une AESH de l’Education nationale, qui ne reçoit que 60 heures de formation.

« Cela va à l’encontre du droit à l’enfant, c’est comme si on disait “votre enfant ne va pas rentrer dans cette classe-là car on n’a pas l’enseignant adapté”. C’est à l’école de s’adapter, pas à la famille », s’insurge Sonia Ahehehinnou, vice-présidente de l’Unapei.

Entre-temps l’enfant avait commencé à se mutiler

Les prises en charge inadaptées peuvent se révéler catastrophiques et rendre encore plus difficiles la situation des familles d’enfants handicapés, et surtout des enfants eux-mêmes. C’est ce qui est arrivé à Luc*, enfant autiste de 11 ans, qui réside dans le Val-de-Marne. Scolarisé au départ à l’école selon le récit de son père Sami*, l’enfant devait subir des changements incessants de classe, les enseignantes et enseignants de l’établissement ayant refusé de le prendre en charge plus d’une heure d’affilée. A quoi se sont ajoutés plusieurs changements d’institutrices, parties en congé maternité.

« Le pédopsychiatre a alerté le médecin scolaire dès le lendemain de la rentrée que cela allait majorer les troubles de l’enfant », explique Sami, mais ce n’est qu’en décembre, quand député et Défenseur des droits se sont déplacés, que l’enfant a été autorisé à intégrer normalement une classe. Entre-temps l’enfant avait commencé à se mutiler, et il a finalement été décidé de le déscolariser. A la rentrée, la formation à « l’école inclusive » deviendra obligatoire pour tous les nouveaux enseignants.

« On est en train de créer des cas complexes, tout cela parce qu’à la base le système n’est pas adapté aux enfants », se désole Sonia Ahehehinnou. Et Luc, qui suivait depuis les cours par le Cned, est aujourd’hui également privé de cette ressource, selon son père, parce que la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) a notifié une scolarisation en classe Ulis en juillet, alors que les dernières commissions d’attribution se tiennent en juin, rapporte-t-il.

Inégalité territoriale

Les délais d’attente peuvent être très longs, jusqu’à 4 ans, et varient selon les départements, provoquant une inégalité territoriale. « Tous les départements ne s’investissent pas de la même façon pour la prise en charge du handicap et la scolarisation : le Val-d’Oise et les Yvelines ont moins d’implication que la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne », explique Bruno Lefebvre, président de l’Unapei Ile-de-France. Les délais sont les plus longs dans le Val-d’Oise : il faut y compter quatre ans pour une place en institut médico-éducatif, contre « seulement » un an et demi ou deux ans en Seine-et-Marne ou dans l’Essonne.

Pour une place en milieu scolaire ordinaire, c’est dans l’académie de Versailles où cela pêche le plus, à cause d’un manque d’AESH, selon Bruno Lefebvre. « Les enfants sont dits “scolarisés” mais ne le sont en fait que sur une demi-journée par semaine. »

Familles sacrifiées

Les enfants trinquent mais les familles aussi. Ewa Grajner, qui était adjointe de direction dans une grande surface, a dû arrêter de travailler, tout comme Marie. « Je ne pouvais pas organiser l’agenda de ma fille jusqu’à 2 heures du matin tous les jours », dit-elle. Les vacances suivent pour cette dernière le rythme des thérapies de sa fille : « Quinze jours en Espagne l’an dernier pour des soins intensifs dans une clinique, cette année en Bretagne pour une rééducation neuro-fonctionnelle dans un centre spécialisé qui fait beaucoup de pédiatrie et de neurologie. » Sans compter les efforts financiers : les « vacances » de Mégane coûtent entre 2.000 et 3.000 euros, et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Au quotidien, comme Marie a choisi d’être aidée financièrement pour une prise en charge humaine, les soins qu’elle peut requérir pour sa fille ne lui sont pas remboursés. Il fallait choisir, c’était l’un ou l’autre. « On ne peut pas cumuler les deux », explique-t-elle.

