Rentrée scolaire. « L’accompagnement des élèves en situation de handicap est insuffisant »…

C’est la rentrée aussi pour les enfants en situation de handicap et leurs accompagnants.

Une aide humaine « indispensable » pour ces élèves, mais bien souvent « insuffisante ».

Le manque d'accompagnement peut entraîner l'échec scolaire de l'élève.

 

Jeudi 2 septembre, c’était aussi la rentrée pour les enfants porteurs de handicap. Une rentrée souvent synonyme de stress pour eux et pour leurs parents, car non seulement il faut être prêt à débuter une nouvelle année scolaire, mais c’est aussi à la rentrée qu’ils vont connaître l’accompagnement réel dont bénéficiera l’élève.

12 heures d’aide… Au lieu de 18

Enola entre en CP à l’école de Boissey-le-Châtel. Elle est atteinte d’un trouble autistique. La Maison départementale des personnes handicapées de l’Eure (MDPH) a reconnu sa pathologie et lui a octroyé une « aide humaine individuelle » à hauteur de 18 h par semaine.

Pourtant, l’an passé, ses parents ont appris par le biais de l’école qu’elle n’allait être accompagnée que 12 h. Ses parents remuent alors ciel et terre pour qu’elle puisse avoir l’accompagnement dont elle a besoin. « J’ai appelé l’Académie, le collège de Grand Bourgtheroulde qui distribue les heures d’accompagnement… Puis j’ai fini par appeler la presse », raconte Julien Castro, le père d’Enola.

Il en informe alors l’Académie, qui « dans l’heure qui suit a débloqué les 6 h manquantes ».

« C’est grave d’avoir à en arriver là, il faut faire du bruit pour obtenir justice »

Julien CastroPère d’Enola

Cette année, la fillette devrait avoir droit à ses 18 h d’accompagnement. « Cela devrait bien se passer, on espère », appuie le papa, en précisant que « l’école a tout fait pour que cela se passe au mieux ». Car sans accompagnant d’élèves en situation de handicap (les AESH), Enola a des troubles de l’attention et a du mal à se concentrer en classe. « L’AESH lui réexplique les consignes, la rassure. »

Sans AESH, c’est aussi plus difficile pour l’instituteur de faire classe, car Enola a besoin d’une attention particulière. C’est en partie pour cela, et aussi parce qu’elle se fatigue vite, que Julien Castro devra garder sa fille à la maison, « au moins tous les lundis matin » cette année, comme l’an passé.

Une situation possible car le papa travaille à la maison, mais qui révèle une autre problématique du manque d’accompagnement des élèves en situation de handicap. « Si je ne travaillais pas chez moi, comment on ferait ? »

Problème récurrent

Pour Élise Saegaert, présidente de l’association Préhandys276 au Thuit de l’Oison, qui vient en aide aux familles d’enfants porteurs de handicap, le manque d’accompagnement est une problématique « récurrente ».

C’est le Pial (pôle inclusif d’accompagnement localisé), mis en place par l’Éducation nationale, qui coordonne la distribution des heures d’aide humaine et organise le travail des AESH. Chaque année, en fonction du nombre d’enfants à accompagner, un nombre d’heures d’accompagnement est déterminé et c’est au collège référent du Pial de distribuer les heures en fonction des élèves.

« Le problème, c’est que bien trop souvent les heures calculées ne correspondent pas au besoin sur le terrain et qu’il faut donc priver des enfants d’heures d’accompagnement pour que d’autres puissent être aidés, eux aussi »

Elise SaegaertPrésidente de Préhandys276

Témoignage d’une AESH. « J’ai adoré ce métier, mais j’arrête »

Lucie* est accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) depuis bientôt 9 ans. Elle dit avoir « adoré » ce métier mais décide aujourd’hui d’y renoncer.
Sur des feuilles, Lucie* a noté toutes les raisons pour lesquelles elle choisit aujourd’hui de ne pas continuer à être AESH, pour être sûre de ne rien oublier lors de notre rencontre. Cela fait bientôt neuf ans que la jeune maman exerce cette profession, et quelques années qu’elle travaillait dans des écoles du Neubourg. Aujourd’hui en arrêt maladie longue durée pour des raisons de santé, l’accompagnante l’affirme : elle ne reprendra pas le chemin de l’école.

Manque de formation

C’est pourtant un métier qu’elle a « adoré ». « On voit l’enfant progresser, on le rassure, le guide, c’est satisfaisant. » Mais elle en est aujourd’hui « dégoûtée ».
Il y a déjà le manque de formation. Il y a neuf ans, alors qu’elle était à la recherche d’un travail, elle répond à une offre de Pôle emploi. Elle se retrouve rapidement engagée et envoyée dans une première école. « Je n’avais pas été formée. » Ce n’est que quelques mois plus tard que Lucie recevra des formations, 60 heures au total. « C’est complètement insuffisant. »

« Travailler la boule au ventre »

En neuf ans, Lucie a principalement accompagné des enfants atteints d’autisme, mais aussi une fillette dyslexique ou encore un garçon en fauteuil roulant.
Malgré l’expérience, la femme se retrouve parfois démunie face à ces enfants « compliqués à gérer ». « Il y en a qui font des crises de nerfs, une fillette était insultante, violente envers ses camarades et envers moi. Des fois, je ne savais pas gérer la situation », confie-t-elle.
Si elle a toujours pu compter sur l’équipe enseignante, Lucie estime s’être sentie souvent « seule ». « Lorsque j’ai demandé au rectorat de changer d’enfant car je n’en pouvais plus, on me l’a refusé. » Lucie se retrouve alors à « travailler la boule au ventre ».
L’accompagnante ressent aussi un grand manque de reconnaissance. « On est des pions », dit-elle. D’une année à l’autre, les accompagnants peuvent être changés d’établissement, changer d’enfant. « On nous dit de ne pas nous attacher, mais on est humains. Souvent à la rentrée on ne sait même pas dans quel établissement on va travailler, quel enfant on va accompagner ni quelle est sa pathologie. » Les accompagnants en « aide humaine mutualisée », comme Lucie, aident plusieurs enfants, parfois dans des établissements différents. « Il faut jongler avec le planning. »

780 euros par mois

Lucie s’estime en situation de précarité. Travaillant 24 heures par semaine (avant d’être arrêtée), elle touchait 780 euros par mois. « J’étais obligée de compléter avec une autre activité, mais je n’atteignais même pas les 1 000 € par mois », avance-t-elle. « C’est un métier qui est dur physiquement et moralement et on n’a pas de reconnaissance financière. » Les AESH n’obtiennent d’ailleurs pas de contrat en CDI tout de suite, Lucie a dû attendre six ans avant qu’on lui en propose un, qu’elle a finalement refusé.

