« Nous sommes méprisés » : les accompagnants d’élèves handicapés en grève…

Manque de reconnaissance, précarité, suivi décousu des élèves, les accompagnants d’élèves en situation de handicap sont à bout.

Pour redorer l’image d’une profession qui peine à susciter des vocations, les grévistes réclament une hausse de salaire, des formations et un suivi plus individualisé des élèves.

Mobilisés le 11 février et le 8 avril, les AESH manifestent à nouveau leur mécontentement ce jeudi 3 juin.

 

L’intersyndicale nationale CGT Éduc’action, FNEC-FP-FO, FSU, SNALC, SNCL-FAEN, SUD éducation, appelle à une nouvelle mobilisation ce jeudi. C’est la troisième journée de grève des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) depuis le début de l’année. Ces personnels, 110 000 au total, soit 10 % des agents de l’Education nationale, réclament une hausse de salaire, un « véritable statut de la Fonction publique » et une amélioration de leurs conditions de travail.

En 2017, Emmanuel Macron promettait une école « plus inclusive » en donnant un accès à « un auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants qui ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres ». Mais les efforts n’ont pas été suffisants en matière de recrutement.

D’autant que le nombre d’enfants en situation de handicap dans les établissements scolaires augmente. Il a même triplé depuis la mise en œuvre de la loi de 2005 sur l’égalité des chances en faveur des personnes handicapées, atteignant 385 000 élèves accueillis. En conséquence, 35 000 élèves handicapés n’ont pas d’AESH au sein de l’éducation nationale, selon le collectif citoyen handicap.

Des contrats précaires… sans grande perspective d’évolution

La difficulté à recruter des AESH ne surprend pas Anne Falciola qui exerce ce métier depuis 13 ans. « Le métier n’est pas attractif », affirme la représentante syndicale à la CGT Éduc’action qui a démarré en 2006, en contrat aidé. A l’époque, « on nous promettait une professionnalisation rapide avec une possibilité de carrière, mais aujourd’hui on est toujours précaire et on n’a toujours pas de statut », déplore-t-elle.

Elle a obtenu un CDI en 2018, « mais sur ma fiche de paye, j’ai eu une augmentation de seulement 4,5 euros », se souvient Anne Falciola, amère. Au bout de « tant d’années d’expérience, j’ai un salaire de 854 euros par mois pour 26 heures d’accompagnement par semaine », s’indigne-t-elle. Un faible salaire qui la contraint à cumuler les emplois, en réalisant du soutien scolaire.

Une formation insuffisante

« Zéro reconnaissance, nous sommes méprisés, malgré les compétences acquises dans un métier qui mériterait de véritables formations », juge Anne Falciola. La formation initiale ne dure que deux semaines et elle se déroule « après la première prise de poste ». « On jette les AESH dans les classes sans formation », estime l’accompagnante qui a payé de sa poche une formation pour suivre des élèves autistes.

Lindsey Barlet, AESH depuis 2008, s’est aussi sentie « livrée à [elle]-même ». « La formation n’est pas très concrète, plutôt théorique, on n’approfondit pas les différents handicaps auxquels on sera confrontés », décrit-elle. Elle s’est elle aussi formée en autodidacte à l’accompagnement d’élèves autistes, « en lisant des livres et en participant à des réunions ».

Un suivi décousu des élèves

Pour 950 euros par mois en réalisant 30 heures par semaine, Lindsey Barlet ne se ménage pas. Elle suit actuellement quatre lycéens. En école élémentaire, il lui est arrivé d’en suivre jusqu’à six. Elle s’inquiète du nombre croissant d’élèves qu’elle sera amenée à accompagner, avec la mise en place progressive des « pôles inclusifs d’accompagnement localisés » (Pial), depuis 2019.

Avec la réorganisation en Pial, les AESH ne sont plus affectés auprès d’élèves, mais à de secteurs, où il peuvent exercer dans plusieurs établissements et auprès de plusieurs élèves. « On va intervenir sur un périmètre pour combler les demandes d’école en école, ce qui va amener à réduire le nombre d’heures d’accompagnement des élèves », projette Lindsey Barlet.

« On nous dit qu’ils peuvent être aidés à temps partiel, mais le handicap, lui, est à temps plein. »

L’objectif étant d’accompagner le plus d’élèves handicapés possible, le nombre d’heures consacrées à chacun d’eux diminue, en raison de la pénurie de personnels. En une semaine, Nicolas Martinot, AESH depuis 11 ans, suit six collégiens. L’un de ces élèves alterne entre trois accompagnants différents dans son établissement. « Je ne le vois que deux heures toutes les trois semaines », regrette-t-il.

Le fils de Natacha, 9 ans, a subi les conséquences de la réorganisation des emplois du temps des AESH. L’élève de CM2, autiste, est aidé depuis plusieurs années à temps plein par une accompagnante, avec laquelle il a « tissé des liens très forts ». Mais depuis novembre 2020, elle ne peut lui consacrer qu’un temps partiel dans la classe.