Les familles qui font face à ces problèmes sont souvent surmenées, épuisées. Sami, le père de Luc, a lui aussi mis entre parenthèses son métier d’enseignant pour faire l’école à son fils à domicile, mais il a été rattrapé par des ulcères à l’estomac, qu’il attribue au stress généré par la situation de son enfant. Double peine, il a ensuite été déclaré inapte à toute fonction publique à vie à la suite du passage d’un expert, selon son témoignage, une décision contre laquelle il se bat aujourd’hui au tribunal. « N’importe quelle maman dira qu’elle est prête à se suicider quand elle doit refaire un dossier à la MDPH », abonde Marie.

Que fait le gouvernement ?

En face, le ministre de l’Education met en avant l’augmentation du nombre d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), passés de 70.000 à plus de 120.000 aujourd’hui. Mais ces chiffres sont largement contestés par les parents que nous avons interrogés, qui affirment ne voir aucun progrès sur le terrain. « Sur le papier c’est magnifique, mais on ne fait rien », se désole Ewa Grajner. « L’inclusion telle qu’on veut nous la montrer aujourd’hui est à l’opposé de celle qu’on veut nous montrer sur le terrain », renchérit Sami.

Pour Sonia Ahehehinnou, « l’école ne sera réellement inclusive que lorsqu’on aura une évaluation bien concrète des besoins du terrain ». Le gouvernement affirme que 12.000 enfants handicapés rencontrent chaque année des difficultés de prise en charge à l’école (sur 385.000 enfants en situation de handicap scolarisés en classe ordinaire à la rentrée 2020) mais l’Unapei considère que les chiffres sont largement sous-évalués, car ils englobent toutes les prises en charge y compris celles jugées déficientes ou insuffisantes par les parents. Contacté par 20 Minutes, le cabinet de la ministre Sophie Cluzel nous confirme que ce sont bien les heures prescrites par la MDPH qui sont comptabilisées, et non les heures effectives.

* Le prénom a été changé

Source 20 MINUTES.

Handicap : l’ONU pas convaincue par le bilan français…

L’approche médicale du handicap par la France nuit à la bonne application de la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies.

handicap-travail-autonomie

 

Entre le 18 et le 23 août 2021 et pour la première fois depuis la ratification par la France en 2010 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), une délégation française conduite par Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, a défendu le dossier français devant le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU dans le cadre de la procédure de contrôle périodique de la mise en œuvre de la convention. Le résultat n’est pas fameux.

Pauvreté

C’est un jugement sévère que Jonas Ruskus, le rapporteur du Comité des droits, a porté sur les actions de la France déplorant que « le modèle du handicap basé sur les droits de l’homme n’a[it] pas été intégré dans la législation ni la réglementation nationales », pas plus qu’il ne soit « devenu partie intégrante de la conscience politique et professionnelle » en France. Parmi les écarts constatés avec le texte de la CDPH, le comité a notamment relevé l’« approche médicale du handicap ».

Monsieur Ruskus a, pour sa part, estimé que le système d’allocation pour les personnes handicapées restait une mesure fragmentaire, fondée sur ce modèle médical et poussant les personnes handicapées dans la pauvreté.

Discrimination structurelle

Le rapporteur a en outre dit sa déception la « logique d’institutionnalisation des personnes », relevant le niveau de discrimination structurelle à l’encontre des personnes en situation de handicap. D’autres membres se sont offusqués des « lois discriminatoires permettant d’hospitaliser, sans leur consentement, des personnes victimes de handicap psychosocial ». Le fonctionnement du Conseil consultatif national des personnes handicapées (CNCPH) et la participation des personnes handicapées à cette instance, le transfert en Belgique – à des fins de traitement – d’enfants et d’adultes atteints de trisomie 21 ainsi que des questions spécifiques concernant la situation des femmes et filles handicapées ont également été dénoncés.

Les questions d’accessibilité – des documents, des sites internet, des bâtiments et des logements –, d’universalité et de société inclusive ont été soulevées.

Revoir la définition

La délégation française s’est évidemment défendue ardemment des reproches formulés, soulignant de la part du gouvernement une « ambition politique d’effectivité des droits des personnes en situation de handicap ». Des progrès ont été réalisés depuis la remise en 2016 du précédent rapport, comme la pleine reconnaissance à tous les majeurs protégés du droit de voter ou de se marier.

