Placement sous tutelle d’un proche : penser à surveiller la tutelle…

Enquête sur la mise sous tutelle d’un proche et la nécessité d’une surveillance de cette tutelle.

La mise sous tutelle d'un proche doit être controlée et surveillée. Photo d'illustration 

Un sujet parfois délicat pour les familles, un sujet peut-être évoqué, celui du placement sous tutelle d’un proche qui devient dépendant et inapte à gérer ses finances.

Un placement sous tutelle peut générer des angoisses.  

franceinfo : c’est important, quelle que soit la situation, de surveiller la tutelle d’un de ses proches ? 

Frédérique Schmidiger : En tout cas, c’est important de montrer qu’on se préoccupe de leur bien-être et qu’on n’abandonne pas tout au tuteur. Il faut s’assurer qu’on s’occupe bien d’elle ou de lui. C’est d’autant plus important que depuis la loi de programmation de la justice votée en mars 2019, le tuteur est de moins en moins soumis au contrôle du juge des tutelles. Par manque de temps, ce contrôle n’était souvent pas vraiment opéré ou pas très approfondi. Mais aujourd’hui, il disparait complètement pour le contrôle des comptes de gestion, par exemple.

Dans un cadre familial, on imagine que cela peut être difficile de trouver sa place. On peut donner l’impression de ne pas faire confiance au tuteur…

Oui, ça peut évidemment être mal pris, ou en tout cas, pris comme un signe de défiance. Il faut bien avouer que la tâche n’est pas non plus facile pour le tuteur. C’est une lourde charge. Il peut donc vite être agacé par quelqu’un qui surveille, critique, sans aider. Le levier pour garder de bons rapports avec le tuteur, c’est peut-être justement de proposer d’alléger ce poids. S’occuper de renouveler les vêtements, être présent pour les visites médicales, proposer des sorties…

Il y a une vraie différence à avoir dans son rapport au tuteur, qu’il soit professionnel ou un membre de la famille ?

La différence est énorme bien sûr. Elle tient à la charge affective. C’est souvent un des enfants qui exerce la tutelle. D’ailleurs, normalement le juge doit désigner, en priorité, un membre de la famille. Les autres enfants peuvent se sentir tenus à l’écart ou souffrir d’une forme de lien privilégié, ou même du pouvoir exercé par l’enfant tuteur sur son parent. Cela peut être très déstabilisant pour toute la fratrie.   S’il n’y a aucun proche pour assumer le rôle de tuteur, ou si la famille s’entend vraiment trop mal, le juge désigne un tuteur professionnel, qu’on appelle un mandataire judiciaire à la protection des majeurs. Là, la difficulté, c’est d’arriver à échanger avec lui. Les mandataires sont souvent débordés car ils doivent gérer beaucoup de mesures.

Donc il faut commencer par faire confiance au tuteur. Mais des signes peuvent alerter. Il faut se questionner face à certaines situations (isolement du proche sous tutelle)

Certains tuteurs font barrage et finissent par isoler la personne qu’ils sont censés protéger en limitant par exemple les visites. La loi l’interdit. La Charte des droits et libertés de la personne majeure protégée, impose au tuteur de préserver les liens familiaux et de tenir compte du rôle de la famille et des proches. Mieux, elle dit bien que la personne protégée est libre d’avoir des relations non seulement avec sa famille mais aussi avec ses amis !

Les proches ont le droit de venir lui rendre visite et de l’héberger chez eux. Au besoin, on peut alerter le juge des tutelles et lui demander d’organiser les visites et un hébergement, par exemple pendant les vacances.

Si cela tourne mal, on peut faire annuler la tutelle et changer le tuteur ? Ou il y a des mesures intermédiaires (droit de regard, devenir subrogé tuteur) ?

Il faut peut-être distinguer deux situations. Il y a le cas de la mésentente, quand le courant ne passe pas entre le tuteur et le majeur protégé. Si par exemple il est très agité après l’avoir vu, ou s’il n’est jamais associé aux décisions qu’il prend. Dans ce cas, il faut contacter le juge avec des faits précis et lui demander de nommer quelqu’un d’autre.

L’autre situation, concerne plutôt le cas d’un tuteur qui ne gère pas bien les affaires de la personne. Qui paye en retard ou pas du tout les factures, ou pire, qui pourrait bien siphonner les comptes. Vous ne pouvez pas en principe exiger de voir les comptes de gestion ou avoir une copie des relevés bancaires. Le tuteur n’a tout simplement pas le droit de les communiquer. Ils sont confidentiels. Mais vous pouvez demander au juge à être autorisé à vous les faire communiquer.

