Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées : portrait d’Annabelle qui travaille dans un pressing à Muret…

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Annabelle Pimentel, 43 ans, présente une déficience auditive et intellectuelle légère. C’est un handicap invisible.

Depuis mars 2019, la jeune femme travaille “comme tout le monde”, dans un pressing.

Fière de travailler “hors les murs”, à l’extérieur d’un institut spécialisé.

Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées : portrait d'Annabelle qui travaille dans un pressing à Muret

En 2018, le taux de chômage de personnes en situation de handicap était de 19% contre 9% de la population active. LADAPT  (l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) organise depuis plus de 20 ans la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées. Une action militante devenue emblématique pour une association dont le travail quotidien est d’accompagner les personnes handicapées dans leur vie de tous les jours.

“Dans ce pressing, je me sens très bien”

Annabelle Pimentel, 43 ans, a un handicap “invisible”. Elle a une légère déficience auditive et une légère déficience intellectuelle. La jeune femme confie qu’elle n’ose pas en parler.

“Je n’aime pas parler de mes problèmes de santé à tout le monde.”

Depuis le mois de mars 2019, c’est son premier travail “hors les murs”. 2 jours par semaine, le mardi et le jeudi, elle va repasser du linge au pressing de Michèle Alary à Muret.

“Dans ce pressing, je me sens très bien, à l’aise. Je me concentre sur mon travail. Il n’y a pas de souci. Je parle avec les clients et j’aime repasser les corbeilles des clients.”

Annabelle tout sourire est heureuse dans son travail / © X.M / FTV
Annabelle tout sourire est heureuse dans son travail / © X.M / FTV

Malgré un parcours qui en aurait refroidi plus d’un, Annabelle garde le sourire. Elle a enchaîné de multiples stages pendant une vingtaine d’années. En cuisine dans une maison de retraite, elle a fait aussi le ménage dans une maison d’accueil spécialisée à Fonsorbes. Mais c’est dans la blanchisserie où elle a obtenu un CAP qu’elle préfère travailler. Elle a réussi son niveau 3 de reconnaissance de compétence professionnelle à l’ESAT (Etablissement de service d’aide au travail) les pins de Rieumes.

“Cela fait des années que je voulais travailler dans le monde extérieur, c’est difficile de trouver du travail. Il nous faut des diplômes avec des compétences.
Les personnes avec un handicap ont du mal à aller vers l’extérieur, elles n’osent pas faire le pas vers le « milieu ordinaire », pour trouver du travail.”

“Il y a eu un bon feeling, je me suis sentie à l’aise assez rapidement”

C’est sa référente, Myriam Boutonet (responsable de la blanchisserie à l’ESAT de Rieumes), qui lui a dit d’aller voir le pressing de Michèle Alary. Cette dernière avait besoin de main d’oeuvre.

“C’est ma référente qui m’a conseillé d’aller voir ce pressing, je me suis présentée avec mes diplômes et tout s’est bien passé avec Michèle Alary. Nous nous sommes bien entendues tout de suite, il y a eu un bon feeling. Je me suis sentie à l’aise assez rapidement.”

Pour Michèle Alary, la patronne du pressing, travailler avec Annabelle a soulagé son planning. Elle précise :

“Annabelle est ponctuelle et très agréable. C’est une vraie professionnelle et elle s’est vite intégrée dans le groupe. J’avais un peu peur de la réaction des clients mais tout s’est très bien passé. Elle va vers les clients et n’hésite pas à leur parler.”

Michèle Alary dans son pressing avec Annabelle Pimentel / © X.M / FTV
Michèle Alary dans son pressing avec Annabelle Pimentel / © X.M / FTV

L’objectif de ces personnes en situation de handicap est l’inclusion dans les entreprises et dans la société. Elles réclament un parcours comme des personnes normales. Annabelle qui est très motivée et aimerait bien travailler plus régulièrement.

Pour l’instant je suis remplaçante, mais plus tard j’aimerais bien être embauchée.

En contrat de prestation de service payé à l’heure, Annabelle se verrait bien intégrer un jour cette société.

80 000 postes dans le numérique

A partir du 1er janvier 2020, de nouvelles règles s’appliqueront pour les entreprises. Celles de plus de 20 salariés devront employer au moins 6% de personnes handicapées, faute de quoi elles payeront une amende.
Le numérique est une piste pour améliorer l’emploi des travailleurs handicapés. Selon le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, 80 000 postes restent à pourvoir dans ce domaine. Développeurs, chefs de projet digital, techniciens en cybersécurité ou administrateurs de réseau. Des métiers accessibles aux personnes handicapées à condition qu’elles soient formées.

Handicap : travail en établissement et service d’aide par le travail (ESAT)

L‘ESAT est une structure qui permet aux personnes en situation de handicap d’exercer une activité professionnelle tout en bénéficiant d’un soutien médico-social et éducatif dans un milieu protégé. Cette structure accueille des personnes qui n’ont pas acquis assez d’autonomie pour travailler en milieu ordinaire ou dans une entreprise adaptée à leurs besoins.

Source FR3.

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