En charge du suivi de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, la défenseure des droits, dans son rapport parallèle, trace « un bilan contrasté » de la mise en œuvre de la CIDPH en matière d’effectivité des droits des personnes handicapées. Elle relève de « nombreux freins à l’autonomie et à l’inclusion des personnes handicapées » et demande de réviser la définition du handicap afin de la rendre pleinement conforme à la Convention.

Recommandations fin septembre

Alors qu’en 2020, le handicap est, pour la quatrième année consécutive, le premier motif de saisine de la Défenseure des droits en matière de discrimination (21 % des réclamations), l’APF France handicap espère que les recommandations de l’ONU à la France, attendues pour fin septembre, « obligeront l’État à réviser ses politiques publiques en matière de handicap » pour « respecter ses engagements internationaux ».

Le Collectif Handicaps, de son côté, regrette que des sujets tels que l’emploi et la formation professionnelle, les personnes en situation de handicap avec des besoins d’accompagnement complexes, l’accès à la vie culturelle et aux loisirs et les discriminations croisées (comme les personnes handicapées migrantes ou LGBT+) aient été « peu abordés, voire écartés, aussi bien par le Comité des Droits que par le gouvernement ».

Source LA GAZETTE DES COMMUNES.

 

Suède : une famille touchée par une nouvelle forme d’Alzheimer…

Cette forme rare de la maladie est plus agressive. Les premiers symptômes apparaissent au cours de la quarantaine. 

Suède : une famille touchée par une nouvelle forme d’Alzheimer

 

En 1907, le psychiatre allemand Aloïs Alzheimer se penche sur le cas d’une de ses patientes, atteinte de mutisme, de troubles de la mémoire, de désorientation et d’hallucinations. Il découvre l’existence de plaques amyloïdes dans son cerveau, et donne son nom à la pathologie associée. Plus de cent ans après, les connaissances sur la maladie d’Alzheimer sont en évolution constante. Dans Science Translational Medicine, des chercheurs présentent une nouvelle découverte : il existe une forme plus agressive de la maladie. En Suède, plusieurs membres d’une même famille en ont été atteints.

Une origine génétique

Appelée “suppression d’Uppsala APP”, du nom de la ville où elle a été découverte, cette forme de la maladie est associée à des symptômes plus brutaux : les personnes touchées souffrent plus rapidement de démence, généralement autour de 40 ans. Cette rapidité de la pathologie peut être en partie expliquée par la plus grande vitesse à laquelle se forment les plaques amyloïdes. Les différentes analyses menées sur cette famille montrent qu’ils ont une suppression d’un brin dans la chaîne d’acides aminés, liée à la protéine amyloïde. “Imaginez un collier de perles devenu trop court car six perles sont manquantes“, comparent les auteurs de l’étude. Le gène APP des membres de cette famille n’est plus capable de coder correctement les chaînes d’acides aminés, et des dépôts de protéine amyloïde se forment dans le cerveau.

Comment la mutation a-t-elle été découverte ?

Il y a sept ans, deux frères et soeurs de cette famille ont été diagnostiqués d’une maladie d’Alzheimer précoce alors qu’ils étaient âgés de 40 et 43 ans. L’un de leurs cousins s’est fait diagnostiquer de la même pathologie quelque temps plus tard. Les trois membres de cette famille avaient des symptômes graves : ils avaient de grande difficulté à parler et ne parvenaient plus à réaliser des calculs simples. Les médecins de la clinique suédoise ont fait le rapprochement avec le père, qu’ils avaient découvert atteint de la même maladie vingt ans plus tôt. Cela leur a permis d’identifier cette nouvelle forme de la maladie d’Alzheimer. “Il n’y a pas de données suggérant que d’autres familles portent la délétion de l’APP d’Uppsala, bien que d’autres formes de maladie d’Alzheimer familiale aient été identifiées en Suède“, précisent-ils. Si dans ce cas précis, il existe un lien génétique entre les différentes personnes atteintes, pour la population générale, les causes exactes de la maladie demeurent inconnues. 

Source ALLO DOCTEUR.

 

60 Millions de consommateurs alerte sur les traces de pesticides dans certains pains industriels…

Pains de mie, bagels, wraps… Le magazine 60 Millions de consommateurs a signalé le 30 août 2021 une trentaine de pains industriels renfermant des traces de pesticides.