Dans tous les cas, le meilleur moyen d’être plus étroitement associé à la tutelle, c’est de demander au juge à être désigné comme subrogé tuteur. Cela donne le droit de surveiller les actes et de vérifier les comptes.

Un tuteur ne peut toutefois pas agir seul lorsqu’il s’agit de prendre les décisions les plus importantes ?

Il doit demander l’autorisation du juge des tutelles et consulter le subrogé tuteur (s’il y en a un) pour accomplir les actes qui engagent le patrimoine du majeur protégé. Cela couvre différents types d’opération, comme par exemple, réaliser de grosses réparations sur sa maison, demander une carte de crédit ou souscrire un placement…

Au moment de la mise sous tutelle, décision souvent lourde, une avocate citée dans votre article, conseille de commencer par nommer un tuteur professionnel et de prendre le relais par la suite. Ainsi la plupart des démarches auront déjà été effectuées, et bien effectuées…

C’est effectivement un bon conseil. Le plus dur, le plus compliqué, parce qu’on ignore ce qu’il faut faire et comment le faire, c’est de mettre en place la tutelle. Informer les banques, faire l’inventaire du patrimoine. Une fois que tout est mis sur les rails, la famille peut assumer seule. Et puis, il est toujours possible de se faire aider par les associations familiales, une Udaf (union départementale des associations familiales) ou France Tutelle par exemple, pour prendre en main la fonction de tuteur familial.

Source FRANCE INFO.

Des chaussures équipées de GPS pour suivre les malades d’Alzheimer…

Chez une personne âgée, parmi les premiers symptômes de démence sénile ou Alzheimer, se pose le grave problème de la désorientation.

Des chaussures équipées de GPS pour suivre les malades d’Alzheimer

En fait, les personnes âgées commencent à perdre progressivement la capacité de s’orienter dans un contexte spatio-temporel et commencent à se sentir perdues même chez elles. Se sentant mal à l’aise partout, ils entrent dans un état d’anxiété continuelle, parfois difficile à apaiser. C’est dans cet état de confusion que, souvent, nos proches touchés par cette terrible maladie s’éloignent sans même s’en rendre compte. Pour ceux qui ont un membre de leur famille qui est atteint de la maladie d’Alzheimer, il est malheureusement arrivé au moins une fois de constater ces départs soudains qui entraînent inévitablement la perte des personnes âgées. Dans la recherche d’une solution au problème, une société japonaise a mis au point un GPS à insérer dans la chaussure de la personne âgée: à chaque départ, le GPS nous indiquera où il se trouve!

Au Japon, ce type d’innovation n’est certes pas une nouveauté – on entend souvent parler d’intelligence artificielle, de chiens robots qui ont l’air réel, etc. – et cette fois-ci, les Japonais ne l’ont pas nié. La société Wish Hills a mis au point un dispositif très innovant dans le but d’aider les personnes âgées atteintes de démence sénile ou d’Alzheimer à retrouver le chemin de leur domicile ou, mieux, à se faire retrouver par un membre de leur famille. Il est bien connu que les personnes âgées atteintes de cette maladie cruelle n’utilisent ni téléphones portables, ni montres, perdant complètement le concept de temps et d’espace. Mais ce qui ne peut certainement pas se passer, ce sont les chaussures: c’est pourquoi la société japonaise a pensé à créer des chaussures avec un GPS à l’intérieur, permettant de localiser les personnes âgées.

Le GPS enverra une notification sur le mobile du parent qui sera capable de localiser la personne âgée via une carte pouvant être visualisée directement sur le téléphone ou sur l’ordinateur. L’appareil est conçu pour envoyer des notifications lorsque le sujet âgé se déplace à 50, 100 ou 500 mètres de son domicile. De cette manière, nous espérons réduire le nombre de « grands-parents perdus ».

Les chaussures sont actuellement disponibles uniquement sur le marché japonais à un prix pas tout à fait accessible (298 $!). Une innovation qui concerne en tout cas non seulement le Japon, qui a plus de 65 ans, mais le reste du monde. Selon l’OMS, 47,5 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence sénile et, chaque année, 7,7 millions de nouveaux cas – des données inquiétantes qui pourraient pousser de nombreux autres pays à utiliser ces chaussures.

Source OBJETS DE DECORATION.

Avec la réforme des retraites, tout va changer pour la pension de réversion…!

Au vu du projet de réforme, la pension de réversion attribuée aux veufs – essentiellement des femmes – sera dans de nombreux cas revue à la hausse.

