Boulogne-sur-mer : Parkinson – durant six jours et six nuits, ils courent et pédalent contre la maladie…

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Frédéric Bellanger, sportif boulonnais atteint de la maladie de Parkinson, s’est lancé le défi de pédaler six jours et six nuits pour sensibiliser le public aux bienfaits du sport et à la protection de l’environnement.

Il récolte des fonds pour acheter des équipements aux malades.

Les athlètes Maria Pierre, Philippe Dieumegard et l'équipe de malades sensibilisent à la maladie et à la protection de l'environnement. / © Sophie Maréchal / France 3 Hauts-de-France

Silence et concentration ont envahi le hall de Nausicaà. Depuis dimanche 10 novembre, 14h, les sportifs sont aux prises avec le défi “terre mer”, organisé par Frédéric Bellanger. Leur but : pédaler ou courir sans s’arrêter durant six jours et six nuits.

Si certains ont un record en ligne de mire, tous soutiennent le projet de l’association Opale aide organisation, créée en 2013 par Frédéric Bellanger et son frère pour aider les personnes malades à payer des équipements et des soins non remboursés par la sécurité sociale.

«Sans le sport, je ne serai plus là»

Originaire de Boulogne, ce sportif est atteint de la maladie de Parkinson, et de cinq autres maladies auto-immunes depuis une dizaine d’années.

«Je combat la maladie par le sport. Sans ça, je ne serai plus là. J’en fais la promotion par des défis spectaculaires, explique-t-il. C’est aussi un moyen de venir en aide à Tom [un garçon de six ans atteint d’une forme de nanisme, ndlr]. Ses parents sont hyper volontaires et je partage leur philosophie.»

Frédéric Bellanger est un habitué de ce genre de défi. En 2017 et 2018 déjà, il avait pédalé six jours et six nuits dans le hall de l’hôpital de Boulogne-sur-mer.

L’année dernière, il est devenu parrain de l’association créée pour venir en aide au garçonnet, “Tom, la taille de l’espoir”. Ce dimanche, le coup d’envoi du défi a d’ailleurs été donné par Tom lui-même, et d’autre enfants malades. «C’est un symbole fort», souligne l’organisateur.

Dans la salle, à l’entrée du centre national de la mer, deux vélos – des home-trainers – et un tapis de course ont été installés. Sur l’un des cycles, Philippe Dieumegard, figure de l’ultratriathlon, les muscles tendus par l’effort.

“Il a 63 ans, mais c’est lui le pape dans sa discipline, lance Frédéric Bellanger en désignant Philippe Dieumegard. Il est comme Zidane pour les footballeurs.”

«J’ai toujours fait des défis solos. Aujourd’hui, c’est un partage. Et c’est vraiment stimulant d’aider les gens malades», lâche l’athlète entre deux coups de pédales. En face, la coureuse Maria Pierre. Tous deux sont venus battre leur record personnel et soutenir le projet.

Une équipe de malades pour trouver des fonds

Sur le troisième home-trainer se relaient quatre personnes, dont Frédéric Bellanger. «C’est une équipe de malades ! sourit le cycliste. Au sens propre comme au figuré. J’ai Parkinson, un autre a un cancer des os, un autre une osthéonécrose, et le quatrième une maladie cardiovasculaire. Notre objectif est simplement d’aller au bout. Pour nous, les malades, le défi c’est tous les jours de la vie. Alors il faut simplement avancer, sans se plaindre. »

L’équipe pédale en moyenne 17 à 18 heures par jour. «La plus grande difficulté, c’est le manque de sommeil. Depuis dimanche, je n’ai dormi que quatre heures, ajoute Frédéric Bellanger. Mais l’exercice produit des shoots d’hormones qui nous aident à tenir. Si vous m’aviez vu ce matin, j’étais mal en point, vous n’auriez pas cru que je pouvais faire ça.»

«L’environnement et les maladies sont intimement liés»

La mobilisation du sportif a déjà permis au père de Tom d’acheter un fauteuil de course, avec lequel il compte participer avec son fils au marathon de Paris. Mais le défi “terre mer” a aussi pour objectif de sensibiliser à la protection de l’environnement.

«Il est prouvé que Parkinson est lié à l’utilisation de pesticide, souligne le créateur de l’association Opale aide organisation. L’environnement et les maladies sont intimement liés. C’est une façon de protéger les générations futures.»

Entre les vélos et les tapis se faufilent une rangée d’élèves de l’institut médico-éducatif d’Outreau, venus apporter des bouchons en plastique. Le défi “terre mer” a en effet mis en place un partenariat avec l’association Bouchons d’amour, qui vient en aide aux personnes handicapées.Les jeunes Boulonnais ont créé la robe "septième continent" avec des déchets trouvés dans la laisse de mer sur la plage. / © Sophie Maréchal / France 3 Hauts-de-France

Les bouchons récoltés sont ensuite vendus 300 euros la tonne à industriel belge, et l’argent récolté vient grossir la cagnotte de l’association. Le public est d’ailleurs invité à participer à cette collecte, ouverte jusqu’à la fin du défi samedi 16 novembre.

Source FR3.

 

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