60 Millions de consommateurs alerte sur les traces de pesticides dans certains pains industriels

 

Si les seuils légaux ne sont pas dépassés, leur présence pose question. Éléments de réponse avec Xavier Lefebvre, ingénieur agro-alimentaire qui a participé à cette étude.

La revue 60 Millions de consommateurs a épinglé 28 références de pains industriels, dont des marques très connues comme Harry’s et Jacquet, mais aussi des celles de distributeurs de grandes enseignes (Intermarché, Lidl, Casino), dans une étude indépendante, publiée le 30 août 2021.

Quel est le but de cette étude ?

« Notre objectif était d’analyser la composition des produits et de contrôler la qualité nutritionnelle intrinsèque et détecter la présence ou non de tous contaminants dans des produits quotidiens très consommés », nous explique Xavier Lefebvre, ingénieur agroalimentaire qui a participé à l’étude de 60 Millions de consommateurs.

Des travaux qui ont également été motivés par la pandémie de Covid-19 et notamment le confinement. « La consommation des pains de mie, sandwichs et bagels a fortement progressé avec le confinement. C’est une évolution intéressante de ce marché pour nous. Enfin, c’était également une demande forte de nos lecteurs. »

Comment ça marche ?

Pour cette étude, le magazine édité par l’Institut national de la consommation (INC) a passé au crible une trentaine de produits allant du pain de mie au wrap en passant par les pains à burger ou hot-dog. L’objet de leur recherche : la présence de pesticides et l’apport nutritionnel de ces produits.

Au total pas moins de « 350 molécules » ont été analysées. La composition des produits a également été étudiée pour évaluer la présence ou non d’additifs et la teneur en sel.

Quels résultats ?

Selon 60 Millions de consommateurs, des traces de pesticides ont été retrouvées dans « la grande majorité des références conventionnelles et dans deux pains pour burger bio ». Toutefois, « aucun résidu ne dépasse les limites » autorisées par la loi.

Parmi les résidus de pesticides retrouvés il y a notamment : la cyperméthrine. C’est un herbicide classé irritant et « potentiel perturbateur endocrinien ». La butoxyde de pipéronyle, un synergisant très utilisé dans les cultures céréalières, a également été repérée. « Si son usage, reconnu sans danger, permet de réduire l’utilisation de molécules actives, il n’en reste pas moins une substance indésirable », précise le magazine.

60 Millions de consommateurs alerte sur les traces de pesticides dans certains pains industriels

Une présence de pesticides qui ne surprend cependant pas Xavier Lefebvre. « Près de 80 % des produits analysés ont une trace de pesticides. Nous sommes condamnés à voir des produits avec ces traces. La raison ? Le pain est issu du blé », note le scientifique.

« C’est une culture de masse et majoritaire en Europe qui utilise beaucoup de pesticides de manière rationalisée. Après, on retrouve les pesticides partout et même parfois dans le bio, car quand ils ne sont pas utilisés directement, ils restent longtemps présents dans les sols et mettent du temps à s’évacuer. »

Quel risque pour la santé des consommateurs ?

Si la présence de pesticides est avérée dans la grande majorité des références analysées par 60 Millions de consommateurs, « aucun résidu ne dépasse les limites autorisées », rappelle le magazine. « Sur ce type de produit, il n’y a pas de risques sur la quantité retrouvée », insiste Xavier Lefèvbre.

« Ce qui peut être gênant et potentiellement dangereux, en revanche, c’est l’accumulation sur le long terme car nous avons peu de recul sur certaines molécules. Il y a très peu d’études. On avance un peu à l’aveuglette. »

Quels conseils pour garder le moral ? « Il faut rester mesuré. J’invite les consommateurs à favoriser le bio car il est toujours meilleur en termes de contaminants. Ce n’est pas une garantie absolue pour qu’il n’y en ait pas, mais c’est mieux. »

Quid du Nutri-Score vert ?