*Lucie a souhaité garder l’anonymat

« Question d’argent »

La situation est d’autant plus délicate qu’avant la création des Pials, il y a trois ans, chaque enfant se voyait octroyer un nombre d’heures d’accompagnement par semaine, comme c’est le cas pour Enola. « Maintenant, ceux qui ont des heures dans leur notification MDPH bénéficient d’une aide individuelle, mais la majorité des enfants en situation de handicap a une aide mutualisée. »

Cela signifie qu’un AESH doit s’occuper de plusieurs enfants par semaine, donc répartir son temps entre eux. « En aide mutualisée, la moyenne des heures d’accompagnement est de 12 h par semaine, mais ça peut être beaucoup moins, vu que ce n’est plus indiqué sur la notification. »

C’est d’ailleurs cette question qui a été au cœur d’une polémique, en décembre dernier à l’école du Thuit-de-l’Oison. Les enfants en situation de handicap, qui étaient tous accompagnés 12 h par semaine, ont vu leurs heures d’aide réduite à 8 h, déclenchant la colère des parents et une manifestation devant l’école.

« Comme il n’y a pas d’heures indiquées dans la notification MDPH, on peut nous retirer des heures et on a très peu de recours », déplore Élise Saegaert. Face à la mobilisation, l’Académie avait fini par maintenir les enfants aidés 12 h par semaine.

« Une réelle souffrance pour l’enfant »

« Tout est une question d’argent. On nous fait comprendre que les enfants handicapés, ça coûte cher à la société. Mais ne vaut-il pas mieux investir pendant 15 ans pour que ces enfants sachent lire, écrire, compter, plutôt que devoir, tout le reste de leur vie, les assister ? »

Elise SaegaertPrésidente de Préhandys276

Pour les familles qu’aide Élise Saegaert dans le cadre de son association, le manque d’accompagnement est un poids en plus. « C’est la double peine. Le dossier MDPH est déjà dur à monter. Et au final, on se retrouve avec des heures manquantes, insuffisantes. »

Le manque d’accompagnement est aussi « une réelle souffrance pour l’enfant, qui provoque des phobies scolaires, les met en situation d’échec scolaire ».

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Source ACTU.FR

Handicap à l’école : « Il faut toujours batailler », témoigne une maman…

Maman d’une petite fille handicapée de 7 ans, Constance Tiranzoni témoigne de difficultés autour de la prise en charge de son enfant à l’école. Port du masque, interventions de professionnels de santé, propos maladroits…

« Il faut toujours batailler », explique-t-elle.

Handicap à l’école : "Il faut toujours batailler", témoigne une maman

 

« Madame, nous n’avons pas à nous soumettre à vos exigences ». Ce fut la phrase de trop. Celle qui a littéralement fait bondir Constance Tiranzoni, maman d’une petite Rose, âgée de 7 ans et lourdement handicapée à cause d’une maladie dégénérative progressive. Une phrase en réponse à sa demande, en juin dernier – « portée par une enseignante référente », insiste-t-elle de faire intervenir une ergothérapeute dans la classe de sa fille, scolarisée en CP dans une école du département. Rose devant changer d’établissement à la rentrée de septembre, l’objectif était de « repérer les aménagements pour favoriser ses apprentissages » dans sa nouvelle école et éviter ainsi « qu’elle ne reparte à zéro ».

« Elle ne voyait pas l’intérêt »

Dès le départ, la maman dit avoir senti des réticences venant de l’enseignante. « Elle m’a dit qu’elle ne connaissait pas l’ergothérapeute et qu’elle ne voyait pas l’intérêt », rapporte-t-elle. Ses craintes s’avèrent fondées. L’Éducation nationale refuse l’intervention de l’ergothérapeute. L’enseignante évoque l’organisation d’« une sortie scolaire » ainsi que « deux AESH et une maîtresse du Rased déjà présente les mardis », expliquant ne pas vouloir « surcharger davantage sa classe ».

L’ergothérapeute proposait pourtant deux autres dates et aussi d’intervenir avant ou après la classe. À la maman, qui demande des explications, la directrice de l’établissement oppose une fin de non-recevoir. Le ton monte jusqu’à cette phrase : « Madame, nous n’avons pas à nous soumettre à vos exigences ». « Ça m’a étranglée. Ce ne sont pas des exigences. C’est un droit. Je dirais plutôt que c’est l’enseignante qui ne veut pas se soumettre à sa fonction ! Je pense que quand on est enseignant, on a envie d’aider son élève ! Trouver 20 minutes après la classe… »

« Si je n’avais pas grondé, il ne se serait rien passé ! »

Au lendemain de cette discussion houleuse, la maman reçoit un mail annonçant que d’autres dates seront proposées. Finalement, l’intervention de l’ergothérapeute se déroulera bel et bien. « Mais si je m’étais arrêtée là, si je n’avais pas grondé, il ne se serait rien passé ! », soutient Constance Tiranzoni. « C’est toujours très difficile. Il faut toujours batailler. J’ai assez de combats comme ça ! », lâche la jeune femme qui a quitté son emploi pendant trois ans pour répondre aux besoins de sa fille et travaille désormais une semaine par mois.

« Vous n’avez pas envie que votre fille soit heureuse comme les autres ? »

Et de relater un second « incident », en novembre 2020, au moment de l’obligation de port du masque. Rose, du fait de son handicap, avait une dérogation médicale pour ne pas le porter en classe. Mais l’école aurait proposé de faire passer l’enfant chez les maternelles -qui ne portaient pas de masques- pour ne pas « perturber » le reste de sa classe. Ou de la laisser avec ses camarades à condition de poser des parois de plexiglas autour d’elle. « J’ai entendu : “Vous n’avez pas envie que votre fille soit heureuse comme les autres enfants ?”», rapporte Constance Tiranzoni. « Dans ces cas-là, qu’est-ce qu’on fait ? Comment doit-on faire ? On a juste envie d’aller se pendre », regrette la maman. « Il y a des enseignants formidables, mais il faudrait revoir la formation », poursuit la jeune femme, appelant à davantage de modules sur le handicap. Elle affirme avoir souhaité témoigner « non pas pour que l’on s’apitoie sur [son] sort » mais « pour tous les autres parents  ». « Pour les encourager à ne pas se taire. »

Source EST REPUBLICAIN.

Côtes-d’Armor. La grogne des accompagnants d’enfants en situation de handicap…

Dans les Côtes-d’Armor, les accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, liée à la mutualisation des moyens.

