Coronavirus – En confinement, les règles d’hygiène restent cruciales…

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L’obligation de rester chez soi ne doit pas faire oublier les gestes «barrières», qui restent indispensables pour éviter de transmettre le virus à d’autres.

À l’accueil d’une clinique, des précautions sont prises envers ceux qui présentent une fièvre ou une toux.

Mercredi matin, en Île-de-France. Entre villes et campagne, la route s’étale, vide, bien plus vide qu’au mitan d’un mois d’août. Confinée depuis hier midi, la France craint-elle l’amende de 135 euros promise à ceux qui sortiraient sans bonne raison? Ou a-t-elle pris conscience de l’enjeu, compris que réduire nos interactions sociales à leur minimum est le meilleur moyen, sinon de barrer la route au virus, tout au moins de ralentir l’épidémie pour limiter, un peu, la monstrueuse vague de malades qui menace de submerger nos hôpitaux? Quelques camions circulent encore, ainsi que de rares voitures dont on ne peut s’empêcher de se demander où elles vont. Et ces quelques passants, où se rendent-ils avec ou sans leur chien?

Un air de soupçon flotte. Dans la rue, j’ai croisé le regard interloqué d’un voisin. Je lui montrerais presque le certificat consciencieusement rempli avant de sortir. La sortie n’est pas choisie, mon fils a besoin de soins médicaux que l’on ne peut remettre à plus tard. Après s’être fracturé un poignet début février sur une piste de ski, il doit se faire retirer son plâtre au second jour du confinement. Un remarquable sens du timing…

Nul ne sait réellement s’il est ou non porteur du virus, l’immense majorité des personnes infectées n’ayant pas ou peu de symptômes.

Pommelé de nuages, le ciel invite à la balade paresseuse. Les chats sont maîtres de la rue, et les oiseaux chantent à tue-tête. Mais l’esprit n’est pas à la fête, et le trajet est l’occasion de redonner quelques consignes: «Tu touches le moins de choses possible, tu ne portes pas tes mains au visage, on les lave à l’arrivée puis immédiatement en rentrant à la maison. Et si jamais tu as besoin de tousser, c’est dans ton coude.» «Mais je ne suis pas contaminé…» Il faut expliquer: nul ne sait réellement s’il est ou non porteur du virus, l’immense majorité des personnes infectées n’ayant pas ou peu de symptômes.

Dans l’incertitude, il faut alors se considérer tout à la fois comme indemne (donc se protéger), et comme contaminé (donc protéger les autres). Disséminer le virus, c’est, tôt ou tard, être responsable de l’infection d’une personne qui déclenchera une forme grave de la maladie. Et être jeune et en bonne santé n’est même plus une assurance de forme bénigne du Covid-19, expliquent désormais les médecins. Même si les journées sont longues, il faut donc ne sortir que lorsque c’est indispensable. Les goûters entre enfants ou apéritifs entre voisins attendront…

Les fameux gestes «barrières» restent plus que jamais essentiels. Les mains, d’abord, doivent être lavées très régulièrement, même chez soi: elles sont le meilleur vecteur du virus, elles qui touchent toutes sortes d’objets ou surfaces tout au long de la journée, et sont sans cesse portées au visage. Autant d’occasions, pour un virus, de se frayer un chemin vers notre organisme… ou d’atteindre notre entourage. Quand ils sont disponibles, eau et savon suffisent à éliminer les pathogènes. Le gel hydroalcoolique sera réservé aux cas où un point d’eau n’est pas disponible, ou bien à ceux qui, comme les soignants, doivent se désinfecter très régulièrement les mains et n’ont pas de temps à perdre. À l’entrée de la clinique, trônent trois bidons de gel. Dans les couloirs quasi vides, chacun se frictionne les mains. Au moins 30 secondes, et n’oubliant pas les pouces ou entre les doigts. Mes mains commencent à être rouges et sèches. Il faudra prévoir d’y mettre de la crème hydratante.

