Japon. Une femme et un homme handicapés élus au Sénat….

Deux personnes lourdement handicapées font partie des nouveaux élus au Sénat japonais, ce dimanche, une première qui devrait permettre une meilleure acceptation des invalides dans la société.

Eiko Kimura (à g.) et Yasuhiko Funago ont tous deux été élus dimanche au Sénat japonais.

Lui est atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Charcot). Elle est victime d’une paralysie d’origine cérébrale. Tous deux sont en fauteuil roulant. Au Japon, Yasuhiko Funago, 61 ans, et Eiko Kimura, 54 ans, ont tous deux été élus ce dimanche 21 juillet au Sénat.

Yasuhiko Funago, atteint d’une pathologie neurodégénérative qui atrophie les muscles et les rend inopérants, a remporté un siège pour le compte d’une formation d’opposition, « Reiwa Shinsengumi », tout juste créée par Taro Yamamoto, un habitué des coups d’éclat.

Atteint de ce mal depuis 20 ans, Yasuhiko Funago est actuellement en fauteuil roulant, incapable de se mouvoir ni de parler et placé sous respirateur artificiel depuis 2002. Il fait partie des cas de SLA qui se stabilisent à un stade avancé, alors que d’autres décèdent dans un délai de quelques mois ou années.

Il écrit grâce à des mouvements de la mâchoire inférieure

Ce nouveau sénateur parvient cependant grâce à des mouvements de la mâchoire inférieure à écrire avec un équipement dédié relié à un ordinateur. Il poursuit ainsi diverses activités, dont la musique et la rédaction de textes au sujet de sa maladie et des soins.

« Je vous remercie du fond du cœur. J’ai l’impression que grâce à cette élection, l’attitude des gens vis-à-vis des handicapés va peu à peu changer », a-t-il dit dans un commentaire lu dimanche soir par une aide-soignante.

C’est la première fois qu’une personne atteinte de cette maladie d’origine inconnue et incurable se présente et entre au Parlement, même s’il est arrivé qu’un élu soit diagnostiqué comme atteint de SLA en cours de mandat.

« C’est une participation nouvelle à la vie sociale, une percée importante », a réagi l’Association SLA du Japon.

Par ailleurs, le même parti a obtenu un second siège avec une candidate, Eiko Kimura, 54 ans, également en fauteuil roulant, victime d’une paralysie d’origine cérébrale.

« On n’est pas libre, on est parfois maltraité »

« J’ai décidé d’entrer dans la politique pour continuer de me battre pour les handicapés », a-t-elle maintes fois expliqué pour justifier sa candidature, dénonçant notamment les conditions insatisfaisantes de prise en charge dans les institutions spécialisées, « où l’on n’est pas libre, où l’on est parfois maltraité ».

Des aménagements supplémentaires vont devoir être faits dans les bâtiments des parlementaires pour y accueillir ces deux nouveaux élus, M. Funago utilisant un fauteuil plus imposant que les modèles standards.

Le règlement doit aussi être revu car il ne prévoit pas qu’un élu soit en permanence assisté d’une autre personne, selon une porte-parole de l’administration du Sénat.

Durant leur mandat de six ans, ils vont tenter de plaider la cause des autres handicapés.

Les villes et infrastructures japonaises accueillant du public sont généralement plutôt bien équipées pour les personnes aveugles, sourdes ou se déplaçant en fauteuil roulant, mais divers autres problèmes d’acceptation sociale et de prise en charge ainsi que d’accès au travail demeurent.

Source OUEST FRANCE.

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