Les accompagnants d’enfants en situation de handicap devant la direction académique ce mercredi 15 septembre 2021.

 

Dans les Côtes-d’Armor, il y a un millier d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), qui exercent de la maternelle au lycée. Sans eux, beaucoup d’élèves perdraient en autonomie ou en socialisation.

Depuis cette rentrée 2021, ils dénoncent une « dégradation » de leurs conditions de travail. Car ils dépendent désormais de pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial) qui leur impose de parcourir jusqu’à 45 km entre deux établissements. « Mes revenus d’AESH sont de 700 € pour 24 heures de travail. Je vais dépenser jusqu’à 95 € par mois en gasoil si je circule sur tout le territoire du Pial », explique Davy, qui accompagne des écoliers.

Connaître son affectation

La multiplication du nombre d’élèves accompagnés simultanément, l’impression d’être inutile, les emplois du temps instables, l’affectation à un territoire et non plus à un élève… Les AESH revendiquent l’abandon des Pial et de la politique de mutualisation des moyens. « Car c’est au détriment des enfants handicapés », ajoutent les représentants syndicaux, qui exigent que tous les AESH aient connaissance de leur affectation pour l’année.

Source OUEST FRANCE.

La galère de trois familles franciliennes pour scolariser leur enfant handicapé…

PARCOURS DE COMBATTANTES – Deux mamans et un papa racontent les difficultés qu’il et elles ont rencontrées pour que leur enfant handicapé puisse apprendre comme les autres.

La galère de trois familles franciliennes pour scolariser leur enfant handicapé

 

  • Des familles galèrent à scolariser leur enfant handicapé en Ile-de-France et pointent des inégalités territoriales.
  • « L’inclusion telle qu’on veut nous la montrer aujourd’hui est à l’opposé de celle qu’on veut nous montrer sur le terrain », estime un père, qui critique la communication gouvernementale.
  • Près de 12.000 enfants handicapés rencontrent chaque année des difficultés de prise en charge à l’école, selon le gouvernement, un chiffre sous-évalué selon l’Unapei, qui regroupe 550 associations autour du handicap.

« Notre fils n’aura pas école pour la troisième année de suite », « Notre fils est déscolarisé depuis 2018 », « J’ai un enfant handicapé et je ne trouve malheureusement pas de place »… Sur marentree.org, les témoignages de parents d’enfants handicapés s’accumulent, dans la foulée de la campagne #jaipasecole, lancée par l’Unapei, mouvement associatif français qui regroupe 550 associations autour du handicap. En Ile-de-France, la situation n’est pas meilleure qu’ailleurs, avec ses spécificités départementales. 20 Minutes a recueilli le témoignage de trois familles, dont les enfants ont été orientées vers des structures inadaptées, ou qui sont carrément sans solution pour la rentrée.

C’est le cas d’Ewa Grajner, maman de Filip, 7 ans, diagnostiqué autiste à 22 mois, et qui habite à Villemomble, en Seine-Saint-Denis. Il est ce qu’on appelle « non verbal » : il ne parle pas du tout et communique en pointant avec le doigt, avec des pictogrammes. « Il ne saura sans doute jamais lire, ni écrire. Peut-être jamais parler », explique sa mère, et c’est la raison pour laquelle son fils a besoin d’une structure qui le prend en charge avec ergothérapeute, psychologue, psychomotricien, orthophoniste, etc. pour qu’il progresse.

Pendant quatre ans, Filip a été correctement pris en charge à l’hôpital de jour à Neuilly-sur-Marne selon sa mère, à raison de 32 heures par semaine. Mais en juillet dernier, le suivi s’est arrêté, et malgré les efforts des parents depuis un an, impossible de trouver une place en institut médico-éducatif (IME), la seule structure adaptée aux yeux des parents de Filip.

A l’IME de Soubiran, pourtant dans leur département, ils se sont même vus répondre que leur domicile était hors du « secteur géographique » de l’institution, qui n’est pourtant pas censée sectoriser. En juillet, une convention entre la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le département de Seine-Saint-Denis et la MDPH a été signée pour améliorer les délais de traitement.

« Cela va à l’encontre du droit à l’enfant »

D’autres parents ont dégoté une solution, mais au prix de coûteux sacrifices financiers. C’est ce qui s’est passé pour Marie*, mère d’une petite Mégane* de 7 ans et demi, porteuse d’un syndrome génétique rare, qui nécessite là aussi une prise en charge pluridisciplinaire. Pour scolariser l’enfant, Marie, qui habite Paris, s’est résolue à embaucher une accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) privée, la directrice d’école lui ayant clairement dit, selon son témoignage, que l’enfant ne serait pas pris à l’école avec une AESH de l’Education nationale, qui ne reçoit que 60 heures de formation.

« Cela va à l’encontre du droit à l’enfant, c’est comme si on disait « votre enfant ne va pas rentrer dans cette classe-là car on n’a pas l’enseignant adapté ». C’est à l’école de s’adapter, pas à la famille », s’insurge Sonia Ahehehinnou, vice-présidente de l’Unapei.

Entre-temps l’enfant avait commencé à se mutiler

Les prises en charge inadaptées peuvent se révéler catastrophiques et rendre encore plus difficiles la situation des familles d’enfants handicapés, et surtout des enfants eux-mêmes. C’est ce qui est arrivé à Luc*, enfant autiste de 11 ans, qui réside dans le Val-de-Marne. Scolarisé au départ à l’école selon le récit de son père Sami*, l’enfant devait subir des changements incessants de classe, les enseignantes et enseignants de l’établissement ayant refusé de le prendre en charge plus d’une heure d’affilée. A quoi se sont ajoutés plusieurs changements d’institutrices, parties en congé maternité.

« Le pédopsychiatre a alerté le médecin scolaire dès le lendemain de la rentrée que cela allait majorer les troubles de l’enfant », explique Sami, mais ce n’est qu’en décembre, quand député et Défenseur des droits se sont déplacés, que l’enfant a été autorisé à intégrer normalement une classe. Entre-temps l’enfant avait commencé à se mutiler, et il a finalement été décidé de le déscolariser. A la rentrée, la formation à « l’école inclusive » deviendra obligatoire pour tous les nouveaux enseignants.

« On est en train de créer des cas complexes, tout cela parce qu’à la base le système n’est pas adapté aux enfants », se désole Sonia Ahehehinnou. Et Luc, qui suivait depuis les cours par le Cned, est aujourd’hui également privé de cette ressource, selon son père, parce que la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) a notifié une scolarisation en classe Ulis en juillet, alors que les dernières commissions d’attribution se tiennent en juin, rapporte-t-il.

