Macron lui avait rendu visite à Vannes, Pablo a fait avancer la cause du handicap à l’école ….

Pablo atteint de troubles cognitifs avait reçu à son domicile le président Macron en juin dernier. Scolarisé à Vannes, il a pu garder son auxiliaire de vie scolaire. On a passé une matinée en classe avec ce petit bonhomme plein de courage et ses camarades de l’Ulis de l’école Saint-Guen.

Pablo est scolarisé à l'école Saint-Guen, dans l'Unité localisée pour l'inclusion scolaire. Dominique Dérien, sa maîtresse, veille sur une dizaine d'enfants qui présentent des troubles cognitifs.

Du haut de ses 7 ans, Pablo, petit garçon scolarisé dans l’Unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) de l’école Saint-Guen, à Vannes (Morbihan), avait reçu la visite du président de la République, au petit matin, en juin. La veille, à son arrivée à la préfecture, Emmanuel Macron s’était entretenu quelques minutes avec son papa. Dans la foulée, le Président avait décidé de rencontrer le jeune enfant handicapé et avait tenu promesse en passant chez lui, le lendemain matin.

En ce mois d’octobre, Pablo poursuit sa scolarité avec son auxiliaire de vie scolaire. Nous l’avons suivi à l’école.

« Pablo, tu sais jouer à Jacques a dit? » demande Dominique Dérien, sa maîtresse. « Non, mais je connais Épervier », dit l’enfant. « Si, si, tu vas voir », tente-t-elle de le rassurer, avec l’expérience de ses dix-huit ans passés auprès des enfants présentant des troubles cognitifs.

Les huit élèves présents ce matin-là (les autres étant en soins éducatifs ou en inclusion dans d’autres classes) se positionnent derrière leur chaise. « Jacques a dit: accroupi; levez le bras gauche; le droit »

« Je suis en colère »

Au bout de quelques minutes, Pablo finit par montrer des signes d’impatience. Le petit jeu visant à s’orienter dans l’espace ne l’amuse plus. Il quitte sa place pour se rendre au coin « tablettes ». « Non, Pablo, tu retournes. Je ne suis pas contente. Tu écoutes » Il n’est pas décidé à se concentrer ce matin. Il est agité.

Ce sont les manifestations du syndrome de l’X-Fragile. « Qu’est-ce qui se passe Pablo? » l’interroge la maîtresse. « Je suis en colère », lui répond le petit garçon. Pour l’apaiser, Kunthea Sovann, l’Auxiliaire de vie scolaire (AVS) de la classe qui, depuis la rentrée, est devenue Accompagnante des élèves en situation de handicap (AESH), l’invite à la suivre dans la pièce d’à côté pour un petit exercice.

«Où est le « E »? Et le « A »? » Pablo montre les différentes lettres de l’alphabet dessinées sur des pièces en bois. En moins de cinq minutes, il s’est calmé. Il peut réintégrer le groupe sans le perturber. « Maintenant, tu dois écrire les prénoms des copains et copines qui se trouvent autour de toi: à droite, à gauche, en face, derrière » Dominique guide la main de l’enfant pour accompagner le geste d’écriture. « Bravo, félicitations, tu as bien travaillé. »

Pablo ne peut pas rester assis très longtemps

Pablo a le sourire. « Le valoriser pour qu’il ait confiance en lui, c’est essentiel », glisse la maîtresse. Le garçon peut aller chercher sa tablette, enfiler le casque et se lancer dans un jeu de logique. Après quelques minutes d’attention, il laisse de côté l’écran et s’en va au fond de la classe vaquer à d’autres occupations. « Pablo ne peut pas rester assis très longtemps. Il faut accepter qu’il bouge à condition que ça ne perturbe pas trop les autres. On doit s’adapter.»

Depuis qu’il a rejoint l’Ulis de Saint-Guen, en septembre 2016, l’enfant a fait « de gros progrès en termes d’articulation, d’attention et de comportement », rapporte l’enseignante qui ne connaissait pas le syndrome de l’X-Fragile avant d’accueillir Pablo.

« Je ne savais pas comment faire au début, confie Dominique. Mais à force d’observation, j’ai identifié ce qui marchait ou pas avec lui. Il faut, par exemple, donner du sens aux mots pour qu’il les retienne. J’ai l’habitude de dire qu’il n’y a pas une méthode miracle. L’idée est de choisir de manière individualisée celle qui permettra à l’enfant de réussir l’apprentissage de la lecture. »

Enseignement sur-mesure

Un enseignement le plus personnalisé possible, c’est le principe même du dispositif Ulis qui mise sur l’inclusion quelques heures ou quelques jours par semaine dans des classes ordinaires.

« Pablo reste dans la classe Ulis pour l’instant. Il n’est pas encore prêt à aller tout seul dans une autre classe. Il profite de tout ce qu’il voit, de ce qu’il entend. Mais il a du mal à faire le tri. J’ai l’impression qu’il se passe plus de choses dans sa tête que ce qu’il nous montre. »

Il bénéficie d’un suivi par des professionnels du Service d’éducation spéciale et de soins à domicile. « Ça me permet d’avoir un regard extérieur sur son évolution et sur mon approche pédagogique », explique l’enseignante.

L’avenir ? « Il faut avoir de l’ambition pour lui, pour eux, en se disant qu’ils sont capables. Ça poussera forcément des enfants comme Pablo vers le haut.»

Source OUEST FRANCE.

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