Déconfinement : dans les EHPAD, éviter le glissement des résidents vers la mort…

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Les conditions de visite dans les EHPAD et maisons de retraites seront assouplies à partir du vendredi 5 juin.

Depuis plusieurs semaines, le personnel de ces établissements alertait sur l’ennui grandissant des résidents et leur possible glissement vers la mort. Reportage au Mans.

La visite d'une demi-heure a lieu dans le jardin, sous un tente.

André Foucault quitte la tente blanche installée dans le jardin. Pour la première fois depuis deux mois, il a pu discuter avec sa mère, âgée de 95 ans. Chacun est assis à un bout de la table, masque sur le visage. C’est mieux que rien, reconnaît ce Sarthois, encore ému : “On sent qu’elle est contente de nous voir. Pour elle, c’est important. Pour nous aussi“. Chaque visite est limitée à une demi-heure, “mais en tout, il faut compter une heure“, explique Catherine Chéreau, aide-soignante : “le temps d’aller chercher le résident, de le raccompagner et de désinfecter les lieux après chaque passage”. André Foucault, comme de nombreuses familles, espère que prochainement, les règles pour les visites vont s’assouplir. (Ce sera le cas dès le vendredi 5 juin). “Les conditions ne sont pas idéales. Mais ça va peut-être s’arranger“, imagine-t-il.

Bientôt la venue des familles habitant à plus de 100 km

De fait, une certaine impatience commence à se faire sentir chez les résidents comme chez les familles confirme Anne-Sophie Mureau, animatrice chargée d’organiser les visites au sein de l’EHPAD Beaulieu au Mans. “Notamment celles qui habitent loin“, dit-elle. “Avec la possibilité de circuler au-delà de 100 km, je reçois des appels de familles qui vont enfin pouvoir venir voir leur parent!” 

L’ennui et la crainte du “syndrome de glissement” vers la mort

En attendant que l’étau se desserre légèrement, à partir du vendredi 5 juin, le personnel veille au bien-être des 86 résidents de l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes. Le kiné et le pédicure ont repris les soins, explique Isabelle Mangard, la directrice : “Le but est d’éviter que les personnes âgées deviennent grabataires en ne marchant pas suffisamment. Bien souvent aussi, les résidents se laissent aller car pour eux, rester dans leur chambre, ne pas pouvoir sortir, ne serait-ce que pour voir leur enfants est très difficile“. La responsable de de l’EHPAD Beaulieu au Mans ne cache pas son inquiétude : “Il ne faut pas que nos résidents meurent d’autre chose que du Covid!”, affirme-t-elle.

Apporter de la vie et de la joie car “ça va durer encore longtemps !”

Pour maintenir le lien et éviter l’ennui pouvant entraîner un “syndrome de glissement”, l’établissement continue aussi fréquemment que possible les appels vidéo avec les enfants et petits enfants des résidents. Cette habitude a été prise dès le début du confinement avec tous les outils à disposition. Chaque jour, un journal (Famileo) dans lequel les familles donnent des nouvelles est distribué. “On se réinvente pour apporter un peu de légèreté dans ce cadre“, résume Anne-Sophie Mureau, l’une des animatrices de l’EHPAD. “Par exemple, nous proposons à ceux qui apprécient l’accordéon une heure d’émission musicale par jour à la télévision. Nous avons fait venir deux musiciens pour remettre un peu de vie, un peu de joie, des sourires au lèvres. Nous sortons les résidents dans le parc. Tout cela nous demande beaucoup de temps et de personnel. Mais nous faisons cet effort car nous savons que c’est nécessaire“. L’animatrice reconnaît qu’elle s’inscrit dans le temps long : “Nous prenons notre mal en patience car nous savons que ce mode de fonctionnement va durer encore un bon moment“.

Source FRANCE BLEU.

 

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