Inégalité territoriale

Les délais d’attente peuvent être très longs, jusqu’à 4 ans, et varient selon les départements, provoquant une inégalité territoriale. « Tous les départements ne s’investissent pas de la même façon pour la prise en charge du handicap et la scolarisation : le Val-d’Oise et les Yvelines ont moins d’implication que la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne », explique Bruno Lefebvre, président de l’Unapei Ile-de-France. Les délais sont les plus longs dans le Val-d’Oise : il faut y compter quatre ans pour une place en institut médico-éducatif, contre « seulement » un an et demi ou deux ans en Seine-et-Marne ou dans l’Essonne.

Pour une place en milieu scolaire ordinaire, c’est dans l’académie de Versailles où cela pêche le plus, à cause d’un manque d’AESH, selon Bruno Lefebvre. « Les enfants sont dits « scolarisés » mais ne le sont en fait que sur une demi-journée par semaine. »

Familles sacrifiées

Les enfants trinquent mais les familles aussi. Ewa Grajner, qui était adjointe de direction dans une grande surface, a dû arrêter de travailler, tout comme Marie. « Je ne pouvais pas organiser l’agenda de ma fille jusqu’à 2 heures du matin tous les jours », dit-elle. Les vacances suivent pour cette dernière le rythme des thérapies de sa fille : « Quinze jours en Espagne l’an dernier pour des soins intensifs dans une clinique, cette année en Bretagne pour une rééducation neuro-fonctionnelle dans un centre spécialisé qui fait beaucoup de pédiatrie et de neurologie. » Sans compter les efforts financiers : les « vacances » de Mégane coûtent entre 2.000 et 3.000 euros, et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Au quotidien, comme Marie a choisi d’être aidée financièrement pour une prise en charge humaine, les soins qu’elle peut requérir pour sa fille ne lui sont pas remboursés. Il fallait choisir, c’était l’un ou l’autre. « On ne peut pas cumuler les deux », explique-t-elle.

Les familles qui font face à ces problèmes sont souvent surmenées, épuisées. Sami, le père de Luc, a lui aussi mis entre parenthèses son métier d’enseignant pour faire l’école à son fils à domicile, mais il a été rattrapé par des ulcères à l’estomac, qu’il attribue au stress généré par la situation de son enfant. Double peine, il a ensuite été déclaré inapte à toute fonction publique à vie à la suite du passage d’un expert, selon son témoignage, une décision contre laquelle il se bat aujourd’hui au tribunal. « N’importe quelle maman dira qu’elle est prête à se suicider quand elle doit refaire un dossier à la MDPH », abonde Marie.

Que fait le gouvernement ?

En face, le ministre de l’Education met en avant l’augmentation du nombre d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH), passés de 70.000 à plus de 120.000 aujourd’hui. Mais ces chiffres sont largement contestés par les parents que nous avons interrogés, qui affirment ne voir aucun progrès sur le terrain. « Sur le papier c’est magnifique, mais on ne fait rien », se désole Ewa Grajner. « L’inclusion telle qu’on veut nous la montrer aujourd’hui est à l’opposé de celle qu’on veut nous montrer sur le terrain », renchérit Sami.

Pour Sonia Ahehehinnou, « l’école ne sera réellement inclusive que lorsqu’on aura une évaluation bien concrète des besoins du terrain ». Le gouvernement affirme que 12.000 enfants handicapés rencontrent chaque année des difficultés de prise en charge à l’école (sur 385.000 enfants en situation de handicap scolarisés en classe ordinaire à la rentrée 2020) mais l’Unapei considère que les chiffres sont largement sous-évalués, car ils englobent toutes les prises en charge y compris celles jugées déficientes ou insuffisantes par les parents. Contacté par 20 Minutes, le cabinet de la ministre Sophie Cluzel nous confirme que ce sont bien les heures prescrites par la MDPH qui sont comptabilisées, et non les heures effectives.

* Le prénom a été changé

Source 20 MINUTES.

Handicap : les familles en colère contre le manque d’enseignants dans les instituts médico-éducatifs…

Pour l’Unapei, principale association de familles de personnes avec handicap intellectuel ou psychique, de nombreux enfants « sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins ».

Handicap : les familles en colère contre le manque d’enseignants dans les instituts médico-éducatifs

 

Porteur d’un handicap intellectuel, Bastien, 15 ans, n’a bénéficié l’an dernier que de deux heures de classe par semaine dans son institut médico-éducatif (IME). Une situation anormale, dénoncent les associations qui, à l’approche de la rentrée, demandent davantage d’enseignants pour les enfants « à besoins particuliers »

Comme chaque année, le gouvernement aborde cette rentrée scolaire en vantant les progrès de « l’école inclusive », qui accueille plus de 400 000 élèves handicapés (en hausse de 4 % en un an et de 19 % en cinq ans), épaulés par 125 500 accompagnants (AESH). Cependant, pour l’Unapei, principale association de familles de personnes avec handicap intellectuel ou psychique, le compte n’y est pas : de nombreux enfants « sont toujours privés de scolarisation adaptée à leurs besoins », dénonce le mouvement, qui a recueilli et publié sur un site web dédié 675 témoignages de familles en colère.

Les difficultés, pointe du doigt l’Unapei, ne concernent pas que l’école proprement dite, mais aussi les IME : dans ces structures dépendant du ministère de la Santé, l’Éducation nationale doit en théorie détacher des enseignants pour faire classe aux enfants handicapés qui, le reste du temps, sont pris en charge par des ergothérapeutes, kinés et autres orthophonistes.

Mais à l’IME René-Coutant d’Évreux, où est accueilli Bastien, une seule enseignante doit faire classe à 34 enfants et adolescents, se désole Jacques Serpette, le directeur général de l’Adapei 27, qui gère la structure. Pour être efficace, les cours ne peuvent avoir lieu que par petits groupes, si bien que les enfants ne voient l’enseignante que quelques heures par semaine.

« Les derniers servis »

L’Éducation nationale est certes constamment sollicitée, reconnaît-il, « mais nous, on est toujours les derniers servis. Comme si l’administration pensait que ces enfants ne peuvent pas apprendre, ou que ce n’est pas si grave que ça », enrage-t-il. « Ce sont des enfants qui ont besoin d’être stimulés plus que les autres », souligne Florence Alavin, la mère de Bastien, inquiète que son fils « perde ses acquis ». « J’aimerais qu’il puisse se débrouiller au moins pour la lecture et l’écriture, mais je sens que ça va être compliqué ».

