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Samuel a 34 ans et vit à Marmagne, en Saône-et-Loire. Il est sourd de naissance et a appris la langue des signes à l’école.

Aujourd’hui, il est au chômage et pense que c’est dû à son handicap. Il aimerait partager avec nous ce qu’est la vie d’une personne sourde.

Dans la peau : Samuel, une vie sans entendre

L’interview que nous accordé Samuel est un peu particulière . Il est sourd et communique avec nous en langue des signes. Aurélie Biondi, interprète à Dijon, a assuré la traduction.

En France, on estime à 300 000 le nombre de sourds, un bébé sur 1000 vient au monde sourd. Seulement 1/3 des personnes sourdes pratiquent couramment la langue des signes. ( Fédération nationale des sourds de France)

Etre sourd, n’est pas qu’avoir un sens en moins, c’est avoir un autre rapport au monde et utiliser une autre langue. La langue des signes a été reconnue comme “une langue à part entière”.
Ce moyen de communication a mis deux siècles à être reconnu en France, .

Samuel a 42 ans et vit à Marmagne en Saône-et-Loire. Il est sourd de naissance, il a appris cette langue dès l’âge de 4 ans, dans une école spécialisée, ce qui lui a facilité la vie.

Avant d’apprendre la langue des signes, quand les professeurs me parlaient il fallait que je lise sur leurs lèvres. C’était un peu compliqué l’école quand j’étais petit.

Il a souhaité nous rencontrer  pour montrer aux personnes entendantes que la surdité n’est pas un obstacle à la communication. Samuel a également souhaité partager quelle était la vie d’une personne sourde.
Il constate que les entendants ne savent pas comment se comporter face à une personne sourde. pour lui, même si tout le monde ne connaît pas la langue des signes la communication est possible grâce à l’écrit, SMS, et au mime.

Il faut être dans l’interaction et prendre ce qu’il y a à prendre.

Il pense que communiquer est toujours possible, à condition de ne pas avoir peur. Lui-même reconnait être timide et avoir peur quand il rencontre de nouvelles personnes.

Samuel regrette que beaucoup trop de choses soient inaccessibles pour les sourds. Il estime que son handicap a rendu son parcours vers la vie professionnel plus difficile que pour les autres.

Je suis au chômage et je pense que c’est lié à ma surdité.

Jeune, le rêve professionnel de Samuel était d’être soudeur.

Cela a été très compliqué cependant j’ai tout de même réussi mais cela m’a pris beaucoup, beaucoup de temps. 

♦ La Langue des signes française (LSF)

La langue des signes est “une langue à part entière”, c’est une langue visuelle qu’utilisent les sourds pour communiquer entre eux mais aussi avec les entendants.
Cette langue comporte une syntaxe et une grammaire. Il n’y a pas de langue des signes universelle et il en existe autant que de communautés de sourds.
Sur la centaine existante dans le monde, seules quelques-unes ont obtenu une reconnaissance légale. C’est le cas en France, ou la loi du 11 février 2005  désigne la langue des signes française (LSF) “comme une langue à part entière”.  

Au-delà d’une langue, c’est toute la richesse d’une culture, “la culture sourde”, qui a été enfin reconnue. Ppendant longtemps, les sourds ont été isolés et ne disposaient pas d’un langage gestuel élaboré pour communiquer. Les enfants sourds étaient considérés comme des simples d’esprit.

Cette langue a vu le jour dès 1760 quand l’abbé Charles Michel l’Epée ouvre une école à Paris et utilise une langue des signes pour instruire des enfants sourds. Ce bâtiment existe toujours, c’est l’institut Saint-Jacques.

Dès la fin du 19eme siècle “les oralistes” (ceux qui privilégient le langage oral pour les sourds) la marginalise. La langue des signes est proscrite et jusqu’en 1976 son enseignement est interdit.

♦ L’emploi, un parcours semé d’embûches

Etre sourd reste encore un frein pour accéder à un emploi, le taux de chômage est trois fois plus élevé que pour les entendants.

Selon une étude de la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, et de l’Evaluation et des Statistiques), publiée en août 2014 :
• Les personnes entre 20 et 59 ans sourdes ont des niveaux de diplômes inférieurs aux entendants.
33% d’entre elles, sourdes avant 20 ans, n’ont pas de diplôme d’enseignement supérieur.

Un phénomène qui a des effets sur le taux d’emploi : 28% des sourds actifs sont ouvriers.

Malgré ces chiffres, pas très optimistes, la société évolue et prend de plus en plus en compte les problèmes des personnes sourdes.

Par exemple, des dispositifs ont été mis en place pour leur faciliter la recherche d’emploi. Depuis juin 2017, Pôle emploi accueille les personnes sourdes avec une tablette pour faciliter la communication : elle permet de se connecter à une plateforme qui les met en relation avec un interprète en langue des signes française.

Il existe également des structures comme Cap emploi qui accompagnent les personnes sourdes dans leur parcours professionnel et sensibilise les employeurs.

Source FR3.

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