Dans la salle d’attente, vide elle aussi, des rubans de «rubalise» barrent un siège sur deux. Il faut s’éloigner les uns des autres, plus d’un mètre, nous dit-on. Est-ce assez? Une étude chinoise a récemment montré que, dans un bus, un voyageur infecté avait contaminé des voyageurs assis à plusieurs mètres de lui. Reste qu’en ville, dans les supermarchés, ce mètre est déjà bien difficile à faire respecter. «Hier, une femme masquée qui faisait la queue à la caisse agressait sans cesse les gens autour d’elle, leur criant de s’éloigner, me raconte un proche au téléphone. On peut garder ses distances en restant calme!» À peine deux jours de confinement et les esprits s’échauffent. Ailleurs, les gens se taisent, les regards fuient. Réfléchissez-y cependant à deux fois avant de vous éclaircir la gorge: les yeux se tourneront alors vers vous avec d’un air peu amène…

À l’accueil de la clinique, on nous invite à remplir un questionnaire: toussez-vous, avez-vous de la fièvre, des symptômes respiratoires? Des précautions seront prises (masques, isolement…) envers ceux qui répondent oui. Chez eux, ils devront aussi faire attention à leurs proches: le port du masque, le séjour dans une pièce dédiée régulièrement aérée, et le nettoyage régulier des surfaces utilisées en commun s’imposent.

Donnez-moi votre carte Vitale puis éloignez-vous derrière la ligne, s’il vous plaît. Il faut payer par chèque, on nous a recommandé de ne pas prendre d’espèces car cela nous impose trop de manipulations.

«Donnez-moi votre carte Vitale puis éloignez-vous derrière la ligne, s’il vous plaît. Il faut payer par chèque, on nous a recommandé de ne pas prendre d’espèces car cela nous impose trop de manipulations.» Combien de temps le virus survit-il sur les surfaces? La réponse n’est pas très claire, ce nouveau virus gardant une part de son mystère. Dans des travaux publiés dans le NEJM, des particules virales viables ont subsisté 72 heures après avoir été déposées sur de l’acier ou du plastique ; sur du cuivre, le virus survivrait moins de 4 heures, mais 24 heures sur du carton. Diffusé par aérosol, il resterait présent dans l’air ambiant pendant au moins 3 heures. Mais attention: en conditions réelles, les microgouttelettes de salive que nous émettons sont bien plus lourdes que celles testées ici. Elles retombent donc bien plus vite au sol.

Nous voici dans la salle d’attente des consultations. Ici comme en radiologie, tous les personnels portent un masque chirurgical. Un patient arrive, affublé d’un si convoité masque FFP2 et, à la main droite, un gant de chirurgien qu’il jette précautionneusement. «Vous avez des symptômes?», lui demande une infirmière. «Pas du tout», répond l’homme. Faut-il ou ne faut-il pas mettre un masque lorsque l’on n’est ou ne pense pas être malade? Oui en théorie, non pas tant pour se protéger que pour protéger les autres. Mais les masques manquent, et doivent être réservés aux soignants. Reste le masque en tissu, fait maison ; moins efficace mais mieux que rien, selon le peu d’études disponibles. À condition qu’il ne nous fasse pas oublier les autres gestes barrières.

«Je sais bien ce que je vous ai dit la semaine dernière, monsieur, mais le raisonnement n’est plus le même aujourd’hui, explique un médecin à un patient. Nous ne pouvons plus vous opérer, on nous a demandé de tout annuler hormis la chirurgie du cancer.» Risque-t-il des séquelles faute d’avoir été opéré à temps? Peut-être. Les dégâts annexes de l’épidémie feront partie du bilan. Sur le chemin du retour, les routes toujours vides invitent à appuyer sur l’accélérateur. Plus que jamais, il faut s’en garder: ça n’est pas du tout le moment d’avoir un accident.

Retour à la maison, lavage de mains. Le chien éternue. Peut-il être infecté? Très probablement pas, nous rassurent les experts. Truffes, poils et langues sont cependant des surfaces parmi d’autres, et le virus a été retrouvé sur un chien à Hongkong, sans doute déposé là par une maîtresse aimante mais contaminée. Les adeptes des léchouilles au visage feront mieux d’attendre. Les enfants s’égaillent dans le jardin, qui pour faire du ping-pong, qui pour buller au soleil, qui pour grimper sur un vélo d’appartement sorti pour l’occasion. Malgré le confinement, garder une activité physique reste indispensable. «Pas de sport pendant encore un mois, nous a avertis l’orthopédiste. Voulez-vous une dispense pour l’école?» Le réflexe m’a fait sourire: «Non, merci. Je doute qu’il aille au collège dans le mois qui vient…»

Source LE FIGARO.

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