Dans l’ensemble du pays, l’Éducation nationale déploie un peu plus de 3 500 enseignants dans les IME, pour environ 70 000 enfants et adolescents, selon le ministère. Des chiffres qu’il faut remettre en perspective, relève l’Unapei, puisque l’enseignement ne peut avoir lieu qu’en petits groupes.

L’administration « a une vision d’éducation de masse, mais pour ces enfants (handicapés), il faut faire du cas par cas », souligne Jean-Baptiste De Vaucresson, responsable de cinq IME dans le Val-de-Marne, qui comptent huit enseignants pour 450 enfants. « Bien sûr que ces jeunes ne pourront pas aller jusqu’au bac. Mais ils sont capables d’apprendre, il ne faut pas les ostraciser », insiste-t-il.

Pour beaucoup de familles, l’entrée à l’IME est certes souvent vécue comme un soulagement, après des années sans solution de prise en charge. Ce qui ne les empêche pas d’être « en colère » face au manque d’enseignants, observe Sabine Calarnou, dont le fils Titouan, 14 ans, atteint d’une maladie génétique, est accueilli dans un IME de Saint-Maur, dans le Val-de-Marne.

« Je n’attends plus qu’il sache lire et écrire, mais au moins qu’il acquière une autonomie fonctionnelle : aller acheter seul sa baguette, se débrouiller dans les transports en commun », résume la mère de famille, convaincue que son fils « aurait pu apprendre plus de choses » s’il avait bénéficié d’un temps d’enseignement plus conséquent.

« Tous les enfants ont le droit à la scolarisation, en milieu ordinaire ou pas », estime Sonia Ahehehinnou, de l’Unapei. Ce problème du manque d’enseignants, doublé d’une « disparité territoriale anormale », « ça fait longtemps qu’on le fait remonter à l’Éducation nationale, mais ça ne bouge pas beaucoup », se désole-t-elle.

Source SUD OUEST.

Rentrée scolaire et Covid-19 : ce qu’il faut savoir du protocole sanitaire présenté par Jean-Michel Blanquer…

Pour la rentrée scolaire, prévue le jeudi 2 septembre, Jean-Michel Blanquer a apporté quelques précisions sur son déroulement.

Jean-Michel Blanquer

 

« Nous pouvons être tout à fait sereins pour cette rentrée », tels sont les mots du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, ce jeudi 26 août, à une semaine du retour des élèves dans leurs écoles.

« Bien sûr que nous rencontrerons des difficultés, il y aura sans doute des problèmes, mais nous nous mettrons en situation de les gérer », a-t-il déclaré, notamment « grâce à l’expérience acquise lors de l’année scolaire précédente ».

Le ministre a précisé qu’il y « aura forcément des nouvelles mesures dans les temps à venir en fonction de la situation ».

Des gestes barrières « essentiels »

Jean-Michel Blanquer a rappelé le choix de niveau 2 sur 4 du protocole sanitaire pour la rentrée des établissements de France métropolitaine. Ce qui signifie que tous les élèves, du primaire au lycée, ont cours en présentiel et que les gestes barrières restent de mise. « N’oublions pas l’essentiel : se laver les mains, garder les distances, ouvrir les fenêtres et éviter le brassage, tous ces éléments clés, qui nous ont permis de traverser la crise jusqu’à présent, restent essentiels », a déclaré le ministre, qui a estimé que ces gestes « font désormais l’objet d’un professionnalisme de la part des adultes et de réflexes chez les enfants ». Il a précisé que le ministère allait « continuer à fournir des masques aux personnels de l’Education nationale ».

Le ministre a précisé qu’il ne « s’interdisait pas de faire évoluer le niveau [du protocole sanitaire] en fonction des circonstances, soit au niveau global, soit dans tel ou tel territoire ».

Aération des salles de classe

Un des points sur protocole sanitaire concerne l’aération des salles de classe. À ce sujet, des scientifiques et des professionnels de l’Education nationale ont évoqué l’installation de capteurs de CO2 qui permettent de savoir quand il est nécessaire d’ouvrir les fenêtres.

Comme il l’avait déjà annoncé, le ministre a confirmé son souhait d’encourager les collectivités locales, dont c’est la compétence, de généraliser ce dispositif, tout en rappelant que ces outils « ne sont pas centraux dans la stratégie de gestion de la crise, ils sont des thermomètres, le plus important est bien d’aérer le plus souvent possible ». Concernant le coût de ces installations, Jean-Michel Blanquer a annoncé que le gouvernement « travaillait avec les collectivités locales pour les aider en cas de difficultés financières ».

Si la généralisation de ces capteurs est « prônée depuis des mois par le gouvernement », il n’en est pas de même pour les purificateurs d’air, pour lesquels il est « nécessaire de faire preuve de discernement ». Jean-Michel Blanquer a expliqué que ces outils pouvaient être utiles dans certaines circonstances, notamment lorsque les salles en question ne peuvent pas être suffisamment aérées, sans pour autant devoir être généralisés.

600 000 tests salivaires par semaine

Le ministre a fait le point sur ce qu’il considère être un autre « pilier de la rentrée scolaire » : la stratégie tester, alerter et protéger, qui avait, selon lui, permis l’an dernier de « maintenir les écoles ouvertes ».

Dans ce cadre-là, l’ambition du gouvernement est de réaliser 600 000 tests salivaires par semaine. Des autotests devraient également être mis à disposition des usagers dans les établissements. « Nous proposerons deux autotests par semaine pour les adultes dans l’ensemble du système scolaire », a précisé Jean-Michel Blanquer.

Vaccination dans les collèges et lycées

Le ministère de l’Education nationale met par ailleurs en place une campagne de vaccination à destination des collégiens et lycéens de plus de 12 ans. Selon Jean-Michel Blanquer, 57 % des 12-17 ans ont déjà reçu une première dose de vaccin. Les élèves qui le souhaitent pourront donc se faire vacciner dans des centres éphémères au sein des établissements ou alors dans des centres de vaccination à proximité où ils seront transportés. « Nous sommes très confiants : grâce à ce dispositif les élèves vaccinés seront encore plus nombreux », a déclaré le ministre.

Il a par ailleurs précisé qu’à l’heure actuelle, d’après un sondage Ipsos daté du 16 août et commandé par le ministère, que 78 % des professeurs ont été complètement vaccinés.