Résultat : « Il a eu une énorme perte de compétences, souligne Natacha, il n’arrive plus à se défendre face à l’environnement de la classe, le bruit… Il passe ses journées dans le couloir ». Le risque pour elle, c’est de perdre tous les progrès que son fils a réalisés « depuis la grande section ». La mère de famille n’a pas l’intention de renoncer. Elle a déposé un référé au tribunal pour obtenir le rétablissement de son accompagnement à plein temps, car « on nous dit qu’ils peuvent être aidés à temps partiel, mais le handicap, lui, est à temps plein ».

Source FRANCE INTER.

 

Handicap : Lilie et son chien ont été à la rencontre des collégiens de Raymond-Poincaré…

Durant la matinée de vendredi, Lilie et son chien d’assistance Oll Black ont échangé avec les élèves de 5e du collège Poincaré.

Bénéficiaire d’un handichien, la petite Ardennaise a répondu aux questions et fait une démonstration. Un rendez-vous qui permet de sensibiliser aux handicaps.

Handicap : Lilie et son chien ont été à la rencontre des collégiens de Raymond-Poincaré

 

« Qu’est-ce qui a changé depuis que tu as eu le chien ? » A cette question de collégien sur Oll Black, Lilie a répondu : « À peu près tout ! Je me sens moins seule aussi. » Elle a précisé : « Il me rassure, il allume la lumière, il m’ouvre la porte. Plein de trucs. Il n’aide que moi et il n’est qu’à moi ! » Et toc, voilà les autres prévenus. La petite Lilie, 11 ans, avait réussi à passer outre son angoisse.

Une angoisse de rencontrer durant une matinée trois classes de collégiens de 5e, ce vendredi à la cité scolaire Raymond-Poincaré. Épuisant aussi. D’autant plus épuisant que Lilie vit avec plusieurs handicaps et elle est en permanence reliée à un respirateur. Mais elle avait tenu à venir depuis les Ardennes où elle réside. C’était sa manière à elle de remercier l’ association Handi’Chiens. Elle est venue à la rencontre des collégiens accompagnée par Oll Black, un jeune labrador noir qui l’assiste depuis six mois. Et qui avait été longuement formé par des bénévoles.

« Ça impressionne au début »

Lors des premières minutes, chacun était un peu timide malgré quelques échanges par email avant. « Ça impressionne un peu au début », confiait Aubin, un élève de 5e, « Mais on était content de la rencontrer ». En fait, « on la considérerait comme un autre enfant », lâchait Thomas. Comme un camarade qui viendrait au collège accompagné d’un chien. Mais, pas touche à Oll Black, Lilie ne laisserait personne le promener ! Parce qu’elle en a vraiment besoin. Parce qu’ils travaillent ensemble. Parce qu’elle a « eu direct un coup de foudre pour lui » !

Ensuite, les élèves ont posé des questions très pratiques. Oll Black a-t-il le droit de courir ? Oui. A-t-elle le droit de rentrer dans les magasins avec son chien ? Encore oui. Les enfants ont aussi parlé de K’Pop, d’Harry Potter ou de futurs métiers. Comme des camarades. Le handicap était remisé en second plan. À la satisfaction de l’encadrement du collège qui sensibilise les élèves depuis longtemps.

 Lilie a rencontré trois classes, à 9 h, 10 h et 11 h ce vendredi 21 mai. Les élèves avaient préparé leurs questions.   Photo ER /Nicolas FERRIER

Les collégiens parrainent Réglisse

Après les questions-réponses à sens unique – Lilie étant trop timide pour poser des questions -, la jeune fille a fait une petite démonstration de travail avec son labrador. Qui sait ouvrir les portes de placards.

Cette rencontre a pu se faire car le collège est lié avec des bénévoles barisiens de l’association Handi’Chiens et les 5e parrainent depuis plusieurs mois un chien d’assistance, Réglisse. Laquelle « a fait des progrès » depuis la dernière fois qu’Aubin l’avait vue.

Source EST REPUBLICAIN.

Handicap à l’école : des parents d’élèves veulent attaquer l’État pour manque de prise en charge de leurs enfants…

Une dizaine de parents d’enfants handicapés d’une école de Plan-de-Cuques (Bouches-du-Rhône) se mobilise pour créer un collectif et engager une procédure judiciaire contre l’État.

Ils déplorent le manque de personnel exerçant des missions d’accompagnement d’élèves en situation de handicap (AESH).

Illustration. L'accompagnement scolaire des enfants ayant un handicap, un casse-tête pour les parents faute d'auxiliaires de vie scolaire.

 

« J’ai gardé mon fils à la maison jusqu’au mois de novembre ». Anissa est maman de deux enfants handicapés, un garçon en maternelle et une fille à l’école primaire. Tous deux sont scolarisés à Marseille et bénéficient d’un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH).

Après la rentrée scolaire en septembre, ses enfants ont dû être déscolarisés. Leur auxiliaire de vie était en arrêt maladie mais il n’a pas été remplacé. « Si cet AESH a été notifié ce n’est pas pour rien, l’enfant est pénalisé. Ma fille elle a besoin qu’on écrive à sa place. Et au final, c’est moi qui est dû faire l’AESH », raconte Anissa.