Donnée surprenante de l’étude de 60 Millions de consommateurs : sur les 28 produits testés, 25 obtiennent un Nutri-Score A ou B. Comment l’expliquer alors que certains sont très salés et comportent des traces de pesticides ? (Concernant ces traces, étant donné que ces produits respectent les seuils légaux, cela fonctionne.) « Le Nutri-Score donne une indication simplifiée, précise Xavier Lefebvre. Même si les pains sont globalement pauvres en fibre et très salés, ces mauvais points sont fortement contrebalancés par le fait qu’ils sont des produits qui restent très peu sucrés et peu gras. »

Source OUEST FRANCE.

Accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), « Un métier de passion », mais de précarité aussi…

Pour Sandrine Leclerc, accompagnante d’enfants en situation de handicap (AESH) au collège de Brezolles et représentante des AESH à la FSU 28, il y a encore des progrès à faire du côté de l’Éducation nationale pour donner à ce métier toute la place qu’il mérite au sein de l’institution scolaire. 

Accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), « Un métier de passion », mais de précarité aussi

 

Sandrine Leclerc reconnaît volontiers un « bon dialogue social avec les services académiques de l’Eure-et-Loir » : « On sent une volonté du Service de l’école inclusive d’augmenter les contrats des gens en place » et « de l’académie d’harmoniser les contrats », qui étaient gérés jusqu’ici par deux gestionnaires différents, ce qui occasionnaient des incohérences.

Selon elle, ce qui manque aux AESH, ce sont « des avancées au niveau national ». Même si les discussions entre les syndicats et le ministère de l’Éducation nationale ont permis quelques avancées (notamment une revalorisation des salaires, qui sera effective à la rentrée), il reste du chemin à accomplir pour sortir les AESH de la situation précaire dans laquelle les place leur contrat.

« Dans le département, et c’est pareil partout ailleurs, la grande majorité est engagée en temps partiel imposé, à 62 % d’un temps plein. Cela amène des collègues à avoir deux emplois. Beaucoup cumulent avec du temps d’accompagnement aux devoirs le soir ou de la surveillance de cantine à midi. Mais on doit se tenir à disposition, car notre emploi du temps est par nature fluctuant. On emploie des gens à 760 € par mois, certes en CDI, mais en leur demandant d’être compétents, souple sur les horaires et en les formant très peu… », constate la syndicaliste.

Se former à la diversité des handicaps

La formation est en effet un autre des chevaux de bataille des syndicats. « Il y a soixante heures de formation la première année, puis dix-huit par an de formation continue. Mais il existe tellement de handicaps différents qu’on se forme sur notre temps personnel, et parfois sur nos propres deniers », constate Sandrine Leclerc, qui vient elle-même de se former « sur le sujet du TDAH [trouble de déficit de l’attention/hyperactivité, NDLR] sur un mooc [cours en ligne, NDLR] canadien ».

Bonne nouvelle pour les AESH, un panel de formations va leur être proposé à partir de cette rentrée, « enfin », lâche Sandrine Leclerc, qui se réjouit également du plan national de formation des AESH en cours d’élaboration.

L’implication qu’elle voit parmi ses collègues vient selon du fait qu’AESH est « un métier de passion, qui plaît à beaucoup des gens » qui l’exercent.

L’école inclusive, un système complexe à mettre en œuvre.

Depuis la rentrée dernière, les services de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés sont organisés sous forme de pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial). Une forme de mutualisation qui permet, selon l’Éducation nationale, « plus de réactivité et plus de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement humain dans les établissements scolaires ».

« Une situation temporaire »

Les 620 AESH du département sont « tous affectés sur un Pial depuis le 30 juin et la plupart savent déjà sur quel(s) établissement(s), mais on ne met pas un AESH en face d’un nom d’enfant », précise Pascal Grimoin, qui sait l’attente des parents d’élèves en situation de handicap. Les services académiques doivent en effet jongler entre les notifications de la Maison départementale des personnes handicapées qui tombent tout au long de l’année et attribuent des heures d’accompagnement à certains élèves, les besoins des enfants et la répartition géographique des AESH.