Pas de pass sanitaire

« Il n’y aura pas de pass sanitaire à l’école », a encore répété Jean-Michel Blanquer, qui considère ce lieu comme un « sanctuaire ». Néanmoins, une question reste en suspens concernant les sorties scolaires. Dans le cas où des élèves de plus de 12 ans se rendraient dans des lieux qui exigent le pass sanitaire en dehors de créneaux qui leur sont dédiés, ils devront présenter un certificat de vaccination ou un test négatif.

Or, ces tests deviendront payants à l’automne comme l’a annoncé le gouvernement, ce qui remettrait en cause le principe d’égalité entre les élèves. Interrogé sur ce sujet et sa volonté d’apporter des précisions sur cet enjeu, le ministre a déclaré qu’il n’avait pas d’annonces supplémentaires à faire pour l’heure.

Source LA DEPÊCHE.

Rentrée scolaire : « Nous avons normalisé le chemin des élèves handicapés vers l’école », affirme Sophie Cluzel…

La secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, nous a accordé son interview de rentrée et fait le bilan de l’action du gouvernement depuis cinq ans.

Rentrée scolaire : « Nous avons normalisé le chemin des élèves handicapés vers l’école », affirme Sophie Cluzel

 

  • A quelques jours de la rentrée scolaire, Sophie Cluzel, fait le point, dans une interview accordée à 20 Minutes, sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.
  • La secrétaire d’Etat annonce que 4.000 accompagnants (AESH) supplémentaires ont été recrutés cette année, ce qui porte leur nombre à 125.000. La formation à « l’école inclusive » devient obligatoire cette année pour tous les nouveaux enseignants.
  • Elle annonce également que des élèves polyhandicapés vont être accueillis cette année dans des établissements ordinaires.

La rentrée, c’est un moment crucial pour eux. En septembre, plus de 400.000 élèves en situation de handicap ​ prendront le chemin de l’école, ce qui correspond à une augmentation de 19 % en cinq ans. Un progrès dont se félicite la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel. Elle a accordé à 20 Minutes son interview de rentrée et détaille les grandes nouveautés qui seront mises en place dès septembre. Un entretien en forme de bilan, puisque son mandat ministériel s’achève dans quelques mois.

L’Unapei (qui regroupe 550 associations défendant les intérêts des personnes handicapées) relance l’opération « #jaipasecole » pour recenser les élèves privés de solution de scolarisation adaptée à leurs besoins. Comment allez-vous limiter ces cas en cette rentrée ?

Cette opération est anxiogène pour les familles et peu constructive. Je ne nie pas qu’il existe des soucis d’inscription, parce que des familles ont déménagé, parce que des dossiers MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) n’ont pas été traités à temps… Mais nous sommes prêts à étudier toutes les situations individuelles pour résoudre les problèmes. Depuis deux ans, je réclame en vain à l’Unapei de me transmettre les coordonnées des personnes pour trouver des solutions ensemble. En vain, donc je m’interroge sur le sens profond de cette campagne.

Depuis le 1er juillet 2020, un numéro vert unique – 0 805 805 110 ou le 0 800 730 123 (accessible aux personnes malentendantes) – permet aux parents de nous soumettre leurs difficultés. Et dans chaque département, des commissions d’affectation ont été ouvertes en juin afin de proposer une solution de scolarisation à chaque élève. Je répète aux familles : « N’ayez pas d’angoisse, tout le monde est mobilisé pour résoudre les problèmes à la rentrée. »

La fermeture de classe dès le premier cas de Covid-19 en primaire pourrait pénaliser davantage les élèves handicapés, pour lesquels l’école à distance est parfois difficile à suivre. Quelles solutions avez-vous prévues pour eux ?

Nous avons recruté 4.000 accompagnants (AESH) en plus cette année, ce qui porte leur nombre à 125. 000. Ils peuvent intervenir à domicile pour aider les élèves dans l’enseignement à distance, tout comme les professionnels de la rééducation.

Vous souhaitiez raccourcir les délais de traitement des dossiers au sein des Maisons départementales des personnes handicapées. Y êtes-vous parvenue ?

Il existe une vraie iniquité territoriale dans ce domaine. Nous voulons que ce grand service public s’améliore. Et c’est la feuille de route que nous avons fixée aux MDPH pour 2022, avec l’objectif de parvenir à un traitement du dossier dans les 3 mois, contre 4 aujourd’hui. Un baromètre publié chaque trimestre fait désormais le point sur les délais de traitement des dossiers observés dans chaque département. Et l’on constate que peu à peu, les délais se réduisent. Et même si ce sont les départements qui sont en responsabilité sur la gestion des MPDH, l’Etat a versé 10 millions pour aider à embaucher des agents afin de réduire les délais.

Les notifications des MDPH concernant le nombre d’heures d’accompagnement par un AESH auxquelles ont droit les élèves ne sont pas toujours respectées, faute de moyens humains. Comment améliorer la situation ?

Nous avons augmenté de 35 % le nombre d’accompagnants entre 2017 et 2021. L’effort a été colossal ! Mais il manque encore parfois des AESH, car les notifications arrivent au fil de l’eau pendant l’année. Pour que l’organisation soit optimisée, nous avons aussi mis en place les Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisés) qui coordonnent les AESH et les affectent aux élèves en fonction des besoins du terrain. Aujourd’hui, il y a deux sortes de notifications : soit un AESH mutualisé qui accompagne plusieurs enfants en même temps, soit un AESH individuel parce que l’enfant a un besoin soutenu.

Les AESH sont encore trop souvent à temps partiel, mal rémunérés et en CDD. Ce qui rend difficile leur fidélisation. Que faire ?

Sous le précédent quinquennat, 60 % AESH étaient en contrat aidé et leur contrat s’arrêtait au bout de 10 mois. Il n’y en a plus aucun sous ce statut aujourd’hui. Tous sont en CDD renouvelable une fois ou en CDI au sein de l’Education nationale. En moyenne, ceux qui exercent en primaire travaillent 24 heures, ceux qui sont affectés en collège, 30. Et la proportion de ceux qui travaillent à temps complet est en augmentation. Une grille indiciaire va être créée pour les AESH afin d’améliorer leur rémunération. Et à partir de cette rentrée, les AESH bénéficieront d’une formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures.

La formation à « l’école inclusive » devient obligatoire cette année pour tous les nouveaux enseignants. Mais pourquoi ne pas la rendre aussi obligatoire pour tous les enseignants déjà en poste ?

Impossible d’obliger les enseignants à se former en cours de carrière, mais s’ils le souhaitent, des formations à l’école inclusive sont à leur disposition. Quant à la formation des nouveaux enseignants, c’est une grande avancée. Car ils auront tous 25 heures d’enseignement obligatoire sur le sujet.