Pour son fils, c’est finalement un accompagnant de l’école primaire qui remplace le poste manquant de l’école maternelle.

Mais pour sa fille, aucune solution. Anissa ne peut pas se contenter de cette réponse, elle engage une procédure judiciaire avec un avocat et ouvre un dossier avec un défenseur des droits.  Elle obtient gain de cause. Le 4 mai, un recrutement est fait, sa fille a un nouveau une accompagnante.

De cette histoire, Anissa  en ressort « fatiguée, épuisée et dégoutée ». Puis elle ajoute, « personne ne peut rien faire, l’Éducation nationale est intouchable, on se trouve seule avec les difficultés de nos enfants et c’est horrible. »

Un cas parmi tant d’autres

À la rentrée scolaire, Séverine Gil, présidente de l’association des parents d’élèves MPE13, a reçu des centaines d’e-mails et d’appels de parents d’élèves, comme Anissa, mais aussi des enseignants désespérés de devoir gérer seuls des élèves handicapés.

Laetitia, maman de deux enfants autistes et elle est aussi membre de l’association MPE13. Ses enfants bénéficient de 18h d’accompagnement individuel mais dans les faits, ils réalisent seulement 12h de présence à l’école, faute de personnels.

Laetitia et dix autres parents d’élèves de cette même école à Plan-de-Cuques ont décidé de monter au créneau et d’organiser une action en justice collective contre l’État et l’Éducation nationale. « On est encore en pleine organisation, le but est d’élargir ce groupe et de toucher le plus de personnes possible. »

Aucune réponse des représentants de l’État

« On a exprimé nos inquiétudes dès la rentrée en septembre, au directeur de l’Académie et nous n’avons pas eu de retour, on a écrit un deuxième courrier en novembre, pas de réponse »,  affirme Luce Nocera de l’association DFD13, qui représente les personnes atteintes de dyspraxie, une forme de handicap.

Après des négociations acharnées, 130 postes d’AESH ont été ouverts dans le département des Bouches-du-rhône, un nombre insuffisant selon une AESH marseillaise : « De plus en plus d’enfants ont la notification de la maison départementale du handicap, mais il n’y a toujours pas assez de recrutements. »

Le 3 juin prochain, les AESH organisent une grève intersyndicale pour exiger une revalorisation de leur salaire et plus de moyens et de temps pour s’occuper des jeunes handicapés.

L’école plus que jamais inclusive selon l’Éducation nationale

Réuni en novembre sous la présidence, de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, le comité national de suivi de l’école inclusive n’a pas tout-à-fait la même lecture du suivi des enfants scolarisés.

Selon lui, le nombre d’enfants scolarisés en milieu ordinaire a augmenté à la rentrée 2020, à près de 385.000, contre 361.200 à la rentrée 2019, soit une progression de 7%.

Parmi eux, 220.000 enfants bénéficient d’une aide humaine à la rentrée 2020, soit une hausse de 18% sur un an. Ces enfants accompagnés étaient à peine 25.000 en 2006.

Du côté des enseignants, les objectifs sont de former au moins 4.000 enseignants par an en stages d' »adaptation scolaire et scolarisation des élèves handicapés » à compter de la rentrée 2021, précise le comité.

Source FR3.

Coronavirus : La notice des autotests envoyés dans les écoles contient une erreur de taille…!

CONFUSIONLa notice erronée accompagnant 43 % des autotests distribués explique qu’un résultat négatif correspond à une contamination au coronavirus.

Coronavirus : La notice des autotests envoyés dans les écoles contient une erreur de taille

 

Le ministère de l’Education nationale a prévenu jeudi les collèges et les lycées d’une erreur dans la notice de certains autotests de dépistage du Covid-19. Les documents indiquent qu’un résultat négatif signifie que le sujet est atteint du coronavirus, rapporte RTL.

43 % des autotests commandés pour les établissements scolaires seraient ainsi accompagnés de cette instruction erronée. « Les tests Panbio destinés aux professeurs du secondaire » sont également concernés, a précisé le ministère au Monde. L’indication inexacte a par ailleurs été corrigée et la version en ligne du document a été modifiée. Le courriel envoyé aux directeurs et enseignants propose un lien vers cette mise à jour.

Des établissements réticents face aux autotests

Avant même cette bévue, les responsables des établissements scolaires s’étaient montrés réticents face au dispositif. « Cela va être compliqué voire infaisable car nous n’avons pas de personnel volontaire suffisant, pas de retour sur les médiateurs évoqués par le ministre et pas assez de locaux », avait estimé la secrétaire nationale du syndicat SNPDEN Christel Boury, citée par le HuffPost.

Le test antigénique utilisé dans le programme de dépistage dans les lycées et collèges implique un prélèvement nasal moins profond que le test PCR. L’écouvillon n’est en effet long que de 3 ou 4 cm. Le résultat est disponible au plus tard 20 minutes après le prélèvement.

Source 20 MINUTES.