Et tout le monde sera logé à la même enseigne !

Avec la réforme des retraites, tout va changer pour la pension de réversion.

Dans un couple, la pension de réversion profite dans près de 90% des cas à la femme. Pour rappel, après le décès de l’un des conjoints, il s’agit d’une part de revenu versée au survivant. Le gouvernement assure que sa réforme sera favorable aux femmes, « en garantissant au conjoint survivant 70 % des ressources du couple », sans conditions de ressources financières. A l’heure actuelle, le taux est de 54% dans le régime général des salariés, attribué selon un montant de ressources à ne pas dépasser, et de 60% dans les régimes complémentaires obligatoires, mais il s’appliquait à la pension du conjoint décédé (avec des plafonds), pas aux ressources du foyer.

Un exemple pour comprendre

Soit un couple ayant 3 200 euros de ressources mensuelles, composés de 2 200 euros pour l’homme et 1 000 euros pour son épouse. Au décès de l’un d’eux, les revenus du couple devront valoir 70% de 3 200 euros, soit 2 240 euros. Si Monsieur décède en premier, sa veuve percevra 1240 euros de réversion, s’ajoutant à sa pension de 1000 euros. Si c’est l’inverse, la pension de réversion du conjoint survivant sera de 40 euros pour atteindre le revenu de 2240 euros.

Un préalable, la même règle pour tous

En réalité, la réforme va commencer par faire le ménage entre les régimes. Fini donc les taux d’attribution, les conditions d’âge et autres paramètres appliqués différemment ici ou là. Exemples : le régime général exige actuellement de ne pas dépasser un seuil de ressources ; les régimes complémentaires du privé de ne pas être remarié ; celui des fonctionnaires une certaine durée de mariage, etc.

Condition 1 : à partir de 62 ans

Des conditions d’octroi de cette pension de réversion vont bien sûr être fixés. C’est encore à prendre au conditionnel, mais le premier paramètre clé reposera sur l’âge à partir duquel on pourra prétendre toucher la pension de réversion. Ce serait 62 ans, soit un âge plus élevé que ceux fixés actuellement pour l’ouverture des droits à réversion : 55 ans dans le régime général ou aucun âge minimal dans le régime des fonctionnaires par exemple.

Condition 2 : pour les couples mariés au moment du décès

Autre exigence, que le couple soit marié. Cette condition exclura donc les couples divorcés, alors qu’aujourd’hui la pension de réversion est partagée entre les épouses (ou époux) au prorata de la durée de mariage de chacune. En contrepartie, pour les couples divorcés, une compensation financière devrait être fixée dès le divorce. En l’état actuel du projet, les couples pacsés et les personnes vivant en concubinage ne sont pas concernés par l’octroi d’une pension de réversion, comme c’est le cas aujourd’hui.

Bilan : qui sera gagnant ?

La réponse dépendra essentiellement de l’âge auquel survient le décès. Avant 62 ans, c’est évidemment moins favorable qu’aujourd’hui, puisqu’aucune réversion ne serait versée. Le gouvernement devrait toutefois annoncer « des propositions pour garantir aux personnes victimes de ces situations de veuvage précoce la solidarité de la Nation ». En revanche, passé 62 ans (grande majorité des décès), la future règle de 70% des pensions du couple sera plus avantageuse qu’aujourd’hui. Notamment pour les femmes aux petites pensions. Pour l’heure, les modalités de calcul de ce taux de 70% sont toutefois trop floues pour en tirer des conclusions définitives.

Une mise en application très lointaine

Comme pour l’ensemble de la réforme, le passage aux nouvelles règles de la pension de réversion sera très progressif. Ce qui est certain : les retraités actuels percevant une pension de réversion ne seront pas concernés par les nouvelles règles. Et ce qui est probable : les générations nées avant 1975 resteront concernées par le système actuel, ce qui n’est pas forcément de leur intérêt. Seuls seraient alors concernés par les nouvelles règles les personnes atteignant l’âge de 62 ans en… 2037 !

Source MIEUX VIVRE VOTRE ARGENT.

Handicap: quand la culture se fait “relax” pour les spectateurs “atypiques” …

L’association Ciné-ma différence a présenté Relax, un projet lancé en 2018 visant à améliorer l’accès aux spectacles pour les personnes handicapées.

En présence de Franck Riester, ministre de la Culture, l’association a annoncé sa volonté de déployer ce dispositif à d’autres salles.

