Rennes – Cancer. Une voie d’espoir contre un cancer du cerveau …

Cancer – Des chercheurs rennais ont découvert un possible traitement contre un cancer agressif du cerveau. Ils espèrent lancer un essai thérapeutique à condition de trouver un financement.

Tony Avril, ingénieur biologiste et Eric Chevet, directeur de recherche au laboratoire echimie, oncogenèse, stress et signalisation au centre Eugène Marquis de Rennes.

On pourrait le qualifier de sacrée vacherie. Un cancer cérébral, le glioblastome qui, une fois le diagnostic établi, ne laisse qu’une espérance de vie de quelques mois. « Sa caractéristique est d’être hyper invasif et de se répandre rapidement dans le cerveau » explique Tony Avril, ingénieur biologiste au laboratoire Chimie, oncogenèse, stress et signalisation (Inserm/Université de Rennes 1) implanté au sein du centre de lutte contre le cancer Eugène Marquis de Rennes.

« Ce type de cancer ne peut pas être traité par la chirurgie ni par la radiothérapie ou la chimiothérapie. » Une cinquantaine de cas sont recensés en France chaque année. « Le problème, c’est qu’on le détecte, en général, à l’apparition des premiers symptômes. Mais il s’est déjà répandu dans le cerveau. »

Un travail titanesque

L’une des missions du laboratoire où travaille l’ingénieur biologiste est justement de comprendre comment les cellules cancéreuses se multiplient et quels mécanismes leur permettent de contaminer leur environnement et de se propager. « Si on arrive à mieux comprendre ses mécanismes, on peut essayer de trouver des moyens de bloquer cette prolifération ou de proposer de nouvelles approches thérapeutiques » précise Eric Chevet, directeur de recherche. Un travail titanesque mais aux promesses intéressantes dont les patients seront les premiers bénéficiaires.

C’est dans cette logique que Tony Avril a fait une découverte plus que prometteuse. « En collaboration avec la Mayo Clinics aux USA (une fédération de cliniques), nous avons démontré que la protéine CD90 est associée à cette forme très invasive de cancer cérébral. » Une protéine très connue qui joue le rôle d’un marqueur facilement identifiable. Comme une espionne au cœur du cancer qui permet de mieux appréhender son mode de prolifération.

« Nous avons réussi à démonter par des essais sur des souris, qu’une molécule déjà utilisée dans le traitement de certaines leucémies, le Dasatinib, parvient à bloquer la migration des cellules de glioblastome dépendantes de CD90 ». Non seulement bloquer sa prolifération mais aussi réduire dans des proportions importantes sa taille. « Ça ouvre la voie de nouveau à un traitement chirurgical ou par radiothérapie et chimiothérapie. On peut alors espérer prolonger l’espérance de vie des patients à une trentaine de mois. »

Des travaux qui ont été publiés dans la prestigieuse revue Cancer Clinical Research. « Nous voulons maintenant lancer un essai thérapeutique » espère Eric Chevet. À condition de trouver le financement et des partenaires prêts à prendre des risques. La lutte contre le cancer passe aussi par là !

Source OUEST FRANCE.

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