Handicap à l’école : à Toulouse, le protocole sanitaire pénalise les élèves…

Pour éviter le brassage des élèves dans les classes, l’Education nationale a suspendu l’enseignement dans des classes parallèles pour les enfants en situation de handicap.

Une mère de famille toulousaine s’indigne et demande un retour au dispositif de l’école inclusive.

Les enfants doivent choisir entre leur classe spécialisée et la classe inclusive à l’enseignement classique.

 

« C’est une décision scandaleuse et inappropriée » ! Maïotte Cartiaux, mère de fillette de 10 ans scolarisée à l’école Falguière dans le cadre d’un enseignement adapté à son handicap, est vent debout contre les dispositions du nouveau protocole sanitaire imposé depuis le début du mois de mai par le ministère de l’Education nationale.

Ce dispositif touche les élèves de classe ULIS (Unité Localisée d’Inclusion Scolaire) qui bénéficient parallèlement d’une inclusion en classe ordinaire. « Nous avons reçu une lettre de la direction de l’école qui nous expliquait que pour limiter les brassages entre les classes, les enfants en situation de handicap devaient désormais suivre tous les enseignements avec le même groupe d’élèves, explique Maïotte Cartiaux. Soit dans leur classe ULIS, soit dans la classe ordinaire, il n’est plus possible de mixer les deux alors que c’est tout l’intérêt de cette approche inclusive ».

Surtout, cette parente d’élève s’étonne d’une décision aussi abrupte et unilatérale au regard des enjeux sanitaires. « Comment peut-on parler de brassage quand cela concerne, par établissement, 10 ou 15 élèves, s’étonne-t-elle. Ces élèves qui sont déjà en difficulté, le seront encore plus à cause de cette décision. Comment peut-on les pénaliser de la sorte ? Et comment peut-on demander à une équipe enseignante de faire un choix entre la classe ordinaire et la classe ULIS pour la poursuite de l’enseignement ? »

Maïotte Cartiaux remarque au passage que l’on pourrait très bien gérer la crise sanitaire et la détection de cas positifs au Covid avec les tests salivaires qui devaient être généralisés dans les écoles pour prévenir les contaminations. Ce qui n’est apparemment pas le cas, mais qui aurait pourtant permis de respecter au mieux la fragile scolarité de ces enfants.

« L’école inclusive à l’heure du déconfinement est pourtant prioritaire »…

« Comment faire comprendre à ma fille que, son équilibre scolaire déjà précaire va être chamboulé, qu’elle ne pourra plus aller dans sa Classe ULIS pour continuer à apprendre, écrire, compter de façon adaptée avec son instit, mais que désormais cela se fera dans une classe ordinaire avec une institutrice, qui j’en suis certaine fera de son mieux et qui a d’ailleurs toute ma confiance ».

Lors de son discours sur le déconfinement progressif, Emmanuel Macron avait pourtant bien exprimé son souhait de ne pas voir les soins s’arrêter pour ces enfants en situation de handicap et précisé qu’ils étaient prioritaires.

« Or, le dispositif ULIS et l’inclusion en classe ordinaire font partie de ce que l’on appelle un soin, même s’il se déroule au sein d’un établissement scolaire, poursuit Maïotte Cartiaux. Sur le site du gouvernement, au sujet de l’école inclusive à l’heure du déconfinement, il est écrit que les élèves en situation de handicap font partie des élèves prioritaires. Il est clair qu’avec cette nouvelle mesure sanitaire, ces enfants ne le sont plus ».

Aujourd’hui, elle attend une évolution du protocole sanitaire qu’elle espère pour la semaine prochaine, tout en redisant à l’équipe enseignante de l’école Falguière « tout son soutien pour tout son travail et ses efforts ».

Source LA DEPÊCHE.

 

Handicap : « la collaboration avec l’Education nationale reste chaotique »… Enquête.

Virginie Lanlo, adjointe au maire de Meudon, est membre de la commission éducation de l’Association des maires de France (AMF). Elle fait partie du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH).

Si elle se réjouit de l’implication des collectivités dans l’inclusion des élèves en situation de handicap sur les temps péri et extrascolaires, elle déplore le manque de partenariat avec l’Education nationale.

école handicap

 

Il y a deux ans, vous étiez auditionnée par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’inclusion des élèves handicapés dans l’école. L’accueil de ces enfants sur les temps péri et extrascolaires a-t-il depuis évolué ?

Depuis le grand mouvement pour une école inclusive lancé par le ministre de l’Education nationale, évolution à laquelle les différentes associations d’élus ont été associées, on constate une véritable implication des collectivités à ce sujet. Malheureusement, l’une des grosses difficultés à laquelle elles sont confrontées n’est toujours pas résolue : les collectivités ne sont toujours pas associées en amont à l’accueil de ces enfants. On peut ainsi apprendre à la rentrée de septembre qu’il va y avoir un accueil d’enfants en situation de handicap qui nécessiteraient un accompagnement sur les temps périscolaires ou extrascolaires, sans avoir les informations qui permettraient de les accueillir au mieux.