Relax, un dispositif pour faciliter l’accès à la culture des personnes handicapées

Le dispositif “relax” tente de changer la donne et, après le cinéma, pousse les portes des théâtres.

Elles rient parfois “bizarrement“, applaudissent à contretemps, et peuvent subir regards et remarques désapprobateurs : les personnes atteintes d’un handicap mental ne se sentent pas toujours les bienvenues au théâtre ou au cinéma. Sauf pendant les séances “relax“, que leurs promoteurs rêvent de généraliser.

La boule au ventre

Aller au spectacle avec Mathilde Hyvernat, une Parisienne handicapée de 19 ans, “c’est une aventure familiale“, témoigne avec humour sa mère Laurence. “Elle est très sensible aux lieux nouveaux, au bruit, à l’intensité lumineuse, et ça l’amène parfois à manifester son angoisse en criant ou en se balançant”, raconte-t-elle. “Quand je rentre dans une salle de spectacle avec elle, j’ai une boule au ventre qui ne me quitte pas jusqu’à la sortie, à l’idée qu’il y ait un couac“, poursuit Mme Hyvernat. Pour que tout se passe bien, elle “sourit aux voisins de fauteuils, pour espérer gagner leur compréhension ou les détendre un peu, si Mathilde vient leur crier dans les oreilles ou leur faire un gros câlin“.

Un public au comportement atypique

D’où l’idée de ces séances “relax“, d’abord organisées dans une soixantaine de salles obscures par l’association “Ciné-ma différence“, puis dans quelques salles de spectacle, dont l’Opéra Comique, à Paris. Ces séances ouvertes à tous, handicapés ou non, se distinguent par le fait que tous les participants -spectateurs, employés, artistes et techniciens- sont informés de la présence d’un public au “comportement atypique“. Les équipes de billetterie et d’accueil sont également formées, pour que chacun “se sente le bienvenu” et puisse “exprimer ses émotions sans jugement, crainte ni contrainte“. Sans un tel dispositif, trop souvent, les “regards désapprobateurs, les ‘chut !’ ou les réflexions désagréables forcent la famille à sortir de la salle“, déplore Catherine Morhange, la déléguée générale de l’association “Ciné-ma différence“. Et l'”expérience de plaisir partagé” se transforme en une “expérience douloureuse et humiliante, et c’en est souvent fini de toute tentative de sortie en famille“.

Bouffée d’oxygène

Or, souligne Mme Morhange, priver d’accès à la culture les personnes atteintes d’un handicap mental ou psychique, d’une forme d’autisme ou de la maladie d’Alzheimer, est d’autant plus inacceptable que ces spectateurs accèdent bel et bien aux oeuvres, fût-ce d’une autre manière. “Il n’existe pas que l’accès intellectuel, mais aussi une appréhension sensible et esthétique. Et dans ce domaine, le public en situation de handicap n’est pas forcément le plus handicapé“, explique-t-elle. Victoria Miet, 20 ans et atteinte d’un polyhandicap, fréquente fréquemment les séances “relax“. “Son plaisir dans la vie, c’est le cinéma et la musique“, raconte son père Philippe. “Mais le cinéma, avec elle, c’était compliqué ; quand elle est heureuse, elle bouge les bras, elle crie, alors on était très
gênés“. Ces séances bienveillantes ont donc été “une bouffée d’oxygène : on est allés au cinéma et on était comme chez nous!“, résume-t-il.

Au programme…

A l’Opéra Comique, qui a proposé en novembre 2019 une représentation “relax” d'”Hercule amoureux” de Francesco Cavalli, les spectateurs se sont vu distribuer un livret explicatif “facile à lire et à comprendre“. On leur y expliquait, par exemple, que “les personnages se disputent souvent, mais ce ne sont pas de vraies disputes“… Sur la saison 2019-2020, dix spectacles “relax” tous âges sont programmés en Île-de-France. Et les promoteurs du système espèrent le déployer dans un plus grand nombre de salles, partout en France, via une charte qui serait proposée aux structures. “Il faut absolument qu’on soutienne ce dispositif. C’est comme ça qu’on va améliorer l’acceptation de la différence dans la société“, souligne la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel, venue soutenir l’initiative le 18 décembre 2019 à l’Opéra Comique en compagnie du ministre de la Culture Franck Riester. “Ce que les familles nous disent, c’est ‘on veut vivre ensemble !’ Donc elles doivent avoir accès à ce moment tellement important, la culture“, qui permet aux personnes handicapées de “se construire par le rire et l’émotion“, ajoute-t-elle.