« Parfois, nous recrutons un accompagnant à Dreux, mais à la rentrée, nous apprenons que l’enfant a déménagé à Châteaudun. Il faut alors recruter quelqu’un à Châteaudun, car il n’est pas question de faire traverser tout le département à l’AESH, ni de laisser un enfant sans accompagnant. »

C’est cette gymnastique complexe qui explique que 2 % des enfants « notifiés MDPH » dans le département se retrouvent sans AESH. « Une situation temporaire », assure Pascale Grimoin.

Source L’ECHO REPUBLICAIN.

Comment l’enseignement supérieur accompagne les étudiants handicapés ?…

L’accès à l’enseignement supérieur reste une gageure pour les jeunes en situation de handicap.

Les défis à relever sont nombreux pour améliorer leur intégration et leur accompagnement. 

Comment l’enseignement supérieur accompagne les étudiants handicapés ?

 

Les universités accueillent plus de 26.000 étudiants en situation de handicap sur les 29.989 étudiants handicapés que compte l’enseignement supérieur (chiffres de 2018). La Conférence des Présidents d’Université (CPU) est signataire d’une charte sur le handicap depuis 2007 et a élaboré un guide de l’étudiant en situation de handicap pour améliorer leur accueil au sein des universités.

La loi de juillet 2013 pour l’Enseignement et la Recherche demande à chaque établissement d’enseignement supérieur de mettre en place un schéma directeur pluriannuel du handicap. A ce jour, 80% des universités s’en sont dotées. C’est le cas de l’Université de Haute-Alsace (UHA) qui propose un agenda programmé sur cinq ans pour favoriser l’accessibilité aux étudiants en situation de handicap.

Travailler au cas par cas

Selon Christine Gangloff-Ziegler, présidente de l’UHA et vice-présidente de la CPU, les handicaps physiques ne sont pas les plus nombreux à l’université. “Il y a surtout des troubles du langage et de la parole, comme les DYS, les troubles moteurs, psychiques ou visuels. La variété de handicap suppose que les équipes d’accueil travaillent au cas par cas”.

Cette université propose ainsi des systèmes de compensation, des aides de vie financées par l’établissement pour accompagner certains étudiants pratiquement à 100%. Elle recrute aussi des preneurs de notes ou des étudiants pour mettre à disposition leurs notes.

“Nous proposons à nos étudiants d’apprendre la langue des signes, de circuler avec un fauteuil roulant pour se mettre en situation”. (C. Gangloff-Ziegler)

L’université se fait accompagner dans ses démarches par des associations pour l’aider à mieux comprendre la diversité de situation de handicap et proposer des aménagements personnalisés. “Nous réalisons aussi un travail de sensibilisation auprès de nos étudiants pour l’acceptation des étudiants en situation de handicap. Nous leur proposons d’apprendre la langue des signes, de circuler avec un fauteuil roulant pour se mettre en situation”, indique Christine Gangloff-Ziegler.

L’université reçoit des moyens spécifiques pour ces actions, mais qui ne sont pas à la mesure de la croissance du nombre d’étudiants en situation de handicap accueillis, selon la présidente.

Des étudiants majoritairement en licence

Le défi réside notamment dans l’accompagnement des étudiants vers les plus hauts niveaux de diplôme, les étudiants handicapés restant sous-représentés en master et en doctorat, par rapport à la licence.

L’Université de Haute-Alsace compte par exemple 136 étudiants déclarés en situation de handicap dont 111 au niveau licence et 25 au niveau master. “On ne les amène pas encore au niveau du master et du doctorat. L’explication de cette déperdition existe : l’effort pour eux est parfois trop important, alors quand ils ont un diplôme en poche, ils s’arrêtent pour intégrer le marché du travail. Parfois le choix des masters proposés ne leur convient pas ou la mobilité devient compliquée notamment pour les handicaps lourds”.

Former les étudiants et les salariés

Parmi les écoles de la Conférence des grandes écoles (CGE), 1,6% des étudiants sont en situation de handicap. Plus de la moitié d’entre eux sont en école d’ingénieurs et plus d’un tiers en école de management, selon un baromètre publié en novembre 2019 par la CGE.

