Sclérose en plaques : le cannabis thérapeutique a offert une “très belle parenthèse” à Florence Demange…

Depuis plus de sept ans, la sclérose en plaques provoque d’insoutenables poussées de douleur et des difficultés à marcher, qui se sont invitées dans le quotidien de Florence Demange.

Sclérose en plaques : le cannabis thérapeutique a offert une "très belle parenthèse" à Florence Demange

 

Alors qu’une expérimentation nationale sur le cannabis thérapeutique vient d’être lancée, la Belfortaine se confie sur ce traitement, qui lui aura considérablement amélioré l’existence.

C’est un immense pas qui a été franchi le 26 mars dernier, lorsque le ministre de la Santé, Olivier Véran, a lancé deux ans d’expérimentation autour du cannabis thérapeutique , désormais prescrit dans 200 centres de référence disséminés en France. La Belfortaine Florence Demange, qui souffre d’une sclérose en plaques depuis 2014, se réjouit de la démocratisation progressive d’un traitement qui, pendant une année, aura très nettement amoindri ses douleurs.

“Florence, quand avez-vous appris que vous souffriez d’une sclérose en plaques ?”

C’était début 2014. J’exerçais comme infirmière libérale, avec beaucoup de manutentions lorsqu’il s’agissait de soulever des personnes, de les conduire du fauteuil au lit. Or, j’ai commencé à ressentir une douleur importante au bras droit, puis une perte de sensibilité au bout des doigts. Rapidement, mon médecin généraliste m’a envoyée vers un neurologue, qui a vite diagnostiqué cette sclérose en plaques. Pendant plusieurs mois, j’étais dans le déni, je pensais qu’il s’était trompé. Mais au bout d’un an, j’ai compris que je ne pouvais plus tenir.

“Pendant des années, vous avez enchaîné plusieurs traitements différents. Comment en êtes-vous arrivée à tester le Marinol, qui contient non pas du CBD mais du THC (il s’agit de la principale molécule active du cannabis) de synthèse ?”

Mon neurologue, le Dr Ziegler , au bout d’un moment, m’a proposé ce médicament, et au début, j’avoue que j’ai rigolé. Je me demandais ce qu’il me racontait avec son cannabis. Et puis, j’ai essayé, et très rapidement, je ne sentais presque plus de douleur ! Je marchais normalement, et assez longtemps, alors qu’aujourd’hui, si je tiens 200 mètres avec ma canne, c’est le maximum.

« Là, je prends de la kétamine : on endort les chevaux avec ça ! »

“Pourquoi ? Vous avez dû stopper ce traitement à base de Marinol ?”

Oui, au bout d’une année qui aura été une très belle parenthèse. Petit à petit, les douleurs sont en effet revenues, de plus en plus fortes, et avec des poussées terribles. Mon neurologue pense que le corps s’est habitué, et donc, ça ne fait plus l’effet voulu désormais. J’ai donc dû stopper.

“C’est rédhibitoire ?”

Non, je n’espère pas, ce traitement sera peut-être à nouveau efficace après une pause. Je garde le Marinol dans un coin de ma tête… et dans un coin de mon frigo, où j’en conserve toujours un peu.

“Selon vous, la commercialisation du CBD, ainsi que l’expérimentation du cannabis thérapeutique en France, vont-elles dans le bon sens ?”

Bien sûr, il est grand temps, car en France, on n’est pas en avance… L’étude qui vient de démarrer aboutira à des résultats positifs, c’est certain ! Le cannabis thérapeutique, c’est quand même le moins pire de tout ce qu’on m’a injecté. Là, je prends par exemple de la kétamine : on endort les chevaux avec ça ! Le mot « cannabis » fait peut-être peur, je ne sais pas, il y a un gros flou juridique aussi. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que son utilisation sert, dans beaucoup de cas, à faire du bien, à soulager. On n’en fait évidemment pas un usage récréatif.

Source EST REPUBLICAIN.

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