Source LA CROIX/ ORANGE.

Lille : A la recherche de solutions personnalisées pour aider ceux qui aident les personnes handicapées…

Avec l’allongement de la vie, l’association Les Papillons Blancs, qui s’occupe de familles avec un proche handicapé, doivent trouver de nouvelles solutions

Brigitte Blais (à gauche), dont la sœur est handicapée, et Marie Picavet, assistante sociale aux Papillons Blancs.

  • Les Papillons Blancs, qui s’occupent de personnes handicapées mentales, viennent de mettre en place un nouveau dispositif pour soulager le travail des personnes aidantes.
  • Il s’agit d’une plate-forme de répit et d’accompagnement personnalisé pour les aidants.
  • Au programme : des formations, des cafés-rencontres, mais aussi des ateliers danse en duo avec une personne handicapée.

Venir en aide par différents moyens. L’association Les Papillons Blancs, qui s’occupe d’enfants et d’adultes en situation de handicap mental, vient de mettre en place un nouveau dispositif destiné à soulager le travail des personnes aidantes. Au sein de l’agglomération lilloise, les 2.000 familles accompagnées espèrent pouvoir souffler un peu.

« S’occuper d’un proche handicapé est une tâche très prenante dans le quotidien, mais aussi pour les démarches administratives », souligne Marie Picavet, assistante sociale chargée de ce nouveau dispositif expérimental. Il s’agit d’une plate-forme de répit et d’accompagnement personnalisé pour les aidants.

Environ 150 familles sont sur liste d’attente

Au programme : des formations, des cafés-rencontres, mais aussi des ateliers danse en duo avec une personne handicapée. « On essaie aussi de trouver les solutions les plus adaptées pour des familles qui rencontrent de plus en plus de difficultés », explique Marie Picavet. « Environ 150 familles sont sur liste d’attente pour une place dans un foyer spécialisé », souligne Les Papillons Blancs. Et dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), généralement, les personnes handicapées mentales ne peuvent être prises en charge.

Pour Brigitte Blais, le nouveau dispositif d’aide a donc joué le rôle de bouée de sauvetage. Cette jeune retraitée doit désormais s’occuper de sa sœur Véronique. « Elle est restée avec mes parents jusqu’à l’âge de 60 ans, raconte Brigitte. Mais après le décès de ma mère, cette année, mon père, qui a 90 ans, ne peut plus s’occuper d’elle tout seul. Surtout après l’hospitalisation qu’il a subie, à cause de problèmes cardiaques. »

Solution de secours

Aucune demande de placement n’avait été formulée auparavant. « Ma mère s’est arrêtée de travailler pour prendre soin de ma sœur. Mes parents ont toujours voulu qu’elle reste vivre avec eux », explique Brigitte. Il a donc fallu trouver une solution de secours auprès d’un Ehpad partenaire des Papillons Blancs. « Il existe une unité de vie pour personnes handicapées âgées », précise Marie Picavet. Chaque mois, à partir de 2020, Véronique pourra y séjourner une semaine. En attendant, elle s’y acclimate, une journée, de temps à autre.

« Voilà le genre de solution qu’il faut trouver », glisse Marie Picavet. Sachant qu’avec l’augmentation de l’espérance de vie, ce genre de situation se multiplie. Et que les auxiliaires de vie se font rares.

Source 20 MINUTES.

Aidants familiaux : Quatre millions de Français s’occupent d’un senior au quotidien…

Dans plus de la moitié des cas, le proche aidant est l’enfant du senior concerné

Aidants familiaux : Quatre millions de Français s’occupent d’un senior au quotidien. Illustration d'une personne âgée accompagnée par un aidant.

Près de 3,9 millions de Français aident un proche âgé au quotidien, selon une étude* de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce jeudi.

Pour plus de la moitié des personnes concernées (53 %), le proche aidant est l’enfant du senior concerné. Près d’un sur dix vit alors avec lui, et pour les autres, non-cohabitants, les trois quarts déclarent vivre à moins de 40 minutes du domicile de leur parent.

Des aidants qui interviennent pour les tâches quotidiennes

Les conjoints représentent ensuite 27,3 % des aidants, les autres proches du cercle familial 12 % et les proches hors famille 7 %. Dans six cas sur dix, l’aidant est une aidante. Près d’un aidant sur deux est retraité, 37 % occupent un emploi, les autres étant au chômage ou inactifs pour cause d’invalidité, précise cette étude.

