Covid-19 : trafics de plasma, d’oxygène… partout dans le monde le marché noir explose…

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Trafic de Plasma dans les hôpitaux pakistanais, d’oxygène dans ceux du Pérou… Partout où frappe le Covid19, le marché noir se développe et ruine des familles entières.

Ici au Pakistan, un échantillon prélevé pour tester le patient au covid-19

On part au Pakistan ce matin, pour une sinistre histoire de marché noir. Une histoire de trafic de plasma dans un pays, le Pakistan, qui connaît une augmentation préoccupante du nombre de cas de Covid19, près de 190 000  en tout et environ 4 000 qui s’ajoutent chaque jour,.

On le rappelle, le plasma est un composant du sang et s’il fait l’objet de ce marché noir, c’est parce que le plasma de malades guéri du coronavirus, qui contient donc des anticorps, est testé dans pas mal de pays à titre thérapeutique.

Ces essais n’ont pas encore donné de résultats officiels, mais la nouvelle s’est répandue dans le monde et donc, au Pakistan où certains en font un remède miracle. D’où le trafic et souvent pour des prix ahurissants : jusqu’à 3 000 euros le litre de plasma !

Réseaux sociaux et hôpitaux, coeur du marché noir

Souvent directement à l’hôpital entre patients eux-mêmes. Les familles de malades contactent sur place les patients guéris et leur proposent contre une somme d’argent de donner leur sang. Il ne reste plus ensuite qu’à extraire le plasma.

On peut aussi s’en procurer sur les réseaux sociaux qui fourmillent de petites annonces. On y propose aussi ce stéroïde efficace sur les malades intubés ou encore des bouteilles d’oxygène… souvent pour jusqu’à 25 fois leur prix habituel.

Le Pakistan est, en plus, un cas très préoccupant : là-bas, c’est la Cour suprême qui, le 18 mai, a levé le confinement, arguant – contre toute évidence – que la pandémie ne touchait pas le pays. Résultat : l’OMS a écrit au gouvernement de reconfiner au plus vite.

Un système de santé défaillant

Les hôpitaux du pays sont débordés et tout manque : recharge d’oxygène, voire appareils pour simplement le mesurer dans le sang. Sans compter les soignants qui sont massivement contaminés : 7 000 d’entre eux ont été testés positifs.

Vous ajoutez à cela des théories complotistes délirantes : au Pakistan, certains racontent que les médecins tueraient volontairement les patients afin de susciter la pitié des bailleurs internationaux et de l’OMS et ainsi de faire pleuvoir les subventions.

Ces « légendes urbaines » qui disent bien la méfiance de la population envers un système de santé défaillant et souvent corrompu, on les retrouve ailleurs dans le monde, comme en Egypte où le litre de plasma se négocie jusqu’à 2 000 euros le litre !

L’oxygène manque au Pérou, comme en Afrique

Il y en a un qui m’a beaucoup frappé. C’est au Pérou. Voilà un pays qui a confiné tôt, qui a beaucoup testé – environ 5% de la population – et qui, malgré tout, se retrouve dans une situation critique : il paie des années de sous-investissement dans la santé.

Résultat, un bien aussi crucial que l’oxygène manque cruellement dans beaucoup d’hôpitaux et la population se voit proposer des bouteilles du précieux gaz pour 1 300 euros ! C’est-à-dire plus de 1000 fois le prix habituel. Le problème est mondial :

En République démocratique du Congo, seul 2% des lits sont équipés en oxygène. En Tanzanie, c’est 8% ; au Bangladesh, 7%. Partout dans le monde en voie de développement, la première des pénuries – et le premier des trafics – c’est l’oxygène.

Source FRANCE INTER.

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