Peut-on retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer ? ….

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La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui ne se guérit pas.

Jugés inefficaces pour réduire les symptômes, les médicaments ne sont plus remboursés.

Existe-t-il alors des solutions efficaces pour ralentir l’aggravation de la maladie et la perte d’autonomie ?

Peut-on retarder l’évolution de la maladie d’Alzheimer ?

Troubles de la mémoire, difficultés à réaliser des actes du quotidien, changements de comportement… Les médicaments “anti-Alzheimer ” ont été récemment déremboursés, laissant près de 900 000 malades et leurs proches désemparés. Si les médicaments ne sont pas assez efficaces, que reste-t-il pour enrayer la maladie ? « Même lorsque la maladie est déclarée, tous les neurones ne sont pas touchés, explique le Pr Philippe Amouyel, épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Lille. Ils gardent une capacité à se multiplier. L’enjeu est de les stimuler afin de compenser, du moins en partie, les symptômes de la maladie. » Voici plusieurs activités, très simples, et dont les bénéfices sont démontrés. Toutes s’appuient sur les capacités restantes de la personne.

Chanter

Un essai clinique a été mené au Centre mémoire de ressources et de recherche (CMRR) de Saint-Étienne : une soixantaine de patients volontaires atteints de troubles cognitifs légers ont participé chaque semaine à une séance de chorale d’une heure et demie, avec des chansons choisies par les participants. Ces ateliers ont duré trois mois. Le Dr Isabelle Rouch, coordinatrice du projet, a constaté des éléments positifs chez certains patients, notamment sur la mémoire et l’anxiété.

(Re)Commencer le sport

Plusieurs études ont évalué l’effet de la marche ou du taï-chi sur l’activité cérébrale des malades d’Alzheimer. L’une d’elles, publiée en janvier 2018, a mis en évidence l’intérêt des exercices aérobiques d’intensité modérée (marche rapide, vélo…), à raison de trois à quatre séances hebdomadaires de 45 minutes. Conclusion : “L’exercice améliore la fonction cognitive alors que celle-ci diminue dans le groupe témoin, qui n’a pas fait particulièrement d’exercice.”

Le plus simple est de marcher tous les jours. « L’important est de faire une activité physique plusieurs fois par semaine », conseille le Pr Amouyel. Il ne s’agit pas de viser des perfor­mances, mieux vaut faire des pauses au bout d’une vingtaine de minutes, voire avant si des signes de fatigue ou d’agacement se manifestent. La danse est en général très appréciée : elle inclut l’apprentissage des pas, la coordination avec la musique et, surtout, les échanges.

Jouer

« D’après diverses études, il est plus efficace pour stimuler le cerveau de faire des activités cognitives assez générales comme les jeux de plateau ou les mots croisés plutôt que des entraînements trop ciblés sur une seule tâche, explique Geoffroy Gagliardi, neuropsychologue à l’hôpital de la Salpêtrière (Paris). Mais cela ne marche que si l’activité est appréciée. »

Bien que l’efficacité des jeux vidéo sur ordinateur fasse encore débat, une étude menée par le Pr Philippe Robert, du CHU de Nice, a montré de légers bénéfices sur les capacités motrices et mentales des malades. Son équipe a mis au point le jeu X-Torp, mettant en scène un sous-marin contrôlé par le joueur pour trouver un trésor. Ces séances sont encadrées par une équipe médicale. Une deuxième étude est en cours. Le jeu est disponible pour les médecins et spécialistes de la santé sur la plateforme Curapy.

Lire

Au début de la maladie, il ne faut pas s’arrêter de lire, bien au contraire. Tout est bon du moment que l’on passe du temps sur un texte, un article de journal, que la personne le lise elle-même ou qu’elle le fasse lire par autrui.

Stimuler ses sens

Tricoter, bricoler, jardiner… ces activités font appel aux sens et aux capacités d’apprentissage. En plus de mobiliser des savoir-faire, elles font anticiper un résultat plus ou moins lointain et demandent une certaine concentration. Ce qu’il faut pour « générer de nouvelles connexions et enrichir ainsi le capital cerveau », dit le Pr Amouyel.

Soigner son audition

Des recherches ont montré que la surdité accélère le déclin cognitif, et plus encore sur un cerveau déjà malade. Les neurones qui ne sont plus sollicités finissent par mourir. Il est également possible que les lésions neurologiques qu’engendre la maladie aggravent la perte d’audition.

Quoi qu’il en soit, lassée de faire répéter sans cesse les phrases, la personne se coupe peu à peu du monde extérieur, un facteur connu pour aggraver la maladie d’Alzheimer. L’imagerie cérébrale a en effet montré que plus les personnes vivent dans la solitude, plus leur cerveau contient de substance amyloïde, principale responsable de la maladie. D’où l’importance de faire un dépistage systématique de la perte auditive, et si nécessaire, de se faire appareiller.

Utiliser la méthode Montessori

Son objectif est d’améliorer le quotidien de la personne en mobilisant ses capacités préservées et surtout, en la laissant choisir les activités. On propose des activités “porteuses de sens”, adaptées à ses capacités et à ses goûts : choisir ses vêtements, mettre la table, faire les courses, trier des photographies pour faire un album… Des recherches en gérontopsychologie ont été menées sur la méthode Montessori : elles montrent que les personnes engagées dans des activités qui leur plaisent sont plus éveillées et voient leurs troubles du comportement s’atténuer.

Tenir un planning

« Faire des tableaux planning pour la journée fait travailler la mémoire à court terme et les capacités d’anticipation », dit Geoffroy Gagliardi.

A table, s’inspirer du régime méditerranéen
Certains nutriments (acides gras insaturés, polyphénol, vitamines) largement présents dans le régime méditerranéen sont reconnus protéger les cellules, y compris les neurones. Même si aucun travail n’a encore confirmé l’effet de ce régime dans la maladie d’Alzheimer, manger du poisson deux fois par semaine, des légumes, des fruits et des fruits secs tous les jours, et utiliser 1 à 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive quotidiennes ne peut qu’être bénéfique pour le cerveau.

Source SANTE MAGAZINE.

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