Concernant l’aide apportée, 87 % disent intervenir dans la vie quotidienne (ménage, courses, repas, rendez-vous chez le médecin…), près de 8 sur 10 en soutien moral, et moins souvent pour une aide matérielle ou financière. Sans surprise, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déclarer aider pour le ménage, la gestion administrative du quotidien, les repas ou encore pour habiller ou laver le proche. Les hommes citent plus régulièrement le bricolage et les courses.

Des conséquences sur la vie personnelle

Par ailleurs, environ 1,5 million d’aidants cohabitent avec leur proche dépendant, parmi lesquels sept sur dix sont les conjoints. Si neuf aidants sur dix estiment « tout à fait normal » d’aider leur proche, un sur deux (47 %) déclare néanmoins que cela a des conséquences négatives sur sa vie personnelle et sa santé physique ou morale.

Selon cette étude, 720.000 personnes aident par ailleurs une personne âgée résidant en maison de retraite. Quelque huit millions de personnes aident au quotidien un proche​ malade, âgé ou handicapé, selon le dernier chiffre officiel disponible daté de 2008.

*Etude réalisée en 2015 et basée sur un panel de 6.200 aidants d’un senior de plus de 60 ans résidant à domicile.

Source 20 MINUTES.

Du handicap à la retraite : un casse-tête administratif qui les plonge dans la misère…

Installés en vallée du Lot, ils ont souhaité rester anonymes, craignant le mépris des gens ; mais voulu témoigner pour inciter d’autres personnes handicapées à être vigilantes.

Installés en vallée du Lot, ils ont souhaité rester anonymes, craignant le mépris des gens ; mais voulu témoigner pour inciter d'autres personnes handicapées à être vigilantes./ Photo DDM.

En vallée du Lot, ils avaient trouvé un climat plus doux pour surmonter les maladies invalidant madame. Ce couple de sexagénaires s’est heurté à la rigueur administrative et n’ayant pu faire valoir les droits à la retraite à temps, se retrouve dans une détresse totale.

Les mains croisées sur la table couverte d’une toile cirée à fleurs bariolées, elle écoute son mari livrer leur quotidien devenu insupportable. «Cela fait sept ans que ma femme est malade, des douleurs dorsales, suite à une opération des vertèbres qui n’a pas fonctionné, du diabète, avec pour conséquence les plus visibles, des plaies aux pieds qui ne guérissent pas, des vertiges…».

La souffrance est son quotidien qu’elle tente d’adoucir en avalant de nombreux cachets. En 2012, son dossier a été examiné par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapée qui lui a reconnu un taux d’incapacité de 50 à 79 %, lui permettant de toucher une allocation d’adulte handicapé (AAH) versée par la caisse d’allocation familiale.

«On n’avait pas une vie extraordinaire mais on s’en sortait, poursuit le mari. Puis un jour, notre banque nous a alertés que notre compte était à découvert. C’est là qu’on a constaté que depuis trois mois l’AAH n’était plus versée».

Aussitôt, ils entament des démarches auprès de la CAF à Cahors. «Nous apprenons que son allocation s’arrêtait en mars 2019, car ma femme ayant atteint l’âge légal de 62 ans pouvait faire valoir ses droits à la retraite».

Sur la table, différents documents administratifs. «Sur celui-ci, vous voyez il est inscrit que son droit à l’AAH est renouvelé en 2017 jusqu’en 2022». Il assure ne jamais avoir reçu le courrier de la CAF les informant de la fin de droits et accuse : «Cette lettre nous aurait permis de prendre nos dispositions à temps». «En novembre 2018 et en mars 2019, nous nous sommes déplacés dans leurs bureaux pour des régularisations de documents sans importance, mais aucun agent n’a cru bon de nous alerter».

Depuis, ils ont engagé les démarches pour constituer le dossier retraite et espèrent toucher la pension en novembre. «Avec 555 € en moins depuis six mois, les charges et les factures qui s’accumulent, et avec la seule retraite de mon mari on n’y arrive plus. Nous n’avons même plus de quoi manger, on doit de l’argent à EDF, on a une ardoise à la supérette, des créances, etc.», s’inquiète-t-elle.

Se heurtant à la rigueur administrative, ils ont sollicité Aurélien Pradié. Le député a intercédé en leur faveur à deux reprises, mentionnant notamment l’article L821-1 du Code de la Sécurité sociale qui précise : «Lorsqu’une personne bénéficiaire de l’allocation aux adultes handicapés fait valoir son droit à un avantage vieillesse (…), l’AAH continue de lui être servie jusqu’à ce qu’elle perçoive effectivement l’avantage auquel elle a droit ».

