Handicap et confinement, bilan d’une douloureuse équation…

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L’association ALEDD, qui propose des loisirs aux enfants souffrant de handicap, tente de soutenir les familles exténuées et désemparées par la fermeture des instituts spécialisés et leur trop faible réouverture.

Mais elle craint pour sa propre survie.

Handicap et confinement, bilan d’une douloureuse équation

Habituellement les enfants souffrant de handicaps sont accueillis, à la journée ou à la semaine en instituts spécialisés. Le confinement les a fermés. Et ils ne rouvrent que très parcimonieusement arguant des règles sanitaires imposées. Règles inapplicables en la circonstance. « Pour faire simple, dans le meilleur des cas, les enfants y retournent au mieux deux fois par semaine, et dans le pire des cas, deux fois par mois », explique Yannick Varin, directeur d’ ALEDD, Association pour le lien l’entraide et le droit à la différence.

Comment faire respecter des règles barrières a des enfants handicapés ? Comment ne pas les toucher alors qu’ils ne sont pas autonomes ?

Des familles à bout

ALEDD, forte de soixante familles adhérentes, propose en temps ordinaire, des loisirs aux enfants différents, les mercredis, samedis et durant les vacances scolaires. Durant le confinement, ALEDD est devenu un interlocuteur privilégié de ces familles. « Depuis le début nous avons eu des retours inquiétants, les enfants privés de soins de kiné, de stimulations ont régressé. Les enfants autistes, qui ont besoin de beaucoup ritualiser souffrent énormément. Des parents se sont arrêtés de travailler pour garder leur enfant. Le télétravail est le plus souvent impossible avec un enfant polyhandicapé à la maison. Pour les frères et sœurs aussi c’est compliqué, difficile pour les parents d’accompagner les cours quand déjà un enfant demande toute l’attention », énumère le directeur.

À cela, s’ajoute le manque de liens entre familles et structures. « Certaines familles en mal de soutien psychologique, de conseils ou d’outils ne reçoivent qu’un coup de téléphone par semaine. Elles se tournent vers nous, désespérées, aujourd’hui elles sont à bout, de trop de fatigue, de souffrance, d’impossibilités »

Demandes de subventions

ALEDD a donc obtenu, de la Préfecture, l’autorisation de proposer des activités de loisirs à ces enfants, il a fallu s’organiser. « Deux animateurs accompagnent un seul enfant. Nous allons le chercher et le ramenons chez lui à la fin des activités. C’est une solution d’urgence. Insuffisante certes, mais déjà nous en voyons les limites. Dans ces conditions, financièrement nous ne tiendrons pas au-delà du mois d’août si les centres ne rouvrent pas », déplore Yannick Varin.

Il a envoyé des demandes de subventions à l’ARS – Agence régionale de santé – et au Département. Mais le constat est amer, « qui se soucie des enfants handicapés et de leurs familles depuis la pandémie du Coronavirus ? ». Le silence est assourdissant.

Source EST REPUBLICAIN.

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