De nouvelles classes « polyhandicap » vont ouvrir à cette rentrée, de quoi s’agit-il ?

Elles accueilleront des élèves polyhandicapés dans des établissements ordinaires, alors que ces enfants sont habituellement scolarisés en IME (institut médico-éducatif). Cela va leur permettra d’être visibles, de grandir au milieu des autres. Et cela contribuera à ce que les autres élèves acceptent mieux la grande différence. Les futures générations vont ainsi peu à peu changer leur regard sur le handicap.

Où en est la généralisation des équipes mobiles d’appui à la scolarité prenant en charge les élèves ayant des troubles du comportement, mais qui n’ont pas eu de diagnostic posé ?

Elles ont été généralisées à l’ensemble du territoire et il y en a plus d’une par département désormais. Et à cette rentrée, il y en aura 166 supplémentaires pour permettre l’intervention d’équipes pluridisciplinaires (par exemple un ergothérapeute ou un psychomotricien et un éducateur spécialisé ou un psychologue), afin qu’il n’y ait pas de rupture de parcours scolaire pour les enfants qui n’ont pas encore de dossier MDPH.

Bien souvent, les élèves en situation de handicap décrochent au moment du secondaire. Comment comptez-vous agir sur ce phénomène ?

C’est un vrai sujet. Un enfant doit pouvoir poursuivre en lycée Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) pro et en Ulis générale. Il n’y a pas de raison qu’un collégien qui a été scolarisé en milieu ordinaire, bifurque en IMPRO (Institut médico-professionnel). Nous y travaillons avec le ministre de l’Education nationale.

Vous avez été nommée secrétaire d’Etat en charge des personnes handicapées en 2017. De quoi êtes-vous la plus fière concernant la scolarisation des élèves handicapés ?

Depuis cinq ans, nous avons normalisé le chemin des élèves handicapés vers l’école. Il est perfectible, mais on regarde désormais les élèves handicapés comme des élèves en capacité d’apprendre avec les autres. On ne me pose plus la question du « pourquoi », mais du « comment ».

Source 20 MINUTES.

Éducation : le calendrier scolaire et les dates des vacances de l’année 2021-2022…

Calendrier scolaire de 2021-2022. Il vous permet bien sûr de connaître la zone dans laquelle se situe votre académie mais surtout de repérer les dates de vacances.

Calendrier scolaire 2021 - 2022

Il est toujours bon de l’avoir sous la main car il est utile d’anticiper les dates des vacances scolaires, pour pouvoir planifier ses congés. Voici donc le calendrier officiel des vacances scolaires.

Ce calendrier, établi par le ministère de l’Éducation nationale, comprend toutes les périodes de congés des élèves. Mais ces dates diffèrent pour les vacances d’hiver et de printemps selon votre académie.

Il faut donc avant tout s’assurer de la zone (A, B ou C) dans laquelle se situe votre académie. Celle de Rennes est dans la zone B.

  • La zone A comprend les académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers.
  • La zone B, les académies d’Aix-Marseille, Amiens, Caen, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Orléans-Tours, Reims, Rennes, Rouen et Strasbourg.
  • La zone C, les académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse et Versailles.
  • À ces trois zones, il faut ajouter les académies de Corse, de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique, de Mayotte et de La Réunion, ainsi que pour Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.Dans le calendrier qui suit, les vacances débutent après la classe du premier jour indiqué (certains élèves ont cours le samedi matin) et se terminent avec une reprise des cours le matin du dernier jour indiqué.
  • Dates des vacances scolaires 2021 - 2022
  • Source FR3.

Handicap : Des progrès « inédits » mais pas perçus par le terrain…

« On a des progrès inédits. Mais sur le terrain, la perception de certaines situations reste mitigée ».

Présentant le 23 juin son rapport sur la mise en oeuvre des recommandations de la commission d’enquête sur l’inclusion des élèves handicapés dans l’école et l’université, la députée Jacqueline Dubois (LREM) a vanté les progrès faits mais sans cacher tout ce qui va mal.

Handicap : Des progrès "inédits" mais pas perçus par le terrain...

 

Et ce qui va mal c’est le terrain, qu’il s’agisse du statut des AESH, de leur gestion, des places en ULIS ou de la prise en compte des élèves handicapés pour la DHG ou pour le travail des enseignants. L’écart est manifeste entre les intentions déclarées, les textes et leur application concrète. Cerise sur la gâteau : faute de professionnaliser les AESH, la député LREM Cécile Rilhac propose de leur confier le suivi des enfants ayant des problématiques familiales et sociales…

16 ans après la loi de 2005

Sans aucun doute l’école inclusive c’est la passion de Jacqueline Dubois. Ancienne professeure spécialisée, elle a présidé la commission d’enquête sur l’inclusion des élèves handicapés 14 ans après la loi de 2005 qui a donné lieu au rapport de Sébastien Jumel (PCF) en 2019. Ce 23 juin 2021, il s’agit de voir quelles propositions du rapport Jumel sont réellement appliquées deux ans plus tard.

Le rapport Jumel avait pointé d’importantes insuffisances dans la mise en place de la loi de 2005. D’abord le simple fait que l’éducation nationale soit incapable de chiffrer le nombre d’élèves handicapés et l’écart important entre le nombre d’élèves handicapés scolarisés dans le primaire et le secondaire.

Il avait soulevé aussi la question du nombre, du statut et de la rémunération des AESH. Son rapport faisait 57 recommandations. Parmi celles ci : avoir des statistique sur les élèves handicapés, prendre en compte ces élèves dans le calcul de la DGH et dans le temps de travail des enseignants, augmenter le nombre de places en ULIS, améliorer le statut des AESH et leur gestion, former les enseignants, améliorer la médecine scolaire, relancer les rased.

Des évaluations positives…

Pour Jacqueline Dubois, sur les 57 recommandations du rapport Jumel, « les trois quarts sont soit mises en oeuvre, soit encours, soit partiellement mises en oeuvre ». Elle souligne des progrès qualitatifs dans la diversification des accueils et l’attention portée aux enfants et leur famille et parle « de progrès inédits ». « On a franchi le gué mais des efforts restent à accomplir pour que chaque élève puisse accéder à l’école et y faire un parcours épanouissant ».

Cette évaluation très positive est immédiatement compensée par un constat que tous ceux qui s’intéressent à la question ont fait : » sur le terrain, la perception de certaines situations reste mitigée. Il est donc illusoire de croire que toutes les difficultés sont résolues ».