«En vain ! Je plaide non coupable, dit le chef de famille, et je demande à faire valoir notre bonne foi». «Nous avons épuisé tous les recours, on se heurte à un blockhaus», se désespère le couple.

Les doigts noués, elle ne parvient plus à dissimuler l’angoisse qui l’habite à l’évocation de leurs difficultés. Elle veut partir. Vendre la maison.

Source LA DEPÊCHE.

Dépendance, handicap, maladie : ce que contient le plan du gouvernement pour les proches aidants …

Le gouvernement a dévoilé ce mercredi son plan pour les aidants, ces 10 millions de Français qui soutiennent au quotidien un proche malade, âgé ou handicapé.

Doté d’un budget de 400 millions d’euros, il prévoit notamment la mise en place d’un numéro téléphonique de soutien dédié.

Dépendance, handicap, maladie : ce que contient le plan du gouvernement pour les proches aidants

“C’est un engagement épuisant, jour et nuit”, a témoigné Christelle, mère d’un enfant atteint de leucodystrophie, aujourd’hui décédé, devant Édouard Philippe, la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées Sophie Cluzel, et la ministre de la Santé Agnès Buzyn, lors d’une rencontre dans l’Essonne près de Paris.

Un numéro téléphonique de soutien dédié

Le plan du gouvernement prévoit notamment la mise en place d’un numéro téléphonique national de soutien et de lieux “labellisés” pour recevoir et orienter les aidants vers un accompagnement dès l’an prochain. Une plateforme numérique “Je réponds aux aidants” doit aussi voir le jour en 2022.

Création d’une “plateforme de répit”

Invitée de France Inter mercredi matin, Sophie Cluzel a annoncé la création en 2020 d’une “plateforme de répit” proposant des “solutions”, par exemple des places dans des maisons de répit, et des initiatives de “relayage”, où un professionnel passe plusieurs jours consécutifs au domicile de la personne aidée, ce qui permet à son proche de prendre du repos.

D’ici 2022, quelque 200.000 “solutions” de répit supplémentaires, soit le double de ce qui existe actuellement, seront ainsi créées, a déclaré la secrétaire d’État, avançant le chiffre de 105 millions d’euros pour y parvenir.

Adapter le rythme d’études pour les jeunes aidants

Pour les jeunes aidants, estimé à 500.000, le gouvernement prévoit une sensibilisation des personnels de l’Éducation nationale et un aménagement des rythmes d’étude.

“Encore invisible jusqu’à récemment, la reconnaissance de cette problématique est une avancée majeure”, a réagi dans un communiqué l’Association Jeunes AiDants Ensemble (Jade). Néanmoins, ces jeunes “ne pourront être accompagnés que si les moyens nécessaires sont engagés”, a estimé sa présidente Françoise Ellien auprès de l’AFP, se disant “vigilante à la mise en oeuvre de la stratégie”.

Trois fois plus d’aidants en 2050 ?

Le gouvernement avait déjà annoncé que le congé “proche aidant” de trois mois, fractionnable, sera indemnisé à partir d’octobre 2020. Ceux qui prendront des jours pourront être indemnisés par la Sécurité sociale à hauteur de 43,52 euros par jour pour une personne en couple, 52 euros pour une personne isolée. Environ 200.000 personnes pourraient y prétendre.

En outre, dès le mois prochain, des périodes de congé proche aidant ne compteront plus dans le calcul des droits au chômage pour éviter une baisse des allocations promet le gouvernement.

90% des aidants soutiennent un membre de leur famille, dont 52% un de leurs parents. Plus de la moitié (57%) de ces personnes qui prennent soin de leurs proches sont des femmes. Un nombre qui pourrait exploser d’ici 2050 : aujourd’hui 1,5 million de personnes sont âgées de 85 ans et plus, elles seront trois fois plus nombreuses dans 30 ans.

Source FRANCE BLEU.

Haute-Saône : un aide-soignant soupçonné d’agressions sexuelles sur 13 personnes dans des Ephad…

Un aide-soignant, écroué en juin pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel sur quatre personnes dans un Ehpad de Haute-Saône, est suspecté d’avoir commis des faits similaires sur neuf autres victimes dans plusieurs établissements de la région, a indiqué jeudi le parquet.