Or c’est aux familles de se rapprocher des structures d’accueil. Si cela ne leur pose pas de problème pour l’Education nationale, elles ne pensent pas forcément à se rapprocher de la municipalité pour le périscolaire. Ce que nous réclamons depuis très longtemps à l’AMF, c’est que les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) puissent inclure les temps péri et extrascolaires dans leurs notifications. Cela permettrait à la collectivité d’être dans la boucle dés le départ et de mieux préparer l’accueil de ces enfants.

En l’absence de notification, comment définissez-vous le besoin de l’enfant ?

Dans les Hauts-de-Seine, chaque ville a un référent loisirs et handicap. Nous ne sommes pas là pour faire un diagnostic, mais pour écouter la famille, et travailler avec elle au meilleur accompagnement possible pour l’enfant. A Meudon, si besoin, nous pouvons nous appuyer sur les infirmières municipales. De manière générale, il s’agit surtout d’être à l’écoute de la famille pour faire du sur-mesure, et ensuite de se mettre en lien avec la direction de l’école. La collectivité n’est qu’un maillon.

Les collectivités sont-elles confrontées à des difficultés de recrutement, comme l’Education nationale ?

Oui, il est de plus en plus difficile de trouver du personnel sur les temps particuliers que nécessite l’accompagnement des enfants en situation de handicap. Nous acceptons volontiers les Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) qui se tournent vers nous pour effectuer des temps complémentaires. A Meudon, nous leur proposons d’ailleurs chaque année. Mais tous n’acceptent pas. Il faut alors jongler avec les différents emplois du temps, avec les compétences et les appétences des animateurs. C’est pour cela que les collectivités déplorent d’être informées si tardivement de la présence d’enfants qui nécessitent un accompagnement particulier.

La collaboration avec l’Education nationale a-t-elle progressé de ce point de vue ?

Les temps péri et extrascolaires représentent les deux-tiers du temps de l’enfant passé en dehors de chez lui. Cela fait donc beaucoup d’heures qui nous incombent. Or la collaboration avec l’Education nationale reste chaotique. L’exemple des équipes mobiles d’appui médico-social (ÉMAS) illustre bien cette incapacité à considérer les temps périscolaires comme des temps de scolarisation. Le déploiement de ces équipes est imminent. Elles vont venir en soutien des professionnels de l’Education nationale pour appréhender la situation des enfants porteurs de handicap, ce qui est très bien. Je viens de recevoir le projet de circulaire définissant leur cahier des charges à laquelle j’ai donné un avis favorable. Mais on n’y fait aucune référence aux temps périscolaires ! Je cela extrêmement dommageable. Il appartient désormais à la commission éducation du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) de faire remonter cette anomalie. De la même façon, il reste très difficile de construire des formations communes entre nos agents et les professionnels de l’Education nationale. Il serait pourtant souhaitable d’envisager ce type d’évolution car nous accueillons les mêmes enfants !

Le 20 novembre 2020 le Conseil d’Etat a statué sur la prise en charge financière de l’aide individuelle apportée à l’enfant pendant les activités périscolaires : elle incombe aux collectivités. Que pensez-vous de cette décision ?

Les collectivités n’ont pas attendu la décision du Conseil d’Etat. Elles le faisaient déjà, et vont continuer à le faire. Mais si cela leur incombe, les collectivités ne sont pas intégrées pour autant par l’Etat dans le processus de prise en charge de l’enfant. Ce que veulent les collectivités, c’est être considérées comme de véritables partenaires dès le départ !

Source LAGAZETTE DES COMMUNES.

Carnets de profs: dyslexie, handicap… ces collégiens aux « efforts presque surhumains » …

Elèves dyslexiques, en situation de handicap, allophones… Comment ces adolescents, aux besoins d’apprentissage particuliers, sont-ils intégrés dans les collèges ?

Comment vivent-ils l’alternance, du fait de la pandémie de Covid-19, entre cours virtuels et présentiels ?

Carnets de profs: dyslexie, handicap... ces collégiens aux "efforts presque surhumains"

 

Les trois correspondants réguliers de l’AFP, professeurs en collège public, racontent la manière dont ils tentent d’adapter leurs méthodes d’enseignement et d’évaluation pour des élèves qui livrent des « efforts presque surhumains » afin de suivre le rythme.

– « Des marathoniens » –

Céline, 45 ans, professeure d’histoire-géographie dans un collège classé REP+ d’une ville moyenne du Haut-Rhin:

« Il y a des élèves atteints de dyslexie dans presque toutes les classes. Certains nécessitent une prise en charge particulière, avec des accompagnants pour certaines matières.

Lors des cours en distanciel, c’est très difficile pour eux à la maison. On ne peut pas leur demander de reformuler s’ils ne comprennent pas un énoncé par exemple, il y a souvent des problèmes de concentration.