Qu’est ce qui a vraiment évolué ? Sur le pilotage « 90% des recommandations sont mises en oeuvre ou encours » dit J Dubois. Effectivement des comités nationaux de pilotage ont été mis en place et les MDPH réformées. Mais rien n’a changé pour les données statistiques sur les élèves handicapés, l’éducation nationale étant incapable de donner des données complètes.

Sur la scolarisation en milieu ordinaire : « 80% des propositions sont mises en oeuvre »sur la simplification des parcours estime J Dubois. Elle cite l’entretien d’accueil,le livret parcours inclusif, et , plus concret, le décret sur l’aménagement des examens qui veut que l’élève handicapé puisse retrouver l’environnement qu’il utilise toute l’année le jour de l’examen.

Sur la formation des enseignants , elle dresse « un constat positif » suite à la réforme du Cappei, accessible maintenant par la VAE et allégé, parce que cela évite de nommer des enseignants pas formés du tout sur des postes d’enseignant spécialisé. Parce que pour le reste des formations continues « le plan de formation est élaboré mais en pratique pas explicité ».

Que les classes ne voient pas…

Cela nous permet d’aborder tous les points ou aucun progrès, ou très peu, ont été faits. Pour J Dubois ils pèsent peu. Mais pour les enseignants , les élèves et leur famille, ils pèsent terriblement lourds. Ce sont ceux du terrain.

Sur le terrain, parmi les mesures phares du rapport Jumel, il y avait la prise en charge réelle par l’éducation nationale des élèves handicapés dans le travail des enseignants. Le rapport demandait que les élèves handicaps soient pris en compte pour la calcul de la DHG et que les enseignants aient un temps de concertation pris sur leur temps de travail en fonction du nombre d’élèves handicapés.

« Les recommandations sur l’inclusion dans le temps de service ne sont pas assez suivies », dit pudiquement J Dubois. Quand à la prise en compte pour le calcul de la DHG « en fait cela dépend des départements » dit J Dubois. Compte tenu du manque d’enseignants , comme rien ne leur est imposé, on est très loin du compte. Et la présence d’un nombre important d’élèves handicapés dans des classes déjà chargées devient  souvent souffrance pour les enseignants et ces élèves.

Et les AESH non plus

Sur le terrain, le sort des AESH reste scandaleux. « Le constat est mitigé, les recommandations pas toutes mises en oeuvre », estime J Dubois qui évoque « une réflexion sur la reconnaissance du métier » mais « une revalorisation salariale et l’amélioration des  contrats à revoir ».

Si des contrats plus solides ont remplacé les différents types de contrats sociaux qui régissaient les AESH, leur rémunération reste très faible, en dessous du seuil de pauvreté. Leur gestion s’est largement dégradée avec la mise en place des PIAL. Cette gestion collective des moyens conduit à réduire le temps de suivi de chaque enfant et à multiplier le nombre d’enfants pris en compte par chaque AESH et parfois sur des territoires géographiques vastes.

Cette dégradation de leur condition de travail pour un salaire très faible génère de nombreuses démissions qui annulent la « professionnalisation » claironnée.

Une députée cite en exemple les Bouches du Rhône où le Dasen a publié une circulaire limitant à 5 heures hebdomadaires maximum le temps d’accompagnement pour chaque élève. Pour J Dubois c’est « un dérapage qui n’est pas admissible ». Mais le Dasen suit une circulaire qui recommande une moyenne de 8 heures. Certains AESH se retrouvent avec 12 élèves.

Remplacer les éducateurs spécialisés par les AESH ?

C’est dans ce contexte que la députée LREM Cécile Rilhac fait une proposition que les éducateurs spécialisés apprécieront : « dans le cadre du volume horaire des AESH ne serait-il pas possible que les AESH participent à l’éducation spécialisée de certains enfants », ces enfants étant « ceux qui ont des problématiques familiales et sociales ». Un nouveau gisement d’économies et de postes semble prêt à s’ouvrir rue de Grenelle.

Pour J Dubois, le gouvernement a du mérite car « y a une hausse constante des notifications de handicap ». Effectivement depuis 2005, le nombre connu d’élèves handicapés a été multiplié par plus de trois. J Dubois parle « d’un puits sans fond ». Mais c’est aussi une façon de gérer l’Education nationale en médicalisant les problèmes scolaires.

On calme les familles par des aménagements qui les poussent à déclarer leur enfant plutôt qu’affronter les problèmes de l’Ecole qui sont pédagogiques mais aussi des problèmes de société. Aujourd’hui il vaut mieux des AESH sous payés que des Rased. Demain il vaudra mieux des AESH sous payés que des éducateurs spécialisés.

Source LE CAFE PEDAGOGIQUE.

Handicap. 40 à 60 millions pour revaloriser le salaire des accompagnants scolaires…

Les AESH gagneraient entre 27 € et 41 € de plus chaque mois, propose le ministère de l’Éducation nationale, dans la foulée du Grenelle de l’Éducation.

Une « première étape » pour la CFDT.

Un accompagnant d’élèves en situation de handicap ( AESH ) auprès d’un élève handicapé.

Mobilisés depuis des mois pour obtenir une meilleure reconnaissance de leur travail, les 121 000 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) semblent avoir été entendus par le ministère de l’Éducation nationale.

Actuellement, ces agents, la plupart du temps en CDD, interviennent en classe en concertation avec l’enseignant pour aider les élèves à écrire ou manipuler le matériel travaillent en général 24 heures de travail, pour un salaire moyen de 800 €, ce qui les place en dessous du seuil de pauvreté (855 €, selon l’Insee).

« Une première marche »

Lors d’une réunion avec les syndicats, organisée mardi 16 juin dans la foulée du Grenelle de l’Éducation, le ministère a annoncé qu’il entendait débloquer une enveloppe de 40 à 60 millions d’euros ​pour revaloriser leurs salaires.

Si la totalité de l’enveloppe budgétaire alimentait cette grille, les AESH gagneraient de 27 à 41 € de plus par mois. Il s’agirait là d’une première étape de revalorisation, celle de 2022​, se félicite le Sgen-CDFT. Pour le syndicat, cette première marche doit toutefois absolument être suivie d’autres mesures et actée sur plusieurs années​.

Augmenter le temps de travail

Les syndicats réclamaient également le statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH. Le ministère ne semble pas vouloir satisfaire cette revendication. Le groupe de travail, qui doit se réunir dans les quinze jours, a fait plusieurs propositions pour augmenter le temps de travail des AESH : intervention au sein des accueils collectifs de mineurs (ACM) en tant qu’animateurs ou directeurs, des services de restauration ou périscolaires.

Source OUEST FRANCE.