Les premiers faits ont été dénoncés au sein de la résidence de personnes âgées de la Lizaine, à Héricourt.  Photo ER /Alain ROY

Les premiers faits ont été dénoncés au sein de la résidence de personnes âgées de la Lizaine, à Héricourt. Photo ER /Alain ROY

Cet aide-soignant de 60 ans, qui «nie formellement son implication et conteste l’ensemble des plaintes», sera présenté à un juge d’instruction jeudi après-midi en vue d’une mise en examen supplétive pour agressions sexuelles, a précisé le procureur de Vesoul, Emmanuel Dupic, lors d’une conférence de presse.

L’homme est suspecté d’avoir agressé sexuellement six personnes âgées de 75 à 90 ans, dont un homme, ainsi que sept collègues, dont une stagiaire de 16 ans, de 2013 à 2019, a précisé le magistrat. «Ce recensement n’est pas exhaustif. Compte tenu du mode opératoire, nous craignons qu’il y ait d’autres victimes», a-t-il ajouté.

Selon le témoignage «extrêmement difficile à recueillir» de ces personnes âgées et vulnérables, le suspect aurait agit pendant les soins qu’il leur prodiguait, profitant d’être seul avec elles, a expliqué M. Dupic qui a souligné la «sérialité» de ces agissements.

Les victimes ont été recensées dans cinq Ehpad différents situés en Haute-Saône, dans le Territoire-de-Belfort et dans le Doubs. Quand l’homme était licencié d’un établissement à cause de problèmes avec ses collègues ou de «signalements internes», il «retrouvait facilement du travail dans d’autres établissements», constate le magistrat.

«Avec les enquêteurs, nous avons été extrêmement surpris du fonctionnement de ces Ehpad qui n’ont jamais signalé les faits à la police ni prévenu son nouvel employeur», a relevé M. Dupic. «Ce sont des dysfonctionnements de nature à permettre la réitération des faits» dans la mesure où «la police et la justice n’ont pas été prévenues», a-t-il estimé. Les faits reprochés à l’aide-soignant sont passibles de sept ans de prison, a précisé le procureur. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Besançon.

Source LE FIGARO et EST REPUBLICAIN.

 

Nice: Des lunettes anti-chutes pour éviter de se casser le bout du nez…

INNOVATION L’hôpital de Nice et la start-up Ellcie Healthy utilisent les quinze capteurs de ses montures pour lutter contre les chutes des personnes âgées.

Des lunettes anti-chutes

  • Une paire de lunettes connectées qui alerte et prévient les chutes est en développement au CHU de Nice.
  • L’hôpital s’appuie sur l’innovation de la start-up Ellcie Healthy.
  • Les lunettes et une application vont dessiner la signature de la vie quotidienne pour élaborer un profil de la personne âgée. Et ainsi anticiper les chutes.

Elles ne leur font une infidélité que pendant la nuit. Si les lunettes préfèrent la table de chevet pendant le sommeil, elles ne quittent jamais le bout du nez des personnes âgées le reste de la journée. C’est grâce à cette habitude que le CHU de Cimiez, la start-up azuréenne Ellcie Healthy et le laboratoire Lamhess tentent d’éviter les chutes des seniors. Ensemble, ils développent une paire de lunettes connectées qui alerte et prévient les chutes.

« Pour le moment, on dispose d’une technologie dans les montres et les bracelets, explique le chercheur Frédéric Chorin, responsable de la plateforme Fragilité. Mais ce dispositif est stigmatisant, et il est possible de l’oublier. Alors que les lunettes, si on ne les met pas, on ne voit rien. » Grâce à ses quinze capteurs intégrés, la monture détecte lorsque la personne est tombée. « C’est très intéressant car plus on reste au sol, plus le taux de mortalité est élevé l’année d’après, détaille l’ingénieur. Mais c’est déjà trop tard. On travaille donc sur la motricité de la personne. » Autrement dit, sur la prévention.

« Aménagement du domicile »

Les lunettes vont dessiner la signature de la vie quotidienne pour élaborer un profil de la personne âgée. Combien de temps elle est debout, assise, en marche. Et combien de fois elle se lève de sa chaise. Des données qui permettent de savoir si le senior est « non chuteur », « chuteur » ou s’il décline. Dans les deux derniers cas, les médecins peuvent intervenir à temps. « Cela passera par l’aménagement du domicile et de l’activité physique adaptée, dit Frédéric Chorin. L’objectif est d’éviter la chute car elle est une cause de dépendance. Et sa prise en charge coûte cher au système de santé. »

Les chutes sont la cause de 4.000 décès par an. Déjà commercialisée à 289 euros avec une application contre les endormissements au volant, la paire de lunettes anti-chutes pourrait être disponible d’ici deux ans.

Source 20 MINUTES.