Je me souviens aussi d’un élève malvoyant, que j’ai eu pendant deux années. Il fallait envoyer deux semaines en avance les documents étudiés en classe pour que des personnes au rectorat puissent augmenter les polices, les tailles des cartes, mettre des couleurs plus tranchées…

Tous ces élèves m’ont marquée. Une journée de classe leur demande des efforts presque surhumains. J’avais une élève dont la maman m’expliquait que sa fille s’endormait le soir sur son travail… Ce sont des marathoniens, héroïques : c’est tous les jours de leur scolarité qu’ils doivent déployer tous ces efforts, avec des phases de découragement. »

– « Pas toujours bien intégrés » – 

Camille, 39 ans, professeure d’histoire-géographie dans un collège classé REP+ d’une petite ville des Yvelines:

« Les élèves aux besoins spécifiques ne sont pas toujours bien intégrés. Dans le cas des allophones (nouvellement arrivés en France, ndlr), ils ont tendance à rester entre eux, leurs camarades les traitant parfois de +bledards+. Le but étant qu’ils pratiquent au maximum le français, ce n’est pas l’idéal.

L’adaptation se passe, en ce qui me concerne, surtout dans la manière d’évaluer. Certains élèves ont de grosses difficultés à l’écrit. Je leur propose donc une évaluation orale.

J’essaie de me former moi-même mais j’avoue que, même si je prends de mieux en mieux la mesure et la réalité pour les élèves de ces problèmes, je me sens souvent impuissante. J’ai de plus en plus d’élèves en sixième qui sont incapables de se repérer sur une carte ou une frise chronologique. J’ai beau expliquer et réexpliquer, je vois bien que je n’ai pas les clés pour les faire progresser.

Pour moi, l’école inclusive est le fait de prendre en compte les besoins des élèves et de s’interroger sur la pluralité des intelligences. Aujourd’hui, nous avons pris conscience que certains élèves en difficultés scolaires n’étaient pas des cancres, mais qu’ils ne pouvaient pas être en situation de réussite en raison d’un mode de fonctionnement cognitif différent. »

– Pérenniser les accompagnants –

Philippe, 54 ans, enseigne l’histoire-géographie dans un village du Puy-de-Dôme:

« Dans mes classes, il y a quelques élèves aux besoins particuliers. Ces élèves handicapés à différent titre ne me paraissent pas exclus des autres jeunes.

Ces élèves sont mis dans des classes sans que nous, enseignants, ayons été formés. Je dois donc me conformer à certaines prescriptions mises dans ces dispositifs : pour certains, cela consiste à réduire le nombre de questions lors d’une évaluation ; pour d’autres, il faut fournir des documents écrits plus gros.

Mais, il y a des limites : certains handicaps sont sans doute trop lourds pour une bonne prise en compte dans un collège. Il faudrait aussi des accompagnants plus nombreux et, surtout, plus durables. Si je ne fais pas d’erreur, dans mon établissement, je n’ai pas vu une accompagnante – et oui ce sont très majoritairement des emplois occupés par des femmes – faire plus de deux années scolaires. »

Source ORANGE.

Comment aborder le handicap autrement en classe ? A Orléans, un livret a été distribué aux enseignants…

Un livret de 25 pages a été distribué dans les écoles de l’agglo Orléanaise.

Objectif : Aborder le handicap autrement en classe.

Marina et Yanis avec le petit livret dans leurs mains sur un banc.

 

C’est un petit livre tout en couleurs avec Lila et Ben. Deux écoliers qui ont des copains comme tout le monde. Parmi eux des enfants en situation de handicap : en fauteuil, malentendants, autistes ou encore dyslexiques etc.

Du coup Lila et Ben se posent plein de questions. Pourquoi es-tu assis dans un fauteuil ? Pourquoi portes tu toujours un bandana sur la tête ?

Un livret imaginé il y a deux ans par une Orléanaise : Marina Saadani maman de Yanis, un petit garçon de quatre ans polyhandicapé.

L'affiche du livre où l'on retrouve les différents copains de Lila & Ben.

« Je me suis aperçue qu’il n’y avait pas de support regroupant les six grandes familles de handicap pour permettre aux enseignants de réaliser des temps de sensibilisation et d’échanges. J’ai cherché une illustratrice. Il s’agit de Valérie Gibaud. J’avais plein d’idées elle les a parfaitement dessinées, » explique Marina.

Résultat un livret de 25 pages destiné aux enseignants. Il a été distribué dans les écoles élémentaires de l’agglomération Orléanaise et prochainement dans le département du Loiret.

« Tout le monde concerné »

« Tout le monde est concerné par le handicap », poursuit Marina.

Il n’y a pas que le handicap moteur. A tout moment de la vie on peut malheureusement être victime d’accidents. De troubles visuels, auditifs, ou bien encore de maladies invalidantes.

« Plus vite les enfants seront sensibilisés aux différents handicaps plus vite ils seront ouverts  tolérants et bienveillants envers leurs camarades handicapés. C’est un enrichissement mutuel bénéfique à tous. Le livret aborde le sujet de manière ludique et positive c’est très important ».

Un petit guide réalisé grâce à l’association de Marina, « Des rêves pour Yanis », mais pas seulement. Huit autres associations Orléanaises ont activement participé. Parmi elles : Handi soutien 45, ACGO (association des chiens guide d’Orléans), ou bien encore Accompagner l’autisme.