Pour mieux accompagner ces étudiants, la formation des professeurs et des étudiants est cruciale. L’ESSEC a ainsi lancé en 2014–2015 une formation handicap certifiante pour les étudiants, désormais également ouverte aux salariés. Il s’agit d’une semaine dédiée avec des professeurs, des philosophes, des juristes, des entreprises engagées, des étudiants tuteurs… qui partagent leurs travaux de recherche, leur expertise ou leur expérience personnelle.

“Ils doivent avoir une expérience d’études tout aussi exaltante que les autres.” (V. Esposito Vinzi)

La CGE a également signé une charte “pour une dynamique toujours plus inclusive dans les grandes écoles” en février 2019. “Ce qui a inspiré cette deuxième charte c’est d’offrir aux jeunes handicapés plus de chances d’accéder à des études supérieures sélectives mais aussi d’y réussir”, souligne Vincenzo Esposito Vinzi, président de la commission Diversité de la CGE.

“Ils doivent avoir une expérience d’études tout aussi exaltante que les autres. Et le défi est le même pour l’insertion professionnelle : l’objectif n’est pas de trouver n’importe quel travail, mais celui qui correspond à leurs envies et ambitions”, affirme-t-il.

Favoriser la mobilité internationale

Ainsi, les défis de l’inclusion ne résident pas seulement dans l’accès aux études supérieures, mais aussi dans la participation à la vie étudiante et sportive et à la mobilité internationale.

Dans cette optique, la CGE a créé en février dernier un Statut International d’Étudiant en Situation de Handicap (SIESH). Désormais, chaque ambassade devra avoir un référent handicap afin d’accompagner l’étudiant lors d’un échange universitaire ou d’un stage à l’étranger. Une aide financière permettra également de limiter les surcoûts liés au handicap, notamment au niveau des transports.

Concernant l’insertion professionnelle, les établissements doivent travailler main dans la main avec les entreprises. L’ESSEC a par exemple créé l’Open Forum ESSEC-Hanploi, né de l’initiative d’une association d’étudiants qui ont sollicité la mission handicap de l’école. 70% des entreprises sont restées fidèles à cet événement depuis son lancement il y a 10 ans. L’édition 2019 a accueilli des entreprises comme Thales, BNP Paribas, Dassault Systèmes et Natixis et plus de 300 candidats en situation de handicap.

Pour la première fois cette année, la CGE a d’autre part participé au DUO DAY, qui permet à des personnes handicapées de passer une journée en entreprise. “Le bénéfice est mutuel : les étudiants découvrent le monde du travail et les entreprises se familiarisent avec le handicap”, souligne Vincenzo Esposito Vinzi. Un dispositif qui devrait être reconduit et élargi à d’autres écoles.

Source L’ETUDIANT.

Handicap : le droit à une vie affective, intime et sexuelle dans les ESMS…

Une instruction du 31 août adressée aux professionnels et aux directions des ESMS (établissements et services médico-sociaux) rappelle le droit pour les personnes en situation de handicap d’avoir une vie affective, relationnelle, intime et sexuelle.

Handicap : le droit à une vie affective, intime et sexuelle dans les ESMS...

 

Elle décline des pratiques et des outils à développer pour la mise en œuvre effective de ce droit, et identifie ce qui peut être une entrave.

Ce texte s’inscrit dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, qui a décliné trois mesures à destination des personnes en situation de handicap, et plus particulièrement des femmes en situation de handicap :

  • la création et le déploiement de centres de ressources à partir du premier trimestre 2021 dans chaque région pour accompagner les personnes en situation de handicap dans leur vie intime et sexuelle et leur parentalité : ils organiseront un réseau d’acteurs de proximité afin que chaque personne en situation de handicap puisse trouver ses réponses, qu’il s’agisse de sa vie intime ou face à des violences subies. A travers cette organisation, les personnes en situation de handicap seront soutenues dans leur pouvoir d’agir.
  • le développement d’une formation en ligne pour les professionnels : cette formation permettra de faire monter massivement en compétences les différents professionnels qui interviennent, notamment dans les établissements et services médico-sociaux.
  • une instruction à destination des ESMS rappelant la nécessité de respecter le droit à l’intimité, la vie amoureuse, et les droits sexuels et reproductifs des personnes en situation de handicap, et lutter contre les violences dont elles peuvent faire l’objet.

Références

Source LA GAZETTE DES COMMUNES.