Ecole inclusive : le parcours de combattant des parents…

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Alors qu’on revient ce 11 février 2020 sur les 15 ans de la loi-handicap, l’égalité des droits et des chances s’est prolongée, à la rentrée 2019, à l’école inclusive.

Ce programme permet l’accès des enfants en situation de handicap aux établissements scolaires classiques.

Qu’en pensent les parents ?

Ecole inclusive le modèle du Collège Maurice Genevoix à Couzeix en Haute-Vienne / © @Robin Spiquel France 3 Limousin

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves en situation de handicap. Une égalité dans la scolarisation en est un volet. C’est l’objectif du programme 2019-2022 lancé à la dernière rentrée et qui porte le nom d’école inclusive.

Le service départemental de l’école inclusive a été inauguré en Haute-Vienne, en Creuse et en Corrèze, le 5 juillet 2019. 3907 élèves en situation de handicap sont actuellement scolarisés dans les écoles, collèges, lycées et BTS dépendant de l’académie de Limoges. Ce nombre représente 3,4 % de l’ensemble des scolaires.

A Couzeix en Haute-Vienne, le collège Maurice Genevoix a une particularité : 10% de son effectif est en situation de handicap, soit 75 sur les 700 élèves. Depuis la rentrée scolaire de Sept2019, le collège fait partie des trois PIAL – Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé de l’académie de Limoges. Tous les élèves progressent en même temps, dans le but d’une vraie intégration dans la société plus tard, comme le souligne William Saubusse, Principal du collège

Nous avons la chance d’avoir le plateau technique, c’est à dire les soins qui peuvent se faire dans l’établissement, et cela permet à des jeunes qui devaient avant quitter le collège pour une séance de kinésithérapie, d’orthophonie, en ergothérapie, de les recevoir au sein de l’établissement

Ce bel exemple ne reflète cependant pas encore la réalité de tous les collèges de l’académie, même si le rectorat souhaite généraliser ce modèle dans les autres établissements de la Haute-Vienne, de la Creuse et de la Corrèze.

Porte d’entrée : la Maison Départementale des Personnes Handicapées

Les intentions sont vertueuses, tout le monde est d’accord pour dire qu’on tient le bon cap.  Mais ça ne surprend personne quand on parle de parcours de combattant pour tout parent concerné. Pas évident en effet pour les parents de savoir par où commencer et du coup les questions sont nombreuses : où s’adresser ? à l’inspection académique ? auprès de son département ? directement à l’école où on veut inscrire son enfant ? Dans quel délai pour ne pas s’entendre dire ah c’est trop tard ! Pour obtenir quoi ? un AESH ? une AVS ? un aménagement d’horaire ? ou, selon le handicap, une prise en charge en classe externalisée ?

ll faut tout d’abord que le diagnostic du handicap soit posé. C’est la MDPH – premier acronyme d’une longue liste que tout parent concerné doit apprendre – la Maison du Département des Personnes Handicapées qui va se prononcer. Et c’est à l’issue d’un lourd dossier, fait d’analyses et d’expertises, et de quelques mois, que le sésame est accordé ou pas par une commission. Et c’est elle qui va prescrire les aides, en fonction des singularités et des besoins éducatifs particuliers.

Et là, le parcours se simplifie t-il ? Sur le papier oui, sur le terrain, c’est différent.

Parmi les aides, la principale est d’obtenir un accompagnant, qui va physiquement être aux côtés de l’enfant dans sa classe. On l’appelle l’AESH, l’Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap.
Y en a-t-il 3907, autant que d’enfants en école inclusive en Limousin ? non. Certes, tous les enfants n’en ont pas besoin. Mais même si ceux qu’on appelait autrefois les auxiliaires de vie en contrats aidés sont désormais des emplois de l’éducation nationale, les recrutements sont toujours en cours.

D’autres aides existent. Ça peut être notamment un équipement pédagogique adapté pour répondre aux besoins spécifiques de l’enfant, un ordinateur ou un logiciel, une table de travail ou une chaise adaptée par exemple. Mais entre le moment où ce matériel est demandé et celui où il est obtenu, là aussi le temps peut s’allonger.

Viennent ensuite tous les dispositifs différents en fonction des handicaps – selon que le handicap soit un autisme, des troubles mentaux ou moteurs, et qui peuvent varier d’un département à l’autre, comme par exemple les ULIS, les Unités Localisées d’Inclusion Scolaire. Il s’agit d’un dispositif de renforcement scolaire spécifique dans 92 écoles, collèges et lycée en limousin.

Vient ensuite, hors éducation nationale, tout l’accompagnement la sphère du médico-social en fonction des handicaps, autisme, troubles de l’apprentissage, troubles des fonctions motrices.

Et avec quels moyens ?

Les syndicats dénoncent le manque de formation des maîtres d’école ou des enseignants référents dans chaque département.

On se confronte aujourd’hui non seulement à du handicap physique, mais aussi cognitif, comportemental, tout cela nécessiterait une formation de l’ensemble des personnels. Or cela n’existe pas.

Bien sûr qu’un élève en situation de handicap a pleinement sa place parmi les 29 autres élèves de la classe. Mais le temps souvent supplémentaire pour répondre aux besoins de l’enfant impose une organisation particulière. On peut entendre parfois « si je dois choisir entre m’occuper d’un élève et 29 autres, je choisirai les 29 autres»

Du côté des accompagnants – les AESH – les recrutements sont en cours. Si vous souhaitez travailler auprès d’élèves en situation de handicap, une formation de 60 heures pour accueillir et suivre au mieux la scolarité de ces élèves est assurée par le ministère.

Pour toute question sur l’école inclusive

Corrèze
Guichet unique AESH : 05 87 01 20 60
Cellule d’écoute Familles : 05 87 01 20 80
Creuse
Guichet unique AESH : 05 87 86 61 26
Cellule d’écoute Familles : 05 87 86 61 02
Haute-Vienne
Guichet unique AESH : 05 55 11 40 50

Source FR3.

 

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