L’impression de l’ouvrage a été réalisée à Saran près d’Orléans à l’ESAT Jean Pinaud. Une version sonore est par ailleurs disponible grâce à la bibliothèque sonore du Loiret.

Enfin une grande affiche a été réalisée. « L’objectif, conclut Marina est qu’elle soit mise en évidence dans les salles de classe. Pour que le handicap fasse partie du quotidien des enfants et qu’ils puissent l’aborder en toute sérénité ».

Source FR3.

 

Covid-19. C’est la cacophonie autour de la vaccination des profs….

Seuls « les enseignants de plus de 50 ans au contact d’enfants handicapés » et les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) pourront se faire piquer rapidement.

La France peine à édicter une règle claire concernant la vaccination des enseignants (photo d'illustration).

 

Les enseignants doivent-ils être vaccinés en priorité contre le Covid-19 ? Oui, selon dix-neuf pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La Russie, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Autriche, la Pologne, l’Estonie, la Lituanie ont fait ce choix. La France, elle, peine à édicter une règle claire.

Le 3 janvier, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer expliquait que les enseignants faisaient partie des personnels de premier rang ​et que leur vaccination serait souhaitable au mois de mars au plus tard​. Le 1er mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran, le renvoyait dans les cordes : Pas de priorisation pour qui que ce soit, en dehors des soignants, des pompiers.

Pas question de vacciner un prof âgé de 30 ans

Depuis, c’est la cacophonie. Début avril, Olivier Véran et Jean-Michel Blanquer semblaient avoir accordé leurs violons : la vaccination aurait lieu d’ici à la fin du mois d’avril​. Mais le 6 avril, Emmanuel Macron a balayé ces conjectures : les enseignants feront partie des publics prioritaires une fois la vaccination ouverte aux moins de 50 ans, soit à la mi-juin. Cela n’aurait aucun sens ​de vacciner un enseignant de 30 ans en priorité sur ses parents de 70 ans​, a-t-il argumenté vendredi 9 avril.

Exceptions

Mais il y aura des exceptions, a précisé Emmanuel Macron : les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et les personnels au contact de personnes très vulnérables​, soit 70 000 personnes selon lui, auront droit à une vaccination prioritaire » dans ​« les prochaines semaines ». « Les enseignants de plus de 50 ans au contact d’enfants handicapés » pourront se faire vacciner, ​« sans doute » dès cette semaine, a précisé Jean Castex, samedi.

D’où vient ce nombre de 70 000 enseignants prioritaires ?

Le cap semble enfin clair. Mais d’où vient le nombre de 70 000 enseignants prioritaires évoqués par Emmanuel Macron ? Les AESH, à eux seuls, sont 110 000. Et Selon le syndicat national des lycées et collèges (Snalc), 84 % des élèves handicapés sont scolarisés en milieu ordinaire. Dit d’une autre manière, tous les enseignants, ou presque, sont en contact avec un élève handicapé…

Agacé, le maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), Philippe Juvin, par ailleurs chef du service des urgences de l’hôpital européen Georges-Pompidou a pris la décision de faire vacciner tous les enseignants de maternelle et de primaire qui sont sous la responsabilité de la commune », ​dès cette semaine.

Source OUEST FRANCE.

Un club de « bikers » au secours des victimes de harcèlement scolaire… Pour briser le silence…

Lucas a neuf ans. Depuis deux ans, il est victime de brimades à son école.

Ces derniers mois, il a obtenu un soutien de poids.

Celui des Lag Spirit MC City of Popes, un club de « bikers ». Ses membres issus majoritairement des forces de l’ordre roulent pour les victimes d’harcèlement scolaire.

 

Lag Spirit MC City of Popes en escorte devant un établissement scolaire.

 

Quand il rentrait de l’école avec des bleus, Lucas disait à ses parents qu’il était tombé. « En raison de sa pathologie, il est assez maladroit, il a tendance à tomber », reconnaît Cécile sa maman, qui n’imaginait pas un seul instant que son fils puisse être victime de harcèlement scolaire.

« L’année dernière, on a commencé à voir apparaître des bleus suspects sur ses avant-bras et ses jambes, et il nous disait qu’il ne se rappelait plus ».

Lucas est scolarisé en ULIS, une classe adaptée pour les enfants en situation de handicap, à Fuveau. Le petit garçon présente un retard global de développement.

Un enfer dont l’enfant ne parle pas

Un jour, Lucas craque. Il se confie à son parrain. « Il lui a dit : en fait je me fais taper tous les jours ». Cécile découvre avec stupeur que Lucas est le souffre-douleur d’un camarade de classe plus âgé.

La maman alerte la maîtresse, rencontre la direction. Comme rien ne se passe, elle appelle aussi le numéro dédié au harcèlement scolaire, le 3020. Mais rien ne change. Les bleus continuent.

Lucas ne veut plus aller à l’école. Cécile porte plainte. « J’ai dû faire trois gendarmeries avant qu’on accepte de prendre ma plainte », souligne-t-elle.

Entre-temps, la France se retrouve sous cloche à cause du Covid. « Avec le confinement, mon fils a retrouvé un peu de sérénité ». Et à la rentrée suivante, l’enfant harceleur n’est plus là. Il est parti au collège.

Pour Lucas, le répit est pourtant de courte durée. Un jour, il revient de l’école avec des dents cassées. Officiellement en jouant au foot. À la veille des vacances d’hiver, rebelote. Lucas a des bleus dans le dos et à nouveau, des dents cassées.

L’enfant finit par dire « qu’ils lui sont tombés dessus à trois », et qu’ils lui ont « explosé la tête contre le robinet des toilettes ».

Deux enfants de sa classe avouent l’avoir frappé sur les ordres d’un troisième. La directrice promet qu’ils seront punis et les parents informés. Depuis Cécile n’a pas eu connaissance des suites données à l’affaire.

Mais Lucas porte toujours de nouvelles marques sur le corps. « Il a peur d’aller à l’école, ça va faire deux ans que ça dure. Il est fragile, il ne se défend pas et il ne le dit pas aux adultes ».

Des parents qui se sentent impuissants

Les signes ne trompent pas sa maman. « C’était un petit garçon très joyeux et je l’ai vu perdre le sourire. Quand il se fait frapper, il ne veut pas en parler, mais il change de comportement, il est désagréable, il est agressif avec nous, il nous repousse, on voit qu’il n’est pas bien ».

Au fil des mois, Cécile est passée de la surprise à la tristesse puis à la colère et la haine. Seule et impuissante, elle a posté son désarroi sur Facebook.

C’est comme cela que le Lag Spirit MC City of Popes l’a contactée.  « Au moment où j’allais le plus mal, ce sont les seuls qui m’ont répondu », témoigne Cécile. C’est une bouée à laquelle elle a pu s’accrocher.

Le Lag Spirit MC City of Popes, c’est un club de « bikers ». Des motards en blousons noirs, avec tatouages et grosses cylindrées qui semblent tout droit sortis de la série Sons of Anarchy.

Des « bikers » d’un genre particulier. 80 % de ses membres sont des policiers, des gendarmes, des douaniers et des militaires. Encore en activité ou à la retraite. Sur leur temps libre, ils roulent pour une grande cause : lutter contre le harcèlement scolaire.

Un club de "bikers" au secours des victimes de harcèlement scolaire

Des bikers en escorte

L’initiative est née en région parisienne en 2017 et a essaimé à travers la France. Le « chapitre » City Of Popes (l’antenne, ndlr), basé à Carpentras, existe depuis un peu plus d’un an. Ses bikers couvrent le grand quart sud-est du pays.

« Fort ensemble », c’est la devise de ces motards au grand cœur. L’objectif est que les victimes ne se sentent plus seules. Mardi prochain, les Lag Spirit viendront en nombre à l’école de Lucas, à Fuveau, comme ils l’ont fait cette semaine, pour Michaela, collégienne en souffrance, à Carpentras.

« On fait une escorte, explique Yul, le président du chapitre City Of Popes, on va chercher l’enfant devant l’établissement scolaire, et on le ramène à la maison en moto, derrière son parrain. »

Les bikers suivent deux autres collégiens de 13 et 14 ans.

« Ça montre à l’enfant que les « grands frères » viennent le chercher en bécane et ça a un fort impact pour lui, souligne-t-il. Sur les harceleurs aussi. Le « style biker, avec barbes et tatouages, c’est assez imposant, surtout avec l’effet de groupe ».

Il ne s’agit pas pour autant de jouer les gros bras devant les établissements. « On n’est pas là pour les intimider, même s’il y a un impact visuel important », précise Yul, qui est aussi le parrain de Lucas. « Quand il nous voit, il a la banane et c’est déjà une première victoire ».

« Au début, il était impressionné parce qu’ils ont des grosses motos et ils sont barbus, se souvient Cécile. Mais ils ont un lien très particulier. Avec eux, Lucas se sent soutenu et protégé, parce qu’il a peur et il a honte de ce qui lui arrive », ajoute sa maman.

Le moto-club aide aussi les parents dans leurs démarches administratives et judiciaires, notamment dépôt de plainte.

« Ils sont souvent démunis, ils ne savent pas à quelle porte frapper, indique Yul, on les met en contact avec des collègues qui s’occupent de ça, à la brigade des mineurs ».

Briser le silence

« Ils m’ont conseillée aussi d’aller faire constater les blessures chez un médecin et de prendre des photos, des petits trucs auxquels on ne pense pas forcément », renchérit la maman de Lucas.

Cécile espère aussi que cela permettra de briser la loi du silence. « Je n’ai pas envie qu’un jour les pompiers m’appellent parce qu’il a pris le coup de trop, et qu’il est dans le coma, ou qu’il essaie d’en finir parce qu’il n’arrive plus à porter ce fardeau ».

En France, selon l’Observatoire de la santé, le harcèlement scolaire touche 12 % des élèves au primaire, 10 % au collège, 4 % au lycée. Au total, 700.000 élèves subissent le harcèlement de leurs camarades de classe chaque année.

Source FR3.